Le blog ePagine

Conseils de lecture, entretiens, actualité numérique :

le Livre-Avenir ne se fera pas sans les libraires.

9 janvier 2014

Interview d’Ayerdhal pour la sortie de « Bastards »

Le 6 janvier 2014, pour débuter une nouvelle année en fanfare, les éditions Au Diable Vauvert sortent une nouvelle pépite écrite par Ayerdhal : Bastards. Comme pour le précédent opus de l’auteur chez ce même éditeur, Rainbow Warriors, (lui sur 6 épisodes), la sortie numérique s’effectue ici sur 12 épisodes, s’étalant du 6 janvier au 6 février 2014. Là les deux premiers épisodes sont gratuits. Ce qui permet de se faire une très bonne idée du genre et de la manière d’écrire de l’auteur. Pour marquer cette sortie, nous avons interviewé Ayerdhal.

 

Entretien avec AYERDHAL

eP : Le premier épisode de Bastards est sorti ce 6 janvier. Peux-tu nous faire le pitch en quelques lignes (de ton cru) et nous donner le genre dans lequel s’inscrit Bastard ? S’il est pertinent de vouloir mettre une étiquette sur cette nouvelle parution, bien entendu.
Ayerdhal : Alexander Byrd ne parvient plus à écrire depuis qu’il a été récompensé par le prix Pulitzer. Colum McCann l’incite à arpenter New York en inventant mentalement des vies pour les inconnus qu’il croise et à lier ces vies autour d’un fait divers peu banal : une très vieille dame, non identifiée, qui a occis trois agresseurs avec un outil de jardin et l’aide d’un chat. Sur les traces de celle que les médias surnomment Cat-Oldie, Alexander arpente les cimetières du Queens en rollers avec, dans sa capuche, Folksy, son propre chat ou, plutôt, le chat qui le possède. Dans sa quête de l’inspiration, il cherche aussi conseil auprès de Paul Auster, Norman Spinrad, Jerome Charyn, Toni Morrison, Michael Chabon, Siri Hustvedt… C’est finalement sur la tombe d’Houdini qu’il retrouve Cat-Oldie, dont il découvre qu’elle a connu l’illusionniste, comme elle a fréquenté des personnalités aussi fascinantes que Ian Fleming, Robert Capa ou John Steinbeck, au cours d’une vie si longue qu’elle pourrait bien être la doyenne de l’humanité et si mystérieuse que plusieurs services secrets n’ont eu de cesse tour à tour de l’employer et de la pourchasser.
Une étiquette… pas facile ! Thriller un brin déjanté ?

eP : La première publication numérique va se faire sous forme d’épisodes, 12 au total, qui sortiront du 6 janvier au 6 février. Les deux premiers épisodes sont gratuits, les suivants téléchargeables pour la modeste somme de 0,99 € chaque épisode. Y aura-t-il, comme il y a eu pour Rainbow Warriors, une édition numérique complète reprenant tous les épisodes ?
Ayerdhal : Oui, il y aura une version complète numérique et une version papier.

eP : C’est donc, te concernant au Diable Vauvert, la deuxième « prépublication » sous forme d’épisodes. Est-ce Ayerdhal qui tient à cette prépublication, l’éditeur Au Diable Vauvert ou une réflexion commune vous amenant à travailler ainsi ?
Ayerdhal : Le Diable m’a soufflé l’idée et nous avons poursuivi la réflexion ensemble.

eP : Comment a été écrit Bastards ? A-t-il été écrit et pensé en feuilleton ? Était-il déjà écrit et ensuite a été découpé, ou est-il écrit « en temps réel », comme l’a fait Pierre Bordage cet été ?
Ayerdhal : Ni l’un, ni l’autre. J’avais écrit un peu plus de 200 pages lorsque la Diablesse en chef m’a demandé un pitch, auquel j’ai joint quelques chapitres. En discutant, nous nous sommes aperçus que Bastards ferait une bonne série TV. De là à passer à l’acte, il n’y avait qu’à remodeler ce qui était déjà écrit et à calibrer l’ensemble sur le principe des séries américaines. Environ 50 min de lecture par épisode, avec une scène pré-générique, une histoire interne développant une méta-histoire plus complexe et un cliffhanger. Pour ce qui était déjà écrit, j’ai dû tout reprendre à zéro, ce qui m’a permis de choper le rythme et de poursuivre sur la lancée… bon, j’ai un petit peu dû aussi modifier mon scénario et les personnages originels.

eP : As-tu des retours sur les ventes numériques concernant Rainbow Warriors ?
Ayerdhal : En novembre, nous atteignions un total de 1690 téléchargements.

eP : Le sujet est assez étonnant venant d’un auteur prolifique comme toi : le manque d’inspiration. Pourquoi utiliser ce sujet en trame de fond ?
Ayerdhal : Le syndrome de la page blanche est moins une trame de fond qu’un point de départ. C’est un phénomène que beaucoup d’auteurs connaissent de très près et que certains événements peuvent rendre totalement handicapant. Ainsi, Jean Carrière a éprouvé les pires difficultés à se relever du prix Goncourt décerné à L’épervier de Maheux en 1972 (il a d’ailleurs écrit Le Prix d’un Goncourt en 1987 pour expliquer ce qui lui est arrivé et ce qu’il a ressenti). Pour des raisons d’ordre personnel, j’ai moi-même traversé une période inféconde de plusieurs années. J’ai eu envie de jouer avec.

eP : Cette prépublication se fait en numérique. Lis-tu toi-même en numérique ? Si oui, que lis-tu ?
Ayerdhal : Je lis majoritairement en numérique, sur liseuse ou sur tablette, voire même sur ordinateur en usant de Calibre. Il m’arrive souvent de transformer en epub les fichiers doc ou odt des copains qui me demandent une « première lecture » pour travailler dessus plus confortablement.

eP : Est-ce qu’un auteur très remarqué et reconnu comme toi doit publier des œuvres en papier et d’autres en numérique ? Le fais-tu pour toucher un lectorat plus large, par goût du jeu, parce que tu es sensible aux évolutions technologiques, etc ?
Ayerdhal : J’écris pour être lu. Même si j’aime les livres papier et que la maison en déborde, je ne m’attache pas au support quand je travaille. Or le papier comme le numérique ne sont que des supports. L’ouvrage n’existe que par son contenu, et celui-ci est œuvre de l’esprit, comme le rappelle le Code de la Propriété Intellectuelle.

 

Merci à Ayerdhal pour ces réponses, et bonne lecture à vous, amateurs de thrillers déjantés !

David Queffélec.

Pour accéder à Bastards, épisode par épisode, cliquez ici

5 novembre 2013

Les Intégrales Bragelonne : Michael Marshall Smith, Trudi Canavan & Brent Weeks

Intégrales Bragelonne, nouvelle série du 6 novembre au 4 décembre 2013. Après Peter F. Hamilton, Jérôme Camut, Lisi Harrison et Gudule, ce mois-ci ce sont 3 nouveaux auteurs des éditions Bragelonne et Milady qui voient chacun leurs romans ou nouvelles rassemblés en une intégrale : Michael Marshall Smith, Trudi Canavan & Brent Weeks. Au programme, de la SF, de l’horreur, du fantastique, de la fantasy et aussi de la magie. La recette, elle, reste inchangée : des séries complètes en numérique pour une durée limitée et à des prix plus que raisonnables. Dans le lot, à ne pas manquer, un recueil de trente nouvelles de Michael Marshall Smith dans lesquelles il s’empare de notre quotidien et où, avec son imaginaire foisonnant, il parvient à déployer toutes les facettes de son talent : de la littérature générale à la science-fiction en passant par le thriller.

 

 

• L’intégrale L’homme qui dessinait des chats de Michael Marshall Smith (14.99 €) regroupe 30 nouvelles : À suivre, Avoir raison, Voilà que l’enfer dilate sa gorge…, Sauvegarde, Ville morte, La magie est en toi, Peut-être la prochaine fois…, Le livre des nombres irrationnels, Quand Dieu vivait à Kentish Town, L’homme qui dessinait des chats, Rendez-vous demain, Le pays obscur, Voir la mer, Moteur !, Un dernier regard, Au service de l’homme, Chère Alison, La joie de recevoir, Fringale, Le cadeau, Sans un adieu, Tout le monde s’en va, Requiem, Charmes, D’autres portes, Plus tard…, Plus cruel que la mort, Une dernière promenade, Vaccinator, Le prix d’une vie et Ne pas écrire.

• L’intégrale Le magicien noir de Trudi Canavan (14.99 €) regroupe trois tomes de la série avec préquelle La Trilogie du magicien noir : La Guide des magiciens (Tome 1, 2007), La Novice (Tome 2, 2007), Le Haut Seigneur (Tome 3, 2008) et L’Apprentie du magicien (la Préquelle de La Trilogie du magicien noir, 2010).

• L’intégrale L’ange de la nuit de Brent Weeks (9.99 €) regroupe 3 tomes de la série L’Ange de la nuit : La Voie des ombres (Tome 1, 2009), Le Choix des ombres (Tome 2, 2009) et Au-delà des ombres (Tome 3, 2009).

 

 

Offre valable du 6 novembre au 4 décembre 2013. Pour plus de détails sur ces titres, rendez-vous sur le site de la librairie ePagine.

2 octobre 2013

Les Intégrales Bragelonne : Peter F. Hamilton, Gudule, Jérôme Camut et Lisi Harrison

Intégrales Bragelonne, nouvelle série. Après Samantha Bailly, John Marco et Chloe Neill, ce mois-ci ce sont 4 nouveaux auteurs des éditions Bragelonne, Milady et Castelmore qui voient chacun leurs romans rassemblés en une intégrale : Peter F. Hamilton, Jérôme Camut, Lisi Harrison et Gudule. Au programme, de la SF, du fantastique, du Space Opéra, de l’horreur, des vampires et même du thriller. Quant à la recette, elle reste inchangée : des séries complètes en numérique pour une durée limitée et à des prix plus que raisonnables sachant que dans le lot certains tomes ne sont pas ou plus disponibles séparément à la vente en numérique (la série de Gudule par exemple).

 

 

• L’intégrale Monster High de Lisi Harrison 9.99 € (au lieu de 31.96 €) regroupant 4 tomes : Monster High, RADicalement vôtre, Quand on parle du loup… et De vampire en pire.

• L’intégrale Le club des petites filles mortes de Gudule 14.99 € regroupant 6 tomes indisponibles séparément : La Baby-sitter, Repas éternel, La Petite filles aux araignées, Dancing Lolita, Gargouille et Entre chien et louve.

• L’intégrale Malhorne de Jérôme Camut 9.99 € (au lieu de 19.96 €) regroupant 4 tomes : Le Trait d’union des mondes, Les Eaux d’Aratta, Anasdahala et La Matière des songes.

• L’intégrale L’Étoile de Pandore de Peter F. Hamilton 9.99 € (au lieu de 19.96 €) regroupant 4 tomes : Pandore abusée, Pandore menacée, Judas déchaîné et Judas démasqué.

 

 

Offre valable du 2 octobre au 6 novembre 2013. Pour plus de détails sur ces titres, rendez-vous sur le site de la librairie ePagine.

26 septembre 2013

Sonatine propose 3 nouvelles inédites de R. J. Ellory en attendant sa Mauvaise étoile le 3 octobre

ce billet a été publié une première fois le 19 septembre 2013 et a été mis à jour le 26 septembre 2013.

Après sa trilogie consacrée à la mafia, à la CIA et au NYPD, R. J. Ellory reviendra le 3 octobre avec un nouveau roman noir, dans la veine de Seul le silence : Mauvaise étoile qui paraîtra en numérique et en papier le même jour. Pour faire patienter ses lecteurs, Sonatine Éditions propose depuis le 12 septembre de lire trois nouvelles inédites de l’auteur disponibles uniquement en téléchargement (voir les liens infra).

Ce triptyque est construit autour d’une jeune institutrice retrouvée étranglée dans son appartement à Chicago dans les années 1950. Trois nouvelles, trois points de vue sur un seul meurtre. Des années plus tard, alors que le meurtrier est sur le point d’être exécuté, la sœur de la victime, le flic qui a mené l’enquête et le tueur reviennent sur les circonstances de sa mort pour tenter de comprendre ce qui s’est passé. Les apparences sont trompeuses et seuls leurs trois témoignages pourront révéler la triste vérité. Après Seul le silence, Vendetta, Les Anonymes et Les Anges de New York, R.J. Ellory est aujourd’hui un auteur primé et acclamé par les critiques littéraires et le public. Avec Trois jours à Chicagoland, il signe trois nouvelles au suspense implacable.

À la suite de la troisième et dernière nouvelle, Sonatine donne également à lire les premières pages de Mauvaise Étoile.

Les deux premières nouvelles ont paru les 12 et 19 septembre, la dernière a été mise en ligne aujourd’hui, 26 septembre. Elles sont disponibles sur toutes les plateformes de vente en ligne dont ePagine et proposées au prix de 1.99 € chacune, avec tatouage numérique (sans DRM Adobe). Cliquez ici pour consulter les titres disponibles de l’auteur.

 

Trois jours à Chicagoland : la soeur, disponible depuis le 12 septembre
Trois jours à Chicagoland : le flic, disponible depuis le 19 septembre
Trois jours à Chicagoland : le tueur, disponible depuis le 26 septembre

 

À paraître le 3 octobre

Mauvaise étoile, Sonatine éditions
en librairie et en ligne le 3 octobre

 

Ses autres titres disponibles en numérique sur ePagine

Les Anges de New York
Les Anges de New York, Sonatine éditions
14.99 € sans DRM avec tatouage

SEUL LE SILENCE
Seul le silence, Sonatine éditions
9.99 € sans DRM avec tatouage

VENDETTA
Vendetta, Sonatine éditions
9.99 € sans DRM avec tatouage

Les anonymes
Les Anonymes, Sonatine éditions
11.99 € sans DRM avec tatouage

11 septembre 2013

Chroniques des Ombres, le feuilleton de Pierre Bordage (mise à jour)

Mise à jour du 11 septembre 2013 : comme annoncé sur le site ActuaLitté, suite à un problème de santé de Pierre Bordage qui l’empêche de terminer son feuilleton dans les temps, sa maison d’édition vient de mettre à jour le calendrier de parution des prochains épisodes, à savoir : épisode 28 le 16 septembre ; épisode 29, le 18 ; épisode 30, le 20 ; épisode 31, le 23 ; épisode 32, le 25 ; épisode 33, le 27 ; épisode 34, le 30 ; épisode 35, le 2 octobre et épisode 36, le 4 octobre. Quant à l’intégrale, elle sera disponible dès le 7 octobre.

 

 

 

Du 24 juin au 13 septembre 4 octobre, les éditions Au diable vauvert et l’auteur des Derniers Hommes (paru en feuilleton numérique il y a trois été chez le même éditeur) et d’une quarantaine d’autres titres disponibles sur ePagine vous invitent tout l’été à suivre une aventure post-apocalyptique en 36 épisodes, Chroniques des ombres de Pierre Bordage. Trois épisodes paraîtront chaque semaine (lundi, mercredi et vendredi) jusqu’à parution de l’intégrale en papier et en numérique. Les épisodes 1 et 2 sont gratuits et disponibles sur tous les sites de ventes de livres numériques, les suivants à 0.49 €.

« Après la guerre nucléaire, une pollution mortifère a confiné une partie de la population mondiale dans des mégapoles équipées de purificateurs d’air. Les capitales sont regroupées en Cités Unifiées: la plus importante, NyLoPa, réunit New York, Londres et Paris. La sécurité est assurée par une armée suréquipée de super détectives, les fouineurs.

Soudain, dans toutes les villes et en quelques minutes, des centaines de meurtres sont perpétrés par d’invisibles assassins, les Ombres. On soupçonne la secte de la Fin des Temps d’en être à l’origine, mais l’enquête menée par les fouineurs va les plonger dans un enchevêtrement de complots et de luttes de pouvoir. Ils vont être entraînés hors des cités, dans le «pays vague», lieu de tous les dangers. »

Un grand feuilleton de SF en 36 épisodes à suivre en numérique cet été et cet automne puis à retrouver en librairie en septembre octobre. Pierre Bordage relève le défi des feuilletonistes du XIXe.

 

Pour accéder au premier épisode sur ePagine, cliquez ici !

22 avril 2013

Fantôme, la 9e enquête de Harry Hole, par Jo Nesbø

Lors de sa précédente enquête (Le léopard), Harry Hole, réfugié à Hong-Kong après l’affaire du Bonhomme de neige, avait dû oublier un temps sa déprime amoureuse, l’alcool, le jeu et l’opium, pour aller traquer, en pleine guerre des polices, un tueur en série dans les montagnes du Congo. Cette enquête était la plus sanglante et la plus violente de la série, un cauchemar. Paraît aujourd’hui la 9e enquête, celle qui fait revenir à Oslo un Harry Hole encore plus déboussolé et abîmé (on a l’habitude vous me direz). En son absence (trois ans), la ville a été reprise en main par les trafiquants de drogue – la drogue sera d’ailleurs le fil conducteur de ce thriller, la ligne (si je puis dire) de toute cette enquête moins sanglante mais plus construite encore que les précédentes – et la corruption a envahi tous les quartiers. Dans Fantôme, Harry Hole renoue également avec l’amour (compliqué) de sa vie, son fils étant mêlé à un meurtre, celui d’un dealer avec qui il s’était associé. Bien que démissionnaire de la police, l’inspecteur va une fois encore reprendre du service, renouant avec les méthodes les plus radicales et les plus personnelles puisque devant faire face à un mystérieux truand russe « Fantôme », à la haine de la police locale corrompue et à l’arrivée de la fioline, une nouvelle drogue qui fait des ravages dans la capitale norvégienne. Jo Nesbø nous avait habitué à charger la braque de son inspecteur. Là, il frappe vraiment très fort.

Pour vous donner un aperçu de cette nouvelle enquête, nous publions aujourd’hui un extrait. Pour info, les deux premiers chapitres de Fantôme peuvent être téléchargés gratuitement. Autre bonne nouvelle, Le bonhomme de neige est actuellement en promo : 3.99 € jusqu’au 1er mai (lire notre billet).

Les cinq enquêtes de Harry Hole de Jo Nesbø parues dans la collection Série Noire puis en Folio policier sont toutes disponibles en numérique : L’étoile du diable, Le Sauveur, Le bonhomme de neige, Le léopardFantôme ainsi que Chasseurs de tête (un roman policier qui ne fait pas partie de la série). Tous les romans de Jo Nesbø peuvent également être lus en anglais. Cliquez ici pour accéder à l’ensemble des titres disponibles sur le site de la librairie ePagine.

ChG

 

 

EXTRAIT DE FANTÔME DE JO NESBØ
NEUVIÈME ENQUÊTE DE HARRY HOLE


« Les cris l’appelaient. Telles des lances sonores, ils transperçaient tous les autres bruits du soir dans le centre d’Oslo, le ronronnement régulier de la circulation sous les fenêtres, la sirène lointaine qui montait et descendait, les cloches de l’église qui venaient de se mettre à sonner. C’était maintenant, à la tombée de la nuit, et éventuellement juste avant le lever du soleil, qu’elle partait en quête de nourriture. Elle promena son nez sur le linoléum crasseux de la cuisine. Enregistra et classa à toute vitesse les odeurs en trois catégories : comestibles, menaçantes ou sans intérêt pour la survie. Le parfum âcre de la cendre de tabac. Le goût doucereux et sucré du sang sur un coton. L’exhalaison amère de la bière dans une capsule de Ringnes. Des molécules de soufre, de salpêtre et de dioxyde de carbone s’élevaient d’une douille métallique vide adaptée à une balle de 9 x 18 mm, appelée aussi Makarov, d’après le pistolet pour lequel le calibre avait été conçu. La fumée d’un mégot encore chaud à filtre jaune et papier noir frappé de l’aigle impérial russe. Le tabac était comestible. Et là : des effluves d’alcool, de cuir, de graisse et d’asphalte. Une chaussure. Elle la flaira et constata qu’elle se laissait moins facilement manger que le blouson dans le placard, celui qui sentait l’essence et l’animal en décomposition dont il était fait. Son cerveau de rongeur se concentra donc sur la façon de franchir l’obstacle devant elle. Elle avait essayé par les deux côtés, tenté de glisser son corps de vingt-cinq centimètres et de moins de cinq cents grammes. En vain. L’obstacle gisait sur le flanc, dos au mur, et l’empêchait d’accéder au trou menant à son nid et à ses huit nouveau-nés aveugles et nus qui réclamaient de plus en plus bruyamment ses mamelles. La montagne de viande sentait le sel, la sueur et le sang. C’était un être humain. Un être humain vivant ; ses oreilles sensibles lui permettaient de distinguer les faibles battements de cœur sous les hurlements affamés de ses petits.
Elle avait peur, mais elle n’avait pas le choix. Nourrir sa progéniture passait avant tous les dangers, tous les autres instincts, au prix de tous les efforts. Elle s’immobilisa donc le nez en l’air, dans l’attente de la solution.
Les cloches sonnaient en rythme avec le cœur humain. Un coup. Deux. Trois, quatre…
Elle découvrit ses dents de rongeur.

Juillet. Merde. On ne meurt pas en juillet. J’entends vraiment les cloches d’une église ou y avait un hallucinogène dans ces saletés de balles ? OK, c’est la fin. Et qu’est-ce que ça peut foutre ? Ici ou ailleurs. Maintenant ou plus tard. Mais méritais-je vraiment de mourir en juillet ? Sur fond de chants d’oiseaux, de tintements de bouteilles, de rires au bord de l’Akerselva et de foutu bonheur estival juste sous mes fenêtres ? Méritais-je de me retrouver par terre dans une piaule de junkie infecte, avec un trou de trop dans le corps, par lequel tout s’écoule : la vie, les secondes et les flash-back de tout ce qui m’a conduit ici ? Les grandes et les petites choses, la masse de hasards et de choix qui n’en étaient pas tous. Est-ce moi, est-ce tout, est-ce ça, ma vie ? J’avais des projets, non ? Maintenant, il reste un sac de poussière, une blague sans chute, si courte que j’aurais eu le temps de la raconter avant que cette foutue cloche arrête de sonner. Ah, saloperie de lance-flammes ! Personne ne m’avait dit que ça ferait si mal de mourir. T’es là, papa ? Te barre pas, pas maintenant. Écoute la blague : Je m’appelle Gusto. J’ai vécu jusqu’à l’âge de dix-neuf ans. T’étais un sale type, qui s’est tapé une sale bonne femme. Neuf mois plus tard, j’ai débarqué et j’avais pas eu le temps de dire « papa ! » qu’on me confiait à une famille adoptive. Là-bas, j’ai fait toutes les conneries que j’ai pu, et eux, ils ne faisaient que m’envelopper un peu plus dans leur étouffante couverture de sollicitude, et me demander ce que je voulais pour me tenir tranquille. Une foutue glace ? Ils n’étaient pas fichus de comprendre que les gens comme toi et moi devraient être exécutés à la naissance, exterminés comme la vermine, que nous transmettons mort et maladies, et nous reproduisons comme des rats dès que l’occasion se présente. Ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. Mais ils veulent aussi quelque chose. Comme tout le monde. J’avais treize ans la première fois que je l’ai vu dans les yeux de ma mère adoptive : ce qu’elle voulait.
« Comme tu es beau, Gusto », elle a dit. Elle était entrée dans la salle de bains – j’avais laissé la porte ouverte, sans faire couler la douche, pour éviter que le bruit la mette en garde. Elle est restée une seconde de trop avant de ressortir. Et j’ai ri, car à ce moment-là je savais. Voilà mon talent, papa : je sais ce que veulent les gens. Est-ce que je le tiens de toi ? Étais-tu comme ça, toi aussi ? Une fois qu’elle est sortie, je me suis regardé dans le miroir de la salle de bains. Elle n’était pas la première à le dire. Que j’étais beau. J’étais plus précoce que les autres garçons. Grand, mince, déjà large d’épaules et musclé. Des cheveux noirs et luisants, comme si la lumière ricochait dessus. Pommettes hautes. Menton carré. Une grande bouche avide, mais des lèvres pulpeuses comme celles d’une fille. Peau hâlée et lisse. Yeux marron, presque noirs. « Rat brun », m’avait surnommé un garçon de la classe. Didrik, c’était ça, son nom ? Il voulait devenir pianiste professionnel, en tout cas. Je venais d’avoir quinze ans et il l’avait dit tout haut dans la classe. « Ma parole, le rat brun ne sait même pas lire correctement. »
Je me suis contenté de rire, je savais pourquoi il le disait, bien sûr. Ce qu’il voulait. Kamilla, dont il était secrètement amoureux, était un peu moins secrètement amoureuse de moi. À la fête de classe, j’avais pu tâter ce qu’elle avait sous le pull. Pas grand-chose. J’en avais parlé à deux ou trois gars, Didrik l’avait su, et il avait décidé de me mettre sur la touche. Je ne tenais certes pas forcément à faire partie d’un groupe, mais l’éviction, c’est l’éviction. Alors je suis allé voir Tutu au club de motards. J’avais déjà dealé du shit pour eux à l’école, et je leur ai expliqué que si je voulais faire mon boulot correctement, il fallait qu’on me respecte. Tutu m’a dit qu’il allait s’occuper de Didrik. Lequel n’a par la suite jamais voulu expliquer à qui que ce soit comment il avait réussi à se coincer deux doigts juste au-dessous de la charnière supérieure de la porte des chiottes des garçons. Mais il ne m’a plus jamais appelé rat brun. Et – d’ailleurs – il n’est jamais devenu pianiste professionnel. Putain, ce que ça fait mal ! Non, c’est pas du réconfort qu’il me faut, papa, c’est un shoot. Juste un dernier shoot, et puis je quitterai ce monde bien tranquillement, promis. La cloche sonne de nouveau. Papa ? »

© chapitre 1 de la première partie de Fantôme de Jo Nesbø, roman traduit du norvégien par Paul Dott, Gallimard, 2013, pour la traduction française

28 mars 2013

Stéphane Marsan (Bragelonne) rend hommage à James Herbert

Filed under: + SF/Fantasy — Étiquettes : , , , , , — Christophe @ 11:44

James Herbert, l’un des auteurs les plus importants en matière de littérature fantastique britannique et l’un des principaux auteurs du genre littéraire de l’horreur, est mort le 20 mars dernier. Concentrant ses romans autour des catastrophes et des invasions, de l’impuissance des autorités et de la misère humaine mais aussi des fantômes ou encore du paranormal (une vingtaine de romans et nouvelles au total), il est traduit et publié dans le monde entier et quelques-uns de ses romans ont été adaptés au cinéma. En France, plusieurs maisons d’édition l’ont publié, notamment Bragelonne et son label Milady. Suite à l’annonce de son décès, Stéphane Marsan, l’un des fondateurs et éditeurs de Bragelonne, a souhaité lui rendre hommage dans une vidéo postée sur YouTube (voir infra). Il dresse ici le portrait de James Herbert, évoque sa rencontre avec l’œuvre de cet écrivain à travers quelques titres importants puisés dans sa bibliographie et dit aussi sa fierté d’avoir fait traduire et publié quelques-uns de ses romans. Huit titres de cet auteur sont actuellement disponibles en numérique, notamment Les autres (entre thriller et paranormal), Fog (l’un de ses romans les plus angoissants) ou encore Le Secret de Crickley Hall, un roman d’épouvante sur fond de vieille demeure hantée. Ce titre sera d’ailleurs en promotion toute la journée (jusqu’à minuit). Cliquez ici pour en savoir plus. Si vous préférez lire James Herbert en anglais, une quinzaine de ses romans sont disponibles en numérique sur le site de la librairie ePagine (cf. ci-dessous ou suivez ce lien pour accéder à la liste complète).

ChG

 

 

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Titres de James Herbert disponibles en numérique sur ePagine

 

► En français, aux éditions Bragelonne et Milady (sans DRM)

Le Secret de Crickley Hall
La Conspiration des fantômes
Hanté
Fog
Survivant
Sanctuaire
Les Autres
Magic Cottage

 

► En version originale, chez Macmillan General Fiction Digital

Others
Lair
Jonah
Domain
Fluke
Survivor
Creed
Sepulchre
Nobody True
Secret of Crickley Hall
Rats
Shrine
Moon
Dark
Ash

 

► En version originale, chez Harper Collins Digital

’48
The Ghosts of Sleath

15 mars 2013

Rainbow Warriors de AYERDHAL, épisode 1 offert

Ainsi donc, comme je vous le signalais en début de semaine, voici le premier épisode de Rainbow Warriors, écrit par Ayerdhal.

Cet épisode, premier d’une série de huit, vous permettra de débuter une lecture qui vous mènera jusqu’au 2 mai. En effet, les éditions Au diable Vauvert publieront un épisode numérique par semaine. Ce premier étant gratuit, les 7 autres seront vendu au prix de 0,99 € pièce. Idéal donc pour découvrir la plume d’Ayerdhal, qui nous offre ici un joyeux thriller politique.

Ce premier épisode, comme à chaque fois avec Ayerdhal, démarrant sur les chapeaux de roue, nous permet de faire connaissance avec Geoffrey Henry Tyler, ancien colonel de l’armée américaine, mis d’office à la retraite par le bureau ovale. Cet ancien haut gradé est placé à la tête d’une armée de LGBT (Lesbian, Gay, Bi, Trans), en vue de faire tomber le régime de la République démocratique du Mambesi. Dès les premières lignes son portrait est dressé, et ceci d’une manière ciselée mais efficace, avec tout l’humour incisif dont est coutumier l’auteur. On découvre également certains de ses collaborateurs dont on assiste au recrutement. Ayerdhal cisèle ses personnages qui eux tranchent à la machette dans les idées reçues et la politique internationale.

Pour télécharger le premier épisode, cliquez ici.

Le second épisode sortira le jeudi 21 mars.

Ayerdhal sera aussi présent au salon du livre de Paris, sur le stand des éditions Au diable Vauvert (S65) et sur celui des éditions ActuSF (H57). Ne manquez pas d’aller lui dire tout le bien que vous pensez de ce premier épisode !

David Queffélec.

 

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En résumé, Rainbow Warriors c’est :

► une sortie papier le 21 mars

► en numérique, une mise en ligne chaque jeudi dès le 14 mars :

Rainbow Warriors épisode 1, 14 mars 2013, vendu 0,00 €
Rainbow Warriors épisode 2, 21 mars 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors épisode 3, 28 mars 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors épisode 4, 4 avril 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors épisode 5, 11 avril 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors épisode 6, 18 avril 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors épisode 7, 25 avril 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors épisode 8, 2 mai 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors version complète, 2 mai 2013, vendue 7,99 €

11 mars 2013

Parution de Rainbow Warriors d’Ayerdhal en 8 épisodes (Au diable Vauvert)

Ayerdhal sort enfin un nouveau roman aux éditions Au Diable Vauvert. Mais qui est Ayerdhal ? Il est d’abord un des plus grands auteurs français de science-fiction. Auteur de plus de 20 romans du genre (2 titres pour l’heure en numérique), il a par exemple commis l’excellent Demain une Oasis, réédité en 2006 Au Diable et récompensé par le Grand Prix de l’Imaginaire en 1993. Mais Ayerdhal, c’est aussi l’auteur de thrillers, et Transparences en est, jusqu’à présent, sa plus belle production. Ainsi Ayerdhal a renoué avec le thriller politique en écrivant d’une main de maître un roman jubilatoire, Rainbow Warriors. Il sortira au format papier le 21 mars, soit pile-poil pour le Salon du Livre de Paris. La vie littéraire est bien faite, quand même. Voici la 4ème de couverture : « Mis à la retraite sur requête du bureau ovale, le général de division Geoff Tyler se voit proposé par l’ancien secrétaire général des Nations Unies de reprendre du collier à la tête d’une armée privée financée par des célébrités de toutes obédiences. Son objectif : renverser le dictateur d’un État africain, soutenir le gouvernement transitoire le temps de la rédaction d’une constitution démocratique, et permettre la tenue d’élections en bonne et due forme. Ses moyens : à lui de les définir, l’argent n’est pas un problème. Son effectif : un encadrement d’une centaine de professionnels et 10 000 soldats dont il faut parfaire la formation. Jusqu’ici tout va bien. Il y a toutefois un détail. Cette armée est presque exclusivement constituée de LGBT. Lesbian, Gay, Bi, Trans. »

Et en numérique, me direz-vous ? Pour le numérique, Le Diable renoue avec une pratique qu’il avait déjà initiée pour la sortie d’une réédition en numérique de l’ouvrage Les derniers Hommes de Pierre Bordage (pour rappel, cf. notre billet). Là, Rainbow Warriors sortira d’abord en 8 épisodes, au rythme d’un par semaine, à partir du 14 mars 2013. Et la version numérique complète le 2 mai 2013. Concernant le prix, là aussi Le Diable reprend la formule du Bordage, en mettant le premier épisode gratuit et les suivants à 0,99 €. Nous espérons que cette formule fonctionnera pour l’ouvrage d’Ayerdhal comme il a fonctionné pour celui de Pierre Bordage. En effet, en regardant les chiffres de téléchargement/ventes, il s’avère que le taux de transformation premier épisode gratuit vers second payant est de 10%, ce qui est un très bon ratio. Ensuite, toujours pour le Bordage, les ventes d’un épisode sur l’autre ont été constantes jusqu’au bout des 6 épisodes. Alors, pour résumer :

► une sortie papier le 21 mars

► en numérique, une mise en ligne dès le 14 mars :

Rainbow Warriors épisode 1, 14 mars 2013, vendu 0,00 €
Rainbow Warriors épisode 2, 21 mars 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors épisode 3, 28 mars 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors épisode 4, 4 avril 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors épisode 5, 11 avril 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors épisode 6, 18 avril 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors épisode 7, 25 avril 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors épisode 8, 2 mai 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors version complète, 2 mai 2013, vendue 7,99 €

Bien entendu, ces épisodes et l’ouvrage complet seront disponibles depuis la librairie ePagine, dès la sortie officielle du premier épisode gratuit. Souhaitons à Rainbow Warriors un bon vent, la réussite qu’il mérite et aux lecteurs d’ePagine une lecture jubilatoire et subversive !

David Queffélec

30 octobre 2012

Jusqu’au 7 novembre, 12 titres de W. Wilkie Collins à prix unique

Jusqu’à présent, quatre titres de W. Wilkie Collins (romans et nouvelles) étaient disponibles en numérique chez Phébus et Libretto (on en avait parlé ici-même il y a quelques mois). Cette semaine, huit autres titres de l’inventeur du thriller contemporain (1824-1889) ont été mis en ligne sur tous les sites de vente de livres numériques. Vendus habituellement entre 8.49€ et 14.99€ (tous sans DRM), ces 12 titres font d’ores et déjà l’objet d’une opération commerciale mais une surprise attend les lecteurs d’ici la fin de l’année avec une autre opération lancée par Phébus et Libretto.


Tout d’abord, du 24 octobre au 7 novembre 2012 inclus, les 12 titres de W. Wilkie Collins seront tous proposés au prix de lancement de 8.49€ (alignement sur le prix le moins cher des titres de l’auteur).

Ensuite, du 19 novembre au 2 décembre 2012 inclus, une nouvelle gratuite en numérique (Monkton le fou) sera offerte aux lecteurs de Wilkie Collins. On en reparlera bientôt ! Infra, les 12 titres du maître du noir qui savait comme personne dépeindre l’hypocrisie de la haute société victorienne (les 4 titres déjà en ligne et les 8 nouveaux).


Histoires regrettables, Phébus, (8.49€ jusqu’au 7/11 ; 8.99€ ensuite)
Un jeune amoureux se livre au chantage, une malédiction poursuit les membres d’une famille, un imposteur simule l’amour avec art, un mort renaît à la vie, un policier manipulé, deux frères accusés d’un meurtre, un détective malmené par la vérité… Une étrange tristesse, mêlée au célèbre humour cher à Collins, plane sur ces huit histoires étranges, compromettantes et regrettables qui sont comme autant de condensés des romans qui feront la gloire de l’auteur de La Dame en blanc. Leur ambition n’est pas moindre, ni leur incroyable force de persuasion.

Mari et femme, Phébus, (8.49€ jusqu’au 7/11 ; 14.99€ ensuite)
Un homme de bonne famille se débarrasse sans effusion de sang de son épouse devenue encombrante, pour épouser une riche héritière. Une lecture astucieuse de la loi suffit à le rendre libre. Mais les femmes, même réduites au pire, possèdent des réserves insoupçonnées de courage et de clairvoyance.

Profondeurs glacées, Libretto, 8.49€
Londres, 1845. Un bal célèbre le départ prochain de deux navires vers le pôle Arctique, lancés à la recherche du mythique passage du nord-ouest. L’Angleterre sera sans nouvelle de l’équipage durant près de dix ans avant que n’éclate le scandale : décimé par le froid et la faim, les hommes se seraient livrés au cannibalisme…

Armadale, Libretto, (8.49€ jusqu’au 7/11 ; 14.99€ ensuite)
Aussi dissemblables que possible, deux jeunes gens se retrouvent attirés l’un vers l’autre par une force défiant toute cohérence. Les deux portent le même nom, héritage d’une histoire tragique qui leur fera vivre un cauchemar éveillé. L’un, surtout, sait ce que l’autre ignore et l’un des deux, semble-t-il, est de trop sur cette terre… Frissons et égarements garantis avec Armadale, considéré comme l’un des chefs d’œuvre de W. Wilkie Collins, où l’indécence est au service du suspense.

Basil, Libretto, (8.49€ jusqu’au 7/11 ; 9.99€ ensuite)
Écrit en 1852, Basil est, sous la crinoline des robes victoriennes, le plus sexué des romans de Collins : un jeune homme innocent, introverti et issu de l’aristocratie anglaise s’engage dans un mariage qui ne tarde pas à se révéler le pire des traquenards…
Sans pitié pour son lecteur, Collins ne lui fait guère de cadeau et puise dans ses observations quotidiennes pour raconter cette étonnante histoire.

Cache-cache, Libretto, (8.49€ jusqu’au 7/11 ; 10.99€ ensuite)
Sur fond de révélation de secret de famille inavouable, W. Wilkie Collins distille dans Cache-cache ses plus délicieux poisons et met à nu la respectabilité bourgeoise, aux prises dans ce roman trouble avec un désir de vengeance qui ronge les personnages autant que le lecteur… Un thriller faussement feutré qui préfigure les œuvres à venir et le talent du maître du roman noir.

Secret absolu, Libretto, (8.49€ jusqu’au 7/11 ; 11.99€ ensuite)
En cette nuit du 23 août 1829, Mrs Treverton, dicte à sa dame de chambre une mystérieuse confession qu’elle lui fait promettre de ne jamais détruire, dans le secret. Des années plus tard, alors que le fils du nouveau propriétaire s’apprête à épouser Rosamond Treverton, une étrange domestique fait son apparition. Le passé, insidieusement, revient hanter l’existence des futurs époux que tout promettait au bonheur…

Seule contre la loi, Libretto, (8.49€ jusqu’au 7/11 ; 11.99€ ensuite)
Que faire lorsque l’homme que vous aimez et qui vient de vous épouser se révèle porter un autre nom ? Comment réagir, bien qu’unie pour le meilleur et pour le pire, à la découverte que tout l’accuse du meurtre de sa première épouse ? Intimement persuadée de l’innocence de son mari, Valeria va remonter l’écheveau d’une histoire bien différente de celle souhaitée par toute la bonne société mortellement sournoise… Thriller labyrinthique, vibrant portrait d’une héroïne libre et intraitable, Seule contre la loi passe pour le premier roman policier dont le détective est une femme.

Passion et repentir, Phébus, (8.49€ jusqu’au 7/11 ; 10.99€ ensuite)
Sur le front franco-allemand, durant la guerre de 1870, le hasard réunit deux jeunes Anglaises, Grace et Mercy. Lorsqu’un obus frappe la première, Mercy décide aussitôt d’usurper son identité pour rompre avec un passé infamant et vivre enfin une vie meilleure. Mais la fausse Grace, de retour parmi les siens, est bientôt rejointe par la vraie, qui a miraculeusement survécu… W. Wilkie Collins poursuit avec audace sa critique sociale et offre l’un de ses plus beaux portraits de femme, celui d’une Marie-Madeleine des temps modernes.

Pauvre Miss Finch, Phébus, (8.49€ jusqu’au 7/11 ; 11.99€ ensuite)
Lucilla, jeune fille de bonne famille, aveugle de naissance, est amoureuse d’Oscar, brave garçon dont la beauté et les qualités se résument pour elle au son de sa voix. Opérée de la cataracte, elle retrouve la vue… sans se douter qu’à la faveur d’un complot un autre va prendre la place d’Oscar en se faisant passer pour lui.

Quand la nuit tombe, Phébus, (8.49€ jusqu’au 7/11 ; 10.99€ ensuite)
Quand la nuit tombe fut publié en 1856. W. Wilkie Collins réunit six nouvelles de jeunesse qui ont pour fil conducteur le journal de Leah. Celle-ci est l’épouse de Mr Kirby, un peintre atteint de cécité, obligé de gagner sa vie en écrivant des contes qu’il dicte à sa femme à la tombée de la nuit. Vengeances, complots, machinations, amours contrariées, le lecteur retrouve ici tout l’art de la démesure de W. Wilkie Collins, dans des décors propices à ces aventures échevelées, les bals masqués italiens et la France de la Terreur…

Une belle canaille, Phébus, (8.49€)
Si Frank Softly se porte comme un charme, c’est bien car être malhonnête lui va parfaitement et qu’au grand jeu de la vie sociale les tricheurs triomphent effrontément. Qui aura déjà vu un tel vaurien, sympathique et mal élevé, balancer si magistralement les vérités comme autant de gifles bien appliquées ? Ces confessions tapageuses d’un escroc racontées par lui-même, Collins aura mis plus de vingt ans avant de se décider à les publier. C’est dire s’il savait la volée de bois vert qui l’attendait avec ce court roman où toutes les bonnes sociétés en prennent pour leur grade

23 octobre 2012

Sélection de lectures numériques (automne 2012)

Parmi les nombreux romans, recueils de nouvelles et thrillers lus ces deux derniers mois, voici six titres soutenus sur ePagine en ce moment. Ces romans noirs ou pas, français ou traduits, ont tous fait l’objet d’une chronique ou d’une note de lecture sur ce blog avec parfois un extrait (on précisera le lien à chaque fois) ; le temps manquant pour bien parler de tout ce qu’on a lu et aimé, on indiquera aussi sous chacune des catégories (domaine français, domaine étranger, thriller et roman noir) d’autres titres que je vous recommande chaudement. Je vous rappelle qu’en France les prix des livres numériques sont les mêmes partout, quels que soient le site ou la plateforme de vente. Vous retrouverez également chaque titre cité dans ce billet sur les sites des libraires partenaires d’ePagine. Bonnes lectures !

ChG

 

domaine français

La nuit tombée, Antoine Choplin, La Fosse aux ours, 2012 (version imprimée, 16 € — version numérique, 9.99 €, marquage sans DRM)
Ne pas se fier à la première image de La nuit tombée d’Antoine Choplin : un homme, Gouri, descend de sa moto à la sortie de la ville de Kiev et vérifie que la remorque qu’il vient de bricoler est toujours reliée à son deux-roues. Car dès la scène suivante, parce qu’il est question de zone, de contamination, parce que les portes des maisons ont été barricadées et que les fenêtres ont été brisées, on sait déjà que ce voyage ne sera pas une partie de plaisir pour Gouri, qu’il n’aura rien de bucolique, qu’on n’est pas en train de lire un road-trip traditionnel. D’ailleurs, passé ce petit prologue et avant d’entamer la traversée de nuit, le premier tiers du livre est quasiment un huis-clos dans lequel une large place est laissée aux récits, aux hommes, à la catastrophe et à l’après. […] Lire la suite de la chronique avec extrait

14, Jean Echenoz, éditions de Minuit, 2012 (version imprimée, 12.50 € — version numérique, 8.99 €, marquage sans DRM)
Le roman 14, aussi court que la première guerre mondiale (qui aurait dû l’être) fut longue, est un exploit littéraire. Il fallait en effet oser reprendre ce fil maintes fois tiré, fil qui s’allonge au rythme d’une langue toujours aussi époustouflante et précise, et le pari est pour moi réussi. Grâce à une distanciation efficace, à un humour le plus souvent noir (doucement ironique, pas cynique). Grâce également aux descriptions minutieuses (comme toujours) des caractères, des marques, des armes, des corps, des insectes et des animaux, des avions de guerre, des objets abandonnés dans les villages traversés, des paquetages, des chaussures mais aussi de la somatisation, de la souffrance et de la mort. […] Lire la suite de la chronique avec extrait

Lire aussi :
L’herbe des nuits de Patrick Modiano, Gallimard
Autobiographie des objets de François Bon, Seuil
Millefeuille de Leslie Kaplan, P.O.L
L’auteur et moi d’Éric Chevillard, Minuit
Le sermon sur la chute de Rome de Jérôme Ferrari, Actes Sud
Lotus Seven de Christine Jeanney, Publie.net

 

domaine étranger

Un voyage en Inde, Gonçalo M. Tavares, roman traduit du portugais par Dominique Nédellec, 2012, éditions Viviane Hamy (version imprimée, 24€ — version numérique, 16.99€, marquage sans DRM)
Cette œuvre en mouvement est pour moi plus qu’une simple découverte : très vite, Gonçalo M. Tavares a rejoint les auteurs essentiels, les indispensables, ceux qu’on lit et relit. Plus que jubilatoires, son écriture, son style et sa pensée sont explosifs. Poésie, roman, philosophie, mythologie, épopée, cet auteur engrange tout, digère et diffuse. Avec mélancolie, avec humour, avec esprit. C’est tout simplement remarquable. Dans Un voyage en Inde, il se plaît à brouiller les cartes et s’amuse à confondre les narrateurs. Il n’est pas rare de ne plus savoir qui parle. À ce jeu sur le double via la narration doublé de mises en abîme et de digressions, rajoutez quelques comparaisons entre Anciens et Modernes (à travers la technique et la technologie), des réflexions détonantes sur l’opposition nature/humains, dieux/technologie, sur la perte de la mémoire des conflits, sur la langue, le langage, la poésie et le temps distendu, vous obtiendrez un des textes les plus originaux de ce début du XXIe siècle. […] Lire la suite de la chronique avec extrait

Certaines n’avaient jamais vu la mer, Julie Otsuka, roman traduit de l’anglais (États-Unis) par Carine Chichereau, 2012, Phébus (version imprimée, 15€ — version numérique, 10.99€, marquage sans DRM)
Dans ce deuxième roman, Julie Otsuka revient sur un sujet tabou aux États-Unis : l’histoire de ces milliers de jeunes femmes (souvent vierges) qui ont quitté le Japon dans le premier quart du XXe siècle et ont débarqué aux USA pour se marier à des hommes qu’elles ne connaissaient pas et qu’elles n’avaient pas choisi. Outre le rêve d’un ailleurs, la traversée et les premières désillusions, le roman revient surtout sur ces mariages forcés mais aussi sur les conditions dans lesquelles ces exilées vivaient ainsi que sur ce qu’elles pouvaient subir au quotidien comme haines racistes, rejets, humiliations,… jusqu’à Pearl Harbor où l’ignominie atteindra des sommets. Pour raconter cette histoire terrible, Julie Otsuka a choisi de faire parler plusieurs femmes. Pas de personnage à proprement parlé ici mais des milliers de voix en une qui se succèdent (sous la forme d’un nous par exemple), des incantations qui peuvent rappeler celles des chœurs du théâtre grec antique. Une langue très bien restituée par la traduction de Carine Chichereau. […] Lire la chronique avec extrait

Lire aussi :
Shangrila de Malcolm Knox, Asphalte
Home de Toni Morrison, Christian Bourgois éditeur
La Capitana d’Elsa Osorio, Métailié

 

roman noir et thriller

Haïku, Éric Calatraba, Numeriklivres, 2012, édition numérique (marquage sans DRM) — Tome 1 (0.99 €) et Tome 2 (3.49 €)
J’ai beaucoup aimé Haïku d’Eric Calatraba (ces deux tomes lus à cent à l’heure), la force de ce thriller tenant dans l’extrême précision des sujets abordés. Pour le rythme, la vitesse, le mélange des genres et le goût des détails, je trouve que ce thriller est sacrément efficace. Que vous aimiez les grosses cylindrées ou pas, les poèmes japonais ou pas, les arts martiaux ou pas, l’opéra ou pas, les voyages à travers le monde ou pas, les histoires de mafia et de code de l’honneur ou pas, les courses-poursuites ou pas, ruez-vous sur Haïku ! […] Lire la chronique complète

La route du Rom, Didier Daeninckx, Publie.net, collection publie.noir, 2012, 3.99 € en numérique (marquage sans DRM)
Ce Poulpe n’a pas pris une ride et l’ePub est nickel. Une fois encore, Daeninckx ici remue la benne à souvenirs cradingues – le noir se marie malheureusement bien avec les coups tordus, la haine, les haines, les vieux démons, les secrets de famille et le siècle-monstre – et nous rappelle à nos désordres, à nos lâchetés, à nos horreurs passées-présentes : Occupation, déportations, colonisation, ghettoïsation, révisionnisme… Avec La route du Rom, on repensera forcément au Vengo de Tony Gatlif mais aussi à l’errance tzigane et gitane, toujours cette même histoire de méfiance, de route, de fuite (et aujourd’hui les charters). […] Lire la chronique complète

Lire aussi :
Le Dernier Lapon d’Olivier Truc, Métailié

15 octobre 2012

Baisse de prix et promos 24h jusqu’au 28 octobre sur ePagine

1. Plusieurs éditeurs distribués par immatériel proposeront au cours du mois d’octobre des baisses significatives de prix sur l’un de leurs titres disponibles en numérique (tous avec marquage sans DRM). Elles seront toutes effectives pendant 24h. Le premier titre à bénéficier de cette offre promotionnelle est un ouvrage de spiritualité ; il sera suivi par un « thriller surnaturel », un roman policier, le très beau récit de Marcelle Sauvageot (ne passez pas à côté !), un essai sur Steve Jobs et un ouvrage pratique. Voici les 5 titres avec toutes les infos ainsi que le lien vers ePagine. Retenez bien les dates !

Seth Parle (tome I) de Jane Roberts, Mama Éditions, passe de 9.99 € à 2.99 € jusqu’à ce soir minuit
Les âmes rivales de René Manzor, Éditions de l’épée, passe de 9.99 € à 2.99 € le 16 octobre toute la journée
Voguant vers l’avenir lumineux de Fan Tong, Boucher and Luo Infodoc Ltdpasse, passe de 3.49 € à 0.99 € le 20 octobre toute la journée
Laissez-moi de Marcelle Sauvageot, éditions Phébus, passe de 7.49 € à 1.99 € le 21 octobre toute la journée
Les secrets d’innovation de Steve Jobs de Carmine Gallo, éditions Pearson, passe de 18,99 € à 4.99 € le 21 octobre toute la journée
Soignez vos problèmes d’argent de Philippe Geffroy, éditions Maxima, passe de 14.99 € à 3.99 € le 22 octobre toute la journée

 

2. De leur côté, les guides Petit Futé viennent de nous informer que plus d’une vingtaine de leurs titres numériques (avec marquage sans DRM) dans la collection Country Guides seront vendus à moitié prix du 19 au 28 octobre (proposés entre 11.95 € et 17.95 € en papier, les versions numériques sont vendues en temps normal entre 4.99 € et 9.99 € alors que pour cette opération, vous pourrez télécharger ces mêmes titres entre 2.99 € et 4.99 €). La plupart de ces guides contiennent désormais plans et cartes, photos ainsi que des avis de lecteurs. D’après les éditeurs, ce sont leurs « best of de la rentrée ». Dès maintenant, retrouvez tous ces guides en cliquant ici.

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