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le Livre-Avenir ne se fera pas sans les libraires.

4 janvier 2012

Les 10 articles les plus consultés en décembre 2011

Retour aujourd’hui sur les 10 billets les plus consultés au mois de décembre 2011 sur ce blog. Pour chacun d’eux vous trouverez un lien menant vers l’article et l’autre vers le catalogue de livres numériques d’ePagine. De la même manière, en cliquant sur les couvertures vous pourrez consulter les fiches de présentation des ebooks en question. Je vous rappelle que tous ces textes peuvent être téléchargés depuis les sites de vente des libraires partenaires d’ePagine (liste à jour ici).

ChG

 

Les 10 articles les plus consultés sur ce blog en décembre 2011

1. Baisse des prix sur le catalogue numérique de Gallimard | billet du 20 décembre 2011
2. La biographie de Steve Jobs par Walter Isaacson en ePub | billet du 27 octobre 2011
3. Baisse des prix sur les catalogues numériques (suite) | billet du 26 décembre 2011
4. Bartleby est gratuit et publie.net est trop chouette ! | billet du 16 décembre 2011

5. Liste des librairies partenaires d’ePagine | dernière mise à jour du 13 décembre 2011
6. ePagine reprend eBooksurf | billet du 23 décembre 2011
7. Je lis Maryse Hache qui lit Claude Favre | billet du 2 décembre 2011

8. liste des éditeurs par distributeur et diffuseur | billet du 24 octobre 2011
9. Candide & Cyrano, la collection de grands classiques de Primento éditions | billet du 28 décembre 2011
10. Emilio Sciarrino lit Antonio Incorvaia et Alessandro Rimassa | billet du 18 décembre 2011

18 décembre 2011

Emilio Sciarrino lit Antonio Incorvaia et Alessandro Rimassa

Aujourd’hui Qui lit quoi ? #11 en compagnie d’Emilio Sciarrino qui nous propose une lecture de Génération 1000 €uros d’Antonio Incorvaia et Alessandro Rimassa. Ce texte, traduit par Damien Zalio et publié par La Fosse aux ours (17 € dans sa version imprimée et 11.99 € en numérique, format epub, sans DRM), est disponible sur les sites de tous les libraires partenaires de ePagine (liste à jour ici).

 

"Milan, capitale d’un système à bout de souffle."

Génération 1000 €uros, c’est une génération de jeunes – et moins jeunes – qui vivotent avec un millier d’euros par mois dans des conditions précaires. Le phénomène ne concerne pas uniquement l’Italie, pays où il est toutefois érigé en système.
Matteo fait partie de cette génération. Il travaille pour une importante boîte milanaise de marketing. Il a beau déployer ses talents, ses espoirs sont vains. À la précarité sociale s’ajoute une incertitude sentimentale, nourrie par les inégalités sociales et économiques. Car sa petite amie provient d’une famille de la bonne bourgeoisie milanaise.
La ville n’est pas anodine : Milan – cœur économique de l’Italie et berceau historique du berlusconisme – se déploie dans toute sa démesure, en particulier la nuit, à travers quelques lieux phares : la salle de gym, les bars à la décoration surfaite, les rues enveloppées de brouillard glacé. Capitale d’un système à bout de souffle.
Le parcours d’apprentissage du jeune Matteo, quelque peu convenu, est relevé par le leitmotiv de l’argent, joué avec brio et insistance. Plus qu’un roman de formation, ce serait alors un guide à l’usage des “milleuristi”. Quelques conseils donc : nourrissez-vous uniquement d’offres spéciales du discount ; laissez les amis apporter le vin et les DVD pour la soirée ; installez-vous en couple le plus vite possible, afin de bénéficier d’un double revenu.
C’est aussi un précis sur les crises économiques et les crises humaines qu’elles entraînent. Ainsi, la relation amoureuse de Matteo dérive lentement car il a bien des difficultés à offrir à son amie le « standing » qu’elle désire. Pire encore, toute la colocation s’entre-déchire suite à une facture du gaz inattendue et particulièrement salée.
Il ne faudrait pas pour autant y voir un programme idéologique. Génération mille euros établit le diagnostic d’une jeunesse non seulement précaire mais profondément résignée et conformiste. Les protagonistes du roman rêvent d’un poste de travail fixe, d’une voiture, d’une résidence tout confort. Leur désir d’évasion se satisfait d’un voyage d’affaires à Barcelone ; et leurs velléités de révolte se soldent par une bonne sieste. Ou par un éclat de rire.

Ce roman, qui s’empare du sujet avec humour et légèreté, a d’abord été publié sur Internet où il connu un franc succès ; il a été repris par un éditeur traditionnel, puis adapté au cinéma. Il nous arrive grâce à la Fosse aux Ours, éditeur passionné par le fait littéraire italien.

Emilio Sciarrino.


D’autres liens en rapport avec le sujet :

• le blog de Antonio Incorvaia
• le blog de Alessandro Rimassa
• la génération précaire vue par le site Arte (juillet 2007)
• la bande annonce en italien de Generazione 1000 euro
• le site dédié à la Generazione 1000 euro
• une autre approche avec Génération Enragée de Jiminy Panoz (Walrus)


Normalien, mi italien, mi français (il a vécu les 10 premières années de sa vie à Palerme), Emilio Sciarrino a été lauréat du Prix du Jeune écrivain en 2006 (Ne rien faire et autres nouvelles, Buchet-Chastel). En 2010, il gagne un concours de nouvelles organisé par CDL en collaboration avec la revue DeliciousPaper. Il publie dans la revue italienne Luna di Traverso. Son premier roman, Transnistria (Éditions Kirographaires) paraît en 2011. Il reçoit la même année le Prix du Livre numérique. Son recueil de nouvelles, L’Ora(n)ge, publié chez emue, également en 2011, est un ensemble qui m’a beaucoup touché. On y retrouve d’ailleurs quelques points points communs avec le texte qu’il a chroniqué aujourd’hui, notamment sur la vie en colocation. Si la couleur orangée domine l’univers urbain de son recueil (couleur chaude du ciel, soleil couchant, mais aussi celle des objets du quotidien, des sentiments), l’orange parfois perd son ‘n’ et fait alors place à de légers bouleversements ou décalages qui modifient les personnages. C’est d’ailleurs dans ce trois fois rien qu’Emilio Sciarrino dit le plus de choses sur la différence, l’étrangeté, la peur de l’autre, la difficulté à s’assumer mais c’est là aussi que, plutôt que d’utiliser le mode mineur, il utilise ce qu’il me semble être sa meilleure arme, l’humour désanchanté. L’écriture et l’univers de cet auteur sont à la fois très doux mais tout en tension. J’ai beaucoup pensé aux nouvelles de Pirandello en lisant les siennes. Emilio Sciarrino anime également un blog et on peut le suivre sur twitter. Je le remercie d’avoir participé à cette rubrique avec une grande délicatesse et vous conseille de découvrir son travail d’auteur. ChG

21 juillet 2011

Duel dans les Alpes (Erri De Luca, Le poids du papillon)

Voilà presque dix ans que je n’avais pas lu Erri De Luca. Une fois, un jour (éditions Verdier et repris en numérique par Gallimard sous le titre Pas ici, pas maintenant) a pourtant été une belle découverte pour moi, son recueil de nouvelles En haut à gauche (Rivages) ou encore son roman Tu, mio (Rivages), également. Ces trois titres m’ont même accompagnés longtemps à une période où j’avais plongé dans la littérature italienne classique et contemporaine. Je me souviens aussi que j’ai commencé à être moins attentif quand ont paru les romans qui l’ont pourtant fait connaître en France, Trois chevaux (Gallimard) et surtout Montedidio (Gallimard, prix Femina étranger en 2002). J’étais parti ailleurs à ce moment-là, chez Tabucchi, Battisti, Fois, Magris ou Manganelli sans doute. C’est Franck Queyraud qui m’a donné envie de lire à nouveau cet auteur avec cette simple citation du roman Le poids du papillon reprise sur son blog : « Quand un homme s’arrête pour regarder les nuages, il voit défiler le temps au-dessus de lui, un vent qui enjambe. Alors, il faut se remettre debout et le rattraper. »

Le poids du papillon nous convie à un duel, inévitable le duel. Ça pourrait être un western, ça pourrait être la version montagnarde de Moby Dick, c’est autre chose mais disons qu’ils seraient deux, qu’on les suivrait chacun leur tour, dans leur environnement, dans leurs gestes, leur quotidien et l’attente de l’événement. Disons aussi qu’ils s’épieraient, ils ne feraient que ça d’ailleurs. En vérité ils auraient autre chose à faire mais cette rencontre les obsèderait tant que le reste leur paraîtrait presque superflu. Depuis des dizaines d’années que ça dure, faut dire. Des décennies qu’ils s’attendent, qu’ils attendent de se retrouver. Car il y a bien une première fois. Une tragédie. Et voici l’heure de la revanche. Un demi-siècle plus tard peut-être bien. Ces deux-là ont beau avoir vieilli, ils n’ont pas changé et ils continuent de se ressembler un peu ; ils ont d’ailleurs le même surnom même si l’un sait qu’il est un usurpateur (un nom pareil pour une activité pareille…) tandis que l’autre ne peut savoir qu’on l’appelle ainsi vu qu’il ne connaît pas le langage des hommes. Mais à ce jeu le vocabulaire on s’en moque, et ces choses-là se sentent : il sait très bien qui il est, lui, qu’il est le roi, le roi des montagnes. Ce qui les réunit aussi : tous les deux devinent qu’ils arrivent au bout de leur course et que cette saison sera pour au moins l’un des deux la dernière. Les chamois flairent ces choses-là aussi, surtout celui-là, le roi des montagnes. L’autre est trop obsédé par sa tâche mais il y a des signes qui ne trompent pas. Désir de fuite ou pas celui-là n’en démord pas, il lui faut trouver ce chamois (cette force de la nature) après qui il aura couru des années entières, il doit le tuer, ce sera son ultime trophée, le plus beau, celui qui parachèvera son oeuvre de chasseur.

Revenons à notre duel, à cette histoire d’acharnement, cette histoire de lutte entre un homme et un animal (mais pas n’importe quel homme, pas n’importe quel animal !), cette histoire de vieux boxeurs aussi, cette traque, ce jeu de cache-cache dans les montagnes alpines, terrain du vent, de la neige, du passage des saisons et du silence. À cette histoire qui prend en compte son environnement et celui de la chasse, avec tout ce qu’il faut de lenteur et de patience. Mais pas de place ici pour la nostalgie ou les regrets, on est juste dans le temps de la phrase hors sentiers. Comme on marche en montagne, un pas devant l’autre, loin du pas de charge, loin du lyrisme. Et c’est ainsi que l’histoire avance – même si celle-ci (quoique très forte) se retrouve reléguée loin derrière la langue et les tiroirs sans fin que chaque phrase va ouvrir (comme les trains, chaque phrase de De Luca en cache des dizaines d’autres). Est-ce que l’auteur ferait dans la phrase-poupée-gigogne ?

On pourrait encore parler des très belles évocations et méditations sur la vie, la mort ou la solitude ainsi que des formules qui font mouche. On pourrait aussi parler de son plaisir à retrouver le Erri De Luca qui ne peut s’empêcher d’évoquer ici et là sa jeunesse ouvrière. On pourrait avoir envie de comparer ce texte à celui d’un Rigoni Stern (Histoire de Tönle, par exemple) parce qu’on sait par ailleurs qu’aujourd’hui De Luca fréquente beaucoup plus les montagnes que les villes… On pourrait également conseiller de lire le court récit qui suit ce duel, texte où il sera question d’un arbre avec qui l’auteur a rendez-vous tous les jours, le pin des Alpes. On pourrait citer tout le texte, on se contentera d’un extrait. Je tiens d’ailleurs à saluer le travail remarquable de la traductrice, Danièle Valin (preuve une fois de plus qu’il y a bien deux auteurs derrière un bon texte traduit).

Le poids du papillon ainsi que 4 autres titres d’Erri De Luca sont disponibles en numérique (format ePub sur ePagine ; en PDF et en ePub sur tous les autres sites de vente en ligne. Ces ebooks sont toujours protégés par des DRM mais Gallimard a néanmoins fait un effort du côté des prix, les alignant ici (sauf la nouveauté) sur ceux du format poche (collection Folio). Un extrait du poids du papillon peut également être téléchargé dans le dossier gratuit proposé par Gallimard, 10 romans incontournables.

ChG

 

Extrait du poids du papillon

« Sa mère avait été abattue par un chasseur. Dans ses narines de petit animal se grava l’odeur de l’homme et de la poudre à fusil.
Orphelin avec sa sœur, sans un troupeau voisin, il apprit tout seul. Adulte, il faisait une taille de plus que les mâles de son espèce. Sa sœur fut emportée par un aigle un jour d’hiver et de nuages. Elle s’aperçut qu’il planait au-dessus d’eux, isolés sur une pâture au sud, là où subsistait un peu d’herbe jaunie. Sa sœur voyait l’aigle même sans son ombre à terre, sous un ciel bouché.
C’était sans issue pour l’un des deux. Sa sœur se mit à courir, donnant l’avantage à l’aigle, et elle fut attrapée.
Resté seul, il grandit sans frein ni compagnie. Quand il fut prêt, il partit à la rencontre de la première harde, défia le mâle dominant et fut vainqueur. Il devint roi en un jour et en duel.
Les chamois ne vont pas jusqu’au bout dans un combat, ils décident du vainqueur aux premiers coups. Ils ne se cognent pas de front comme les bouquetins et les chèvres. Ils penchent la tête vers le sol et tentent de glisser leurs cornes, légèrement recourbées, sous le flanc de l’autre. Si la reddition n’est pas immédiate, ils accrochent le ventre et le déchirent en tirant le cou en arrière. Ils arrivent rarement à cette fin.
Avec lui, ce fut différent, il avait grandi sans règles et il les imposa. Le jour du duel, ils avaient au-dessus d’eux le magnifique ciel de novembre et par terre des mottes de neige fraîche, encore peu abondante. Les femelles sont en chaleur avant l’hiver et mettent bas au milieu du printemps. En novembre, les chamois se défient.
Il entra à l’improviste dans le champ du troupeau, surgissant d’un bond du haut d’un rocher. Les femelles s’enfuirent avec les petits de l’année, le mâle resta et racla furieusement l’herbe de ses sabots antérieurs. »

© Erri De Luca, Il peso della farfalla, Giangiacomo Feltrinelli Editore, 2009 / Le poids du papillon, Gallimard, coll. Du monde entier, traduit de l’italien par Danièle Valin, 2011.

2 mai 2011

L’offre « Folio numérique » s’étend

Il y a quelques mois les éditions Gallimard numérisaient et mettaient en vente quelques titres de leur fonds (ceux d’Antoine de Saint-Exupéry, Simone de Beauvoir, André Malraux et André Gide) en alignant les prix sur la collection de poche Folio. En avril, la maison d’édition étendait son offre « petits prix » à la littérature française contemporaine (avec Patrick Modiano, Philippe Delerm ou Philippe Sollers), la plupart de ces titres accompagnant la parution d’une nouveauté. Ce mois-ci Gallimard réitère cette opération avec un auteur français (Catherine Cusset) mais surtout avec trois géants de la littérature mondiale (Orhan Pamuk, Ian McEwan et Erri De Luca) et très bientôt avec le roman culte de Jonathan Coe, Testament à l’anglaise. Tous ces ebooks proposés entre 4,60 € et 11 € (la moyenne se situant autour de 7 €) sont disponibles en PDF et en ePub sur place des libraires numérique ainsi que sur les sites des libraires-partenaires et en ePub sur ePagine. Pour chacun d’entre eux un extrait peut également être téléchargé gratuitement (cliquer sur le nom de l’auteur et laissez-vous guider). À noter pour les inconditionnels de l’auteur italien Erri De Luca qu’il rencontrera ses lecteurs à la librairie Folies d’encre de Montreuil ce mercredi 4 mai à partir de 18h30.

auteurs français contemporains

◊ Patrick Modiano coll. Blanche L’horizon • Folio La Petite bijou, Accident nocturne, Dans le café de la jeunesse perdue, Un Pedigree (conseil ePagine) et La Place de l’étoile

◊ Catherine Cusset coll. Blanche Un brillant avenir Folio Confession d’une radine, La Haine de la famille, Le problème avec Jane et Confession d’une radine

◊ Philippe Sollers coll. Blanche Trésor d’amour Folio Femmes

◊ Philippe Delerm coll. Blanche Le trottoir au soleil L’Arpenteur La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules Folio La sieste assassinée, Dickens, barbe a papa et autres nourritures délectables et La bulle de Tiepolo

auteurs traduits

◊ Ian McEwan coll. Du monde entier Solaire Folio Samedi (conseil ePagine), Délire d’amour et Expiation

◊ Orhan Pamuk coll. Du monde entier Le Musée de l’innocence Folio Mon nom est rouge (conseil ePagine) et La maison du silence

◊ Erri De Luca coll. Du monde entier Le poids du papillon (à venir) Folio Montedidio (conseil ePagine), Le contraire de un, Trois chevaux (à venir) et Pas ici, pas maintenant

◊ Jonathan Coe coll. Du monde entier La vie très privée de Mr Sim ; Folio Testament à l’anglaise (à venir)

ChG

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