Le blog ePagine

Conseils de lecture, entretiens, actualité numérique :

le Livre-Avenir ne se fera pas sans les libraires.

10 février 2014

Les 10 articles les plus consultés en janvier 2014 sur le blog ePagine

Retour aujourd’hui sur les dix articles les plus consultés au mois de janvier 2014 sur ce blog, un mois où vous avez surtout été intéressés par la littérature étrangère avec Alice Munro, Hugh Howey, Javier Marías, Horacio Quiroga et les auteurs asiatiques des éditions Picquier mis à l’honneur à l’occasion du Nouvel an Chinois. Mais c’est Ayerdhal avec son thriller déjanté qui aura été le plus lu juste devant le recueil de témoignages de six libraires indépendants. Autres auteurs français, Didier Daeninckx avec un billet posté il y a un an et demi et Pierre Charas qui nous a quitté il y a deux semaines. Enfin, la création numérique n’est pas en reste et c’est tant mieux : le billet continue à être lu et relayé permettant ainsi aux internautes de découvrir des maisons d’édition et des auteurs moins connus que ceux cités précédemment.

Je vous rappelle que tous les livres numériques cités plus bas sont au même prix partout (en France) et peuvent être téléchargés sur la librairie epagine.fr ainsi que sur les sites de vente des libraires partenaires de ePagine (liste à jour ici).

Je ne pouvais pas ne pas terminer ce billet en vous signalant que je signe aujourd’hui un de mes derniers billets sur ce blog. Vous n’êtes pas sans ignorer que le congé parental d’éducation fait parler de lui depuis quelques semaines. Bien qu’ayant pris cette décision à l’automne dernier j’ai comme l’impression d’être en plein dans l’actualité avec ce congé. À partir du 17 février, Stéphane Michalon et David Queffélec tiendront les rênes de ce blog. En attendant de vous retrouver dans six mois (ou plus), je vous souhaite de bonnes lectures, vous remercie pour vos visites et vous dis à bientôt !

ChG (billet et photo)

 

Les 10 billets les plus consultés sur ce blog | janvier 2014


 

 

1 ► Interview d’Ayerdhal pour la sortie de Bastards
| billet du 9 janvier 2014
2 ► Six libraires et ePagine vous offrent Propos sur le métier de Libraire
| billet du 9 octobre 2013
3 ► Nouvel An Chinois : 99 livres numériques des éditions Philippe Picquier à 4.99€
| billet du 24 janvier 2014
4 ► Quoi lire en numérique de Alice Munro, Prix Nobel de littérature 2013 ?
| billet du 10 octobre 2013
5 ► SILO de Hugh Howey (Actes Sud, coll. Exofictions) en cinq épisodes avant intégrale
| billet du 10 septembre 2013
6 ► [note de lecture] Comme les amours de Javier Marías
| billet du 17 septembre 2013
7 ► Didier Daeninckx pour mémoire | La route du Rom (extrait)
| billet du 30 septembre 2012
8 ► Près de 40 nouvelles fantastiques de l’auteur uruguayen Horacio Quiroga en numérique
| billet du 24 octobre 2013
9 ► Création numérique : de nouvelles mises en avant
| billet du 30 janvier 2014
10 ► Pierre Charras (1945-2014) rejoint Schubert, Bacon, Calet et les autres
| billet du 22 janvier 2014

 

5 février 2014

Actualité du blog ePagine [du 22 janvier au 4 février 2014]

Filed under: + Journal de bord — Mots-clés : , , , , — Christophe @ 10:32

Vous trouverez dans ce billet des liens vers des articles récents du blog que vous n’avez peut-être pas eu le temps de lire ces derniers jours. À la une aujourd’hui Pierre Charras, Nouvel An ChinoisCréation numérique et Newsletter ePagine.

En avant pour quelques invitations à la lecture !

 

— LES BILLETS RÉCENTS DU BLOG EPAGINE —

 

► 31.01.14 : Newsletter ePagine #2
Il s’en est fallu de peu pour que la Newsletter ePagine #2 ne parte pas en janvier… mais elle était bel et bien à l’heure pour le Nouvel an Chinois. Prochaine newsletter en février avec une nouvelle fabrication epub de la part du club ePagine Publications numériques. Pour la recevoir en avant-première, rendez-vous dans la partie « Informations » de votre compte sur epagine.fr (…)
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► 30.01.14 : Création numérique : de nouvelles mises en avant
Comme nous le signalions ici en novembre dernier, un espace est désormais réservé à la Création numérique sur epagine.fr. Mise à jour régulièrement, cette page accueille les publications des maisons d’édition qui ont fait le choix de publier des livres en format numérique uniquement. Parmi les dernières sélections, en plus de quelques nouveautés, vous trouverez là plusieurs mises en avant (…)
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► 24.01.14 : Nouvel An Chinois : 99 livres numériques des éditions Philippe Picquier à 4.99€
À l’occasion de l’année chinoise du CHEVAL, qui commence dans la nuit du 31 janvier 2014, marquant ainsi la fête la plus importante pour les communautés chinoises à travers le monde entier, ePagine, en partenariat avec la maison d’édition, vous propose une mise en avant de 99 livres numériques du fonds Picquier, au prix unique de 4.99 € et sans DRM Adobe, du 24 janvier au 9 février 2014 (ces baisses de tarif pourront parfois dépasser les 50 % par rapport aux prix habituels du catalogue numérique) (…)
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► 22.01.14 : Pierre Charras (1945-2014) rejoint Schubert, Bacon, Calet et les autres
Je ne regrette aucune de mes lectures, aucun des récits et romans que Pierre Charras aura écrits, des textes qui cultivaient ce paradoxe : décrire un bouillonnement intérieur sans hystérie, avec la politesse du désespoir qu’on attribue souvent aux silencieux, aux décalés, aux mélancoliques (…)
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24 janvier 2014

Nouvel An Chinois : 99 livres numériques des éditions Philippe Picquier à 4.99€

Du 24 janvier au 9 février 2014, à l’occasion du Nouvel An Chinois, les Éditions Philippe Picquier proposent de télécharger 99 livres numériques de leur fonds de littérature asiatique au prix unique de 4.99 € (marquage sans DRM). La librairie ePagine participe à cette belle opération (cliquez ici pour découvrir les titres choisis ou suivez ce lien pour découvrir la page dédiée à cette opération sur ePagine). À ne pas manquer !

 

 

Pour la deuxième année consécutive, les éditions Philippe Picquier ont décidé de décliner dans l’univers numérique leur grande opération « poche » annuelle en librairie intitulée le NOUVEL AN CHINOIS DES ÉDITIONS PHILIPPE PICQUIER.

99 titres à 4.99 €

À l’occasion de l’année chinoise du CHEVAL, qui commence dans la nuit du 31 janvier 2014, marquant ainsi la fête la plus importante pour les communautés chinoises à travers le monde entier, ePagine, en partenariat avec la maison d’édition, vous propose une mise en avant de 99 livres numériques du fonds Picquier, au prix unique de 4.99 € et sans DRM Adobe, du 24 janvier au 9 février 2014 (ces baisses de tarif pourront parfois dépasser les 50 % par rapport aux prix habituels du catalogue numérique). Romans, nouvelles, proses poétiques, rêveries, essais mais aussi romans érotiques ou enquêtes policières, cette sélection est une belle entrée en matière pour ceux qui ne connaîtraient pas encore ce catalogue et une aubaine pour les amateurs de littérature asiatique.

 

 

Vous trouverez ci-dessous le catalogue préparé pour l’occasion par la maison d’édition, un catalogue qui présente par pays les 99 titres du Nouvel An Chinois des éditions Picquier : 41 titres du domaine chinois, 27 du domaine japonais et 31 titres d’autres pays asiatiques : Vietnam (4 titres) Tibet (6 titres), Corée (4 titres), Inde (11 titres), Mongolie (5 titres), Birmanie (1 titre). Il vous suffira de cliquer sur l’image ou sur le lien infra pour télécharger gratuitement le catalogue au format ePub. Vous pouvez également visiter cette page réalisée spécialement pour Le Nouvel an Chinois, page dans laquelle nous avons classé les titres par pays mais aussi par thématiques (romans policiers, L’Asie immédiate, romans érotiques,…) ou par auteurs emblématiques. Vous trouverez également sur cette page plusieurs mises en avant de la librairie ePagine.

Ma sélection

Dans cette sélection figurent des auteurs importants dont les textes ont souvent été mis en avant par ePagine et qui parfois ont été chroniqués ici. Je pense notamment au diptyque Ikebukuro, West Gate Park de ISHIDA Ira, à la fois polar, portrait d’une génération, regard sur un quartier très « vivant » de Tokyo et dérive urbaine aussi noire que désopilante qui nous entraîne dans le quartier d’Ikebukuro en compagnie de Majima Makoto, un personnage vraiment très attachant. Japon toujours, ne passez pas à côté des Cent vues du mont Fuji de Osamu Dazai qui est pour moi l’un des plus grands (et des plus pessimistes aussi) auteurs japonais du XXe siècle. Petit détour aussi du côté de La submersion du Japon de Sakyo Komatsu qui était un roman d’anticipation et qui est devenu terriblement actuel. Enfin, last but not least, je ne peux pas ne pas vous conseiller de lire le grand poète du quotidien et du paysage, Sôseki (plusieurs titres figurent dans cette sélection, dont ces deux merveilles : La Porte et Petits contes de printemps).

Du côté de la littérature chinoise, on avait fait la part belle ici à WANG Anyi native de Shanghai qui écrit et publie dans son pays depuis les années 70 mais qu’on a découvert en France il y a dix ans seulement, grâce à Philippe Picquier. Quatre des cinq romans traduits chez Picquier figurent dans cette sélection et je vous conseille vivement Amour dans une petite ville, roman sensuel sur le corps, le désir et la danse au temps de la Révolution culturelle chinoise, un roman qui fit scandale lors de sa première parution en 1986 dans la revue Littérature de Shanghai. Si vous avez envie de découvrir un grand roman classique de la littérature érotique chinoise, jetez-vous sur De la chair à l’extase de Li Yu. Plus contemporain mais pas moins subversif, allez faire un tour dans les nuits électriques de Shanghai baby de Weihui. Enfin, pour ceux qui souhaiteraient savourer le regard lucide et l’humour très grinçant de Lao She, saisissez l’occasion : trois de ses romans et recueil de nouvelles sont dans cette liste.

À lire également l’excellent auteur mongole écrivant en langue allemande Galsan Tschinag, découvert en France par les éditions Métailié et L’esprit des péninsules. Cette année, quatre de ses romans (La fin du chant, La Caravane, Dojnaa et Belek, une chasse dans le Haut-Altaï) font partie de la sélection. Avec cet auteur vous voyagerez au cœur des steppes jusqu’aux sommets du Haut-Altaï, des temps anciens à nos jours, et en poésie.

Des dizaines d’autres auteurs vous attendent, notamment l’auteur d’origine indienne, Chitra-Banerjee Divakaruni (à lire en anglais ou en français). Enfin, si vous voulez tout connaître de la cérémonie du thé ou des saumons, cliquez sur les liens !

Bonne année à celles et ceux nés sous le signe du Cheval (et aux autres aussi) en lectures asiatiques !

ChG

Téléchargez gratuitement le catalogue numérique des éditions Picquier
au format ePub ou en PDF

8 mars 2013

Les 10 articles les plus consultés en février 2013 sur le blog ePagine

Retour aujourd’hui sur les 10 articles les plus consultés le mois dernier sur ce blog, un mois de février où l’on aura fêté la BD à Angoulême mais aussi le Nouvel An chinois en lectures grâce à la belle proposition des éditions Picquier. Vous avez été en effet nombreux à suivre nos conseils de lecture et à profiter de l’offre découverte de cette maison d’édition spécialisée en littérature asiatique. Nous vous en remercions. Ce mois a vu aussi la mise en ligne du troisième titre édité et fabriqué par ePagine Publications Numériques, un roman d’apprentissage d’Albert Thierry écrit au début du XXe siècle dans lequel il retrace son expérience « choc » d’instituteur, un texte important à lire en ces temps où il est à nouveau question de la place et du rôle de l’enseignement ainsi que des rythmes scolaires. Par ailleurs, nous sommes ravis que vous ayez réservé un bel accueil au billet d’Aude Simon sur la Nouvelle Revue de Psychanalyse ainsi qu’à celui de David Queffélec sur les littératures de l’imaginaire. Enfin, trois voix aussi différentes qu’intéressantes ont attiré votre attention, celles d’Etel Adnan, de Pascale Gautier et de Sébastien Ayreault et là aussi nous sommes touchés par votre réception.

Je vous rappelle que tous les livres numériques cités dans les billets sont au même prix partout (en France) et peuvent être téléchargés sur la librairie epagine.fr ainsi que sur les sites de vente de tous ses libraires partenaires (liste à jour ici).

Merci pour vos lectures, soutiens et relais.

ChG (photo et billet)

 

Les 10 billets les plus consultés sur ce blog | Février 2013


 

 

1► Débuter l’année du Serpent d’eau en lectures avec les éditions Picquier | billet du 10 février 2013
2► La Nouvelle Revue de Psychanalyse (NRP), par Aude Simon | billet du 12 février 2013
3► Construire une société à hauteur d’homme | Albert Thierry, Philippe Meirieu & ePagine publications numériques | billet du 14 février 2013
4► Les vieilles de Pascale Gautier, comédie grinçante | billet du 15 novembre 2012
5► Les sélections au Grand Prix de l’Imaginaire 2013 | billet du 4 février 2013
6► trois titres majeurs de Etel Adnan à lire en numérique aux éditions Tamyras | billet du 8 février 2013
7► La voix de Sébastien Ayreault, Loin du monde (Au diable vauvert) | billet du 21 février 2013
8► Liste des librairies partenaires d’ePagine | mise à jour du 23 novembre 2012
9► À propos du prix à payer en numérique (L’œuvre Éditions) | billet du 22 février 2013
10► Angoulême 2013 : les Grand Prix à l’honneur sur ePagine | billet du 30 janvier 2013

 

10 février 2013

Débuter l’année du Serpent d’eau en lectures avec les éditions Picquier

Pour fêter l’année chinoise du SERPENT D’EAU qui commence aujourd’hui, nouveau coup de projecteur sur les éditions Picquier et leur sélection de fictions, nouvelles, rêveries, essais, romans érotiques et enquêtes policières écrits par des auteurs japonais, chinois, vietnamiens, coréens ou mongoles. Depuis le 1er février, cette maison d’édition vous propose en effet de télécharger 49 livres numériques de leur fonds de littérature asiatique au prix unique de 4.49 € (marquage sans DRM). Si cette mise en avant est un succès, c’est avant tout parce que cette sélection est de grande qualité et qu’elle touche un lectorat très éclectique. Attention, cette opération prendra fin le 18 février !

Pour découvrir les 49 titres d’un coup d’œil, cliquez ici. Si vous préférez consulter les titres sélectionnés par pays, voici tous les liens utiles : 18 titres du domaine chinois, 15 du domaine japonais et 16 titres d’autres pays asiatiques : Vietnam (6 titres) Tibet (4 titres), Corée (2 titres), Inde (2 titres), Mongolie (1 titre), Birmanie (1 titre). Enfin, sachez que vous pouvez également télécharger en PDF le catalogue numérique des éditions Picquier.

Retrouvez tous nos conseils de lecture en suivant ce lien et bonnes lectures à toutes et à tous sous le signe du Serpent d’eau.

ChG

1 février 2013

Nouvel An Chinois : 49 livres numériques à 4.49€ aux éditions Philippe Picquier

Du 1er au 18 février 2013, à l’occasion du Nouvel An Chinois, les Éditions Philippe Picquier proposent de télécharger 49 livres numériques de leur fonds de littérature asiatique au prix unique de 4.49 € (marquage sans DRM). La librairie ePagine participe à cette belle opération (cliquez ici pour découvrir les titres choisis). En quatre mots : à ne pas manquer ! Il y a des petits bijoux dans cette sélection.

 

 

Pour la première fois, les éditions Philippe Picquier ont décidé de décliner dans l’univers numérique, leur grande opération « poche » annuelle en librairie intitulée le NOUVEL AN CHINOIS DES ÉDITIONS PHILIPPE PICQUIER.

49 titres à 4.49 €

À l’occasion de l’année chinoise du SERPENT D’EAU, qui commencera le 10 février 2013, marquant ainsi la fête la plus importante pour les communautés chinoises à travers le monde entier, ePagine, en partenariat avec la maison d’édition, vous propose une mise en avant de 49 livres numériques du fonds Picquier, au prix unique de 4.49 € et sans DRM Adobe, du 1er au 18 février 2013 (soit des baisses pouvant aller jusqu’à 50 % par rapport au prix catalogue numérique). Romans, nouvelles, proses poétiques, rêveries, essais mais aussi romans érotiques ou enquêtes policières, cette sélection a été très bien pensée.

 

 

Vous trouverez ci-dessous le catalogue préparé pour l’occasion par la maison d’édition, un catalogue qui présente par pays les 49 titres du Nouvel An Chinois des éditions Picquier : 18 titres du domaine chinois, 15 du domaine japonais et 16 titres d’autres pays asiatiques : Vietnam (6 titres) Tibet (4 titres), Corée (2 titres), Inde (2 titres), Mongolie (1 titre), Birmanie (1 titre). Il vous suffira de cliquer sur l’image ou sur le lien infra pour récupérer le fichier au format PDF.

Ma sélection

Dans cette sélection figurent des auteurs importants dont les textes ont souvent été mis en avant par ePagine et qui parfois ont été chroniqués ici. Je pense notamment au diptyque Ikebukuro, West Gate Park de ISHIDA Ira, à la fois polar, portrait d’une génération, regard sur un quartier très « vivant » de Tokyo et dérive urbaine aussi noire que désopilante qui nous entraîne dans le quartier d’Ikebukuro en compagnie de Majima Makoto, un personnage vraiment très attachant. Japon toujours, ne passez pas à côté des Cent vues du mont Fuji de Osamu Dazai qui est pour moi l’un des plus grands (et des plus pessimistes aussi) auteurs japonais du XXe siècle. Petit détour aussi du côté de La submersion du Japon de Sakyo Komatsu qui était un roman d’anticipation et qui est devenu terriblement actuel. Enfin, last but not least, je ne peux pas ne pas vous conseiller de lire le grand poète du quotidien et du paysage Sôseki (deux titres figurent dans cette sélection, deux merveilles : La Porte et Petits contes de printemps).

Du côté de la littérature chinoise, on avait fait la part belle ici à WANG Anyi native de Shanghai qui écrit et publie dans son pays depuis les années 70 mais qu’on a découvert en France il y a dix ans seulement, grâce à Philippe Picquier. Trois des quatre romans traduits chez Picquier figurent dans cette sélection et je vous conseille vivement Amour dans une petite ville, roman sensuel sur le corps, le désir et la danse au temps de la Révolution culturelle chinoise, un roman qui fit scandale lors de sa première parution en 1986 dans la revue Littérature de Shanghai. Si vous avez envie de découvrir un grand roman classique de la littérature érotique chinoise, jetez-vous sur De la chair à l’extase de Li Yu. Plus contemporain mais pas moins subversif, allez faire un tour dans les nuits électriques de Shanghai baby de Weihui. Enfin, pour ceux qui souhaiteraient savourer le regard lucide et l’humour très grinçant de Lao She, saisissez l’occasion : trois de ses romans et recueil de nouvelles sont dans cette liste.

À lire également l’excellent auteur mongole écrivant en langue allemande Galsan Tschinag, auteur découvert en France par les éditions Métailié et L’esprit des péninsules. Attention ! Seule La Caravane fait partie de la sélection mais rien ne vous empêche de lire ses autres récits (Dojnaa et Belek, une chasse dans le Haut-Altaï sont extraordinaires).

Des dizaines d’autres auteurs vous attendent, notamment l’auteur d’origine indienne, Chitra-Banerjee Divakaruni (à lire en anglais ou en français) et l’auteur d’origine vietnamienne Tran-Nhut (3 titres en promo sur les 5 figurant au catalogue). Enfin, si vous voulez tout connaître de la cérémonie du thé ou des saumons, cliquez sur les liens !

Bonne année aux Serpents d’eau (et aux autres aussi) en lectures asiatiques !

ChG

Télécharger le catalogue numérique des éditions Picquier

16 mars 2012

Ikebukuro – West Gate Park de ISHIDA Ira (extrait)

Comme annoncé avant-hier, pendant toute la durée du Salon du Livre de Paris, chaque jour ce blog mettra en ligne un extrait d’un livre numérique. Pour saluer à notre manière le Japon, pays invité d’honneur cette année, ainsi que ses auteurs ou encore ceux que ce pays inspire ou rejette. Aujourd’hui, vous partirez à Tokyo pour une dérive urbaine aussi noire que désopilante dans le quartier d’Ikebukuro en compagnie de Majima Makoto, un personnage vraiment très attachant. À la fois polar, portrait d’une génération et regard sur un quartier très « vivant » de Tokyo, Ikebukuro, West Gate Park de ISHIDA Ira est publié aux éditions Philippe Picquier et il vient d’intégrer le catalogue numérique de ePagine et des libraires partenaires. Proposée sans DRM mais avec tatouage numérique, la version électronique (format ePub) de ce roman est vendue au même prix chez tous les revendeurs de livres numériques (5.99 €) et peut être lue sur tous supports (ordinateur, liseuse, tablette, smartphone…). Un extrait plus long (en ePub) que celui proposé aujourd’hui est également téléchargeable gratuitement (pour ce faire, cliquez sur la couverture ci-dessous). Pour rappel, les Éditions Picquier en numérique c’est aujourd’hui 49 titres et des pépites il y en a, je peux vous l’assurer ! Bonnes lectures !

ChG


© Extrait de la version numérique de
Ikebukuro, West Gate Park de ISHIDA Ira,
traduit du japonais par Anne Bayard-Sakai,
Éditions Philippe Picquier, 1998-2008

« Je m’appelle Majima Makoto. Je suis sorti l’an dernier d’un lycée professionnel de mon quartier, Ikebukuro. La belle affaire. Dans ce lycée, un tiers des élèves abandonnent en cours de route. Yoshioka, de la brigade des mineurs, me disait que mon bahut, c’était un élevage de yakouzes. Bagarres, drogue, et des drôles de fréquentations. Ceux qui étaient doués étaient très vite repérés et recrutés. Y en avait même qui étaient trop fêlés pour faire yakouze. Yamai par exemple. Une de mes vieilles relations d’école primaire. Il était énorme, carré, disjonctait pour un rien et pour une raison mystérieuse avait les cheveux dressés sur la tête. Imaginez un frigo de 185 centimètres avec une bonne dizaine de milliers de bouts de câble dorés fichés au sommet. Sans oublier les piercings qui reliaient ses oreilles et ses narines avec une chaîne pour chien méchant. Son palmarès ? Je dirais 500 combats, 499 victoires, 1 défaite. De cette défaite je reparlerai tout à l’heure.
C’est l’été, l’année de notre deuxième année de collège, que s’est produite l’affaire d’où il devait tirer son surnom. Yamai et je ne sais plus qui de la classe ont fait un pari stupide. Savoir s’il arriverait à l’emporter sur le gigantesque doberman qu’on voyait souvent près du gymnase municipal côté sortie est de la gare. Yamai a affirmé qu’il gagnerait, l’autre a soutenu le contraire, et on tous a parié l’argent de nos goûters sur l’un ou sur l’autre. Le samedi suivant, Yamai & Co ont quitté le portail de l’école pour se diriger vers le gymnase. Le chien était là. Sur la place devant le gymnase. Son maître, un petit vieux, était assis plus loin. Le doberman furetait en reniflant les odeurs sous un banc. Yamai a pris dans sa main gauche un morceau de bœuf saignant et l’a présenté au chien. Le chien, aux anges, s’est précipité vers lui en frétillant de la queue. Yamai a pris son arme dans sa main droite. Un bâton transpercé d’un clou de charpentier. En forme de T comme un tire-bouchon bon marché. J’avais vu Yamai affûter l’extrémité de son arme avec une meule pendant le cours de techno. Des étincelles jaillissaient du clou. Quand le doberman s’est jeté sur lui en bavant, il a planqué la viande et tendu devant lui la main droite. Les clous se sont enfoncés dans la tête étroite du chien. Je regardais la scène d’un peu plus loin, je n’ai pas entendu le moindre son. Yamai a imprimé une rotation à sa main droite avant de la retirer. Le chien s’est écroulé à ses pieds. Il n’y avait presque pas de sang sur son front. Le doberman, l’écume aux lèvres, convulsait. J’ai entendu quelqu’un vomir. On s’est tous éjectés de la place en vitesse.
Le lundi suivant, Yamai avait un nouveau surnom : « le tueur de dober ».

Une fois fini le lycée, j’ai glandé. Je n’avais aucune chance de trouver un vrai travail, et je n’en cherchais pas non plus. Même pour un petit boulot j’avais la flemme. Quand les fonds devenaient trop bas, j’allais donner un coup de main à ma mère dans son magasin de fruits pour me faire un peu d’argent de poche.
Il ne faut pas s’imaginer une boutique comme ces épiceries de luxe qu’on trouve à Ginza. On est dans la première rue d’Ikebukuro Ouest. Ça devrait suffire comme indication pour ceux qui connaissent le coin. Nos voisins, ce sont des salons de massages, des magasins de vidéos X, des restaurants de viande grillée. C’est ma mère qui défend ce magasin, genre étal à peine évolué, que nous a légué papa en mourant. A la devanture, que des fruits chers, melons, pastèques, nèfles précoces, cerises. Un magasin comme on en trouve à coup sûr près de n’importe quelle gare et qui reste ouvert jusqu’à l’heure du dernier train puisque la cible, ce sont les soûlards prêts à toutes les largesses. Voilà, ça c’est chez moi. Du magasin, il n’y a que cinq minutes à pied jusqu’au square d’Ikebukuro sortie ouest. Et la moitié de ce temps, on le perd à attendre que les feux passent au vert.
L’été dernier, quand j’avais un peu de monnaie ou que l’un de nous avait un peu d’argent, on se retrouvait sur un banc du square. On restait assis comme ça, à rien faire, en attendant que quelque chose arrive. On n’avait rien à faire de la journée et aucun projet pour le lendemain. Vingt-quatre heures d’ennui qui se répétaient indéfiniment. Mais même des jours pareils, on se faisait des amis.

Mon associé à l’époque c’était Masa. Masa, alias Mori Masahiro. Un petit génie qui, sorti de notre lycée, avait miraculeusement réussi à se glisser dans une université de quatrième catégorie. Mais il n’y mettait quasiment jamais les pieds, préférant traîner avec moi au Square Ouest. Il prétendait qu’être avec moi facilitait les choses avec les filles. Il portait la chemise largement ouverte sur un torse au bronzage entretenu dans des salons d’UV, et avait trois piercings aux oreilles. Un jour de pluie de juin dernier, on se trouvait au grand magasin Marui du côté ouest de la gare. On s’abritait. La pluie, c’est une plaie quand on est fauché. Nulle part où aller. Ni Masa ni moi n’avions le moindre yen, on ne pouvait rien acheter, on se contentait de déambuler dans les rayons. L’ennui nous a menés jusqu’à la librairie du Virgin Megastore au sous-sol, et là on est tombés sur un spectacle intéressant. Au rayon des livres chers, peinture, photographie, un petit maigre à lunettes était en train de fourrer un livre grand format dans sa besace. Le petit maigre est passé ensuite sans encombre devant les caisses. Il est remonté par l’escalier roulant au rez-de-chaussée puis ressorti par l’entrée principale. On l’a suivi, franchi le carrefour et on l’a rattrapé sur la place devant le théâtre des Arts de Tôkyô. Il a fait un bond d’un mètre quand on l’a hélé dans le dos. Le pigeon rêvé. Combien on allait pouvoir en tirer ? On l’a entraîné dans un café.

Pour sauter à la conclusion, on n’en a pas tiré un rond. Il nous a juste payé nos cafés glacés. Le petit maigre s’appelait Mizuno Shunji. Le livre volé était un recueil de dessins d’un maître français de l’animation. Au début Shun n’était pas capable de sortir un mot qui tienne, et puis tout à coup il s’est mis à parler à toute vitesse et cette fois on ne pouvait plus l’arrêter. Ça faisait trois mois qu’il avait quitté sa campagne pour entrer dans une école de graphisme à Tôkyô. Il n’avait quasiment parlé avec personne pendant tout ce temps. Il n’avait pas d’amis. L’école était peuplée de crétins finis. Les cours n’avaient aucun intérêt.
Même quand il parlait à toute vitesse, son regard était inexpressif. Ça craignait. Masa et moi on s’est regardés. Pas de veine. On n’en tirerait rien. Shun a sorti de sa besace un carnet de croquis et nous a montré ses dessins. Ils étaient super. Mais bon, ce n’étaient que des dessins. On est sortis du café et on s’est quittés.
Le lendemain, alors que Masa et moi étions assis sur notre banc du Square Ouest, Shun nous a rejoints et s’est assis en silence à côté de nous. Il a sorti son carnet de croquis et s’est mis à dessiner. Pareil le lendemain. Shun était devenu l’un des nôtres.

C’est tard dans la nuit le week-end que le square d’Ikebukuro sortie ouest (dit Square Ouest, et quand on veut frimer on l’appelle West Gate Park) révèle son vrai visage. La place circulaire avec son jet d’eau central devient le colisée de la drague. Les filles s’asseyent sur les bancs, les garçons dessinent des cercles autour d’elles et leur adressent la parole à tour de rôle. Accord conclu, les intéressés quittent le parc. Il y a tout ce qu’il faut à proximité, bars, karaoké, love-hôtels. Devant le jet d’eau s’alignent des radiocassettes de la taille d’une armoire, et des groupes de danseurs répètent leur chorégraphie sur des rythmes de basse qui vous secouent les tripes. De l’autre côté des jets d’eau, les chanteurs assis par terre guitare à la main chantent à s’en casser la voix. Quand le dernier bus a quitté le terminal, les voitures de « ceux de Saitama » se laissent dériver lentement à la queue leu leu en tentant par-dessus leurs vitres fumées de convaincre les filles. Un tour avec nous, ça vous dirait ? Dans le prolongement du parc se trouve le théâtre des Arts de Tôkyô avec son rideau de fer baissé pour la nuit, et la place juste devant est une piste rêvée. Des groupes de boarders et de riders en BMX rivalisent de figures. Dans le Square Ouest, chaque groupe a son territoire invisible et, à la frontière, des G-boys agressifs rôdent comme des requins qui pistent l’odeur du sang. Les toilettes publiques au coin du parc, c’est le grand bazar. Toute la nuit, il y en a qui vendent et d’autres qui achètent. Des vendeurs disparaissent toutes les cinq minutes dans les toilettes pour hommes, et des minettes, les chaussettes dégoulinant sur les chevilles, disparaissent avec eux.
Tous les samedis soir, dans ce Square Ouest, on attendait nous aussi que le temps passe, plongés jusqu’au cou dans une eau brûlante. Il arrivait qu’on emballe une fille, il arrivait qu’on soit dragués. Il arrivait qu’on cherche la bagarre, il arrivait qu’on nous cherche. Mais la plupart du temps il ne se passait rien, et pendant qu’on attendait en vain qu’il se passe quelque chose, le ciel à l’est devenait transparent, un jour d’été se levait, le premier train se mettait en branle. Pourtant, on continuait à aller à West Gate Park.
Parce qu’on n’avait rien d’autre à faire.
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9 janvier 2012

Saluer les éditions Philippe Picquier avec WANG Anyi

Les éditions Philippe Picquier, qui sont incontournables quand on s’intéresse de près aux littératures asiatiques et extrêmes orientales, continuent sur leur bonne lancée. 16 titres à ce jour figurent au catalogue numérique sur tous les sites des libraires connectés. Proposés au format ePub sans DRM, les moins chers sont vendus 4.49€ et le plus cher 12.99€ (mais la plupart se situant plutôt autour de 6€), vous avez dans 80% des cas la possibilité de télécharger gratuitement un extrait en ePub. Pour les saluer et vous faire entrer dans leur catalogue, je vous propose aujourd’hui de lire un extrait de Amour dans une petite ville de WANG Anyi la shanghaienne qui écrit et publie dans son pays depuis les années 70 et qu’on a découvert en France grâce à Philippe Picquier il y a 10 ans. Amour dans une petite ville, roman sensuel sur le corps, le désir et la danse au temps de la Révolution culturelle chinoise « fit scandale lors de sa première parution en 1986 dans la revue Littérature de Shanghai, au point qu’il fallut attendre près de huit ans pour que paraisse enfin en Chine populaire un recueil intitulé Sanlian (« Trois amours »), qui reprenait ce roman ainsi que deux autres publiés à la même époque, Amour sur une colline dénudée et Amour dans une vallée enchantée (dispo en numérique également). Ce texte, tranchant sur la pruderie officielle ambiante, osait parler d’amour physique, sujet considéré jusqu’alors comme tabou. » (note de Yvonne André la traductrice de ce roman).



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Amour dans une petite ville de WANG Anyi,
traduction Yvonne André,
Éditions Philippe Piquier, 2007
(2011 pour la version numérique).

« C’est une toute petite ville ceinte de plusieurs cours d’eau, avec une route étroite qui conduit à la voie ferrée. Son originalité lui vient de ses arbres. Sophoras, ormes et saules, peupliers, cédrèles et pêchers, pruniers, abricotiers, jujubiers et plaqueminiers lui font un cerne d’émeraude. Depuis les bateaux qui descendent le cours du fleuve, s’aperçoit au loin une oasis débordant de verdure. S’approchant, on distingue les maisons de briques grises à toits rouges. Encore plus près, on entend la mélopée sereine des porteurs d’eau. En effet, les habitants ont l’habitude de boire l’eau de la rivière car celle des puits leur donne la colique. Les porteurs livrent l’eau à domicile par charrette à bras portant un tonneau goudronné. Les cahots sur le chemin inégal font jaillir des éclaboussures du tonneau plein d’eau. Les roues des charrettes ont raviné plus ou moins profondément le chemin qui longe la rivière. D’innombrables ornières s’entrecroisent et quand la roue d’une charrette passe de l’une à l’autre, elle bute sur la bosse de terre qui les sépare, transformant le chant du porteur d’eau en trille rythmé. Le chant s’éloigne tandis qu’un autre se rapproche, obsédant, toujours associé à la verdure des bouquets d’arbres. Cependant, le bateau est reparti après avoir abandonné quelques dizaines de voyageurs et plus de dix palanches lourdement chargées. Par la passerelle vacillante, tous les arrivants sont montés sur la berge et s’éloignent par le chemin de terre en direction du centre de la ville.
La plupart des rues sont revêtues de pavés polis par l’usage. À travers les semelles de coton, les passants ressentent la bienfaisante chaleur des pierres chauffées au soleil. Les charges des marchands oscillent au bout des palanches, leurs pas font trembler le sol. Ils ne déposent leur fardeau que lorsqu’ils sont parvenus au cœur de la ville. Ils apportent de la ciboule nouvelle fraîchement cueillie, où perle encore la rosée. Aujourd’hui, dans neuf foyers sur dix, on mangera des raviolis farcis à la ciboule et toute la rue exhalera son odeur alliacée. La palanche libérée de ses bottes de ciboule s’éloigne tout doucement, portant une charge de beignets.
Une charrette qui part vers le sud acheter du fourrage passe au trot dans la rue. Elle arbore, en guise de voile¹, un morceau de drap. Tête basse, la vieille jument souffle ; près d’elle caracole un poulain en liberté, levant haut ses jambes grêles. Tantôt il ouvre la marche, tantôt reste à la traîne, tantôt folâtre de droite et de gauche, bousculant l’éventaire de gelée de pois verts d’une grand-mère, sans que personne ne s’en formalise. Tout le monde s’écarte devant lui et le laisse batifoler.
Sur les murs où la chaux pelée laisse voir les briques sont placardées de grandes affiches annonçant les programmes du cinéma et du théâtre. La place de cinéma coûte dix centimes et trente celle de théâtre. Les films montrent des ombres qui se meuvent avec talent, tandis qu’au théâtre les acteurs, certes moins bons, sont présents en chair et en os. Somme toute, le prix est justifié. Chaque soir, les deux salles font le plein de spectateurs, juste comme il faut.
Le soir venu, quand tous les marchands ambulants sont repartis et que les boutiques ont fermé leurs volets, dans l’obscurité de la rue, les pavés reflètent le brillant clair de lune. Les portes se ferment, les fenêtres se closent, puis, un moment plus tard, les lumières s’éteignent. Les enfants rêvent à leur vie quand ils seront grands, les vieux songent au temps de leur jeunesse. Quant aux hommes et aux femmes qui ne sont ni jeunes ni vieux, ils se livrent dans l’obscurité à d’autres plaisirs et sèment des graines de vie. L’an prochain à pareille époque, dans la petite ville, seront apparues de nouvelles vies vagissantes.
A présent règnent calme et obscurité.
Au cinéma, sur l’écran lumineux, s’agitent des silhouettes humaines, jouant une histoire faite de tristesse de la séparation et de joie des retrouvailles. Au théâtre, sur la scène brillamment éclairée, des acteurs bien réels jouent des personnages imaginaires.

¹ Dans la plaine du Nord, on tend souvent une voile sur les brouettes ou les charrettes pour s’aider de la force du vent. »

 

Née à Nankin en 1954, WANG Anyi a passé son enfance à Shanghai, la ville natale de sa mère. Née de parents tous deux écrivains, et enfant précoce, elle est capable dès l’âge de quatre ans de réciter des poèmes classiques, dont Le Chant des regrets éternels du poète Bai Juyi (IXe siècle), dont elle reprendra le titre, bien des années plus tard, pour le donner à son roman. Le chant des regrets éternels, paru en 1995, obtiendra d’ailleurs l’une des plus hautes distinctions chinoises, le prix Maodun, en l’an 2000. C’est encore une enfant quand son père, traité de droitiste en 1957, est démis de ses fonctions dans l’armée. Dix ans après, la Révolution culturelle va ranger sa mère, comme nombre d’écrivains, parmi les “esprits malfaisants”. Elle se réfugie dans la lecture des grands écrivains chinois et étrangers, notamment Balzac. Depuis la parution de ses premiers textes en 1976, elle ne va plus cesser de publier nouvelles, romans, essais et récits de voyage, remportant de nombreux prix littéraires. Elle aime à faire revivre sur un mode intimiste les ruelles de Shanghai et ses années d’adolescence marquées par la Révolution culturelle. Elle est élue en 2001 présidente de l’Association des écrivains de Shanghai.

Œuvres publiées en français (les deux titres disponibles en numérique sont suivis d’un *)

Les Lumières de Hong Kong. Éditions Philippe Picquier, 2001.
Amère Jeunesse. Bleu de Chine, 2004. (épuisé chez l’éditeur)
Le Chant des regrets éternels. Éditions Philippe Picquier, 2006.
Amour dans une petite ville. Éditions Philippe Picquier, 2007. *
Amour dans une vallée enchantée. Éditions Philippe Picquier, 2008. *
Amour sur une colline dénudée. Éditions Philippe Picquier, 2008.
À la recherche de Shanghai. Éditions Philippe Picquier, 2011.

13 septembre 2011

rentrée littéraire et sans DRM pour 11 éditeurs diffusés par Harmonia Mundi

Fin mars 2011 nous annoncions ici l’arrivée en numérique des premiers titres des éditions Allia et du Passage du Nord-Ouest. Dans le même temps arrivaient au catalogue trois titres des éditions Picquier. Ces trois maisons d’édition sont diffusées en librairie par Harmonia Mundi (merci à Olivier Fabre qui œuvre depuis des mois pour faire entrer d’autres éditeurs au catalogue via Eden Livres). Depuis deux jours si Allia, Passage du Nord-Ouest et Picquier proposent de nouveaux titres (des nouveautés qui plus est, et en ePub, et sans DRM), d’autres éditeurs viennent de les rejoindre : L’aube, Bleu autour, Champ Vallon, Les Impressions Nouvelles, Thierry Marchaisse, Le Mot et le reste et l’éditrice de Nicolas Bouvier, Zoé. Un texte très attendu à la Fosse aux ours sera mis en ligne le 22 septembre ainsi que deux autres titres publiés par les éditions Yago et Wombat. Si les premiers livres numériques avaient été mis en ligne au moment du salon du livre de Paris en mars dernier cette nouvelle série arrive en pleine rentrée littéraire numérique. Quinze titres numériques chez 11 éditeurs c’est bien peu (par rapport à la qualité et à l’offre de ces catalogues) mais il me semble que c’est un signal fort lancé par les éditeurs diffusés par Harmonia Mundi. Signalons aussi que cette rentrée est 100% sans DRM et que les prix se situent entre -25% et -67% du prix papier selon les titres et/ou les éditeurs. Parmi cette petite quinzaine de titres on trouvera essentiellement des récits et des romans dont un pour la jeunesse. Par ailleurs, certains de ces ePub ont été fabriqués par ePagine et d’autres par Lekti. Si des extraits gratuits peuvent être téléchargés (en ePub) depuis les plateformes de vente de livres numériques (liste des libraires partenaires ici), d’autres seront feuilletés ou téléchargés (en PDF) depuis Eden Livres. Tout ceci est signalé infra, pour chaque titre. Bonne rentrée à tous les éditeurs diffusés par Harmonia Mundi !

 

ÉDITIONS ALLIA

Ballast de Jean-Jacques Bonvin, 2.99 €
Télécharger un extrait gratuit

Écrit dans un style vivant, écorché et impulsif, Ballast restitue à merveille la soif d’aventures, d’attirances et de libertinages des protagonistes de la beat generation. Un objet littéraire qui nous fait avaler le ballast, dont Jack Kerouac, William Burroughs et Allen Ginsberg eux-mêmes avaient noirci leurs cahiers. Pour aller plus loin vous pouvez visionner cette vidéo dans laquelle Jean-Jacques Bonvin revient sur le mouvement beat et l’écriture de son texte.

Passer la nuit de Marina de Van, 4.49 €
Télécharger un extrait gratuit

Marina de Van a réalisé Dans ma peau (2002), avec elle-même dans le rôle principal et Ne te retourne pas (2009), avec Monica Bellucci et Sophie Marceau dans les rôles principaux. Ici elle s’applique à transmettre par l’écriture ce qu’elle a pu ailleurs filmer, notamment par la répétition des gestes de la narratrice. C’est cette violente sincérité qui resurgit là, entre les lignes. Sincérité face à la difficulté d’être normale

Repas de morts de Dimitri Bortnikov, 4.49 €
Télécharger un extrait gratuit

Des steppes de Russie aux bas-fonds parisiens, l’auteur nous invite à un « bal des revenants », esprits réincarnés au gré de souvenirs épars, entremêlés… La traversée brutale de ce climat onirique rappelle, bien que dans un style tout différent, l’introduction de Michel Leiris à L’Âge d’homme, concevant la littérature comme une tauromachie… Ce roman a semble-t-il été déjà très remarqué par la critique et les libraires, il est notamment sélectionné pour le prix France-Culture Télérama.

>>> mises en ligne précédentes des éditions Allia : Le découragement de Joanne Anton, 2.99 € - extrait gratuit (texte chroniqué ici) et Too much future de Henryk Gericke & Michael Boehlke, 7.49 €

 

ÉDITIONS DE L’AUBE

Val d’absinthe de Anna Roman, 11.99 €
Feuilleter l’extrait / Télécharger l’extrait (PDF)

Spécialiste du cinéma latino-américain, Anna Roman nous propose ici son premier roman. Années 80. L., 40 ans, mariée, deux enfants, décide de faire partie d’un programme qui prépare des détenus en maison d’arrêt à l’examen spécial d’entrée à l’université. La guerre d’Algérie, le franquisme, les dictatures d’Amérique Latine lui ont appris la prison politique. Mais elle n’est jamais entrée dans une prison française.

>>> mise en ligne précédente des éditions de l’Aube : Engagez-vous !, entretiens avec Gilles de Vanderpooten et Stéphane Hessel, 3.99 €

 

ÉDITIONS BLEU AUTOUR

La confession d’un fou de Leïla Sebbar, 8.49 €
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La confession d’un fou est un roman sur la violence en politique, sur ses ressorts intimes, armés dans l’enfance, et sur ses ressorts historiques. De Shérazade, sa trilogie romanesque, à La confession d’un fou, les livres de Leïla Sebbar, à la croisée de l’intime et du politique, disent l’exil, le métissage, la violence.

 

ÉDITIONS CHAMP VALLON

Solution terminale d’Anne Maro, 11.99 € (premier roman)
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Un monde cynique : le Monde Vénérable. Un système impitoyable et anonyme : la Pyramide. Au sommet, des élites nanties, d’une vieillesse extrême, de plus en plus obsédées par leur protection et leur plaisir, rêvent d’éternelles vacances et exploitent sans vergogne le reste de la société.

 

LA FOSSE AUX OURS

Génération mille euros de Antonio Incorvaia & Alessandro Rimassa, 11.99 € (en ligne le 22 septembre)
Génération mille euros est un roman mais c’est surtout le tableau d’une génération de trentenaires, précaires en tout. Conçu au départ comme un ebook, Génération mille euros a connu un beau succès en Italie dans sa version papier avant de devenir un film en 2009. Antonio Incorvaia (1974) est diplômé d’architecture. Il a été graphiste et écrit désormais pour la télévision. Alessandro Rimassa (1975) est journaliste. Il travaille pour la télé et la radio.

 

LES IMPRESSIONS NOUVELLES

Un peu de vie dans la mienne d’Emmanuelle Lambert, 8.99 €
Il y a trois ans que Paul s’est retiré dans une maison de repos, assumant son incapacité à vivre sa vie, plus à son aise avec les fous qu’avec les gens normaux. Un jour il reçoit la lettre d’une femme qu’il a aimée. Il lui faut sortir, affronter une dernière fois ses souvenirs, et finalement se confronter au monde.

Ma guerre de Troie de Daniel Kammer, 9.99 €
Par le sortilège d’une boule de cristal oubliée dans un grenier de banlieue, Léo Cerzanne, collégien de 13 ans, se retrouve en pleine guerre de Troie, auprès des héros Achille, Patrocle, Pâris et les autres, qu’il accompagnera à travers toute l’Iliade (à partir de 11 ans).

 

ÉDITIONS THIERRY MARCHAISSE

Un lézard dans le jardin d’André Agard, 9.99 €
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Clara, la narratrice, est une fétichiste de la soie, qui est poussée à des comportements incontrôlables, au point qu’elle en devient dangereuse. Échappant de justesse à la prison, elle se retrouve internée dans une institution psychiatrique. C’est là que nous la rencontrons, au début du roman, qui nous plonge d’emblée dans son monde intérieur, et nous ouvre sa sensibilité tour à tour attachante et inquiétante, son intelligence aiguë des signes et des autres… Un premier roman où se croisent le roman policier, le fantastique, le conte philosophique et l’analyse psychologique.

 

LE MOT ET LE RESTE

Sermons radiophoniques de Hakim Bey, epub – 2.99 €
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Les Sermons radiophoniques (1992) forment un ensemble de onze textes dans lesquels l’auteur développe une théorie de pratique artistique appelée « immédiatisme ». Dans la lignée de Dada et du situationnisme, l’immédiatisme se conçoit comme un mouvement basé sur la notion de jeu. Hakim Bey est un écrivain anarchiste américain connu pour sa théorie de la TAZ (Temporary Autonomous Zone ou zone autonome temporaire) ainsi que pour ses écrits sur le mysticisme et les cultures pirates qui ont beaucoup influencé le monde des squats et des free parties entre autres (vous pouvez lire à ce sujet le billet consacré à TAZ lors de la mise en ligne de ce texte par les éditions de L’éclat en juin dernier).

 

PASSAGE DU NORD-OUEST

Providence de Juan Francisco Ferré, 17.99 €
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Voici ce qu’écrit Juan Goytisolo de ce roman : « À partir d’une situation banale – un cinéaste espagnol, Alex Franco, se voit confier un scénario, intitulé Providence, pour le porter à l’écran –, le récit bifurque, se développe dans différentes sphères, emprunte des voies nouvelles et risquées. » Juan Francisco Ferré est né à Málaga en 1962. Il appartient à une nouvelle vague, marquante, d’écrivains espagnols imprégnés de pop culture et de nouvelles technologies. Nouvelliste, romancier et critique littéraire, il enseigne actuellement à l’université Brown, à Providence (Rhode Island), aux côtés de Robert Coover. Auteur de plusieurs romans dynamiteurs de formes et de genres, Ferré a été avec Providence finaliste du prestigieux prix Herralde en 2009.

>>> mises en ligne précédentes du Passage du Nord-Ouest : Au sujet du Passage du Nord-Ouest lire ce billet consacré aux deux premiers titres numérisés de Rodrigo Fresán (ceux-ci sont toujours en PDF).

 

ÉDITIONS PHILIPPE PICQUIER

Les Chevaux célestes (L’Histoire du Chinois qui découvrit l’Occident) de Jacques Pimpaneau, 8.99 €
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Jacques Pimpaneau, né en 1937, est sinologue, professeur à l’école des Langues Orientales de 1965 à 1999. Il crée le musée Kwok On (Arts et traditions populaires d’Asie) à Paris en 1971 où il organise de nombreuses expositions. La collection Kwok On est donnée en 1999 à la Fondation Oriente à Lisbonne. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et traductions sur la littérature classique chinoise. Ici, il entreprend de raconter l’histoire de Zhang Qian qui fut le premier explorateur chinois de l’Asie Centrale jusqu’à la Perse, qu’il parcourut et où il vécut et prit femme. Aucun des faits relatés ne sont inventés car tout est fidèle au récit que nous ont transmis les Mémoires historiques, et à cet esprit depuis longtemps disparu, Jacques Pimpaneau redonne vie, l’éclaire des enjeux politiques, l’anime de la flamme de l’intelligence et du souffle de la liberté sur les routes des Xiongnu, de la Bactriane et des chevaux célestes.

La submersion du japon de Sakyo Komatsu, epub – 5.99 €
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Les tremblements de terre qui secouent continuellement le Japon rappellent à tous les Japonais que le destin de l’archipel est d’être, un jour, englouti comme le fut l’Atlantide autrefois. Un bathyscaphe dans la fosse du Japon examine de nouvelles fractures dans l’écorce terrestre. Des îles s’enfoncent, des volcans se réveillent, des tsunamis engloutissent les terres… Un roman d’anticipation aux échos malheureusement contemporains.

>>> mises en ligne précédentes des éditions Philippe Picquier : Les Herbes du chemin de Natsume Sôseki, 6.49 € ; Fantômes et kimonos Hanshichi mène l’enquête à Edo de Kidô Okamoto, 5.99 € et Journal d’un apprenti moine zen de Giei Satô, 10.99 €

 

ÉDITIONS ZOÉ

À travers tous les miroirs d’Ursula Priess, epub – 11.99 €
Ce récit par petites touches est d’une infinie intelligence. Juxtaposé à l’histoire d’une rencontre amoureuse à Venise, il affronte les rapports au père célèbre, aimé et souvent détesté ou incompris. Ursula Priess, fille de Max Frisch (1911-1991), est née en 1943 à Zurich. Elle quitte la Suisse en 1966, vit en Suède, en Écosse, aujourd’hui en Allemagne. Son lieu de prédilection est Istanbul, sur lequel elle vient de publier son deuxième livre. À travers tous les miroirs est son premier texte publié.

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