Le blog ePagine

Conseils de lecture, entretiens, actualité numérique :

le Livre-Avenir ne se fera pas sans les libraires.

14 février 2014

Un dernier billet pour la route et 320 auteurs à découvrir ou à retrouver

J’ouvre une parenthèse, appuie sur la touche pause, fais un pas de côté…
Dès ce soir je m’absenterai pour plusieurs mois de ePagine (blog et site) mais avant ça je tenais à publier un dernier billet ici, un dernier pour la route − la route qui est devant. Mais si je me retourne sur ces presque cinq années, c’est le vertige assuré. 900 billets m’indique le compteur et sans doute dix fois plus de mises en avant sur le site de la librairie. Je ne m’amuserai pas à tout répertorier, à tout recenser car qui cela pourrait-il bien intéresser dans cette course en avant qu’est la diffusion de l’information sur Internet depuis l’avènement des réseaux sociaux où le plus important n’est pas ce qui vient d’être fait mais le prochain événement.
J’avais toutefois envie de mettre à jour cette liste, celle des auteurs cités, interviewés ou/et chroniqués (avec extraits parfois) sur le blog ePagine entre octobre 2009 et février 2014. Il en manque, oui. Mais d’autres lecteurs, libraires, internautes,…, s’en sont chargés c’est sûr.

Dès la semaine prochaine ce blog sera animé par Stéphane Michalon, David Queffélec, Yann Arribart,… et peut-être d’autres membres de l’équipe ePagine ou invités. Côté réseaux sociaux (notamment twitter et facebook) c’est David Queffélec qui s’en chargera. Il devrait y avoir un côté plus SF et plus techno aussi.

Dans cette parenthèse, durant cette pause, je nous souhaite de bonnes lectures. Merci d’avoir suivi ce blog et à bientôt !

Christophe Grossi

 

 

A

Mélikah Abdelmoumen
Philippe Adam (1) (2)
Etel Adnan
Hafid Aggoune
Mohammed Aïssaoui
Alain-Fournier
Henri Alleg
Vincent Almendros
Patrick Amine
Franck Ancel
Anthologie d’auteurs contemporains turcs #1 (Meydan | la place)
Joanne Anton
António Lobo Antunes
Florence Aubenas
Clémentine Autain
Ayerdhal
Sébastien Ayreault (1) (2)

 

B

Alain Badiou (1) (2)
Jeff Balek (1) (2) (3)
Gaëlle Bantegnie
Cathy Barreau
Franz Bartelt
Jean-Louis Basdevant (1) (2)
David Batov
François Beaune
Samuel Beckett
Felipe Becerra Calderón
Thierry Beinstingel (1) (2)
Pierre-Gilles Bellin
Stéphanie Benson (1) (2)
Hakim Bey
Hakan Bıçakçı
Bergsveinn Birgisson
Nicolas Bleusher
Alain Blottière
Robert Bober (1) (2)
Aliette de Bodard
François Bon (1) (2) (3) (4)
Jean-Jacques Bonvin
David Boratav
Pierre Bordage (1) (2) (3) (4) (5) (6)
Charlie Bossu
Samir Bouhadjadj
Pascale Bouhénic
Daniel Bourrion (1) (2)
Antoine Boute
Frédéric Boyer
Geneviève Brisac
Michel Brosseau
John Burnside
William Burroughs

 

C

Olivier Cadiot
Éric Calatraba
Albert Camus
Peter Carey (1) (2)
Antonio A. Casilli
Neal Cassady
Elizabeth Castro
Arnaud Cathrine
Manu Causse (1) (2)
Antoine Chainas
Mehdi Charef (1) (2)
Sorj Chalandon
Pierre Charras (1) (2)
Patrick Chatelier
Antoine Choplin
Aziz Chouaki
Sarah Cillaire (1) (2)
Thomas Clerc
William Cliff (1) (2)
Louis Codet
Michael Collins
W. Wilkie Collins
Ted Conover
Comte Kerkadek
Thierry Crouzet (1) (2)

 

D

Didier Daeninckx
Marina Damestoy
Kéthévane Davrichewy
André Delauré (1) (2)
Florence Dell’Aiera
Erri De Luca
Vincent Demulière
Agnès Desarthe
Maryline Desbiolles
Pascal Dessaint
Régine Detambel
Patrick Deville
Fatou Diome
Milad Doueihi

 

E

Jean Echenoz
Vincent Eggericx
Paul Éluard
Antoine Emaz
Jean-Michel Espitallier (1) (2)

 

F

Claude Favre (1) (2) (3)
Éric Faye
Mélanie Fazi
Jérôme Ferrari (1) (2)
Christophe Fiat
Francis Scott Fitzgerald
Naomi Fontaine
Philippe Forest
Éric Fottorino
Marc-André Fournier (1) (2) (3) (4)
Catherine Fradier
Rodrigo Fresán
Jacques Fuentealba

 

G

Mathieu Gaborit
Christian Gailly (1) (2)
Lucy Gareth
Pascal Garnier
g@rp (1) (2) (3)
Alain Gaschet
Pascale Gautier
Atul Gawande
Michèle Gazier (1) (2)
Allen Ginsberg
Jean Giono
Magali Giovannangeli
Brigitte Giraud
Robert Giraud
Édouard Glissant
Léa Godard
Philip Gourevitch
Iegor Gran
Daryl Gregory
Hubert Guillaud
Jean-Claude Guillebaud

 

H

Maryse Hache (1) (2)
Yannick Haenel
Ernest Hemingway
Léo Henry
Hugh Howey
Thomas Henry Huxley

 

I

Adamou Idé
Louise Imagine
Antonio Incorvaia
Arnaldur Indridason
ISHIDA Ira

 

J

Elias Jabre (1) (2) (3) (4)
Lawrence P. Jackson
Régis Jauffret (1) (2)
Christine Jeanney (1) (2) (3) (4)
Serge Joncour
Charles Juliet (1) (2)

 

K

Hédi Kaddour
Franz Kafka
Michèle Kahn (1) (2)
Leslie Kaplan (1) (2) (3)
Karin Karakaşlı
Laura Kasischke
Maylis de Kerangal
Jack Kerouac (1) (2)
Bachir Kerroumi
Laurent Kloetzer
L. L. Kloetzer
Malcolm Knox
Cloé Korman
Edgar Kosma

 

L

Éric Laurrent
Linda Lê
Bruno Léandri
Titiou Lecoq
Alain Lefebvre
Noémi Lefebvre
Doctoresse Légey
Arnaud Le Guicher
Marin Ledun
Éric Le Forestier
Nathalie Léger
Patrice Lelorain
Hélène Lenoir
Mahigan Lepage (1) (2)
Le Roi des éditeurs
Franck Leroy
Gilles Leroy
António Lobo Antunes
Anne Luthaud
Win Lyovarin

 

M

Perihan Mağden
Arnaud Maïsetti
Raphaël Majan
Léo Malet
Dominique Manotti
Canan Marasligil
Josée Marcotte
Greil Marcus
Laurent Margantin (1) (2) (3) (4)
Jean-Claude Marguerite (1) (2) (3) (4) (5)
Javier Marías
André Marois
Elsa Marpeau
Frédéric Martel (1) (2)
Antoine Martin
Jean-Charles Massera
Antoine Matha
Jean-Michel Maulpoix
Xavier Mauméjean
Laurent Mauvignier
Leroy K. May
Jesper Malmose
Herman Melville
Pierre Ménard (1) (2)
Juliette Mézenc
Pierre Michon
Céline Minard (1) (2)
Arnaud Modat
Patrick Modiano
Clément Monjou
Romain Monnery
Alain Monnier
Toni Morrison
Xavier de Moulins
Martín Mucha
Herta Müller
Alice Munro

 

N

Gary Paul Nabhan
Philippe Napoletano
Taslima Nasreen
Marie NDiaye
Abasse Ndione
Jo Nesbø
Bernard Noël
Jeff Noon
Valère Novarina

 

O

Faustine Ondry
Christian Oster
Julie Otsuka

 

P

Alexandre Pajon
Rithy Panh (1) (2) (3)
Germain Paris
Ray Parnac
Marc Pautrel (1) (2) (3)
Patrick Pécherot
João Ricardo Pedro
Éric Pessan (1) (2)
Fernando Pessoa
Alain Pierrot
Emmanuelle Pireyre
Olivier Poivre d’Arvo
Grégoire Polet
Maurice Pons
J.-B. Pontalis
Claude Ponti
Christophe Pradeau
Gérard Prunier

 

Q

Bernard Quiriny
Horacio Quiroga

 

R

Atiq Rahimi
Philippe Rahmy
Isabelle Rèbre
Léonor de Récondo
Revue Angle mort (1) (2) (3)
Revue Décapage
Revue d’ici là (1) (2)
Revue Luxe Intérieur
Revue Terrain
Nicolas Rey
Alessandro Rimassa
Monique Rivet
Alain Robbe-Grillet
Jean Rolin
Olivier Rolin (1) (2) (3) (4) (5) (6)
Sébastien Rongier
Olivia Rosenthal (1) (2)
Jean Rouaud (1) (2)
Jacques Roubaud
Jean-Christophe Rufin

 

S

Guillermo Saccomanno
Jean-Louis Sagot-Duvauroux
Antoine de Saint-Exupéry
Nathalie Sarraute
Jean Sarzana
Serge Sautreau
Anne Savelli (1) (2) (3)
Eugène Savitzkaya
Frédéric Schiffter
Emilio Sciarrino
Jean-Jacques Schuhl
Ryoko Sekiguchi
Joachim Séné
Luis Sepúlveda
Jacques Serena
Lucius Shepard
Georges Simenon
Claude Simon (1) (2)
Anne Simonin
Lorenzo Soccavo
Karla Suárez
Lucien Suel (1) (2)

 

T

Gonçalo M. Tavares
Latife Tekin
Albert Thierry
Chantal Thomas
Balthasar Thomass
Camille de Toledo
Tolkien
Jean-Philippe Toussaint
Federigo Tozzi
Lyonel Trouillot

 

U

Ahmet Ümit

 

V

Antonin Varenne
Mario Vargas Llosa
Théo Varlet
Stéphane Velut
Marvin Victor
Pierre Vidal-Naquet
Enrique Vila-Matas
Marc Villard
Jean de La Ville de Mirmont
Fabio Viscogliosi
Guillaume Vissac (1) (2)
Auguste Gilbert de Voisins

 

W

WANG Anyi
Edward O. Wilson
Martin Winckler

 

Y

Irvin Yalom (1) (2)
Mo Yan

 

Z

Valérie Zenatti

12 février 2014

Mélikah Abdelmoumen | Adèle et Lee (éditions Émoticourt)

En octobre dernier nous parlions ici de Muette, personnage éponyme du roman d’Eric Pessan. Il était question de la fugue d’une adolescente, de la violence qui s’empare d’elle, face aux métamorphoses de son corps, face aux non-dits ou aux rejets de sa famille. Hier soir j’ai lu d’une traite Adèle et Lee de Mélikah Abdelmoumen, longue nouvelle qui vient de paraître aux éditions Émoticourt, en numérique, où il est à nouveau question d’une adolescente. J’ai été stupéfait par la puissance d’évocation et la capacité qu’a l’auteur en si peu de « pages » de nous faire entrer et de nous entraîner dans cette histoire fulgurante. Comme si chaque phrase contenait en elle des dizaines d’autres, comme si l’auteur était parvenue à les resserrer au point de ne garder que l’essentiel tout en permettant au lecteur de retrouver celles qui auraient été gommées. Est-ce dû à l’imagination débordante de la narratrice ou a l’omniprésence du cinéma dans ce texte ? On y trouve en effet de nombreuses références à des réalisateurs, films, personnages et comédiens, la plupart américains, des frères Coen à David Lynch en passant par Hitchcock, Thelma et Louise, Ingrid Bergman, Gus Van Sant, les séries TV… Et cela, dès le tout début où la narratrice, à rebours, revient sur sa petite enfance puis l’année de ses treize ans avant la folle équipée qui s’ensuivra.
Personnages bien campés, psychologie maîtrisée, sens de la narration et du suspense, phrases alternant descriptions, analyses et formules choc, style s’adaptant dans l’alternance des points de vue de la jeune femme et du professeur, Adèle et Lee est une belle réussite. Entre Adèle (jeune fille hyper-sensible, décalée et cruelle), sa mère (ex-catin, hystérique et névrosée qui m’a rappelé un personnage de John Cassavetes), Maxine des « Trois Grâces » (qui joue à merveille son rôle de Lolita à la fois perverse et naïve) et enfin Lee (le professeur américain malmené par tout ce petit monde), cette novela, à rapprocher de l’univers du Roi n’a pas sommeil de Cécile Coulon, est à découvrir de toute urgence !

Lisez ces trois extraits, téléchargez ensuite Adèle et Lee de Mélikah Abdelmoumen et dites m’en des nouvelles !

ChG

 

Quelques liens

Adèle et Lee de Mélikah Abdelmoumen (Émoticourt) sur ePagine
Autres titres de l’auteur disponibles en numérique à La Courte échelle
Autres titres de la maison d’édition disponibles en numérique

 

— TROIS EXTRAITS —

 

EXTRAIT 1

ADÈLE : “Nous roulions. Dans mon souvenir, nous traversions un de ces paysages américains avec ciel bleu pur sans le moindre nuage, lumière mordorée. (C’est impossible. Je le sais aujourd’hui, nous étions en France. J’avais cinq ou six ans, et déjà beaucoup trop d’imagination.)

Partout jusqu’à un mètre au-dessus du sol une sorte de poussière rouge voletait, tourbillonnait. Corneilles perchées sur les poteaux électriques et sur les fils. Boules de brindilles et de branchages roulant gracieusement au sol, poussées par le vent. Il ne manquait que Bip Bip et Vil Coyote pour que le paysage se confonde parfaitement avec celui de mon dessin animé préféré.

Ma mère conduisait comme une tarée. Nous quittions encore une grande ville (ne me demandez pas laquelle) dont nous avions, selon son expression, « épuisé les possibilités professionnelles », pour aller tenter notre chance dans une autre.

Elle portait ces lunettes de soleil trop grandes qui la faisaient ressembler à une mouche. Elle pleurait, larmes et rimmel en rigoles sur ses joues blêmes. Elle ressemblait à la mère dans Shining de Kubrick, en rouquine.

Le vent qui entrait par les fenêtres ouvertes fouettait ses cheveux orange, sales, longs et emmêlés. J’avais froid et je sanglotais. De temps en temps, entre deux bouffées des cigarettes qu’elle allumait pas seulement l’une à la suite de l’autre mais l’une avec l’autre, elle me jetait un regard vacillant qui se voulait plein de self-control, et disait : « Arrête ton cinéma, Adèle. » (…)”

EXTRAIT 2

ADÈLE : “Lorsque j’ai fait mon entrée au collège où enseignait Lee Lake, j’avais treize ans. Qu’on ne vienne pas me dire que ce n’est pas l’âge le plus trash de la vie. J’avais treize ans et j’étais une mocheté. Une grande grassouillette aux cheveux marron merde, aux mèches plates et pendouillantes qui me cachaient la moitié du visage. J’étais la Nouvelle. J’aimais les livres autant que je détestais ma mère dont j’aurais aimé avoir les cheveux, au moins. J’étais entre deux âges. Une petite fille qui attendait encore ses premières règles dans un corps trop voluptueux pour son propre bien, qui n’était pour autant pas encore celui d’une femme.

Le proviseur du Collège Préparatoire m’avait à peine laissé le temps de découvrir ma chambre et d’y poser ma petite valise avant de me conduire à la salle où officiait Lee Lake. Le cours était déjà commencé. Je m’étais sentie comme Charles Bovary devant le « nous » mystérieux du premier chapitre du roman de Flaubert : décalée, déplacée, déclassée.

Lee parlait le français avec cet accent irrésistible qu’ont les Américains qui sont de vrais francophiles : léger, presque imperceptible, aguichant comme un secret. Il avait les cheveux noirs et portait la moustache sans la moindre touche de ridicule. Un croisement entre Freddie Mercury et Don Draper, de la série Mad Men.

Les autres élèves étaient, toutes, parfaites. C’était à se demander si elles étaient vraiment vraies. Parfaites et glaciales.

Et moi, décalée, déplacée, déclassée.

J’étais allée m’asseoir à la seule place libre, le regard baissé, le visage bien caché derrière mes cheveux. Je ne sais si c’est Lee qui avait eu la mauvaise idée de me réserver une place au milieu des « Trois Grâces ». Peut-être qu’il s’était dit que la Nouvelle, qu’elle appartienne à la race des Vilains Canards ou à celle des Jolies Princesses, avait tout intérêt à commencer par là son intégration à la vie du Collège Préparatoire : la fréquentation de la cruauté adolescente incarnée, dont trop peu de gens savent qu’elle a le pouvoir de transformer les Vilains Canards en tueuses. (…)”

EXTRAIT 3

LEE : “J’étais à mon bureau. Je corrigeais des copies. C’est là que je l’avais vue, plantée comme une tige sous la pluie dans les jardins, à l’écart des autres qui discutaient sous la véranda. Isolée comme aux premiers jours. Elle me regardait, le visage dressé vers ma fenêtre. La pluie qui avait mouillé ses cheveux les faisait tomber en mèches lourdes sur son visage, comme autrefois.

J’étais allé me poster à la fenêtre, que j’avais laissée ouverte pour faire entrer un peu de fraîcheur dans la pièce étouffante. Je l’avais regardée et d’un mouvement de lèvres, j’avais chuchoté son nom.

Elle avait continué à me regarder, muette, et dans ses yeux éperdus quelque chose m’avait fait peur.

La cloche avait sonné et elle s’était éloignée, tournant régulièrement la tête pour voir si je la regardais toujours.

C’est ce jour-là que j’avais su que je devais la protéger, coûte que coûte.

Je la sentais sur le point de se briser.

Je la croyais fragile. (…)”

 

© Adèle et Lee de Mélikah Abdelmoumen, éditions Émoticourt, Collection Fiction dirigée par Félicie Dubois, 2013

10 février 2014

Les 10 articles les plus consultés en janvier 2014 sur le blog ePagine

Retour aujourd’hui sur les dix articles les plus consultés au mois de janvier 2014 sur ce blog, un mois où vous avez surtout été intéressés par la littérature étrangère avec Alice Munro, Hugh Howey, Javier Marías, Horacio Quiroga et les auteurs asiatiques des éditions Picquier mis à l’honneur à l’occasion du Nouvel an Chinois. Mais c’est Ayerdhal avec son thriller déjanté qui aura été le plus lu juste devant le recueil de témoignages de six libraires indépendants. Autres auteurs français, Didier Daeninckx avec un billet posté il y a un an et demi et Pierre Charas qui nous a quitté il y a deux semaines. Enfin, la création numérique n’est pas en reste et c’est tant mieux : le billet continue à être lu et relayé permettant ainsi aux internautes de découvrir des maisons d’édition et des auteurs moins connus que ceux cités précédemment.

Je vous rappelle que tous les livres numériques cités plus bas sont au même prix partout (en France) et peuvent être téléchargés sur la librairie epagine.fr ainsi que sur les sites de vente des libraires partenaires de ePagine (liste à jour ici).

Je ne pouvais pas ne pas terminer ce billet en vous signalant que je signe aujourd’hui un de mes derniers billets sur ce blog. Vous n’êtes pas sans ignorer que le congé parental d’éducation fait parler de lui depuis quelques semaines. Bien qu’ayant pris cette décision à l’automne dernier j’ai comme l’impression d’être en plein dans l’actualité avec ce congé. À partir du 17 février, Stéphane Michalon et David Queffélec tiendront les rênes de ce blog. En attendant de vous retrouver dans six mois (ou plus), je vous souhaite de bonnes lectures, vous remercie pour vos visites et vous dis à bientôt !

ChG (billet et photo)

 

Les 10 billets les plus consultés sur ce blog | janvier 2014


 

 

1 ► Interview d’Ayerdhal pour la sortie de Bastards
| billet du 9 janvier 2014
2 ► Six libraires et ePagine vous offrent Propos sur le métier de Libraire
| billet du 9 octobre 2013
3 ► Nouvel An Chinois : 99 livres numériques des éditions Philippe Picquier à 4.99€
| billet du 24 janvier 2014
4 ► Quoi lire en numérique de Alice Munro, Prix Nobel de littérature 2013 ?
| billet du 10 octobre 2013
5 ► SILO de Hugh Howey (Actes Sud, coll. Exofictions) en cinq épisodes avant intégrale
| billet du 10 septembre 2013
6 ► [note de lecture] Comme les amours de Javier Marías
| billet du 17 septembre 2013
7 ► Didier Daeninckx pour mémoire | La route du Rom (extrait)
| billet du 30 septembre 2012
8 ► Près de 40 nouvelles fantastiques de l’auteur uruguayen Horacio Quiroga en numérique
| billet du 24 octobre 2013
9 ► Création numérique : de nouvelles mises en avant
| billet du 30 janvier 2014
10 ► Pierre Charras (1945-2014) rejoint Schubert, Bacon, Calet et les autres
| billet du 22 janvier 2014

 

31 janvier 2014

Newsletter ePagine #2

 

*****

 

Newsletter ePagine #2 du 30 janvier 2014.

Il s’en est fallu de peu pour que cette newsletter ne parte pas en janvier… mais elle était bel et bien à l’heure pour le Nouvel an Chinois !
Prochaine newsletter en février avec une nouvelle fabrication epub de la part du club ePagine Publications numériques. Pour la recevoir en avant-première, rendez-vous dans la partie « Informations » de votre compte sur epagine.fr

De très bonnes lectures à tous !

L’équipe d’ePagine

30 janvier 2014

Création numérique : de nouvelles mises en avant

Comme nous le signalions ici en novembre dernier (cf. notre billet), un espace est désormais réservé à la Création numérique sur epagine.fr (qui peut être repris par les libraires partenaires de ePagine). Mise à jour régulièrement, cette page (appelée « univers thématique ») accueille les publications des maisons d’édition qui ont fait le choix de publier des livres en format numérique uniquement (bien que certaines d’entre elles proposent aussi un service d’impression à la demande (POD)).

 

Parmi les dernières sélections, en plus de quelques nouveautés, vous trouverez là plusieurs mises en avant.

 

1) Tout d’abord rendons visite à D-Fiction et à ses cinq collections (French connection, Marcel, Body double, Frontiers ou encore Artpotext) parmi lesquelles nous avons aimé les Oloé d’Anne Savelli ou le tout récent Surimpression d’Annie Rioux. Vous remarquerez en passant que la charte graphique (plus typo) a évolué ces derniers temps.

 

2) Autre maison d’édition, autre univers. Numeriklivres que nous avons cité de nombreuses fois ici a eu l’excellente idée de donner un aperçu de ses différentes collections en proposant depuis le 1er janvier un CALENDRIER DE L’APRÈS. L’idée est simple : chaque jour un titre issu du catalogue est proposé à – 50 % voire plus, et ce jusqu’au 31 janvier si bien qu’à la fin du mois (demain), ce seront 31 titres qui pourront être découverts à petits prix. Pour connaître la liste des titres concernés, cliquez ici.

 

3) Traversons maintenant la Manche et gagnons le quartier de East End, cher à Jack l’éventreur, avec les éditions de Londres qui proposent depuis quelques semaines une série littéraire intitulée « Jacques l’éventreur ». Dans cette collection des éditions de Londres, baptisée logiquement East End, des auteurs d’aujourd’hui s’emparent du célèbre serial killer mais en le détournant ou le contournant. Déjà quatre nouvelles noires et grinçantes vous attendent.

 

4) La littérature populaire est à l’honneur ces temps-ci. Pour preuve, cette mise en avant des cinq séries poussées par les éditions La Bourdonnaye via leur label PULP : Les Costello de Laurent Bettoni, Terra Divina de Marie Fontaine, Les Dessous (en dentelle) de l’Élysée de Thiébault de Saint Amand, La Vallée aux crânes de Françoise Benassis et Meurtres low cost d’Isabelle Bouvier. INFO DE DERNIÈRE MINUTE : toute la journée du dimanche 2 février 2014 (offre de 24 heures seulement), la maison d’édition proposera 70 % de réduction (1,49 € au lieu de 4,99 €) sur L’intégrale de la saison 1 de la série Les Costello de Laurent Bettoni.

 

5) On terminera notre visite en nous intéressant à la creative nonfiction de la maison d’édition lyonnaise Moyen-Courrier qui vient de mettre en ligne son septième titre, Faire ses armes, du chirurgien de Boston, Atul Gawande, déjà auteur de Guérir. Faillir, un titre que nous avions soutenu à sa sortie.

 

D’autres liens sont à votre disposition dans cet univers thématique dédié à la création numérique où des dizaines d’autres découvertes vous attendent. N’hésitez pas à en parler autour de vous et à diffuser l’adresse : http://www.epagine.fr/index.php?ssh_id=8.

ChG

24 janvier 2014

Nouvel An Chinois : 99 livres numériques des éditions Philippe Picquier à 4.99€

Du 24 janvier au 9 février 2014, à l’occasion du Nouvel An Chinois, les Éditions Philippe Picquier proposent de télécharger 99 livres numériques de leur fonds de littérature asiatique au prix unique de 4.99 € (marquage sans DRM). La librairie ePagine participe à cette belle opération (cliquez ici pour découvrir les titres choisis ou suivez ce lien pour découvrir la page dédiée à cette opération sur ePagine). À ne pas manquer !

 

 

Pour la deuxième année consécutive, les éditions Philippe Picquier ont décidé de décliner dans l’univers numérique leur grande opération « poche » annuelle en librairie intitulée le NOUVEL AN CHINOIS DES ÉDITIONS PHILIPPE PICQUIER.

99 titres à 4.99 €

À l’occasion de l’année chinoise du CHEVAL, qui commence dans la nuit du 31 janvier 2014, marquant ainsi la fête la plus importante pour les communautés chinoises à travers le monde entier, ePagine, en partenariat avec la maison d’édition, vous propose une mise en avant de 99 livres numériques du fonds Picquier, au prix unique de 4.99 € et sans DRM Adobe, du 24 janvier au 9 février 2014 (ces baisses de tarif pourront parfois dépasser les 50 % par rapport aux prix habituels du catalogue numérique). Romans, nouvelles, proses poétiques, rêveries, essais mais aussi romans érotiques ou enquêtes policières, cette sélection est une belle entrée en matière pour ceux qui ne connaîtraient pas encore ce catalogue et une aubaine pour les amateurs de littérature asiatique.

 

 

Vous trouverez ci-dessous le catalogue préparé pour l’occasion par la maison d’édition, un catalogue qui présente par pays les 99 titres du Nouvel An Chinois des éditions Picquier : 41 titres du domaine chinois, 27 du domaine japonais et 31 titres d’autres pays asiatiques : Vietnam (4 titres) Tibet (6 titres), Corée (4 titres), Inde (11 titres), Mongolie (5 titres), Birmanie (1 titre). Il vous suffira de cliquer sur l’image ou sur le lien infra pour télécharger gratuitement le catalogue au format ePub. Vous pouvez également visiter cette page réalisée spécialement pour Le Nouvel an Chinois, page dans laquelle nous avons classé les titres par pays mais aussi par thématiques (romans policiers, L’Asie immédiate, romans érotiques,…) ou par auteurs emblématiques. Vous trouverez également sur cette page plusieurs mises en avant de la librairie ePagine.

Ma sélection

Dans cette sélection figurent des auteurs importants dont les textes ont souvent été mis en avant par ePagine et qui parfois ont été chroniqués ici. Je pense notamment au diptyque Ikebukuro, West Gate Park de ISHIDA Ira, à la fois polar, portrait d’une génération, regard sur un quartier très « vivant » de Tokyo et dérive urbaine aussi noire que désopilante qui nous entraîne dans le quartier d’Ikebukuro en compagnie de Majima Makoto, un personnage vraiment très attachant. Japon toujours, ne passez pas à côté des Cent vues du mont Fuji de Osamu Dazai qui est pour moi l’un des plus grands (et des plus pessimistes aussi) auteurs japonais du XXe siècle. Petit détour aussi du côté de La submersion du Japon de Sakyo Komatsu qui était un roman d’anticipation et qui est devenu terriblement actuel. Enfin, last but not least, je ne peux pas ne pas vous conseiller de lire le grand poète du quotidien et du paysage, Sôseki (plusieurs titres figurent dans cette sélection, dont ces deux merveilles : La Porte et Petits contes de printemps).

Du côté de la littérature chinoise, on avait fait la part belle ici à WANG Anyi native de Shanghai qui écrit et publie dans son pays depuis les années 70 mais qu’on a découvert en France il y a dix ans seulement, grâce à Philippe Picquier. Quatre des cinq romans traduits chez Picquier figurent dans cette sélection et je vous conseille vivement Amour dans une petite ville, roman sensuel sur le corps, le désir et la danse au temps de la Révolution culturelle chinoise, un roman qui fit scandale lors de sa première parution en 1986 dans la revue Littérature de Shanghai. Si vous avez envie de découvrir un grand roman classique de la littérature érotique chinoise, jetez-vous sur De la chair à l’extase de Li Yu. Plus contemporain mais pas moins subversif, allez faire un tour dans les nuits électriques de Shanghai baby de Weihui. Enfin, pour ceux qui souhaiteraient savourer le regard lucide et l’humour très grinçant de Lao She, saisissez l’occasion : trois de ses romans et recueil de nouvelles sont dans cette liste.

À lire également l’excellent auteur mongole écrivant en langue allemande Galsan Tschinag, découvert en France par les éditions Métailié et L’esprit des péninsules. Cette année, quatre de ses romans (La fin du chant, La Caravane, Dojnaa et Belek, une chasse dans le Haut-Altaï) font partie de la sélection. Avec cet auteur vous voyagerez au cœur des steppes jusqu’aux sommets du Haut-Altaï, des temps anciens à nos jours, et en poésie.

Des dizaines d’autres auteurs vous attendent, notamment l’auteur d’origine indienne, Chitra-Banerjee Divakaruni (à lire en anglais ou en français). Enfin, si vous voulez tout connaître de la cérémonie du thé ou des saumons, cliquez sur les liens !

Bonne année à celles et ceux nés sous le signe du Cheval (et aux autres aussi) en lectures asiatiques !

ChG

Téléchargez gratuitement le catalogue numérique des éditions Picquier
au format ePub ou en PDF

22 janvier 2014

Pierre Charras (1945-2014) rejoint Schubert, Bacon, Calet et les autres

Je ne regrette aucune de mes lectures, aucun des récits et romans que Pierre Charras aura écrits, des textes qui cultivaient ce paradoxe : décrire un bouillonnement intérieur sans hystérie, avec la politesse du désespoir qu’on attribue souvent aux silencieux, aux décalés, aux mélancoliques. Grand amateur et connaisseur de la langue, du théâtre, de la littérature, de la peinture ou de la musique, Pierre Charras a publié une petite vingtaine de récits, de romans, de pièces de théâtre et de « promenades » en trente ans : une œuvre discrète, sensible, douce-amère pour un homme qui l’était sans doute, discret. Si Henri Calet, Francis Bacon ou Franz Schubert ont traversé son œuvre, l’attente, l’inquiétude, l’obsession du temps, les moments ratés ou encore l’amour des silences étaient des thèmes qu’on retrouvait d’un roman à l’autre, d’un fragment de vie à l’autre. Son style était sans fioritures, sans chichis, simple mais pas simpliste, efficace. On se souviendra encore longtemps de ce compte-à-rebours sur le quai du RER dans Dix-neuf secondes, on se souviendra du dialogue halluciné d’un de ses personnages avec une toile de Bacon lors d’une exposition, on se souviendra de la fièvre de Schubert… Pierre Charras vient donc de mourir et mon seul regret est de n’avoir jamais vu le comédien au théâtre ou au cinéma. Pour hommage, reprise infra du billet posté en avril 2010 au moment où Le requiem de Franz venait d’entrer au catalogue numérique sur ePagine.

***

Avec Le requiem de Franz (paru au Mercure de France en septembre 2009 et désormais numérisé), Pierre Charras, auteur très apprécié des libraires, s’efface derrière un homme à qui il a donné la parole et qui est en train de mourir : cet homme est jeune, talentueux, syphilitique, désargenté, romantique, sensible ; malgré la fièvre qui l’emporte et la fin de sa vie qui approche, ce qu’il entend n’est pas une voix mais des notes et ce qu’il perçoit n’est pas un nouveau lied, c’est un requiem. Mais cette messe des défunts, Franz Schubert aura-t-il le temps de la transposer ?

Le lied, poème chanté par une voix et accompagné par un piano ou un ensemble instrumental, est pour tout germanophone l’équivalent de la mélodie pour un français. L’un des maîtres en la matière s’appelle Franz Schubert. Syphilitique, en froid avec son père, aimant le vin et les filles, entouré de nombreux amis, il meurt (d’une fièvre typhoïde ?) à 31 ans (deux ans après Beethoven qu’il vénérait) après avoir composé plus de mille œuvres, dont six cents lieder à partir des textes de Müller, Goethe, Schiller ou Heine ainsi que de ses amis. Pierre Charras, avec Le requiem de Franz, s’est mis dans la peau du compositeur, à l’heure où ce dernier est en train de mourir. La fièvre le rend plus poreux au monde encore, plus sensible, plus perméable. Pas de panique pourtant ici, pas d’hystérie ni de folie ; le ton est posé malgré les inquiétudes, la phrase est souple malgré le sujet : la mort.

Schubert ne raconte pas sa vie ou plutôt si mais dans le désordre (nous sommes dans une fiction, ne l’oublions pas) : il sera donc question de la mort de sa mère, de cette impossibilité pour lui de tuer son père autoritaire, de Dieu, de ses complexes physiques, de ses admirations pour Beethoven, son maître Salieri, Mozart ou encore Haydn, de vin et de ses indéfectibles amitiés. Mais d’autres choses plus fines transpirent ici, notamment sur la quête du bonheur (difficile voire impossible – thème qu’on retrouve souvent chez Pierre Charras) et le déplacement (cette impression de ne jamais pouvoir trouver cette chambre à soi, de ne jamais être bien nulle part, de se sentir déplacé). Ces deux sensations viennent alors heurter ce qui le hante le plus : la composition. Et voilà ce que lui fait dire l’auteur : « C’est à se demander ce que j’aurais composé si j’avais été heureux. Si, même, j’aurais composé. Mais j’aurais été heureux ! » Car, malgré les centaines de compositions produites par Schubert en quelques années, ce dernier n’hésite pas à livrer ses sensations face à la création (et là on perçoit aussi celui qui tire les ficelles, l’auteur lui-même) : difficultés, mélancolie, angoisse, désespoir, terreur, « infirmité ». Mais Schubert ne se décrit pas uniquement dans sa paralysie ou sa neurasthénie ; dans une sorte de va-et-vient, il n’hésite pas à brandir son idéalisme, sa mauvaise estime de soi et son orgueil mais également cette tristesse qui l’accable quand, reconnu comme auteur de chansons à succès (ses fameux lieder) il reste méconnu pour sa vraie musique, celle qui lui importe le plus. « On adore mes chansons et personne n’écoute ma musique », dit-il.

Et les amours de Franz ? Pauvre de lui qui fait malheureusement partie de la race de ceux qui aiment des personnes qui ne le voient pas et ne le savent pas, qui vivent des histoires d’amours contrariées, impossibles ; romantique, sentimental, mal dans sa peau de « petit gros » (il se décrit ainsi), l’amour il ne peut le vivre que par procuration ; dans les plaisirs tarifés, il n’hésite pas à s’inventer d’autres vies, à donner le même prénom aux prostituées, celui de Thérèse, son grand amour qu’il est seul à serrer dans sa mémoire.

© J. Sassier/Gallimard

Pierre Charras (1945-2014) était acteur, écrivain et traducteur d’anglais. Outre Le requiem de Franz (disponible en papier et en numérique), il a publié plusieurs romans au Mercure de France dont Monsieur Henri (sur Henri Calet et prix des deux Magots 1995), Juste avant la nuit (1998), Comédien (2000), Dix-neuf secondes (prix du Roman FNAC 2003) et Bonne nuit, doux prince (prix des librairies Initiales 2006). Au Dilettante, il a publié Quelques ombres, Francis Bacon, le ring de la douleur et Plop !. Chez Stock, L’oiseau. Ces quatre derniers titres sont disponibles dans leur version imprimée et en numérique.

ChG

6 janvier 2014

les 20 articles les plus consultés en 2013 sur le blog ePagine

Retour aujourd’hui sur les 20 articles les plus lus en 2013 sur le blog ePagine.

Sur les 875 billets écrits depuis la création de ce blog, 162 billets auront été postés en 2013 (contre 193 en 2012). En moyenne, tous les deux à trois jours, chroniques de lecture, extraits à lire en ligne, sélections et mises en avant, informations sur les livres numériques, projets des éditeurs traditionnels et 100% numériques, nouvelles traductions,…, auront ainsi été publiés en ligne. L’an passé, on aura également partagé quelques articles sur les outils développés par ePagine qui permettent aux libraires partenaires ou affiliés de proposer à leurs clients des livres papier et numériques (sites, applications, bibliothèque de lecture, ePagine Cloud Reader…). On aura d’ailleurs remis à jour la liste des éditeurs (présents au catalogue numérique) par diffuseur et distributeur et celle des libraires. Ce blog aura aussi tenté de relayer un maximum d’offres découvertes et promotionnelles proposées par les éditeurs.

En 2013, ePagine publications numériques (le studio ePub de ePagine), de son côté, aura  fabriqué six nouveaux livres numériques, dont Propos sur le métier de Libraire qui a fait l’objet d’un article dans Le Monde des livres (cf. le billet pour en savoir plus). Les huit ouvrages, tous Hors Commerce, sont offerts en permanence sur la librairie ePagine avec tout téléchargement de livres ou bien sur simple demande. Cliquez ici pour accéder à la liste complète.

En 2013, on aura également découvert les textes d’auteurs qui nous accompagneront longtemps (Bergsveinn Birgisson et Javier Marías entre autres).

Merci pour votre fidèle soutien et vos relais toujours aussi nombreux.

ChG

P.S. : Je vous rappelle que tous les livres numériques cités dans les billets sont au même prix partout (en France) et peuvent être téléchargés sur la librairie epagine.fr ainsi que sur les sites de vente de tous les libraires partenaires ou affiliés à ePagine (liste à jour ici).

 

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Les 20 articles les plus consultés sur ce blog en 2013
parmi ceux publiés du 1er janvier au 31 décembre 2013

 

1► Liste des éditeurs par distributeur et diffuseur | mise à jour du 25 janvier 2013
2► La Nouvelle Revue de Psychanalyse numérisée | billet du 12 février 2013
3► Liste des librairies affiliées et partenaires d’ePagine | mise à jour du 13 novembre 2013
4► Rainbow Warriors de AYERDHAL (Au diable Vauvert) | billet du 11 mars 2013
5► Fantôme, la 9e enquête de Harry Hole, par Jo Nesbø (série noire) | billet du 22 avril 2013

6► Un numéro spécial de la revue Angle mort offert | billet du 17 janvier 2013
7► Six libraires et ePagine vous offrent Propos sur le métier de Libraire | billet du 9 octobre 2013
8► Notabilia, nouvelle collection de Brigitte Bouchard, éd. Noir sur Blanc | billet du 13 mars 2013
9► L’Art de la thérapie de Irvin Yalom (éd. Galaade) | billet du 9 avril 2013
10► Rentrée littéraire 2013 : des extraits à télécharger gratuitement | billet du 22 août 2013

11► ePagine et Numilog s’allient pour proposer une solution commune de bibliothèques personnelles de livres numériques | billet du 14 mars 2013
12► [note de lecture] La Lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson | billet du 23 septembre 2013
13► SILO de Hugh Howey en cinq épisodes avant intégrale | billet du 10 septembre 2013
14► 19 Topo-guides numériques de Grande Randonnée | billet du 13 juillet 2013
15► L’intégrale de la saga de Krondor de Raymond E. Feist | billet du 20 novembre 2013

16► 400 titres de la collection Que sais-je ? en numérique | billet du 22 juin 2013
17► Quoi lire en numérique de Alice Munro, Prix Nobel 2013 ? | billet du 10 octobre 2013
18► [note de lecture] Comme les amours de Javier Marías | billet du 17 septembre 2013
19► Les 70 ans de l’édition américaine du Petit Prince de Saint-Exupéry | billet du 2 avril 2013
20► Création littéraire et numérique : les nouvelles traductions | billet du 1er mars 2013

19 novembre 2013

ePagine soutient la création numérique

L’an passé, la librairie ePagine (spécialisée dans la vente de livres numériques et associée à plusieurs librairies indépendantes françaises) a créé à l’intérieur de son site ce qu’on peut appeler des univers thématiques. Nous avions déjà évoqué ici les espaces dédiés aux BD & Mangas, aux Littératures de l’imaginaire ou encore aux English Books. Un espace réservé à la Création numérique est également actif depuis quelque temps ; il accueille des maisons d’édition qui ont fait le choix de publier des livres numériques (même si certaines d’entre elles proposent aussi un service d’impression à la demande (POD)). Tous les genres sont ici représentés, de la littérature aux essais en passant par la jeunesse. On y trouve à la fois des romans traditionnels (lecture linéaire), d’autres qui offrent la possibilité d’une lecture aléatoire ou/et avec photos, lectures audio,… On peut également trouver son bonheur en piochant dans les textes courts, les revues inventives, les réflexions sur la pratique numérique, les polars, la SF, la poésie, la romance, l’érotisme ou encore en téléchargeant des feuilletons et des séries. Les titres mis en avant sur cette page ainsi que les listes des maisons d’éditions sont régulièrement mis à jour. Quelques éditeurs nous ont également fournis des bannières qui permettent d’animer cet espace. À signaler aussi qu’un palmarès dédié à cet espace a été spécialement développé par l’équipe d’ePagine. Il reste encore bien des choses à améliorer, notamment à mieux intégrer cet univers thématique sur la page d’accueil du site (développements prévus pour début 2014).

En attendant, n’hésitez pas à visiter cet espace qui en ce moment (voir les captures d’écran infra) met en avant une dizaine de titres lus et conseillés numériquement par ePagine, quelques nouveautés d’automne, deux auteurs à découvrir (Jiminy Panoz et Jacques Ancet) ainsi que trois maisons d’édition au catalogue bien identifié (Moyen-Courrier, Numeriklivres et La matière noire).

L’adresse à retenir, pour l’instant, est celle-ci : http://www.epagine.fr/index.php?ssh_id=8. N’hésitez pas à la faire circuler, à en parler autour de vous. La création numérique est en pleine effervescence, il serait vraiment dommage de passer à côté.

ChG

 

Exemple de page d’accueil de l’espace dédié à la Création numérique sur le site de la librairie ePagine (liste des maisons d’édition à gauche, bannières déroulantes en haut, mises en avant au centre, palmarès à droite).

 

Quelques-uns des titres lus en numérique et conseillés par ePagine : roman sentimental ou thriller à cent à l’heure, nouvelles déjantées ou roman d’aventures, revue de création sur la ville de Shanghai ou balade dans les taxis de Jérusalem, et d’autres encore à découvrir en ce moment.

 

Sélection de quelques titres mis en ligne cet automne par Numeriklivres, publie.net, Les éditions de Londres, emue, La matière noire, Les guides MAF, Emoticourt, Walrus ou encore StoryLab.

 

Coup de projecteur sur deux auteurs à découvrir : Jiminy Panoz qui nous aide à penser et à pratiquer le numérique ainsi que Jacques Ancet, pour l’élégance de sa phrase.

 

Exemple de trois maisons d’édition spécialisées dans la lecture numérique, Numeriklivres qui fait quasiment figure de pionnier aujourd’hui et qui, au fil du temps, a su s’adapter aux envies des lectrices et des lecteurs, notamment en leur proposant des feuilletons et séries (polars & thrillers, romances, érotisme,…), Moyen-Courrier qui s’est spécialisé dans les documentaires littéraires (on en parle ici) et La matière noire que nous venons de découvrir et qui propose des textes assez détonants.

17 novembre 2013

Actualité de la semaine ePagine [du 11 au 17 novembre 2013]

Comme chaque dimanche vous trouverez dans ce billet des liens vers les articles du blog que vous n’avez peut-être pas eu le temps de lire cette semaine ainsi qu’une mise en avant récente de la librairie ePagine. À la une aujourd’hui Bob Dylan by Greil Marcus, Auguste Gilbert de Voisins, Les 10 articles les plus consultés en octobre et 15 Folio en promotion.

En avant pour quelques invitations à la lecture !

ChG

 

— LES BILLETS DE LA SEMAINE DU BLOG EPAGINE —

 

► 15.11.13 : Bob Dylan by Greil Marcus (Galaade)
Après Like a Rolling Stone (2005) et L’Amérique et ses prophètes (2007), Galaade poursuit sa politique d’auteur avec la publication de Bob Dylan by Greil Marcus. Des notes sur les Basement Tapes de 1967 à l’exploration du Time Out of Mind de 1997, où Dylan réimagine l’expérience américaine, Marcus décrypte non seulement les enregistrements mais aussi les concerts, les livres et les films qui ont contribué à inscrire Bob Dylan au sein de notre culture. Bob Dylan by Greil Marcus, traduit de l’anglais par Pierre-Richard Rouillon, est publié dans la collection Essais aux éditions Galaade. [lire la suite du billet]

► 14.11.13 : ePagine vous offre Le Bar de la Fourche d’Auguste Gilbert de Voisins
Via son studio ePub, ePagine vient de fabriquer et de mettre en ligne un huitième titre : Le Bar de la Fourche d’Auguste Gilbert de Voisins. Cet ouvrage et les sept précédents, Hors Commerce, sont offerts en permanence sur la librairie ePagine avec tout téléchargement de livres. (…) Le Bar de la Fourche est un roman d’aventures (voire un western) d’Auguste Gilbert de Voisins sur les chercheurs d’or, dans l’Ouest américain. Il a été publié la première fois en 1909. Ce roman a inspiré le film éponyme d’Alain Levent qu’il a réalisé en 1972, avec Jacques Brel, Isabelle Huppert et Pierre-François Pistorio pour incarner les personnages principaux. [lire la suite du billet]

► 12.11.13 : Les 10 articles les plus consultés en octobre 2013 sur le blog ePagine
En octobre vous avez été surtout intéressés par les auteurs traduits : l’Islandais Bergsveinn Birgisson, la Canadienne Alice Munro, l’Américain Hugh Howey, l’Espagnol Javier Marías ou l’Uruguayen Horacio Quiroga. Peut-être parce que la Foire de Francfort est passée par là… Quelques auteurs français ont néanmoins retenu votre attention, le regretté Christian Gailly et l’excellent Eric Pessan. En octobre on aura par ailleurs pu se procurer le premier annuaire des acteurs du livre numérique ou encore Propos sur le métier de Libraire offert par la librairie ePagine. [lire la suite du billet]

 

— UNE MISE EN AVANT DE LA LIBRAIRIE EPAGINE —

Gallimard propose de télécharger 15 titres des collections folio, folio policier, folio sf et folio biographies au prix de 3.99 € jusqu’au 9 décembre inclus. Cette sélection comprend des titres remarquables parus ces dernières années chez cet éditeur : Trois femmes puissantes de Marie NDiaye (que nous avions chroniqué ici), Jan Karski de Yannick Haenel (nous en avions parlé par là), Inigo de François Sureau, Meurtres pour mémoire de Didier Daeninckx, Utu de Caryl Férey, Moloch de Thierry Jonquet ou encore, plus anciens mais incontournables, Maggie Cassidy de Jack Kerouac et L’Amant de la Chine du Nord de Marguerite Duras. Pour découvrir la sélection compète sur ePagine, cliquez ici.

15 novembre 2013

Bob Dylan by Greil Marcus (Galaade)

Après Like a Rolling Stone (2005) et L’Amérique et ses prophètes (2007), Galaade poursuit sa politique d’auteur avec la publication de Bob Dylan by Greil Marcus. Des notes sur les Basement Tapes de 1967 à l’exploration du Time Out of Mind de 1997, où Dylan réimagine l’expérience américaine, Marcus décrypte non seulement les enregistrements mais aussi les concerts, les livres et les films qui ont contribué à inscrire Bob Dylan au sein de notre culture. Bob Dylan by Greil Marcus, traduit de l’anglais par Pierre-Richard Rouillon, est publié dans la collection Essais aux éditions Galaade. Il est disponible en librairie depuis le 31 octobre et en téléchargement depuis le 7 novembre 2013 (14,99 € en numérique). Cliquez ici pour consulter la fiche sur la librairie ePagine.

« J’ai aperçu ce type, dont je n’avais pas bien saisi le nom, alors je suis allé vers lui. Il était en train d’essayer d’allumer une cigarette, il y avait du vent, ses mains tremblaient ; il ne prêtait attention à rien d’autre que l’allumette. Ma stupéfaction était telle, que ma bouche s’est ouverte : “Vous avez été formidable”, ai-je dit. “J’ai été nul à chier”, a-t-il rétorqué sans même lever la tête. »

Au cours de l’été 1963, un jeune type à l’allure débraillée arrive, guitare à la main, il est invité à partager la scène de Joan Baez lors d’un concert dans un champ du New Jersey. Greil Marcus, alors âgé de 18 ans, découvre Bob Dylan : « J’étais sidéré. J’étais décontenancé. Ce type avait débarqué sur la scène de quelqu’un d’autre et, même si a priori rien ne semblait le distinguer du reste du public, il y avait dans son comportement quelque chose qui vous mettait au défi de le définir, de le cataloguer et de l’ignorer, et c’était impossible. »

Véritable coup de foudre pour Marcus qui devient un fan de Dylan et, par là même, un écrivain, dont le chanteur sera, pendant près d’un demi-siècle, l’un des sujets privilégiés… jusqu’à ce livre : Bob Dylan by Greil Marcus. On y trouve des réactions à chaud et de longs retours en arrière en quête d’histoires inconnues, mais avant tout une volonté de s’inscrire dans la conversation qui a toujours entouré l’œuvre de Dylan, sa conversation avec son public, ses chansons, les chansons des autres, et lui-même. Convoquant John F. Kennedy et Brigitte Bardot, Charlie Chaplin et Blind Willie McTell, Tom Paine et la « cinquième fille de la douzième nuit », Georgia Sam et Martin Luther King, Bill Clinton ou Barack Obama, Bob Dylan by Greil Marcus est un livre unique sur Bob Dylan mais c’est aussi une magnifique histoire de l’Amérique.

Greil Marcus est né en 1945. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands spécialistes de la culture populaire américaine.

 

Pour aller plus loin :

Bob Dylan by Greil Marcus (Galaade éditions)

Autres titres de Greil Marcus disponibles en numérique
(uniquement en anglais)

Autres titres des éditions Galaade disponibles au téléchargement
(de Irvin Yalom, Ayfer Tunc, Sylvie Taussig,…)

Autres essais autour de Bob Dylan à télécharger
(François Bon en français, le reste en anglais)

14 novembre 2013

ePagine vous offre Le Bar de la Fourche d’Auguste Gilbert de Voisins

Après Les Dimanches de Jean Dézert de Jean de La Ville de Mirmont (juillet 2012), L’homme qui plantait des arbres de Jean Giono (décembre 2012), L’Homme en proie aux enfants d’Albert Thierry (février 2013), Quelques pas de solitude de Pascal Dessaint (mars 2013), César Capéran de Louis Codet (juillet 2013), La Grande panne de Théo Varlet et le collectif de libraires Propos sur le métier de Libraire. Conversations sur le commerce des livres (octobre 2013), ePagine vient de fabriquer (via son studio ePub) et de mettre en ligne un huitième titre : Le Bar de la Fourche de Auguste Gilbert de Voisins. Cet ouvrage et les sept précédents, Hors Commerce, sont offerts en permanence sur la librairie ePagine avec tout téléchargement de livres. Cliquez ici pour accéder à la liste complète.

Le Bar de la Fourche est un roman d’aventures (voire un western) d’Auguste Gilbert de Voisins sur les chercheurs d’or, dans l’Ouest américain. Il a été publié la première fois en 1909.
Ce roman a inspiré le film éponyme d’Alain Levent qu’il a réalisé en 1972, avec Jacques Brel, Isabelle Huppert et Pierre-François Pistorio pour incarner les personnages principaux.

Cette édition numérique comporte des illustrations originales d’André Collot, sans doute de 1943. En dépit de ses efforts, ePagine n’a pas retrouvé les ayants droit d’André Collot. Si vous disposez d’une information, merci de contacter le service Fabrication (Sébastien Cretin, Karen Etourneau, Damien Desroches et Xavier Mottez) qui a conçu de bout en bout cette édition numérique. Infra, la notice biographique d’Auguste Gilbert de Voisins réalisée par Karen Etourneau ainsi qu’un extrait du Bar de la Fourche.

 

Notice biographique d’Auguste Gilbert de Voisins

Marie Auguste Gilbert de Voisins naît le 7 septembre 1877 à Paramé (ancienne commune d’Ille-et-Vilaine). Il descend d’une vieille famille de noblesse parlementaire.
Il passe son enfance en Provence et s’installe à Paris à 21 ans. Il entreprend alors de voyager, en Europe d’abord, puis dans les colonies : Afrique du Nord, Sénégal et Dahomey (actuel Bénin).
Il publie ses premiers romans à 23 ans. Cinq ans plus tard, en 1905, paraît Sentiments au Mercure de France, son recueil d’essais littéraires. Il y loue certains de ses amis proches, qu’il admire, comme Pierre Louÿs et Paul Valéry. L’année suivante sortent Les Moments perdus de John Shag, poèmes en prose teintés d’exotisme, sans doute influencés par la consommation de l’opium et publiés sans nom d’auteur.
Le Bar de la Fourche, en 1909, lui vaut de ne pas être aujourd’hui totalement oublié. Tout comme le journal de bord de la mission archéologique de dix mois qu’il effectue la même année en Chine avec son ami Victor Segalen : Écrits en Chine, publié en 1913. Segalen en tirera, lui, Le Grand Fleuve. Accompagnés de Jean Lartigue, les deux hommes repartent en Chine l’année suivante pour une seconde mission archéologique et géographique, interrompue par la Première Guerre mondiale.
Auguste Gilbert de Voisins épouse en 1915 Louise de Heredia, fille du poète et écrivain José-Maria de Heredia, divorcée de Pierre Louÿs. Suit une production romanesque parfois qualifiée de « mièvre ». On sait peu de choses sur les dernières années de sa vie. Cette anecdote toutefois : il se rend chaque année à Venise pour rejoindre ses amis du « Club des longues moustaches », dont faisaient notamment partie les écrivains Abel Bonnard et Edmond Jaloux.
Il reçoit en 1926 le Grand prix de littérature de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre.
Il  meurt le 8 décembre 1939 à Paris.

Photo : Auguste Gilbert de Voisins, 1899. Dédicace : « À mon cher Pierre, son ami, Voisins. »

 

EXTRAIT

L’averse venait de fuir. Sur l’horizon, un arc-en-ciel dessinait sa fabuleuse fusée.
Mon père m’appela :
— Si tu faisais attention à ton travail, grand imbécile, au lieu de regarder les nuages !
Je me trouvais chez nous, au fond de l’enclos des poneys.
C’était l’époque où l’on poussait vers l’ouest le chemin de fer du Nord entre Skykomish et Tocoma, dans l’extrême Far-West, au delà de l’Idaho.
— Hé !… Viens par ici !
Depuis seize ans que maman avait succombé en me mettant au monde, l’humeur de mon père était restée constante : je veux dire acariâtre, orageuse ou, pour le moins, bizarre.
— Arrive !… et plus vite que ça !
Ce jour-là, mon père se fâchait de peu. J’avais simplement oublié d’attacher le licol de Cruchette et Cruchette s’était échappée. Bien que l’on eût ramené la bête à l’écurie, tout aussitôt et sans accident, mon père m’injuriait.
— Regarde-moi dans les yeux, canaille ! Regarde-moi !
Je m’étais approché de lui, tenant par le bridon Loupard, un petit cheval bai que je menais chez le maréchal ferrant.
Je regardai mon père.
— Baisse les yeux, insolent !
En baissant les yeux, je haussai les épaules.
— Quoi… comment !… Tu…
Et il fit sa mauvaise action…
C’est bien à cause d’elle que je ne le pleurai pas, trois ans plus tard, quand j’appris sa mort.

Georges Saruex, mon père, était un homme instruit et, par certains points, un gentilhomme. Protestant du Jura, il avait traversé la moitié du monde pour faire fortune, et n’était arrivé à se composer qu’une aisance médiocre. Sans doute savait-il trop de choses. Si j’étais resté avec lui, au lieu de me promener sur la vaste terre, je serais peut-être plus savant, mais beaucoup moins renseigné. De plus, je n’aurais pas le sou. Toutefois, soyons juste : mon père m’apprit à regarder, à raisonner et à souffrir. La nature se chargea du reste en me fournissant de bons muscles.
Et puis, que voulez-vous ! La maison était intolérable ! Prières du matin, prières du soir, discours, exhortations, cantiques chantés tout le long des dimanches. Il y en avait trop !… Sans compter mille invectives qui se terminaient par des explosions de fureur.
Le grand ennemi du vieux, c’était le Pape. Je ne sais ce que le Pape lui avait fait, toujours est-il que mon père ne laissait pas s’achever une journée sans le prendre violemment à partie, dans les termes les plus crus.
Sans doute afin de lui être désagréable, il me donna le nom d’Olivier ! Le nom de Cromwell ! Quel beau nom : Olivier Saruex ! Quel beau nom de protestant !
Ah ! mon père connaissait bien le Ciel ! Il devinait les desseins de Dieu, il prévoyait ses désirs… et malheur à nous, si les prévisions étaient inexactes !
Vous concevez ?… Une telle vie manquait de charme ! Le vieux traitait les hommes de la ferme comme des chiens, son fils plus mal encore. Il avait beau nous parler de Dieu tant que durait le jour, il n’arrivait pas à nous la faire aimer, cette puissance invisible, cruellement ennemie du Pape, et qui, pour seul confident, avait pris un protestant jurassien, émigré dans le Far-West.

 

Parce que je haussais les épaules, mon père fit sa mauvaise action : il me cracha au visage.
À seize ans, j’avais le sang chaud. Ça ne pouvait s’arranger. Botter les fesses aux petits garçons, leur tirer les oreilles, très bien, mais cracher à la figure d’un homme de seize ans !… Oh ! Non ! non ! impossible ! Je pris mon lasso, pendu à la selle de Loupard, et j’en appliquai un cinglon sur le dos du vieux, un beau cinglon qui le fit tourner au pâle, de rouge qu’il était.
Le reste se passa vite. Le vieux courut à la maison, en rapporta la Bible, une bible couverte de notes qui avait appartenu à la mère de maman, et, sur cette bible, jura le grand serment qu’il ne me reverrait de sa vie ou bien me casserait la figure.
Ces histoires, c’est rarement utile. — Je n’avais pas l’intention de rester. — Je partis.
Il disait vrai, tout de même, le vieux ! S’il ne m’a pas cassé la figure, du moins ne m’a-t-il pas revu. Et, maintenant, il est mort, et, moi j’écris un livre ; mais ce matin-là, je m’en fus prendre une couverture et marchai vers la gare, où j’avais des amis. La gare était à huit heures de chez nous. J’arrivai comme tombait le soir. Le train venait d’entrer et allait passer la nuit. Oh ! comme je m’en souviens bien, après tant d’années, de cette nuit si vite close et qui rétrécissait le paysage ! Pas de lune, peu d’étoiles… On voyait à peine son chemin.
Cependant, la veine me toucha. L’homme qui devait nettoyer la machine était ivre. Alors, comme je me trouvais là, j’aidai à faire son travail, et, en guise de salaire, priai le mécanicien de me transporter, le lendemain, jusqu’aux chantiers de construction.
Ce fut ma première étape.

© extrait du Bar de la Fourche d’Auguste Gilbert de Voisins, ePagine publications numériques, 2013. Les illustrations originales sont d’André Collot.

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