Il y a tellement de nouveautés numériques en ce moment que ce n’est pas lire comme quatre qu’il faudrait (pour bien faire) mais comme douze. Ceci dit, même si je n’arrive pas à tout écluser (la frustration faisant partie du jeu) c’est plutôt une bonne nouvelle. Surtout que les dernières propositions de lecture sont engageantes. Et si les éditeurs 100% numériques sont de plus en plus nombreux, actifs et innovants, ce qui depuis peu a également changé c’est que je reçois de nombreux services de presse (et pour certains, quelques semaines avant leur mise en ligne). Cette confiance-là je tenais à la souligner, seule manière de mieux travailler ensemble. Mais voilà, les textes s’accumulent et, bien que la schizophrénie me gagne je n’ai toujours pas le don d’ubiquité. Donc, dire aussi aujourd’hui à tous les éditeurs qui ont pu me solliciter qu’il leur faudra s’armer de patience, que je lirai les textes. En attendant, voici un bref aperçu de ce que j’ai pu recevoir ces derniers jours et que je chroniquerai au fur et à mesure de mes lectures (et si affinités) jusqu’à ce que mort s’ensuive (mais il paraîtrait que notre besoin de lire serait impossible à rassasier). Dire encore que tous ces textes se tiennent ensemble dans la même liseuse. Impossible de faire une photo de la pile de livres « au pied du lit » mais vous avez le droit de l’imaginer. Enfin, tous les ebooks proposés par ces éditeurs-ci sont sans verrous (DRM) mais avec tatouages (sauf pour les éditions Emue, ni DRM ni marquage).
Honneur à deux nouveaux éditeurs 100 % numérique
• Comme les éditions D-Fiction ont déjà fait l’objet d’une présentation il y a deux jours lors du billet consacré au texte d’Anne Savelli, Des Oloé, espaces élastiques où lire où écrire je ne vais pas me répéter et vous invite plutôt à aller le consulter si vous le souhaitez. Juste préciser qu’il s’agit ici du premier texte littéraire publié par cet éditeur après avoir proposé trois livres d’art contemporain et mis en ligne sur son site des dizaines de textes inédits, photos, vidéos et interviews.
• Née de l’impulsion de Sophie Marozeau, ancienne journaliste d’Europe 1 et éditrice pour les contenus numériques chez Lonely Planet, la toute jeune maison d’édition Emue est basée en Australie. C’est de là qu’elle diffuse ses livres français à travers le monde grâce au numérique et à l’édition à la demande. « Priorité est donnée aux textes frais, drôles, forts, et courts ! Nouvelles, théâtre, romans… les textes sont modernes tout en gardant une structure narrative indispensable », lit-on dans le communiqué de presse. Qu’ils soient d’origine française ou non, tous les auteurs de cette maison d’édition ont comme dénominateur commun la langue française. Deux recueils de nouvelles sont d’ores et déjà disponibles en numérique, Femmes contre nature de Léa Godard et Le doigt de l’historienne de Ray Parnac.
Place aux deux nouvelles collections chez publie.net
• La coopérative d’auteurs numériques publie.net s’ouvre à la co-édition avec la Revue des Ressources (choix éditoriaux des animateurs de la revue). Pour prolonger leur travail de revuiste en ligne (depuis 1998), la Revue des Ressources {La RdR} vient de créer les Éditions de la Revue des Ressources {ERR} à travers lesquelles seront publiés des textes parus en ligne ou totalement inédits. À peine imprimés le directeur de la publication Robin Hunzinger a demandé à publie.net comment proposer ces titres en numérique. C’est ainsi que la collection {ERR} a vu une deuxième fois le jour, chez l’éditeur 100% numérique cette fois. Dans cette première livraison on trouvera un roman, Manifeste du saumon sauvage de Rodolphe Christin et un recueil de nouvelles, Coupe de l’inaventure de Rodolphe Pradalier.
• Après la collection mauvais genres dédiée aux textes noirs, publie.net lance une nouvelle collection qui publiera des récits d’anticipation et de science-fiction. Baptisée e-styx elle accueillera, outre les retraductions de Lovecraft (que je vous conseille de lire sans tarder), des textes d’auteurs contemporains. Deux titres viennent d’être propulsés, celui d’Olivier Le Deuff, Print brain technology et un autre du talentueux g@rp qui avait m’avait fait mourir de rire avec son Motel, et autres légendes urbaines. Cette fois, avec Locked In Syndrome, texte plus long, plus ambitieux et tout aussi déjanté que son recueil (humour très noir), il sera question de la fin du monde, celle annoncée le 12 décembre 2012 et de la cité d’Ys.
Rejoignons les très actifs Numerik:)ivres
• Je viens de recevoir un texte que j’ai très envie de lire. Il s’agit de la réédition augmentée d’une remarque sur le courrier électronique et la lettre, Sevigne@internet, signée Benoît Melançon (directeur des littératures de langue française de l’Université de Montréal). Cette version numérique reprend intégralement l’édition qui avait rencontré un franc succès au moment de sa publication aux éditions Fides en 1996. À celle-ci se rajoute une postface inédite de l’auteur qui quinze ans plus tard fait le point sur le devenir de la lettre face au courrier électronique. Je signale également quatre autres nouveautés chez l’éditeur québécois : La petite fille qui voulait remourir de Nicole Dubroca (en co-édition avec Morey éditions), La tache originelle de Noël-Henri Montgrain (collection Histoires à lire debout), Les Hirondelles sont menteuses d’Anita Berchenko (collection Nouvelles à lire debout) et Manihi de Christine Machureau (collection Histoires à lire debout).
Terminons avec LC éditions
• J’ai appris (officieusement au salon du livre, officiellement sur leur site) que Chiens féraux, l’excellent premier roman du jeune auteur chilien Felipe Becerra Calderón que j’avais chroniqué sur ce blog, serait publié à la rentrée littéraire chez un grand éditeur parisien. La mauvaise nouvelle (temporaire heureusement) est que ce titre n’est plus disponible en numérique. Il le sera à nouveau à la rentrée dans une traduction revue et corrigée. Par ailleurs, LC éditions a fait paraître plusieurs textes dont Cornelia Battistini ou du Fighettisme de Massimiliano Perrotta, Les Coeurs cassés de Florence Day (service de presse reçu) et Le Talent tueur d’Alexandre Holsteing.
Bonnes lectures numériques
ChG
