Le blog ePagine

Conseils de lecture, entretiens, actualité numérique :

le Livre-Avenir ne se fera pas sans les libraires.

6 novembre 2013

Francis Huster dans la peau d’Albert Camus (Le Passeur éditeur)

Le Passeur Éditeur a mis en ligne ses premiers livres numériques en mars 2013. Un peu plus de six mois plus tard, son catalogue comporte près de 25 titres. On y trouve des romans, des essais ou encore des biographies, notamment Le Clown et la geisha d’Alexandre Naos (un monologue en forme d’hommage à La Chute d’Albert Camus) ou Les Impostures du réel, une quête initiatique de Frédérick Tristan. Tous les titres de cette maison d’édition sont proposés sans DRM Adobe, avec tatouage numérique, et les prix sont compris entre 4.99 € et 9.99 €, la moyenne se situant autour de 5.99 €.

À l’occasion du centenaire de la naissance d’Albert Camus, Le Passeur éditeur a choisi de remettre en avant Albert Camus un combat pour la gloire de Francis Huster paru au printemps dernier et qui a fait un peu parler de lui en librairie et dans la presse, un texte dans lequel le comédien se met dans la peau de l’écrivain, prix Nobel de Littérature en 1957. Tout le mois de novembre, Albert Camus un combat pour la gloire pourra être téléchargé au prix de 4.99 € sur toutes les plateformes de téléchargement de livres numériques et, aujourd’hui mercredi 6 novembre jusqu’à minuit, il sera même proposé à 1.49 €. Pour en savoir plus, rendez-vous sur la librairie ePagine.

Le texte de Francis Huster, sorte de testament imaginaire que nous aurait légué Camus, se présente comme un long monologue. « Je suis revenu de la mort pour parler aux générations futures. Parce que je ne veux pas qu’on leur mente. Et qu’elles subissent ce que nous avons dû souffrir, comme un aboutissement logique », écrit Huster. On retrouve ici tous les thèmes abordés par Camus dans son œuvre ou à travers ses engagements : la justice, la politique, la religion, son enfance, l’Algérie, le terrorisme, le nazisme, la France de Vichy, l’artiste, Dieu, la liberté, la révolte, le nihilisme… « Le comédien, qui partage avec l’écrivain la passion du théâtre et qui a adapté avec succès La Peste sur scène, nous fait redécouvrir cette voix essentielle penchée sur le destin de l’humanité. Un plaidoyer vibrant pour un humanisme contemporain contre la barbarie », peut-on lire dans la présentation de ce récit par l’éditeur.

Albert Camus, un combat pour la gloire, Francis Huster, Le Passeur éditeur

5 juillet 2013

Vivez Avignon 2013 avec Actes Sud-papiers

À l’occasion du 67e festival d’Avignon qui a lieu jusqu’au 26 juillet 2013, la librairie ePagine a choisi de mettre en avant sur son site les pièces de théâtre et essais publiés aux éditions Actes Sud et disponibles aujourd’hui en numérique (collections papiers, Apprendre, Théâtre). Dans cette sélection, je vous conseille deux auteurs, Olivier Py et Joël Pommerat. Le premier vient de publier Les Mille et une définitions du théâtre, un bréviaire à la fois très utile et ludique. Olivier Py, prochain directeur du festival d’Avignon, nous livre tout un tas de réflexions sur son travail de dramaturge et de metteur en scène. Via « formules laconiques, aphorismes, analyses développées », Les Mille et une définitions du théâtre est « un livre tonique dans lequel la poésie, la méditation ont une place profonde. » (Armelle Héliot, Le Figaro et vous, 21 juin 2013).

Quant à Joël Pommerat qui est l’un des dramaturges et metteurs en scène contemporains les plus inventifs, quatre de ses pièces peuvent être désormais lues sur tablettes et liseuses, dont La grande et fabuleuse histoire du commerce, son magnifique Pinocchio que j’ai vu aux Ateliers Berthier, Cercles/Fictions qui est une analyse de notre époque et son adaptation de Cendrillon (qui était présentée jusque fin juin dernier aux ateliers Berthier, toujours). Cette pièce peut être téléchargée pour 4.99€ seulement. Je vous invite à vous y plonger. Avec Pommerat, le théâtre n’est pas seulement à voir, à entendre et à ressentir mais il est à lire également.

En tout, près de 30 titres sont aujourd’hui disponibles aux éditions Actes Sud (collections papiers, Apprendre et Théâtre). Retrouvez cette sélection sur la librairie ePagine en cliquant ici.

Pour retrouver toute la programmation du festival d’Avignon 2013, suivez ce lien.

Bon festival 2013 !

ChG

14 septembre 2012

Tout Echenoz, tout Chevillard & tout Mauvignier en numérique (Minuit)

C’est une rentrée très particulière pour les éditions de Minuit. Si la maison d’édition depuis un an maintenant a fait le choix de proposer ses nouveautés en papier et en numérique, cette année elle frappe fort. Hormis pour Julia Deck dont Viviane Elisabeth Fauville est son premier roman, l’intégralité des titres publiés par les auteurs présents cet automne seront disponibles dans leur version imprimée et en numérique.

Ainsi, 18 titres d’Éric Chevillard dont L’Auteur et moi (que nous chroniquerons bientôt) mais aussi Du hérisson, Le vaillant petit tailleur ou La nébuleuse du crabe peuvent d’ores et déjà être lus sur liseuses et tablettes. Ils rejoignent deux autres titres de cet auteur mis en ligne par publie.net, Si la main droite de l’écrivain était un crabe et Dans la zone d’activité.

De la même manière pour Laurent Mauvignier, dès le 20 septembre vous avez découvert sa dernière pièce de théâtre, Tout mon amour, mais également tous ses autres textes (9 en tout) dont Loin d’eux, Apprendre à finir, Ce que j’appelle oubli, Dans la foule ou encore Des Hommes (là aussi, on en reparlera).

Autre événement, depuis ce matin, à l’occasion de la sortie du nouveau roman de Jean Echenoz intitulé 14, Minuit propose en numérique l’intégralité de ses textes publiés depuis 1979 (15 titres si je ne me trompe pas, dont Le Méridien de Greenwich, Cherokee, L’Occupation des sols, Les Grandes blondes, Je m’en vais, Au piano,…). À ce propos, vous pouvez lire notre lecture de 14 (billet du 4 octobre 2012).

Enfin, le 11 octobre, 4 titres de Clément Rosset seront disponibles en numérique dont Récit d’un noyé et L’Invisible.

Tous ces titres proposés en numérique au format ePub ne contiennent pas de DRM Adobe mais un marquage. Outre sur ePagine, vous les retrouvez également sur les sites des libraires partenaires.

ChG

10 juillet 2012

#Avignon2012 Téléchargez gratuitement une pièce de théâtre de Rémi De Vos (ACTES SUD~PAPIERS)

Le festival d’Avignon a ouvert ses portes il y a 4 jours, une 66e édition dirigée par Hortense Archambault et Vincent Baudriller associés cette année avec l’artiste Simon McBurney.

Ce festival reste aujourd’hui encore une vitrine importante pour les quelques éditeurs qui publient des pièces de théâtre contemporain dont Actes Sud via sa collection « papiers ». La maison d’édition d’Arles profite donc de cet événement pour mettre en avant quelques-unes de ses pièces de théâtre, des pièces qui, pour la plupart d’entre elles, ont intégré le catalogue numérique en février dernier, les dernières ayant rejoint le catalogue lors de l’ouverture du festival. Ces 17 pièces de théâtre (ou essais sur le théâtre, la dramaturgie) sont toutes écrites par des auteurs contemporains, des dramaturges importants (Joël Pommerat, Olivier Py), des auteurs écrivant seulement pour le théâtre (Rémi De Vos, Eugène Durif, Laura Forti, Marion Aubert) ou connus par ailleurs pour leur films, leurs romans, leurs poèmes,… (Jean-Claude Carrière, Emmanuel Darley, Christophe Honoré, Jean-Yves Cendrey, Jean-Paul Chabrier).

En résumé, la collection Papiers se décline maintenant sous le format numérique ePub et PDF. À ce titre et pour la première fois, ACTES SUD~PAPIERS propose à tout internaute de télécharger gratuitement POMPIER, une pièce de théâtre (inédite) de Rémi De Vos. Cette offre découverte est valable durant toute la durée du festival qui se termine le 28 juillet 2012.

 

 

Retrouvez tous ces titres sur ePagine ainsi que sur les sites des libraires partenaires (liste à jour ici).

ChG

Titres publiés dans la collection ACTES SUD~PAPIERS et disponibles en numérique (par ordre alphabétique d’auteurs) :

• Saga des habitants de Moldavie suivi de Conseils pour une jaune épouse Marion Aubert
Shadow houses suivi de Case Study Houses, Mathieu Bertholet
Désolé pour la moquette…, Bertrand Blier
Audition, Jean-Claude Carrière
Pauvre maison de nos rêves suivi de L’Herbe tendre, Jean-Yves Cendrey
Une reine en exil, Jean-Paul Chabrier (coll. Apprendre, 29)
Paris 7e, mes plus belles vacances, Denise Chalem
Aujourd’hui Martine, Emmanuel Darley
Le petit bois suivi de Le fredon des taiseux, Eugène Durif
Débrayage suivi de Beyrouth hôtel, Rémi De vos
Le ravissement d’Adèle, Rémi De Vos
Les nuages retournent à la maison, Laura Forti
Moi je crois pas !, Jean-Claude Grumbert
La faculté suivi de Un jeune se tue, Christophe Honoré (festival Avignon IN 2012) – NOUVEAUTÉ
Cercles/Fictions, Joël Pommerat
Cultivez votre tempête, Olivier Py/ (coll. Apprendre) – NOUVEAUTÉ
La nuit tombe, Guillaume Vincent (festival Avignon IN 2012) – NOUVEAUTÉ

4 janvier 2012

Les 10 articles les plus consultés en décembre 2011

Retour aujourd’hui sur les 10 billets les plus consultés au mois de décembre 2011 sur ce blog. Pour chacun d’eux vous trouverez un lien menant vers l’article et l’autre vers le catalogue de livres numériques d’ePagine. De la même manière, en cliquant sur les couvertures vous pourrez consulter les fiches de présentation des ebooks en question. Je vous rappelle que tous ces textes peuvent être téléchargés depuis les sites de vente des libraires partenaires d’ePagine (liste à jour ici).

ChG

 

Les 10 articles les plus consultés sur ce blog en décembre 2011

1. Baisse des prix sur le catalogue numérique de Gallimard | billet du 20 décembre 2011
2. La biographie de Steve Jobs par Walter Isaacson en ePub | billet du 27 octobre 2011
3. Baisse des prix sur les catalogues numériques (suite) | billet du 26 décembre 2011
4. Bartleby est gratuit et publie.net est trop chouette ! | billet du 16 décembre 2011

5. Liste des librairies partenaires d’ePagine | dernière mise à jour du 13 décembre 2011
6. ePagine reprend eBooksurf | billet du 23 décembre 2011
7. Je lis Maryse Hache qui lit Claude Favre | billet du 2 décembre 2011

8. liste des éditeurs par distributeur et diffuseur | billet du 24 octobre 2011
9. Candide & Cyrano, la collection de grands classiques de Primento éditions | billet du 28 décembre 2011
10. Emilio Sciarrino lit Antonio Incorvaia et Alessandro Rimassa | billet du 18 décembre 2011

9 décembre 2011

Imagine Louise avec Savitzkaya, Kaplan, Minard & autres

À l’occasion de la mise en ligne du premier livre numérique de la collection « Horizons » consacrée aux travaux de photographes contemporains (Louise Imagine, L’Instant T), je me suis rendu compte que le prénom Louise était très présent dans les titres de nombreux textes lus et qu’il était porté par plusieurs auteurs que j’appréciais. Plutôt que de me lancer dans une exploration psychanalytique j’ai choisi de consacrer une vitrine sur la page d’accueil d’ePagine aux Louise. Quatre titres (que j’ai par ailleurs déjà chroniqués) sont donc mis en avant depuis ce matin, L’Instant T de Louise Imagine, Exquise Louise d’Eugène Savitzkaya, Louise, elle est folle de Leslie Kaplan et So long, Luise de Céline Minard. On poursuivra l’aventure en compagnie de Thelma et Louise de Ridley Scott (et avec The Ballad of Lucy Jordan de Marianne Faithfull) et on pourra même écouter Louise et Thelma d’Anis avant, pendant ou après. Les titres présentés aujourd’hui sont disponibles sur les sites de tous les libraires partenaires de ePagine (liste à jour ici).


 


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Anis, Louise et Thelma
in La Chance, 2005

 

Le premier volume de la collection « Horizons » consacrée aux travaux de photographes contemporains vient d’être mis en ligne via publie.net. Directrice de cette collection Louise Imagine est également la première photographe à l’inaugurer avec L’Instant T. Cette balade du Nord au Sud de la France (à chaque fois sont désignés les lieux et le mois) se concentre sur des instants précis et importants pour elle, des moments liés à des événements dans sa vie, des griffes dans le paysage, quand le temps s’arrête, quand elle aimerait qu’il se soit arrêté là, des moments liés à l’attente, au souvenir, au rêve. Accompagnant ses photos de courts textes, Louise Imagine nous donne des éléments importants, paysages traversés, sentiments et émotions à ce moment précis, éléments biographiques (déménagement, naissance de sa fille, vacances…). Journal de bord, feuille de route, journal intime, ce livre numérique est tout ça à la fois. Se dégagent par ailleurs ici une forme de recherche, celle d’un apaisement, mais aussi celle d’une quête qui parfois tend à l’universel, un peu de mélancolie également et parfois une annonce plus sourde, celle d’une gravité liée à un événement, d’une brutalité qui a surgi de l’imprévu (on la devine plus qu’elle n’est montrée d’ailleurs). Techniquement, Louise Imagine a fait le choix de réaliser ses photos avec des pellicules pour Polaroid périmées. Le résultat est assez étonnant (c’est notre rapport au temps qui est interrogé). Ce livre numérique peut être lu de manière linéaire comme un road-movie mais, étant optimisé iPad, il permet aussi d’entrer par un autre biais dans cet univers entre ombre et lumière où le grain fait ressortir l’extrême sensibilité du regard de la photographe. Suivi par une lecture aussi personnelle que fine d’Isabelle Pariente-Butterlin (toujours aussi précise dans son maniement des concepts et dans la portée de sa langue), L’Instant T plaira à tous ceux qui, traversant villes et campagnes, prennent plaisir à s’arrêter et à regarder les couleurs d’un ciel, les mouvements dans les gares, les lumières dans la nuit, les nuages qui sont plus que des compagnons mais les miroirs de nos états (sérénité, doute, colère, langueur…). Pour aller plus loin, n’hésitez pas à lire le portrait de Louise Imagine réalisé par Pierre Ménard (avec photos) sur son site liminaire.

 

Eugène Savitzkaya, Exquise Louise (éditions de Minuit). En 1992 paraît Marin mon cœur, roman dans lequel l’auteur entreprend de raconter au présent la découverte du monde par son fils, de sa naissance à ses deux ans environ. Un texte qui joue avec la dissonance et réussit à retrouver le merveilleux (un peu à la manière de Lewis Carroll) à travers les yeux, les gestes et les mots de Marin. C’est une langue pleine qui est au plus près de la nature, du corps, de l’imaginaire et des possibles. Dix ans plus tard Eugène Savitzkaya publie Exquise Louise où une fois encore le monde ne sera jamais plus le même après l’arrivée de cette nouvelle pierre « dure, obstinée et lisse » au milieu du jardin, cette Louise, cette fée qu’on ne peut attraper et dont « rien ne peut entraver sa marche ». Dans les deux textes nous sommes conviés à un véritable dialogue (découvertes, affrontements, expériences), là où tenteraient de se répondre petits d’hommes, éléments, saisons, insectes, minéraux et végétaux. C’est naïf (« dénué d’artifice, sans apprêt, naturel »), cruel, doux et mystérieux. C’est un pas de côté. Et deux très beaux textes.

 

Louise, elle est folle est un texte que Leslie Kaplan a écrit pour les comédiennes et metteuses en scène Elise Vigier et Frédérique Loliée. On a pu entendre les mots de la première et les voix des secondes lors d’une des représentations données à la Maison de la Poésie en mars 2011. Aujourd’hui Louise, elle est folle est disponible en numérique (éditions P.O.L) et ce dialogue (décapant, terrifiant et drôle) sur la bêtise, les phrases toutes faites, la société de consommation, le travail, la langue, la violence, Dieu mis à toutes les sauces, la condition féminine, les ciels, le bonheur ou encore sur les mots (force, inutilité, vide, emprunts…), est suivi par le magnifique Renversement (contre une civilisation du cliché, la ligne Copi-Buñuel-Beckett), texte dans lequel elle revient sur sa démarche théâtrale à travers la notion du « renversement ».

 

Avec So long, Luise (Denoël), Céline Minard frappe à nouveau très fort. On a déjà parlé de son style, de sa voix, de sa langue et de son univers (cf. notamment ce billet sur Olimpia) et lire ses textes reste pour moi une expérience très remuante. Parce qu’elle a cette capacité à construire une phrase où sa langue est brassée par plusieurs autres langues mortes ou vivantes (français, latin, italien, anglais, ancien français…), où le beau et le laid se mêlent le temps d’un décrochement ou d’une fulgurance, où la question du sexe et de la mort est omniprésente, où rien n’est linéaire, ni l’espace ni le temps. Ces personnages sont insaisissables, heureusement complexes et bourrés de paradoxes. Nerveux, brillants, blessés, visionnaires, odieux, brutaux, élégants, ils portent en eux une colère froide et surtout un appétit d’ogre ou d’ogresse. Avec So long, Luise on n’échappe pas à la règle. Ici une vieille femme écrivain mondialement reconnue (la narratrice) s’adresse à son amante à travers un testament qu’elle ne cesse de réécrire. Si ce personnage nous bringuebale à la manière de Proust d’une époque à une autre de sa vie (son enfance, son choix d’écrire dans une autre langue que la sienne, sa rencontre avec son amante artiste, l’amour, le sexe, le monde des courtisans, celui de l’art, les voyages, la vie en Irlande, en Italie, en Suisse, à la campagne…) c’est à Gertrude Stein que nous penserons très souvent dans cette manière éclatée et viscérale qu’elle a de dire le monde.

 


Thelma et Louise, Ridley Scott

7 décembre 2011

Christophe Fiat, Retour d’Iwaki

Christophe Fiat devait passer trois semaines au Japon en avril 2011 pour écrire une pièce de théâtre sur le monstre le plus célèbre du cinéma japonais, Godzilla. Il se trouvait alors près de Fukushima. On était un mois à peine après le séisme et en pleine contamination. Très vite il a fait un voyage jusqu’à Iwaki, une ville balnéaire sinistrée par le tsunami du 11 mars et menacée par les rejets de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. C’est d’abord cette traversée-là qu’il entreprend de raconter, carnet à la main, celle d’une embardée dans le paysage d’après la catastrophe, lui le premier français (« à part les journalistes ») à être entré dans la zone de contamination. Un drôle de road-movie donc dans lequel sont consignés des conversations, des lectures, des entretiens, des choses entendues à la radio, des témoignages, des rêves, des visions mais aussi des réflexions politiques, un récit qui nous emmènera aussi sur les lieux d’une autre catastrophe, à Hiroshima, qui saura convoquer d’autres tragédies (Tchernobyl notamment), reviendra sur les premiers essais nucléaires américains et tentera de comprendre la relation « explosive » entre le Japon et les États-Unis. Le récit de Christophe Fiat suit également le fil de ses longs compagnonnages (Barthes, Dante, Duras…) mais aussi celui du mythique Godzilla (et de son cri).

Retour d’Iwaki n’est ni un essai ni un roman. C’est un récit nucléaire (je me permets de détourner cette définition du principe d’une réaction nucléaire). Au cœur du périple se produit une réaction de fission : un homme se déplace et percute des êtres vivants dans un paysage en ruine, le regard absorbe le réel mais il devient tellement instable qu’il éclate. Il se divise alors en deux parties et libère de l’énergie, celle du geste d’écrire. C’est ainsi qu’à plusieurs moments Christophe Fiat parvient à fictionner ce qu’il voit et entend.

Place maintenant à la voix de cet écrivain, poète, metteur en scène, que je vous invite à aller lire si vous ne l’avez pas encore fait. Un texte très différent de ce que j’ai pu lire de lui ces quinze dernières années mais dans lequel on retrouve ses thèmes et obsessions, ses fulgurances, son sens de l’ironie et sa rigueur. Ici, le 3ème chapitre de la première partie, « Le cri du monstre » de Retour d’Iwaki.

ChG

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Christophe Fiat,
Retour d’Iwaki

© L’Arpenteur, 10.80 €
version ePub, avec DRM Adobe


3.

Aujourd’hui, on est le 21 avril. Il est 9 heures. Le temps est maussade. Je descends à la gare de Komaba-Todaimae, au sud-ouest de Tokyo. Oriza Hirata m’attend devant chez lui avec Aki, mon interprète, et une dizaine de ses acteurs.

« Christophe, on va s’approcher au plus près de la zone de contamination, dit-il. Tu es le premier Français, à part les journalistes, à être allé jusque-là. Tu as peur ? »

Je lui réponds en montant dans sa Mitsubishi :

« Tu as un compteur Geiger ?

— Non, on n’en trouve plus. Il y a rupture de stock. »

Puis il ajoute :

« À Iwaki, il peut y avoir de plus grosses secousses qu’à Tokyo… »

Ensuite, il règle son GPS et met une cassette de Yamaguchi Momoe. C’est parti. Le voyage dure trois heures. On a deux cents kilomètres à faire.

Je suis à l’arrière avec Aki. Il lit un entretien de son père paru dans Asahi. Il travaille à l’Institute of Nuclear Safety of Japan. Je regarde le paysage qui défile. J’essaye alors de m’imaginer le globe terrestre avec le Japon au centre. En Occident, c’est toujours le continent africain qui occupe cette place, mais si l’on y met le Japon, on a dans l’axe, du sud au nord, le Brésil, puis le Groenland, le pôle Nord, la Russie de l’Est, puis le Japon et dessous, l’Australie, et l’Antarctique puis le pôle Sud. Vu sous cet angle, on constate que la terre est composée essentiellement d’eau. Ici, les océans envahissent tout !

Alors, je pense à Godzilla dont l’eau est justement l’élément naturel. Au début de chaque film, soit il somnole sur une de ces minuscules îles qui font du Japon un archipel, soit il dort dans le Pacifique entre le 30e et le 40e parallèle, celui qui relie Tokyo à Los Angeles. Il fait sa première apparition sur l’île d’Odo, île introuvable, inventée pour les besoins du scénario du film d’Ishiro Honda.

Voici ce que j’ai trouvé sur Wikipédia à List of fictional locations in Godzilla films. Je l’ai recopié dans mon carnet : « Odo Island is a southern Japanese fishing village, is from where the monster Godzilla receives his namesake. This island, probably part of the Izu group, is featured in the original Godzilla and referenced in a few subsequent films. Gojira was an antiquated legend of the Odo islanders. In “the old days”, according to an elder, when the fishing was poor, the villagers sacrificed young virgins to appease the sea monster’s hunger. When ships began inexplicably sinking off the coast of Odo Island in 1954, the natives performed a purification ceremony, the last remnant of the old traditions, in a village temple. Odo is the first location where the kaiju is known to have come ashore. While its appearance was presumably coincidence, paleontologist Kyohei Yamane elected to name it “Gojira” after the legend. »

Maintenant, Oriza arrête la musique et met une radio locale qui diffuse en boucle des informations pour les sinistrés. Je demande à Aki de me faire une traduction simultanée.

« Il a été décidé qu’une seule personne par famille ira chercher les affaires personnelles dans la zone sinistrée. Ces personnes seront regroupées dans des bus qui seront mis à leur disposition à une date qui sera précisée ultérieurement. Par ailleurs, la zone à évacuer passe aujourd’hui de dix à huit kilomètres. Le Premier ministre a eu un entretien avec le préfet du département de Fukushima pour parler du dédommagement nécessaire des victimes. Le préfet a dit qu’il voudrait que la situation se rétablisse le plus tôt possible par l’initiative de la Tepco afin que les gens qui sont dans les camps de réfugiés puissent rentrer à la maison le plus tôt possible. Pour répondre à ces exigences, le Premier ministre a promis que le gouvernement japonais ferait de son mieux. Après l’entretien, le préfet a déclaré que pour autoriser les gens à rentrer dans la zone sinistrée, il faut avoir l’accord des représentants des régions et des quartiers et qu’il faudra continuer à faire des efforts pour que les gens évacués puissent reprendre une vie normale ainsi que ceux qui travaillent en relation avec les centrales. Il encourage aussi les techniciens et les ouvriers qui sont sur le terrain. Puis un homme qui travaille dans la région explique son cas. On lui a permis de rentrer dans la zone sinistrée en raison de son travail. Il avait besoin de retourner à son bureau. Mais quand cette zone sera interdite, il ne pourra plus y accéder et ça l’inquiète. »

Oriza est concentré. C’est normal, on approche d’Iwaki. Aki se tourne vers moi et dit que les travaux de ravalements de la chaussée qu’on peut voir depuis dix minutes sont les effets du tremblement de terre. Peu après, la Mitsubishi s’engouffre dans une dizaine de tunnels, collés les uns aux autres.

Je note dans mon carnet : « Okubo-Daïchi Tunnel, Okubo-Paisa Tunnel, Suwa-Daïchi Tunnel, Suwa-Daïni Tunnel, Hirasawa Tunnel, Daoin Tunnel, Kurakase-Tunnel, puis il y a le Gitsu Tunnel et le Juo Tunnel, et enfin le dernier, l’Enoami-Tunnel. »

Quand on arrive, je vois une énorme pancarte : Welcome to Iwaki City ! C’est de circonstance. Iwaki ressemble à une ville américaine avec des petites maisons étalées le long de larges avenues qui descendent vers la mer.

On est accueillis par une amie d’Oriza. Elle s’appelle Michiko Ishii. Elle enseigne l’art dramatique au lycée de la ville. Elle est drama teacher. C’est écrit sur la carte de visite qu’elle me tend des deux mains. Elle est en larmes. Nous sommes les premiers Tokyoïtes à venir ici depuis le tremblement de terre.

Elle nous donne un plan de la ville où je lis en majuscules : Sunshine Iwaki. Je le parcours et, chose étrange, un premier rayon de soleil apparaît. Je ne fais pas tout de suite le lien avec le plan qui présente Iwaki comme une station balnéaire. Je pense aux radiations. Je pense aussi au vent qui souffle depuis qu’on est arrivés. Il apporte peut-être des particules toxiques.

Pendant le repas, l’ambiance est détendue. Michiko rit.

Ensuite on reprend la voiture et on va au port. C’est alors que j’aperçois les premières maisons détruites. La plupart ont le toit arraché. Les vitres sont brisées, les portes défoncées, les rideaux déchirés. Tout ce qu’il y avait à l’intérieur a été emporté. Une voiture est renversée sur le côté, les deux roues en l’air. Un bateau est échoué et un hangar laisse voir ses armatures en ferraille à travers lesquelles passent les nuages.

Oriza coupe le moteur. Je fais quelques pas. À mes pieds, il n’y a que des débris. Comment c’était avant ? Impossible de savoir. Le désastre s’étend à perte de vue. Des ouvriers s’affairent pour nettoyer. Ils n’ont qu’une pelleteuse pour trois. Ni pelles, ni sécateurs, ni pioches. Ils sont hagards.

Alors, je sors mon appareil, un Sony Cyber-shot 14.1 MP que Louise m’a offert pour mes quarante-cinq ans, et je shoote. Personne ne prend des photos à part moi. Je n’en crois pas mes yeux. J’ai l’impression d’être un Japonais à Paris.

Puis on repart.

Dans la Mitsubishi, la radio est coupée. Le silence est assommant. On avance de cinq kilomètres en suivant le bord de mer. Direction Hisanohama. Aki me dit qu’on va accéder à une zone dont l’accès est interdit. En effet, il y a un check point. Michiko parle au gardien et nous entrons. Oriza gare la voiture.

La visite commence. Oriza et Aki marchent devant. Les acteurs font des petits groupes. Je traîne. L’envie de faire des photos est de plus en plus forte. Je shoote, je shoote, je shoote. Mais petit à petit, je mesure l’horreur du séisme.

Ici, plus rien ne tient debout. Tout est rasé. Tout a été soufflé. Pas de ruine. Les seules maisons qui ont résisté à la vague ne ressemblent à rien de ce qu’on peut imaginer. J’ai vu, comme tout le monde, des images d’amateurs tourner en boucle, à la télévision et sur le Net – et elles étaient autrement plus violentes –, mais maintenant que je suis là, j’ai l’impression de voir les restes d’un supplice et d’être un témoin impuissant et étranger, mais malgré tout utile, à quoi ? Je ne sais pas. Pour la première fois de ma vie, j’aimerais me rendre utile. Mais ce n’est pas le moment. Je ne suis pas là pour ça.

2 décembre 2011

Je lis Maryse Hache qui lit Claude Favre

Aujourd’hui Qui lit quoi ? #10 en poésie et en compagnie de Maryse Hache qui nous propose une lecture de pas de titre ni rien de Claude Favre.

Parce que je rends visite au Semenoir très régulièrement, cet été j’ai demandé à l’auteur de ce site, Maryse Hache, si elle souhaitait participer à cet échange d’impressions et de lecture qu’est le Qui lit quoi ? Elle m’a répondu tout de suite, quasiment par retour de mail, et dans la foulée m’a adressé ce rebond au poème de Claude Favre. Comme j’ai beaucoup traîné (je m’excuse auprès d’elle d’ailleurs), un de ses textes a, depuis, rejoint le catalogue de publie.net, Abyssal cabaret qui est un monologue poétique d’une beauté très violente et qui a été mis en scène et joué plusieurs fois. La lecture de ce texte a également fait l’objet d’un enregistrement.

Profitant de l’occasion, souhaitant participer à ce jeu (le Qui lit quoi ? devenant une sorte de marabout d’ficelle), aujourd’hui Je lis Maryse Hache qui lit Claude Favre.

Ces deux textes, publiés par la coopérative d’auteurs publie.net (3.49 € pour celui de Claude Favre et 2.99 € pour celui de Maryse Hache, formats epub, mobi & pdf + mp3, sans DRM), sont disponibles sur les sites de tous les libraires partenaires de ePagine (liste à jour ici). Je remercie vivement Maryse d’avoir choisi de répondre de manière très sensible à ce texte de Claude Favre qui fait vlang.



Claude Favre, pas de titre ni rien, publie.net, lu sur iPad

txt me tient tête mais en parler de mes quelques mots oser : je déambule un peu hagarde entres les siens explosés violence hoquets et tenue

elle est là debout entre paragraphes bouche lui saigne peur mort la pogne

« en griffes ta bête ne se. te. tais-toi. tu ne jamais. vlang veines feu. à flancher. à te mourir. à rugir à. on t’a dit pas. fientes. qu’apportes »

point mot point phrases défaites à point piquées piqûre cousues à point points majuscules virées minuscules ou rien ruines ou rien sauf langue pointée langue à pointes à sang à éclats de syntaxe vlang injuriée spermatraumisée vomie tu hurlâmes au cutter ils te pourtant douce et chèvrefeuille

« ruines. qu’apportes-tu. vorace. à comme. lacets. douce si. pas douce. fientes. comme pas. pas douce plus. à. tais-toi plus. le long des veines. mots comme acide. bonjour. »

rugir équarrir vivre peut-être

Maryse Hache

 

Pour moi Abyssal cabaret est une sorte de ballade d’une trompe-la-mort dans laquelle Maryse Hache, « au chaud de la langue défaite/ vaille que coûte », déroule son « chant dans la profération du mot ». Au cœur de cette ballade s’affrontent les paradoxes de l’être humain et notamment ceux de la comédienne, cette femme « dont nous racontons l’histoire… » en prise avec sa propre histoire (qui est aussi la nôtre) qui contient celle de ses aïeux et de son environnement. Brutalité et douceur s’enchevêtrent, les guerres, les violences, les rejets, la nature, la mémoire, le rapport aux aïeux et au temps. Et comment dire ça, quelle parole, quelle portée face à un monde en ruine, désolé, où la mort rôde partout, mais où la vie, comme toujours, trouve toujours une issue ? Tel sont le pari et l’enjeu ici, vitaux, nécessaires.

Maryse Hache s’empare de ces contrastes, de ces paradoxes, joue avec les oxymores (« obscurité électrique des villes »), confronte la beauté des fleurs et des ciels au morbide (les charniers, les champs de bataille, les laissés pour compte). Il est question aussi d’espace et de scènes (théâtre, champ de bataille, tombe).

Ce texte se lit comme une prière (entre mantra et litanie) et il est un tombeau pour ceux qui ont précédé celle qu’on a placé sur la scène et qui témoigne. Toute une généalogie prend alors forme (leur vie, leur mort). Et cette façon de continuer à rendre nos morts présents subjugue. C’est d’ailleurs sans doute dans l’effet « liste » et dans la répétition que la force du texte nous prend vraiment à la gorge, « sur le chemin de la vie », il ou elle « a été tué par la mort »… et « je lui tisse une écriture ». De la vie à la mort à la vie, « sauve qui peut la vie », ce texte est un tourbillon pour ceux qui aiment ces écritures-là.

« La femme dont nous racontons l’histoire aimerait qu’il fût question de paix/ mais c’est de l’épuisement des hommes au fond de la nuit dont il s’agit. »

Quand on n’a rien vécu des guerres et que nous portons malgré tout cette mémoire en nous (leur histoire, leur nom), comment dans l’espace du poème et a fortiori de la scène (lieu du dire mais aussi du crime) continuer à écrire après la « catastrophe »  ? Comment se faire fleur qui pousserait sur un charnier et non sur le vide ? Il n’y a pas de réponse mais un appel à la vie qui s’arrache ici, un appel à la beauté fugace face à la peur, à l’horreur et à l’effondrement.

ChG

17 mai 2011

Les 10 articles les plus consultés en avril 2011

Aujourd’hui petit coup de projecteur sur les 10 billets les plus consultés au mois d’avril sur ce blog. Pour chacun d’entre eux vous trouverez deux liens, l’un menant vers l’article et l’autre vers ePagine lorsqu’il s’agit d’un texte chroniqué. De la même manière, en cliquant sur les couvertures vous pourrez consulter les fiches de présentation des ebooks.

Merci de votre confiance et bonnes lectures en numérique.

ChG

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Les 10 articles les plus consultés sur ce blog en avril 2011 :

1. Coup de coeur de fin d’année #1 Maylis de Kerangal (Naissance d’un pont) | chronique du 27 décembre 2010

2. La Nouvelle Revue de Psychanalyse numérisée | chronique du 22 février 2010

3. L’homme à la carabine de Patrick Pécherot | extrait du 14 février 2011

4. Essais, littérature, religion et BD numérique | lire comme quatre du 12 avril 2011

5. 7 topo-guides numérisés pour randonneurs | présentation du 16 avril 2011

6. Sélection du Prix du Livre-Inter 2011 | présentation du 10 avril 2011

7. Joanne Anton, Le Découragement (Allia) | chronique du 31 mars 2011

8. Quoi de neuf chez Volumen ? |nouveautés numériques du 14 avril 2011

9. ePagine présente son reader pour iPad et iPhone. | journal du 1er mars 2011

10. Derrière les mots, avec Leslie Kaplan | chronique avec extrait du 28 avril 2011

28 avril 2011

Derrière les mots, avec Leslie Kaplan

© Ben 92

Louise, elle est folle est un texte que Leslie Kaplan a écrit pour les comédiennes et metteuses en scène Elise Vigier et Frédérique Loliée. On a pu entendre les mots de la première et les voix des secondes lors d’une des représentations données à la Maison de la Poésie le mois dernier. Aujourd’hui Louise, elle est folle est disponible en numérique (éditions P.O.L) et ce dialogue (décapant, terrifiant et drôle) sur la bêtise, les phrases toutes faites, la société de consommation, le travail, la langue, la violence, Dieu mis à toutes les sauces, la condition féminine, les ciels, le bonheur ou encore sur les mots (force, inutilité, vide, emprunts…), est suivi par le magnifique Renversement (contre une civilisation du cliché, la ligne Copi-Buñuel-Beckett), texte dans lequel elle revient sur sa démarche théâtrale à travers la notion du « renversement ». À tous ceux qui voudraient retrouver cet affrontement verbal et théâtral ainsi qu’aux autres qui auraient manqué ça, voici de quoi les contenter. 1. En cliquant ici vous aurez droit à un extrait sonore de Louise, elle est folle. 2. Infra, un extrait de ce « diablogue » comme l’aurait sans doute sous-titré Roland Dubillard. 3. Et en prime, un extrait des Mots, ensemble de textes de Leslie Kaplan, publié une première fois par Inventaire/Invention et remis en forme par publie.net, où l’on retrouve les mêmes thématiques abordées dans Louise, elle est folle. Un extrait gratuit de chacun de ces titres peut d’ailleurs être téléchargé sur ePagine. Pour les inconditionnels de cet auteur, sachez que d’autres textes sont disponibles en numérique, Toute ma vie j’ai été une femme, écrit également pour le théâtre, ainsi que l’un de ses romans sur l’adolescence, l’histoire familiale, le crime et la folie : Fever. Dernière chose, vous pouvez également lire ou relire ce billet que j’avais consacré l’an passé à son récit-poème, L’enfer est vert.

ChG


Extrait de Louise, elle est folle, P.O.L

à télécharger sur ePagine.

Louise, elle est folle
elle achète tout
elle ne peut pas s’arrêter
rien ne l’arrête
elle le dit, elle dit,
Il n’y a aucune raison de s’arrêter

mais c’est vrai
il n’y a aucune raison
de s’arrêter

alors toi
tu achètes tout ?

bien sûr
j’achète tout

tu n’achètes pas
en fonction
de tes besoins ?

de mes besoins ?
quel rapport ?

comment ça, quel rapport
tu as un besoin
il te manque quelque chose
tu achètes

pas du tout
je n’achète pas du tout
parce qu’il me manque quelque chose

mais
alors
pourquoi

j’achète parce que je vois
quelque chose qui me plaît

n’importe quoi
c’est n’importe quoi

mais évidemment
c’est n’importe quoi

laisse tomber
ça te dépasse

qu’est-ce qui me dépasse

ça nous dépasse

mais quoi

acheter
ne pas acheter
tout ça

c’est ce que dit Louise

elle dit quoi

elle dit, Ça me dépasse

Louise, elle est folle
laisse tomber (…)

© Leslie Kaplan et les éditions P.O.L, 2011.

 

Extrait de « Consommations » in Les Mots, publie.net

à découvrir sur ePagine.

Vous voulez savoir ce que c’est, la sexualité industrielle de masse ? Vous vous demandez ce que ça peut être ? Je vais vous raconter l’histoire d’un ami d’enfance, André. André, je le connais depuis toujours, on est allé à l’école ensemble. Comme tout le monde, il a fait beaucoup de sexpériences. Pardonnez le jeu de mots, c’est le sien. Il a essayé les femmes, mais il se demandait s’il n’aimait pas mieux les hommes. Il a essayé les hommes, mais il n’était pas sûr de ne pas préférer les femmes. Il a cherché l’amour romantique, l’amour simple, mais c’était compliqué. Il a voulu connaître d’autres horizons, l’amour exotique, mais il en est revenu. Il a expérimenté les clubs et les groupes, les marginaux et les bourgeois, les plaisirs et les douleurs, jamais les enfants, notez bien, il gardait des principes, mais c’était très très fatiguant.
Une fois il m’avait dit, ça m’avait frappé, je fais tellement de choses, je cherche, on ne peut pas dire que je ne fais pas d’efforts, je cherche, je me donne beaucoup de mal, je veux trouver… mais finalement, avait dit André, ça m’est venu comme ça une fois et maintenant j’y pense tout le temps, finalement j’ai la même sensation que j’avais à l’école quand je copiais. La même sensation. Copier c’est un travail, il avait dit, je trouve qu’on ne reconnaît pas suffisamment que les enfants qui copient font vraiment des efforts. Moi j’étais assis à côté du gros Louis, tu te souviens, il était bon en tout, et souvent je regardais sa feuille, d’ailleurs il était brave, un camarade, il me la montrait, sa feuille, et je recopiais. Et quand on corrigeait j’étais complètement excité avant d’avoir ma note, combien j’allais avoir, et bien sûr si on allait voir que j’avais copié. Et j’avais une bonne note et ça retombait. Je m’en fichais. Eh bien là, c’est pareil… Je m’excite comme un fou, je me suis toujours excité comme un fou, tout ce que je connais pas, surtout si c’est un peu interdit, ça m’excite, j’essaye ceci, j’essaye cela, je fais ceci, je fais cela, je bande, je jouis, remarque je ne suis pas impuissant, c’est toujours ça, et après…C’est comme à l’école. Le devoir, ce n’était pas le mien, et même si j’avais tout bon, bien sûr ce n’était pas moi…
Est-ce que je copie quand je fais l’amour ? C’est moi, quand même. Mais je me demande.
Et alors, moi, je ne sais pas quoi lui dire, à André, je n’ai jamais su quoi lui dire, d’autant qu’il a la tête remplie, mais remplie…
Par exemple André pense sincèrement que maintenant que les femmes sont libérées les hommes se sentent menacés.
Parfois, variante savante, il dit : castrés.
Il dit qu’il y a une crise de la masculinité.
Mais pour rien au monde André ne voudrait d’une femme qui ne soit pas libérée.
D’ailleurs André pense que les femmes qui travaillent ne se comporteront jamais comme des hommes.
Il pense que les femmes sont plus humaines.
Par nature, pense André, les femmes sont plus naturelles que les hommes.
Mais depuis longtemps, pense André, les femmes ne sont plus naturelles.
Les hommes non plus ne sont plus naturels.
D’ailleurs, pense André, plus personne n’est naturel.
Pourtant André pense que les femmes noires (variante : asiatiques) sont plus naturelles et sexuelles que les femmes blanches.
Les hommes noirs (variante : asiatiques) sont aussi plus naturels et sexuels que les hommes blancs.
En général les femmes, dit André, sont plus simples (variante : plus primaires) que les hommes.
Ceci dit les femmes sont aussi plus compliquées (variante : plus névrosées) que les hommes.
Les hommes, pense André, sont au fond des enfants.
Mais les femmes, parce qu’elles enfantent, pense André, sont plus proches de la vie, moins destructrices, que les hommes.
Pourtant les femmes sont plus envieuses, plus jalouses, plus rancunières que les hommes, pense André.
Et moi, je ne sais pas quoi lui dire, à André. Je n’ai jamais vu quelqu’un avoir la tête si remplie.
La tête d’André me fait penser à un caddie dans un supermarché la veille de Noël.
Il se rend compte qu’il tourne comme une toupie, il est épuisé, il se sent agressé, mais par quoi ?
Assommé, ballotté, excité, mais sans désir.
Et alors ? Vous voulez savoir comment ça s’est terminé ? Ça ne s’est pas terminé. Il s’est marié, il a divorcé. Avant son divorce, il a eu un enfant. Son enfant… Il s’en occupe, il est présent… Mais ce qui est bizarre, c’est que l’enfant ne l’a pas modifié. C’est comme s’il ne l’avait pas eu. Oui, c’est ça qui est vraiment bizarre, c’est comme s’il ne l’avait pas eu.

© Leslie Kaplan et publie.net, 2009.

28 janvier 2011

Extrait du « Vrai sang » de Valère Novarina (P.O.L)

à télécharger sur ePagine.

Depuis les années soixante-dix, Valère Novarina écrit, dessine, peint, met en scène et réalise des performances où il mêle les « actions » de dessin ou de peinture, le texte, et parfois la musique ou la vidéo. Bon nombre de ses textes (quasiment tous publiés chez P.O.L) ont été mis en scène au théâtre (par lui ou d’autres) et deux d’entre eux sont aujourd’hui au programme des lycées. Depuis novembre dernier il est également auteur associé du théâtre de l’Odéon où de nombreuses lectures et mises en scène ont eu lieu. Ce cycle se termine avec Le Vrai sang (désormais disponible en numérique sur ePagine), un projet inédit. Metteur en scène et peintre, il en dirige la création à l’Odéon depuis le 5 de ce mois jusqu’au 30 (dépêchez-vous !), en s’appuyant sur sa fidèle équipe de collaborateurs et une dizaine de grands solistes. On retrouvera ici ses fulgurances ainsi que son travail acharné sur la langue, le rythme, la musicalité, la mise en espace ou encore les Noms. Dans l’extrait que je vous propose aujourd’hui (l’amorce de “L’amour géomètre, prologue”), l’auteur s’empare de l’Enfant théorique pour donner vie à ses notes et à ses impressions : c’est un scénographe en plein travail que nous suivons là : la chair de l’artiste. Voici d’ailleurs comment il le présente : « Le modèle secret est peut-être Faust – non celui de Goethe – mais un Faust forain vu enfant à Thonon dans les années cinquante, joué entre deux airs de Bourvil par Gugusse, le « célèbre clown de la Loterie Pierrot ». Faust-Gugusse prétendait que toute notre vie avait lieu « en temps de carnaval », puisque le finale en était un « adieu à la chair » ; Mme Albertine, sa comparse dans le public, lui lançait, en trois mots, de prendre ça comme un don, une offrande : et elle lui proposait toutes les quatre minutes de jouer sa vie aux dés… J’essaye de reconstituer l’ordre des scènes de cette pièce vue enfant … Le Vrai sang est un drame forain, un théâtre de carnaval, en ce sens que les acteurs, d’un même mouvement…  incarnent et quittent la chair, sortent d’homme, deviennent des figures qui passent sur les murs, des traces peintes d’animaux, des empreintes, des signaux humains épars, lancés, disséminés : des anthropoglyphes. » Retrouvez également Valère Novarina sur France Culture le 6 février dans une lecture du Babil des classes dangereuses dirigée par Denis Podalydès.

ChG


L’AMOUR GÉOMÈTRE

prologue

1. Entrez, enfant théortique !

L’ENFANT THÉORIQUE.

L’homme au chiffre parle avant. Aux pierres, à l’asphalte ! Cirque prémonitoire. Prémonitions de cirque : enlevage d’une échelle ; marteau porté sur le billot par l’ouvrier. Cirque prémonitoire : savoir tout sans langage. C’est la main qui parle ! Se débarrasser des objets comme des mots. Rébus contre le langage. Observer l’offensive verbale des mots. Anatomie théomaniaque : symptômes… Mesure ceci et cela : descriptions d’objets mentaux. Au centre de l’univers, un point ici et le point du ici. Vue d’une loterie dont la roue n’indiquerait, ne montrerait, ne désignerait, ne choisirait jamais que le 8. Arrivée des maisons ou des autos ou les deux à la fois, avec la machine déjà emmêlée dedans : et les ventes. Idéal de clarté. Et surtout commencer net ! Mettre fin à ce journal : en passant tout à l’acte ! S’interdire toute activité non manuelle. Développer quatre ou cinq scènes plus longues, quatre ou cinq rosaces en tournoiement, quatre ou cinq monologals. Schéma du récitatif : isidoresques indications du dispositif spatial et notes sur l’atelier spatié actuel qui est un prisme de langue. Méthode prismatique. Voie prismatique. Travailler semaine par semaine : six jours plus un. Retrouver le bois, la main. Les portes, le coup de dé, les personnages de la pensée. Iles et rhétoriques rythmiques : liberté du récit. Cependant, tracer des personnages. La grammaire théâtrale de la page : espace et rythme actifs, agissants. Concentration, dilatation. Temps spasmal. Joie catastrophique. Précipités sur précipités. Il n’y a qu’ouvert qu’il détienne des secrets. Temps chronique et temps rythmique. Le rythme et les structures rimées de la conscience. Aujourd’hui, jour du niement, le jour du miettement, jour de détruire. Quelque chose de l’action à vif du langage pouvant être saisi : le langage capturé vivant. Gestes des logoclastes. Dans la forêt des rébus : un geste est exécuté, l’autre est dit. Aucune scène mais seulement des faits et figures du drame. Sans lieu, sans récit, car c’est le vide qui raconte. Écartèlement du langage dans l’espace, semé. Répétition libre de volutes libératrices. Structure en cristaux. Aimantation. Figures grammaticales chronodulaires et éloge de la différence rythmique. Dans l’espace est la solution de la pensée : dans l’espace le langage se résout. Rebus. Les trois actes sont comestibles. Les chansons sont des attractions passant à l’acte. Essentiel est le thème mécanique. La vie est encore captive de l’alphabet. Focaliser l’espace ventueux. Captif du langage et délivré par lui, captif des mots et délivré par leur respiration : la nature délivrant l’alphabet. Rébus, emblèmes, inscription du langage dans le rebus scénique : inscrire la langue dans l’espace. Le travail donne naissance à des pierres ou à des miettes ou à des verbes selon qu’elles tombent à l’envers ou à l’endroit : les livres sont pour la main, les pierres pour l’espace. Le lancer du langage dans l’espace a lieu à l’aide de tous nos couteaux. Tout exécuter. Utilisation divinatoire d’une machine. Jouer les maximes d’entrersortir : interrogation du tonneau, de la maison, de la fontaine. Quelque chose à creuser du côté du dé, du lancer, du langage. Vente des objets rendus aux hommes en chiffres. Rimes divinatoires, efficacité logodynamique, rébus et charades, énergie du cristal. Écouter la grammaire rythmique. Les planches sont de retour avec les planchers du salut. L’histoire est l’argument de l’espace. La pensée respire. Chanter beaucoup. Même chanté bref… Et des danses pour voir bien la chair à chacun… Adresse dispersée, langage étoilé : avancer par leitmotiv enlevés, par rimes défaites. Chaos d’un ordre. Parenthèses, apartés, inserts : chaque scène représentée comme en sachant plus que la veille. Ne plus toucher aux chiffres ni à la machine ! Le rythme est ordonné par les personnages. Jeu d’osselets. Féerie matérialiste. La spiritualité, c’est-à-dire la respiration. Le temps, le battement du sang rédempteur. Au démonstratif initial ! Sur l’instant, les choses n’existent pas. Un, repentirs ; deux, prémonitions. Deux actes en face à face. Entre la Parole portant une planche. Accident, oraison. L’espace ouvrant sur lui. Le langage est visiblement offert et déversé dans l’espace comme s’il était le vrai sang. Le Vivier des noms, creuser dedans : creusement de surface. L’idée d’ouvrir aussi un atelier par bâtissage, échafaudage progressif et démolition de la pièce d’ombre. Manque l’adversaire ! Optique foraine, regard cadré et respirant : compression et dilatation de l’espace : respiration des scènes à nombres avec de nombreux polygones et un travail à la chair même du langage, à son noeud avec la matière et que tout le monde entende bien ça ! Toutes les scènes sont trines ; jamais une seule scène à deux ; toujours passement du trois au un, passage du un au trois, sans jamais l’esclavage du deux. La langue n’est qu’action. Le Vivier et sa méthode. Arraché des mains ! Méthode d’avancée par l’autodésordrement. Le rythme sauve. Le laisser se bâtir assez seul et en même temps tenir la trame de fils blancs. Tout le monde entend tout le langage en rêve : sa transmission de surface n’a lieu qu’à l’école et dans le journal. Le langage est lié à l’animal. Les acteurs iront à l’animal volontiers. Échafaude un dispositif divinatoire ! Les figures du langage dans l’espace sont en structures étoilées. Le canevas spatial est une géométrie par laquelle les personnages se portent secours. Classement mécanique-rimé . Aller dans les failles. Fortes descentes aux logodrames : développer l’ouverture à la main, le creusement sur la peau. Et suivre les psaumes : ouvrir les failles du corps. Pressentiment rythmique. Subdermatique et immachinesque ! Scénogre à rèbes ! Antipersonnes béantes passant les unes dans les autres : ceci après l’acte mécanique qui est plus bas que terre. Jean Climaque ! Capter les forces qu’il y a dans le langage lui-même, écarté depuis longtemps au secret. Il n’y a que des idées mathématiques. L’hypothèse animale. Maison septigonale : chanter sa rime. Médullarium : filet. Aurai-je le temps de tout faire ? Des choses qui se disent dans l’espace avec lui. Chercher un moment où la pensée exécute sa rime en avance dans le pressentiment. Importance de dire leur crime, de leur faire commettre leur crime à chacun : L’Enfant armé. Libérer l’avancement par pensée dramatique. Temps chronique et temps rythmique. Étudier, expérimenter, éprouver et prouver ! Le rythme et les structures rimées de la conscience. Monumental antagonisme : portrait du Chantre nommant la Machine annonciatrice. Je ne vous épargnerai pas le labyrinthe. Il a fallu prendre forces dans le chaos : lutte entre la pensée rythmique battue et la pensée dynamique soufflée. Ennemi de tous les jours : la mécanisation mentale. Ne faire que suivre le langage et savoir sa cruauté. Bien écrire le néant. Un crime phonique par jour ! Le langage ouvre la scène entre nous. Passage d’un mort érigeant. Livre peint. Faire parler les pantins et faire parler les noms. Concernant l’ange numérique, le retrouver dans le thème tournant dans la Loterie. Ouverture de l’espace par le langage : parce qu’il est orienté, contradictoire, directionnel et que c’est dans tous les sens qu’il agit. Prouver que ce ne sont que les ondes qui agissent. « Parmi les ondes. » La parole fait que nous sommes dictés. « Ah ! ah mais… en voilà un qui voit tout en langage comme le boulanger voit tout en pain ! » Coups adressés à l’espace. Leitmotiv sans retour. Organiser des phases mentales, des suites-séquences : les rapides, les automatiques, les distraites. Scénographie par l’entrée des couleurs : entrée du rouge, entrée du vert. Capture de forces. Il ne se communique que de la mort. (…)

© Valère Novarina, Le Vrai sang, P.O.L, 2011, disponible en numérique sur ePagine.

Vous pouvez télécharger gratuitement un extrait plus long du Vrai sang (ou le feuilleter en ligne) en cliquant ici. Ce texte est édité chez P.O.L comme toute l’œuvre (ou presque) de Valère Novarina et 16 autres de ses textes sont aujourd’hui disponibles en numérique sur ePagine (PDF et ePub). Le vrai sang est joué au Théâtre de l’Odéon jusqu’au 30 janvier (01 44 85 40 40). Par ailleurs, à la Maison de la poésie, est repris jusqu’au 6 février son texte Le repas dans une mise en scène de Thomas Quillardet (01 44 54 53 00). Enfin, retrouvez Le Babil des classes dangereuses dimanche 6 février sur France Culture de 20h à 22h dans une lecture dirigée par Denis Podalydès (avec Denis Podalydès, Catherine Samie, Jacques Bonnafé, Loïc Corbery, Catherine Hiegel, Judith Chemla, Christian Paccoud…).

27 octobre 2010

Les 4 premiers ebooks de L’éditeur en ligne sur ePagine

Filed under: + Conseils de lecture — Mots-clés : , , , , , , — Christophe @ 09:30

L’éditeur en ligne (publications de littérature et de théâtre) a rejoint le catalogue ePagine le mois dernier avec L’incise, nouvelle de Roger Jouan et Ravolstein, tragi-comédie épistolaire de Pierre Koenig. Cette maison d’édition, qui a fait le choix de se spécialiser dans le livre numérique, a également mis en ligne ces derniers jours Monsieur Charles, un roman de Martin Jacque ainsi que la pièce de théâtre de Isabelle Ulla, Phèdre et Hippolyte. Bienvenue !

Bien qu’ayant opté pour le singulier, L’éditeur en ligne est en réalité un animal à trois têtes dont la colonne vertébrale partage passion pour la lecture et désir de publier des auteurs méconnus. Sensibles aux nouvelles possibilités qu’offre Internet, les trois associés (une traductrice-éditrice, un auteur-metteur en scène et un spécialiste de la librairie-musicien) viennent donc de mettre en ligne sur ePagine leurs quatre premiers ebooks mais offrent également la possibilité à ceux qui le souhaiteraient d’acheter ces titres en version papier.

Christophe Grossi


L’incise, nouvelle de Roger Jouan – epub et pdf, 5,99 €

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Un soir d’errance, surpris par la pluie, le jeune homme solitaire se réfugie dans une galerie de peinture où a lieu un vernissage. Il tente de se faire passer pour un invité mais le peintre ne s’y trompe pas et s’amuse de la situation. « Il » – le lecteur ne connaîtra jamais son prénom – quitte alors rapidement les lieux. Toutefois, il se procure l’adresse du peintre et décide, contre toute attente, de lui passer une commande particulière. Une étrange aventure commence alors pour ces deux personnages.

Ravolstein, tragi-comédie épistolaire de Pierre Koenig – epub et pdf, 4,99 €

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Vespasien Ravolstein (dit Montparnasse), un auteur inconnu voire méconnu, nous éclaire peu à peu sur la réalité de ses attentes dans une correspondance cocasse adressée à sa part manquante : l’Éditeur. « Il est la gare et la valise. La cave sombre et la rue animée. Ses lettres, comme autant de stations ferroviaires, marquent des arrêts dans le temps. La correspondance, comme une fuite en avant, nous déplace dans les espaces imaginés d’un voyage immobile. » (Agnès Fréjabue)

Monsieur Charles, roman de Martin Jacque – epub et pdf, 9,99 €

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« Lorsque vous croisez leurs chemins, certains individus à la vie bien rangée deviennent le grain de sable qui contrarie vos projets. Charles Germain est de ceux-là. » Entre son travail, ses montages photos d’animaux sauvages prises dans les zoos et ses rêveries érotiques, la vie de Monsieur Charles, comptable sans histoire dans une petite imprimerie parisienne, laisse peu de place à l’aventure. Mais voilà, la secrétaire de son patron affole ses fantasmes avec son incroyable tour de poitrine. Bien que le quotidien du comptable soit émaillé de nombreuses femmes, l’image de Mademoiselle Lucie perturbe jusqu’à sa raison. Lorsqu’elle accepte enfin de l’accompagner au zoo de Vincennes, la vie de notre héros se trouve brusquement bouleversée et sa tranquillité aussi… Sans doute trop pour un seul homme. L’auteur nous entraîne dans une aventure où alternent suspense et humour.

Phèdre et Hippolyte, pièce de théâtre de Isabelle Ulla – epub et pdf, 6,99 €

« Phèdre et Hippolyte est une tragédie en cinq actes et en alexandrins, librement inspirée de la pièce de Robert Garnier, Hippolyte, écrite en 1573. Dans la Grèce antique, Thésée, chef d’une famille recomposée et roi d’Athènes, est parti guerroyer depuis longtemps. Sa jeune épouse, Phèdre, est follement amoureuse d’Hippolyte, né d’un premier mariage de Thésée et d’une amazone. Phèdre, persuadée de la mort de son époux, déclare son amour à Hippolyte qui la repousse. Au retour de Thésée, pour se venger Phèdre accuse Hippolyte d’avoir voulu la violer. Mensonges, calomnies, interventions des dieux, poursuite avec des monstres sanguinaires, accidents fatals… sont au cœur de cette tragédie. Isabelle Ulla, par la modernité du langage et de l’écriture, donne naissance à une version de cette tragédie accessible à un large public.

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