Le blog ePagine

Conseils de lecture, entretiens, actualité numérique :

le Livre-Avenir ne se fera pas sans les libraires.

13 septembre 2013

ePagine publications numériques vous offre La Grande panne de Théo Varlet

 

Après Les Dimanches de Jean Dézert de Jean de La Ville de Mirmont (juillet 2012), L’homme qui plantait des arbres de Jean Giono (décembre 2012), L’Homme en proie aux enfants d’Albert Thierry (février 2013), Quelques pas de solitude de Pascal Dessaint (mars 2013) et César Capéran de Louis Codet (juillet 2013), ePagine vient de fabriquer (via son studio ePub) et de mettre en ligne sur epagine.fr son sixième livre numérique : La Grande panne de Théo Varlet, un roman d’anticipation publié en 1930 par un passionné d’astronomie et de sciences, à la fois poète et auteur de science-fiction, un visionnaire souvent salué par la critique littéraire dans les années vingt et trente mais dont l’œuvre n’a quasiment pas été rééditée après sa mort. À lire la préface que Xavier Dollo consacre à ce roman et dans laquelle il revient sur cette découverte qui a modifié son parcours de lecteur, une préface que nous publions en partie infra.

Ce texte et les cinq précédents sont offerts en permanence sur la librairie ePagine avec tout téléchargement de livres numériques payants ou gratuits ou bien encore sur simple demande. Avec cette collection, ePagine souhaite planter sa forêt numérique : éditer, au gré des idées et des envies de toute son équipe, des œuvres libres de droits et partager ces textes qui, le plus souvent, n’ont jamais été édités en ePub ou ne sont disponibles que sur des sites concurrents des librairies indépendantes. Ainsi, plutôt que de produire à la volée des centaines de textes issus du domaine public, ePagine préfère publier peu mais avec la garantie que les fichiers sont soignés et de qualité (composition et correction). ePagine propose donc des textes choisis à l’unanimité par son « comité éditorial », des textes qui bénéficient du savoir-faire de Sébastien Cretin et de son équipe (Karen Etourneau, Damien Desroches et Xavier Mottez) : graphisme, écriture xhtml, feuilles de style (CSS, navigation interne, activation des tables des matières, index, hyperliens, nouvelles compositions typographiques (mise en page, polices, lettrines, taille des titres, des signatures,…)), relecture, recherches et notices bio-bliographiques. Ces éditions sont presque toutes enrichies d’une préface ou d’une dédicace qui fait sens ainsi que d’une bio-bibliographie fouillée et soignée.

Toute l’équipe de ePagine tient à remercier Xavier Dollo, auteur de la préface de cette édition numérique de La Grande panne.

ChG

 

Extrait de la préface de La Grande panne par Xavier Dollo

« Il est des écrivains que, parfois, l’on croit être seul à connaître et aimer. On trouve même cet état de fait profondément injuste et frustrant, parce que l’on admire l’écrivain. Sans contestation possible, Théo Varlet entrerait dans cette catégorie des mal aimés et des mal connus. (…) Grand oublié, à mon sens, de l’omnibus consacré à la science-fiction ancienne dirigé par Serge Lehman, Chasseurs de Chimères, Théo Varlet n’en reste pas moins une figure marquante du merveilleux scientifique, lui qui était doté d’un style attrayant, d’une langue maîtrisée et d’un imaginaire vraiment original, éclectique et atypique. De la poésie au roman, Varlet aura exploré de nombreuses facettes de la science-fiction ; avec André Blandin, par exemple, il signe une belle uchronie avant l’heure, La Belle Valence, explore une poésie classique – il aime le sonnet – mais originale dans son approche thématique, le terme de poésie « cosmique » étant assez parlant ; avec Les Titans du Ciel (premier volume de l’Épopée Martienne), en collaboration avec Octave Joncquel, il imagine un système solaire rempli de vie extraterrestre où la Terre prend contact avec les martiens et les joviens, où les martiens – voir ici l’influence déjà très forte de H.G. Wells – ont des intentions nocives envers notre planète.
(…) La Grande Panne, paru en 1930, raconte l’épopée d’une jeune femme intrépide, Aurore Lescure – Varlet se démarque déjà de son époque par cette utilisation d’un personnage féminin fort – qui a tenté d’atteindre la Lune dans une fusée construite par son père, un savant américain. Cependant, elle rapporte dans ses bagages un organisme qui se nourrit d’électricité ! (…) Derrière un récit d’aventures très bien mené, Varlet explore à sa manière des questions de société, l’avenir de l’humanité et les conséquences des progrès scientifiques. »

Xavier Dollo,
auteur et éditeur de science-fiction

 

Théo Varlet : quelques éléments bio-bibliographiques

Né en 1878 à Lille, Théo Varlet passe une grande partie de sa jeunesse à voyager en France et en Europe. Après trois recueils publiés avant la première guerre mondiale, il traduit dans les années 20 et 30 de nombreux auteurs anglo-saxons dont Stevenson, Melville et Kipling et publie également une vingtaine de recueils de poésie, de récits et de romans d’anticipation, souvent salués par la critique. Malgré les éloges, quasiment aucun de ses ouvrages n’a été réédité après sa mort survenue en 1938.

Quelques œuvres marquantes : Heures de rêve (Ninez et Lecocq, 1898), Notes et poèmes (éditions Du Beffroi, 1905), Les Titans du ciel (en collaboration avec Octave Joncquel, E. Malfère, 1921), L’Agonie de la terre (en collaboration avec Octave Joncquel, E. Malfère, 1922), La Belle Valence (en collaboration avec André Blandin, E. Malfère, 1923), Le Roc d’or (Plon et Nourrit, 1927), Ad astra et autres poèmes (A. Messein, 1929), La Grande Panne (éditions des Portiques, 1930), Aurore Lescure, pilote d’astronef (L’Amitié par le livre, 1943).

16 juin 2013

ArchéoSF fête ses 2 ans et bichonne ses lecteurs

La collection ArchéoSF accueillie par publie.net fête ses deux ans. Pour l’occasion, du 13 au 28 juin, 16 titres seront vendus 0.99 € et un roman pourra être téléchargé gratuitement. Avec les récentes mises en avant des éditions Bragelonne et L’Atalante et maintenant ActuSF, ce sont les amateurs de science-fiction qui vont être contents !

 

 

La collection ArchéoSF, dirigée par Philippe Ethuin (voir son blog, riche de mille aventures, mille images, mille énigmes) et relookée par Roxane Lecomte, souhaite balayer l’ensemble des genres de la science-fiction ancienne et l’on y trouve des anticipations, des aventures extraordinaires, des utopies, des uchronies, des histoires de savants fous, des récits préhistoriques… Publiée chez publie.net, elle compte désormais 17 titres avec :

► des classiques : Les navigateurs de l’infiniLa force mystérieuseLa mort de la terre et Un autre monde de Rosny aînéLe formidable événement et Les trois yeux de Maurice Leblanc, ou  L’Automate de Ralph Schropp

► des redécouvertes telles les œuvres de Joseph Méry Histoire de ce qui n’est pas arrivé (une des premières uchronies de l’histoire) ou Nouvelles de l’avenir (une anticipation), le premier prix Goncourt (qui est de la pure science-fiction), Force ennemie de John-Antoine Nau ou les Zigzags à travers la science de Michel Verne (fils de Jules)

► des textes oubliés comme ceux de Pierre VéronLe Racommodeur de cervelles et autres nouvelles et de Samuel-Henri BerthoudVoyage au ciel

► des textes qui avaient échappé à tout le monde jusqu’alors tels L’amour en mille ans d’ici de Gustave Marx (une anticipation cabbalistique) ou Une chasse préhistorique à l’époque magdalénienne de A. Portier

► une anthologie : En 1950 (4 contes et nouvelles retrouvés dans la presse datant du XIXe siècle)

► une curiosité quasi oulipienne : Haïkisations extraordinaires de Jules Verne

Vendus habituellement entre 1.99 € et 4.99 € (sauf les 4 titres de Rosny aîné), l’ensemble du catalogue sera proposé au prix mini de 0.99 € du 13 au 28 juin et L’amour en mille ans d’ici (ou comment le merveilleux, la cabale et la science-fiction font soudain bon ménage), un texte paru en 1889, sera offert à tout internaute et sans obligation d’achat sur l’ensemble des plateformes de ventes de livres numériques.

Pour retrouver tout le catalogue d’ArchéoSF sur la librairie ePagine, cliquez ici.

Bonne archéo-lecture !

ChG

 

1 juin 2012

offres découvertes publie.net (week-end du 1er juin)

L’offre découverte publie.net, c’est très simple : chaque semaine (du vendredi matin au lundi soir) la coopérative d’auteurs et maison d’édition numérique publie.net propose de découvrir à prix lancement sa ou ses dernières nouveautés et, à prix découverte, des titres issus du catalogue numérique, remis à jour ou en avant. Cette semaine, 5 textes à la une, chacun à 0.99 €, et pas des moindres.

— D’abord, un roman noir, périurbain, social, politique, poétique, L’affranchie du périphérique de Didier Daeninckx mis en ligne cette nuit (court extrait à lire ci-dessous) ;

— un roman d’anticipation d’Olivier Le Deuff dans la collection e-styx, Print brain technology ;

— un récit labyrinthique, surréaliste, urbain, onirique et fantastique de Cécile Portier, Saphir Antalgos (travaux de terrassement du rêve), ePub révisé & augmenté par Roxane Lecomte ;

— un ensemble de textes délicats (L’ange comme extension de soi) tous issus des Carnets Web de La Grange de Karl Dubost qui chaque jour, à travers ses voyages, ses lectures et ses rencontres, questionne le temps (qui passe et qu’il fait), sa relation aux autres (physique et virtuelle), le numérique, son quotidien, la ville et, avant toute chose, sa place dans le monde (distance).

— et pour terminer, un classique, La Mer de Jules Michelet, ePub revu par Gwen Catala.

Comme d’habitude, tous ces titres peuvent être téléchargés sur ePagine ainsi que sur tous les sites des libraires partenaires (liste à jour ici). Vous pouvez également cliquer sur l’image ci-dessous pour accéder directement à cette mise en avant.

Bonne découverte à tou(te)s !

ChG

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L’affranchie du périphérique
Didier Daeninckx
© Didier Daeninckx et publie.net pour la version numérique,
juin 2012

 LA PREMIÈRE FOIS QUE je me suis aventurée de l’autre côté du périphérique, par les berges du canal Saint-Denis, c’était il y a tout juste un an. Nous étions partis à vélo de notre appartement de la rue Oberkampf, Alain et moi, pour rejoindre des amis qui participaient à un spectacle de cirque en plein air, au parc de la Villette. Leur travail consistait à maquiller des nuées de gamins en leur dessinant des papillons, des libellules, des oiseaux multicolores sur les joues, le front, autour des yeux. Quand ils se mettaient à courir, sillonnant les pelouses, ça faisait comme des envols d’animaux souriants. J’avais pris quelques photos alors qu’ils se précipitaient vers un imposant jeu de construction en forme de dragon et que la bouche du monstre semblait vouloir les absorber. Ils s’amusaient de leur peur qui nous arrivait aux oreilles, en cris aigus. Des mouettes exilées striaient la surface du bassin en se posant sur l’eau. Soudain, le ciel s’était obscurci et des éclairs aveuglants avaient choisi de faire craquer un lourd nuage noir au-dessus de nos têtes, noyant la fête sous un déluge de grêle. Le chapiteau était trop petit pour accueillir la foule transie et les centaines d’enfants aux visages arcs-en-ciel. Alain m’avait entraînée dans un café qu’on aurait cru rescapé du temps, face à la maçonnerie montante qui enserre les écluses. Devanture bois et vitres, bec-de-cane, carillon, inscription en relief pour rappeler qu’il fut un temps où l’on téléphonait en chiffres et en lettres : « Tel : FLA 36-52 », banquettes en moleskine, tables rondes habillées de marbre, chaises cannelées. Nous avions attendu devant un demi que l’orage s’éloigne, puis Alain m’avait guidée dans ce quartier des anciens abattoirs où d’autres industries le disputaient, en ces années-là, à la seule tuerie animale : fabriques de bougies, de confitures, entrepôts de bois précieux, ateliers de verrerie et de travail des émaux, fonderies, distilleries… J’avais fermé les yeux pour mieux comprendre ses mots, et, aux bouffées de vapeur humide qui montaient de l’asphalte, étaient venues se mêler l’odeur âcre du sang des échaudoirs, celle de la poussière de charbon, celles des alcools tièdes, celle du caramel qui naît des ébullitions sucrées. Nous avions traversé le boulevard des Maréchaux afin de pouvoir accéder à un escalier en pente raide qui menait au chemin de halage avant de nous élancer vers la naissance du canal, à quelques kilomètres de là, face à l’Île-Saint-Denis, dans un méandre du fleuve. Les pavés disjoints mettaient nos machines et nos bras à rude épreuve, et c’est tout juste si je parvenais à saisir quelques bribes du paysage. Des terrains vagues, des darses, des magasins généraux aux toits crénelés, des centrales-béton autour desquelles s’agglutinaient des camions-toupies aux flancs jaune et noir, semblables à de monstrueuses abeilles protégeant une ruche. Nous venions de dépasser la maison de l’éclusier qui veille au mouvement des vannes hydrauliques du secteur des Vertus, quand la roue avant de ma bicyclette avait suivi, malgré moi, le tracé d’un rail rouillé qui filait droit vers le portail déglingué d’une usine désaffectée. Le coup de frein m’avait déséquilibrée, et il s’en était fallu de quelques centimètres que je ne termine mon vol plané dans les remous provoqués par l’hélice d’une péniche qui s’apprêtait à pénétrer dans le sas. Un pêcheur de gardons était venu à mon secours tandis qu’Alain continuait de pédaler en direction du pont de Stains. Il avait fini par rebrousser chemin quand il s’était aperçu qu’il parlait dans le vide… ”

7 septembre 2011

(signé) g@rp lit Visions secondes de Laurent Margantin

Aujourd’hui Qui lit quoi ? #3 en compagnie de (signé) g@rp qui propose une lecture du recueil Visions secondes de Laurent Margantin, livre numérique publié par e-styx, maison d’édition axée sur la science-fiction, l’anticipation et autres textes à sensation directe. Ce recueil est disponible sur tous les sites des revendeurs de livres numériques, dont ePagine ou Place des libraires numérique (2,99€ sans DRM). Grand merci à (signé) g@rp d’avoir répondu à notre invitation !

 

Laurent Margantin, traducteur de Keist, Novalis et Kafka, habite le romantisme allemand – l’inverse est vrai – mais où habite Laurent Margantin ?

La réponse à cette question en boucle se trouve dans Visions secondes, mais n’allez pas croire une seconde que Laurent Margantin a des visions, car lorsqu’on réfléchit à ce titre, Visions secondes, une multitude de sens afflue. Prendre « visions » et l’accoler à « secondes », chacun dans l’une ou l’autre de ses significations, donne le tournis – tout autant qu’une (vague) idée de ce que l’on va trouver dans ces brefs et incisifs récits. Incisifs coups de canifs dans la chair de la réalité. Que celle-ci appartienne à l’écrivain, l’auteur, ou au lecteur lambda, les coups portent, marquent, et laissent des traces – la marque indélébile des bonnes lectures, des lectures différentes – traces rêvées réelles, réellement rêvées, avec cette dose d’incertitude qui, justement, nous parle : nous avons tous, à un moment ou un autre, eu ces visions – consciemment ou non – visions fugaces mais tenaces par la cohérence de leur incohérence ; l’une venant contrebalancer l’autre jusqu’à faire partie intégrante de nous-même, de notre vécu.

Il n’est pas question ici de disséquer chacun des récits de Visions secondes, leur forme nous en dissuade, mais qu’il soit permis d’allécher un instant à l’aide de quelques indices – une chose est sûre, ainsi qu’on l’a laissé entendre plus haut : chacun se retrouvera dans ces visions (premier indice, certes répété – martèlement qui ne s’adresse pas à tous mais s’avère nécessaire pour ceux du fond, oui, vous là-bas.)

L’employé à la poste d’un village perdu, les maisons sans murs, pluies d’oiseaux morts, l’ami toujours en partance, dictionnaire des pluies, raconteurs d’histoires, un monde sans objets, trop d’écrivains finissent toujours leurs phrases : autant de titres (et il y en a d’autres) qui, en eux-mêmes, parlent (deuxième indice), évoquent un univers oscillant entre conte et réalité, empreint d’une certaine poésie et, ainsi qu’on le découvre, dans lequel les récits vont « au-delà, là où personne ne va ». Vont ou reviennent. Car telle est leur structure, toute en glissements, pas chassés, dissolutions, réapparitions, parfois au sein de la même phrase – on y reviendra.

Alors oui, eu égard à ce qu’on a dit plus haut, Laurent Margantin est tombé dans la marmite étant petit, il y a du romantisme allemand qui transpire de ces récits, on pense Kafka bien entendu – le plus, disons, connu.
Mais pas que.
Il y a du Borges en Laurent Margantin. Le Borges conteur, le fantastique à la Borges et ses thématiques à savourer, un Borges contemporain – quand bien même ce dernier n’a pas pris une ride, le relire suffit à s’en convaincre – Pluies d’oiseaux morts, Maisons sans murs et Flèques en sont quelques-uns des exemples.

Le paragraphe ci-dessus ne dira peut-être (certainement) rien à ceux du fond – oui, toujours vous, là-bas – aussi reviendra-t-on sur le style, la phrase (cf. supra – tout le monde suit ?)

Prenons le cas de Flèques (troisième indice) :

« comme une tache d’encre se propageant sur une feuille de buvard, ajoutait-il, fasciné par cette image, tache d’encre qui, après quelques instants pendant lesquels il avait observé son développement – car la tache s’agrandissait, se changeait en une véritable béance à même son genou – se révélait être un lieu ancien bien connu de lui, une pièce sombre où, enfant, il aimait non pas se cacher mais se réfugier (ainsi disait-il), pièce sombre qui était en même temps mansarde et grenier dans une grange, les deux lieux se mêlant dans cette vision, les deux lieux où il avait donc aimé se réfugier enfant, dans deux maisons différentes »

On assiste ici à un glissement, un pas chassé, une dissolution du présent dans le passé à travers une tache d’encre devenue pièce sombre : sous l’effet de la mémoire ou d’un Test de Rorschach ? (notons au passage la dualité de la vision, la seconde incluse dans la première – d’où le pluriel du titre du recueil ?)

De mémoire il est question quelques lignes plus bas, toujours dans le même Flèques :

« sous l’effet de l’écriture, la tache d’encre sur un point du corps apparaissait, ouvrant un abîme de la mémoire, abîme la plupart du temps composé d’un mélange d’images »

Gémellité, mélange, mémoire, certes, mais le conte, diront ceux du fond – ils se reconnaitront, d’autant plus que nous en étions au style… – où est le conte dans tout ça ?

Flèques est un conte – et c’est en cela qu’on pense à Borges – la preuve :

« Comment aurais-je pu le croire un instant, lui, avec sa folie d’écriture, lorsqu’il me racontait qu’écrire faisait apparaître sur lui, chez lui à certains endroits de son corps de petites flèques (c’est ainsi qu’il disait dans son mauvais français) ».

Enfonçons le clou du conte avec Les maisons sans murs – et lisez bien le phrasé de Laurent Margantin :

« Ceux qui n’y vivaient pas – de moins en moins nombreux – préféraient les croire abandonnées, d’ailleurs leurs murs à eux permettaient de ne pas y penser. Dans les maisons sans murs, il suffisait de soupirer pour ouvrir une porte, et de faire un mauvais rêve pour se croire chez soi. Faute de murs, il n’y avait pas de fenêtres, et les portes n’étaient que fictives (on les plaçait où on voulait, par exemple cachée des regards à l’arrière de la maison. »

Si après ça vous ne le lisez pas, ceux du fond inclus, c’est à désespérer.

Pour la bonne bouche, et les éventuels récalcitrants – s’il en reste – on ne résistera pas au plaisir de citer les derniers mots de L’ami toujours en partance :

« il pensait déjà au retour, et me prévenait très vite de son prochain départ pour une destination qu’il se choisirait dans les airs, là où il se sentait le plus concentré, le plus à l’aise aussi pour envisager son prochain voyage. »

Retour, puis départ – passé retourné au présent glissant vers le futur, et les visions secondes en filigrane. Chacun fera comme il le souhaite, mais, pour ma part, je retourne auprès de Laurent Margantin le conteur, m’asseoir…

À côté de lui

« J’aurais pu m’asseoir ailleurs, mais je me suis assis à côté de lui. Sans vraiment le voir, car il faisait sombre. Assis de profil à côté de lui, j’ai commencé à me taire, puis j’ai pris les devants en disant que j’aimais écouter les gens parler, que je pouvais les écouter longtemps, des heures et des heures, mais que cela ne me gênait absolument pas lorsqu’on se taisait, que je pouvais également parler pendant qu’on se taisait à côté de moi, parler longtemps, des heures et des heures, que cela ne me gênait absolument pas. Je lui ai dit aussi que je pouvais même dialoguer si on le souhaitait, que je pouvais parler de tout, vraiment de tout, que j’avais l’esprit ouvert, qu’aucun thème de conversation ne me rebutait, que je pouvais dialoguer des heures et des heures avec quelqu’un, même inconnu, que même dans cette semi-obscurité cela ne me gênait absolument pas. Et puis qu’est-ce que cela faisait, finalement, que nous soyons deux mannequins de bois abandonnés dans un atelier de peintre ? N’avions-nous pas droit à la parole nous aussi ? Et en quoi était-ce gênant que celui à côté duquel je m’étais assis ne fût que mon propre reflet dans le grand miroir du peintre ? N’avions-nous pas malgré tout le droit d’échanger quelques mots ensemble ? »

 

Longtemps écrivain de tiroir, g@rp éclôt sur Internet en 2002. Son nom apparaît dans les remerciements du traducteur des Lettres de Pelafina de Mark Z. Danielewski (Denoël), puis il mûrit sur Darbraleph.org où ses nouvelles sont publiées en ligne, au cœur d’un véritable labyrinthe à vocation ludique et artistique dont il réalise l’index. En juillet 2004, 6H50 corniche Kennedy est sélectionnée à l’occasion du concours « Nouvelles sur la ville » par la rédaction du quotidien 20minutes, qui la publie à raison d’un chapitre par jour. Depuis, ce gastéropode marseillais encoquillé, inconditionnel de Claro et Fabrice Colin, dont il est un des relecteurs, revendique l’appellation d’origine incontrôlée : “auteur labyrinthique bourré de TOC” ; il est par ailleurs membre de la revue littéraire en ligne Fric-Frac Club et animateur du site sans nom ou encore de la suite sous peu. Ne s’arrêtant pas en si bon chemin (signé) g@rp a aussi commis un polar hilarant, Motel et autres légendes urbaines (publie.net, collection mauvais genres) ainsi qu’un ovni déjanté nommé Locked in Syndrome (publie.net / e-styx). C’est à ce titre qu’il a été maintes fois cité sur le blog ePagine.

Germaniste de formation, Laurent Margantin a publié un livre sur Novalis (Système minéralogique et cosmologie chez Novalis ou les plis de la terre, L’Harmattan, 1999) et une anthologie du romantisme allemand (en collaboration), La forme poétique du monde (2003) chez José Corti. Écrivain, il a publié des textes en revue, des recueils de poèmes et, outre Visions secondes chroniqué aujourd’hui, trois récits, L’enfant neutre, Insulaires et La Main de sable aux éditions Publie.net. Il dirige par ailleurs la revue de littérature en ligne Oeuvres ouvertes, où l’on trouve notamment des ressources et des études en littérature allemande (dossiers Ingeborg Bachmann, Herta Müller, Werner Kofler, Thomas Bernhard…) mais aussi des textes personnels (je vous conseille notamment sa série Pays inconnu ou La Marche au volcan qui est son prochain livre numérique), ses chroniques de la mutation numérique ainsi qu’une vision mordante et décalée du monde de l’édition parisienne (Le Roi des éditeurs). Il a également traduit les Grains de pollen de Novalis. Comme pour (signé) g@rp, Laurent Margantin a souvent été cité sur ce blog, notamment ici.

19 juillet 2011

Traversée de l’e-styx (Margantin, Kosma, g@rp)

Aujourd’hui plongée dans e-styx, une « maison d’édition axée sur la science-fiction, l’anticipation et autres textes à sensation directe ». Partons d’abord du site qui propose plusieurs entrées : l’une d’elles (le labo des fictions) accueille fictions et expérimentations diverses, une autre est consacrée aux nouvelles traductions de Lovecraft, une troisième s’ouvre aux lectures et critiques des textes co-publiés par e-styx et publie.net (ils parlent de nous) et, last but not least, un espace est dédié au catalogue (avec possibilité de lire un extrait en ligne ou de le télécharger). Tous les titres publiés par cette maison d’édition numérique figurent également au catalogue ePagine (voir par exemple ici avec Place des libraires numériques). Vous y trouverez là des auteurs classiques (Balzac, Lovecraft, Baudelaire, Nodier, Poe, Verne, Maupassant…), des auteurs contemporains (Jean-François Paillard, Antoine Boute, François Bon ici et , Edgar Kosma, Olivier Le Deuff, g@rp, Laurent Margantin, Patrick de Friberg…) ainsi que des auteurs découverts ou redécouverts par Philippe Ethuin via les archives de ArcheoSF (Voyage au ciel de Samuel-Henri Berthoud et En 1950, quatre contes et nouvelles écrites entre 1892 et 1909).

Et tout de suite quelques extraits pris dans quelques-uns des textes lus dernièrement et que je ne peux que vous conseiller de télécharger, trois textes très différents qui vous donneront un aperçu de l’éventail très large que peut proposer cette maison d’édition. On y trouvera tout d’abord un extrait d’un recueil de nouvelles magnifiques, ensemble tout droit venu d’un monde inquiet, héritage peut-être de la Mitteleuropa (Laurent Margantin, Visions secondes), un extrait d’un texte aux frontières du réel, de l’étrange et de l’absurde (De ses 10 doigts d’Edgar Kosma) dans lequel vous croiserez de drôles de collègues (mais gare à vous, ici on perd un doigt à chaque chapitre) et enfin un ovni piloté par l’impressionnant g@rp (Locked In Syndrome) dans lequel le jeu vidéo, les sex toys et la ville d’Ys s’entrechoquent dans un projet d’écriture poussé à son paroxysme (ce cocktail est lui aussi très addictif, je vous aurai prévenu !). Belle traversée de l’e-styx à tou(te)s !

ChG

 

Pluies d’oiseaux morts, nouvelle extraite de Visions secondes,
recueil de Laurent Margantin

« Pluies d’oiseaux morts, pluies d’oiseaux morts, murmure-t-il, assis par terre à l’écart du groupe. Depuis trois mois qu’ils tombent tous les jours, on attend une explication. Par milliers ils tombent dans nos jardins, en plein jour. Est-ce ce ciel noir à chaque fois ? Les enfants les ramassent en pleurant, chaque jour ils en ramassent et les entassent dans des brouettes. Est-ce nos usines de produits chimiques au nord de la ville qui les empoisonnent ? Est-ce le bruit qui les effraie, et si oui lequel ? On a eu beau chercher dans toute la variété des causes possibles, on n’a pas trouvé. On croyait pouvoir s’habituer à ces pluies-là, comme aux autres. Quand il y a une pluie d’oiseaux morts, on entend aucun cri, rien, puis tout à coup les mille chocs de leurs corps sur le sol un peu partout dans la ville. Pourquoi notre ville et pas une autre ? Pourquoi nos jardins si verts, et eux accrochés aux branches de nos arbustes comme des offrandes néfastes ? Et aujourd’hui cet article dans le journal au sujet d’un pays et d’une ville dont j’ai oublié les noms où se produisaient comme ici des pluies d’oiseaux morts, pluies qui cessèrent le jour où tous les habitants abandonnèrent leur maison et la ville. Assis par terre devant moi le vieux se cache la tête entre les bras, pour ne plus voir le ciel. »

 

L’anneau, premier chapitre du roman
De ses 10 doigts d’Edgar Kosma

« Comme presque chaque matin, j’ouvre le portillon à l’aide de mon badge et me gare sur ma place, près de celle de mon collègue qui est plus large que la mienne mais moins que celle du chef.

Dans l’ascenseur, je me retrouve coincé entre le miroir du fond et une jeune brune qui me toise avec un sourire en coin. Curieux, je jette un œil discret vers son reflet. Son profil n’est pas sans m’évoquer celui de ma cousine Nancy. Si elle savait qui je suis, elle ferait moins la maligne avec son air, pensé-je, conscient qu’être l’assistant de l’adjoint du chef du service n’est pas rien mais qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir. La brune descend au cinquième. Sans un dernier regard. L’ascenseur redémarre. J’y pense encore au sixième, un peu moins au septième et sors de la cage au huitième.

Mon collègue, ponctuel et bien rasé, est déjà en place derrière son poste. Comme d’habitude. Je ne suis pas quelqu’un de particulièrement envieux mais je voudrais bien être rasé comme lui. Sans rancœur, je lui tends la main et il me la serre, avec la même moiteur que les autres jours. Sociabilité oblige, je prends de ses nouvelles, et plutôt que de me répondre « Ça peut aller… », comme il le fait d’habitude, sans lever les yeux de l’écran, il me regarde d’un air sidéré : « Je savais pas que tu t’étais marié, toi ! »

– Pardon, m’étonné-je, avec une surprise telle que j’en oublie de lui reprendre ma main que je m’empresse d’habitude d’essuyer contre l’arrière de mon pantalon !

– J’ai dit : « Je savais pas que t’étais marié, toi ! »

– Oui, j’avais compris.

– Pourquoi tu réponds pas alors ?

– Je ne comprends pas pourquoi tu me demandes ça…

En guise d’explication, il se limite à pointer son index en direction de ma main tout juste relâchée. Intuitivement, je suis l’orientation de son doigt et tourne mon regard vers le mien.

– Mais qu’est-ce que c’est que ça ?

– Va savoir… C’est ta main !

– Oui, je sais, mais cette bague n’est pas à moi !

– Ah non, c’est à qui ? À moi peut-être ?

– Je ne comprends pas.

– Qu’y a-t-il à comprendre ? T’as une alliance, t’es marié !

Sur cette conclusion implacable, je rejoins vite mon poste avant que le chef n’arrive. Mon ordinateur tarde à s’allumer et je n’arrive pas à me débaguer. Subordonné, je reviens vers mon collègue dont l’ordinateur tourne à merveille. Il commence à m’énerver.

– Ça te dérange de me tenir la bague pendant que je retire mon doigt ?

– Euh…

– S’il te plaît !

– Mais…

– Seul, je n’y arrive pas.

– Bon…

Mon collègue agrippe la bague du bout des doigts et, de mon côté, je tire ma main vers moi. Rien ne bouge. Comme stimulé par la perspective d’un échec potentiel, il se lève pour la pincer avec plus de force, tandis que je continue de tirer vers moi avec toujours plus de vigueur.

 

Soudain, le bruit d’un élastique qui rompt retentit et je me retrouve propulsé au sol. Face à moi, mon collègue, blême, tient mon doigt dans sa main. Au-dessus de moi, mon chef, écarlate, vocifère : « Qu’est-ce qu’il se passe encore ici ? »

C’est alors que je me réveille. J’attrape mon ordinateur, veillant au pied du lit. Et c’est en ouvrant le capot que je constate que mon annulaire a disparu. Point de sang ni de cicatrice. Seul un trou béant au milieu de ma main. »

 

Fonction exécutable, premier chapitre du roman
Locked In Syndrome de g@rp

« Vous ne me connaissez pas, je suis la célébrité la plus anonyme au monde. Concepteur du nec plus ultra en matière de sex toy – deux millions d’utilisateurs – aucun retour, taux maximal de satisfaction – un jeu, mais révolutionnaire. Pour la Wii.

L’idée m’en est venue, pour ainsi dire, par jeu de mots. Un jeu de mots graveleux. Il m’a suffi de penser « Wii = Ouiiiiii ! » et le tour était joué. Mon esprit tordu a fait le reste, décidant d’exploiter toutes les possibilités de la manette… vibrante. C’était ça, le truc.

Une première version exclusivement réservée aux femmes, puis une seconde, « spéciale couples ». En tout : un an de programmation. Du cousu main.

Trouver un titre s’est avéré davantage problématique. WiiX me tentait bien, mais Nintendo n’allait pas laisser passer ça, je courais droit au procès. Pas les moyens, à l’époque. Finalement, après m’être gratté la tête j’ai décidé de ne pas me la casser et SexyWi est né. La saison de la chasse au distributeur pouvait s’ouvrir.

Nintendo a fait la grimace et refusé sous prétexte d’incompatibilité avec leur image de marque. Je suis tout de même sorti de chez eux avec le sourire et sans procès aux fesses, confiant en l’avenir de SexyWi. L’engouement pour les sex toys propulserait mon jeu au panthéon, et ses adeptes au septième ciel. Une telle innovation ne pouvait pas finir distribuée sous le manteau.

C’est, en substance, ce que m’a déclaré le patron de Xsoft, quelques jours plus tard.

Il n’avait pas d’image de marque, ce qui le démarquait des « grands », point de vue scrupules. Aujourd’hui, grâce à SexyWi, on peut dire qu’il s’est acheté une conduite. Il est même coté en bourse…

En ce qui me concerne, j’ai hérité des scrupules. »

27 mai 2011

Lire comme 4 avec les éditeurs 100 % numérique

Il y a tellement de nouveautés numériques en ce moment que ce n’est pas lire comme quatre qu’il faudrait (pour bien faire) mais comme douze. Ceci dit, même si je n’arrive pas à tout écluser (la frustration faisant partie du jeu) c’est plutôt une bonne nouvelle. Surtout que les dernières propositions de lecture sont engageantes. Et si les éditeurs 100% numériques sont de plus en plus nombreux, actifs et innovants, ce qui depuis peu a également changé c’est que je reçois de nombreux services de presse (et pour certains, quelques semaines avant leur mise en ligne). Cette confiance-là je tenais à la souligner, seule manière de mieux travailler ensemble. Mais voilà, les textes s’accumulent et, bien que la schizophrénie me gagne je n’ai toujours pas le don d’ubiquité. Donc, dire aussi aujourd’hui à tous les éditeurs qui ont pu me solliciter qu’il leur faudra s’armer de patience, que je lirai les textes. En attendant, voici un bref aperçu de ce que j’ai pu recevoir ces derniers jours et que je chroniquerai au fur et à mesure de mes lectures (et si affinités) jusqu’à ce que mort s’ensuive (mais il paraîtrait que notre besoin de lire serait impossible à rassasier). Dire encore que tous ces textes se tiennent ensemble dans la même liseuse. Impossible de faire une photo de la pile de livres « au pied du lit » mais vous avez le droit de l’imaginer. Enfin, tous les ebooks proposés par ces éditeurs-ci sont sans verrous (DRM) mais avec tatouages (sauf pour les éditions Emue, ni DRM ni marquage).

Honneur à deux nouveaux éditeurs 100 % numérique

• Comme les éditions D-Fiction ont déjà fait l’objet d’une présentation il y a deux jours lors du billet consacré au texte d’Anne Savelli, Des Oloé, espaces élastiques où lire où écrire je ne vais pas me répéter et vous invite plutôt à aller le consulter si vous le souhaitez. Juste préciser qu’il s’agit ici du premier texte littéraire publié par cet éditeur après avoir proposé trois livres d’art contemporain et mis en ligne sur son site des dizaines de textes inédits, photos, vidéos et interviews.

• Née de l’impulsion de Sophie Marozeau, ancienne journaliste d’Europe 1 et éditrice pour les contenus numériques chez Lonely Planet, la toute jeune maison d’édition Emue est basée en Australie. C’est de là qu’elle diffuse ses livres français à travers le monde grâce au numérique et à l’édition à la demande. « Priorité est donnée aux textes frais, drôles, forts, et courts ! Nouvelles, théâtre, romans… les textes sont modernes tout en gardant une structure narrative indispensable », lit-on dans le communiqué de presse. Qu’ils soient d’origine française ou non, tous les auteurs de cette maison d’édition ont comme dénominateur commun la langue française. Deux recueils de nouvelles sont d’ores et déjà disponibles en numérique, Femmes contre nature de Léa Godard et Le doigt de l’historienne de Ray Parnac.

Place aux deux nouvelles collections chez publie.net

• La coopérative d’auteurs numériques publie.net s’ouvre à la co-édition avec la Revue des Ressources (choix éditoriaux des animateurs de la revue). Pour prolonger leur travail de revuiste en ligne (depuis 1998), la Revue des Ressources {La RdR} vient de créer les Éditions de la Revue des Ressources {ERR} à travers lesquelles seront publiés des textes parus en ligne ou totalement inédits. À peine imprimés le directeur de la publication Robin Hunzinger a demandé à publie.net comment proposer ces titres en numérique. C’est ainsi que la collection {ERR} a vu une deuxième fois le jour, chez l’éditeur 100% numérique cette fois. Dans cette première livraison on trouvera un roman, Manifeste du saumon sauvage de Rodolphe Christin et un recueil de nouvelles, Coupe de l’inaventure de Rodolphe Pradalier.

• Après la collection mauvais genres dédiée aux textes noirs, publie.net lance une nouvelle collection qui publiera des récits d’anticipation et de science-fiction. Baptisée e-styx elle accueillera, outre les retraductions de Lovecraft (que je vous conseille de lire sans tarder), des textes d’auteurs contemporains. Deux titres viennent d’être propulsés, celui d’Olivier Le Deuff, Print brain technology et un autre du talentueux g@rp qui avait m’avait fait mourir de rire avec son Motel, et autres légendes urbaines. Cette fois, avec Locked In Syndrome, texte plus long, plus ambitieux et tout aussi déjanté que son recueil (humour très noir), il sera question de la fin du monde, celle annoncée le 12 décembre 2012 et de la cité d’Ys.

Rejoignons les très actifs Numerik:)ivres

• Je viens de recevoir un texte que j’ai très envie de lire. Il s’agit de la réédition augmentée d’une remarque sur le courrier électronique et la lettre, Sevigne@internet, signée Benoît Melançon (directeur des littératures de langue française de l’Université de Montréal). Cette version numérique reprend intégralement l’édition qui avait rencontré un franc succès au moment de sa publication aux éditions Fides en 1996. À celle-ci se rajoute une postface inédite de l’auteur qui quinze ans plus tard fait le point sur le devenir de la lettre face au courrier électronique. Je signale également quatre autres nouveautés chez l’éditeur québécois : La petite fille qui voulait remourir de Nicole Dubroca (en co-édition avec Morey éditions), La tache originelle de Noël-Henri Montgrain (collection Histoires à lire debout), Les Hirondelles sont menteuses d’Anita Berchenko (collection Nouvelles à lire debout) et Manihi de Christine Machureau (collection Histoires à lire debout).

Terminons avec LC éditions

• J’ai appris (officieusement au salon du livre, officiellement sur leur site) que Chiens féraux, l’excellent premier roman du jeune auteur chilien Felipe Becerra Calderón que j’avais chroniqué sur ce blog, serait publié à la rentrée littéraire chez un grand éditeur parisien. La mauvaise nouvelle (temporaire heureusement) est que ce titre n’est plus disponible en numérique. Il le sera à nouveau à la rentrée dans une traduction revue et corrigée. Par ailleurs, LC éditions a fait paraître plusieurs textes dont Cornelia Battistini ou du Fighettisme de Massimiliano Perrotta, Les Coeurs cassés de Florence Day (service de presse reçu) et Le Talent tueur d’Alexandre Holsteing.

Bonnes lectures numériques

ChG

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