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le Livre-Avenir ne se fera pas sans les libraires.

22 janvier 2012

« Pirater ! Moi ? Jamais ! » by Numeriklivres

Il y a un peu moins de deux ans maintenant (juin 2010) arrivaient sur ePagine (et sur les sites des libraires partenaires) les premiers titres propulsés par la maison d’édition de Jean-François Gayrard, Numeriklivres (qu’on peut également orthographier comme ça, Numerik:)ivres). Dès le départ l’éditeur a fait plusieurs choix, et c’est de cela que j’aimerais parler aujourd’hui.

Le premier de ces choix a été de publier des textes destinés à n’être lus qu’en numérique, autrement dit de proposer aux lecteurs des textes à lire en ligne (streaming) et à télécharger aux formats numériques (PDF, abandonné depuis, mobi/kindle et ePub) sans passer par la version imprimée. Dix-huit mois plus tard, le catalogue se compose de plus de 80 titres dont la plupart sont des histoires (nouvelles, récits, romans) et des essais écrits par des auteurs d’aujourd’hui même si nous trouvons également depuis peu des grands classiques de la littérature. En parcourant à nouveau ce catalogue que je commence à bien connaître (on en a souvent parlé ici), on remarque désormais que la palette est cette fois très étendue : récits poétiques, érotiques ou fantastiques, romances et thrillers côtoient essais, études, réflexions mais également les BD (celles du Plup) et même l’humour. De trois collections au départ (Histoires à lire debout, Nouvelles à lire debout, Carnets à blog), la maison aujourd’hui en compte cinq supplémentaires (Comprendre le livre numérique, Les grands classiques en numérique, Roman de fille, 45 min et Les petites histoires à lire debout) sans compter ses coéditions avec Robert ne veut pas lire et Delbusso éditeur.

Le deuxième choix a été de proposer des textes qui ne dépasseraient pas 10 €. En fonction du nombre de signes et des contraintes techniques, les textes sont généralement vendus entre 0.99 € et 9.99 € (exception faite pour une des deux éditions du Roi des éditeurs). Dans tous les cas, près de 60 titres ne dépassent pas les 4.99 €, le reste se situant entre 5.99 € et 9.99 € (20 titres, coéditions comprises).

Le troisième choix a été, dès le départ, de jouer la clé de l’ouverture et de la confiance. Aucun verrou anti-copies (ou DRM) n’a en effet jamais été posé sur les fichiers numériques. L’éditeur s’en est d’ailleurs souvent expliqué sur les blogs, les réseaux sociaux et les forums. Une note d’intention figure désormais dans chacun des ebooks. Et si j’ai choisi de reproduire cette note à la fin de ce billet (capture d’écran), c’est bien parce qu’elle me semblait bien faite, pédagogique et pertinente, respectant le lecteur tout en mettant l’accent (à l’heure du « tout gratuit ») sur le travail que demande la création de telles oeuvres (de la part des auteurs, des « codeurs » et des éditeurs).

Si vous ne connaissez pas encore cette maison d’édition, n’hésitez pas à consulter son catalogue. Sûr que vous trouverez là des histoires et des écritures que vous aurez plaisir à lire avec votre Cybook Odyssey, votre dernière liseuse Sony, votre tablette Samsung ou votre iPad. Et maintenant quelques conseils (ah quand même, il était temps…)

Parmi les derniers titres mis en ligne, hormis le shadokien Plup qui me fait toujours autant rire (un nouveau Plup vient d’ailleurs d’être mis en ligne ces derniers jours, attention au cactus !), je conseillerais aux amateurs de littérature de lire Avez-vous connu l’amour de Karl Dubost qui, de Montréal à Tokyo en passant par l’Australie et la Normandie, cherche à retenir (par les mots et les images) ce qui, par inadvertance, par fatigue, par trop d’inattention, s’échappe trop souvent. Il y a une grande sensibilité dans cet ensemble de textes, tous issus de ses carnets via son site La Grange (cf. aussi L’ange comme extension de soi chez publie.net) ainsi qu’une perméabilité aux êtres et aux éléments qui émeut souvent ou fait sourire (dans le bon sens du terme). On se déplace beaucoup avec lui, en lecture et en écriture ; on questionne également le temps (qui passe et qu’il fait), sa relation aux autres (physique et virtuelle), le numérique, le quotidien, la ville et, avant toute chose, sa place dans le monde (distance). C’est très délicat.

Dans un genre totalement différent (plus trash et plus punk, mais tout aussi efficace), si vous êtes amateurs de thrillers et de feuilletons, ruez-vous sur le Waldgänger, le thriller fantastique, futuriste et sans pitié de Jeff Balek en 6 épisodes (le premier est gratuit, les autres sont vendus 0.99 € chacun et le dernier arrive d’ici une semaine). Promis, on reparlera !

En attendant, bonnes lectures en numérique.

ChG


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