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24 mars 2015

Premier Parallèle – Interview

Filed under: + Entretiens — David @ 10:10

Bandeau Premier Parallèle

 

Bonjour Amélie et Sophie,

Tout d’abord, félicitations pour la naissance de cette nouvelle maison d’édition.
Et merci d’avoir accepté de participer à ce petit jeu de l’interview écrite.

eP : Vous êtes deux éditrices avec chacune une expérience professionnelle différente. Qu’est-ce qui vous a donné envie de monter une maison d’édition, et pourquoi toutes les deux ?

PP : Nous voulions créer un espace d’émulation, un lieu vivant, où l’on pense les petites et grandes questions contemporaines, où l’on puisse s’offrir une réelle liberté tout en conservant l’exigence de l’édition papier.
Nos profils sont très complémentaires : l’une vient de l’édition traditionnelle et l’autre du journalisme numérique. Nous avons inventé la maison en marchant, et nous nous sommes très vite rendu compte que le duo fonctionnait très bien.

eP : Pourquoi ce nom de Premier Parallèle ?

PP : Il y a d’abord l’idée d’exploration : le premier parallèle, c’est l’Équateur. Nous voulons importer les débats de demain, nous aventurer dans des contrées encore inexplorées – les conséquences des révolutions liées à la technologie, par exemple. En ce sens, le parallèle, c’est aussi celui qu’on franchit. Bien sûr, on avance aussi en parallèle des secteurs classiques. Et enfin – surtout – on trouve que c’est un beau nom !

eP : Vous avez décidé, dans un premier temps, de n’éditer qu’en numérique. Pourquoi cette décision, sachant que, pour l’instant, la lecture numérique n’est pas un usage encore installé dans les foyers français et donc limité en terme de ventes ?

PP : Le numérique offre une grande liberté, à la fois éditoriale et structurelle. C’est la possibilité de s’affranchir des lourdeurs liées à l’édition classique, de la gestion des stocks et des retours, des délais… et de rendre nos livres accessibles partout, plus longtemps. Nous voulions aussi proposer des livres à petits prix. Mais nous n’éditons pas qu’en numérique : nous proposons également des livres papier, que l’on distribue en librairie via la Générale Librest et que l’on vend lors des rencontres et des débats que l’on organise. Nous croyons à la complémentarité des supports.
Il est vrai qu’aujourd’hui il y a encore un décalage entre le fort taux d’équipement et le faible pourcentage de livres vendus. Rares sont ceux qui savent que l’on peut lire sur son téléphone ou sur sa tablette. Par ailleurs, l’offre est peu attractive, entre des livres d’éditeurs traditionnels vendus chers et des textes auto-édités. Nous proposons une troisième voie.

eP : Vous vendez vos ouvrages sans DRM et à des prix très corrects. Bravo. Pour l’instant, vos ouvrages sont des essais au format ePub.
Envisagez-vous à moyen ou long terme, d’autres formats, d’autres modes, d’autres manières de publier vos auteurs ?

PP : Nous distribuons nos livres papier sur lalibrairie.com (qui approvisionne les libraires, sur commande, en 48h) et dans quelques librairies partenaires. Nous travaillons par ailleurs avec e-Fractions, qui diffuse des cartes-livres en librairie et en bibliothèque. Nous envisageons aussi de publier quelques livres enrichis.

eP : En quelques lignes, que pouvez-vous nous dire sur vos trois premiers ouvrages ?

PP : Des voix derrière le voile donne la parole à celles que l’on entend jamais mais dont on ne cesse de parler : les femmes voilées, objets de controverses et de fantasmes. C’est un livre de témoignage, qui restitue une parole brute. Faïza Zerouala est une journaliste indépendante qui travaille notamment pour le Bondy Blog et pour Le Monde. Elle a essayé de comprendre ces femmes en prenant le temps de les écouter.
La Lente évasion, que nous coéditions avec le site d’info Rue89, est le récit d’un apprentissage de la liberté. Camille Polloni a assisté, pendant plusieurs mois, aux entretiens hebdomadaires que menait Alain, un détenu en semi-liberté, avec son assistante sociale. Jusqu’à sa libération conditionnelle. C’est un texte très juste, écrit à hauteur d’homme.
The United States of Google est un court essai écrit par trois journalistes allemands et postfacé par Adrienne Charmet-Alix, qui dirige les campagnes de la Quadrature du Net. Il pose les questions suivantes : que se passe-t-il lorsque de grandes entreprises numériques prennent en charge des pans entiers de nos vies, et que les États laissent faire ? Le remplacement de la politique par la technique est-il souhaitable ?

eP : Quels sont vos objectifs éditoriaux pour cette première année ?
PP : Nous projetons de publier une quinzaine de livres.

eP : Je vois que vous avez déjà prévu de sortir deux traductions sur 7 ouvrages (traduction d’un auteur danois et d’un ouvrage d’auteurs allemands). Avec-vous d’autres projets de traduction dans les cartons ?

PP : La traduction de l’allemand, The United States of Google, est déjà publiée. Le texte sur la mémoire, d’abord publié par notre partenaire danois, Zetland, est en cours de traduction. Nous souhaitons, de manière générale, importer des textes de l’étranger. Notamment des articles de recherche, édités pour le grand public.

 

DQ.

 

 

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