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24 janvier 2014

Nouvel An Chinois : 99 livres numériques des éditions Philippe Picquier à 4.99€

Du 24 janvier au 9 février 2014, à l’occasion du Nouvel An Chinois, les Éditions Philippe Picquier proposent de télécharger 99 livres numériques de leur fonds de littérature asiatique au prix unique de 4.99 € (marquage sans DRM). La librairie ePagine participe à cette belle opération (cliquez ici pour découvrir les titres choisis ou suivez ce lien pour découvrir la page dédiée à cette opération sur ePagine). À ne pas manquer !

 

 

Pour la deuxième année consécutive, les éditions Philippe Picquier ont décidé de décliner dans l’univers numérique leur grande opération « poche » annuelle en librairie intitulée le NOUVEL AN CHINOIS DES ÉDITIONS PHILIPPE PICQUIER.

99 titres à 4.99 €

À l’occasion de l’année chinoise du CHEVAL, qui commence dans la nuit du 31 janvier 2014, marquant ainsi la fête la plus importante pour les communautés chinoises à travers le monde entier, ePagine, en partenariat avec la maison d’édition, vous propose une mise en avant de 99 livres numériques du fonds Picquier, au prix unique de 4.99 € et sans DRM Adobe, du 24 janvier au 9 février 2014 (ces baisses de tarif pourront parfois dépasser les 50 % par rapport aux prix habituels du catalogue numérique). Romans, nouvelles, proses poétiques, rêveries, essais mais aussi romans érotiques ou enquêtes policières, cette sélection est une belle entrée en matière pour ceux qui ne connaîtraient pas encore ce catalogue et une aubaine pour les amateurs de littérature asiatique.

 

 

Vous trouverez ci-dessous le catalogue préparé pour l’occasion par la maison d’édition, un catalogue qui présente par pays les 99 titres du Nouvel An Chinois des éditions Picquier : 41 titres du domaine chinois, 27 du domaine japonais et 31 titres d’autres pays asiatiques : Vietnam (4 titres) Tibet (6 titres), Corée (4 titres), Inde (11 titres), Mongolie (5 titres), Birmanie (1 titre). Il vous suffira de cliquer sur l’image ou sur le lien infra pour télécharger gratuitement le catalogue au format ePub. Vous pouvez également visiter cette page réalisée spécialement pour Le Nouvel an Chinois, page dans laquelle nous avons classé les titres par pays mais aussi par thématiques (romans policiers, L’Asie immédiate, romans érotiques,…) ou par auteurs emblématiques. Vous trouverez également sur cette page plusieurs mises en avant de la librairie ePagine.

Ma sélection

Dans cette sélection figurent des auteurs importants dont les textes ont souvent été mis en avant par ePagine et qui parfois ont été chroniqués ici. Je pense notamment au diptyque Ikebukuro, West Gate Park de ISHIDA Ira, à la fois polar, portrait d’une génération, regard sur un quartier très « vivant » de Tokyo et dérive urbaine aussi noire que désopilante qui nous entraîne dans le quartier d’Ikebukuro en compagnie de Majima Makoto, un personnage vraiment très attachant. Japon toujours, ne passez pas à côté des Cent vues du mont Fuji de Osamu Dazai qui est pour moi l’un des plus grands (et des plus pessimistes aussi) auteurs japonais du XXe siècle. Petit détour aussi du côté de La submersion du Japon de Sakyo Komatsu qui était un roman d’anticipation et qui est devenu terriblement actuel. Enfin, last but not least, je ne peux pas ne pas vous conseiller de lire le grand poète du quotidien et du paysage, Sôseki (plusieurs titres figurent dans cette sélection, dont ces deux merveilles : La Porte et Petits contes de printemps).

Du côté de la littérature chinoise, on avait fait la part belle ici à WANG Anyi native de Shanghai qui écrit et publie dans son pays depuis les années 70 mais qu’on a découvert en France il y a dix ans seulement, grâce à Philippe Picquier. Quatre des cinq romans traduits chez Picquier figurent dans cette sélection et je vous conseille vivement Amour dans une petite ville, roman sensuel sur le corps, le désir et la danse au temps de la Révolution culturelle chinoise, un roman qui fit scandale lors de sa première parution en 1986 dans la revue Littérature de Shanghai. Si vous avez envie de découvrir un grand roman classique de la littérature érotique chinoise, jetez-vous sur De la chair à l’extase de Li Yu. Plus contemporain mais pas moins subversif, allez faire un tour dans les nuits électriques de Shanghai baby de Weihui. Enfin, pour ceux qui souhaiteraient savourer le regard lucide et l’humour très grinçant de Lao She, saisissez l’occasion : trois de ses romans et recueil de nouvelles sont dans cette liste.

À lire également l’excellent auteur mongole écrivant en langue allemande Galsan Tschinag, découvert en France par les éditions Métailié et L’esprit des péninsules. Cette année, quatre de ses romans (La fin du chant, La Caravane, Dojnaa et Belek, une chasse dans le Haut-Altaï) font partie de la sélection. Avec cet auteur vous voyagerez au cœur des steppes jusqu’aux sommets du Haut-Altaï, des temps anciens à nos jours, et en poésie.

Des dizaines d’autres auteurs vous attendent, notamment l’auteur d’origine indienne, Chitra-Banerjee Divakaruni (à lire en anglais ou en français). Enfin, si vous voulez tout connaître de la cérémonie du thé ou des saumons, cliquez sur les liens !

Bonne année à celles et ceux nés sous le signe du Cheval (et aux autres aussi) en lectures asiatiques !

ChG

Téléchargez gratuitement le catalogue numérique des éditions Picquier
au format ePub ou en PDF

1 février 2013

Nouvel An Chinois : 49 livres numériques à 4.49€ aux éditions Philippe Picquier

Du 1er au 18 février 2013, à l’occasion du Nouvel An Chinois, les Éditions Philippe Picquier proposent de télécharger 49 livres numériques de leur fonds de littérature asiatique au prix unique de 4.49 € (marquage sans DRM). La librairie ePagine participe à cette belle opération (cliquez ici pour découvrir les titres choisis). En quatre mots : à ne pas manquer ! Il y a des petits bijoux dans cette sélection.

 

 

Pour la première fois, les éditions Philippe Picquier ont décidé de décliner dans l’univers numérique, leur grande opération « poche » annuelle en librairie intitulée le NOUVEL AN CHINOIS DES ÉDITIONS PHILIPPE PICQUIER.

49 titres à 4.49 €

À l’occasion de l’année chinoise du SERPENT D’EAU, qui commencera le 10 février 2013, marquant ainsi la fête la plus importante pour les communautés chinoises à travers le monde entier, ePagine, en partenariat avec la maison d’édition, vous propose une mise en avant de 49 livres numériques du fonds Picquier, au prix unique de 4.49 € et sans DRM Adobe, du 1er au 18 février 2013 (soit des baisses pouvant aller jusqu’à 50 % par rapport au prix catalogue numérique). Romans, nouvelles, proses poétiques, rêveries, essais mais aussi romans érotiques ou enquêtes policières, cette sélection a été très bien pensée.

 

 

Vous trouverez ci-dessous le catalogue préparé pour l’occasion par la maison d’édition, un catalogue qui présente par pays les 49 titres du Nouvel An Chinois des éditions Picquier : 18 titres du domaine chinois, 15 du domaine japonais et 16 titres d’autres pays asiatiques : Vietnam (6 titres) Tibet (4 titres), Corée (2 titres), Inde (2 titres), Mongolie (1 titre), Birmanie (1 titre). Il vous suffira de cliquer sur l’image ou sur le lien infra pour récupérer le fichier au format PDF.

Ma sélection

Dans cette sélection figurent des auteurs importants dont les textes ont souvent été mis en avant par ePagine et qui parfois ont été chroniqués ici. Je pense notamment au diptyque Ikebukuro, West Gate Park de ISHIDA Ira, à la fois polar, portrait d’une génération, regard sur un quartier très « vivant » de Tokyo et dérive urbaine aussi noire que désopilante qui nous entraîne dans le quartier d’Ikebukuro en compagnie de Majima Makoto, un personnage vraiment très attachant. Japon toujours, ne passez pas à côté des Cent vues du mont Fuji de Osamu Dazai qui est pour moi l’un des plus grands (et des plus pessimistes aussi) auteurs japonais du XXe siècle. Petit détour aussi du côté de La submersion du Japon de Sakyo Komatsu qui était un roman d’anticipation et qui est devenu terriblement actuel. Enfin, last but not least, je ne peux pas ne pas vous conseiller de lire le grand poète du quotidien et du paysage Sôseki (deux titres figurent dans cette sélection, deux merveilles : La Porte et Petits contes de printemps).

Du côté de la littérature chinoise, on avait fait la part belle ici à WANG Anyi native de Shanghai qui écrit et publie dans son pays depuis les années 70 mais qu’on a découvert en France il y a dix ans seulement, grâce à Philippe Picquier. Trois des quatre romans traduits chez Picquier figurent dans cette sélection et je vous conseille vivement Amour dans une petite ville, roman sensuel sur le corps, le désir et la danse au temps de la Révolution culturelle chinoise, un roman qui fit scandale lors de sa première parution en 1986 dans la revue Littérature de Shanghai. Si vous avez envie de découvrir un grand roman classique de la littérature érotique chinoise, jetez-vous sur De la chair à l’extase de Li Yu. Plus contemporain mais pas moins subversif, allez faire un tour dans les nuits électriques de Shanghai baby de Weihui. Enfin, pour ceux qui souhaiteraient savourer le regard lucide et l’humour très grinçant de Lao She, saisissez l’occasion : trois de ses romans et recueil de nouvelles sont dans cette liste.

À lire également l’excellent auteur mongole écrivant en langue allemande Galsan Tschinag, auteur découvert en France par les éditions Métailié et L’esprit des péninsules. Attention ! Seule La Caravane fait partie de la sélection mais rien ne vous empêche de lire ses autres récits (Dojnaa et Belek, une chasse dans le Haut-Altaï sont extraordinaires).

Des dizaines d’autres auteurs vous attendent, notamment l’auteur d’origine indienne, Chitra-Banerjee Divakaruni (à lire en anglais ou en français) et l’auteur d’origine vietnamienne Tran-Nhut (3 titres en promo sur les 5 figurant au catalogue). Enfin, si vous voulez tout connaître de la cérémonie du thé ou des saumons, cliquez sur les liens !

Bonne année aux Serpents d’eau (et aux autres aussi) en lectures asiatiques !

ChG

Télécharger le catalogue numérique des éditions Picquier

7 décembre 2012

Six titres emblématiques des éditions Zulma en numérique

Les éditions Zulma, éditeurs de littérature depuis 1991, viennent de faire leur entrée dans le catalogue numérique de la librairie ePagine ainsi que sur les sites de vente des libraires partenaires.

Six titres emblématiques, tous issus du fonds des éditions Zulma, sont d’ores et déjà disponibles au format ePub (lecture sur liseuse, tablette, ordinateur ou smartphone) : trois romans français et trois titres d’auteurs étrangers (littérature islandaise, coréenne et persane).

Avec cette première proposition, la maison d’édition remet en avant des auteurs qui, soit ont obtenu un prix littéraire en 2008 et 2009, soit ont actuellement ou en janvier prochain une actualité (nouveauté au format papier en grand format ou poche). Une manière très agréable de montrer toute la richesse du catalogue et de le valoriser dans ce nouveau format (ces 6 titres sont tous commercialisés 9.99 €, sans DRM avec tatouage numérique). Les ePubs sont aussi soignés que les livres imprimés : une belle maquette et des visuels de couverture remarquables.

Parmi les six titres on notera notamment la présence du grand écrivain coréen Hwang Sok-yong avec Shim Chong, fille vendue (il est également l’auteur d’un roman qui m’avait beaucoup ému il y a quelques années, Le Vieux jardin (version imprimée pour le moment)). Dans un tout autre genre, si ce n’est pas encore fait, ruez-vous sur le très très très noir et choral Garden of love de Marcus Malte, un roman magnifiquement construit et écrit, tout en miroirs et qui joue avec nos nerfs de bout en bout. On pourra également citer Hubert Haddad, Auður Ava Ólafsdóttir, Jean-Marie Blas de Roblès ou encore Zoyâ Pirzâd. Pour en savoir plus sur ces six titres, n’hésitez pas à faire un tour dans le catalogue de Zulma numérique. On y reviendra très prochainement.

En attendant, voici un court extrait de Shim Chong, fille vendue de Hwang Sok-yong, traduit du coréen par Choi Mikyung et Jean-Noël Juttet, un roman-fleuve qui se déroule en Asie du sud-est à la fin du XIXe et qui, à travers le parcours tumultueux d’une jeune femme, pénètre dans les salles enfumées des opiumeries, remonte les filières du trafic d’enfants et de la prostitution et nous ouvre les portes des hanamachi, les quartiers réservés aux geishas.

La bienvenue à la maison d’édition et bonnes lectures plurielles à tous !

ChG

 


 

SHIM CHONG, FILLE VENDUE
de HWANG SOK-YONG

CHAPITRE I

LA RÉINCARNATION

 

Elle sombrait dans les abysses. Au plus ténébreux des profondeurs de la mer, elle ondoyait sur un voile de soie animé d’une légère oscillation. Une sorte de muraille s’étirait devant ses yeux comme si elle s’enfonçait dans la béance vertigineuse d’un puits.

« Ah ! sauvez-moi ! »

Le cri de Chong ne sortit point de sa gorge. Il n’avait retenti que dans sa tête. Tout à coup, elle eut le sentiment de percuter, dans un bruit assourdissant, le fond glacé du gouffre. Presque aussitôt, ce même voile de soie qui l’entraînait la repoussa vers le haut. Elle prit son essor, doucement, en direction de l’ouverture ; le mur de pierre glissait désormais en sens inverse. Les reins courbés en arc, la tête renversée, c’est du menton qu’elle toucha en premier le ciel. Propulsée soudain hors du puits, elle atterrit brutalement dans un recoin.

Les paupières entrouvertes, elle discerna un minuscule cabanon de planches. Tâtonnant des deux mains, elle ne fut pas longue à se découvrir gisant sur une natte grossière de bambou. Le sol s’inclina, Chong bascula et vint heurter la paroi opposée. Une porte lui apparut juste en face, avec, dans sa partie haute, un grillage rectangulaire qui laissait passer l’air. En prenant appui contre le mur incliné, elle parvint à s’en approcher et put s’agripper à la poignée ; celle-ci, solidement fixée, était en bois, de forme arrondie. Chong poussa la porte qui ne céda que de quelques centimètres ; un cadenas devait la fermer de l’extérieur. Lorsque le cabanon s’inclina dans l’autre sens, elle se cramponna à la poignée et, de l’autre main, s’accrocha au grillage.

Par cette ouverture, elle put enfin distinguer l’avant du bateau. Elle vit la vague se briser contre son bord et l’écume s’abattre sur le pont. Il faisait sombre. Dans le ciel couvert de nuages noirs, elle remarqua quelques taches plus claires. Était-ce le petit matin, la tombée de la nuit ? Comme sa prison donnait directement sur une coursive desservant le pont, elle voyait d’un côté le bord et de l’autre une paroi de bois, mais nul humain. Les vagues qui se brisaient sur les planches ruisselaient en traînées écumeuses jusqu’à la porte.

Deux silhouettes apparurent au bout de la coursive. Elles avançaient d’un pas malaisé en prenant appui contre les rambardes. Chong lâcha la grille et la poignée de la porte, elle se laissa glisser au sol et se réfugia dans un coin. Elle s’y tenait accroupie quand la porte s’ouvrit dans un claquement sonore. Le vent marin s’engouffra dans l’étroit cabanon. L’un des hommes tendit une lampe à hauteur de sa tête, puis il s’adressa à son compagnon dans une langue incompréhensible. Tous deux pénétrèrent dans la cabine ; ils repoussèrent la porte derrière eux et s’accroupirent. L’un portait un chapeau rond et une veste bleue à col ouvert, l’autre, les cheveux en chignon, avait le front ceint d’une serviette de coton blanche. Ce dernier demanda tout bas à Chong :

— Tu as repris tes esprits ?

Chong restait silencieuse, pelotonnée dans son coin.

— Tu ne me reconnais pas ? C’est moi qui t’ai amenée ici.

Elle scruta son visage dans la lumière de la lampe. C’était, en effet, le marchand coréen qu’elle avait aperçu au marché de Hwangju. Comme le Chinois à la veste bleue lui chuchotait quelque chose, le marchand reprit :

— Tu es trempée. Tiens, mets ça.

Il jeta un paquet de vêtements à ses pieds avant d’ajouter :

— On sort un moment, pendant ce temps, change-toi.

Les deux hommes s’esquivèrent après avoir suspendu la lampe à la poignée. Chong porta alors les yeux sur son corps : elle était tout de blanc vêtue, on aurait dit un habit de deuil ; son accoutrement était encore tout mouillé. Elle défit les nœuds de la courte veste puis de la jupe. En jupon, elle remonta ses genoux sous son menton pour dissimuler sa poitrine, puis elle défit le paquet. Elle enfila le pantalon noir qui ressemblait à un sous-vêtement coréen et le noua à la taille ; puis une ample veste de soie à boutons de tissu dont le col lui montait jusqu’aux oreilles. Le haut du visage du Coréen se carra derrière la grille :

— Qu’est-ce que tu fous ? Allez, grouille-toi…

Elle plia avec soin la veste et la jupe coréennes qu’elle venait de quitter. Elle s’appliquait à les assembler en un carré parfait quand la porte s’ouvrit de nouveau. Le Chinois se baissa, s’empara du paquet d’un geste vif. Avant de la laisser sortir, le Coréen lui demanda :

— Comment t’appelles-tu déjà ?

— Chong, répondit-elle d’une voix à peine audible.

— Et ton nom de famille ?

— Shim.

— Tu as quel âge ?

— Quinze ans.

— Rappelle-toi bien que, désormais, tu n’es plus Shim Chong.

Elle se garda de demander qui elle était censée être. Le marchand examina la jeune fille silencieuse :

— Finis de t’habiller, ensuite tu suivras ce monsieur.

La porte s’ouvrit de nouveau et le vent tourbillonna férocement dans la cabine. Quand elle se referma, une calme pénombre envahit la pièce. La lampe était partie avec ses visiteurs. Par la grille, Chong vit s’éloigner, puis disparaître, la lumière. Elle remarqua un crochet métallique au sommet de la porte ; après un moment d’hésitation, elle l’actionna et un volet s’abaissa devant la grille. Une fois celui-ci posément verrouillé, l’obscurité devint totale. Assise sur la natte, Chong tâtonnait le sol autour d’elle. Auparavant, certains objets lui étaient apparus dans la cabine, comme ces deux oreillers en lattes de bambou tressées. En poussant plus loin l’exploration, elle palpa un panier d’osier qu’un récipient métallique muni d’un couvercle emplissait complètement. Chong s’entendit prononcer : « Le pot de chambre. »

Elle défit les nœuds du sous-vêtement pour s’y asseoir. Comme elle se retenait depuis fort longtemps, un flux abondant et puissant la délivra, à croire qu’elle se vidait de toute sa substance liquide. Ses fesses, aisément soustraites aux regards lorsqu’elle portait une jupe, étaient impossibles à cacher avec ce pantalon. Bien que personne ne fût là pour la voir, elle se couvrit le postérieur de ses deux mains.

La soie crissait à chacun de ses mouvements. La gêne éprouvée au début s’estompa ; elle s’y habitua et finit par se sentir toute douillette.

« Si je ne suis pas Shim Chong, qui suis-je alors ? »

 

© Shim Chong, fille vendue de Hwang Sok-yong, roman traduit du coréen par Choi Mikyung et Jean-Noël Juttet (éditions Zulma, 2010-2012)

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