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le Livre-Avenir ne se fera pas sans les libraires.

15 juillet 2010

« Poète et paysan » de Jean-Louis Fournier entre dans le Top Ten du Palmarès Tite Live/L’Express (extrait)

Filed under: Extraits en ligne,Journal de bord — Mots-clefs :, , , , — Christophe @ 09:21

Jean-Louis Fournier, avec Poète et paysan (éditions Stock), aura mis un petit mois pour atteindre le Top Ten des meilleures ventes d’essais dans les librairies françaises (source Palmarès Tite Live/L’Express) – le livra a paru début juin. Sans doute que le Prix Femina reçu en 2008 et la polémique qui a suivi, auront favorisé ça. Sans doute que le sujet aussi (poète et paysan). Il ne faut pas oublier que Jean-Louis Fournier bénéficie également d’une belle aura auprès d’un public fidèle à son sens de la formule et de l’auto-dérision. Créateur, entre autres, de La Noiraude, réalisateur de La Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède, avec Pierre Desproges (on se souvient d’ailleurs de sa dépêche AFP annonçant le décès de l’humoriste : « Pierre Desproges est mort d’un cancer. Étonnant non ? »), auteur d’une bonne vingtaine d’albums pour la jeunesse, de romans et d’essais, dont Le C.V. de Dieu et  Où on va, Papa ? (qui a donc obtenu le Prix Femina), tous deux publiés chez Stock et faisant désormais partie du catalogue numérique ePagine, Jean-Louis Fournier a su toucher depuis plus de trente ans maintenant des sensibilités de tout poil.

Je vous propose maintenant d’entrer dans le vif du sujet grâce à cet extrait de Poète et paysan (publié par les éditions Stock) dans lequel le narrateur (le jeune Jean-Louis Fournier) est à ce moment-là (années 60) étudiant en cinéma. En tombant amoureux de la fille d’un paysan, il est loin de se douter que ce dernier aimerait bien que son futur gendre reprenne son exploitation (outre ses filles il n’a qu’un fils mais il est allergique à la paille !). Par amour pour cette jeune femme native du Pas-de-Calais, le narrateur va faire son retour à la terre alors qu’il se serait mieux vu une caméra ou un stylo à la main…

Avant que vous ne partiez dans cette ferme du Nord, je tenais à vous signaler que Poète et paysan était téléchargeable en epub sur ePagine mais aussi sur les sites des librairies L’arbre à Lettres, Le Divan, Ombres blanches ou encore Lamartine. Bonne visite !

Je suis au milieu d’eux, assis autour de la table devant la télévision. Le fermier somnole, la fermière tricote et les filles du fermier lisent des magazines. L’une a des bigoudis, une autre deux rondelles de concombre sur les yeux, une autre se vernit les ongles.

Je m’ennuie.

Nous sommes dans le Pas-de-Calais, dans un petit village qui ne doit même pas être inscrit sur la carte. Il s’appelle Monchy. L’ennui suinte du plafond, parfois il tombe lentement des poutres, goutte à goutte, comme du goudron. Difficile de savoir si on est encore le jour ou déjà la nuit. Dehors, il n’y a même pas de paysage. La télévision est en noir et blanc. L’image est pleine de grumeaux et des gens ennuyeux parlent dedans.

Je m’ennuie à mourir.

Pour me sauver, j’ai pris un crayon et un papier blanc.

Qu’est-ce que je fais là ?

J’ai dans les mains un fourchet, le manche est poisseux, je charrie du fumier, les vaches me toisent. Seul le regard très doux d’une jeune génisse m’apaise.

Il y a six mois, j’étais étudiant à Paris, je préparais l’entrée à l’Institut des hautes études cinématographiques. Aujourd’hui, je suis dame pipi de vaches. Chaque semaine, je dois faire leur litière.

Mes mains sont barbouillées de purin, elles puent. Je cours toutes les cinq minutes à l’évier de la cuisine pour les laver.

Qu’est-ce que je suis venu faire là ?

La ferme est une grande exploitation, la plus grande du village. Deux cents hectares de terre. On y pratique la polyculture, betterave et blé. Le blé demande du soleil, la betterave demande de la pluie. C’est pratique, ça permet au cultivateur, quel que soit le temps, de pouvoir se plaindre du temps.

Puis il y a des plantes fourragères pour le bétail. Et du lin qui met du bleu sur les champs et les transforme en océan Pacifique.

Il y a une centaine de bêtes à cornes et des poules et des canards qu’on mange le dimanche.

Le fermier est un notable, il a fait des études. Il est de bonne famille, sa femme aussi. Ils ont leur chaise à l’église du village. Chaque dimanche, toute la famille se retrouve à la messe. Les filles sont belles et élégantes.

Le fermier a trois filles et un fils. Il commence à vieillir, et aucun de ses enfants ne veut reprendre la ferme. Les filles font leurs études à Paris, tous les fils des cultivateurs du coin leur tournent autour, mais elles n’en veulent pas, elles rêvent de mieux. Quant au fils, on ne peut pas compter sur lui, il est allergique à la paille.

La belle exploitation agricole va être vendue, c’est bien triste.

A moins qu’il y ait un prétendant…

Mais qu’est-ce que je fais là ?

Le ciel est bas, il pleuviote. La terre est couverte de betteraves jusqu’à l’horizon, il y en a des milliers. Il va falloir toutes les arracher.

Le tracteur, dont on a bloqué le volant avec un sandow, avance droit, en tirant sa remorque au milieu des rangées de betteraves déterrées. De chaque côté, quatre hommes suivent, avec des fourches ils ramassent les betteraves et les jettent dans la remorque. Je fais partie du cortège, je suis un des quatre.

Au lycée Voltaire, dans la classe de préparation à l’IDHEC, on ne m’a pas appris le maniement du fourchet. Je m’en sers mal. Il faut toujours prendre les betteraves par le dessous en présentant les dents tangentes au sol et les pointes en l’air. Il m’arrive souvent d’enfoncer les dents dans la betterave ; elle reste accrochée, il faut que je m’arrête, que je la détache à la main. Je perds du temps. J’ai de la terre plein les mains, le manche de mon fourchet est glissant. Le tracteur continue à avancer. Mes collègues marchent, réservés et silencieux, comme des paysans de Millet. Ça ressemble à un enterrement.

J’en ai marre.

Qu’est-ce que je fais sous ce ciel gonflé d’eau, qui me pèse de plus en plus et s’égoutte dans mon cou comme une serpillière ?

Moi qui rêvais d’être Fellini, moi qui regardais le monde à travers un viseur de caméra, moi qui passais mon temps à la Cinémathèque devant les films russes, moi qui dissertais sur la négativité de la mise en scène chez Fritz Lang. Pourquoi je suis là ?

Aujourd’hui, le metteur en scène a une fourche dans les mains, il essaie de ramasser des betteraves.

Je ne suis pas là provisoirement, en vacances chez un parent cultivateur. C’est pire, je suis là pour longtemps. Peut-être pour toujours.

Je viens de rentrer fourbu d’une journée dans les champs. Je suis devant mon assiette et je pique du nez dans ma soupe tellement je suis fatigué.

Quand je relève la tête, je vois sur l’écran blanc et noir de la télévision les noms de mes camarades qui scintillent. Les garçons sont assistants réalisateurs, les filles sont scriptes, ils travaillent au journal télévisé. Je vois leurs noms tous les jours. Ils n’ont pas fait leur retour à la terre.

Je les imagine. Je les vois bien habillés avec des souliers brillants, en train de tutoyer des journalistes et des gens célèbres, et d’embrasser les maquilleuses, peut-être même Catherine Langeais.

Moi, au fond du Pas-de-Calais, je tutoie les vaches. Je sens le fumier, j’ai des bottes crottées, je suis à table à côté du fermier qui me prend pour un type bizarre et ne croit pas beaucoup à ma vocation de cultivateur. Je suis devant une assiette de soupe et une télévision qui me nargue.

Je suis ouvrier agricole chez mon futur beau-père, et la soupe est froide.

Tout ça, c’est la faute à la fille du fermier.

© Jean-Louis Fournier, Poète et paysan, éditions Stock, 2010

Pour lire la suite de Poète et paysan, c’est par ici.
Pour consulter les meilleures ventes de la semaine (réalisées par Tite Live via Edistat), c’est par !

Christophe Grossi

8 juillet 2010

15 livres numériques dans le Palmarès Tite Live-Lire de juillet-août 2010

Filed under: Journal de bord — Mots-clefs :, , , , — Christophe @ 09:23

Dans le dernier Palmarès des ventes de livres en grand format publié ces jours-ci par le magazine Lire (numéro de juillet/août 2010) figurent quinze romans et essais que vous pouvez lire en numérique via ePagine dont Le Quai de Ouistreham de Florence Aubenas, récit chroniqué ici. Réalisé par Tite Live via Edistat, ce Palmarès inclut les ventes effectuées en librairie entre le 23 mai et le 13 juin 2010.

Cinq auteurs de romans et thrillers (Fiction) ainsi que dix auteurs d’essais ou de documents (Non Fiction) chez six éditeurs (Albin Michel, Fayard, Grasset, Flammarion, Gallimard et L’Olivier) se partagent les meilleures place de ce Palmarès. Sans surprise, nous retrouvons les habitués et autres abonnés aux best-sellers à travers les livres les plus visibles et les plus médiatisés du moment. Mais aucun(e) inconnu(e). Si ces quinze livres sont disponibles (ePub / PDF) chez les libraires partenaires du réseau ePagine, d’autres y sont également soutenus. Si vous souhaitez découvrir des auteurs, des écritures et des univers qui ne seraient pas mis en avant ailleurs, n’hésitez pas à feuilleter les premières pages, à télécharger extraits gratuits et dossiers thématiques, à consulter sélections et vidéos sur les sites dédiés et à suivre les livres chroniqués sur les blogs !

Christophe Grossi

Rang M-1 Nb mois Titre Auteur Éditeur
Catégorie
1 1 3 Les Écureuils de Central Park sont tristes le lundi Katherine Pancol Albin Michel Fiction
2 - Entrée Tous ruinés dans dix ans ? Dette publique… Jacques Attali Fayard Non Fiction
6 10 2 Le Dernier mort de Mitterrand Raphaëlle Bacqué Grasset / Albin Michel Non Fiction
7 - Entrée L’Ombre de ton sourire Mary Higgins Clark Albin Michel Fiction
10 2 2 Le Crépuscule d’une idole. L’affabulation freudienne Michel Onfray Grasset Non Fiction
12 4 2 Katiba Jean-Christophe Rufin Flammarion Fiction
15 - Entrée En avant, route ! Alix de Saint-André Gallimard Non Fiction
16 7 4 Le Quai de Ouistreham Florence Aubenas L’Olivier Non Fiction
19 - Entrée À un ami israélien Régis Debray avec Élie Barnavi Flammarion Non Fiction
21 - Entrée Les Témoins de la mariée Didier Van Cauwelaert Albin Michel Fiction
22 9 2 Comment Jésus est devenu Dieu Frédéric Lenoir Fayard Non Fiction
28 14 4 Le Conflit. La femme et la mère Elisabeth Badinter Flammarion Non Fiction
29 15 2 L’Engrenage. Mémoires d’un trader Jérôme Kerviel Flammarion Non Fiction
33 - 2 Concerto à la mémoire d’un ange Eric-Emmanuel Schmitt Albin Michel Fiction
36 - Entrée La Face cachée d’Air France Fabrice Amedeo Flammarion Non Fiction


1 juillet 2010

Les Palmarès L’express-Tite Live et le numérique

Filed under: Journal de bord — Mots-clefs :, , , , — Christophe @ 09:30

Chaque semaine, de plus en plus de livres figurant aux premières places du Palmarès Tite Live-L’Express sont téléchargeables en numérique sur les sites des libraires partenaires du réseau ePagine. Grâce notamment à l’arrivée des éditeurs distribués par Numilog (Hachette, Albin Michel, Grasset, Fayard, Stock ou encore JC Lattès) et à la bonne santé des livres distribués par Eden Livres (Gallimard, Le Seuil, Flammarion ou encore L’Olivier). Ces ventes ont été réalisées en librairie entre le 14 et le 20 juin 2010 ; concoctées par Edistat, elles ont été publiées dans L’Express, mises en ligne sur leur site et reprises sur RTL.

Romans

Deux des trois meilleures ventes de romans figurent au catalogue ePagine, L’appel du sang ; la seconde vie de Bree Tanner de Stephenie Meyer (Hachette Jeunesse), 2ème et Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi de Katherine Pancol (Albin Michel), 3ème. Belle performance également pour Cloé Korman, prix du Livre Inter 2010 avec Les hommes-couleurs au Seuil, qui entre directement à la 8ème place. Quatre autres romans figurent dans ce Palmarès : Katiba de Jean-Christophe Rufin, (Flammarion) qui rejoint à nouveau le Top Ten ; L’ombre de ton sourire de Mary Higgins Clark (Albin Michel), 11ème ; Les témoins de la mariée de Didier Van Cauwelaert (Albin Michel), 21ème et HHhH de Laurent Binet (prix Goncourt du premier roman 2010, Grasset), 25ème.

Essais

Du côté des essais, c’est encore plus impressionnant : 60 % des essais et documents les plus vendus en France sont disponibles en numérique sur ePagine (douze des vingt meilleures ventes – dont six sont dans le Top Ten). Avec l’intégration du catalogue ePlateforme (Editis, Média Participations) à l’automne, ces statistiques grimperont encore, c’est certain.

Certains des livres présentés ici ont fait l’objet d’une chronique sur ce blog : Les hommes-couleurs, Katiba, Le quai de Ouistreham, Questions à mon père et L’engrenage ; mémoires d’un trader.

@ suivre !

Christophe Grossi

27 juin 2010

Le Palmarès Essai L’express-Tite Live et le numérique

Filed under: Journal de bord — Mots-clefs :, , — Christophe @ 09:40

Que dit cette semaine le Palmarès Tite Live-L’Express ? Eh bien, pour la troisième fois consécutive, les 8 essais et documents publiés par Gallimard, L’Olivier et Flammarion et disponibles en numérique sur ePagine font toujours partie des livres les plus vendus en France. Parmi eux, trois titres figurent dans le Top Ten.

On prend donc les mêmes, on secoue bien et que voit-on ? En avant, route ! d’Alix de Saint-André (Gallimard) a encore gagné une place : Compostelle a bien le vent en poupe car le récit qu’en fait Alix de Saint-André atteint en 8 semaines le Top 5 des meilleures ventes d’essais en librairie. Un kilomètre à pied ça use les souliers… mais visiblement pas les lecteurs ! Florence Aubenas, quant à elle, fait quasiment figure de doyenne dans ce Palmarès concocté par Tite Live via Edistat : son Quai de Ouistreham (éditions de L’Olivier), après 17 semaines de présence, est toujours dans le Top Ten. Éric Fottorino se porte bien également : L’homme qui m’aimait tout bas (Gallimard) repart de plus belle grâce au Grand Prix des lectrices de ELLE reçu le mois dernier et Questions à mon père (Gallimard) atteint le Top Ten en seulement deux semaines. Du côté de Flammarion, la vie n’est pas mal non plus. Quatre de leurs auteurs figurent dans les 25 meilleures ventes, dont Régis Debray (À un ami israélien), Élisabeth Badinter (18ème semaine de présence dans le Palmarès avec Le Conflit. La femme et la mère), Fabrice Amadéo (La Face cachée d’Air France) et Jérôme Kerviel (L’engrenage, mémoires d’un trader) qui fait un bond de six places (12ème) dès la première semaine de son procès. À noter que du côté des romans, c’est toujours Jean-Christophe Rufin et son Katiba qui continue de séduire lectrices et lecteurs.

Si vous souhaitez tester la marchandise avant de l’acheter, vous savez peut-être que tous ces livres sont à feuilleter sur ePagine ou sur les sites de nos libraires partenaires, sinon c’est par ! Vous pouvez également télécharger gratuitement les premières pages des récits d’Éric Fottorino (ils font également partie du dossier Des pères) et de celui d’Alix de Saint-André. Tous ces livres sont compatibles avec l’iPad.

Pour retrouver les Palmarès Tite Live-L’Express romans et essais, c’est par ici.

@ suivre !

Christophe Grossi

P.S. : ce post a été réalisé avant l’intégration de Numilog et ne prend pas compte des nombreux titres numérisés du catalogue qui figurent dans ce Palmarès.

Livres numérisés cités ici

17 juin 2010

Le Palmarès Essai L’express-Tite Live et le numérique

Filed under: Journal de bord — Mots-clefs :, — Christophe @ 09:25

Comme la semaine dernière (d’après le Palmarès élaboré par Tite Live via Edistat à paraître dans L’Express ce jeudi et repris sur leur site ainsi que sur RTL), trois des dix essais les plus vendus en librairie entre le 31 Mai et le 6 juin 2010 sont sur ePagine. Mieux encore : huit titres numérisés (chez trois éditeurs seulement) font partie des 23 meilleures ventes.

Eric Fottorino fait une entrée fort remarquée avec son dernier livre, Questions à mon père (directement à la douzième place) tandis que son récit précédent, L’Homme qui m’aimait tout bas, fort de son Grand Prix des Lectrices de ELLE, revient à la 23ème place (alors que ce titre était déjà resté 18 semaines dans ce classement). Notons également que Le Quai de Ouistreham de Florence Aubenas se porte toujours aussi bien après 16 semaines de présence : gagnant encore 3 places, il rejoint le Top 5. Si Alix de Saint-André avec son récit sur ses voyages à Compostelle (En avant, route !) perd une toute petite place (6ème), Régis Debray, lui, atteint le Top Ten (8ème) en compagnie d’Élie Barnavi (À un ami israélien). Trois autres livres publiés par Flammarion figurent dans les vingt essais les plus vendus, celui d’Elisabeth Badinter (Le Conflit. La femme et la mère, 17 ème semaine), la bombe crashant Air France de Fabrice Amadeo (La Face cachée d’Air France) ainsi que l’ouvrage de Jérôme Kerviel (L’Engrenage. Mémoires d’un trader) tandis que son procès n’avait pas encore démarré à ce moment-là.

Ces huit titres numérisés par trois éditeurs, dont L’Olivier (1 titre), Gallimard (3 titres) et Flammarion (4 titres), sont tous lisibles sur iPad. Les premières pages de chacun de ces livres peuvent être feuilletées directement depuis leur fiche détail.  Pour en savoir plus, rendez-vous sur ePagine et chez tous les libraires partenaires du réseau. Par ailleurs, certains des livres cités ici ont été chroniqués sur le blog (cf. la liste ci-dessous). Enfin, retrouvez chaque semaine le Palmarès complet Tite Live – L’Express ainsi que le Palmarès Pro d’Edistat ici.

@ suivre !

Christophe Grossi

Livres numérisés cités ici

21 octobre 2009

Pour commencer

Bibookeen

Paris, le 21 septembre 2009, j’ai rendez-vous avec Stéphane Michalon qui travaille pour Tite-Live sur un projet de livre numérique : ePagine. Entre anciens libraires, le lieu de rendez-vous que nous avons choisi est… une librairie, devant L’Arbre à Lettres à la Bastille. Jusque-là je ne me suis pas vraiment intéressé au livre numérique, je regardais cela de loin, conscient qu’il faudrait bien s’adapter un jour mais sans avoir encore creusé la question.

Je lis depuis longtemps et suis entouré de livres ; certains sont de belle facture et j’ai toujours respecté le travail d’orfèvre de l’éditeur-imprimeur-libraire (à l’ancienne si je puis dire). Mais un beau livre sans contenu, sans fonds, ou bien qui ne me bouleverserait pas, ce livre aurait beau être bien fait, il ne trouverait pas grâce à mes yeux. J’ai par ailleurs chez moi des livres assez moches et qui ne valent rien (tant ils sont jaunis, cornés, déchirés…) et pourtant m’en séparer ne me viendrait pas à l’esprit. Parce que, bien que l’objet livre ait pris une grande place dans ma vie (dans l’appartement surtout), c’est avant tout le texte qui a fait ce que je suis : lecteur, passeur en librairie (Les Sandales d’Empédocle à Besançon) puis dans l’édition (Les Solitaires Intempestifs, La Dragonne, Sabine Wespieser éditeur), auteur d’un récit sur Les Saisons de Maurice Pons sur le site Inventaire/Invention et d’une lecture sur la poésie de Pascal Commère chez Prétexte, rédacteur pour Culturesfrance, animateur de rencontres littéraires et… blogueur aujourd’hui.

Stéphane Michalon me présente ePagine qui est un prestataire de solutions pour le livre numérique à destination des éditeurs et des libraires. A ce jour, un accord a été signé avec trois grands éditeurs : Gallimard, Le Seuil et Flammarion (plateforme Eden-Livres) ainsi qu’avec de nombreux autres éditeurs qui participent déjà au projet « librairie » : certains ont numérisé un livre (Minuit, Actes Sud, Payot, L’Olivier…) ; d’autres, quelques livres (Nouveau Monde, L’Éclat…) et quelques-uns proposent (ou vont proposer dans les prochains jours) de nombreuses références (La Table ronde, P.O.L., Eyrolles, Éditions d’Organisation…). Par ailleurs, Publie.net et Digit Books, tous deux spécialisés en livres numériques, ont également rejoint le projet. Sur le site d’ePagine il y a alors 1289 livres numérisés qu’on retrouve en vente sur les sites des librairies partenaires dont La Maison du Livre à Rodez, Durance et Vent d’Ouest à Nantes, Le Passage à Alençon, L’Alinéa à Martigues, Kléber à Strasbourg, Ombres Blanches à Toulouse et Quartier Latin à Nice. Plusieurs librairies parisiennes sont également partenaires du projet : Delamain, Lamartine, Le Divan, Librairie de Paris et la Librairie Gallimard ainsi que le site Bibliosurf. L’idée, me dit Stéphane Michalon, n’est pas de numériser le plus grand nombre de livres mais de penser ce site comme le libraire constitue et fait évoluer son assortiment : la qualité avant tout.

Pour animer le projet collectif libraires / éditeurs, Stéphane Michalon a eu l’idée de créer un blog. Et il souhaiterait que je rejoigne l’équipe éditoriale afin de l’alimenter. C’est la raison de ma présence ce 21 septembre dans un café rue du Faubourg Saint-Antoine. C’est à ce moment-là qu’il sort de son sac le Cybook de Bookeen. Je n’ai pas honte de dire que c’est la première fois que je tiens dans mes mains un ebook (ou « liseuse » ou « tablette »). Ce dernier contient, entre autres, La patience de Mauricette de Lucien Suel, livre publié à La Table Ronde en août 2009, et un premier roman de la rentrée littéraire : Murmures à Beyoğlu de David Boratav, publié chez Gallimard ; celui-ci sera d’ailleurs le premier livre que je lirai sur ce support. (Qui se souvient du premier livre qu’il a touché alors qu’il était encore un bébé ?)

Ce projet autour du livre numérique, à la croisée des chemins entre l’édition et la librairie me tente d’emblée. Je range alors dans mon sac le roman de David Boratav qui, je le sais déjà, emmène le lecteur de Londres à Istanbul en passant par Paris – j’ai un a priori positif. De cette lecture jaillira (je l’espère) une chronique qui  devrait également être nourrie par ma rencontre avec l’auteur – invité par un autre Arbre à Lettres, celui de Mouffetard. Je posterai alors cette chronique sur le blog. D’autres livres suivront (d’autres chroniques, donc) ; il suffira (petite contrainte oulipienne) que le livre soit présent dans le catalogue ePagine et qu’il y ait une actualité en librairie autour de ce livre. Dans la mesure du possible, les lectures renverront à d’autres lectures, à des livres numérisés ou pas, à des lieux, des librairies bien sûr, à des salles de cinéma, à des festivals…

Aujourd’hui, j’aimerais que cet espace dédié à la lecture soit aussi le point de rencontre entre l’objet livre et le livre numérique, entre la librairie traditionnelle et la librairie en ligne, entre la librairie et l’édition (libr&dition) et qu’il soit le témoin de moments de lecture, de réunion et de partage. Du « livre à venir », pour reprendre un titre de Maurice Blanchot. Du livre-avenir.

Christophe Grossi

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Livres numériques cités dans l’article :

Autres livres cités :

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