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Conseils de lecture, entretiens, actualité numérique :

le Livre-Avenir ne se fera pas sans les libraires.

13 avril 2014

Thomas Géha – Portrait et interview

Portrait

Portrait de Thomas GéhaCe n’est pas dévoiler un secret que de dire que Thomas Géha est le pseudonyme d’un auteur, éditeur, libraire, critique, jury de prix, préfacier habitant Rennes.
Et non ce n’est pas le pseudonyme d’un collectif, mais bien d’une seule et même personne.
Thomas Géha a sorti son premier livre, A comme Alone en 2005, aux éditions Rivière Blanche.
Depuis, ce ne sont pas moins de 13 nouvelles et 8 romans que Thomas Géha a fait publier. Son premier diptyque, A comme Alone et A contre Alone vient d’être réédité au format papier sous une forme augmentée par les éditions Critic. De plus, le Sabre de Sang (Tome 1 et 2) vient lui d’être réédité au format poche chez Folio SF.

Et côté nouveautés ?

Couverture Cent visagesUn premier roman jeunesse est sorti le 9 avril en numérique chez Rageot Editions, Cent Visages (7,99€, Collection Rageot Thriller).
2025, aux environs d’Évry. Adolescent, Gregor appartient à la frange marginalisée de la population. Alors qu’il pénètre dans un entrepôt en quête de nourriture, il surprend le criminel Cent Visages et est agressé par un inconnu qui lui injecte un produit dans le bras. Gregor s’échappe grâce à une clandestine qui lutte contre le pouvoir autoritaire en place et l’entraîne à Paris chez les militants de la Capucine. Mais ne cherchent-ils pas à l’instrumentaliser ? Et quels liens les relient à Cent Visages ?

On regrettera que la version numérique soit avec une DRM, surtout pour un roman jeunesse. On le sait bien, la DRM d’Adobe nuit à l’usage facile d’un ouvrage numérique.

Interview

eP : Tout d’abord l’exercice bateau, peux-tu nous présenter Cent Visages, sans nous refaire la 4ème ?
Thomas Géha : c’est un thriller d’anticipation dont l’idée m’est venue pendant le mandat de Nicolas Sarkozy. A l’époque, on parlait beaucoup de l’exclusion des Roms, de les renvoyer manu militari… où au fait ? Dans des camps ? Dans un pays… d’où ils ne sont pas ? Les parquer dans un ghetto ? En règle générale, je commence à trouver plus qu’ignoble la façon dont nos gouvernements successifs traitent les gens, en termes d’humanité. Cent Visages part de ce constat : j’ai donc imaginé une France alternative, qui aurait pu être, qui commence peut-être à être, allez savoir, où les gens qui ont refusé l’identification biométrique sont parqués dans des ghettos autour des villes, où les campagnes sont désertifiées, et où la pauvreté est encore décuplée. Évidemment, tout cela n’est qu’une toile de fond, sans doute plus légère que je ne l’aurais voulu, parce que le roman reste avant tout un thriller d’aventures pour la jeunesse, que j’ai voulu trépidant et plein d’action. On suit donc un jeune garçon du ghetto d’Evry, Gregor, pris dans une histoire compliquée, après avoir croisé le chemin d’un criminel masqué (comme Fantomas un peu) que tout le monde appelle Cent Visages. Son destin va être intiment lié à celui du criminel.

eP : Cent Visages est une virée de ta part dans deux lieux que tu ne nous avais jamais présentés : la jeunesse et le thriller. Après la science-fiction et la fantasy, pourquoi le thriller (même si celui-ci baigne dans l’anticipation ou comme tu le dis sur ton blog avec « une teinte dystopique ») ?
Thomas Géha : j’ai envie de te répondre simplement : parce que Guillaume Lebeau, le directeur de la collection Rageot thriller, est venu me proposer le projet à grands coups de pieds dans l’arrière-train. C’est plus lui que moi qui y a cru parce que la première fois qu’il m’a proposé la chose, j’ai pensé qu’il me faisait une blague… du coup, j’avais laissé filer l’opportunité. On s’est revus au salon du livre de Paris 2013 et c’est là qu’il m’a relancé, par l’entremise d’Anne Fakhouri. Ensuite, comme je ne me sens pas particulièrement enfermé dans un genre en particulier (sic), tant que je me sens l’envie ou plutôt à l’aise, je dis oui ou non. Là, je sentais bien le truc, donc j’ai dit oui.

eP : Et pourquoi destiné d’abord à la jeunesse (même si la lecture du roman sera forcément agréable aussi à un adulte) ? Par envie ou est-ce une commande ?
Thomas Géha : comme on l’a deviné dans mes autres réponses, c’est une sorte de commande de la part de Guillaume Lebeau pour Rageot. J’ai néanmoins dû passer par l’étape du synopsis avant d’être « validé ». La jeunesse, oui, j’avais déjà des envies. J’ai une idée de série qui traîne dans mon placard virtuel depuis des années. Je me dis que Cent Visages, c’est aussi une entrée et un apprentissage. Et que le projet de série jeunesse que j’ai pourrait bien trouver preneur plus facilement par la suite. Enfin, pas avant que j’aie rendu les trois autres romans adultes qu’on m’a demandés !

eP : Ta liste d’ouvrages à venir est bien remplie (un roman de fantasy urbaine écrit à mains avec Anne Fakhouri, et deux autres, en space-opéra et en fantasy rurale (???). Penses-tu qu’écrire un pur thriller adulte te plairait ?
Thomas Géha : pourquoi pas. Mais le pur thriller, ça ne me fait pas fantasmer plus que ça. Je n’ai pas d’idée. Pas de bonne en tout cas. Je serais plus proche d’écrire un roman noir qu’un thriller. Dommage, les romans noirs, ça ne vend pas… on m’a refusé le projet, que j’ai reconstruit dans ma tête, du coup, et transformé en roman noir fantasy rurale (!!!), que je compte écrire pour un éditeur que j’adore.

eP : Tu as eu affaire il y a quelques temps à une petite aventure en relation avec un forum de diffusion gratuite voire pirate de livres numériques, tu es toi-même éditeur et pas encore numérique. Quel est ton rapport avec le livre numérique ? Lis-tu toi-même sur tablette ou liseuse ?
Thomas Géha : c’est faux (^___^). Ad Astra a publié deux ouvrages de son catalogue en numérique. Ils sont disponibles sur le site. Preuve que je n’ai rien de particulier contre le numérique. La différence avec les acharnés du tout numérique, c’est que je suis un modéré (c’est beau ce que je dis ?), et qui plus est un amoureux du livre papier. Je ne considère pas un ebook comme un livre. Un ebook c’est un ebook. Un livre, c’est un autre objet. Les deux sont compatibles, et les deux sont capables, à mon sens, de coexister, parce qu’une banane n’est pas une pomme, même si ce sont deux fruits, si tu vois ce que je veux dire. Ce qui me dérange, dans tous les domaines, c’est le fanatisme. Eh bien, le fanatisme du numérique, ça me dérange aussi. Je trouve ça crétin et contre-productif. Ça ne m’empêche pas de penser qu’il y a de l’avenir dans l’édition numérique et ça ne m’empêche pas de lire sur ma liseuse (la très bonne Bookeen Odyssey). Oui, j’en ai une, je la trouve bien pratique quand je suis en déplacements. J’y lis avant tout des classiques de la littérature et des manuscrits. Je ne l’utilise jamais chez moi, en revanche. Je n’ai toujours rien trouvé de plus plaisant que de m’allonger sur mon lit avec un bon bouquin papier.

Quelques dates

Thomas Géha sera présent en juin à Étonnants Voyageurs , mais le rendez-vous majeur de ce mois sera Les Imaginales à Epinal, où cette année il est invité. Il y sera présent pendant toute la durée du festival, qui se tiendra du 22 au 25 mai. Une de ses nouvelles, « Guetteurs de Nuages », figurera au sommaire de l’anthologie officielle du festival. Comme d’habitude désormais, le livre paraîtra aux éditions Mnemos et est dirigé par Sylvie Miller et Lionel Davoust.
- En juin, du 13 au 15, il sera au festival ImaJn’Ere à Angers, festival dont il est un des parrains avec David S. Khara.

David Queffélec

 

22 novembre 2013

Les super-héros du Salon du livre et de la presse jeunesse #Montreuil #SLPJ2013

Le Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis se déroulera cette année du 27 novembre au 2 décembre 2013 à l’espace Paris-Est Montreuil. Les héros et héroïnes de la littérature jeunesse y seront à l’honneur.

Depuis toujours, les héros peuplent les livres et les histoires pour enfants. Cette année, le Salon souhaitait mettre en lumière l’importance de ces personnages dans l’enfance. Souvent bien loin des stéréotypes des supers-héros et des comics, les héros présentés au Salon seront néanmoins dotés d’un super pouvoir : celui d’ouvrir au plaisir de lire. Au programme, une grande exposition, « L’étoffe de nos héros », proposera un voyage dans les mondes de l’enfance à travers 12 héros et héroïnes de la littérature jeunesse et le regard de 7 créateurs.

L’invitation d’artistes dans le cadre de la saison France – Afrique du Sud y promet également de belles découvertes. En effet, pour clôturer les Saisons Afrique du Sud-France 2012-2013, le Salon cherchera à sensibiliser la jeunesse française, non seulement à l’histoire des grands héros qui ont marqué la lutte anti-apartheid avec des rencontres organisées autour de grandes icônes… mais aussi en faisant le lien avec la jeune scène créative (notamment la génération kwaito, jeunes auteurs noirs issus des townships).

Comme l’an passé, les nouveaux outils de création et de lecture seront mis à l’honneur via les Salons Mobiles conçus pour répondre aux nécessités de médiations liées aux différents genres littéraires et aux multiples supports, mais aussi en fonction des espaces d’accueil et de de la diversité des publics. On y retrouvera le Juke-box Ados, la Tablette XXL ou encore La Biblio-connection (voir ici et )

Par ailleurs, comme chaque année, un cycle de conférences « De la page à l’écran » ouvrira des pistes de réflexion sur les nouveautés et grandes tendances de la création numérique (programme ici).

Retrouvez tous nos billets du #SLPJ2012 en suivant ce lien, notamment l’entretien avec Sylvie Vassallo qui, l’an passé, nous avait parlé des nouveaux outils de lecture mis à disposition des jeunes lecteurs durant toute l’année et pendant la durée du salon, de la complémentarité entre la lecture traditionnelle et la lecture sur écran ainsi que de sa volonté de placer la médiation au cœur de ses projets.

Bon salon 2013 à tous et à bientôt… en 2014 en ce qui me concerne (même si je ne publierai plus sur ce blog durant tout le mois de décembre, cet espace restera néanmoins ouvert… Ouvrez l’œil !)

ChG

19 juin 2013

Les aventures du Petit Nicolas en numérique

© Les surprises du Petit Nicolas, Sempé & Goscinny, IMAV éditions

Après avoir débuté sa carrière à New York, René Goscinny, au début des années cinquante, rentre en France et, en compagnie de quelques dessinateurs, va donner naissance à plusieurs personnages, des héros devenus légendaires : Astérix avec Albert Uderzo, Lucky Luke avec Morris, Iznogoud avec Tabary, les Dingodossiers avec Gotlib… Débute parallèlement une autre histoire, qui elle aussi durera longtemps, avec un autre chahuteur, le dessinateur de presse Jean-Jacques Sempé, dit Sempé, créateur entre autres de Marcellin Caillou, de Raoul Taburin, ou encore de Monsieur Lambert. Ensemble et joyeusement, ils vont créer tout un univers peuplé d’écoliers tous aussi farceurs les uns que les autres et qui deviendront célèbres grâce au langage de gosse et aux mines que les auteurs auront su leur trouver. Scénariste et dessinateur de génie, c’est au travers des aventures du Petit Nicolas et de ses camarades malicieux aux frasques redoutables et à la naïveté touchante que Goscinny et Sempé donneront toute la mesure de leur talent. Adapté depuis peu au cinéma (on annonce déjà une deuxième adaptation), la série connaît aujourd’hui un regain d’intérêt. Je veux pour preuve que cette semaine sont arrivés dans le même temps dix titres des aventures du Petit Nicolas en numérique chez IMAV éditions ainsi que quatorze adaptations d’Emmanuelle Lepetit en Folio Cadet (premières lectures). À noter également (pour les parents cette fois) que les éditions Mango, juste avant la dernière présidentielle, se sont servi de cette série pour proposer un pastiche plus politique : Le petit Nicolas a bien grandi de Gospe et Sempinny peut aujourd’hui être téléchargé intégralement ou aventure par aventure (« François fait du pédalo », « Brice invente le téléphone », « Nathalie au pays des merveilles »,…). Pour retrouver tous ces titres sur le site de la librairie ePagine, cliquez ici ou bien sur les liens ci-dessous.

ChG

 

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LE PETIT NICOLAS en numérique :
à lire au format ePub sur liseuse et tablette, smartphone et ordinateur

IMAV éditions a mis en ligne dix titres : trois sont gratuits et sept autres sont vendus 3.49 € (avec marquage sans DRM). Les sept titres payants contiennent une quinzaine d’aventures (Le Petit Nicolas, Les vacances du Petit Nicolas, Les bêtises du Petit Nicolas,…). Quant aux trois titres gratuits, si Les surprises du Petit Nicolas contient seize histoires drôles, en revanche Louisette est une histoire extraite du volume Le Petit Nicolas et La plage, c’est chouette ! est une aventure extraite des Vacances du Petit Nicolas

Gallimard Jeunesse (Folio Cadet) propose quatorze aventures du Petit Nicolas novélisées par Emmanuelle Lepetit avec illustrations couleurs (La photo de classe, La bande des pirates, La leçon de code,…). Ces histoires s’adressent aux enfants qui commencent à apprendre à lire seuls (chaque volume 4.49 € avec DRM Adobe)

• Les éditions Mango et leur pastiche pour adultes : Le petit Nicolas a bien grandi de Gospe et Sempinny (le volume complet 7.99 € avec marquage sans DRM et chaque histoire 0.99 €)

 

 

© Les surprises du Petit Nicolas de Sempé et Goscinny (IMAV éditions, 2013 pour l'édition numérique)

29 avril 2013

Ernest et Célestine, l’album du film, en numérique

Jusqu’à la sortie du film, je devais faire partie des rares personnes qui ne connaissaient pas la série Ernest et Célestine créée par Gabrielle Vincent au début des années 80. Mais voilà, Noël est passé par là et le roman de Daniel Pennac, qui a servi au film d’animation de Benjamin Renner, Vincent Patar et Stéphane Aubier (César du meilleur film d’animation 2013), s’est retrouvé dans les mains de mon fils de quatre ans qui n’a eu de cesse, depuis, de me le faire lire (aujourd’hui, je dois en être à la sixième ou septième lecture intégrale, 200 pages le bouquin…). Hormis ce roman (non disponible au format numérique) a paru l’album du film, toujours aux éditions Casterman (celui-ci est disponible en ePub sans DRM, avec tatouage) et le DVD du film. Je ne m’amuserai pas à vous raconter l’histoire, vous devez connaître aussi bien que moi tout ce qui se passe dans le monde d’en haut et le monde d’en bas…
Si vous êtes possesseur d’une tablette couleur et que la version numérique vous intéresse, sachez que Ernest et Célestine, l’album du film est exceptionnellement vendu 2.99 € au lieu de 6.99 € jusqu’au 1er mai 2013 (vous avez encore 2 jours !).
Neuf albums des aventures d’Ernest et Célestine de Gabrielle Vincent sont également disponibles sur le site de la librairie ePagine et les sites des libraires partenaires (même format, également sans DRM, tous vendus à 6.99 €).
J’ai téléchargé le livre numérique ce week-end que j’ai testé avec mon fils et à mon avis je suis reparti pour des semaines de lecture…

 

Cliquez ici pour accéder à l’ensemble des titres du catalogue.

 

3 décembre 2012

#SLPJ2012 De l’oeuvre à la page et de la page à l’écran avec la biblioconnection

Outre la Tablette XXL, le Juke-box Ados, le MÏCE numérique ou encore les présentations et démonstrations d’ebooks et d’applications pour la jeunesse (retrouvez tous nos billets ici), le 28e Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil présente en avant-première depuis vendredi dernier son nouvel outil numérique : la biblioconnection. Conçu pour répondre à différents usages et besoins (petits et grands peuvent le tester jusqu’à ce soir), il a également été développé pour répondre aux personnes en situation de handicap. Ce salon de lecture mobile expérimentale propose en effet, pour chaque livre numérisé, une traduction en langue des signes (grâce à Emmanuelle Laborit et Isabelle Voizeux), des versions vocales et une diffusion en auto-description.

 

L’équipe du Salon a d’abord pioché dans les albums et livres d’art des auteurs, illustrateurs et artistes dont les originaux sont présentés dans l’expo 28°W (lire notre billet à ce sujet). Avec leur accord, leurs ouvrages ont été numérisés et réunis dans une bibliothèque numérique. À chacun ensuite de faire défiler les titres par couverture et d’en sélectionner un avec son corps. Celui-ci est alors projeté sur un écran de 4 mètres sur 3. Inspiré par les codes du jeu vidéo et grâce aux capteurs de mouvements et aux interfaces de contrôles (joysticks, contacteurs), chacun entre ainsi dans le livre, tourne les pages ou fait défiler les images projetées avec son bras, son pied, sa main…

 

Quand on entre dans cet espace (murs noirs, lumière tamisée), une affichette posée à côté de l’écran de contrôle et des livres des auteurs de l’expo explique comment positionner votre corps. Tandis que défilent les couvertures sur l’écran, on jettera tout d’abord un œil à ces mêmes ouvrages (version imprimée) présentés sur le côté et en sortant, aux originaux des auteurs et illustrateurs. Tout ça est intelligemment pensé et fait sens. De l’histoire ou du dessin en train de se faire à son aboutissement, de l’œuvre d’art (peinture, collage, gravure, planche…) à la page, de la page au livre et du livre à l’écran, le salon de lecture installé dans cet espace met à la fois en valeur le travail des créateurs tout en sensibilisant le public aux matières, aux supports et aux lectures plurielles.

 

J’ai suivi un groupe d’enfants (une classe de primaire) très concentrés, impliqués et joyeux bien que certains avaient des problèmes de lecture. On avait divisé la classe en trois groupes. Pendant que l’un d’entre eux se positionnait face à l’écran et interagissait avec l’histoire choisie, trois enfants assis derrière le/la lecteur/lectrice lisaient à tour de rôle le texte qui défilait. Le troisième groupe (on avait installé les enfants de chaque côté) guidait le/la lecteur/lectrice. Deux titres ont été choisis : Lutin veille de Kitty Crowther et Dictionnaire fou du corps de Katy Couprie (que je vous recommande). Du corps en mouvement au corps en images, les enfants avaient fait là un choix des plus incarnés.

 

Pour ceux qui ne pourraient pas se rendre à Montreuil ou tout simplement si vous souhaitez vous faire une idée de ce qu’est la biblioconnection, voici une vidéo qui vient d’être mise en ligne sur le site du Salon.

 

billet et photos, ChG, depuis le salon du livre et de la presse jeunesse 2012

2 décembre 2012

#SLPJ2012 Des histoires interractives pour la jeunesse avec la tablette XXL

Au Niveau 1 (E35) du 28e Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil (on en parle ici depuis quelques jours), à côté des centaines de stands et du « pôle ados », les organisateurs ont ouvert cette année un espace dédié à la création, aux créateurs et aux supports numériques. Dans ce « pôle numérique », le public, et plus particulièrement les enfants, peuvent tester quelques applications et eBooks sur des tablettes en libre accès, rencontrer des éditeurs traditionnels ou 100% numériques, des graphistes, des illustrateurs et des développeurs ou encore participer à des ateliers et à des démonstrations.

© Photo Éric Garault – SLPJ

Outre les iPads, les organisateurs ont installé une tablette géante, de la taille d’une table basse ou de la fenêtre de votre salon. C’est la deuxième année que cet outil baptisé Tablette XXL est mis à disposition du public. Reprenant les spécificités des tablettes individuelles, elle contient les applications choisies pour le salon 2012 (très peu de eBooks en revanche). Tactile et de très grand format, celle-ci a été imaginée pour permettre de découvrir sur écran des histoires réalisées par des créateurs de littérature jeunesse. Depuis vendredi, les enfants y viennent accompagnés de leurs parents ou de leurs enseignants et testent ensemble ces nouvelles pratiques de lectures interactives (récits linéaires ou aléatoires, images animées, jeux, lecture audio ou non…). Pour cette saison 2, vous y trouverez 15 applications et ebooks. Certains ont été réalisés à partir d’un album imprimé, d’autres ont été créés spécialement pour ce support.

montage photo, d'après l'appli Fourmi d'Olivier Douzou sur tablette XXL

Hier, Olivier Douzou, auteur et illustrateur aux éditions du Rouergue et scénographe du salon (notamment de la magnifique exposition 28°W (lire notre billet à ce sujet)), me disait s’être lancé dans l’aventure numérique avec Fourmi (paru au Rouergue et qui a reçu la Pépite de la création numérique 2012) parce que personne ne lui avait proposé. S’il a passé des centaines d’heures sur le projet, s’il ne gagnera pas d’argent avec l’appli, il semblait plutôt satisfait du résultat parce qu’il avait créé là une œuvre qui selon lui n’entrera pas en concurrence avec son album graphique mais proposera bien une autre manière d’envisager cette histoire. Pour lui, ce sont deux œuvres différentes et complémentaires, deux façons d’entrer dans l’histoire, deux chemins, parmi des centaines d’autres, qui ouvrent l’imaginaire.

montage photo de l'ebook Conte du haut de mon crâne (La Souris qui raconte) sur tablette XXL

Outre Fourmi, vous trouverez 14 autres histoires dont Uropa de Bernard Islaire et Laurence Erlich (Casterman, Pépite de la création numérique 2012), Balloon paper app (éditions Volumiques), Conte du haut de mon crâne de Séverine Vidal, illustré par Claire Fauché et lu par Cécile Givernet (La Souris qui raconte), Histoires farfelues de Sophie de Quatrebarbes, Eve Sarradet, design de Vincent Farges (Tralalère), Joue avec… (collection Joue avec / Revue Dada), Le marchand de sable de Manon Aidan et Yanick Gourville illustré par Cyril Jedor (hocus bookus), Les 4 saisons d’Antoine de Gordon et Chloé Jarry, illustré par Emmanuelle Tchoukriel (Camera Lucida productions, France 3 Ludo et France Télévisions Distribution), Les pensées de Manon D, adaptation du livre éponyme de Sophie Dieuaide (Casterman), Ma Poire de Stéphane Kiehl (e-Toiles), Mon chemin, adaptation du livre éponyme de Vincent Gaudin et Sandra Poirot-Cherif (Hatier Jeunesse), Pompidou kids (Gallimard Jeunesse et les éditions du Centre Pompidou), Stella et Sacha (Zinc Rœ Productions Inc.) et Voyage au centre de la Terre, adaptation du roman de Jules Verne (L’Apprimerie).

 

billet et photos (sauf mention contraire), ChG, depuis le salon du livre et de la presse jeunesse 2012

1 décembre 2012

Un endroit où aller : l’exposition 28°W à Montreuil #SLPJ2012

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un endroit au cœur du salon du livre et de la presse jeunesse où je vous conseille vivement d’aller (et d’ailleurs, aujourd’hui à 16h30, les neuf artistes seront tous présents). Pour vous y rendre, traversez la fourmilière bruyante qui vous file rapidement le tournis, descendez quelques marches, et voilà vous y êtes (au Niveau -1, dit-on ici, comme dans les parkings souterrains). Sous le salon, sous la ville en quelque sorte, un espace incroyable vous attend. La lumière y est moins agressive qu’en haut, la scénographie tout en labyrinthes, conçue par Olivier Douzou, est délicate et élégante, on entend moins de cris, on marche à pas feutrés, on vient d’entrer dans une exposition bien pensée. Celle-ci a été baptisée Exposition 28°W et on y présente là, par Folie (9 illustrateurs, dessinateurs et artistes), des centaines de dessins (330 en tout), de carnets de croquis, de gravures, de tableaux originaux et de planches (encres, pastels, aquarelles, gouaches sur des papiers et cartons recyclés, œuvres au stylo et au crayon…) mais aussi des vidéos. Ici le numérique, qui n’a pas été oublié, fait partie prenante de chaque univers. En phase avec le thème général du salon, cette expo est à la fois un voyage personnel à travers le parcours de chaque artiste et un voyage transversal dans la thématique (Le voyage de toutes les aventures).

 

 

C’est touchant, comme toujours, d’accéder à l’atelier des artistes tous si singuliers, à leurs esquisses, à leurs recherches préparatoires, de s’arrêter devant un tout petit dessin ou au contraire devant une gravure géante, de s’y balader, de s’y arrêter sans être happé ni bousculé. Dans ce labyrinthe, on a également demandé aux artistes de donner dix titres de livres importants pour eux. Et on ne sera pas étonné, après avoir été saisi par le travail de l’un d’eux, de retrouver des romans qui nous accompagnent nous aussi. La rencontre se fait à cet endroit également. Car, ici, ce sont de véritables rencontres que nous faisons, avec ou sans la présence des artistes, peu importe, ce sont les travaux exposés qui comptent. Et quelles découvertes, quelle sensibilité ici !

 

 

Je crois que ce qui m’a le plus enthousiasmé, ce sont l’intelligence et la finesse de cette expo qui permet la rencontre (une de plus !) entre la création brute ou aboutie, le texte et l’image, l’œuvre et le livre. Cette expo est une passerelle essentielle, me semble-t-il, pour sensibiliser les enfants à l’art et à la lecture. Pour preuve, voyez la folie de Katy Couprie qui a reçu la Pépite du livre OVNI avec le Dictionnaire fou du corps (avec contributions anatomiques d’Alessandro Ruggeri) aux éditions Thierry Magnier. Ici, vous ne quittez pas le livre et pourtant vous entrez dans son univers précis, délicat et très créatif. Idem pour Fred Bernard et François Roca ou encore pour Matthieu Bonhomme et, dans un style encore différent, pour François Place. Les photos que j’ai pu faire ne sont qu’un aperçu bien pâle à côté de ce que vous verrez si vous y allez.

 

 

Tous ces artistes publient des albums, des BD ou des livres d’art qui, dans la grande majorité, ne sont pas disponibles en numérique, sauf Fantôme de l’Opéra de Christophe Gaultier d’après le roman de Gaston Leroux (Gallimard Jeunesse streaming), les quatre premières aventures d’Esteban de Matthieu Bonhomme (Dupuis streaming), les deux tomes de Akissi de Marguerite Abouet et Mathieu Sapin ainsi que les deux tomes de Bienvenue de Marguerite Abouet et Singeon (Gallimard streaming). Pour vous en faire une idée, visitez la librairie de l’exposition (belle mise en scène également) ou la bibliothèque 28°W. Et, plus au fond, allez jeter un œil à la Biblioconnection (j’en parlerai ici demain).

 

 

Artistes exposés et leurs ouvrages :

Kitty Crowther, autour des originaux et des recherches de Lutin Veille (Pastel, L’école des loisirs, 2012)
Fred Bernard et François Roca, autour des originaux de La Reine des fourmis a disparu (Albin Michel jeunesse 1996) à La Fille du Samouraï (Albin Michel jeunesse 2012)
Christophe Gaultier, autour des originaux de Donjon et du Fantôme de l’Opéra et des originaux et des recherches de Robinson Crusoé
Atak, autour des originaux de Pierre Crignasse (Fremok) et du roman illustré de Marc Twain L’étranger mystérieux (Albin Michel)
François Place, autour (notamment) de La Fille des Batailles (Casterman 2007)
Mylydy, autour de de la série Teotl (Ankama, 2011 et 2012)
Matthieu Bonhomme, autour des aventures d’Esteban (Milan)
Marguerite Abouet avec Clément Oubrerie, Mathieu Sapin et Singeon, autour des séries Aya de Yopougon, Akissi et Bienvenue (Gallimard Jeunesse).
Katy Couprie, autour du Dictionnaire fou du corps (Thierry Magnier).

 

 

billet et photos, ChG, depuis le salon du livre et de la presse jeunesse 2012

30 novembre 2012

Le Juke-Box Ados au salon du livre et de la presse jeunesse #SLPJ2012

Voilà plusieurs années que j’entendais parler du Juke-Box Ados. Mis à part sur le net, je ne l’avais pas encore vu et surtout pas testé mais je savais, puisque Sylvie Vassallo nous en avait parlé lors de l’entretien qu’elle nous avait accordé la semaine dernière, qu’il serait mis en avant au salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil dans la partie réservée au numérique et aux ados. Entre deux temps forts et conférences, et comme il n’y avait personne à ce moment-là, je me suis donc installé dans la boîte colorée et molletonnée (très très confortable) équipée d’un écran tactile. Là, j’ai pu visionner plusieurs vidéos. J’ai écouté des auteurs parler de leur adolescence, des livres et films qu’ils aimaient alors, de leurs premières expériences d’écriture mais aussi de leur roman qui avait été sélectionné par des bibliothécaires et documentalistes de la Seine-Saint-Denis ainsi que de leurs personnages, de leur univers… J’ai choisi ensuite de visionner quelques extraits de leurs romans lus face à la caméra. Il y avait six saisons, tout était très clair et fluide (retour en arrière, retour au menu…). Un enfant s’est approché, il avait l’air tout excité à l’idée de regarder un film, je lui ai expliqué ce que je venais de tester mais soudain il devait rejoindre sa classe. Plus tard, repassant par là, j’ai vu un groupe d’enfants qui visionnaient des entretiens sur écran géant pendant que d’autres, assis les uns à côté des autres dans le Juke-Box, sélectionnaient à tour de rôle un auteur, choisissaient une question, regardaient, écoutaient, zappaient, sélectionnaient un nouvel auteur… Plus tard encore, c’est une documentaliste qui a testé le Juke-Box en vue de l’inclure à l’un de ses projets pédagogiques.

« On sélectionne chaque année depuis 6 ans, avec un jury de bibliothécaires et de documentalistes, de six à neuf romans ados parus dans l’année qui nous semblent intéressants. On favorise des écritures et des genres littéraires très différents à l’intérieur de la littérature ado. On met ça en scène au Salon dans une boîte qui s’appelle le Juke-box avec des courtes vidéos d’auteurs qui répondent tous à dix questions. Depuis le départ, ce sont les dix mêmes questions : cinq sur leur rapport à la culture et cinq sur leur livre. Pour la première série, par exemple, on leur demande de nous parler de leur adolescence ou d’un film culte ainsi que des questions qui permettent d’aller vers la sensibilité de l’artiste. Et les cinq autres questions porteront plus sur leur livre, les héros, le thème, l’écriture… Ce sont des entretiens vidéo en noir et blanc avec une minute par réponse. Aujourd’hui, on a plus de dix heures de vidéos dans cette boîte. C’est une application qui a été créée par la boîte de communication avec laquelle on travaille depuis dix ans maintenant. Chaque année, il y a donc une saison supplémentaire qui s’ajoute. Ces auteurs viennent au Salon. Comme on a un label européen depuis deux ans, l’an passé on a rajouté trois artistes européens. On en aura donc six cette année. Et c’est vraiment un moyen d’aller vers la lecture. Cette appli n’est visible que dans le Juke-box. Ensuite, on fait circuler ça dans les bibliothèques, les écoles… Mais on pourrait très bien extraire ces vidéos et les relier à d’autres projets. », nous expliquait Sylvie Vassallo dans notre entretien.

J’ai trouvé cette expérimentation très convaincante. Les textes sont de qualité et les auteurs jouent le jeu, répondent aux questions sans botter en touche. Sur l’adolescence notamment, ils ne cherchent pas à enjoliver ni à minimiser cette période compliquée de leur vie mais au contraire apportent un témoignage souvent touchant et, le recul aidant, parviennent à montrer tout ce qui s’est joué à ce moment-là dans leur tête et leur corps (parts intime, imaginaire et sociale, rapport à la famille, aux profs, aux copains et copines…). Je vous recommande d’aller faire un tour seul ou en famille dans le Juke-box. Posez ensuite quelques questions aux auteurs du Juke-box sur cette expérience puisqu’ils sont invités au salon.

Quittant le pôle ado, je me suis demandé s’il n’y avait pas là, pour la librairie, une passerelle supplémentaire à créer pour sensibiliser autrement les enfants à la lecture papier et numérique, notamment en faisant le lien entre l’auteur jeunesse, son enfance/adolescence/son œuvre et ses livres disponibles dans différents formats. Réflexion et questions ouvertes. @ suivre…

 

 

billet et photos, ChG, depuis le salon du livre et de la presse jeunesse 2012

29 novembre 2012

Présentation de Monsieur Lapin au pôle numérique #SLPJ2012

Monsieur Lapin (1. la carotte sauvage) est à la fois un album pour les tout-petits (à partir de 4 ans, lit-on par ici) publié en octobre 2012 par les éditions Des ronds dans l’O et une application. Comme d’autres auteurs, Loïc Dauvillier et Baptiste Amsallem (l’auteur et l’illustrateur), ont choisi de garder leurs droits d’exploitation en numérique et se sont tournés vers Florent Poisson, développeur. Ensemble, ils viennent de créer l’application de leur album qui, en revanche, ne pourra être téléchargée que sur les smartphones et tablettes d’Apple. En cours de validation, elle devrait être vendue d’ici quelques jours à moins de deux euros, a précisé Florent Poisson. Comme hier avec les éditrices de Milan (lire notre billet sur L’Atlas Plus), l’illustrateur et le développeur étaient invités à présenter leur projet au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil dans la partie « pôle numérique ». J’ai donc suivi, au milieu de dizaines de tout-petits, les aventures de Monsieur Lapin, de Petit Lapin et de la carotte sauvage qu’ils auraient tant aimé manger. Les créateurs ont choisi de projeter l’application sur écran, de laisser défiler les pages tout en racontant l’histoire aux enfants présents et en activant les animations. Linéaire, simplissime, l’animation était ponctuée de jeux intégrés dans l’appli et s’est terminée par une démonstration, tablette en main, par petits groupes (cf. la photo ci-contre où l’on voit le livre papier, l’appli sur smartphone et tablette). Je n’ai pas trouvé qu’il y avait là une grande créativité mais vu le niveau sonore (assez impressionnant) dans cette partie du salon, il était assez difficile de s’en rendre réellement compte. En tout cas, comme hier, encore un projet qui s’adresse uniquement aux possesseurs de tablettes et liseuses de iPhone et iPad… et surtout une complémentarité impossible pour les libraires traditionnels et numériques. @ suivre…

 

billet et photos, ChG, depuis le salon du livre et de la presse jeunesse 2012

28 novembre 2012

Présentation de L’Atlas Plus au pôle numérique #SLPJ2012

L’Atlas plus chez Milan est à la fois un livre et une application. Le livre, tout d’abord, présente plus de 550 sujets découpés par continents (présentation politico-économique de chaque pays, focus sur la nature (faune et flore), la culture (arts et patrimoine) et vie des hommes (société, économie, modes de vie)) via des images, des photos et de nombreuses cartes détaillées. En téléchargeant l’application « Atlas plus Wapiti nature », cet atlas devient interactif (iPhone et iPod touch uniquement). Il suffit de poser l’appareil à un endroit précis sur le livre pour que s’ouvre un extrait avec photos, vidéos, animations et textes supplémentaires. Cette application propose de son côté plus de 550 photos, 80 vidéos, 40 animations, 300 fiches d’identité, des infos bonus, des animaux mystères et un jeu. Stéphane Batigne et Julien Castanié en sont les auteurs ; Lise Herzog, Amandine Labarre et Lucie Riolans, les illustratrices ; Étienne Mineur, le graphiste et Milan, l’éditeur.

Ce matin, lors de l’ouverture du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, Élodie Baubion-Broye et Hélène Pérignon, éditrices chez Milan et très engagées dans cette expérience, avaient une heure pour présenter au public (composé essentiellement d’enfants de primaire) ce projet original mais uniquement vendu sur l’AppStore… Après une courte vidéo de présentation (cf. les photos dans ce billet), la promenade a commencé. Nous sommes partis immédiatement en Amérique du Sud. Comme dans tout atlas qui se respecte, on y présente là les différentes monnaies, les cultures, la faune et la flore, les drapeaux des pays… Elles ont ensuite posé l’écran de leur téléphone sur le livre, précisément sur la photo d’un lama. Une fenêtre s’est alors ouverte et, via une vidéo intégrée, on a pu le voir dans son environnement. D’autres dessins sur la page du livre papier ont ainsi pris vie grâce aux fenêtres ouvertes.

Les éditrices sont ensuite revenues sur ce projet qui a duré un an et a mobilisé 7 personnes en plus de leur travail au quotidien. Elles ont insisté sur le fait que Milan est avant tout un éditeur de livres au format papier et qu’il a fallu la rencontre avec Étienne Mineur, graphiste, pour que le livre soit complété d’une application. Rien que pour la recherche photo (500 en tout), il leur a fallu en visionner plus de 10.000 via des agences spécialisées. Elles souhaitaient également être les plus précises et les plus scrupuleuses possibles. Pour ce faire, elles ont travaillé à partir du nom latin de l’espèce étudiée et les relectures ont été faites par des correcteurs scientifiques même lorsqu’il y avait des dessins plus « fictionnels ». Idem pour la recherche vidéo. Elles ont insisté aussi sur la manière dont ce projet avait modifié la manière de penser leur métier.

Pour en arriver là, voici les différentes étapes :

1. fabrication de la maquette (traditionnelle)
2. envoi des épreuves aux auteurs de l’appli pour l’enrichir de nouveaux textes
3. sélection des photos supplémentaires et des vidéos
4. construction d’une trame qui inclut les écrans et tient compte de la circulation par continent (autres exemples de questions : quelle partie de l’écran sera tactile ? est-ce que l’appli comportera un index ou pas ?

Plus elles avançaient, plus les possibilités devenaient infinies. Mais elles souhaitaient néanmoins garder en tête, pour ne pas exclure les jeunes lecteurs et lectrices non équipés, de proposer un livre traditionnel de référence qui permette de découvrir le monde à travers un atlas classique. Du coup, le livre et l’appli sont devenus à la fois complémentaires tout en restant autonomes.

Vers la fin de leur présentation, elles sont revenues sur la problématique du tout-gratuit sur Internet. Si le livre papier est vendu 17.90 €, l’appli, elle, coûte aujourd’hui 0.89 €. C’est bien entendu un sérieux paradoxe quand on sait qu’une application coûte beaucoup plus cher à fabriquer qu’un livre papier mais qu’au final elle doit être la moins chère possible au téléchargement. Au départ, elle était proposée gratuitement puis elle est passée à 2.39 €. Il y a eu alors sept fois moins de téléchargements. En ramenant le prix à 0.89 €, les téléchargements ont repris mais aujourd’hui ils restent beaucoup moins nombreux que lorsqu’elle était proposée gratuitement. On savait d’avance que ce genre de projet n’était pas viable économiquement, elles l’ont d’ailleurs dit. Elles ont néanmoins très envie de poursuivre cette expérience. Heureusement que la maison d’édition a d’autres sources importantes de revenus…

La dernière partie de l’intervention a consisté en une démonstration. Les enfants ont pu en faire l’expérience avec chacune des éditrices. Sachant que l’appli permet également de reconstruire chaque continent via un puzzle et qu’une vidéo récompense l’enfant, cette démonstration a été un vrai succès.

Deux questions me sont venues en sortant de là. En dehors des grosses structures, quelle maison d’édition traditionnelle à taille humaine pourrait investir une somme pareille dans une application qui ne rapportera quasiment rien ? Et pourtant, l’idée est excellente et le résultat probant. Et ensuite, puisque ces applications ne sont pour l’instant pas développées pour être lues avec les systèmes Androïd et ne peuvent être intégrées à des livres numériques (ebooks), qui, à part Apple, pour les conseiller, les vendre?

billet et photos, ChG, depuis le salon du livre et de la presse jeunesse 2012

27 novembre 2012

Entretien avec Sylvie Vassallo, directrice du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis

Le 28e Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, dont le thème cette année est l’Aventure, ouvrira ses portes mercredi 28 novembre et les refermera lundi 3 décembre 2012. Comme j’ai fait partie du pré-jury qui devait sélectionner 5 titres dans la catégorie « Pépite de la création numérique » (les 8 titres lauréats des Pépites 2012 ont été décernées la semaine dernière), que Place des libraires et ePagine font cette année partie de l’aventure et qu’il sera beaucoup question des nouveaux outils de lecture ainsi que de la complémentarité des supports et des lectures entre papier et numérique, l’occasion était trop belle pour le blog ePagine. Nous installerons donc notre QG dans l’Espace Paris-Est-Montreuil pendant une semaine. Et, une fois n’est pas coutume, nous y parlerons surtout de la littérature jeunesse en partenariat avec les organisateurs du salon. Pour tout connaître du programme, par jour et par heure, il vous suffira de vous rendre sur leur nouveau site. Mais avant cela, je vous propose de lire cet entretien avec Sylvie Vassallo qui était chargée du pôle multimédias pour le Salon avant d’en devenir la directrice en 2001. Grand merci à elle pour cet échange des plus toniques.

ChG

 

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Entretien avec Sylvie Vassallo
directrice du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis

 

Comment en êtes-vous venue à contacter Place des Libraires et ePagine ?

Ça fait des années que la question de relier notre site à des libraires en ligne, m’intéresse. Amazon, la Fnac et d’autres nous sollicitent depuis dix ans pour faire le lien entre les livres qu’on met en avant et la vente en ligne. Au départ, les demandes concernaient les livres papier, mais nous n’y avons jamais répondu. Nous avons eu du mal à trouver des libraires indépendants qui avaient la capacité de vendre seuls des livres en ligne. Nous trouvions ça dommage puisque nous sommes prescripteurs tout au long de l’année. Il n’y avait pas non plus de plateforme du Syndicat de la Librairie Française comme vous le savez. Nous avons attendu patiemment la mise en place du site 1001libraires.com qui s’est crashé avant même d’avoir réellement démarré. Cette année, comme nous refaisions notre site Internet, nous avions vraiment envie d’apporter ce service en ligne à nos lecteurs. Avec les prix littéraires, nous sommes prescripteurs de 45 titres et ça nous semblait important pour le Salon qu’on puisse proposer de les acheter. C’est comme ça que nous nous sommes tournés cette année vers Place des libraires, pour les livres papier au départ mais également, via ePagine, pour les livres au format numérique. Ça a été une bonne surprise pour nous parce que nous ne connaissions pas ePagine.

 

Lisez-vous en numérique ici ou chez vous ?

Comme nous allons poursuivre dans cette voie mais que nous sommes peu ici à être intéressés par la lecture numérique, j’ai commencé à regarder comment fonctionnait votre site. Et personnellement je lis déjà sur iPad. Je trouve ça intéressant, même sur une tablette, et peut-être plus que sur une liseuse d’ailleurs. Pour l’instant je lis des romans. Mais plutôt que de les acheter chez Apple, je serais plutôt partante pour aller les télécharger ailleurs. Et si nous sommes plusieurs à nous y intéresser et à savoir le faire, nous pourrons réellement essaimer.

 

Pour répondre aux nécessités de médiations liées aux différents genres littéraires et aux multiples supports, vous avez créé de nombreux outils que vous appelez « Salons Mobiles ». Pouvez-vous, par exemple, nous parler du Juke-box ?

On sélectionne chaque année depuis 6 ans, avec un jury de bibliothécaires et de documentalistes, de six à neuf romans ados parus dans l’année qui nous semblent intéressants. On favorise des écritures et des genres littéraires très différents à l’intérieur de la littérature ado. On met ça en scène au Salon dans une boîte qui s’appelle le Juke-box avec des courtes vidéos d’auteurs qui répondent tous à dix questions. Depuis le départ, ce sont les dix mêmes questions : cinq sur leur rapport à la culture et cinq sur leur livre. Pour la première série, par exemple, on leur demande de nous parler de leur adolescence ou d’un film culte ainsi que des questions qui permettent d’aller vers la sensibilité de l’artiste. Et les cinq autres questions porteront plus sur leur livre, les héros, le thème, l’écriture… Ce sont des entretiens vidéo en noir et blanc avec une minute par réponse. Aujourd’hui, on a plus de dix heures de vidéos dans cette boîte. C’est une application qui a été créée par la boîte de communication avec laquelle on travaille depuis dix ans maintenant. Chaque année, il y a donc une saison supplémentaire qui s’ajoute. Ces auteurs viennent au Salon. Comme on a un label européen depuis deux ans, l’an passé on a rajouté trois artistes européens. On en aura donc six cette année. Et c’est vraiment un moyen d’aller vers la lecture. Cette appli n’est visible que dans le Juke-box. Ensuite, on fait circuler ça dans les bibliothèques, les écoles… Mais on pourrait très bien extraire ces vidéos et les relier à d’autres projets.

 

Et la tablette XXL ?

Elle date de l’an passé. C’est une tablette géante qui reprend les cotes de l’iPad et dans laquelle on reproduit les applications choisies pour le salon.

 

Vous avez un nouvel outil numérique, non ?

Oui, il s’appelle la Biblioconnection. En partant de livres papier, on est allé montrer que l’écran pouvait également permettre de lire des livres numérisés. Ce sont des livres dont les originaux sont exposés dans notre exposition sur L’Aventure. C’est une autre manière de regarder ces originaux et de valoriser tous ces artistes qui sont réunis dans cette expo. On leur a demandé des droits d’exploitation, temporaires mais étendus puisqu’on leur a dit qu’on allait adapter leur lecture. On n’a ni touché au texte ni aux images mais, selon les ouvrages, on les a proposés de manière différente. Par exemple, pour les BD, les cases arrivent grossies et le texte défile. On a également réalisé l’adaptation en langue des signes, en audio-descriptif et, pour certains textes, en audio pour montrer que c’était possible. Le tout est une bibliothèque qui va se projeter sur un écran de 4 mètres sur 3. Les images sont immenses. Pour le coup, c’est un autre rapport au livre. L’interface est gestuelle. On tourne les pages avec son corps, avec sa main, on entre dans les livres en avançant le pied, etc. On reprend un peu les codes du jeu vidéo, en tout cas les codes du corps en mouvement avec une petite idée supplémentaire : interroger le corps lisant. Le corps est en effet très impliqué dans la lecture, que ce soit dans une lecture individuelle ou en famille, mais on l’oublie, on n’en parle plus. On avait envie de montrer qu’il y avait d’autres mouvements du corps liés à la lecture. On a travaillé l’intuitivité et la simplicité. Le résultat n’est pas très spectaculaire parce que c’est surtout le fait d’aller vers la lecture et non vers le jeu qui était important pour nous. On voulait reprendre ces codes tout en travaillant le temps de lecture, la pause, le mouvement qui va permettre de lire… On l’a ensuite testé pendant un mois auprès d’enfants et j’étais assez impressionnée par le résultat. En plus de ça, comme il y a peu d’albums et de BD qui sont disponibles sur les supports numériques qui circulent dans les hôpitaux, on a adapté cette bibliothèque avec une série d’interfaces gestuelles qui s’adressent à un public de handicapés.

 

Est-ce que tous ces outils pourraient s’adapter sur d’autres supports ?

J’ai posé la question à notre prestataire. Moi, cette application, je l’ai sur mon ordinateur. Ce sont des fichiers Flash.

 

Cette année, j’ai participé pour la première fois au pré-jury des Pépites numériques, une catégorie qui a été créée l’an passé. Comment a-t-elle été reçue ?

Plutôt bien. D’ailleurs, ces questions autour du numérique, je dirais que ce sont des débats qui sont réglés par la pratique des gens. Il suffit de voir des enfants avec une tablette. Ces pratiques de lecture m’intéressent personnellement. Et même si elles ne m’intéressaient pas, je n’essaierais même pas de lutter. C’est évident qu’il vaut mieux plutôt investir un peu d’énergie et y mettre du contenu plutôt que de lutter contre parce que ça va dans ce sens-là. Par ailleurs, on voit bien que rien ne remplacera le livre papier. Et ce qui m’intéresse est de travailler sur les passerelles possibles. Vous avez participé au pré-jury, vous avez donc vu l’application qui a reçu la mention spéciale du jury, Uropa de Bernard Islaire et Laurence Erlich, je me suis régalée avec cette histoire qui mêle web-documentaire, photo-reportage, dessins et carnets.

 

Entretien réalisé par Christophe Grossi pour le blog ePagine. © Photo Éric Garault – SLPJ

5 juillet 2012

Arrivée de 3.000 BD et Mangas sur le réseau ePagine

Jusqu’ici, les BD et Mangas étaient très peu représentées sur les sites des libraires partenaires du réseau ePagine. On comptait une centaine de références à peine pour une petite quarantaine d’éditeurs, l’essentiel étant assuré par Mango (13 titres), Pika (19 titres) et Dynamite (36 titres). L’offre était certes très limitée. Mais depuis quelques jours, avec l’arrivée de la vingtaine d’éditeurs distribués par la plateforme digitale IZNEO, ce sont près de 3.000 titres qui sont désormais disponibles sur tous les sites (et 5.000 d’ici la fin de l’année). C’est un événement pour la librairie francophone en ligne, sachant qu’il n’y a pas d’équivalent en Europe (il faut aller aux USA du côté de Comixology ou Marvel pour trouver une proposition similaire où elle est plus importante encore).

 

 

Quand on regarde de près ce catalogue, on se rend très vite compte que la plupart des séries cultes publiées chez les éditeurs connus et reconnus dans le monde entier (Dupuis, Dargaud, Le Lombard, Casterman mais aussi Fluide Glacial, Futuropolis, Gallimard, Les Humanoïdes associés ou encore, pour les Mangas, Kana, Fei ou Sakka) sont là désormais. Les grands dessinateurs, scénaristes, morts ou vivants, ont répondu (ou leurs ayant-droit) à l’appel. D’ailleurs, je ne crois pas me tromper en disant que quasiment toute la BD franco-belge des années 50 est cette fois disponible en numérique. Mais il faut savoir que la production actuelle n’est pas en reste non plus. Et d’ailleurs, chaque mois, de nouveaux éditeurs entrent au catalogue (Cambourakis, Warum et Vroum, par exemple, dans les prochains jours).

Tous les genres ici sont donc représentés et petits et grands devraient s’y retrouver facilement : que vous aimiez les grands classiques, les BD humoristiques et déjantées ou les romans graphiques, que vous soyez attirés par le western, les aventures, les documentaires, la SF, le Fantastique ou l’Heroïc Fantasy, les enquêtes, les BD historiques, que vous soyez des inconditionnels des aventures d’Adèle Blanc-Sec, de Corto Maltese, de Lucky Luke, des Tuniques Bleues, de la série Treize, des Boule et Bill, de Black et Mortimer, de Thorgal, de Valérian, de Ratman, des Sisters, de Monsieur Jean ou bien lecteurs de Bilal, de Jodorowsky, de Schuiten, de Gibrat, de Griffo, de Larcenet, de Catel & Bocquet ! Il y en a pour tous les goûts.

Quant aux prix pratiqués, ils sont plutôt attractifs, variant de 30 à 50 % par rapport à la version papier. Et je sais déjà que des promotions sont régulièrement proposées. On tentera d’ailleurs dans la mesure du possible de le faire savoir sur ce blog via notre nouvelle rubrique BD digitales. Sachez par ailleurs que la plupart des nouveautés paraissent désormais conjointement en papier et en numérique et que, pour chaque titre, les premières planches peuvent être feuilletées en ligne.

Parlons un peu pratique maintenant. Pour l’instant, les libraires du réseau ePagine vous proposaient de recevoir et de lire, après téléchargement, des fichiers multi-formats (PDF, ePub, streaming…) bien que les fichiers au format ePub soient les plus nombreux au catalogue et les plus téléchargés par les internautes. Avec l’arrivée de ce catalogue de BD digitales, ce que les libraires vous proposent est une vente à l’acte avec lecture en ligne (pas d’abonnement encore pour l’instant). Comme vous avez l’habitude de le faire pour les autres livres numériques, vous sélectionnez dans le catalogue le titre qui vous intéresse, vous l’ajoutez au panier et vous le réglez. Vous recevrez un lien dans la foulée. Après avoir cliqué sur ce lien, vous arriverez directement sur la liseuse en ligne fournie par IZNEO et le tour sera joué. Il est bon de savoir que toutes ces BD digitales peuvent être lues sur ordinateur, smartphone ou tablette, la liseuse en ligne fournie par IZNEO s’adaptera au support.

Ci-dessous, vous trouverez la liste des maisons d’édition spécialisées (ou non) en BD, des maisons d’édition qui viennent d’entrer au catalogue numérique (entre parenthèses, nombre de titres à ce jour). Bienvenue à elles ainsi qu’à leurs auteurs, leurs illustrateurs et leurs scénaristes. Quant à vous, bullez bien cet été !

ChG
(promis, la prochaine fois je serai moins long mais il fallait bien ça pour annoncer un tel événement !)

 

Éditeurs de BD proposant l’offre streaming (via IZNEO) sur les sites des libraires partenaires d’ePagine :

Bamboo Editions (258), Casterman (244), Cinebook (58), Dargaud (718), Dupuis (763), Editions Fei (4), Fleurus (12), Fluide Glacial (26), Futuropolis (10), Gallimard (10), Jungle (60), Kana (74), Le Lombard (520), Les Humanoïdes Associés (103), Les rêveurs (20), Mosquito (19), Sakka (16)*

* ne cherchez pas dans cette liste Delcourt, Glénat ou Soleil ; ces maisons d’éditions étant distribuées par le groupe Hachette, nous ne pouvons pas pour l’instant vous proposer leur BD.

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