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1 juillet 2012

Entrée des éditions Corti au catalogue numérique avec la collection Biophilia

Fabienne Raphoz, éditrice et écrivain, co-responsable des éditions Corti aux côtés de Bertrand Fillaudeau, vient de créer chez Corti une nouvelle collection baptisée « Biophilia », nom emprunté à Edward O. Wilson, premier auteur publié dans cette collection qui a pour vocation « de mettre le vivant au cœur d’éclairages ou de rêveries transdisciplinaires de tous les temps où pourront se rencontrer éthologues, philosophes, zoologues, ethnologues, systématiciens, folkloristes, naturalistes, explorateurs et créateurs (romanciers, poètes, illustrateurs) dans le buisson foisonnant des espèces dont le devenir concerne la nôtre. » (Fabienne Raphoz). Les trois premiers titres sont sortis des presses en avril dernier, chacun arborant une couverture élégante, vert forêt : Biophilie d’Edward O. Wilson, Les Bêtes de Federigo Tozzi et Voyage sur le Rattlesnake de Thomas Henry Huxley. Depuis quelques semaines ils sont également disponibles en numérique (format ePub, sans DRM avec tatouage numérique, 25 % moins cher qu’en papier).

Avec ces premiers ouvrages, c’est une nouvelle page (si je peux me permettre) qu’ouvrent les exigeantes éditions Corti qui se sont fait connaître grâce à son fondateur, José Corti, à la fois librairie (dès 1925) et éditeur, grand homme oui, qui a publié très tôt tous ses amis surréalistes mais également Julien Gracq (dès 1938), Gaston Bachelard ou encore des textes clandestins de résistants pendant l’occupation ; plus récemment (depuis les années 80, grâce à Bertrand Fillaudeau), la maison d’édition a publié Ghérasim Luca, Claude-Louis Combet ou encore Éric Faye et, encore plus récemment (via Fabienne Raphoz), Caroline Sagot Duvauroux ou Robert Alexis (pour en savoir plus sur l’histoire de cette maison d’édition, je vous invite à cliquer sur ce lien).

Bienvenue aux éditions Corti, à leurs auteurs, à leurs textes ! Les prochains titres, Nous n’avons qu’une seule terre de Paul Shepard et Voyages dans le Sud de l’Amérique du Nord de William Bartram paraîtront en avril 2013. Ci-dessous, présentation des trois premiers titres de la collection Biophilia. Je précise que ceux-ci sont disponibles sur ePagine ainsi que sur tous les sites des libraires partenaires (liste à jour ici).

ChG

Biophilie d’Edward O. Wilson : « Je définirais la “biophilie” comme la tendance innée à se concentrer sur la vie et les processus biologiques. Depuis notre prime enfance, nous nous préoccupons avec bonheur de nous-mêmes et des autres organismes. Nous apprenons à faire le départ entre le vivant et l’inanimé et nous nous dirigeons vers le premier comme des phalènes vers une lampe. Nous apprécions en particulier la nouveauté et la variété. Tout cela se conçoit d’emblée, mais il y a encore beaucoup à en dire. J’entends démontrer qu’explorer la vie, s’affilier à elle, constitue un processus profond et complexe du développement mental. Dans une mesure encore sous-évaluée par la philosophie et la religion, notre existence repose sur cette inclination. La biologie moderne a conçu une façon toute nouvelle de considérer l’univers, laquelle s’accorde du avec ce point de vue de la biophilie. En d’autres termes, l’instinct, pour une fois, s’aligne sur la raison. J’en tire une conclusion optimiste : c’est pour autant que nous en viendrons à comprendre d’autres organismes que nous leur accorderons plus de prix, comme à nous-mêmes. »

Les Bêtes de Federigo Tozzi : « Cette série de proses brèves auxquelles Federigo Tozzi travailla de 1915 à 1917, constamment republiées depuis cette date, ont un seul point commun : dans chacun des 69 fragments, un animal apparaît, de manière fortuite ou marginale, pour parer le récit de sa signification propre. Chaque segment narratif se trouve ainsi relié à toutes les autres par un subtil fil symbolique.
Deux fragments, le premier et le dernier, donnent la clef du texte. Ils se caractérisent par la présence du seul animal qui, au sein du recueil, semble vivre en accord avec la nature : l’alouette. Cet oiseau représente un besoin d’élévation, de sens, d’accord avec la nature. Dans la premier fragment est décrite la difficulté qu’a l’alouette à vivre dans un monde dominé par l’homme ; dans le dernier, un appel à l’animal afin qu’il revienne au sein de l’âme humaine pour la régénérer.
Les narrations intermédiaires, dans lesquelles l’alouette n’est pas présente, deviennent des allégories vides. Celles-ci s’attachent à souligner le besoin d’un sens et l’impossibilité de l’obtenir.
Les Bêtes est également le portrait d’un homme irrité contre la vie et contre lui-même en polémique avec son temps.
Les Bêtes de Federigo Tozzi est considéré par la critique italienne non seulement comme un des sommets du récit italien du XXe siècle mais, encore, comme le chef-d’œuvre stylistique de la prose italienne du temps. »

Voyage sur le Rattlesnake de Thomas Henry Huxley : « Le Voyage du Rattlesnake (le Serpent à Sonnettes) qui devait n’être d’abord qu’une expédition hydrographique servant à déterminer des routes sûres pour la navigation et le commerce avec la relativement nouvelle colonie de l’Empire, l’Australie, sous l’impulsion du capitaine Owen Stanley, allait changer de nature. Il emmène ainsi des spécialistes des disciplines dans lesquelles on savait déjà que les tropiques étaient d’une richesse extraordinaire. Il y aura donc à bord un naturaliste confirmé, John MacGillivray, un passionné de botanique et des coquillages, John Thompson, et le jeune Huxley (ami de Charles Darwin et grand-père d’Aldous Huxley) qui allait trouver dans ce voyage en Nouvelle-Guinée et en Australie un champ d’études à sa mesure. En 1849, il enverra à la Royal Society de Londres un rapport circonstancié sur la famille des Méduses dont il restera pour longtemps le meilleur spécialiste. Lorsqu’il revient en Angleterre en 1850, il est reçu comme membre de la Royal Society et est chargé de travailler sur les spécimens collectés et les observations faites durant ce voyage. Sa carrière scientifique et universitaire peut commencer. Préoccupé par ses seules recherches scientifiques, son Journal de Voyage ne sera publié par son fils qu’en 1935, quarante ans après sa mort. »

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