Le blog ePagine

Conseils de lecture, entretiens, actualité numérique :

le Livre-Avenir ne se fera pas sans les libraires.

26 juin 2015

Démarrage en trombe vers le Premier Parallèle

Filed under: + Conseils de lecture,+ Entretiens — Mots-clés : , — David @ 15:55

Il y a peu nous interviewions les deux nouvelles éditrices, Amélie Petit et Sophie Caillat. En trois petits mois l’envol de Premier Parallèle est stupéfiant. Les médias (presse, radio, télé) ont enchainé références, interviews et reportages sur quasiment chacun de leurs ouvrages au catalogue. Le mercredi 24 juin, Elise Lucet recevait au journal de 13h, en interview, Sébastien Martinez, le talentueux préfacier de l’ouvrage sur la mémoire, L’homme qui se souvient de tout.

Voici la vidéo de l’interview, durant laquelle Sébastien Martinez arrive à faire mémoriser sans mal à la journaliste un numéro de téléphone, à l’aide d’une méthode très simple à comprendre.

Vous souhaitez découvrir cette méthode pour apprendre à apprendre, ce court essai romancé est pour vous.
Et après la lecture, vous étonnerez sans mal vos proches en retenant sans problème ce qui vous était avant impossible à mémoriser.

 

David Queffélec

18 mars 2013

Les Avenirs d’Hafid Aggoune (édition revue et corrigée) chez StoryLab

Les Avenirs est le premier roman d’Hafid Aggoune pour lequel il a reçu le prix de l’Armitière 2004 et le prix Fénéon 2005. Je me souviens (je travaillais alors à la librairie Les Sandales d’Empédocle à Besançon) l’avoir lu lors de sa parution aux éditions Farrago, maison d’édition qui a cessé son activité en 2006. Et si ce roman m’avait touché (il faisait partie des textes que j’avais largement recommandé), l’annonce de la fermeture de Farrago m’avait rendu très triste. L’auteur, lui, a continué de publier (une fois encore chez Farrago, ensuite chez Denoël et Joël Losfeld, titres non disponibles en numérique). Avec un titre comme celui-là, Les Avenirs ne pouvait pas ne pas renaître. Étant épuisé, l’auteur a récupéré ses droits et a choisi de le reprendre, de le corriger, de proposer cette nouvelle édition à une maison d’édition. Mais parce qu’on est presque dix ans plus tard et parce que nous sommes face à des dizaines d’avenirs possibles, le roman d’Hafid Aggoune paraît cette fois non pas chez un éditeur papier mais en numérique, aux éditions StoryLab.

Récit sur la mémoire individuelle et collective, l’exil, l’absence, les blessures et le retour à la vie, ce roman d’Hafid Aggoune n’a pas perdu de sa vigueur ni de sa troublante sensualité. Les Avenirs est aussi un voyage dans le temps et dans l’histoire, un exercice délicat mais réussi, tantôt d’une lucidité cruelle tantôt poétique voire onirique. Les Avenirs est aussi un roman d’amour doublé d’un roman d’apprentissage inversé où le lecteur suit le narrateur dans sa lente remontée du siècle dernier, jusqu’au choc, jusqu’à la perte. Les Avenirs dresse également le portrait d’un homme qui, par le manque, l’absence et grâce aux souvenirs (même si ceux-ci sont douloureux), a choisi de revivre. Les Avenirs, enfin, est une ode à la création, à la vie.

Le roman d’Hafid Aggoune est disponible sur ePagine au format ePub au prix de 5.99 €. Le fichier est fourni avec un dispositif de protection par filigrane (sans DRM Adobe). Ce procédé permet une lecture sur les différents supports disponibles (liseuses, tablettes, ordinateurs, smartphones) et ne limite pas son utilisation, qui demeure strictement réservée à un usage privé.

Pour en savoir plus sur l’auteur et son roman, visionnez l’interview infra.

Si vous souhaitez consulter ou télécharger Les Avenirs, cliquez ici.

ChG

 

 

Les Avenirs, Hafid Aggoune, StoryLab, 2013, 5.99 €

29 janvier 2013

Ce travail qui nous travaille (une sélection de 20 titres)

 

Petite sélection aujourd’hui de romans, récits, témoignages ou réflexions sur le monde du travail et celui de l’entreprise, tous disponibles en numérique sur ePagine. Certains de ces essais ou fictions ont été écrits il y a plusieurs décennies maintenant et d’autres viennent de paraître. Qu’il soit question de notre rapport au travail aujourd’hui ou de mémoire ouvrière par exemple, chacun de ces points de vue interrogent la place des hommes et des femmes dans la société ou dans la cellule familiale par ce prisme précis. Tiraillements et autres distorsions, notamment ce que le corps reçoit et endure (fatigue, souffrance, stress, non-dits), sont ainsi mis en lumière. De ce fait, il est souvent question ici de la place de la parole, de la langue, du langage et des déplacements que cela implique en soi : la mémoire, l’expérience ou le regard étant indissociables du geste d’écrire. Vous me direz, les sujets sont graves. Oui, parce que essentiels pour comprendre et agir (qu’il s’agisse de fermetures d’usines, de licenciements, de souffrance au travail, de suicides…). Aussi parce que les conséquences dépassent le plus souvent le cadre de l’individu et peuvent toucher plusieurs familles, un quartier, toute une ville parfois. Les sujets sont graves, une deuxième fois oui, mais les traitements, eux, parce que le travail sur la langue est avant tout un travail sur soi, sont tous incarnés : analyse clinique, humour noir, prose poétique, uchronie, chacun cherchant à retrouver le bon équilibre, la bonne distance, chacun nous aidant à mieux comprendre à la fois d’où on vient et, si nous ne savons pas toujours où aller, où on est.

Dix titres sont mis en avant sur ePagine depuis hier matin. Des textes que pour la plupart j’ai lus il y a longtemps ou tout dernièrement. Certains de ces auteurs ont d’ailleurs été souvent cités sur ce blog et leurs textes chroniqués. Je pense notamment à Thierry Beinstingel, Leslie Kaplan, François Bon, Guillermo Saccomanno ou encore Joachim Séné. D’autres, comme Ouvrière de Franck Magloire, je les avais chroniqués il y a une petite dizaine d’années maintenant. Celui-ci étant désormais disponible en poche et en numérique, je reprends et réactualise infra cette petite note de lecture écrite en 2004.

Vingt titres figurent dans la sélection « ce travail qui nous travaille ». Il vous suffit de cliquer sur ce lien pour les découvrir.

 

Franck Magloire, Ouvrière
Éditions de l’Aube, 2004 ; Points Seuil, 2012

De 1972 à 2002, Franck Magloire a vu sa mère partir travailler chez Moulinex. Quand l’usine ferme, il l’interroge et se met à l’enregistrer. Au début, il lui faut se débarrasser de toute cette hérédité ouvrière, puis les mots surgissent, qui portent encore l’odeur de l’usine. Ils disent sans rancœur les gestes effectués et répétés. Petit à petit, d’autres mots prennent corps – comme son corps à elle qu’elle prend le temps de regarder, de maquiller et de vêtir, malgré la peau usée et les rides. « Nous avons tous (…) une vive singularité qui vaudrait la peine d’être narrée et qui pourrait même étonner …», lit-on. Nicole décrit alors son quotidien, le monde fermé de l’usine et dit à son fils ce qu’est une ouvrière et comme il est difficile d’en parler quand on est avant tout une femme, quand on travaille dans une usine qui fabrique de la liberté domestique. Nicole sait décrypter les différents langages de cet univers : la syntaxe patronale, les slogans syndicalistes et le phrasé métallique des ouvriers. Elle revient aussi sur les relations qui se nouent, les choses qu’on ne dit pas à sa famille et qu’on avoue aux collègues qui souvent ont déjà deviné les blessures, les épanchements restant rares mais bouleversants. Elle nous raconte aussi comment elle arrive à s’évader, comme ils sont courts mais salvateurs ses voyages mentaux, avouant aussi que l’usine demeure toujours « aux aguets, à l’arrière-plan de l’image », même dans sa vie privée.
Au-delà d’une expérience personnelle, ce récit se fait mémoire collective en nous éclairant un peu plus sur le début de la fin de l’ère industrielle : boom économique, années Mitterrand, premiers départs en préretraite, flexibilité, intérim à outrance, délocalisation, fermeture des usines en Lorraine et dans le Nord, chômage, emplois jeunes.

 

Travaillez bien et bonnes lectures !

ChG

2 décembre 2011

Je lis Maryse Hache qui lit Claude Favre

Aujourd’hui Qui lit quoi ? #10 en poésie et en compagnie de Maryse Hache qui nous propose une lecture de pas de titre ni rien de Claude Favre.

Parce que je rends visite au Semenoir très régulièrement, cet été j’ai demandé à l’auteur de ce site, Maryse Hache, si elle souhaitait participer à cet échange d’impressions et de lecture qu’est le Qui lit quoi ? Elle m’a répondu tout de suite, quasiment par retour de mail, et dans la foulée m’a adressé ce rebond au poème de Claude Favre. Comme j’ai beaucoup traîné (je m’excuse auprès d’elle d’ailleurs), un de ses textes a, depuis, rejoint le catalogue de publie.net, Abyssal cabaret qui est un monologue poétique d’une beauté très violente et qui a été mis en scène et joué plusieurs fois. La lecture de ce texte a également fait l’objet d’un enregistrement.

Profitant de l’occasion, souhaitant participer à ce jeu (le Qui lit quoi ? devenant une sorte de marabout d’ficelle), aujourd’hui Je lis Maryse Hache qui lit Claude Favre.

Ces deux textes, publiés par la coopérative d’auteurs publie.net (3.49 € pour celui de Claude Favre et 2.99 € pour celui de Maryse Hache, formats epub, mobi & pdf + mp3, sans DRM), sont disponibles sur les sites de tous les libraires partenaires de ePagine (liste à jour ici). Je remercie vivement Maryse d’avoir choisi de répondre de manière très sensible à ce texte de Claude Favre qui fait vlang.



Claude Favre, pas de titre ni rien, publie.net, lu sur iPad

txt me tient tête mais en parler de mes quelques mots oser : je déambule un peu hagarde entres les siens explosés violence hoquets et tenue

elle est là debout entre paragraphes bouche lui saigne peur mort la pogne

« en griffes ta bête ne se. te. tais-toi. tu ne jamais. vlang veines feu. à flancher. à te mourir. à rugir à. on t’a dit pas. fientes. qu’apportes »

point mot point phrases défaites à point piquées piqûre cousues à point points majuscules virées minuscules ou rien ruines ou rien sauf langue pointée langue à pointes à sang à éclats de syntaxe vlang injuriée spermatraumisée vomie tu hurlâmes au cutter ils te pourtant douce et chèvrefeuille

« ruines. qu’apportes-tu. vorace. à comme. lacets. douce si. pas douce. fientes. comme pas. pas douce plus. à. tais-toi plus. le long des veines. mots comme acide. bonjour. »

rugir équarrir vivre peut-être

Maryse Hache

 

Pour moi Abyssal cabaret est une sorte de ballade d’une trompe-la-mort dans laquelle Maryse Hache, « au chaud de la langue défaite/ vaille que coûte », déroule son « chant dans la profération du mot ». Au cœur de cette ballade s’affrontent les paradoxes de l’être humain et notamment ceux de la comédienne, cette femme « dont nous racontons l’histoire… » en prise avec sa propre histoire (qui est aussi la nôtre) qui contient celle de ses aïeux et de son environnement. Brutalité et douceur s’enchevêtrent, les guerres, les violences, les rejets, la nature, la mémoire, le rapport aux aïeux et au temps. Et comment dire ça, quelle parole, quelle portée face à un monde en ruine, désolé, où la mort rôde partout, mais où la vie, comme toujours, trouve toujours une issue ? Tel sont le pari et l’enjeu ici, vitaux, nécessaires.

Maryse Hache s’empare de ces contrastes, de ces paradoxes, joue avec les oxymores (« obscurité électrique des villes »), confronte la beauté des fleurs et des ciels au morbide (les charniers, les champs de bataille, les laissés pour compte). Il est question aussi d’espace et de scènes (théâtre, champ de bataille, tombe).

Ce texte se lit comme une prière (entre mantra et litanie) et il est un tombeau pour ceux qui ont précédé celle qu’on a placé sur la scène et qui témoigne. Toute une généalogie prend alors forme (leur vie, leur mort). Et cette façon de continuer à rendre nos morts présents subjugue. C’est d’ailleurs sans doute dans l’effet « liste » et dans la répétition que la force du texte nous prend vraiment à la gorge, « sur le chemin de la vie », il ou elle « a été tué par la mort »… et « je lui tisse une écriture ». De la vie à la mort à la vie, « sauve qui peut la vie », ce texte est un tourbillon pour ceux qui aiment ces écritures-là.

« La femme dont nous racontons l’histoire aimerait qu’il fût question de paix/ mais c’est de l’épuisement des hommes au fond de la nuit dont il s’agit. »

Quand on n’a rien vécu des guerres et que nous portons malgré tout cette mémoire en nous (leur histoire, leur nom), comment dans l’espace du poème et a fortiori de la scène (lieu du dire mais aussi du crime) continuer à écrire après la « catastrophe »  ? Comment se faire fleur qui pousserait sur un charnier et non sur le vide ? Il n’y a pas de réponse mais un appel à la vie qui s’arrache ici, un appel à la beauté fugace face à la peur, à l’horreur et à l’effondrement.

ChG

20 avril 2011

Nouvelles bannières (Indridason, Modiano, Mauvais genres)

De plus en plus d’éditeurs souhaitent mettre en avant sur la page d’accueil du site ePagine mais aussi sur celles des librairies partenaires un de leurs auteurs qui vient d’entrer au catalogue numérique, une nouvelle collection, un titre qui bénéficie d’une offre de lancement… La bannière promotionnelle fait partie des différents outils qu’ePagine teste et propose aux libraires depuis plusieurs mois. Les trois dernières  mises en page par Eddy Poitier proposent ainsi de découvrir la série « Erlendur » de l’auteur islandais Arnaldur Indridason, la « famille de papier » de Patrick Modiano et la collection de romans noirs disponibles uniquement en numérique : Mauvais genres. Un exemple sur ePagine ; un autre sur Place des libraires numérique. Si vous pouvez retrouver ces bannières sur les sites de L’arbre à Lettres, du Divan, de Bibliosurf, de Tropismes, d’Ombres blanches, du Quartier latin ainsi que sur ceux de nombreux librairies partenaires, d’autres comme La Procure les conçoivent eux-mêmes. [journal de bord]

 

7 romans noirs d'Indridason

Paris, la mémoire, l'identité : quête et enquêtes

Benson, Carrèse, Daeninckx, g@rp, Manotti, Villard...

4 décembre 2009

Suite Olivier Rolin : lâchons les fauves

Filed under: + Conseils de lecture — Mots-clés : , , , — Christophe @ 00:08

La visite de la Suite Olivier Rolin continue aujourd’hui avec la pièce consacrée à Pertuiset, le chasseur de lions, ce tableau de Manet qui met en scène un curieux bonhomme à la fois trafiquant d’armes, chasseur de trésors, menteur, rêveur, opportuniste, monomaniaque, vulgaire, aventurier maladroit et ami du peintre précédemment cité.

« On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt, c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait », écrivait Nicolas Bouvier dans L’Usage du monde. Si cette phrase peut s’appliquer à tous les projets littéraires de l’écrivain Olivier Rolin, elle semble encore plus vraie à mesure qu’on avance dans la lecture de son roman, Un chasseur de lions. En effet, ici aussi on croit qu’on va suivre un personnage (Pertuiset) mais c’est bientôt un autre qu’on accompagne (Manet) puis un autre encore – le narrateur qui, en creux et dans les parenthèses, dissèque son rapport à l’autre, au temps, au « dépaysement » et à l’exil intérieur.

Ainsi donc, tout pourrait commencer au musée de Sao Paulo lorsque le narrateur découvre le portrait de Pertuiset par Manet. Ou bien alors tout commencerait en Patagonie, dans un livre que le narrateur aurait acheté et dans lequel il serait question de ce Pertuiset. (Je conseille d’ailleurs de lire et de relire la fantastique et lamentable expédition en Terre de Feu organisée par Pertuiset autour de la recherche d’un certain trésor Inca.) Ou bien, rien de tout cela n’aurait vraiment d’importance. On voyagerait, narrateur et personnages, autour du monde (Santiago, Lima, Paris, Valparaiso, Punta Arenas, la Terre de feu, l’Algérie), on en profiterait pour croiser des révoltes et des révolutions, ou bien pour revenir sur l’Histoire de Paris et parler de Baudelaire, de Mallarmé, de Berthe Morisot, de peinture, de littérature, de poètes maudits, de bars, d’alcool, de femmes, de navigation, d’aventuriers, de coucheries… et d’animaux bien sûr. Et derrière tout cela, l’auteur viendrait interroger à nouveau la mémoire qui est universelle et pourtant qui nous est unique, avec comme compagnon ce démon récurrent : le temps et son travail de sape sur les corps.

 Crédit Jacques Descloitres, MODIS Land Rapid Response Team

© Jacques Descloitres, MODIS

Ce que j’aime chez Olivier Rolin, c’est que nous pouvons faire le tour du monde, de sa bibliothèque, d’un musée ou d’une grande ville, le temps d’une phrase ; ce qui le pousse à voyager et à écrire n’a rien à voir avec l’exotisme (on s’en serait douté) ni avec la vantardise. Non. Mais, l’auteur a néanmoins tant voyagé, lu, échangé, pensé et vécu que sa palette lui permet d’utiliser désormais chacune de ses expériences. Et c’est cela-même qui vient alimenter sa prose, ses phrases, son style ; c’est ce corpus qui donne un ton inimitable à ses écrits : singuliers, personnels et à son univers : unique.

Nous le savons, Olivier Rolin – par le biais des incursions du narrateur (notamment dans ses parenthèses où ironie et autodérision vont bon train) – aime jouer avec les genres littéraires. C’est d’ailleurs ce qui fait son style, sa patte, sa marque de fabrique. Ici (et ce n’est qu’un exemple), c’est bien l’autoportrait de l’auteur qui se dessine peu à peu – jusque dans sa peur de ressembler parfois à ce qu’il déteste le plus – à travers les aventures de ce drôle de couple (Pertuiset / Manet) qu’il unit et désunit. Un chasseur de lions, qui contient plusieurs labyrinthes, plusieurs façons de tricoter et de détricoter les histoires, est encore une fois l’occasion pour Olivier Rolin de rendre un très bel hommage à Proust, à sa recherche qui nous hante jusqu’à la dernière page. Ce roman est aussi un livre-enquête dans lequel le narrateur, arpentant Paris sur les traces de Manet jusqu’à sa mort, revient sur les lieux qu’il a lui-même foulés dans sa jeunesse lors de son apprentissage politique dans les années 60-70 (lire Tigre en papier et ma chronique du 30 novembre dernier).

Suite de la Suite Olivier Rolin la semaine prochaine avec les trois recueils de textes, conférences et articles édités chez Publie.net. Mais avant de lâcher les fauves, un dernier verre pour la route, donc, et trois extraits de Un chasseur de lions :

à propos de Manet : Le monde est un pervers polymorphe, un spectacle foisonnant et trivial, une fontaine de formes et de couleurs où la beauté jaillit parfois de la laideur.

à propos des vingt ans du narrateur, de ses idéaux : tu as beau t’en défendre, la figure qui te fascine n’est pas celle du militant mais celle, beaucoup plus romantique, de l’aventurier. Tu désires à la fois la fraternité et la solitude. Tu te sens toi aussi dépaysé dans le monde.

à propos du temps perdu : pays où la vie passée se mêle à la vie rêvée, seule chasse où on est assuré d’être au bout tué par le fauve, seule exploration où l’on finit toujours sous la dent des anthropophages.

Christophe Grossi

———

Livres numérisés cités dans cette chronique :

Autres livres ou auteurs cités :

© ePagine - Powered by WordPress