Le blog ePagine

Conseils de lecture, entretiens, actualité numérique :

le Livre-Avenir ne se fera pas sans les libraires.

17 novembre 2013

Actualité de la semaine ePagine [du 11 au 17 novembre 2013]

Comme chaque dimanche vous trouverez dans ce billet des liens vers les articles du blog que vous n’avez peut-être pas eu le temps de lire cette semaine ainsi qu’une mise en avant récente de la librairie ePagine. À la une aujourd’hui Bob Dylan by Greil Marcus, Auguste Gilbert de Voisins, Les 10 articles les plus consultés en octobre et 15 Folio en promotion.

En avant pour quelques invitations à la lecture !

ChG

 

— LES BILLETS DE LA SEMAINE DU BLOG EPAGINE —

 

► 15.11.13 : Bob Dylan by Greil Marcus (Galaade)
Après Like a Rolling Stone (2005) et L’Amérique et ses prophètes (2007), Galaade poursuit sa politique d’auteur avec la publication de Bob Dylan by Greil Marcus. Des notes sur les Basement Tapes de 1967 à l’exploration du Time Out of Mind de 1997, où Dylan réimagine l’expérience américaine, Marcus décrypte non seulement les enregistrements mais aussi les concerts, les livres et les films qui ont contribué à inscrire Bob Dylan au sein de notre culture. Bob Dylan by Greil Marcus, traduit de l’anglais par Pierre-Richard Rouillon, est publié dans la collection Essais aux éditions Galaade. [lire la suite du billet]

► 14.11.13 : ePagine vous offre Le Bar de la Fourche d’Auguste Gilbert de Voisins
Via son studio ePub, ePagine vient de fabriquer et de mettre en ligne un huitième titre : Le Bar de la Fourche d’Auguste Gilbert de Voisins. Cet ouvrage et les sept précédents, Hors Commerce, sont offerts en permanence sur la librairie ePagine avec tout téléchargement de livres. (…) Le Bar de la Fourche est un roman d’aventures (voire un western) d’Auguste Gilbert de Voisins sur les chercheurs d’or, dans l’Ouest américain. Il a été publié la première fois en 1909. Ce roman a inspiré le film éponyme d’Alain Levent qu’il a réalisé en 1972, avec Jacques Brel, Isabelle Huppert et Pierre-François Pistorio pour incarner les personnages principaux. [lire la suite du billet]

► 12.11.13 : Les 10 articles les plus consultés en octobre 2013 sur le blog ePagine
En octobre vous avez été surtout intéressés par les auteurs traduits : l’Islandais Bergsveinn Birgisson, la Canadienne Alice Munro, l’Américain Hugh Howey, l’Espagnol Javier Marías ou l’Uruguayen Horacio Quiroga. Peut-être parce que la Foire de Francfort est passée par là… Quelques auteurs français ont néanmoins retenu votre attention, le regretté Christian Gailly et l’excellent Eric Pessan. En octobre on aura par ailleurs pu se procurer le premier annuaire des acteurs du livre numérique ou encore Propos sur le métier de Libraire offert par la librairie ePagine. [lire la suite du billet]

 

— UNE MISE EN AVANT DE LA LIBRAIRIE EPAGINE —

Gallimard propose de télécharger 15 titres des collections folio, folio policier, folio sf et folio biographies au prix de 3.99 € jusqu’au 9 décembre inclus. Cette sélection comprend des titres remarquables parus ces dernières années chez cet éditeur : Trois femmes puissantes de Marie NDiaye (que nous avions chroniqué ici), Jan Karski de Yannick Haenel (nous en avions parlé par là), Inigo de François Sureau, Meurtres pour mémoire de Didier Daeninckx, Utu de Caryl Férey, Moloch de Thierry Jonquet ou encore, plus anciens mais incontournables, Maggie Cassidy de Jack Kerouac et L’Amant de la Chine du Nord de Marguerite Duras. Pour découvrir la sélection compète sur ePagine, cliquez ici.

3 novembre 2013

Actualité de la semaine ePagine [du 24 au 2 novembre 2013]

Comme (presque) chaque dimanche vous trouverez dans ce billet hebdomadaire des liens vers les derniers articles de ce blog que vous n’avez peut-être pas eu le temps de lire dans la semaine ainsi qu’une mise en avant récente de la librairie ePagine. À la une aujourd’hui, Horacio Quiroga, Claude Simon, Lyonel Trouillot, le festival Utopiales 2013 et 10 titres en promotion chez Folio.

En avant pour quelques invitations à la lecture !

ChG

 

— LES BILLETS DE LA SEMAINE DU BLOG EPAGINE —

 

► 31.10.13 : Stéphane Michalon lit Parabole du Failli de Lyonel Trouillot
Aujourd’hui quinzième billet de la rubrique Qui lit quoi ? en compagnie du fondateur et directeur de ePagine, Stéphane Michalon, qui nous dit pourquoi et comment Parabole du failli de Lyonel Trouillot est entré en résonance avec son vécu. « Quoi de commun du Finistère et d’Haïti ? Tout, même le folklore de nos arrangements impossibles avec la mort, le bouleversement et le renversement des sentiments, la bouscule et la bascule de l’amitié, et la volonté de parole, la nécessité d’écrire pour tenter de poser quelque chose de sensé et de bien parler, vraiment, aux moments des rites de rassemblements, religieux ou non, qui rythment le temps des jours d’après », écrit-il. [lire la suite du billet]

► 29.10.13 : Utopiales 2013 – Festival International de science-fiction
Comme chaque année, et ceci depuis 13 ans maintenant, Nantes accueille du 30 octobre au 4 novembre 2013, le festival international de science-fiction. C’est un des événements majeurs en France, concernant ce « mauvais genre » qu’est la science-fiction. Littérature, BD, cinéma, arts plastiques, jeux vidéos, cosplay sont à l’honneur pour vous faire découvrir la science-fiction. Et côté numérique ? Une borne ePagine de vente de livres numériques sera présente sur le stand de la librairie en ligne emaginaire.com / Actu-SF. Ainsi, ceux qui souhaitent remplir leur liseuse pourront le faire à loisir. [lire la suite du billet]

* Dernière minute : Regardez également les photos prises par David Queffélec durant tout le week-end en cliquant ici (billet du 2 novembre 2013)

► 28.10.13 : Centenaire Claude Simon : expo, livres numériques, dossiers & extrait
À l’occasion de l’exposition littéraire à la BPI consacrée à l’œuvre de Claude Simon, Prix Nobel de Littérature en 1985 mais également peintre et photographe, Claude Simon qui aurait eu 100 ans cette année, la librairie ePagine propose sur sa page d’accueil une petite sélection de quelques-uns de ses romans publiés aux éditions de Minuit. Quasiment toute l’œuvre publiée par Jérôme Lindon est en effet aujourd’hui disponible en numérique (sauf Leçon de choses, 1975 et Le Jardin des Plantes, 1997) via le studio de fabrication ePub de ePagine. [lire la suite du billet]

► 24.10.13 : Près de 40 nouvelles fantastiques de l’auteur uruguayen Horacio Quiroga en numérique
L’écrivain uruguayen Horacio Quiroga, né en 1878, partageait avec ses aînés Edgar Allan Poe (1809-1849) et Maupassant (1850-1893) un goût certain pour les contes et nouvelles qu’il construisait d’ailleurs avec une efficacité redoutable : brièveté, sens du récit, chutes terribles, goût pour l’étrange, le fantastique et les morts violentes – en 1937 (l’année de la mort de Lovecraft, un autre maître de la nouvelle et du roman « d’horreur ») il s’est suicidé après avoir appris qu’il était atteint d’un cancer de la prostate. (…) Depuis quelques jours, les éditions Métailié ont fait le choix de proposer en numérique une sélection de contes et nouvelles de l’auteur uruguayen (avec nouveaux visuels de couvertures). Vous trouverez là cinq recueils complets (Contes d’amour de folie et de mort, Anaconda, Le Désert, Les Exilés, Au-delà, 4.99 € chacun), 36 nouvelles extraites de ces recueils et à lire séparément (entre 0.49 €  et 0.99 € sauf 5 titres gratuits). [lire la suite du billet]

 

— UNE MISE EN AVANT DE LA LIBRAIRIE EPAGINE —

 

Gallimard propose de télécharger 10 titres phares des collections folio, folio policier, folio sf et folio biographies au prix de 3.99 € jusqu’au 11 novembre inclus. Cette sélection comprend des titres importants parus ces dernières années chez cet éditeur : La tache de Philip Roth, Montedidio d’Erri De Luca, Cleer de L. L. Kloetzer (dont nous avions donné un extrait à lire en 2010), Tranchecaille de Patrick Pécherot ou encore, plus ancien mais incontournable, Rue des boutiques obscures de Patrick Modiano. Pour découvrir la sélection compète sur ePagine, cliquez ici.

22 septembre 2013

Actualité de la semaine ePagine [du 16 au 22 septembre 2013]

Comme dimanche dernier vous trouverez dans ce billet hebdomadaire des liens vers les derniers articles de ce blog que vous n’avez peut-être pas eu le temps de lire dans la semaine ainsi que quelques mises en avant récentes de la librairie ePagine. Si la semaine précédente la SF avait été mise plus d’une fois à l’honneur, cette semaine c’est la littérature et le polar qui ont fait l’actualité de la librairie et du blog ePagine : Philippe Rahmy, R. J. Ellory, Javier Marías, Marcel Proust en tête. Et depuis hier, trois prix Nobel peuvent également être lus à prix promotionnel.

En avant pour quelques invitations à la lecture !

ChG

 

— LES BILLETS DE LA SEMAINE DU BLOG EPAGINE —

 

► 20.09.13 : [note de lecture] Béton armé de Philippe Rahmy
Langue, rythme, tension, tout est remarquable dans Béton armé, le récit de Philippe Rahmy (La Table Ronde). L’écriture, prolongement du regard, montre le corps-à-corps, tantôt sensuel tantôt douloureux, du narrateur avec la ville de Shanghai et avec ceux qui la traversent, la gravissent, s’y enfoncent ou s’y cognent, ces multiples corps qui pourraient ployer et se briser à n’importe quel moment, à commencer par celui du narrateur. De la poésie, de l’humour et un travail poignant sur la mémoire, la filiation et le deuil.

► 19.09.13 : Sonatine propose 3 nouvelles inédites de R. J. Ellory en attendant sa Mauvaise étoile le 3 octobre
Après sa trilogie consacrée à la mafia, à la CIA et au NYPD, R. J. Ellory revient le 3 octobre avec un nouveau roman noir, dans la veine de Seul le silence : Mauvaise étoile qui paraîtra en numérique et en papier le même jour. Pour faire patienter ses lecteurs, Sonatine Éditions leur propose de lire trois nouvelles inédites de l’auteur disponibles uniquement en téléchargement.

► 17.09.13 : [note de lecture] Javier Marías, Comme les amours
Lecture du roman Comme les amours de Javier Marías (Gallimard, collection Du monde entier), traduit de l’espagnol par Anne-Marie Geninet et disponible en papier et en numérique. Faux roman à enquête mais tout aussi passionnant parce que bouleversant tous les codes du genre, Comme les amours s’amuse à jouer avec les sentiments (l’amitié, l’amour, le désir, la fidélité et la confiance par exemple) ainsi qu’avec le vrai et le faux.

 

— DEUX MISES EN AVANT DE LA LIBRAIRIE EPAGINE —

 

Vous savez sans doute déjà que Du côté de chez Swann, le premier volume de À la recherche du temps perdu de Marcel Proust, a été publié en novembre 1913. À la veille de ce centenaire, plusieurs maisons d’édition viennent de publier récits, romans, essais, biographies et études où revenir sur cet écrivain et son œuvre précurseurs du roman moderne. Nous avons sélectionné pour vous quelques-unes des nouveautés dont Proust est une fiction de François Bon (Seuil), Chambres de Proust d’Olivier Wickers (Flammarion), Proust contre Cocteau de Claude Arnaud (Grasset), “Notre cher Marcel est mort ce soir” de Henri Raczymow (Denoël) et Dictionnaire amoureux de Marcel Proust de Jean-Paul & Raphaël Enthoven (Plon/Grasset). Cliquez ici pour accéder à plus de titres.

 

Gallimard propose de télécharger 10 titres phares des collections folio, folio policier, folio sf et folio biographies au prix de 3.99 € pendant trois semaines. Depuis hier samedi 21 septembre jusqu’au 14 octobre inclus ce ne sont pas moins de trois Prix Nobel qui sont mis en avant à prix promotionnel (Ernest Hemingway, Kenzaburô Ôé, Orhan Pamuk) mais aussi des auteurs comme Antoine Chainas que la librairie ePagine soutient depuis plusieurs années ou encore le Gatsby de Francis Scott Fitzgerald. Pour découvrir la sélection compète sur ePagine, cliquez ici.

ChG

15 juillet 2013

29 Folio numériques à 3.99 € jusqu’au 22 juillet avec extrait d’un roman de Javier Marías

Nous vous signalons aujourd’hui deux opérations promotionnelles initiées par les éditions Gallimard. Comme nous sommes des lecteurs inconditionnels de Javier Marías, nous publions infra un extrait d’un de ses textes qui fait partie de cette mise en avant : Demain dans la bataille pense à moi, roman sur les faux semblants et les mensonges mais aussi grand modèle de structure narrative complexe.

 

 

Jusqu’au 22 juillet prochain :

— retrouvez une sélection de 24 titres dans les collections Folio, Folio Policier, Folio SF et Folio Biographies à 3,99 € (jusqu’à 53 % de réduction). Outre le roman de Javier Marías, figurent dans cette liste Jean-Claude Izzo et le premier tome de sa trilogie marseillaise, le Gatsby de Fitzgerald, la biographie de Saint-Exupéry par Virgil Tanase, Quatre jours en mars de Jens Christian Grondahl, Frontière barbare de Serge Brussolo, Tonton Clarinette de Nick Stone et bien d’autres encore.

— découvrez le premier tome de 5 séries des éditions Gallimard Jeunesse à 3,99 € : Artemis Fowl, Animorphs, Le journal intime de Georgia Nicolson, les aventures du Petit Nicolas ou encore celles de Mathieu Hidalf.

Pour retrouver ces 29 titres sur la librairie ePagine, cliquez ici.

 

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EXTRAIT

Demain dans la bataille pense à moi de Javier Marías
traduit de l’espagnol par Alain Keruzoré, Gallimard

 

Personne ne pense jamais qu’il se retrouvera un jour une morte entre les bras et n’en verra plus le visage dont il garde le nom. Personne ne pense jamais que quelqu’un va mourir au moment le plus inopportun même si cela se produit constamment, et nous ne pouvons croire que celui qui ne le devrait pas va pourtant mourir près de nous. On cache souvent les faits et les circonstances : les vivants et celui qui se meurt — s’il a le temps de s’en rendre compte — ont parfois honte de la forme de la mort éventuelle et de ses apparences, de sa cause aussi. Une indigestion de fruits de mer, une cigarette allumée au seuil du sommeil et qui embrase les draps, ou pire, la laine d’une couverture ; un pied qui glisse dans la douche — la nuque — alors que le verrou de la salle de bains est tiré ; un arbre frappé par la foudre dans une grande avenue qui dans sa chute écrase ou fauche la tête d’un passant, un étranger peut-être ; mourir en chaussettes, ou chez le coiffeur avec un grand bavoir ; dans un bordel ou chez le dentiste ; ou en mangeant du poisson et, transpercé par une arête, mourir étranglé comme l’enfant dont la mère n’est pas là pour lui mettre un doigt dans la bouche et le sauver ; mourir à demi rasé, une joue pleine de mousse et la barbe désormais dissymétrique jusqu’à la fin des temps si personne ne s’en rend compte et, par pitié esthétique, n’achève le travail ; sans parler des moments les plus ignobles de l’existence, les plus enfouis, ceux que l’on n’évoque plus après l’adolescence parce que alors il n’y a plus de prétexte à cela, même si certains les exhument parfois pour faire un bon mot, qui ne l’est jamais. Alors ça, c’est une mort horrible, dit-on parfois ; ou bien encore en éclatant de rire, alors ça, c’est une mort ridicule. On rit parce qu’il s’agit d’un ennemi enfin disparu ou de quelqu’un de très éloigné, quelqu’un qui nous a offensés ou qui demeure dans le passé depuis longtemps, un empereur romain, un ancêtre, ou bien quelque puissant dont la mort grotesque n’est à nos yeux que la manifestation encore vitale, humaine, de la justice qu’au fond nous souhaiterions pour tout le monde, même pour nous. Comme je me réjouis de cette mort, comme je la déplore, comme je l’applaudis. Parfois le rire vient simplement parce que le mort est un inconnu dont nous lisons dans le journal le malheur forcément dérisoire, pauvre homme, dit-on en riant, la mort comme représentation ou spectacle dont on rend compte, toutes les histoires que l’on rapporte, qu’on lit ou qu’on écoute perçues comme du théâtre, il y a toujours une part d’irréel dans ce que l’on apprend, comme si jamais rien n’arrivait tout à fait, même ce qui nous arrive et que nous n’oublions pas. Même ce que nous n’oublions pas.

Il y a une part d’irréel dans ce qui m’est arrivé, et n’est d’ailleurs pas terminé, mais peut-être devrais-je employer un autre temps, celui que traditionnellement on réserve au récit, et dire ce qui m’arriva, même si ce n’est pas terminé. Je risque à présent, en le racontant, de me mettre à rire. Mais je ne le crois pas car ce n’est pas encore bien loin et ma morte ne demeure pas dans le passé depuis assez longtemps, n’a jamais été ni puissante ni une ennemie, et j’aurais mauvaise grâce à dire qu’elle m’était inconnue, même si je savais d’elle peu de chose quand elle mourut dans mes bras — maintenant j’en sais davantage, en revanche. Heureusement elle n’était pas encore nue, ou pas tout à fait, nous en étions justement au déshabillage mutuel comme souvent la première fois, au cours de ces nuits inaugurales qui revêtent l’apparence de l’imprévu, ou que l’on feint de croire non préméditées pour ménager la pudeur et pouvoir ensuite éprouver un sentiment de nécessité qui évitera toute culpabilité, les gens croient en la prédestination et en l’intervention du destin, quand ça les arrange. Comme si tout le monde voulait pouvoir dire, le moment venu : « Je ne l’ai pas cherché, je ne l’ai pas voulu », si les choses tournent mal ou affligent, si l’on se repent, ou si l’on se rend compte qu’on a fait du mal. Je ne l’ai pas cherché ni voulu, devrais-je dire maintenant que je sais qu’elle est morte, et de façon inopportune, entre mes bras, sans presque me connaître — injuste, je n’aurais pas dû me trouver à ses côtés. Personne ne me croirait si je le disais, ce qui d’ailleurs est sans grande importance car c’est moi qui raconte, on m’écoute ou on ne m’écoute pas, c’est tout. Je ne l’ai pas cherché, je ne l’ai pas voulu, dis-je pourtant à présent, elle ne peut plus le dire, ni cela ni autre chose, elle ne peut plus me démentir, ses dernières paroles ont été : « Mon Dieu, et l’enfant. » Les premières avaient été : « Je ne me sens pas très bien, je ne sais pas ce que j’ai. » Je veux dire les premières après l’interruption du déshabillage, nous étions à demi allongés dans sa chambre, à demi vêtus et à demi dévêtus. Soudain elle s’écarta et mit sa main sur mes lèvres, comme si elle ne voulait pas cesser de les embrasser sans la transition d’un autre geste affectueux et d’un autre contact, puis elle me repoussa doucement du revers de la main et se coucha sur le côté, me tournant le dos, et quand je lui demandai : « Qu’y a-t-il ? », elle me répondit cela : « Je ne me sens pas très bien, je ne sais pas ce que j’ai. » Je vis alors sa nuque que je n’avais jamais vue, ses cheveux un peu relevés et emmêlés, un peu mouillés par la sueur, il ne faisait pas chaud, une nuque très XIXe siècle striée de cheveux noirs et collés, comme par du sang à demi séché, ou de la boue, comme la nuque de quelqu’un qui a glissé dans la douche mais a tout de même eu le temps de fermer le robinet. Tout a été très rapide et n’a laissé le temps de rien. Pas le temps d’appeler un médecin (mais quel médecin à trois heures du matin, les médecins ne se dérangent même plus aux heures des repas), ni d’avertir un voisin (mais quel voisin, je n’en connaissais aucun, je n’étais pas chez moi et n’étais jamais venu dans cette maison où j’étais un invité et à présent un intrus, ni même dans cette rue, rarement dans ce quartier, longtemps auparavant), ni d’appeler son mari (mais comment pouvais-je appeler son mari, d’ailleurs il était en voyage et je ne savais pas son nom complet), ni de réveiller l’enfant (mais pourquoi aurais-je réveillé l’enfant, après tout le mal qu’on avait eu à l’endormir), ni même d’essayer de lui porter secours moi-même, elle s’était brusquement sentie mal, au début j’ai pensé ou nous avons pensé que le repas ne passait pas avec toutes ces interruptions, ou j’ai pensé qu’elle était peut-être en train de déprimer ou de se repentir ou qu’elle avait eu peur, ces trois choses prennent souvent la forme du malaise et de la maladie, la peur, la dépression et le repentir, surtout si ce dernier apparaît simultanément aux actes qui le provoquent, tout à la fois, un oui, un non, un peut-être, et pendant ce temps tout a continué et a passé, le malheur de ne pas savoir et de devoir agir parce qu’il faut bien donner un contenu au temps qui presse et passe sans nous attendre, nous allons plus lentement : décider sans savoir, agir sans savoir et donc en prévoyant, le plus grand et le plus commun des malheurs, prévoir ce qui vient après, perçu généralement comme le moindre des malheurs, mais perçu par tout le monde, chaque jour. Quelque chose à quoi on s’habitue, on n’y prête plus guère attention. Elle s’est sentie mal et je n’ose la nommer, Marta, c’était son prénom, Téllez son nom, elle a dit qu’elle se sentait barbouillée, et je lui ai demandé : « Mais de quelle façon, l’estomac ou la tête ? » « Je ne sais pas, une nausée horrible, de partout, de tout le corps, je me sens mourir. » Tout ce corps qui commençait à remplir mes mains, les mains qui vont partout, les mains qui pressent ou caressent ou cherchent et frappent aussi (oh, ce fut sans le vouloir, involontairement, on ne peut m’en tenir rigueur), gestes machinaux parfois des mains qui palpent tout un corps dont elles ne savent pas encore s’il leur plaît, et soudain ce corps éprouve un malaise, le plus diffus des malaises, le corps entier, comme elle l’avait dit, et ses dernières paroles, « je me sens mourir », elle ne les avait pas dites littéralement, mais comme une phrase toute faite. Elle n’y croyait pas, moi non plus, elle avait même dit « Je ne sais pas ce qui m’arrive. » J’insistai, car poser une question est une façon d’éviter d’agir, non seulement poser une question mais parler et raconter évite les baisers et évite les coups et de prendre des mesures, d’abandonner l’attente, mais que pouvais-je faire, surtout au début, alors que tout devait être passager selon les règles, parfois enfreintes, de ce qui arrive et n’arrive pas. « Mais tu as envie de vomir ? » Elle ne répondit pas par des mots, elle fit un geste négatif de la nuque de sang à demi séché, de boue, comme si elle avait du mal à articuler. Je me levai du lit, en fis le tour et m’agenouillai à côté d’elle pour voir son visage, je lui mis une main sur l’avant-bras (toucher réconforte, la main du médecin). Elle avait les yeux fermés et serrés à ce moment-là, longs cils, comme gênée par la lampe de chevet que nous n’avions pas encore éteinte (mais je pensais le faire bientôt, avant son indisposition je m’étais demandé si je le faisais tout de suite ou un peu plus tard : je voulais voir, il me fallait voir ce corps nouveau qui me plairait certainement, je n’avais pas éteint). Je la laissai allumée, elle pouvait à présent nous être utile dans ce nouvel état, maladie ou dépression, peur ou repentir. « Veux-tu que j’appelle un médecin ? » et je me mis à penser à d’improbables urgences, fantasmagories de l’annuaire téléphonique. Elle fit à nouveau non de la tête. « Où as-tu mal ? » demandai-je, et elle désigna à contrecœur une zone imprécise vers la poitrine et l’estomac, plus bas même, en fait tout le corps sauf la tête et les membres. Elle avait le ventre découvert, la poitrine pas tout à fait, elle portait encore (l’agrafe défaite) son soutien-gorge sans bretelles, un vestige de l’été, comme le haut d’un bikini, il lui était un peu petit et peut-être l’avait-elle mis ce soir-là, même un peu démodé, parce qu’elle m’attendait, tout était peut-être prémédité malgré les apparences et les hasards laborieusement forcés qui nous avaient conduits jusqu’au lit conjugal (je sais que certaines femmes utilisent à dessein des tailles inférieures, pour se mettre en valeur). Je l’avais dégrafé, mais il n’était pas tombé, Marta le maintenait encore avec les bras, ou les aisselles, peut-être sans le vouloir. « Ça va mieux ? » « Non, je ne sais pas, je crois que non », dit-elle, Marta Téllez, la voix non plus affaiblie mais déformée par la douleur ou l’angoisse, en fait je ne savais pas si elle souffrait. « Attends un peu, j’ai du mal à parler », ajouta-t-elle — le malaise rend paresseux —, pourtant elle ajouta quelque chose, elle n’allait pas assez mal pour m’oublier, ou bien elle était attentionnée en toutes circonstances, même sur le point de mourir, aussi peu que je la connaisse elle me semblait une personne attentionnée (mais nous ne savions pas encore qu’elle était sur le point de mourir) : « Mon pauvre, dit-elle, tu ne t’attendais pas à cela, quelle soirée horrible. » Je ne m’attendais à rien, ou peut-être à la même chose qu’elle. Jusque-là, la soirée n’avait pas été horrible, peut-être un peu ennuyeuse, et je n’ai jamais su si elle pressentait ce qui allait lui arriver ou si elle voulait parler de l’attente excessive due à l’enfant sans sommeil. Je me levai, fis de nouveau le tour du lit et m’allongeai à l’endroit que j’avais occupé auparavant, à gauche, en pensant (je revis sa nuque immobile, striée, frémissante comme sous l’effet du froid) : « Peut-être vaut-il mieux attendre et m’abstenir de lui poser des questions pendant un moment, la laisser tranquille pour voir si ça lui passe, ne pas l’obliger à répondre ou à évaluer à chaque instant si elle va un peu mieux ou un peu plus mal ; penser à la maladie l’aggrave, comme de la surveiller trop étroitement. »

© 1994, Javier Marías ; éditions Rivages, 1996 ; éditions Gallimard, 2009

2 mai 2013

Les 10 articles les plus consultés en avril 2013 sur le blog ePagine

Hommage personnel à Rainbow Warriors, nouveau roman de AYERDHAL, ainsi qu'au projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe, adopté définitivement par l’Assemblée nationale le 23 avril 2013.

Avant de s’arrêter quelques jours (reprise des activités le 13 mai), retour aujourd’hui sur les dix articles les plus consultés le mois dernier sur ce blog, un mois d’avril ouvert à tous les genres littéraires. Littératures de l’imaginaire, tout d’abord, avec le nouveau roman de AYERDHAL, proposé en huit épisodes par Au diable Vauvert (épisode 1 offert), qui attire de plus en plus de monde ; d’ailleurs les deux billets de David Queffélec, publiés mi-mars, continuent à être très consultés. En littérature, vous aurez suivi le nouveau recueil (entre psychanalyse, poésie et récits) de Irvin Yalom ainsi que les romans de deux jeunes auteurs que je vous recommande (Martín Mucha et Guillaume Vissac). Au rayon polar, les cœurs bien accrochés se seront jetés sur la nouvelle enquête de Jo Nesbø et sur la tétralogie (complète) de Stéphanie Benson. Du côté des sciences humaines, vous aurez profité du livre numérique offert par les éditions La Découverte à l’occasion de leur trentenaire, ebook dans lequel retrouver des titres importants du catalogue de cette maison d’édition engagée. En ce mois d’avril, ne seront pas passés inaperçus non plus la célébration des 70 ans de l’édition américaine du Petit Prince de Saint-Ex ni la nouvelle collection des éditions Noir sur Blanc, Notabilia, ni le billet qui faisait le point sur la première année de création des éditions ONLIT. Enfin, en avril, nous aurons également mis à jour la liste des libraires affiliés et partenaires de ePagine, un billet qui fait partie des plus consultés depuis le lancement de ce blog.

Vous trouverez tous les liens vers ces billets dans la liste ci-dessous.

Parce que les opérations promotionnelles sont désormais terminées, ne figurent pas dans cette liste les trois billets qui ont également été largement lus et repris le mois dernier, à savoir celui sur les Intégrales Bragelonne, un nouveau label numérique (signalons que la deuxième livraison est en place depuis le 1er mai, lire ici), celui sur les 14 titres Folio & Gallimard Jeunesse à 3.99 € (opération qui courait jusqu’au 1er mai et qui a bien plu) ainsi que celui sur les 48h de la BD où huit albums étaient offerts sur ePagine le week-end du 5-6 avril.

Je vous rappelle que tous les livres numériques cités dans les billets sont au même prix partout (en France) et peuvent être téléchargés sur la librairie epagine.fr ainsi que sur les sites de vente de tous ses libraires partenaires (liste à jour ici).

Un grand merci pour vos lectures, soutiens et relais, de plus en plus nombreux. Et bonnes lectures à tou-te-s. On se retrouve le 13 mai !

ChG (photo et billet)

 

Les 10 billets les plus consultés sur ce blog | avril 2013


 

 

1► Rainbow Warriors de AYERDHAL
| billets du 11 mars 2013 et du 15 mars 2013
2► Liste des librairies affiliées et partenaires d’ePagine
| mise à jour du 20 avril 2013
3► La Découverte célèbre ses 30 années d’essais et de documents et offre un ebook
| billet du 13 avril 2013
4► Fantôme, la 9e enquête de Harry Hole, par Jo Nesbø
| billet du 22 avril 2013
5► Adolescence et dérives urbaines avec Martín Mucha et Guillaume Vissac
| billet du 20 avril 2013
6► Les 70 ans de l’édition américaine du Petit Prince de Saint-Exupéry
| billet du 2 avril 2013
7► L’Art de la thérapie de Irvin Yalom (éd. Galaade) : conseils à un jeune psy et à ses patients
| billet du 9 avril 2013
8► Notabilia, la nouvelle collection de Brigitte Bouchard aux éditions Noir sur Blanc
| billet du 13 mars 2013
9► Parution intégrale de AL TEATRO de Stéphanie Benson (avec promotions)
| billet du 15 avril 2013
10► ONLIT BOOKS : un an, 32 titres à lire en numérique
| billet du 24 avril 2013

 

11 avril 2013

14 titres Folio & Gallimard Jeunesse à 3.99 € jusqu’au 1er mai

Du 11 avril au 1er mai 2013 (inclus), les éditions Gallimard proposent une opération promotionnelle autour de 4 de ses collections : Folio (4 titres), Folio Policier (4 titres), Folio SF (4 titres) et Gallimard Jeunesse (2 titres). 14 titres en tout, chacun à 3,99 € (jusqu’à 50% de réduction pour certains d’entre eux). Cliquez ici ou sur l’image infra pour accéder à la liste complète sur ePagine.

Cette sélection est très ouverte et touchera à la fois le grand public, les lecteurs de polars et de SF mais aussi ceux qui n’ont pas peur d’entrer dans des textes parfois plus difficiles. On y trouve des auteurs français : Jean-Christophe Rufin, Éric Fottorino, Tonino Benacquista (avec l’un de ses premiers romans noirs, du très bon, tandis que vient de paraître un recueil de nouvelles, Nos gloires secrètes), Elsa Marpeau (lire notre billet d’octobre 2010) mais aussi un des auteurs les plus importants de la fin du XXe siècle, Louis Calaferte. Du côté des auteurs traduits, du beau monde là aussi : Jo Nesbø (l’un des auteurs scandinaves les plus lus en France et d’ailleurs bonne nouvelle pour les inconditionnels, la nouvelle enquête de Harry Hole, Fantôme, paraît demain et les deux premiers chapitres peuvent toujours être téléchargés gratuitement), Ferdinand von Schirach (un auteur à découvrir) ou encore l’incontournable Robert Silverberg. Les plus jeunes n’ont pas été oubliés dans cette histoire puisque le premier tome de Animorphs de K.A. Applegate et celui de Louise Rennison, Le journal de Georgia Nicolson, font partie de l’opération. La liste complète et détaillée est dessous (avec liens pour chacun des titres).

ChG

 

Du 11 avril au 1er mai 2013 : 3,99 € chaque titre
Folio, Folio Policier, Folio SF, Gallimard Jeunesse

► Jean-Christophe Rufin, La salamandre
Folio (3,99 € au lieu de 5,49 €)
► Ferdinand von Schirach, Crimes
Folio (3,99 € au lieu de 6,49 €)
► Louis Calaferte, La mécanique des femmes
Folio (3,99 € au lieu de 5,99 €)
► Eric Fottorino, Baisers de cinéma
Folio (3,99 € au lieu de 6,49 €)
► Jo Nesbø, Le bonhomme de neige
Folio Policier (3,99 € au lieu de 7,99 €)
► Thomas H. Cook, Les liens du sang
Folio Policier (3,99 € au lieu de 6,99 €)
► Elsa Marpeau, Les yeux de morts
Folio Policier (3,99 € au lieu de 7,49 €)
► Tonino Benaquista, Trois carrés rouges sur fond noir
Folio Policier (3,99 € au lieu de 5,99 €)
► David Brin, Jusqu’au cœur du soleil (Le cycle de l’Elévation, T1)
Folio SF (3,99 € au lieu de 8,49 €)
► Robert Silverberg, L’oreille interne
Folio SF (3,99 € au lieu de 7,49 €)
► John Kessel, Lune et l’autre
Folio SF (3,99 € au lieu de 7,49 €)
► H. Courtade, Loup, y es-tu ?
Folio SF (3,99 € au lieu de 7,49 €)
► K.A. Applegate, Animorphs (tome 1)
Gallimard Jeunesse (3,99 € au lieu de 7,49 €)
► Louise Rennison, Le journal de Georgia Nicolson (tome 1)
Gallimard Jeunesse (3,99 € au lieu de 5,99 €)

15 novembre 2012

Les vieilles de Pascale Gautier, comédie grinçante

En 2010 paraissait aux éditions Joëlle Losfeld Les Vieilles de Pascale Gautier, roman que j’avais lu et aimé. Aujourd’hui disponible en papier dans la collection Folio, il vient à la fois de recevoir la mention spéciale du prix Renaudot Poche 2012 et de faire son entrée au catalogue numérique. L’occasion d’en parler et de vous faire lire un extrait. Il peut être téléchargé sur ePagine et sur tous les sites des libraires partenaires.

Les vieilles, Pascale Gautier

Ce roman de Pascale Gautier est une comédie grinçante ; les dialogues (théâtraux) y sont efficaces et les personnages (une galerie de portraits à la Benaquista) parfaitement incarnés. Ici, on ne parlera pas du troisième âge ou des seniors mais de vieilles qui occupent une ville-mouroir, Le Trou, où la moyenne d’âge frise les 80 ans et où il fait beau toute l’année. Outre la bigote ou l’acariâtre, on trouvera celle qui préfère voir la bouteille à moitié vide, celle qui en veut à son fils de lui avoir installé un téléphone pour presbytes dans chacune de ses pièces, celle qui se refait une nouvelle jeunesse avec un jeune et gérontophile croque-mort, celle-ci qui dialogue en secret avec son mari mort, celle-là qui s’envoie des litres de porto ou encore cette autre qui ne supporte pas sa bru et joue au chantage affectif avec son fils. Quant au seul vieux encore fringuant, Pierre Martin, 90 ans, coureur de fond et de jupons, il jettera son dévolu sur une jeune retraitée fraîchement débarquée au Trou.
Ces vieilles ont fait des enfants, le mari de l’une s’est fait la malle au bout de trois mois de mariage, une autre avait le feu au cul, la troisième a été le dindon de la farce. Bref, elles ont toutes vécu. Mais les choses vont changer à partir du moment où l’omniprésente télévision annoncera l’arrivée imminente d’un astéroïde, surnommé Bonvent. Le Trou cèdera alors à la panique, des vieilles se jetteront du haut d’une station-essence tandis que le curé se fera la malle au volant d’un 4 x 4 et les histoires d’amour ou de famille tourneront au vinaigre.

Pour compléter cette lecture, je vous recommande de rendre visite aux Centenaires de Philippe Adam, un roman publié par Verticales en même temps que Les vieilles et disponible lui aussi en numérique (on en avait parlé ici).


Extrait des vieilles de Pascale Gautier
chapitre 4
© 1ère édition, Joëlle Losfeld, 2010
2ème édition, collection Folio, 2012
version papier | version numérique


Trois mois qu’elle est arrivée. Enfin ! Il était temps ! Elle en avait plus qu’assez du boulot. Il y a un moment où on décroche, on a beau dire. En tous les cas c’est ce qu’elle ressentait, Nicole. Trente ans au guichet de la poste de Moisy, on peut avoir envie de s’évader. D’ailleurs elle a tout programmé depuis longtemps. Elle a toujours pensé à sa retraite. C’est important d’anticiper. Ses parents lui ont appris. Penser à après-demain parce qu’on ne sait jamais de quoi demain sera fait. Elle a passé sa vie à préparer son nid douillet pour quand elle aura passé le cap des soixante. Et voilà qu’elle y est. Elle a choisi cet endroit qui a vraiment un drôle de nom à cause de ses trois cent soixante-cinq jours de beau temps par an. C’est ce que l’office du tourisme annonce. Et c’est bien agréable parce qu’il fait grand bleu non stop. Nicole aime le beau temps. Elle trouve que même les cons quand le soleil brille c’est plus facile à supporter. À Moisy, ce n’était pas marrant tous les jours. La pluie des semaines entières ! Des averses continues et froides. Que d’eau ! Il paraît qu’on en manque. Elle leur conseille, à ceux qui disent ça, d’aller s’installer là-bas  ! On raconte vraiment n’importe quoi pour affoler les gens. Elle ne s’est jamais fait avoir. On nous dit des mensonges. Ses parents le lui ont appris. Elle est vite devenue imperméable. Passer le bac. Passer le concours pour travailler aux PTT. Être fonctionnaire. Avoir un emploi sûr, jusqu’à la retraite. Ouvrir un plan épargne logement. Devenir un jour propriétaire. En attendant, s’installer près de ses parents pour pouvoir profiter d’eux. S’occuper tellement d’eux qu’elle a oublié de s’occuper d’elle. Ce que ses parents ont toujours trouvé normal. Elle s’est laissée faire, elle le sait. Elle aimait dîner chez papa maman tous les soirs. Elle aimait prendre son petit déjeuner chez papa maman tous les matins. À midi, en semaine, c’était la cantine. Le samedi et le dimanche, ils partaient se promener. Papa avait un faible pour les châteaux de la Loire qu’ils ont vus en boucle pendant des décennies. Pas d’imprévu. Un monde réglé et ouaté. Avec les années, elle est devenue la nounou de papa maman. Et papa maman se sont transformés en vieux bébés capricieux. On dirait parfois que tout est programmé : quand elle finit de rembourser son emprunt, maman meurt d’un cancer ; l’année d’après papa meurt d’une crise cardiaque et six mois plus tard elle est à la retraite.
Finalement, rumine-t-elle en regardant un magnifique lever de soleil, c’est le premier grand chambardement de sa vie. Elle a tout quitté et se retrouve seule dans une ville qu’elle ne connaît pas. Derrière le massif montagneux, la lumière fuse. C’est un matin rose brouillé par de minuscules nuages bleus. Puis voici l’aurore au trône d’or. Elle regarde, éblouie, et se dit que rien que pour ça, ça en valait la peine. Elle reconnaît alors le vieux qui transpire et s’essouffle sur le trottoir en bas de chez elle. Il porte une longue barbe blanche et un short. Il court la bouche grande ouverte. Il doit faire un bruit de locomotive. Il passe tous les matins et progresse à un train de sénateur. Quatre-vingt-dix ans ! La concierge le lui a dit. C’est Pierre Martin qui s’entraîne. Il se prépare pour le marathon de Londres. Quarante-deux kilomètres et des brouettes. Un malade ! Il n’a pas l’air pourtant, songe Nicole impressionnée. Il est mince, sec, avec un côté squelette mais le visage est beau et les yeux brillent de gaîté. Elle aime bien le regarder passer. Il est le plus alerte de tous les autochtones qu’elle a croisés jusqu’à présent. Elle en a fait la réflexion à la concierge qui lui a rétorqué : « Mais qu’est-ce que vous croyez  ! Trois cent soixante-cinq jours de beau temps par an, ça attire les vieux ! Pourquoi vous êtes venue vous, hein ? On ne commence pas une vie ici. On la termine. Ça fait longtemps qu’il n’y a quasiment plus de boulot. Par contre des vieux, il y en a à la pelle. Et c’est grâce à eux s’il y a encore un peu d’activité dans le coin ! L’hôpital et la clinique sont archipleins ! Pour avoir un rendez-vous avec un docteur, il faut au moins trois mois. Vous n’avez pas intérêt à être pressée ! Il n’y a jamais eu autant d’aides à domicile. Vu le nombre de décès, la municipalité a fait construire un superbe crématorium qui fonctionne à merveille. Vous venez juste d’arriver ! Regardez autour de vous et vous constaterez que vous êtes une véritable jeunesse ! » Elle avait protesté. Mais la concierge au regard farouche avait poursuivi en lui recommandant d’aller se promener derrière la préfecture, dans le quartier historique de la ville. Là, elle verrait !
Elle était allée voir… Derrière la préfecture se trouvait une colonie de vieilles ruelles bordées de vieilles maisons. Vieux toits de vieilles tuiles, vieilles façades repeintes en vieux rose, vieux pots de vieilles fleurs posés là, arrosés de vieille pisse de vieux chiens. Elle avait d’abord croisé une femme d’un âge incertain qui peinait à pousser son caddie vide. Elle faisait du trois mètres à l’heure, empaquetée dans un manteau épais et informe. Puis un homme à tête de crapaud s’était approché en boitant. Sa peau bistre était couverte de verrues. Il ne l’avait pas vue, s’était arrêté, glougloutant quelques mots incompréhensibles pendant que sa main gauche sortait de la poche de son pantalon, s’élançait dans les airs, s’arrêtait en plein vol puis retournait dans sa poche. Cinq fois comme ça avant de s’éloigner. Une vieille accrochée à une moins vieille l’avait bousculée sciemment. Elle les avait vues modifier leur trajectoire et foncer sur elle. La plus laide lui avait donné un coup de canne en ricanant. Un pépé était alors apparu, tenant en laisse un chien hideux dont les deux pattes de derrière ne touchaient plus le sol. Une chose à roulettes était fixée à son arrière-train pour lui permettre d’avancer. Mon bébé, répétait-il, mon bébé, mon bébé ! Elle avait poursuivi jusqu’à une place, envahie de pigeons gras, qui s’ouvrait sur un cours. On n’est pas sérieux quand on a quatre-vingt-dix-sept ans et des tilleuls verts sur la promenade.



14 juillet 2012

Gide, Hemingway et Steinbeck en numérique

Trois prix Nobel de Littérature (pour une petite trentaine de romans et de pièces de théâtre en tout) qui, au XXe siècle ont participé à la renommée des collections dites Blanche et Du Monde entier, viennent d’intégrer le catalogue numérique. Du côté des américains d’abord, quatre romans de Steinbeck : Des souris et des hommes, Les raisins de la colère, La perle et Les pâturages du ciel. Pour Hemingway, ce sont aujourd’hui douze textes que ses ayants droit ont accepté de céder à Gallimard. Du côté de la littérature française, c’est André Gide qui est mis en avant ce mois-ci : treize de ses romans et pièces les plus connus peuvent cette fois être téléchargés aux formats PDF et/ou ePub sur tous les sites des libraires partenaires du réseau ePagine. Pour chacun d’eux, un extrait est disponible gratuitement (pour accéder aux différents catalogues, cliquez sur les liens). À noter aussi que tous ces titres sont proposés par l’éditeur au prix Folio, sauf pour les Notes sur Chopin de Gide (collection Blanche). En revanche, ils sont tous protégés par la DRM Adobe.

Il n’a pas obtenu le Prix Nobel, lui, mais il reste pour moi (et je suis loin d’être le seul à le penser) l’un des écrivains les plus jubilatoires du XXe, l’une des voix les plus âpres et les moins consensuelles. J’ai nommé Thomas Bernhard. Ni ses romans ni son théâtre ne sont disponibles en numérique en France alors qu’en Allemagne, si (des problèmes de droits sans doute). C’est l’amer constat que faisait hier matin le passionné Laurent Margantin (notamment auteur et traducteur de l’allemand) sur le blog Carnets d’Outre-Web. Et c’est d’ailleurs son billet (sa question pour être précis) qui m’a amené ce matin à refaire des recherches dans le catalogue numérique des libraires francophones. Si je n’ai pas trouvé de textes de Thomas Bernhard, j’ai néanmoins déniché trois prix Nobel. Mais ce n’est pas ce que je cherchais.

Infra, préface de Gide écrite en 1927 lors d’une réédition des Nourritures terrestres.

Bon week-end.

ChG

 

PRÉFACE DE L’ÉDITION DE 1927

 

Juillet 1926.

Ce manuel d’évasion, de délivrance, il est d’usage qu’on m’y enferme. Je profite de la réimpression que voici pour présenter à de nouveaux lecteurs quelques réflexions, qui permettront de réduire son importance, en le situant et en le motivant d’une manière plus précise.
1. Les Nourritures terrestres sont le livre, sinon d’un malade, du moins d’un convalescent, d’un guéri – de quelqu’un qui a été malade. Il y a, dans son lyrisme même, l’excès de celui qui embrasse la vie comme quelque chose qu’il a failli perdre ;
2. J’écrivais ce livre à un moment où la littérature sentait furieusement le factice et le renfermé ; où il me paraissait urgent de la faire à nouveau toucher terre et poser simplement sur le sol un pied nu.
À quel point ce livre heurtait le goût du jour, c’est ce que laissa voir son insuccès total. Aucun critique n’en parla. En dix ans, il s’en vendit tout juste cinq cents exemplaires ;
3. J’écrivais ce livre au moment où, par le mariage, je venais de fixer ma vie ; où j’aliénais volontairement une liberté que mon livre, œuvre d’art, revendiquait aussitôt d’autant plus. Et j’étais en l’écrivant, il va sans dire, parfaitement sincère ; mais sincère également dans le démenti de mon cœur ;
4. J’ajoute que je prétendais ne pas m’arrêter à ce livre L’état flottant et disponible que je peignais, j’en fixais les traits comme un romancier fixe ceux d’un héros qui lui ressemble, mais qu’il invente ; et même il me parait aujourd’hui que ces traits, je ne les fixais pas sans les détacher de moi, pour ainsi dire, ou, si l’on préfère, sans me détacher d’eux ;
5. L’on me juge d’ordinaire d’après ce livre de jeunesse, comme si l’éthique des Nourritures avait été celle même de toute ma vie, comme si moi tout le premier, je n’avais point suivi le conseil que je donne à mon jeune lecteur : « Jette mon livre et quitte-moi » Oui j’ai tout aussitôt quitté celui que j’étais quand j’écrivais Les Nourritures ; au point que si j’examine ma vie, le trait dominant que j’y remarque, bien loin d’être l’inconstance, c’est au contraire la fidélité. Cette fidélité profonde du cœur et de la pensée, je la crois infiniment rare. Ceux qui devant que de mourir, peuvent voir accompli ce qu’ils s’étaient proposé d’accomplir, je demande qu’on me les nomme, et je prends ma place auprès d’eux ;
6. Un mot encore : Certains ne savent voir dans ce livre, ou ne consentent à y voir, qu’une glorification du désir et des instincts. Il me semble que c’est une vue un peu courte. Pour moi, lorsque je le rouvre, c’est plus encore une apologie du dénuement, que j’y vois. C’est là ce que j’en ai retenu, quittant le reste, et c’est à quoi précisément je demeure encore fidèle. Et c’est à cela que j’ai dû, comme je le raconterai par la suite, de rallier plus tard la doctrine de l’Évangile, pour trouver dans l’oubli de soi la réalisation de soi la plus parfaite, la plus haute exigence, et la plus illimitée permission de bonheur.
« Que mon livre t’enseigne à t’intéresser plus à toi qu’à lui-même, – puis à tout le reste plus qu’à toi » Voici ce que déjà tu pouvais lire dans l’avant-propos et dans les dernières phrases des Nourritures. Pourquoi me forcer à le répéter ?

A.G.

 

© André Gide, Les Nourritures terrestres suivi de Les nouvelles nourritures, Gallimard, 1917-1936 pour l’édition papier, 2012 pour l’édition numérique

7 mars 2012

Les 10 articles les plus consultés en février 2012

Retour aujourd’hui sur les 10 billets les plus consultés le mois dernier sur ce blog. On ne sera pas surpris de voir que le billet le plus lu est celui consacré à la traduction du vieil homme et la mer de François Bon que publie.net a dû retirer suite à la demande de Gallimard, affaire qui a fait grand bruit (on n’y reviendra pas aujourd’hui). Pas de surprise non plus ensuite : Camus, Kafka et la guerre d’Algérie intéressent toujours autant. Ces articles ont été très très lus. Et c’est plutôt une bonne nouvelle de constater que le numérique nous apporte désormais des textes essentiels de notre patrimoine culturel ou/et qui sont la mémoire d’une réalité parfois nauséabonde.

Cette liste est très parlante et d’ailleurs j’aime de plus en plus ce rendez-vous mensuel où se côtoient, entre autres, des auteurs et des éditeurs très différents et de qualité : auteurs classiques et contemporains, francophones et étrangers, éditeurs bien installés et jeunes maisons d’édition, livres homothétiques et textes publiés uniquement en numérique. Cette liste est aussi le reflet de notre investissement au quotidien sur ce blog et sur le site ePagine. J’en profite donc pour remercier une fois encore tous ceux qui nous font confiance, qui lisent avec intérêt ces billets, les relaient, les commentent et ceux qui suivent nos conseils et nos mises en avant en téléchargeant leurs ebooks sur ePagine et sur les sites des libraires partenaires. En privilégiant ces sites-là vous encouragez un engagement permanent. J’en profite aussi pour rappeler qu’en France TOUS les livres numériques sont proposés au même prix sur TOUS les sites de vente. Et si les algorithmes de certains vendeurs sont très performants, des sites comme ceux de Feedbooks, d’ePagine, du Divan ou de Virgin ont choisi, eux, de développer d’autres outils et d’autres médiations pour tenter de répondre au mieux aux demandes des lecteurs. Grand merci à tou(te)s.

Ci-dessous vous trouverez plusieurs liens. Tous vous invitent à consulter le billet et parfois un autre lien pointe vers ePagine.fr.

Je vous rappelle que tous ces textes peuvent être téléchargés depuis les sites de vente des libraires partenaires d’ePagine (liste à jour ici).

ChG

 

Les 10 billets les plus consultés sur ce blog en février 2012

1. Hemingway, Le vieil homme et la mer | billet du 16 février 2012
2. Lire Albert Camus en numérique | billet du 11 février 2012
3. Chacun porte une chambre en soi : 57 récits brefs de Kafka traduits par Laurent Margantin| billet du 6 février 2012
4. Le droit de désobéissance offert aux éditions de Minuit | billet du 9 février 2012


5. Le succès numérique des éditions Bragelonne | billet du 18 janvier 2012
6. Les 4 premiers titres de ONLIT BOOKS, nouvel éditeur littéraire 100% numérique | billet du 28 février 2012
7. du poche au numérique #1 Folio | billet du 23 février 2012



8. Camille de Toledo | L’inquiétude d’être au monde | billet du 26 janvier 2012
9. romans, nouvelles, récits, thriller : une sélection | billet du 1er février 2012
10. Sur la route des Beats, au croisement des morts | billet du 19 février 2012

23 février 2012

du poche au numérique #1 Folio

Filed under: + Mises en avant,+ Nouveautés numériques — Mots-clés : , , , — Christophe @ 10:10

Nous débutons ici une série qui tentera de faire le tour de toutes les collections disponibles en numérique et dont les prix fixés par les éditeurs, c’est-à-dire par le producteur, sont grosso modo alignés sur ceux de leurs livres de poche (versions imprimées). Ils sont même parfois moins chers, souvent à quelques arrondis près. Mais surtout retenez que le prix de vente est strictement le même chez tous les libraires. Inutile donc d’aller chercher chez les autres géants une réduction supplémentaire qui ne vous sera pas proposée, ces livres y seront au même prix, le désir et l’ePagination en moins.

Aujourd’hui, nous nous intéresserons aux collections Folio, Folio Plus, Folio Théâtre, Folio Biographies, Folio Policiers, Folio SF, Folio Actuel, Folio Histoire et Folio Cadet. 50 auteurs pour 96 titres à ce jour (comme chaque semaine de nouveaux auteurs et/ou titres sont mis en ligne nous remettrons le plus souvent possible ce billet à jour).

La grande majorité des textes disponibles en numérique dans ces collections sont écrits par des auteurs francophones  contemporains (Annie Ernaux, Maylis de Kerangal, Pascal Quignard, Tonino Benacquista…). Ces derniers mois plusieurs auteurs étrangers importants y ont fait leur entrée (Erri De Luca, Philip Roth, Orhan Pamuk, Ian McEwan, Herta Müller, Mario Vargas Llosa…). Quelques auteurs du XXe également (Beauvoir, Giono, Saint-Ex, Camus, Guilloux…).

Ces 96 titres sont vendus entre 1.99€ (Conan Doyle et Saint-Ex) et 11.99€ (Jonathan Littell), la moyenne se situant autour de 6.30€.

Les titres ci-dessous sont regroupés dans trois rayons principaux (LITTÉRATURE, SCIENCES HUMAINES et JEUNESSE) à l’intérieur desquels on les classera via les collections (pour la Littérature : folio, folio policiers, folio SF… ; pour les Sciences-Humaines : folio actuel, folio histoire…) par ordre alphabétique. Les liens privilégient les fichiers disponibles au format ePub (format téléchargé à plus de 80% aujourd’hui). En revanche, si les textes ne sont disponibles qu’en PDF le lien renverra bien entendu sur ce format.

Hormis ePagine.fr qui privilégie le format ePub, sur tous les autres sites des libraires partenaires les deux formats ePub et PDF vous seront à chaque fois proposés.


LITTÉRATURE

FOLIO

ALESSANDRO BARICCO • 1 titre en PDF et ePub /// SIMONE DE BEAUVOIR • 1 titre en ePub /// TONINO BENACQUISTA • 2 titres en ePub /// BERNARD DU BOUCHERON • 1 titre en ePub et en PDF

ALBERT CAMUS • 1 titre en PDF et ePub et 1 titre en ePub /// JONATHAN COE • 5 titres en ePub /// ARTHUR CONAN DOYLE • 1 titre en PDF et ePub /// CATHERINE CUSSET • 3 titres en ePub

JEAN-BAPTISTE DEL AMO • 1 titre en ePub et en PDF /// PHILIPPE DJIAN • 1 titre en ePub /// MARC DUGAIN • 2 titres en ePub et en PDF /// BENOÎT DUTEURTRE • 1 titre en ePub

ANNIE ERNAUX • 4 titres en ePub et un titre en PDF et ePub

ÉRIC FOTTORINO • 3 titres en ePub et en PDF

FRANZ-OLIVIER GIESBERT • 2 titres en ePub et en PDF /// LOUIS GUILLOUX • 1 titre en ePub

MAYLIS DE KERANGAL • 1 titre en ePub et en PDF /// NATHALIE KUPERMAN • 1 titre en ePub et en PDF

JONATHAN LITTELL • 1 titre en ePub et en PDF /// ERRI DE LUCA • 4 titres en ePub

CAROLE MARTINEZ • 1 titre en ePub et en PDF /// IAN MCEWAN • 4 titres en ePub /// HERTA MÜLLER • 1 titre en ePub et en PDF

ORHAN PAMUK • 3 titres en ePub /// PIERRE PÉJU • 1 titre en ePub et 1 titre en ePub et en PDF /// PER PETTERSON • 1 titre en ePub et en PDF

PASCAL QUIGNARD • 1 titre en ePub et en PDF

PHILIP ROTH • 5 titres en ePub et en PDF /// JEAN-CHRISTOPHE RUFIN • 3 titres en ePub

ANTOINE DE SAINT-EXUPÉRY • 4 titres en ePub et 1 titre en PDF /// PHILIPPE SOLLERS • 1 titre en ePub /// JÓN KALMAN STEFÁNSSON • 1 titre en ePub /// FRANÇOIS SUREAU • 1 titre en ePub et en PDF

MARIO VARGAS LLOSA • 3 titres en ePub et en PDF

ANNE WIAZEMSKY • 1 titre en PDF et ePub

FOLIO PLUS

JEAN GIONO • 1 titre en ePub

FOLIO THÉÂTRE

ALBERT CAMUS • 1 titre en ePub et en PDF

FOLIO BIOGRAPHIES

JENNIFER LESIEUR (sur Mishima) • 1 titre en ePub et en PDF

FOLIO POLICIERS

KJELL OLA DAHL • 1 titre en ePub et en PDF /// DOA • 1 titre en ePub et en PDF /// CARYL FÉREY • 3 titres en ePub et en PDF /// FRANZ-OLIVIER GIESBERT • 1 titre en ePub et en PDF /// THIERRY JONQUET • 2 titres en ePub /// JO NESBØ • 4 titres en ePub et en PDF

FOLIO SF

PHILIP K. DICK • 1 titre en ePub et en PDF /// DANIEL F. GALOUYE • 2 titres en ePub et PDF

 

SCIENCES HUMAINES

FOLIO ACTUEL

VINCENT EDIN & SAÏD HAMMOUCHE • 1 titre en ePub et en PDF

FOLIO HISTOIRE

KRZYSZTOF POMIAN • 1 titre en PDF

FOLIO BIOGRAPHIES

MARIE-FRANCE SCHMIDT (sur Christophe Colomb) • 1 titre en ePub /// JANINE TROTEREAU (sur Marie Curie) • 1 titre en ePub

 

JEUNESSE

FOLIO CADET

FABRICE COLIN • 5 titres en PDF

11 février 2012

Lire Albert Camus en numérique

Il y a un an maintenant l’intégralité de l’œuvre d’Albert Camus était rendue disponible en téléchargement libre sur le site québécois Classique des sciences sociales alors qu’en France à cette même période il n’était pas possible de lire un seul de ses textes en numérique (cf. le billet de L’Express du 1er février 2011). Une raison à cela. Camus est mort en 1960 et au Canada tout texte est libre de droits 50 ans après le décès de l’auteur (contre 70 ans en France).

Un an plus tard, viennent d’entrer au catalogue numérique trois de ses textes (deux romans, une pièce de théâtre) au format ePub. Deux d’entre eux (L’Étranger, La Peste) s’inspirent de l’édition Folio (pour le visuel de couverture et le prix – le texte étant le même que dans la Blanche) tandis que la pièce en 5 actes, Les Justes, reprend l’édition folioplus avec texte intégral + dossier par Sophie Doudet + lecture d’image d’Agnès Verlet. Les prix sont alignés sur ceux des versions imprimées, voire un tantinet plus chers une fois la remise légale de 5% déduite (4.99 € L’étranger et Les Justes en numérique contre 4.37 € et 4.84 € le livre imprimé ; 5.99 € pour La Peste en numérique contre 5.89 € en papier). Ceci dit, même si l’avancée semble bien mince, avancée il y a. Et les grands auteurs publiés au XXe siècle par Gallimard rejoignent petit à petit les auteurs contemporains au catalogue numérique.

D’autres ouvrages sur l’écrivain ou son œuvre figurent au catalogue numérique. Certains ont été eux aussi numérisés (la collection « Profil d’une œuvre » chez Hatier, la biographie d’Alain Vircondelet chez Fayard, les essais et études publiés par Actes Sud, Le Manuscrit, Indigène ou les Presses de l’Université du Québec) et d’autres ont été conçus pour être uniquement lus en numérique (les fiches de lecture du Petitlittéraire.fr, collection de Primento). Vous retrouverez toutes ces références ci-dessous avec liens. Je précise à chaque fois le nom de la maison d’édition, la collection, le prix, le format, si un extrait peut être téléchargé gratuitement et si le fichier contient ou pas des DRM (verrous).

À quelques semaines du cinquantenaire des accords d’Évian (mars 1962), de nombreux ouvrages sur la guerre d’Algérie paraissent ou sont réédités et numérisés (cf. billet du 9 février). Vu le rôle qu’il a pu jouer à ce moment-là, faire le point sur les textes disponibles en numérique de et sur Camus me semblait aujourd’hui important.

Bon week-end à tou(te)s.

ChG


| Textes d’Albert Camus

• L’Étranger, Gallimard, Folio, epub – 4.99 €extrait gratuit
La Peste, Gallimard, Folio, epub – 5.99 €
Les Justes (Pièce en cinq actes), Gallimard, Folioplus, epub – 4.99 €extrait gratuit


| Fiches de lecture

La peste d’Albert Camus, Bernard Allvin, Hatier (Profil d’une œuvre), epub – 3.49 €
L’étranger d’Albert Camus, Pierre-Louis Rey, Hatier (Profil d’une œuvre), epub – 3.49 €
L’Étranger d’Albert Camus, Pierre Weber, Lepetitlittéraire.fr, epub – 3.99 €sans DRM
La Chute d’Albert Camus, Jean-Bosco d’Otreppe, Lepetitlittéraire.fr, epub – 3.99 €sans DRM
Les Justes d’Albert Camus, Florence Hellin, Lepetitlittéraire.fr, epub – 3.99 €sans DRM
La Peste d’Albert Camus, Maël Tailler, Lepetitlittéraire.fr, epub – 3.99 €sans DRM
Caligula de Camus, Raphaëlle O’Brien, Lepetitlittéraire.fr, epub – 3.99 €sans DRM


| Essais, études et biographies

Camus et sa critique libertaire de la violence, Lou Marin, Indigène éditions, epub – 1.49 €sans DRM
Les derniers jours de la vie d’Albert Camus, José Lenzini, Éditions Actes Sud, epub – 13.99 €
Albert Camus, fils d’Alger, Alain Vircondelet, Fayard, epub – 14.99 €
Camus (Nouveaux regards sur sa vie et son œuvre), Lawrence Olivier et Jean-François Payette, Presses de l’Université du Québec, epub – 9.99 €sans DRM
Albert Camus adaptateur de théâtre, Karima Ouadia, Éditions Le Manuscrit, epub – 5.95 €sans DRM
Albert Camus : l’exigence morale (sous la direction d’Agnès Spiquel et d’Alain Schaffner), Éditions Le Manuscrit, epub – 7.90 €sans DRM

20 décembre 2011

Baisse des prix sur le catalogue numérique de Gallimard

Si la hausse de la TVA sur le livre imprimé est reportée au mois d’avril 2012, la baisse annoncée du taux réduit de TVA sur le livre numérique sera quant à elle effective au 1er janvier 2012. Depuis quelques semaines, de nombreux lecteurs, blogueurs et professionnels du livre se demandent si les éditeurs vont profiter de cette application pour baisser le prix de vente de leurs ebooks. Jusque-là, silence radio. Mais une première nouvelle vient de tomber. Le groupe Gallimard a en effet annoncé hier soir qu’il avait choisi d’anticiper ce passage de 19.6% à 7% en baissant dès à présent les prix de son catalogue numérique (Éditions Gallimard, Verticales, Gallimard Jeunesse, Les Grandes Personnes). Selon Éric Marbeau, qui est chargé des partenariats et de la diffusion numérique pour le groupe et qui a bien voulu répondre à mes questions, cette décision prise en cette période de fêtes de fin d’année est avant tout une opportunité commerciale, un geste en direction du public qui aura fait l’acquisition d’une tablette de lecture ou d’une liseuse à Noël et n’aura qu’une envie : chercher dans les catalogues numériques l’offre la plus attractive (large choix, qualité des fichiers, prix). Mais cette décision est sans doute aussi un message fort adressé aux autres groupes d’édition. Quelle politique tarifaire proposeront dès le 1er janvier les groupes d’édition comme Flammarion, Le Seuil (La Martinière), Hachette ou encore Editis ? Là encore, le groupe Gallimard (qui a signé avec Amazon mais pas avec Apple) tente de se démarquer des autres acteurs. On suivra donc ça de près dans les prochains jours.

Concrètement, les nouveautés du groupe Gallimard sont désormais proposées à environ -30% du prix TTC de l’édition imprimée. Sur le grand format, la baisse de prix est proportionnelle à la baisse de la TVA. Sur le poche, la baisse est beaucoup moins significative (-5% environ). Par ailleurs, afin de faciliter la lecture des prix sur leur catalogue, les éditions Gallimard ont appliqué des arrondis à l’ensemble de leurs titres (x.49€ ou x.99€). Par exemple le dernier prix Goncourt, L’Art français de la guerre, est aujourd’hui vendu 21€ dans sa version imprimée contre 14.99€ en numérique (au lieu de 16.80€ la semaine dernière). Dans la collection Folio, La délicatesse de David Foenkinos (l’une de leurs meilleures ventes du moment) est proposée 6.20€ dans sa version imprimée et 5.99€ en numérique (ce qui équivaut, à quelques centimes près, au prix du livre papier avec remise de 5%). Idem pour Le bonhomme de neige de Jo Nesbø (8.10€ le livre papier, 7.69€ avec remise de 5% et 7.49€ en numérique). Autre exemple avec la collection Folio SF, tout nouvellement arrivée au catalogue numérique. Les 3 titres (celui de Philp K. Dick et ceux de Daniel F. Galouye) sont vendus 6.49€ et 6.99€ (contre 6.60€ et 7.12€ en papier avec remise de 5%).

Dans sa lettre adressée hier soir aux revendeurs de livres numériques, Éric Marbeau terminait ainsi : « Nous espérons que ce nouveau positionnement contribuera à l’émergence du marché du livre numérique en Europe et participera à constituer une offre attractive pour le lectorat francophone ». Nous ne manquerons pas de le contacter au cours du mois de janvier pour savoir si cette décision aura été bénéfique ou pas pour ce groupe d’édition.

ChG

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