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26 novembre 2009

Suite Olivier Rolin : le « grand cachalot »

Filed under: Le Livre-Avenir (conseils de lecture) — Mots-clefs :, , , — Christophe @ 22:32

La langue, chez Olivier Rolin, comme lieu des commencements, de la mémoire et du refuge, voilà ce qui d’abord m’attire dans son oeuvre. D’ailleurs, tous ses livres, quelle que soit l’histoire racontée, reviennent sur l’origine du projet littéraire (le pré-texte) et sont le prétexte où parler de l’écriture, du geste d’écrire, de l’endroit d’où Olivier Rolin écrit et de cet instant où il a choisi d’écrire de et pour la littérature. Chez lui, c’est donc la mémoire, le souvenir, le Temps (« le souffle du temps, le grand cachalot ») et les Paysages originels, les grands enjeux. Et c’est là qu’il revient toujours, à ce moment précis dans son histoire où prend fin son activisme (Littérature, politique), où il quitte « La Cause » avec laquelle il avait désiré penser le monde – et le changer – à travers la philosophie et la révolution.

© Richard Dumas pour Télérama

© Olivier Rolin par Richard Dumas pour Télérama

Que ses personnages recherchent une femme follement aimée à travers d’autres femmes rencontrées à Paris ou au Soudan (Méroé), qu’ils s’entichent de barmaids à Lisbonne, Buenos Aires ou Prague (Bar des flots noirs), qu’ils soient un jour à Kaboul, un autre en Terre de feu ou à La Havane, à New York ou à Valparaiso, qu’ils soient aimantés par Cendrars, Pertuiset, Manet ou les amis révolutionnaires (Mon galurin gris, Un chasseur de lions, Phénomène futur et Tigre en papier), le véritable héros est le Temps (celui qui est perdu, celui qu’on cherche à retrouver, celui de Marcel Proust, omniprésent dans tous ses textes).
C’est donc autour de ce lieu-mémoire, de ce lieu-refuge que l’auteur tourne sans cesse – un peu comme Remember, la fameuse DS de Martin (le narrateur de Tigre en papier) qui, elle, tourne autour du « périfluide », entourée de lumières clignotantes, colorées, des affiches, des panneaux, ou encore comme ses personnages qui, tels des satellites, tournent autour du monde et racontent leur vie – mais avec style. Mais si tout ce beau monde se déplace autant, c’est bien parce que personne ne se sent à sa place. Et c’est dans ce déplacement (La langue), dans cet écart, que se trouve la Beauté, que naît la littérature (Le génie subtil du roman).

La visite de la Suite Olivier Rolin à l’hôtel ePagine continue… très prochainement.

Christophe Grossi

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Livres numérisés de l’auteur cités dans cette chronique :

Autres livres de l’auteur, dans leur version papier :

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