Le blog ePagine

Conseils de lecture, entretiens, actualité numérique :

le Livre-Avenir ne se fera pas sans les libraires.

30 janvier 2014

Création numérique : de nouvelles mises en avant

Comme nous le signalions ici en novembre dernier (cf. notre billet), un espace est désormais réservé à la Création numérique sur epagine.fr (qui peut être repris par les libraires partenaires de ePagine). Mise à jour régulièrement, cette page (appelée « univers thématique ») accueille les publications des maisons d’édition qui ont fait le choix de publier des livres en format numérique uniquement (bien que certaines d’entre elles proposent aussi un service d’impression à la demande (POD)).

 

Parmi les dernières sélections, en plus de quelques nouveautés, vous trouverez là plusieurs mises en avant.

 

1) Tout d’abord rendons visite à D-Fiction et à ses cinq collections (French connection, Marcel, Body double, Frontiers ou encore Artpotext) parmi lesquelles nous avons aimé les Oloé d’Anne Savelli ou le tout récent Surimpression d’Annie Rioux. Vous remarquerez en passant que la charte graphique (plus typo) a évolué ces derniers temps.

 

2) Autre maison d’édition, autre univers. Numeriklivres que nous avons cité de nombreuses fois ici a eu l’excellente idée de donner un aperçu de ses différentes collections en proposant depuis le 1er janvier un CALENDRIER DE L’APRÈS. L’idée est simple : chaque jour un titre issu du catalogue est proposé à – 50 % voire plus, et ce jusqu’au 31 janvier si bien qu’à la fin du mois (demain), ce seront 31 titres qui pourront être découverts à petits prix. Pour connaître la liste des titres concernés, cliquez ici.

 

3) Traversons maintenant la Manche et gagnons le quartier de East End, cher à Jack l’éventreur, avec les éditions de Londres qui proposent depuis quelques semaines une série littéraire intitulée « Jacques l’éventreur ». Dans cette collection des éditions de Londres, baptisée logiquement East End, des auteurs d’aujourd’hui s’emparent du célèbre serial killer mais en le détournant ou le contournant. Déjà quatre nouvelles noires et grinçantes vous attendent.

 

4) La littérature populaire est à l’honneur ces temps-ci. Pour preuve, cette mise en avant des cinq séries poussées par les éditions La Bourdonnaye via leur label PULP : Les Costello de Laurent Bettoni, Terra Divina de Marie Fontaine, Les Dessous (en dentelle) de l’Élysée de Thiébault de Saint Amand, La Vallée aux crânes de Françoise Benassis et Meurtres low cost d’Isabelle Bouvier. INFO DE DERNIÈRE MINUTE : toute la journée du dimanche 2 février 2014 (offre de 24 heures seulement), la maison d’édition proposera 70 % de réduction (1,49 € au lieu de 4,99 €) sur L’intégrale de la saison 1 de la série Les Costello de Laurent Bettoni.

 

5) On terminera notre visite en nous intéressant à la creative nonfiction de la maison d’édition lyonnaise Moyen-Courrier qui vient de mettre en ligne son septième titre, Faire ses armes, du chirurgien de Boston, Atul Gawande, déjà auteur de Guérir. Faillir, un titre que nous avions soutenu à sa sortie.

 

D’autres liens sont à votre disposition dans cet univers thématique dédié à la création numérique où des dizaines d’autres découvertes vous attendent. N’hésitez pas à en parler autour de vous et à diffuser l’adresse : http://www.epagine.fr/index.php?ssh_id=8.

ChG

1 mars 2013

Création littéraire et numérique : les nouvelles traductions

 

De nombreux textes d’auteurs du monde entier tombent chaque année dans le domaine public. Quiconque dans ces cas là peut s’en emparer et remettre au goût du jour des œuvres souvent importantes, parfois délaissées ou oubliées, voire même traduire des fragments qui jusque-là étaient restés inédits. J’avais naïvement pensé qu’avec les outils numériques, les nouvelles traductions (avec possibilité de mises à jour) seraient plus importantes que ça. Ce n’est malheureusement pas le cas. Trop de maisons d’édition continuent à commercialiser des traductions surannées, démodées voire obsolètes. Pour certains de ces textes (vu comme ils sont prescrits chaque année par l’éducation nationale), les maisons d’édition ont dû amortir les coûts de traduction et d’impression depuis longtemps, non ?

Il y a néanmoins de magnifiques contre-exemples. Citons sans réserve chez P.O.L le travail exemplaire de Frédéric Boyer autour de la Chanson de Roland ou encore la nouvelle traduction de « Gatsby » par Julie Wolkenstein. Mais hormis quelques rares cas comme ceux-là, force est de constater que, depuis quelques mois, ce sont surtout les maisons d’édition de création numérique (publie.net et Numeriklivres en l’occurrence) qui sont les plus actives en la matière et ont ouvert un chantier des plus créatifs avec leurs auteurs/traducteurs. Souvenez-vous, on avait déjà évoqué ici les nouvelles traductions du Bartleby de Melville, de plusieurs textes de Lovecraft, du Vieil homme et la mer d’Hemingway qui avait fait grand bruit il y a un an ou encore des récits brefs de Kafka. Depuis, d’autres récits et nouvelles de Kafka ont été traduits grâce à Laurent Margantin (À la colonie pénitentiaire et Un artiste de la faim). Viennent également de faire l’objet d’une nouvelle traduction : Portrait de l’artiste en jeune homme de James Joyce et Une pièce à soi, texte-conférence incontournable de Virginia Woolf sur sa relation au monde, à l’écriture et aux hommes. Signalons aussi la mise en place d’une collection jeunesse chez Numeriklivres, une des rares maisons d’édition numériques (avec La Souris qui raconte) à proposer des livres numériques et non des livres-applications pour les jeunes lecteurs. Pour commencer, deux nouvelles traductions signées Céline Decamps avec illustrations de Jasmine Bourrel du Chat et le diable de Joyce et de Un dé en or de Woolf. À venir, un inédit de Jack London.

Comme vous pouvez le constater, parmi les textes qui viennent d’être mis en ligne, nombreux sont ceux qui ne sont pas les plus simples à traduire. Prenez par exemple les Satires du poète romain Horace. Ce qu’en fait Danielle Carlès (traduction intégrale avec texte latin emmêlé au français, notes et liens) est pourtant prodigieux alors même que c’est un auteur très difficile à lire dans sa version originale (vous souvenez-vous de vos cours de latin ?). Mais quelle jubilation il y a là non ? Lorsque cette latiniste a ouvert un blog (fonsbandusiae) dédié aux œuvres d’Horace mais aussi de Virgile, qui aurait parié à ce moment-là qu’un an et demi plus tard ses traductions et notes régulières seraient suivies par des centaines de personnes et qu’un éditeur allait prendre le risque de mettre en page, de coder et de commercialiser ce travail ? Pas grand monde je pense.

Je terminerai sur le travail de Christine Jeanney qui ne cesse pas de me surprendre (on a déjà parlé ici de son œuvre ouverte, en mouvement). À la fin de l’année 2012, elle a décidé de s’atteler à la traduction du Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde, non pas la version que nous connaissons tous et qui avait subi de nombreuses coupes à l’époque de sa parution en Angleterre (et c’est cette version qu’avaient choisies les traducteurs) mais sa version originale, celle du Lippincott’s Monthly Magazine, avant la censure, donc. Cette nouvelle traduction est suivie d’une postface où Christine Jeanney revient sur cette expérience, son immersion au cœur du roman de Wilde, ses choix… À lire également d’elle en ce moment son journal de bord consacré aux Vagues de Virginia Woolf, son nouveau chantier.

Tous les titres au format numérique cités dans ce billet font partie de la sélection « nouvelles traductions » sur le site de la librairie ePagine. Ils peuvent être téléchargés depuis ce site pour ensuite être lus sur le support de lecture de votre choix (liseuse, tablette, ordinateur et smartphone). Certains des fichiers proposés (ePub) contiennent une DRM Adobe et d’autres juste un tatouage (le site de la librairie le signale à chaque fois). Ils sont vendus entre 0.99 € et 13.99 €.

ChG

11 novembre 2012

les 10 articles les plus consultés en octobre 2012

Retour aujourd’hui sur les 10 articles les plus consultés le mois dernier sur ce blog, un mois d’octobre marqué par la double disparition du poète Jacques Dupin (lire le dossier sur remue.net) et de Maryse Hache, clown, poétesse, artiste et blogueuse, dont nous étions proches (la photo du mois lui est bien entendu dédiée). De nombreux hommages lui ont été rendus sur le web, notamment sur ce blog où nous continuons à tenir la liste des liens à jour.

Des billets publiés en octobre, vous avez été nombreux à vous intéresser une fois de plus à La nuit tombée d’Antoine Choplin (La Fosse aux ours), à Un voyage en Inde de Gonçalo M. Tavares (Viviane Hamy) mais aussi au seul livre numérique disponible en français du Prix Nobel de Littérature 2012, Le Veau de Mo Yan (Seuil). Les lectures du nouveau roman de Jean Echenoz, 14 (éditions de Minuit) ainsi que du thriller d’Éric Calatraba, Haïku (Numeriklivres), font également partie des articles les plus consultés.

Comme toujours, manquent ici nos dernières lectures, des textes que nous conseillons vivement mais que nous n’avons pas encore chroniqués, L’Herbe des nuits de Patrick Modiano (Gallimard), Carrare de Célia Houdart (P.O.L) ou Dans le blanc de Berit Ellingsen (publie.net).

Je vous rappelle que tous les livres numériques cités dans les billets sont au même prix partout (en France) et peuvent être téléchargés sur epagine.fr ainsi que sur les sites de vente de tous ses libraires partenaires (liste à jour ici).

ChG

 

Les 10 billets les plus consultés sur ce blog en octobre 2012

1► Antoine Choplin, La nuit tombée (La Fosse aux ours) | billet du 7 septembre 2012
2► Extrait du Veau de Mo Yan (prix Nobel de Littérature 2012) | billet du 11 octobre 2012
3► Abyssal Cabaret de Maryse Hache, en hommage | billet du 26 octobre 2012
4► Lecture de 14 de Jean Echenoz (éditions de Minuit) | billet du 4 octobre 2012
5► Un voyage en Inde de Gonçalo M. Tavares (Viviane Hamy) | billet du 19 septembre 2012
6► 32 extraits gratuits (rentrée littéraire) chez 10 éditeurs dans un seul fichier | billet du 7 octobre 2012
7► Sélection de lectures numériques (automne 2012) | billet du 23 octobre 2012
8► Lecture de Haïku, un thriller signé Éric Calatraba (Numeriklivres) | billet du 14 octobre 2012
9► Quelques images de la Foire de Francfort 2012 | billet du 11 octobre 2012
10► Liste des éditeurs par distributeur et diffuseur | liste du 28 septembre 2012

 


16 juin 2012

offres découvertes du week-end (Omnibus, Métailié, publie.net, Folio Policier, Numeriklivres, Petit Futé)

Parmi les offres découvertes et mises en avant repérées cette semaine (elles se multiplient) et qui égailleront votre week-end, vous trouverez des guides voyages, des histoires patagoniennes et islandaises, des polars, des thrillers, des écritures urbaines, intimes, poétiques, des ambiances rock, de la chick-lit et le grand Simenon : des lectures, des lectures, des lectures, des paysages et des mots qui font du bien aux yeux et aux oreilles. Profitez-en, certaines offres ont une durée très limitée !

 

1. Simenon chez Omnibus

41 romans de Simenon viennent d’entrer au catalogue numérique. Une offre découverte est d’emblée proposée par la maison d’édition : 3 titres pour le prix de 2 dans un seul ePub (15,99 € au lieu de 23.99 €). Offre valable jusqu’au 21 décembre 2012.

À la découverte de Simenon 1 : Le Chien jaune, Les Scrupules de Maigret, Le Coup de Lune
À la découverte de Simenon 2 : Pietr-le-Leton, La Fuite de Monsieur Monde, Chez les Flamands
À la découverte de Simenon 3 : Les Fiançailles de Mr. Hire, Le Fou de Bergerac, Betty

 



 

2. Sepúlveda & Indridason chez Métailié

• Toujours d’actualité (jusqu’au 30 juin), la nouvelle El Tano de Luis Sepúlveda est à télécharger gratuitement. Deux autres histoires issues également de Dernières nouvelles du Sud (Le dernier voyage du Patagonia Express et El Duende) sont, quant à elles, vendues 0.99 €, et le recueil intégral 12.99 € (cf. notre billet du 6 juin).

• Autre coup de projecteur et pas des moindres : jusqu’au 30 juin, La femme en vert d’Arnaldur Indridason, sans doute l’un des meilleurs polars de la série avec le commissaire Erlendur est à 6.99 € au lieu de 13.99 € (cf. notre billet du 18 mai 2011).

 



 

3. DOA en Folio Policier

Jusqu’au 18 juin, Folio Policier baisse les prix sur trois romans noirs de DOA (Citoyens clandestins, Le serpent aux mille coupures et La ligne de sang). Chacun est proposé à 4.99 € (cf. notre billet du 11 juin pour connaître les deux prochaines offres Folio Policier et Folio SF).

 



 

4. Cécile Portier, François Bon, Daniel Bourrion, Marc Villard & Véronique Vassiliou chez publie.net

Plus d’un mois après son premier rendez-vous, l’offre découverte publie.net se poursuit (cf. nos précédents billets) avec cette semaine 4 nouveautés et une reprise. Dans tous les cas, 5 auteurs contemporains à (re)découvrir à travers des ambiances rock’n’roll, noires, poétiques, autoroutières et gymnastiques. 5 titres, comme toujours, proposés avec prix de lancement ou découverte : 0.99 € jusqu’à lundi soir. Ils viennent (la plupart) juste d’arriver ou d’être remis à jour et comme je ne les ai pas encore tous lus, pour en savoir plus cliquez sur les liens ou les couvertures de Roxane Lecomte.


• Cécile Portier, Contact (collection REPRINT) : un monologue puissant dans lequel une femme au volant de sa voiture, entre Paris et le Sud de la France, se demande quelle route prendre, celle qui la mène vers son amant ou l’autre, vers sa famille. Un récit, un road novel, où les réponses se trouvent dans les questions intimes que se pose la narratrice, celles qu’entraînent routes et autoroutes au fil des kilomètres, et leurs déviations possibles.

• François Bon, Conversations avec Keith Richards : ces quatorze Conversations avec Keith Richards seraient comme le carnet de notes qu’aurait tenu François Bon (via twitter) et qui accompagnerait sa biographie des Rolling Stones (publiée en 2002), biographie qui sera mise en ligne mi-juillet dans une version augmentée et révisée.

• Daniel Bourrion, J’ai été Robert Smith : « Narration précise de Daniel Bourrion dans ce mode à la fois poétique et autobiographique auquel il nous a habitués, un samedi soir dans une boîte de nuit, une virée en bagnole, un walkman avec The Cure… »

• Marc Villard, Sharon Tate ne verra pas Altamont (collection PUBLIE NOIR) : « Marc Villard explore avec ses propres outils, fragments de scènes fixées au plus près par la langue, cette période cruciale où la décennie des sixties bascule tout entière, lorsque les illuminés de Charles Manson viennent égorger Sharon Tate pour satanisme. Une semaine après c’est Woodstock, et Altamont en décembre. »

• Véronique Vassiliou, Movies : un texte poétique, décalé et très rythmé sur le rapport au corps à partir d’une méthode d’exercices de gymnastique.

 



 

5. Marie Potvin, André Delauré & Jean-Louis Michel chez Numerik:)ivres

Pendant tout l’été, les premiers tomes publiés dans la collection “Noir, c’est noir” de Numerik:)ivres (une collection 100% numérique consacrée au roman noir, au roman policier et au thriller) seront à 0,99 € et les suivants entre 2.99 € et 3.99 €. Deux auteurs sont d’ores et déjà concernés par cette mise en avant, André Delauré et Jean-Louis Michel. À noter aussi que le feuilleton (chick-lit) en 5 épisodes de Marie Potvin, Les Héros ça s’trompe jamais est désormais complet et en ligne (le premier épisode est gratuit, les suivants à 0.99 €).


• André Delauré
Fracture mentale t.1 Charly (0.99 €)
Fracture mentale t.2 Aurélie (3.99 €)

• Jean-Louis Michel
Fin de route tome 1 (0.99 €)
Fin de route tome 2 (2.99 €)

 



 

6. City trip & City Monde by Petit Futé

Jusqu’à demain soir, tous les guides numériques Petit Futé des collections City Monde et City Trip sont en promotion à 1.99 €. Plus de 150 destinations en tout (cf. notre billet du 13 juin).

 


23 mai 2012

Lancement de la série de Marie Potvin, Les Héros ça s’trompe jamais

Alors que la série Le Waldgänger, thriller futuriste de Jeff Balek (cf. notre billet du 30 janvier dernier) vient de dépasser les 10.000 téléchargements toutes plateformes confondues, les Éditions Numeriklivres lancent aujourd’hui une nouvelle série 100% numérique en 6 épisodes, Les Héros ça s’trompe jamais de Marie Potvin, une saga romantique qui s’adresse aux amateurs et amatrices de romances et de feuilletons sentimentaux, légers et drôles. Pour mémoire, Marie Potvin a déjà publié chez le même éditeur, dans la collection « Roman de fille », Le Retour de Manon Lachance, L’Aventurière des Causes perdues et Suzie et l’Homme des bois.

Les deux premiers épisodes de cette série sont d’ores et déjà en vente (le lancement officiel étant ce vendredi 25 mai) et les suivants seront mis en ligne chaque vendredi. Même principe que pour Le Waldgänger : le premier épisode peut être téléchargé gratuitement et les 5 autres épisodes sont vendus chacun 0,99 € avec un temps de lecture moyen de 45 minutes.

 

Ces livres numériques peuvent être téléchargés sur les sites des librairies en ligne, dont ePagine et son réseau de libraires partenaires. Le prix étant en France fixé par l’éditeur, ils sont vendus au même prix chez TOUS les revendeurs de livres numériques. Par ailleurs, ils ne contiennent pas de DRM mais un tatouage numérique (watermarking).

Ci-dessous, une présentation des personnages principaux de cette saga ainsi qu’un petit résumé proposé par les éditions Numerik:)ivres.


Les Héros ça s’trompe jamais de Marie Potvin

épisode 1
épisode 2

 

 



30 janvier 2012

L’intégrale du Waldgänger de Jeff Balek est en ligne

C’est fait ! Le Waldgänger de Jeff Balek (publié par Numerik:)ivres) est disponible depuis hier dans son intégralité sur ePagine et les sites des libraires partenaires.



Si vous ne connaissez pas encore cette série en six épisodes de Jeff Balek publiée par Numerik:)ivres dans la collection 45 min., je ne vois que deux choses à faire : arrêter immédiatement toute activité et télécharger sans tarder le n°1 qui est gratuit. Mais attention, cette série est aussi addictive qu’un bon roman-feuilleton d’Eugène Sue, un polar de Mankel et la série TV 24 heures chrono (24 aux USA) réunis.

Le Waldgänger étant spécialement conçu pour la lecture nomade (une bonne trentaine de chapitres courts par épisode, chaque épisode pouvant être lu en 45 minutes), j’ai donc tenté l’expérience sur iPad. Je connais également des lecteurs qui ont lu la série sur smartphones et d’autres sur liseuses. Et dans tous les cas (le support ne change rien), dans mon entourage personne ne s’est arrêté en cours de route. Moi non plus d’ailleurs. Bien que je ne sois pourtant pas un lecteur assidu de thrillers futuristes me voilà déjà en train de me lancer dans le cinquième épisode au moment où le sixième et dernier vient d’être mis en ligne.

J’ai tout de suite été séduit par les phrases courtes ainsi que par le style nerveux, efficace et presque sans fioritures de Jeff Balek. Autant le dire aussi : le personnage de Blake (anagramme de Balek) m’a d’emblée fasciné. Ce Blake est en effet très attachant bien qu’il ait à peu de choses près la tête de Freddy (le personnage créé par Wes Craven) et qu’il veuille mettre à feu et à sang le district de Yumington – sorte de CapeTown, de Detroit et de Ciudad Juárez réunis où notables et voyous se partagent la ville, une ville qu’il déteste autant qu’elle le hait. En même temps, vu ce qui lui est arrivé lors d’une mission archéologique, vu ce qu’il a enduré en rentrant chez lui, vu les changements radicaux qui s’opèrent en lui, vu le nombre de manipulations au mètre carré,…, on comprend aisément que la bête traquée qu’il est devenu n’a plus vraiment le choix, qu’il devra se passer des services judiciaires et entrer en résistance pour régler la situation (on dit faire place nette, non ?). Donc : si vous croyez aux valeurs morales et à la justice, si vous n’aimez pas les poumpoum et les tactactac, si vous ne supportez pas les règlements de compte et les voyages dans le temps, passez votre chemin. Mais en revanche, pour ceux qui auraient envie de savoir comment ce héros solitaire et traqué passera de la figure de proscrit à celle de résistant ou comment ce héros va être relié à d’autres figures historiques, c’est le moment, me semble-t-il, de faire sa connaissance. Et sans vous faire le pitch (vous le trouverez partout, par exemple ici) on résumera autrement la situation de Blake alias Le Waldgänger par une question (question qu’il se pose d’ailleurs dans l’épisode 4) : Que reste-t-il à quelqu’un quand il a tout perdu ?



Avant de vous lancer dans cette aventure, j’avais une dernière chose à vous dire. Le Waldgänger n’est pas qu’un roman-feuilleton en 6 épisodes distribué sous forme électronique. Jeff Balek est véritablement en train de créer tout un univers qu’il nomme d’ailleurs thriller fantastique transmedia. Cela signifie qu’outre ces 6 épisodes disponibles chez tous les revendeurs de livres numériques (le premier épisode est gratuit, chacun des 5 autres coûtent 0.99 €), le site Le Waldgänger vous permettra de prolonger l’expérience grâce à un webdoc, Émeutes à Yumington, qui est un mini jeu tiré du roman-feuilleton dont vous êtes le héros. Par le biais de la communauté en ligne il vous sera également possible de devenir citoyen de Yumington. Enfin, vous aurez la possibilité d’écouter une chanson interprétée par le groupe de métal Hopkins, groupe d’ailleurs présent dans le roman-feuilleton, en attendant la sortie de leur album.

Le Waldgänger de Jeff Balek se lit, s’écoute et se joue (mais surtout pas en famille !)

ChG


épisode 1 | La vérité des fous
épisode 2 | Vengeances
épisode 3 | Manipulations
épisode 4 | Le visible et l’invisible
épisode 5 | Émeutes
épisode 6 | Apocalypse

22 janvier 2012

« Pirater ! Moi ? Jamais ! » by Numeriklivres

Il y a un peu moins de deux ans maintenant (juin 2010) arrivaient sur ePagine (et sur les sites des libraires partenaires) les premiers titres propulsés par la maison d’édition de Jean-François Gayrard, Numeriklivres (qu’on peut également orthographier comme ça, Numerik:)ivres). Dès le départ l’éditeur a fait plusieurs choix, et c’est de cela que j’aimerais parler aujourd’hui.

Le premier de ces choix a été de publier des textes destinés à n’être lus qu’en numérique, autrement dit de proposer aux lecteurs des textes à lire en ligne (streaming) et à télécharger aux formats numériques (PDF, abandonné depuis, mobi/kindle et ePub) sans passer par la version imprimée. Dix-huit mois plus tard, le catalogue se compose de plus de 80 titres dont la plupart sont des histoires (nouvelles, récits, romans) et des essais écrits par des auteurs d’aujourd’hui même si nous trouvons également depuis peu des grands classiques de la littérature. En parcourant à nouveau ce catalogue que je commence à bien connaître (on en a souvent parlé ici), on remarque désormais que la palette est cette fois très étendue : récits poétiques, érotiques ou fantastiques, romances et thrillers côtoient essais, études, réflexions mais également les BD (celles du Plup) et même l’humour. De trois collections au départ (Histoires à lire debout, Nouvelles à lire debout, Carnets à blog), la maison aujourd’hui en compte cinq supplémentaires (Comprendre le livre numérique, Les grands classiques en numérique, Roman de fille, 45 min et Les petites histoires à lire debout) sans compter ses coéditions avec Robert ne veut pas lire et Delbusso éditeur.

Le deuxième choix a été de proposer des textes qui ne dépasseraient pas 10 €. En fonction du nombre de signes et des contraintes techniques, les textes sont généralement vendus entre 0.99 € et 9.99 € (exception faite pour une des deux éditions du Roi des éditeurs). Dans tous les cas, près de 60 titres ne dépassent pas les 4.99 €, le reste se situant entre 5.99 € et 9.99 € (20 titres, coéditions comprises).

Le troisième choix a été, dès le départ, de jouer la clé de l’ouverture et de la confiance. Aucun verrou anti-copies (ou DRM) n’a en effet jamais été posé sur les fichiers numériques. L’éditeur s’en est d’ailleurs souvent expliqué sur les blogs, les réseaux sociaux et les forums. Une note d’intention figure désormais dans chacun des ebooks. Et si j’ai choisi de reproduire cette note à la fin de ce billet (capture d’écran), c’est bien parce qu’elle me semblait bien faite, pédagogique et pertinente, respectant le lecteur tout en mettant l’accent (à l’heure du « tout gratuit ») sur le travail que demande la création de telles oeuvres (de la part des auteurs, des « codeurs » et des éditeurs).

Si vous ne connaissez pas encore cette maison d’édition, n’hésitez pas à consulter son catalogue. Sûr que vous trouverez là des histoires et des écritures que vous aurez plaisir à lire avec votre Cybook Odyssey, votre dernière liseuse Sony, votre tablette Samsung ou votre iPad. Et maintenant quelques conseils (ah quand même, il était temps…)

Parmi les derniers titres mis en ligne, hormis le shadokien Plup qui me fait toujours autant rire (un nouveau Plup vient d’ailleurs d’être mis en ligne ces derniers jours, attention au cactus !), je conseillerais aux amateurs de littérature de lire Avez-vous connu l’amour de Karl Dubost qui, de Montréal à Tokyo en passant par l’Australie et la Normandie, cherche à retenir (par les mots et les images) ce qui, par inadvertance, par fatigue, par trop d’inattention, s’échappe trop souvent. Il y a une grande sensibilité dans cet ensemble de textes, tous issus de ses carnets via son site La Grange (cf. aussi L’ange comme extension de soi chez publie.net) ainsi qu’une perméabilité aux êtres et aux éléments qui émeut souvent ou fait sourire (dans le bon sens du terme). On se déplace beaucoup avec lui, en lecture et en écriture ; on questionne également le temps (qui passe et qu’il fait), sa relation aux autres (physique et virtuelle), le numérique, le quotidien, la ville et, avant toute chose, sa place dans le monde (distance). C’est très délicat.

Dans un genre totalement différent (plus trash et plus punk, mais tout aussi efficace), si vous êtes amateurs de thrillers et de feuilletons, ruez-vous sur le Waldgänger, le thriller fantastique, futuriste et sans pitié de Jeff Balek en 6 épisodes (le premier est gratuit, les autres sont vendus 0.99 € chacun et le dernier arrive d’ici une semaine). Promis, on reparlera !

En attendant, bonnes lectures en numérique.

ChG


30 mars 2011

Rencontre numérique à L’Arbre à Lettres : Astrid Monet / Numerik:)ivres / Bookeen

En collaboration avec Bookeen et ePagine, Numeriklivres proposera le vendredi 1er avril (19h) à la librairie L’Arbre à Lettres Bastille (Paris) une lecture animée par l’auteure et comédienne Astrid Monet à l’occasion de la publication de son recueil de nouvelles Reine(s), une oeuvre 100% numérique publiée dans la collection Nouvelles à lire debout. La lecture de ce texte se fera sur le Cybook de Bookeen que présentera Gwen Catala, co-éditeur avec Jean-François Gayrard de Numerik:)ivres.

Présentation de Reine(s) d’Astrid Monet par l’éditeur :

Clara et Georges. Georges et Clara. Deux êtres qui s’aiment et se cherchent, se trouvent, parfois, sans vraiment arriver à se comprendre. Avec Reine(s), le lecteur est amené à franchir 5 étapes de la vie de ce couple face à la question de l’engagement (Reine blanche, Destin de Reine, Reine psychédélique, Poudre de Reine et Reine sans armes).

Pour aller plus loin :

Extrait de la première nouvelle de Reine(s) : « Reine blanche » :

Georges s’installa sur une terrasse de l’appartement, plein ouest. Histoire de pouvoir fumer une cigarette tranquillement sans être aveuglé par le soleil qui cognait déjà très fort en ce début de matinée. Il pensait aux six heures de voiture qui s’offraient devant lui et en était consterné :

— Tu sais quand Julien lui a fait sa demande en mariage ?
— Non…
— Le soir du Nouvel An !
— Tu peux me passer la bouteille d’eau ?
— C’était important pour elle de porter le même nom de famille que sa fille…
— Elle a quel âge déjà, deux ans ?
— Et il a lui offert une très belle alliance…
— Tu as fait des sandwiches au jambon ?
Le désir fou de Clara pour le mariage.
Il la soupçonnait même de faire le tour des églises, d’attendre au coin des mairies. Lorsqu’ils étaient au marché le samedi matin et qu’un cortège de voitures passait en klaxonnant, elle s’arrêtait toujours, son concombre ou kilo de tomates en grappe à la main, l’œil légèrement humide. C’était en général à ce moment-là que Georges se dirigeait vers le stand des confitures biologiques. Le vendeur portait un large chapeau de paille et un tablier vert dont la couleur était déjà un peu passée. Derrière lui s’étalaient des bouteilles d’huile d’olive en bidon métallique ou en verre selon leur provenance et leur taux d’acidité libre. Une petite affiche expliquait : « L’olivier est un arbre robuste, presque immortel. Il nécessite un entretien constant afin qu’il puisse bénéficier d’une croissance régulière. » Clara demanda à Georges s’il avait vu comme la mariée était belle, tandis qu’il poursuivait en silence sa lecture : « Mais cet arbre ne s’adapte pas à tous les climats et terroirs. » Clara tenait à chaque doigt des sacs en plastique blancs et oranges prêts à craquer et parla avec la fromagère de la robe qu’elle aimerait porter, elle, à son mariage. « L’olivier est menacé toute l’année par de nombreux parasites. Chaque parasite identifié est ciblé par un pesticide adéquat. » : l’affiche flottait à présent devant les yeux de Georges.
Son refus du mariage était une réaction à l’entêtement de Clara. Disait-il. Georges avait peur de l’engagement. De cet engagement officiel, devant l’État, un maire, une famille ou un dieu même. La simple idée de devoir en référer à une tierce personne pour se séparer le tétanisait. Sans parler du coût des divorces. Trois fois le budget du mariage, dans le meilleur des cas. Non, vraiment, le mariage ce n’était pas pour lui. Et que Clara ne vienne pas lui dire qu’il y avait là un rapport avec le divorce de ses parents. Oui, il était né dans les années 70, et oui, il faisait partie de la première génération d’enfants de divorcés. Et non, il n’était pas contre à perdre un peu de sa liberté. Preuve en est, il souhaitait un enfant.

Clara arriva sur la terrasse. Elle se tenait devant la porte vitrée, Georges la regardait tout en observant son reflet. Il la voyait ainsi de dos, sa robe, blanche et jaune, échancrée, laissait voir une peau métissée caramel clair. Clara avait retenu ses cheveux en chignon, une mèche s’enroulait encore dans le haut de sa nuque.
— Tu me trouves comment ?
Elle ajusta nerveusement les plis du tissu sur ses hanches rondes puis se baissa pour fermer la lanière de ses escarpins. Sa robe s’étala autour d’elle. Georges pensa à un nénuphar, limpide et solitaire sur une étendue d’eau calme.
— Je te plais ?
Clara s’approcha de Georges. Sur la table en teck devant lui, elle prit toutes les affaires et les mit sur un plateau : deux verres, une bouteille de Chablis, une assiette, un cendrier. Ensuite, elle attrapa le paquet de cigarettes. Déchira un peu du papier argenté. Prit son chewing-gum de sa bouche entre le pouce et l’index. Elle le roula doucement. Jusqu’à l’obtention d’une jolie boule rose fade. Elle l’enveloppa dans le papier argenté et l’enfouit au fond des cendres et mégots vomissant du cendrier.
— Cette chaleur, c’est insupportable. Tu ne trouves pas ?
Clara souleva le plateau et se dirigea vers la cuisine.
— Il ne faudrait pas trop tarder si nous voulons arriver à l’heure.

© Reine(s) d’Astrid Monet, Numerik:)ivres, 2010.

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