Le blog ePagine

Conseils de lecture, entretiens, actualité numérique :

le Livre-Avenir ne se fera pas sans les libraires.

2 mai 2013

Les 10 articles les plus consultés en avril 2013 sur le blog ePagine

Hommage personnel à Rainbow Warriors, nouveau roman de AYERDHAL, ainsi qu'au projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe, adopté définitivement par l’Assemblée nationale le 23 avril 2013.

Avant de s’arrêter quelques jours (reprise des activités le 13 mai), retour aujourd’hui sur les dix articles les plus consultés le mois dernier sur ce blog, un mois d’avril ouvert à tous les genres littéraires. Littératures de l’imaginaire, tout d’abord, avec le nouveau roman de AYERDHAL, proposé en huit épisodes par Au diable Vauvert (épisode 1 offert), qui attire de plus en plus de monde ; d’ailleurs les deux billets de David Queffélec, publiés mi-mars, continuent à être très consultés. En littérature, vous aurez suivi le nouveau recueil (entre psychanalyse, poésie et récits) de Irvin Yalom ainsi que les romans de deux jeunes auteurs que je vous recommande (Martín Mucha et Guillaume Vissac). Au rayon polar, les cœurs bien accrochés se seront jetés sur la nouvelle enquête de Jo Nesbø et sur la tétralogie (complète) de Stéphanie Benson. Du côté des sciences humaines, vous aurez profité du livre numérique offert par les éditions La Découverte à l’occasion de leur trentenaire, ebook dans lequel retrouver des titres importants du catalogue de cette maison d’édition engagée. En ce mois d’avril, ne seront pas passés inaperçus non plus la célébration des 70 ans de l’édition américaine du Petit Prince de Saint-Ex ni la nouvelle collection des éditions Noir sur Blanc, Notabilia, ni le billet qui faisait le point sur la première année de création des éditions ONLIT. Enfin, en avril, nous aurons également mis à jour la liste des libraires affiliés et partenaires de ePagine, un billet qui fait partie des plus consultés depuis le lancement de ce blog.

Vous trouverez tous les liens vers ces billets dans la liste ci-dessous.

Parce que les opérations promotionnelles sont désormais terminées, ne figurent pas dans cette liste les trois billets qui ont également été largement lus et repris le mois dernier, à savoir celui sur les Intégrales Bragelonne, un nouveau label numérique (signalons que la deuxième livraison est en place depuis le 1er mai, lire ici), celui sur les 14 titres Folio & Gallimard Jeunesse à 3.99 € (opération qui courait jusqu’au 1er mai et qui a bien plu) ainsi que celui sur les 48h de la BD où huit albums étaient offerts sur ePagine le week-end du 5-6 avril.

Je vous rappelle que tous les livres numériques cités dans les billets sont au même prix partout (en France) et peuvent être téléchargés sur la librairie epagine.fr ainsi que sur les sites de vente de tous ses libraires partenaires (liste à jour ici).

Un grand merci pour vos lectures, soutiens et relais, de plus en plus nombreux. Et bonnes lectures à tou-te-s. On se retrouve le 13 mai !

ChG (photo et billet)

 

Les 10 billets les plus consultés sur ce blog | avril 2013


 

 

1► Rainbow Warriors de AYERDHAL
| billets du 11 mars 2013 et du 15 mars 2013
2► Liste des librairies affiliées et partenaires d’ePagine
| mise à jour du 20 avril 2013
3► La Découverte célèbre ses 30 années d’essais et de documents et offre un ebook
| billet du 13 avril 2013
4► Fantôme, la 9e enquête de Harry Hole, par Jo Nesbø
| billet du 22 avril 2013
5► Adolescence et dérives urbaines avec Martín Mucha et Guillaume Vissac
| billet du 20 avril 2013
6► Les 70 ans de l’édition américaine du Petit Prince de Saint-Exupéry
| billet du 2 avril 2013
7► L’Art de la thérapie de Irvin Yalom (éd. Galaade) : conseils à un jeune psy et à ses patients
| billet du 9 avril 2013
8► Notabilia, la nouvelle collection de Brigitte Bouchard aux éditions Noir sur Blanc
| billet du 13 mars 2013
9► Parution intégrale de AL TEATRO de Stéphanie Benson (avec promotions)
| billet du 15 avril 2013
10► ONLIT BOOKS : un an, 32 titres à lire en numérique
| billet du 24 avril 2013

 

24 avril 2013

ONLIT BOOKS : un an, 32 titres à lire en numérique

ONLIT BOOKS, maison spécialisée dans l’édition de textes littéraires francophones (romans, nouvelles, récits, polars, littératures de l’imaginaire, classiques des lettres belges,…) disponibles seulement au format numérique, a soufflé sa première bougie il y a quelques semaines. Si nous avons régulièrement parlé de cette maison d’édition aux couvertures colorées, aux textes mordants et souvent décalés (voir ici), cela faisait un bon bout de temps qu’on ne l’avait pas fait. À l’occasion de ses douze premiers mois de créations (quatorze en réalité), étape symbolique franchie, le moment était donc tout choisi pour faire le point.

Aujourd’hui, 32 titres figurent au catalogue de la librairie ePagine dont une douzaine de nouveautés parmi lesquelles on trouvera (dans le désordre, et désolé de ne pas pouvoir tout citer) : Zonzon Pépette, fille de Londres de André Baillon, l’une des voix les plus rauques des lettres belges ; Le Pape a disparu de Nicolas Ancion, version remixée d’un classique de la littérature pour adolescents des années 50 sur le premier pape Belge qu’on a tout à fait le droit de rapprocher d’une actualité récente ou encore du film Habemus Papam de Nanni Moretti et qui glisse au fil de ce feuilleton haletant dans la fantaisie loufoque ; Outplacement d’Arnaud de la Croix : à partir d’une expérience personnelle, l’auteur propose ici un court récit maîtrisé où se concentre tout le barbarisme ordinaire du monde du travail (du licenciement plutôt) en Belgique (c’est la même chose en France) ; des personnes de plus de 45 ans licenciées récemment doivent, pour prétendre au chômage, suivre une formation et c’est ce huis-clos grinçant, sous la forme de saynètes, que l’on suit ici, une formation inutile où l’animatrice elle-même semble être out… of order (lire la préface infra) ou encore Autoroute du soleil de Grégoire Polet (pour rappel, on avait parlé de ses bouts de ficelle chez StoryLab en octobre dernier) qui signe ici un road-novel traditionnel dans lequel un homme au volant de sa voiture file sur l’autoroute : entre Anvers et Lisbonne se mêlent les paysages, les lumières, les musiques de la radio, de la route et des camions, les pronoms et souvenirs personnels, le nom de personnes et de villes qu’on ne fait que croiser ou évoquer, le cinéma, l’Histoire et la présence d’une grande porte verte…

Plus de vingt autres titres de ONLIT BOOKS peuvent être consultés sur le site de la librairie ePagine (et mon petit doigt me dit qu’il y aura 4 nouveautés très prochainement) ou directement sur le site de la maison d’édition qui, outre ONLIT BOOKS continue de publier régulièrement, via ONLIT REVUE, des fictions à lire gratuitement en ligne.

Tous les titres des éditions ONLIT sont proposés entre 1.99 € et 4.99 € et cinq autres peuvent en ce moment être téléchargés gratuitement (Bruges-la-Morte de Georges Rodenbach, 20 ans de l’autre côté d’Edgar Kosma et les collectifs Bruxelles Midi, I love ebooks et Crescendo). En outre, les livres numériques de ONLIT (au format ePub sur ePagine) ne comportent pas de dispositif de cryptage limitant leur utilisation (DRM) : ils sont identifiés par un tatouage.

ChG

 

« Avant d’en vivre l’expérience, je connaissais le mot de vue. Et il ne m’inspirait pas confiance. Sans doute parce que s’y trouve le préfixe out, comme dans « Qui est IN et qui est OUT ? », ou comme dans knock out

Outplacement (prononcer aoûtpléssmeunt) est un mot qui ne se traduit pas en français, ce qui ne l’empêche pas de trimballer une chaîne lexicale qui fait froid dans le dos : mettre dehors, déplacer, déporter (au sens de porter hors du cocon douillet de l’entreprise, de déverser dans la rue, où les SDF meurent de froid).

En Belgique, la loi contraint l’employeur, lorsque l’employé licencié est âgé de quarante-cinq ans ou plus (on voit où tombe le couperet), à financer son outplacement. L’employé licencié, lui, est dans l’obligation de suivre cette formation, s’il veut ensuite émarger au chômage. Une mesure incitative en contradiction avec l’objectif affiché de l’outplacement, qui est précisément d’éviter le chômage.

Il s’agit d’un marché profitable, concentré pour l’essentiel entre les mains de deux géants de l’intérim. Ceux-ci tirent ainsi un double bénéfice de la crise de l’emploi. Dans un premier temps, en procurant aux entreprises qui le souhaitent une main d’œuvre temporaire, sans qu’il soit nécessaire de courir le risque de l’engagement. Ensuite, en procédant au dégagement des collaborateurs devenus indésirables, une procédure qui porte le nom d’outsourcing (out, toujours).

Très vite, j’ai éprouvé le besoin de noter, à chaud, les séances auxquelles je participais, autant par plaisir que pour supporter la chose… Et puis, je me suis dit que l’ensemble pouvait constituer une sorte de témoignage, de rapport : comment ça se passe, un outplacement ?

Tout, absolument tout ce que vous allez lire a donc réellement eu lieu, même si c’est parfois difficile à croire. J’ai uniquement modifié les noms de personnes et de sociétés. » (préface de Outplacement d’Arnaud de la Croix, ONLIT, 2013)

20 avril 2013

Adolescence et dérives urbaines avec Martín Mucha et Guillaume Vissac

Aujourd’hui, double dérive urbaine avec Tes yeux dans une ville grise de Martín Mucha (roman traduit de l’espagnol (Pérou) par Antonia Garcia Castro, éditions Asphalte) et Coup de tête de Guillaume Vissac (publie.net/publie.papier).

 

 

Martín Mucha est né au Pérou et vit à Madrid où il collabore au journal El Mundo. Guillaume Vissac vit à Paris et développe sur le web des projets littéraires parmi les plus remuants et les plus créatifs (voir nos billets précédents). Tous deux sont de jeunes auteurs et ils viennent de publier leur premier roman. Chacun fait dériver son personnage principal (un jeune homme entre fin de l’adolescence et début de l’âge adulte) dans des villes pourtant opposées (l’une est nommée, Lima, l’autre non) mais où l’enfance, le corps, la violence et la perte de repères pourraient être un des dominateurs communs. Comme le premier texte est une traduction et l’autre non, il est difficile de comparer les styles. On peut néanmoins noter que les deux auteurs procèdent par fragments, par touches non pas impressionnistes mais réalistes, via des proses le plus souvent poétiques : leur langue, le rythme saccadé et affolé, le style direct, oral voire brutal et l’utilisation du cut-up (pour Vissac) restituent avec gravité et vertige le côté heurté des corps. Ce qui les rapproche aussi, malgré la différence des lieux décrits, c’est ce regard que posent ces deux personnages (à l’âge des non limites) sur la ville et l’autre, entre peurs et fantasmes, défis et défiances, schizophrénie et hallucinations. Deux voix pour deux textes où s’entrechoquent des dizaines d’autres voix (dans la dernière partie de son roman, Mucha déplace le curseur en donnant la parole à ceux qui ont connu le personnage principal et Vissac, lui, n’hésite pas à jouer avec la ponctuation, l’anacoluthe et la typographie pour que s’interpénètrent des voix, celles du narrateur, des « fantômes » croisés et celles entendues dans la rue, le métro, sur un quai de gare. Dans ces deux romans, m’ont plu aussi ces deux dérives urbaines qui font osciller scènes vues et monologues intérieurs : on ne nous explique rien ou presque rien, on ressent ce que les personnages voient, pensent. Le lecteur est dans leurs yeux et dans leur tête. C’est souvent vertigineux.

 

« Parfois l’idée me vient de marcher comme si ma jambe et mon bras gauches étaient paralysés. C’est merveilleux de voir les gens s’enfuir ou prendre un air de pitié. Ils savent que la première des choses est de se tenir à distance.
Ils font deux pas sur le côté et me laissent passer. Les enfants s’approchent et me regardent comme s’ils savaient ce que je suis en train de faire et ils jouent avec mon bras ballant. Les parents les obligent à s’éloigner. Ils me présentent des excuses. Je cesse d’être humain parce que je suis comme ça.
Parfois, histoire de rire, je fais la manche en entrant dans un café. Les gens me donnent de l’argent. Pas beaucoup, mais assez pour déjeuner et prendre une bière.
Leur générosité leur fait croire qu’ils ont gagné le paradis. Du pur égoïsme. Au fond, je leur rends service. Cette fois-ci, j’entre sans trop de conviction.
Au-dessus du comptoir, il y a le nom du lieu. C’est un endroit sale avec une légère odeur de décomposition. Les gens commandent des bouteilles de bière d’un litre. Les dés roulent, on met les pièces sur la première table à gauche. Des rires. Des dents manquantes. Des mains calleuses. La peau fanée et des rides comme des sillons. Celui qui a la chemise à rayures rouges obtient cinq uns à la suite. Je vais vers lui avec mon bras et ma jambe abîmés.
Il fait comme s’il ne me voyait pas. D’un mouvement des hanches, je réussis à balancer mon bras inerte pour lui toucher l’épaule. La pression sociale est telle qu’il me donne une partie de ce qu’il a gagné. De ma main droite, je lui fais un signe de croix. Et il ferme les yeux. Il reçoit ma divine bénédiction.
Je m’en vais rapidement. Je me souviens que j’ai commencé à demander de l’argent quand j’étais gamin. Je n’avais pas de quoi acheter des images pour mon album. Je pleurais presque en m’accrochant aux jambes des filles et je disais que je n’avais pas assez d’argent pour rentrer chez moi. Elles me donnaient quelque chose. Et le tour était joué. Ma mère l’a appris. Ses cris résonnent encore. Je n’ai jamais retenu la leçon. J’ai appris peu de chose.
La table continue de se couvrir de bouteilles. Ils ont sans doute des enfants à nourrir. Je ne leur ai rien pris. Je peux même dire que je leur ai donné de la dignité.
Ce jeu m’amuse énormément. Je crois que mendiant est le meilleur métier du monde. L’argent est toujours sûr. Avec le temps, les rues ont été envahies par les clochards. Certains montent des spectacles époustouflants. Le plus étonnant est celui d’un cul-de-jatte, manchot de surcroît, qui avance entre les voitures propulsé par un mouvement du thorax. Quelqu’un l’accompagne et ramasse les pièces. Parfois les rues se remplissent de mendiants et ils marchent au ralenti. Ils sont si humains. »

© Tes yeux dans une ville grise de Martín Mucha, éditions Asphalte, extrait du chapitre 39

 

Le personnage de Martín Mucha, Jeremías, vit à Lima, dans une ville coupée en deux, séparée par un mur, et ultra-violente où les règlements de compte entre bandes rivales sont quotidiens. S’il est né du mauvais côté du mur, il a néanmoins réussi à poursuivre ses études. Et le roman se situe à ce moment-là, dans le bus ou le combi que Jeremías prend matin et soir entre l’Université et chez lui (quand il ne préfère pas descendre avant son arrêt, jouer aux jeux vidéos avec un copain, voir une fille ou errer dans la ville). Défilent alors les stations, la misère ou l’opulence des quartiers de Lima, les voyageurs de classes très différentes (ceux que le narrateur repère sont pour la plupart perdus, frustrés, hallucinés, pervers). Défilent aussi là ceux qui ont eu vingt ans dans les années 90 et qui ont connu la misère, les crises économiques et n’ont pas réussi à s’intégrer dans la société. Roman poétique, social et politique, il dresse également deux portraits, celui d’une famille écorchée, marquée par la séparation, la maladie, la pauvreté et celui du narrateur, Jeremías, symbole d’une génération paumée, personnage touché et touchant, vulnérable, perdu, à bout de forces malgré son jeune âge, un perdant magnifique.

 

« Je suis vraiment sérieux, je lui gueule dans la nuque chaude, file-moi ta came ou je te découpe.

Le vieux savait pas de quoi je lui parlais. Il tremblait même des coudes et je le sentais chialer.

Il me lâche du fric que je ramasse pas.
Il me dit putain c’est vrai c’est tout ce que j’ai.

Même les vieux disent putain, Ajay, t’y crois ?

Je l’assomme avec la main. Essaye. La main de l’X est peut-être lourde, bien bois massif, mais derrière j’ai pas la force qu’il faudrait

Pas vraiment de la violence, juste passer le temps.

pour que vraiment ça latte. Alors voilà comment je m’y prends : d’abord genou dans les rotules, coude sous la gorge, ensuite au sol. Par terre plusieurs coups dans la tempe contre un feu rouge déraciné : combien déjà qui ratent ?

Je crois pas qu’il était dans les vapes. Je crois juste qu’il attendait que j’arrête.

Je rentre la main, ferme mon sac. Nettoie le sang qui coule encore. Ramasse le fric, garde les billets, balance le reste. Je compte même pas le butin, j’avale seulement salive récalcitrante et planque en douce les billets froissés du jour. Dans un dernier coup de latte un peu trop sourd je lui crache mon nom qui me tombe des dents comme un sanglot.
Te dire mon nom c’est commencer mon histoire, je lui dis, alors écoute, écoute un peu pour voir. »

© Coup de tête de Guillaume Vissac, publie.net / publie.papier, extrait du chapitre …….

 

Le personnage de Guillaume Vissac est également une comète, un écorché vif, une bombe à retardement, un jeune homme en fuite, qui a perdu un bras en jouant avec une bouteille de gaz avec ses potes (à cause du titre, Coup de tête, j’ai souvent pensé à Patrick Dewaere, à sa fureur de vivre, mais me sont surtout revenues lors des déambulations des pages de Ripley Bogle de Robert McLiam Wilson). Depuis Je erre dans la ville caniculaire parmi d’autres corps, à la recherche de son membre manquant, sac Lafuma dans l’autre main, entre squats et quêtes amoureuses, entre recherche du double et fuites pulsionnelles avant de connaître la rue (quand on dit ça en général le personnage est mal barré). Parce qu’on est avec lui, dans sa tête, sa gorge et son oreille, qu’il nous fait entendre ses pensées, sa voix et celles de la ville, lorsqu’il fait des rencontres (Ajay, Nil, LUI, Arjeen Mangel, Ercini-Fort, Karl, personnages récurrents, doubles, mentors, paumés, militants, sensuels…), parfois on ne sait plus qui parle. Aussi parce qu’il y a des manques et des douleurs qui sont plus essentielles que les histoires. Aussi parce qu’il y a la solitude, la rue, la perte de repères, la violence du quotidien, celle des nuits. Mais toute cette hypersensibilité (lucide, dirais-je parce qu’il y a une distance entre le coup de poing permanent et le point sur la page) n’empêche pas la poésie, au contraire (voir le passage sur les distributeurs de barres chocolatées et de madeleines industrielles par exemple) ni l’humour noir (voir la scène dans le supermarché). Et si des images reviennent souvent (celles par exemple d’une compétition de natation), c’est surtout la longue et lente descente dans la nuit fauve que l’auteur va articuler, désarticuler, émietter, jusqu’à l’épuisement.

ChG

 

REPÈRES

Tes yeux dans une ville grise de Martín Mucha
éditions Asphalte
traduit de l’espagnol (Pérou) par Antonia Garcia Castro
version imprimée (16 €), version numérique (6.99 €)
playlist de l’auteur sur le site des édition Asphalte
son compte twitter
la page facebook de son roman

 

Coup de tête de Guillaume Vissac
publie.net / publie.papier
version imprimée (15.98 €), version numérique (4.99 €)
son site Fuir est une pulsion
ses autres textes disponibles sur ePagine
son compte twitter
la page facebook de son roman

11 avril 2013

14 titres Folio & Gallimard Jeunesse à 3.99 € jusqu’au 1er mai

Du 11 avril au 1er mai 2013 (inclus), les éditions Gallimard proposent une opération promotionnelle autour de 4 de ses collections : Folio (4 titres), Folio Policier (4 titres), Folio SF (4 titres) et Gallimard Jeunesse (2 titres). 14 titres en tout, chacun à 3,99 € (jusqu’à 50% de réduction pour certains d’entre eux). Cliquez ici ou sur l’image infra pour accéder à la liste complète sur ePagine.

Cette sélection est très ouverte et touchera à la fois le grand public, les lecteurs de polars et de SF mais aussi ceux qui n’ont pas peur d’entrer dans des textes parfois plus difficiles. On y trouve des auteurs français : Jean-Christophe Rufin, Éric Fottorino, Tonino Benacquista (avec l’un de ses premiers romans noirs, du très bon, tandis que vient de paraître un recueil de nouvelles, Nos gloires secrètes), Elsa Marpeau (lire notre billet d’octobre 2010) mais aussi un des auteurs les plus importants de la fin du XXe siècle, Louis Calaferte. Du côté des auteurs traduits, du beau monde là aussi : Jo Nesbø (l’un des auteurs scandinaves les plus lus en France et d’ailleurs bonne nouvelle pour les inconditionnels, la nouvelle enquête de Harry Hole, Fantôme, paraît demain et les deux premiers chapitres peuvent toujours être téléchargés gratuitement), Ferdinand von Schirach (un auteur à découvrir) ou encore l’incontournable Robert Silverberg. Les plus jeunes n’ont pas été oubliés dans cette histoire puisque le premier tome de Animorphs de K.A. Applegate et celui de Louise Rennison, Le journal de Georgia Nicolson, font partie de l’opération. La liste complète et détaillée est dessous (avec liens pour chacun des titres).

ChG

 

Du 11 avril au 1er mai 2013 : 3,99 € chaque titre
Folio, Folio Policier, Folio SF, Gallimard Jeunesse

► Jean-Christophe Rufin, La salamandre
Folio (3,99 € au lieu de 5,49 €)
► Ferdinand von Schirach, Crimes
Folio (3,99 € au lieu de 6,49 €)
► Louis Calaferte, La mécanique des femmes
Folio (3,99 € au lieu de 5,99 €)
► Eric Fottorino, Baisers de cinéma
Folio (3,99 € au lieu de 6,49 €)
► Jo Nesbø, Le bonhomme de neige
Folio Policier (3,99 € au lieu de 7,99 €)
► Thomas H. Cook, Les liens du sang
Folio Policier (3,99 € au lieu de 6,99 €)
► Elsa Marpeau, Les yeux de morts
Folio Policier (3,99 € au lieu de 7,49 €)
► Tonino Benaquista, Trois carrés rouges sur fond noir
Folio Policier (3,99 € au lieu de 5,99 €)
► David Brin, Jusqu’au cœur du soleil (Le cycle de l’Elévation, T1)
Folio SF (3,99 € au lieu de 8,49 €)
► Robert Silverberg, L’oreille interne
Folio SF (3,99 € au lieu de 7,49 €)
► John Kessel, Lune et l’autre
Folio SF (3,99 € au lieu de 7,49 €)
► H. Courtade, Loup, y es-tu ?
Folio SF (3,99 € au lieu de 7,49 €)
► K.A. Applegate, Animorphs (tome 1)
Gallimard Jeunesse (3,99 € au lieu de 7,49 €)
► Louise Rennison, Le journal de Georgia Nicolson (tome 1)
Gallimard Jeunesse (3,99 € au lieu de 5,99 €)

8 avril 2013

Les 10 articles les plus consultés en mars 2013 sur le blog ePagine

Retour aujourd’hui sur les 10 articles les plus consultés le mois dernier sur ce blog, un mois de mars très riche en nouveautés, en événements, en annonces et donc en billets (19 au total). Premier événement, le salon du livre de Paris. De nombreux billets auront été postés juste avant et au moment de ce 33e salon du livre : alliance entre ePagine et Numilog afin de proposer une solution commune de bibliothèques personnelles de livres numériques, présentation de la Reading Room, lancement du site Paris Librairies dédié aux livres papiers et aux livres numériques avec géolocalisation ainsi que celui de la librairie Mollat (pour les livres numériques uniquement), tous deux conçus par ePagine, mise en ligne du quatrième titre réalisé par ePagine Publications numériques (Quelques pas de solitude de Pascal Dessaint) avec cette fois l’aide précieuse de la librairie Ombres Blanches à Toulouse… En mars, un lancement ne sera pas passé inaperçu, celui du nouveau roman de AYERDHAL proposé en huit épisodes par Au diable Vauvert (épisode 1 offert). La nouvelle collection des éditions Noir sur Blanc, Notabilia, aura également été mise à l’honneur ainsi que celle réservée aux romans noirs chez Viviane Hamy, Chemins Nocturnes (avec promo jusqu’à la fin du mois d’avril). Petit plaisir personnel : vous aurez été nombreux à suivre les deux billets consacrés à la création numérique et littéraire (focus sur les éditions Émoticourt et sur les nouvelles traductions). Et du côté des chroniques, ce sont celles consacrées aux Avenirs de Hafid Aggoune et à L’Usine de Philippe Napoletano qui auront retenu votre attention. Retrouvez tous les liens vers ces billets dans la liste ci-dessous.

Je vous rappelle que tous les livres numériques cités dans les billets sont au même prix partout (en France) et peuvent être téléchargés sur la librairie epagine.fr ainsi que sur les sites de vente de tous ses libraires partenaires (liste à jour ici).

Un grand merci pour vos lectures, soutiens et relais, de plus en plus nombreux.

ChG (photo et billet)

 

Les 10 billets les plus consultés sur ce blog | mars 2013


 

 

1► Rainbow Warriors de AYERDHAL
| billets du 11 mars 2013 et du 15 mars 2013
2► ePagine et Numilog s’allient pour proposer une solution commune de bibliothèques personnelles de livres numériques
| billet du 14 mars 2013
3► Création littéraire et numérique : les nouvelles traductions
| billet du 1er mars 2013
4► Ombres Blanches & ePagine offrent un livre numérique à leurs lecteurs
| billet du 21 mars 2013
5► Émoticourt éditions sur ePagine | une sélection
| billet du 6 mars 2013
6► Jusqu’au 30 avril 2013, 45 polars incontournables de la collection Chemins nocturnes à 9,99 €
| billet du 16 mars 2013
7► Présentation de la Reading Room (le salon de lecture numérique de ePagine)
| billet du 27 mars 2013
8► Notabilia, la nouvelle collection de Brigitte Bouchard aux éditions Noir sur Blanc
| billet du 13 mars 2013
9► Les Avenirs d’Hafid Aggoune (édition revue et corrigée) chez StoryLab
| billet du 18 mars 2013
10► L’Usine de Philippe Napoletano, une dystopie moderne
| billet du 19 mars 2013

 

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