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Conseils de lecture, entretiens, actualité numérique :

le Livre-Avenir ne se fera pas sans les libraires.

15 mars 2013

Rainbow Warriors de AYERDHAL, épisode 1 offert

Ainsi donc, comme je vous le signalais en début de semaine, voici le premier épisode de Rainbow Warriors, écrit par Ayerdhal.

Cet épisode, premier d’une série de huit, vous permettra de débuter une lecture qui vous mènera jusqu’au 2 mai. En effet, les éditions Au diable Vauvert publieront un épisode numérique par semaine. Ce premier étant gratuit, les 7 autres seront vendu au prix de 0,99 € pièce. Idéal donc pour découvrir la plume d’Ayerdhal, qui nous offre ici un joyeux thriller politique.

Ce premier épisode, comme à chaque fois avec Ayerdhal, démarrant sur les chapeaux de roue, nous permet de faire connaissance avec Geoffrey Henry Tyler, ancien colonel de l’armée américaine, mis d’office à la retraite par le bureau ovale. Cet ancien haut gradé est placé à la tête d’une armée de LGBT (Lesbian, Gay, Bi, Trans), en vue de faire tomber le régime de la République démocratique du Mambesi. Dès les premières lignes son portrait est dressé, et ceci d’une manière ciselée mais efficace, avec tout l’humour incisif dont est coutumier l’auteur. On découvre également certains de ses collaborateurs dont on assiste au recrutement. Ayerdhal cisèle ses personnages qui eux tranchent à la machette dans les idées reçues et la politique internationale.

Pour télécharger le premier épisode, cliquez ici.

Le second épisode sortira le jeudi 21 mars.

Ayerdhal sera aussi présent au salon du livre de Paris, sur le stand des éditions Au diable Vauvert (S65) et sur celui des éditions ActuSF (H57). Ne manquez pas d’aller lui dire tout le bien que vous pensez de ce premier épisode !

David Queffélec.

 

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En résumé, Rainbow Warriors c’est :

► une sortie papier le 21 mars

► en numérique, une mise en ligne chaque jeudi dès le 14 mars :

Rainbow Warriors épisode 1, 14 mars 2013, vendu 0,00 €
Rainbow Warriors épisode 2, 21 mars 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors épisode 3, 28 mars 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors épisode 4, 4 avril 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors épisode 5, 11 avril 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors épisode 6, 18 avril 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors épisode 7, 25 avril 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors épisode 8, 2 mai 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors version complète, 2 mai 2013, vendue 7,99 €

11 mars 2013

Parution de Rainbow Warriors d’Ayerdhal en 8 épisodes (Au diable Vauvert)

Ayerdhal sort enfin un nouveau roman aux éditions Au Diable Vauvert. Mais qui est Ayerdhal ? Il est d’abord un des plus grands auteurs français de science-fiction. Auteur de plus de 20 romans du genre (2 titres pour l’heure en numérique), il a par exemple commis l’excellent Demain une Oasis, réédité en 2006 Au Diable et récompensé par le Grand Prix de l’Imaginaire en 1993. Mais Ayerdhal, c’est aussi l’auteur de thrillers, et Transparences en est, jusqu’à présent, sa plus belle production. Ainsi Ayerdhal a renoué avec le thriller politique en écrivant d’une main de maître un roman jubilatoire, Rainbow Warriors. Il sortira au format papier le 21 mars, soit pile-poil pour le Salon du Livre de Paris. La vie littéraire est bien faite, quand même. Voici la 4ème de couverture : « Mis à la retraite sur requête du bureau ovale, le général de division Geoff Tyler se voit proposé par l’ancien secrétaire général des Nations Unies de reprendre du collier à la tête d’une armée privée financée par des célébrités de toutes obédiences. Son objectif : renverser le dictateur d’un État africain, soutenir le gouvernement transitoire le temps de la rédaction d’une constitution démocratique, et permettre la tenue d’élections en bonne et due forme. Ses moyens : à lui de les définir, l’argent n’est pas un problème. Son effectif : un encadrement d’une centaine de professionnels et 10 000 soldats dont il faut parfaire la formation. Jusqu’ici tout va bien. Il y a toutefois un détail. Cette armée est presque exclusivement constituée de LGBT. Lesbian, Gay, Bi, Trans. »

Et en numérique, me direz-vous ? Pour le numérique, Le Diable renoue avec une pratique qu’il avait déjà initiée pour la sortie d’une réédition en numérique de l’ouvrage Les derniers Hommes de Pierre Bordage (pour rappel, cf. notre billet). Là, Rainbow Warriors sortira d’abord en 8 épisodes, au rythme d’un par semaine, à partir du 14 mars 2013. Et la version numérique complète le 2 mai 2013. Concernant le prix, là aussi Le Diable reprend la formule du Bordage, en mettant le premier épisode gratuit et les suivants à 0,99 €. Nous espérons que cette formule fonctionnera pour l’ouvrage d’Ayerdhal comme il a fonctionné pour celui de Pierre Bordage. En effet, en regardant les chiffres de téléchargement/ventes, il s’avère que le taux de transformation premier épisode gratuit vers second payant est de 10%, ce qui est un très bon ratio. Ensuite, toujours pour le Bordage, les ventes d’un épisode sur l’autre ont été constantes jusqu’au bout des 6 épisodes. Alors, pour résumer :

► une sortie papier le 21 mars

► en numérique, une mise en ligne dès le 14 mars :

Rainbow Warriors épisode 1, 14 mars 2013, vendu 0,00 €
Rainbow Warriors épisode 2, 21 mars 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors épisode 3, 28 mars 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors épisode 4, 4 avril 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors épisode 5, 11 avril 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors épisode 6, 18 avril 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors épisode 7, 25 avril 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors épisode 8, 2 mai 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors version complète, 2 mai 2013, vendue 7,99 €

Bien entendu, ces épisodes et l’ouvrage complet seront disponibles depuis la librairie ePagine, dès la sortie officielle du premier épisode gratuit. Souhaitons à Rainbow Warriors un bon vent, la réussite qu’il mérite et aux lecteurs d’ePagine une lecture jubilatoire et subversive !

David Queffélec

26 février 2011

2 textes 100 % numérique d’André Delauré

Cinq textes d’André Delauré figurent désormais au catalogue numérique ePagine. Si ses trois polars parus dans la collection « suspense » de Calmann-Lévy (Assourdissants silences, Mortelles connivences t.1 ; la banquière et Mortelles connivences, t2 : Les sous-traitants) ont été numérisés par cet éditeur à l’automne dernier, voici que débarquent coup sur coup deux textes 100 % numérique. Le premier a été écrit sous forme d’un feuilleton littéraire en 25 épisodes ; mordant, drôle et bien enlevé, Métamorphoses fait se croiser un directeur général de l’industrie pharmaco-médicale aux pratiques douteuses ; une ex-danseuse du Moulin-Rouge devenue présidente de société ; sa fille, jeune héritière richissime qui a pris la poudre d’escampette ; un chômeur entre deux âges qui gamberge un plan fumeux et une jeune artiste peintre désargentée qui sera chargée d’usurper l’identité de la jeune héritière. Changement de décor avec Fracture mentale propulsé par Numerik:)ivres qui met en scène un schizophrène, tueur  en série d’enfants. Notez que ce polar très très noir contient des scènes si cruelles qu’elles pourront heurter la sensibilité de certains d’entre vous. Dès à présent, je vous propose de découvrir les deux univers de cet auteur « convaincu qu’une nouvelle aire de lecture est en train de voir le jour avec la numérisation des textes et persuadé que l’innovation ne connaîtra le succès qu’à condition de voir les auteurs professionnels confier leurs textes aux éditeurs prenant le risque d’investir sur ce créneau de création ». Ces deux ebooks sont disponibles en ePub sur ePagine, sans DRM. Des extraits plus longs de ces deux textes peuvent être feuilletés en ligne et/ou téléchargés gratuitement en cliquant sur les liens ou les couvertures. Belles découvertes et bon week-end !

ChG

Extrait de « Corruption », premier épisode de Métamorphoses
StoryLab, 2011

à télécharger sur epagine.fr

Je vais te raconter une histoire.
Écoute, un hélicoptère approche. Tu l’entends ?
Imagine un parc paysager sur lequel sont élevés deux bâtiments indus­­triels d’acier et verre bien entretenus. En façade du plus imposant, tu peux lire le nom de l’entreprise : Laboratoires Sanipharma.
Au-dessus des arbres, arrive l’hélico, style haut de gamme pour businessmen opulents. Tu vois le genre.
Patrick Juvancourt, la cinquantaine séduisante, raffinée, habillé sur mesure, flanqué de deux collaborateurs en blouse blanche, franchit le seuil de l’immeuble principal.
Le trio va vers la pelouse tondue au rasoir.
Virant sur lui-même, l’hélico amorce son atterrissage.
Le tournoiement des pales échevelle les trois hommes.
Couverts par le tintamarre, ils se disent quelque chose que tu n’entends pas, mais qui les fait rire.
Le ventilateur s’arrête de tourner. La triplette approche de l’engin où le pilote effectue les contrôles d’usage.
Un premier garde du corps géant à turban et à mine patibulaire descend de l’appareil.
Un très petit homme sévère, à grosses lunettes noires, apparaît. C’est le sous-secrétaire d’État d’une nation qu’il est préférable de ne pas nommer.
Le premier garde l’aide à descendre en se mettant à plat ventre sur le sol pour servir, avec son dos, d’ultime degré au marchepied trop élevé. Tu réalises la vastitude, comme dit l’épouse de mon beau-frère, des échelons sociaux dans le pays d’origine !
Juvancourt et les siens manifestent un étonnement gêné.
Dès que le despote touche le sol, le premier garde se redresse avec une rapidité foudroyante pour se flanquer au côté droit du patron. Un deuxième garde du corps géant, sans turban mais à mine tout aussi patibulaire, se poste au flanc gauche.
Une vague appréhension a gommé les sourires sur les visages du comité d’accueil.
Juvancourt se porte au devant de son visiteur. Ils échangent quelques mots en se serrant la main. Le quasi-ministre reste très froid, son hôte recouvre un embryon de sourire.
Les six hommes se dirigent vers les constructions. Le tyran au petit pied marche si rapidement que les autres ont du mal à le suivre.
Bientôt, le groupe passe le sas d’entrée du siège social où sont affichées les nombreuses plaques d’identification des différents services.
Tous traversent le hall au pas de course.
Ils montent dans l’ascenseur.
Et, là, tu vois un tableau saisissant.
Les malabars, entourant leur chétif chef, se font les plus minces possible afin de ne pas l’écraser dans la cabine extrêmement exiguë pour leur masse.
La porte de l’ascenseur se referme. Tu ne peux pas t’empêcher de penser à une boîte de sardines.
Elle se rouvre à l’étage de la direction générale.
Le sous-secrétaire descend impétueusement le premier. Juvancourt veut sortir derrière lui, il est coincé illico entre les deux gardes géants qui se sont précipités sur les traces de leur boss. Sans ménagement, l’un des gorilles le repousse et lui passe devant. Son collègue réitère le même geste.
Les deux blouses blanches s’offusquent. Sans piper mot, je vais te dire ! D’une mimique, leur supérieur intime l’ordre de ne pas relever l’anicroche.
Le visiteur, impatient, se retourne pour attendre l’hôte qui, épanoui, vient vers lui et l’invite à s’engager plus avant dans le couloir.
Ils arrivent à la direction générale.
Juvancourt ouvre la porte du bureau, moderne et luxueux, puis s’efface afin de laisser passer le presque ministre. Lequel, tu le noteras, n’a toujours pas ôté ses lunettes noires.
Le groupe entre.
Un léger incident oppose le second garde géant et le plus grand des collaborateurs qui s’est approché de l’homme d’État, une main large comme une planche à hacher l’écarte rudement.
Juvancourt contourne son bureau et invite le voyageur à s’asseoir.
Ce qu’il fait.
Tu remarques que ses pieds ne touchent pas le sol.
Juvancourt s’assied. Ses subordonnés font de même.
Les gardes géants restent debout auprès de leur maître.
Étonnement du directeur général. Mais il n’insiste pas, se penche et ouvre un tiroir.
Réflexe immédiat, les défenseurs portent la main à l’aisselle, prêts à dégainer.
Impressionné, avec un sourire jaune, Juvancourt montre qu’il ne retire du tiroir qu’un petit flacon pharmaceutique.
Impassibles, les gorilles croisent les bras.
Juvancourt tend le flacon à l’invité.
Gymnastique au-dessus du bureau pour que leurs doigts se rejoignent car les bras du petit homme sont trop courts.
Le collaborateur le plus gras sert d’intermédiaire.
Le sous-secrétaire examine le flacon, très près de ses lunettes. Après une dizaine de secondes, sa voix sèche et aiguë cisaille le silence.
– Si je vous garantis la vente de trois cents millions de flacons la première année… Combien je touche ?
– Dix pour cent.
Le candidat acheteur éclate d’un rire acidulé.
– Hi, hi, hi, hi ! Les français ont beaucoup d’esprit !
Juvancourt s’étonne.
– Je vous assure que cela équivaut à vous verser une fortune, monsieur le sous-secrétaire d’État !
– Je ne veux pas ce qui équivaut à une fortune. Je veux la fortune. En Occident, ce médicament est totalement illégal, M. Juvancourt. Si vous le distribuez chez vous, vous allez en prison. Moi, je vous amène deux milliards de consommateurs potentiels… Mais c’est fifty-fifty.
Le directeur général est désagréablement surpris.
Il consulte une première blouse blanche du regard.
Elle a une mimique d’acquiescement.
Il consulte la seconde.
Elle n’a pas d’objection.
Il dévisage l’énigmatique petit homme durant une dizaine de secondes.
– Banco.
Le négociateur se crispe sur-le-champ.
Il enlève ses lunettes.
Des yeux métalliques et glacés regardent fixement le docteur en pharmacie corrompu et corrupteur.
– J’aurais dû demander plus ! rage-t-il avec une aigreur hilarante.
Pourtant, tu n’as pas envie de rire !
Quelle saleté il va nous répandre sur la planète ?

© André Delauré, Métamorphoses (StoryLab, 2011)

 

Extrait du premier chapitre de Fracture mentale
Numerik:)ivres, 2011

à télécharger sur epagine.fr

Spectacle ignoble, dans la pinède aux ombres fantasmagoriques d’une nuit à la lune disloquée par les cimes disparates, l’homme trapu, accoutré façon baroudeur, traîne derrière lui un garçon de sept ou huit ans attaché à une solide laisse aux mailles d’acier. Contrefait par la gibbosité de son sac à dos difforme, le barbare fait devancer d’un faisceau jaunâtre de lampe torche le pas pressé de ses jambes courtes.
Surcroît d’abjection, dissimulé en partie par de longs cheveux bruns et raides, l’enfant porte au cou le collier étrangleur des chiens féroces. Décharné, il flotte dans un mince tricot bleu roi aux manches interminables et un vaste pantalon de toile écrue que maintes chutes ont maculés. Sur la souillure terreuse de ses joues creuses, les larmes d’yeux sombres, si découragés, si soumis, ont dessiné des sillons asséchés. Le malheureux geint à chaque traction brutale de la chaîne qui par secousses impatientes ébranle sa frêle carcasse et menace de le faire choir à nouveau.
Par endroits, une palme de fougère géante lui irrite le visage ou bien il heurte l’un des pins qui se raréfient à l’approche de la plage dont la rumeur croissante des flots reste encore lointaine.
Sans son comportement horrible, la face ronde au sourire doux du bourreau inspirerait la confiance, la sympathie même ! En éveillant toutefois la curiosité car sa peau au teint laiteux, constellée d’éphélides, est imberbe, aussi glabre qu’un œuf, particularité inhabituelle à cette heure tardive chez un mâle vraisemblablement quarantenaire. Bien que ses traits reflétant une espèce d’éternelle impuberté ne permettent pas de lui attribuer un âge précis. Jusqu’à ses sourcils et ses cils qui sont pratiquement inexistants. Seule une demi-couronne blonde aux boucles chérubines s’accroche à l’arrière de son crâne par ailleurs parfaitement lisse.
Il esquisse une volte-face, sans cesser de trotter, et tire brutalement la laisse.
— Tu lambines, Désiré, tu lambines.
La voix – un unisson au timbre un peu trop aigu – est affectueuse, plaisante. Mais le brusque branle-bas des chaînons ne prête pas à contestation.
Pourtant, l’enfant objecte, mollement, sans espérance.
— Ça fait mal, Maître, ça fait mal…
— Cesse de gémir comme une fille.
— Si vous m’enlevez le collier, je peux marcher devant vous…
— Pour tenter de t’échapper, une fois de plus ? Je te l’ai dit. Cette nuit, j’ai impérativement besoin de toi, mon cœur… Plus que jamais.
— Je vous promets, je m’échapperai pas.
— Reformule.
— Je ne m’échapperai pas.
— Mais oui, je vais te croire. Prends-moi pour un idiot. Inattendu et cocasse, son rire tintinnabule entre de petits hoquets tandis que, d’un cruel soubresaut, il incruste les crocs de métal du collier dans la chair de sa victime.
— Aaaïïïïe !
Désiré sanglote.
Le maître rit de plus belle en poursuivant sa randonnée.
— Tu es vraiment une fillette, hein ? Allez, presse-toi. Il faut qu’on y soit avant que la marée remonte. PARLE-LUI DU TRÉSOR ! Je lui en ai déjà parlé. Ça ne sert à rien de rabâcher. T’ES VRAIMENT UN CRÉTIN ! T’AS PAS COMPRIS QU’Y A QUE ÇA QUI LE FAIT AVANCER, TRIPLE ANDOUILLE ! Papaaa, ne me traite pas de triple andouille… QU’EST-CE QUE T’ES D’AUTRE ? BOURRIQUE ! PARLE-LUI DU TRÉSOR ! Tu imagines tout ce que l’on fera lorsque nous aurons trouvé le trésor ?
— Je voudrais revoir maman.
— Sûr… Avec le magot que tu vas récolter, tu auras les moyens de lui faire rendre des comptes, à ta maman.
— Je m’achèterai une grosse voiture.
— C’est une sacrée bonne idée, ça.
— Pourquoi les Allemands, ils l’ont enterré si loin, leur trésor ?
— Ils n’allaient pas le camoufler sur la place du village. Et puis, ils avaient le feu au train, crois-moi. Ils ne tenaient pas à s’encombrer pour rentrer chez eux. C’est que c’est lourd, des lingots d’or. Ils se sont dit qu’ils reviendraient chercher ça plus tard, une fois la guerre finie. Ils ne se doutaient pas que le maréchal Leclerc les attendait au virage. Il les a tous exterminés, Leclerc. Tous. Un sacré guerrier.
— Comment vous savez qu’il est là, le trésor ? Pourquoi le maréchal, il leur a pas pris ?
— Reformule.
— Comment savez-vous qu’il est là, le trésor ? Pourquoi le maréchal, le… ne leur a-t-il… ne le leur a-t-il pas pris ? Aïe !
— Ce que tu es douillet… De tous les chiens que j’ai eus, il n’y en a pas un qui se plaignait autant que toi. Ils m’étaient toujours reconnaissants de les emmener en balade.
— Je ne suis pas un chien, moi.
— Oh ! si. Tu es même un de ces petits vicieux de chiens fugueurs qui se régalent de faire courir leur gentil maître, aux cent coups à l’idée de les perdre… Je ne supporterais pas de te perdre… Ça y est, on y est presque.
(…)

© André Delauré, Fracture mentale (Numerik:)ivres, 2011)

8 février 2011

8 titres de StoryLab sur ePagine

e-Diffuseur de livres numériques, développeur d’applications littéraires enrichies, StoryLab est également éditeur de livres numériques (romans courts, contes, nouvelles, essais, biographies…) et huit de ses titres viennent d’entrer au catalogue ePagine (un extrait de chacun de ces textes peut être téléchargé gratuitement et lu sur tout support ; il vous suffit de cliquer sur les liens infra).

La maison d’édition 100% numérique StoryLab est née du constat que de nouveaux usages tels que la mobilité, l’instantanéité, la rapidité pouvaient générer de nouveaux besoins et de nouveaux modes de consommation du livre en marge des courants littéraires traditionnels. Dès le départ, cette maison a donc fait le choix de donner leur chance à des auteurs qui privilégieraient des modes d’écriture permettant d’attirer des lecteurs via internet, les smartphones (iPhone, Android,…), les liseuses numériques (Kindle, Cybook de Bookeen…) ou les tablettes multimédia (iPad…).

Son catalogue est composé de six collections pour une vingtaine de titres en tout. Huit d’entre eux sont disponibles depuis hier sur ePagine. Proposées au format ePub à 3,99 € (sans DRM, avec marquage ePagine), toutes ces histoires inédites sont accessibles partout et à tout moment, enrichies d’extraits audiobook, de vidéos, de news littéraires, d’espaces communautaires… et peuvent être lues sur tous les supports actuels. StoryLab prépare également pour le second semestre 2011 (si j’en crois Le Magazine littéraire de décembre 2010) un feuilleton numérique écrit, mis en musique et en images par l’écrivain Alain Fleischer dont seul le texte Prolongations (coll. L’Infini chez Gallimard) figure pour l’instant au catalogue ePagine.

En attendant de lire ce que propose cette maison d’édition, voici une courte présentation (par collection) de leurs titres disponibles sur tous les sites des libraires-partenaires d’ePagine. Notez bien que les titres de la collection Moteur (en partenariat avec les éditions du Moteur) sont pour l’instant téléchargeables sur le site de StoryLab (bientôt sur ePagine également). Quant à la collection « Découvertes » qui s’ouvrira à de nouvelles formes d’écriture (notamment avec la revue de Jean-Baptiste Gendarme, Décapage), elle n’est pas encore en ligne.

ChG

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>> la collection Urban stories reprend les codes des séries TV et des films d’aujourd’hui pour conter les vies de personnages drôles, désespérés ou extravagants, face à la brutalité de la vie et du chaos urbain.

Le dernier paquet par Dhöo vous fait partager les tribulations de Borrow, un individu qui devient un héros de son quotidien parce qu’un jour, il décide d’arrêter de fumer et d’entamer… son dernier paquet. De prises de positions en prises de paroles, de rencontres étonnantes en expériences inattendues, Borrow découvre dans sa quête bien plus qu’un simple renoncement…

Les derniers jours de David Carradine (fiction) par Thibault Lang-Willar : Le 4 juin 2009, les médias du monde entier relayaient la mort mystérieuse de David Carradine dans une chambre d’hôtel de Bangkok, alors qu’il participait au tournage du film Stretch. Suicide ? Accident « auto-érotique » ? Le doute subsiste mais a inspiré bien des théories, dont celle de Thibault Lang-Willar qui a imaginé les derniers jours du célèbre acteur de Kung Fu, inoubliable héros de Kill Bill.

Un clown imaginaire par Aude Walker – Dans ce texte, Stephen Glover (Steve O’ de Jackass), le clown le plus déjanté de l’Amérique, raconte son existence de trublion cathodique, au credo aussi radical que lui même : Dead or Famous.

>> la collection TeenSpirit propose aux ados et aux post-ados des histoires qui leurs correspondent.

Real TV par Hieronymus Donnovan : Sur fond nineties hyper-réaliste, Hieronymus Donnovan joue avec les codes du genre cinématographique, basculant avec aisance du teen movie boutonneux au film d’horreur apocalyptique. Ce texte plaira également aux amateurs de Terreur et de Fantastique.

Pour plus d’informations sur l’auteur, sachez qu’il a tenu ces dernières semaines sur le site ActuaLitté une tribune (sous forme de feuilleton) sur le livre numérique. Lire également son entretien sur L’Express.fr.

>> Dans la grande tradition du roman feuilleton, la collection Novellas nous plonge dans la vie de personnages d’aujourd’hui, aux destins surprenants.

La grande fugue par Fanny Chesnel : La petite Anaïs a disparu en pleine nuit. Sa mère Solenne a huit épisodes pour la retrouver.

Métamorphoses par André Delauré : « Ce livre est drôle, plein d’énergie. L’auteur invente des scènes de vie quotidienne très réelles. Il les emmêle, les mixe, les triture. Il détaille les personnages et nous n’avons qu’une envie, un peu voyeur, connaître la suite.[...] André Delauré nous raconte ses histoires qui changent et qui mutent et ce, en 25 épisodes. » IDBOOX

L’échappé par Laurent Barbot : Quels sont les rapports entre le Tour de France, les fantasmes d’un gardien de parking souterrain et une femme dans une voiture ? Sept épisodes pour le savoir.

>> la collection Érotisme : Aventures sensuelles et exaltantes avec style, précision et imagination

Le huitième ciel après le septième par Irène Frain : En Inde, dans les années 40, aux confins du désert. La guerre vient de dévaster une petite cité caravanière. Seule une maison close de grande renommée, le Moti Mahal, est restée ouverte. Derrière ses moucharabiehs, la tenancière et sa mère espèrent encore. Pourtant, plus un seul client. Et seulement deux filles. L’intenable Putli, et Mira, qui ne connaît rien du métier. Au fil des jours et de l’ennui, un jeu pervers commence. Jusqu’au matin où, enfin! un habitué déboule des dunes et des rocailles. La donne change. Mais sur cet échiquier brûlant, le plus fort n’est pas nécessairement celui qu’on croit…

22 décembre 2010

Le Vaisseau ardent de Jean-Claude Marguerite : l’intégrale

Filed under: + Conseils de lecture — Mots-clefs :, , , , , , — Christophe @ 09:29

De l’Égypte prépharaonique à l’Amérique contemporaine, en passant par l’âge d’or des Caraïbes et les glaces du Groenland, Le Vaisseau ardent de Jean-Claude Marguerite (plus de 1200 pages dans sa version papier) vous embarquera pour la plus grande chasse au trésor jamais contée. Mais quelle est la nature réelle du trésor ? Vous le saurez en téléchargeant la version intégrale du Vaisseau ardent en numérique !

Mi-novembre, Denoël a commencé à mettre en ligne tous les 10 jours un épisode du roman de piraterie et d’aventures de Jean-Claude Marguerite, Le Vaisseau ardent (coll. Lunes d’encre). Le 4ème et dernier épisode ayant été intégré au catalogue ePagine ainsi que celui des libraires partenaires il y a quinze jours maintenant, il ne restait plus à l’éditeur qu’à proposer ce roman dans son intégralité (en un seul fichier). C’est fait depuis hier.

Yougoslavie, fin des années cinquante. Dans un petit port de l’Adriatique, Anton et Jak, dix et onze ans, assouvissent leurs rêves de piraterie en volant des bijoux, de l’argent et des instruments de navigation sur les bateaux qu’ils astiquent pendant le jour – tout un butin qu’ils entreposent dans une cave laissée à l’abandon.
Alors qu’ils doivent cesser leurs cambriolages, car pêcheurs et miliciens recherchent activement les voleurs du port, les deux garçons font la connaissance d’un ivrogne. En échange d’alcool, le vieil homme leur raconte l’épopée du Pirate Sans Nom, un forban hors du commun qui aurait disparu sans laisser de trace, tout en emportant avec lui son trésor, le plus fabuleux de l’histoire de la piraterie.
Pour Anton, ce qui n’est sans doute qu’une légende va devenir sa principale raison de vivre. Devenu un pirate des temps modernes, un pilleur d’épaves, sa quête le mènera aux quatre coins de la planète, et il découvrira que derrière l’énigme du Pirate Sans Nom s’en cache une autre, bien plus ancienne, celle du Vaisseau ardent.

Si vous avez besoin de faire un test avant d’acheter, les 20 premières pages sont à feuilleter en ligne et/ou à télécharger. Chaque épisode acheté individuellement est au prix de 5 euros. Le livre complet, qui peut être téléchargé et lu sur votre ordinateur, votre Bookeen, votre Sony, votre iPad ou votre iPhone, est à 20 euros en pdf et en epub et non à 24 euros comme annoncé sur ePagine ce matin ; les internautes trouveront sans doute ça un peu cher, surtout que cet ebook est proposé avec DRM Adobe.

Ci-dessous la bande annonce du livre (j’apprends par l’auteur himself que celle-ci est actuellement dans le top 5 de Liwreo.com). Si, par ailleurs, vous souhaitez poursuivre l’aventure en compagnie du Pirate Sans Nom, visitez le site de l’auteur et suivez-le également sur Twitter.

Né en Normandie en 1955, Jean-Claude Marguerite commence sa première collaboration régulière avec la presse régionale alors qu’il est jeune lycéen. Écologiste, à 20 ans il publie un essai sur les méfaits du remembrement, Sauver le bocage. Il rejoint Ouest-France, puis signe ses reportages en indépendant, textes et photos, se spécialisant dans le domaine du cheval. Par défi, il entreprend des études de gestion et change de métier, passant de témoin à acteur en devenant le conseil en communication de plusieurs haras, puis crée sa propre agence généraliste. Cette activité l’incite à quitter la campagne normande pour Paris, en qualité de concepteur-rédacteur free-lance. Très vite, il préfère abandonner le monde de la publicité pour celui de l’édition, et se fait graphiste, maquettiste, responsable technique… Habitant en Île-de-France, il enseigne la P.A.O. à Paris III. Parallèlement à l’écriture, il poursuit toujours son travail de photographe, où il alterne reportages sociaux et exploration de l’imaginaire. Le Vaisseau ardent est son premier roman, une histoire commencée sous forme d’un conte pour son fils Paul, alors âgé de 8 ans (il en a 26 aujourd’hui) et terminée pour ses deux filles, Miriam et Raquel, 9 et 8 ans.

Christophe Grossi

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