J’ai découvert Michael Collins en 2002 avec Les Profanateurs (indisponible en numérique), road-movie « familial » entre le New-Jersey et le Michigan sur fond de quête et d’enquête à la fois identitaire et psychologique. À partir de là j’ai quasiment tout lu, ayant tout de suite été en phase avec nombre des thématiques abordées dans ses romans : comment il s’inscrit dans le territoire et le paysage, comment il dépeint les petites villes désindustrialisées du Midwest et ces autres gérées par des notables compromis, comment il s’empare de l’enfance, du double, du mensonge, des désillusions ou encore de l’identité. Et avec quelle maîtrise il fait ça : son regard porté sur la perte de repères de la société américaine doublé d’un travail de fond sur ses contemporains aux personnalités plurielles et au passé louche (armée d’hypocrites, d’assassins par procuration, de boucs-émissaires, de marginaux pas si paumés que ça, ainsi que de personnalités aux dents rayant le parquet et prêtes à tout pour sauver un mince territoire ou leur statut social) est impressionnant. Lisez donc Les âmes perdues, ce faux polar dans lequel on s’active de tous les côtés pour étouffer une affaire délicate : une petite fille retrouvée morte sur le bord de la route, écrasée par un chauffeur qui pourrait être cet étudiant très en vue – petite star dans le monde du football américain local… Jetez-vous sur La filière émeraude (indisponible en numérique) et suivez ses trois personnages arrachés dans ce marche ou crève étasunien. Quand vous aurez lu ces romans-là, ouvrez La Vie secrète de Robert E. Pendleton où Collins s’attaque au monde universitaire et à celui de la critique littéraire avec en toile de fond une affaire (comme toujours) étouffée et nauséabonde. Ici aussi il sera question d’une jeune femme assassinée et d’un suicide… raté. Voilà de quoi vous faire passer un bon paquet de nuits blanches. De mon côté je vais lire Minuit dans une vie parfaite qui vient de paraître en papier et en numérique. Je vous en reparle bientôt.
Tous les titres de Michael Collins cités supra sont tous traduits de l’anglais par Jean Guiloineau sauf Minuit dans une vie parfaite, par Isabelle Chapman et publiés chez Christian Bourgois éditeur. Les trois romans disponibles en numérique sur ePagine contiennent chacun un extrait au format ePub que vous pouvez télécharger gratuitement. Pour vous donner un premier aperçu, je reproduis dès à présent les premières lignes de chacun d’entre eux.
ChG

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Extrait des Âmes perdues
Chapitre premier
Il était plus de minuit quand je suis rentré chez moi, la nuit d’Halloween. La lumière des phares a balayé la cour. On avait décoré la maison avec du papier-toilette. Je suis descendu de voiture et j’ai vu que les gosses avaient décoloré la pelouse pour écrire le mot PORC. L’air sentait le détergent chimique. J’en avais l’habitude. En tant que représentant de l’ordre dans la ville, j’étais la cible des farces, des jeux d’initiation des adolescents, de leurs premiers actes de révolte. Je m’entendais bien avec les gens, surtout depuis mon divorce. Quand ma voiture n’était pas là les gosses savaient qu’il n’y avait personne chez moi, à part mon chien Max.
Je l’ai entendu aboyer dans le sous-sol, où il était enfermé. Je suis descendu et je l’ai laissé monter dans la maison.
On disait que cette nuit, les morts se promenaient au milieu des vivants, et la soirée s’était déroulée avec le spectacle habituel, des groupes hétéroclites quémandant des bonbons de maison en maison. Dans ma voiture de flic, j’avais suivi les spectres qui erraient dans le quartier, des gosses déguisés en fantômes avec des chaînes, des sorcières couvertes de verrues, des diables à queue fourchue, des squelettes armés de faux, des sorciers et des magiciens, des mariées monstrueuses, et tout l’assortiment habituel des superhéros : Superman, Spiderman, Batman, l’Incroyable Hulk. De temps en temps, je mettais la sirène et le gyrophare, simplement pour ajouter au fantastique de la soirée.
Le seul crime de la nuit avait été commis par quelques gosses qui avaient attaché un ruban de pétards à la queue d’un chat, plus un incident bidon rapporté par un gosse mauvais joueur qui disait avoir trouvé une lame de rasoir dans une pomme.
Max était groggy mais il est venu me lécher la main. Je lui avais donné un calmant parce qu’il aboyait beaucoup. Je ne voulais pas que les gosses le harcèlent pendant que j’étais de service. Il a grogné un peu, comme s’il était furieux contre moi. Je lui ai parlé du chat. Le mot « chat » lui a fait dresser les oreilles. Rien que d’entendre ma voix le faisait haleter. Il a regardé par la fenêtre comme s’il y avait eu un chat dans le coin. C’était agréable de voir ce genre de fidélité, même si ça venait d’un chien. On s’accroche à ce qu’on a.
J’ai ouvert le frigidaire. Une odeur de viande s’est répandue dans la cuisine. J’ai mis du ketchup dessus, comme il aimait, et je lui ai donné à manger.
J’ai bu un verre de lait pour tuer le temps. Je ne dormais pas bien. Mon reflet me fixait dans la fenêtre – comme si je regardais dans un vieux souvenir.
J’avais vécu deux ans auparavant un divorce qui m’avait retourné. Ma femme, Janine, était partie avec mon fils. Je n’avais pas encore appris à vivre dans le silence de la maison. Mon fils me manquait, voilà ce qu’il y avait. Les vacances y étaient pour quelque chose. Pour certains elles représentaient le bonheur, pour d’autres le regret.
Plus tôt dans la soirée, j’avais vu mon fils au centre commercial où se tenait la distribution municipale officielle de bonbons. C’était deux ans après les assassinats au Tylenol à Chicago et l’affaire n’était toujours pas résolue. J’avais installé un détecteur de métaux dans le centre commercial afin de contrôler les bonbons des enfants. J’étais habillé en Obi-Wan Kenobi et un gosse déguisé en E.T. est venu vers moi vider son sac de friandises. Je les ai passées au détecteur de métaux en forme d’épée de lumière. Il avait le costume complet – c’est-à-dire jusqu’à ce que je voie les yeux de mon fils qui me regardaient par les trous du masque, et à ce moment-là j’ai su, mais Eddy n’a rien dit. Il s’est retourné pour regarder derrière lui. Il ne savait pas quoi faire, comme s’il avait peur de se faire gronder s’il me parlait. Ce n’était pas le jour où je devais l’avoir. Il était plus perdu que l’extraterrestre qu’il faisait semblant d’être, mais je n’ai pas voulu le démasquer. Ce n’était pas lui le problème.
Alors qu’il s’en allait, je lui ai simplement dit : « Téléphone à la maison, E.T. »
Un peu plus loin, j’ai vu mon ex-femme avec son nouveau mari, Seth Hansen. Ils étaient déguisés en vampires, enchaînés l’un à l’autre, et chacun traînait un boulet, exactement comme je les voyais dans la vie réelle.
La queue pour recevoir les « Paquets de la peur » s’étirait jusqu’au juge, notre maire, le maître des cérémonies, déguisé en Gomez Adams. Nous avons dû garder le centre commercial ouvert jusqu’à vingt-deux heures passées pour que tous les enfants puissent serrer la main du maire. Tout ce que j’ai gardé comme souvenir c’est une photo du maire donnant un prix à Eddy pour son costume. Eddy était caché par son masque et il regardait Janine. J’avais espéré qu’il me regarde aussi, là, au milieu des spectateurs.
Malgré tous mes efforts au centre commercial ce soir-là, je n’ai trouvé qu’une lame de rasoir dans une pomme, et j’ai compris qu’il s’agissait d’un canular parce que je connaissais le gosse, Bobby James. Il n’arrêtait pas de regarder la foule derrière lui. Les grands frères de Bobby James étaient des bons à rien. Ils l’avaient poussé à faire ça. Ma parole, je ne voulais pas participer à ces conneries. Mon fils se promenait dans le centre commercial. Légalement, je n’avais pas le droit d’entrer en contact avec lui.
Nous avons interrogé Bobby James, parce que je devais considérer le canular comme quelque chose de sérieux. Arnold Fisher, un agent de sécurité du centre commercial
qui avait travaillé à mi-temps pour nous, a dû chercher dans quelles maisons le gosse avait reçu des friandises. On a pris sa photo avec la pomme et la lame de rasoir. L’image allait définir Halloween pour notre communauté, un de ces témoignages de notre innocence perdue. Je me demandais toujours comment les plus dépravés entraient dans notre esprit, comment ils ressentaient les courants souterrains de nos vies, comment ils anticipaient notre déclin.
© Michael Collins & Christian Bourgois éditeur, 2004.

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Extrait de La Vie secrète de Robert E. Pendleton
1
Par un calme vendredi après-midi, dans le département d’anglais de l’université Bannockburn, E. Robert Pendleton écoutait la rumeur de la vie de l’autre côté de la fenêtre. Il avait essayé de se distraire en corrigeant des copies. Cela n’avait pas marché. Il ôta ses lunettes et essuya les verres de la façon un peu solennelle qu’il avait mise au point
des années plus tôt pour faire une pause au milieu de ses cours.
Il regarda une nouvelle fois la pendule, bien qu’il se fût juré de ne plus le faire. Encore une demi-heure à attendre avant de partir à l’aéroport pour aller chercher le romancier Allen Horowitz, dont le dernier livre, une autobiographie, était resté en tête de la liste des best-sellers du New York Times pendant presque toute l’année 1985. Horowitz venait faire une conférence dans le cadre de la série de conférences exceptionnelles de l’université Bannockburn, et si le département n’avait pas attendu Pendleton au tournant à cause du fiasco qui entourait cette visite, il aurait bu quelque chose. Mais il resterait sobre au moins jusqu’à la réception qui aurait lieu chez lui ce soir.
Devant la fenêtre de son bureau, les bâtiments couverts de lierre qui entouraient la cour carrée étaient de nouveau devenus une armée de banderoles que gonflait le vent – la fête annuelle, week-end au cours duquel les étudiants exaltaient leur rivalité avec l’université quaker Carleton, un match qui opposait les incroyants aux vrais croyants. Traditionnellement, les étudiants de Bannockburn rappelaient d’anciens scores pendant le match et les quakers de nombreuses références aux Écritures.
Mais aujourd’hui, en cette vingt-deuxième fête annuelle de sa carrière à Bannockburn, les choses étaient différentes, et même lui, fatigué et inquiet comme il l’était, raterait le spectacle, ce mythe de l’université Bannockburn, qui se décrivait elle-même comme le « vénérable berceau du savoir ». En réalité, l’université était le « vénérable berceau de la médiocrité », un amortissement universitaire accrédité, vendu à des prix exorbitants aux rejetons paresseux et peu doués de parents riches et désespérés.
Qu’on puisse encore refiler le mythe de Bannockburn à des gens, Pendleton en restait stupéfait. Dans une certaine mesure, lui aussi avait été séduit par ce mythe, une brochure avec des photos prises dans la lumière dorée de l’automne, la saison des changements, un étudiant adossé contre un arbre en train de lire, une étudiante aux longs cheveux, photographiée à l’improviste, un livre niché entre les seins, l’intérieur d’une salle de classe, cadre d’un séminaire, des étudiants autour d’un professeur lisant à haute voix de façon théâtrale un livre tenu à bout de bras. Qui n’aurait pas souhaité connaître ça ?
Pendleton prit une grande respiration et se rendit compte qu’il regardait chaque chose pour la dernière fois. Il avait devant lui le rapport du conseil de la faculté concernant sa titularisation.
En bas, l’agitation était à son comble avec l’arrivée massive des parents après le déjeuner, les voitures neuves brillaient dans les rayons obliques du soleil, des feux de feuilles dégageaient une odeur de rituel presque païen et de la viande grillait sur les barbecues autour desquels les confréries d’étudiants accueillaient leurs invités.
Des voix lui parvinrent alors qu’il se levait et s’avançait vers la fenêtre. On disputait une partie de football sous l’œil attentif du père fondateur de l’université, un industriel russe émigré, Iosif Zhvanetsky, devenu philanthrope au début du vingtième siècle en imitation d’industriels comme Carnegie. D’après Pendleton, il y avait beaucoup de demi-dieux dans ce pays, des hommes qui s’étaient hissés en haut de l’échelle, puis avaient tout redistribué, des hommes qui voulaient des monuments érigés à leur mémoire. Telle était l’ironie essentielle d’universités comme Bannockburn, créées par des génies intuitifs et illettrés, des hommes sortis de nulle part et qui avaient tout gagné sans avoir ouvert un livre.
Pendleton n’avait jamais considéré qu’une éducation fondée uniquement sur la culture générale puisse être vraiment bénéfique.
En fait, l’histoire de Bannockburn était directement issue de ce genre de rapacité et de contrition. Pendleton en connaissait par cœur cinquante pour cent. On avait construit l’université sur les ruines d’une fabrique de vêtements installée autrefois sur un méandre d’un demi-mile de la Saint Joe River. Ce méandre était devenu officiellement une île quand l’émigré russe illettré, fondateur de la fabrique, avait fait enlever la mince bande de terre pour créer une sorte de fief féodal. Avant un incendie criminel qui détruisit la fabrique en 1911 et tua dix-huit femmes enfermées à l’intérieur, le Russe avait amassé une fortune. Blanchi de tout soupçon de négligence, il
mourut célibataire quelques années plus tard en léguant toute sa fortune pour la création d’une université destinée aux femmes sur l’emplacement des ruines de la fabrique. On avait appris que le nom de Bannockburn avait été choisi par le Russe à cause d’un amour malheureux pour une femme mariée, Lucy Bannockburn, qui avait repoussé ses avances et avait péri dans l’incendie.
© Michael Collins & Christian Bourgois éditeur, 2007.

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Extrait de Minuit dans une vie parfaite
1
Tout a commencé au bord du précipice de la quarantaine, au sein d’un mariage sans enfant, lorsque je me suis trouvé confronté aux statistiques : j’avais désormais moins d’années devant moi que derrière. Lori, ma femme, faisait face à la même échéance – la mort était notre avenir –, et de trois ans mon aînée, à l’âge navrant de quarante-trois ans, sa crise semblait plus sérieuse que la mienne. Son compte à rebours biologique était lancé, et comme elle n’avait pas réussi à tomber enceinte « à l’ancienne », elle s’était sentie obligée de nous livrer tous les deux corps et âme aux bons soins de la science, attifés de blouses ouvertes dans le dos, condamnés à être examinés, palpés, auscultés, dans une ultime tentative de donner la vie.
Inutile de dire que cette année a été la plus périlleuse de notre histoire. Il était fort probable que la fécondation aurait lieu non pas dans l’abandon d’une brûlante étreinte, mais au fond d’une boîte de Petri, où, comme un ado timide que l’on propulse sur une piste de danse, un spermatozoïde irait s’aventurer à l’intérieur d’un ovule.
Dès le départ, j’étais contre.
Je me rappelle encore ce dimanche matin d’automne où nous avons rempli les papiers de la clinique. Implicitement je savais que l’enjeu s’épelait liberté. Égoïsme oblige, il était entendu que le dimanche, nous traînions au lit, dans une indécision voluptueuse, responsable de rien ni de personne, hésitant entre un petit déjeuner tardif et un déjeuner style brunch, tout en effectuant des sondages dans les profondeurs abyssales de l’édition dominicale du New York Times.
Déjà, rien qu’en feuilletant les formulaires, et en laissant de côté la paperasse médicale et financière, j’étais tombé sur des bons de réduction pour une parure de lit Elmo à cent quatre-vingt-dix-neuf dollars, plus frais de port, et une enveloppe portant un cachet de cire rouge, un sceau royal. L’enveloppe contenait un coupon qui permettait éventuellement de gagner des billets pour l’enregistrement de l’émission Bozo le Clown – cinq ans d’attente en moyenne pour ceux qui s’inscrivaient sur la liste. Tout cela accusait la vanité qu’il y aurait à s’aventurer dans un royaume doré de l’enfance régi par la nécessité.
La décision se trouva en outre temporairement suspendue lorsque, en ouvrant le formulaire qu’elle devait compléter par des précisions sur son passé gynécologique, Lori fondit en larmes au souvenir d’un avortement datant de ses années de lycée, une époque où, à la croire, elle tombait enceinte en un battement de cils.
Dans mon esprit, cet incident de parcours ne portait pas ombrage à notre bonheur conjugal. C’était de l’histoire ancienne, quelque chose que j’avais entendu évoquer en passant, et pourtant, nous voilà bel et bien saisis de mélancolie abortive et embrayant sur la question de Dieu. Pour être exact, lorsque Lori aborda le sujet de la pénitence, je lui fis remarquer que Dieu était peut-être en mesure de tout voir, mais en avait-il vraiment envie ? Je citai à l’appui la Shoah et la famine en Afrique. « Crois-tu qu’Il ait quoi que ce soit à foutre du sexe avant le mariage ? » lui dis-je.
Cela se termina par une bonne petite dispute.
Apparemment, la culpabilité l’avait poursuivie toute sa vie d’adulte, et de manière irrationnelle, elle attribuait son infertilité à un châtiment divin.
L’affaire de l’avortement ne m’était donc pas inconnue. Un garçon nommé Donny Machin-kowski avait mis Lori en cloque. La première fois que j’en avais entendu parler, c’était peu après le début de notre vie commune, sur une route qui traversait un paysage aux allures de no man’s land entre Milwaukee et Chicago au retour d’une visite à ses parents. La mère de Lori avait passé la soirée à chanter les louanges de feu le petit copain de sa fille, surnommé « le prince ukrainien », qui (l’hiver où un mémorable blizzard avait frappé Eau Claire) avait joué dans l’équipe de curling de l’État. Lori avait eu « un faible » pour lui pendant toutes ses années de lycée – c’est ainsi que sa mère présentait la chose avec cette ardeur déconcertante que provoquent les bouffées de nostalgie, me faisant comprendre que si le mauvais sort ne s’en était pas mêlé, il serait toujours de la famille. Le « prince », en effet, était mort un an plus tard, en 1971, alors que la guerre du Vietnam se terminait. Le chromo de cette vie courte et douce-amère aurait pu être convaincant si je n’avais su que, avant de se tirer au Vietnam, ledit « prince » avait engrossé Lori.
N’empêche, la véritable question, au-delà de toute considération philosophique et spirituelle, était la suivante : Lori devait-elle oui ou non confesser son avortement sur le formulaire ? Cela changerait-il quelque chose aux procédures de la clinique ? En petits caractères il était écrit que la clinique devait disposer de tous les détails de votre cas.
Lori se tourna vers moi : « Crois-tu que si j’avoue que je me suis fait avorter à l’époque où c’était illégal, je risque d’être poursuivie ?
— N’avoue rien ! Mens !
— Parfois j’ai l’impression que j’ai rêvé, dit-elle, soudain apaisée.
— C’est possible. »
© Michael Collins & Christian Bourgois éditeur, 2011.