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13 juillet 2010

9 destinations pour prendre le large : dossier à télécharger gratuitement sur ePagine

Les 9 extraits de romans pour prendre le large qui ont été sélectionnés par ePagine dans le dossier thématique sont à télécharger gratuitement ; leur particularité est d’avoir été écrit en français mais leur action se déroule ailleurs dans le monde. C’est donc à un voyage que nous convions ici, en neuf étapes (quoi qu’il y ait plus d’allers et retours que ça à l’intérieur même de chaque histoire). Un voyage qui vous emmènera d’abord à Istanbul (quartier de BeyoÄŸlu), à Vienne, entre Rome et Viterbe et à Londres pour la partie européenne. Puis vous embarquerez pour l’Amérique du Nord : New York d’abord, au coeur du Far West ensuite, puis Berkeley, San Francisco, Sandpiper ou encore Minas Blancas à la frontière mexicano-américaine entre autres. Ces neuf extraits (format epub) peuvent être téléchargés séparément ou dans leur ensemble. En intégrant votre bibliothèque numérique avant d’être lus sur votre ordinateur ou votre tablette, ils vous accompagneront durant tout l’été (et plus si affinité) par-delà les nuages. Ces neuf romans soutenus par ePagine ont fait l’objet d’une chronique sur ce blog. Avant que vous ne preniez le large, toute l’équipe ePagine désirait vous souhaiter de bonnes lectures en compagnie de David Boratav, Pierre Charras, Céline Minard, Hédi Kaddour, William Cliff, Patrick Chatelier, Iegor Gran, Arnaud Le Guilcher et Cloé Korman. Une dernière chose : n’oubliez pas d’acheter vos livres numériques à des libraires !


 

 

 

à télécharger gratuitement

Europa (d’Istanbul à Londres)

Comme le cÅ“ur des grandes villes invite l’arpenteur à se perdre dans son labyrinthe pour mieux le connaître, Murmures à BeyoÄŸlu de David Boratav (Gallimard) est un roman qui invite au lâcher prise. Histoires gigognes, hasards et coïncidences s’insèrent dans deux récits magnifiquement orchestrés et construits, deux routes parallèles, deux narrateurs : un enfant du quartier de BeyoÄŸlu à Istanbul dans les années 50 et un insomniaque d’aujourd’hui, cinquantenaire, d’origine turque et vivant à Londres. (roman chroniqué le 24 octobre 2009)

Avec Le requiem de Franz (paru au Mercure de France), Pierre Charras s’efface derrière un homme à qui il a donné la parole et qui est en train de mourir : cet homme vit à Vienne, il est jeune, talentueux, syphilitique, désargenté, romantique, sensible ; malgré la fièvre qui l’emporte et la fin de sa vie qui approche, ce qu’il entend n’est pas une voix mais des notes et ce qu’il perçoit n’est pas un nouveau lied, c’est un requiem. Mais cette messe des défunts, Franz Schubert aura-t-il le temps de la transposer ? (roman chroniqué le 27 avril 2010)

Céline Minard (Olimpia, Denoël) redonne vie à cette femme ambitieuse qu’était Olimpia Maidalchini, dite « la papesse » tandis qu’elle fuit Rome pour Viterbe, une femme sans scrupules, castratrice, autocrate, tyrannique, qui aime dominer et veut le pouvoir, capable de « brèves colères monumentales », d’une piété dévastatrice, démonstrative, intrigante et « pourvoyeuse de fêtes monstrueuses ». Le sujet est convainquant ; style, souffle, coffre et voix sont encore au rendez-vous. Un texte bref, fin et complexe, jouissif, épuisant. (roman chroniqué le 10 avril 2010)

Le roman de Hédi Kaddour, Savoir-vivre (Gallimard), nous donne l’occasion de retourner dans le Londres de l’entre-deux-guerres tandis que le fascisme est en train de s’imposer dans une bonne partie de l’Europe. Un conseil : ne vous fiez pas aux allures légères, so british !, de ce roman qui a une manière très singulière de sonder l’âme humaine. (roman chroniqué le 16 mai 2010)

USA et Mexique (de New-York à Minas Blancas)

C’est la première fois que le narrateur de Willim Cliff (USA 1976, éditions de La Table Ronde) prend l’avion. Sa première destination : les USA qu’il décrira avec beaucoup de précision. Naïf, sincère, mélancolique, exalté, ce pays inconnu se transforme en découverte qui tantôt l’enchante et le fait frissonner ou l’impressionne et l’angoisse. Ce texte, écrit par un poète qui connaît Villon sur le bout des doigts, ne manque ni de délicatesse ni d’humour. (chronique à venir, le 16 juillet 2010)

Pas le bon, pas le truand est le troisième roman de Patrick Chatelier publié aux éditions Verticales. Sauvage et poétique, sensible et brutal, humain et bestial, ce faux western à forte tension nous coupe plus d’une fois la respiration, jusqu’au final. Ce roman est également un travail saisissant sur les relations humaines : le couple, les relations filiales, de voisinage, « amicales », tout ce qui empote, emporte, prend la porte virtuellement. (roman chroniqué le 9 juin 2010)

Avec Thriller, Iegor Gran (éditions P.O.L) refait le portrait d’une partie de la bonne société californienne qui, derrière son statut social, cache une misère et une solitude des plus communes ainsi qu’une hypocrisie et des fantasmes des plus ordinaires. Cet auteur, qui aime sonder les travers et les petitesses de ses contemporains, revient gratter le vernis de la société post-moderne pour la dézinguer, avec brio, fausse légèreté et humour noir. Ce roman vous emmène à Berkeley et il est à rire à plusieurs. (roman chroniqué le 14 mai 2010)

Pour commencer de parler du roman d’Arnaud Le Guilcher, ouvrons une bière. Et autant dire tout de suite que vous trouverez dans cette épopée rock et sauvage les ombres de Brautigan, Fante (père et fils) Bukowski ou encore de Nick Hornby mais aussi le son des Rolling Stones, un concert d’Elvis Presley et côté cinéma : Cassavetes et Truffaut. Pari tenu donc : En moins bien se lit aussi comme un concert : en mieux ! Amateurs du genre : branchez les guitares, il va y avoir du bruit, du sang, du rire et des larmes ! (roman chroniqué le 24 mars 2010)

Chargés de construire un réseau métropolitain au Mexique dans les années 50, Florence et Georges Bernache vont soudain découvrir un autre monde. Trente ans plus tard, un ingénieur canadien enquête sur cet ancien chantier ferroviaire qui a mobilisé des milliers d’ouvriers et a coûté une fortune sans qu’un seul rail n’ait été posé. Il remonte alors l’histoire et se rend à Minas Blancas où un tunnel permet à des milliers de Mexicains de franchir la frontière en toute illégalité. Les hommes-couleurs, premier roman de Cloé Korman et prix du Livre Inter 2010, mêle deux temps du récit, deux époques, pour mieux invoquer notre monde et s’insurger contre l’idée de frontières. (roman chroniqué le 13 mai et le 8 juin 2010)

Christophe Grossi

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