Le blog ePagine

Conseils de lecture, entretiens, actualité numérique :

le Livre-Avenir ne se fera pas sans les libraires.

9 janvier 2014

Interview d’Ayerdhal pour la sortie de « Bastards »

Le 6 janvier 2014, pour débuter une nouvelle année en fanfare, les éditions Au Diable Vauvert sortent une nouvelle pépite écrite par Ayerdhal : Bastards. Comme pour le précédent opus de l’auteur chez ce même éditeur, Rainbow Warriors, (lui sur 6 épisodes), la sortie numérique s’effectue ici sur 12 épisodes, s’étalant du 6 janvier au 6 février 2014. Là les deux premiers épisodes sont gratuits. Ce qui permet de se faire une très bonne idée du genre et de la manière d’écrire de l’auteur. Pour marquer cette sortie, nous avons interviewé Ayerdhal.

 

Entretien avec AYERDHAL

eP : Le premier épisode de Bastards est sorti ce 6 janvier. Peux-tu nous faire le pitch en quelques lignes (de ton cru) et nous donner le genre dans lequel s’inscrit Bastard ? S’il est pertinent de vouloir mettre une étiquette sur cette nouvelle parution, bien entendu.
Ayerdhal : Alexander Byrd ne parvient plus à écrire depuis qu’il a été récompensé par le prix Pulitzer. Colum McCann l’incite à arpenter New York en inventant mentalement des vies pour les inconnus qu’il croise et à lier ces vies autour d’un fait divers peu banal : une très vieille dame, non identifiée, qui a occis trois agresseurs avec un outil de jardin et l’aide d’un chat. Sur les traces de celle que les médias surnomment Cat-Oldie, Alexander arpente les cimetières du Queens en rollers avec, dans sa capuche, Folksy, son propre chat ou, plutôt, le chat qui le possède. Dans sa quête de l’inspiration, il cherche aussi conseil auprès de Paul Auster, Norman Spinrad, Jerome Charyn, Toni Morrison, Michael Chabon, Siri Hustvedt… C’est finalement sur la tombe d’Houdini qu’il retrouve Cat-Oldie, dont il découvre qu’elle a connu l’illusionniste, comme elle a fréquenté des personnalités aussi fascinantes que Ian Fleming, Robert Capa ou John Steinbeck, au cours d’une vie si longue qu’elle pourrait bien être la doyenne de l’humanité et si mystérieuse que plusieurs services secrets n’ont eu de cesse tour à tour de l’employer et de la pourchasser.
Une étiquette… pas facile ! Thriller un brin déjanté ?

eP : La première publication numérique va se faire sous forme d’épisodes, 12 au total, qui sortiront du 6 janvier au 6 février. Les deux premiers épisodes sont gratuits, les suivants téléchargeables pour la modeste somme de 0,99 € chaque épisode. Y aura-t-il, comme il y a eu pour Rainbow Warriors, une édition numérique complète reprenant tous les épisodes ?
Ayerdhal : Oui, il y aura une version complète numérique et une version papier.

eP : C’est donc, te concernant au Diable Vauvert, la deuxième « prépublication » sous forme d’épisodes. Est-ce Ayerdhal qui tient à cette prépublication, l’éditeur Au Diable Vauvert ou une réflexion commune vous amenant à travailler ainsi ?
Ayerdhal : Le Diable m’a soufflé l’idée et nous avons poursuivi la réflexion ensemble.

eP : Comment a été écrit Bastards ? A-t-il été écrit et pensé en feuilleton ? Était-il déjà écrit et ensuite a été découpé, ou est-il écrit « en temps réel », comme l’a fait Pierre Bordage cet été ?
Ayerdhal : Ni l’un, ni l’autre. J’avais écrit un peu plus de 200 pages lorsque la Diablesse en chef m’a demandé un pitch, auquel j’ai joint quelques chapitres. En discutant, nous nous sommes aperçus que Bastards ferait une bonne série TV. De là à passer à l’acte, il n’y avait qu’à remodeler ce qui était déjà écrit et à calibrer l’ensemble sur le principe des séries américaines. Environ 50 min de lecture par épisode, avec une scène pré-générique, une histoire interne développant une méta-histoire plus complexe et un cliffhanger. Pour ce qui était déjà écrit, j’ai dû tout reprendre à zéro, ce qui m’a permis de choper le rythme et de poursuivre sur la lancée… bon, j’ai un petit peu dû aussi modifier mon scénario et les personnages originels.

eP : As-tu des retours sur les ventes numériques concernant Rainbow Warriors ?
Ayerdhal : En novembre, nous atteignions un total de 1690 téléchargements.

eP : Le sujet est assez étonnant venant d’un auteur prolifique comme toi : le manque d’inspiration. Pourquoi utiliser ce sujet en trame de fond ?
Ayerdhal : Le syndrome de la page blanche est moins une trame de fond qu’un point de départ. C’est un phénomène que beaucoup d’auteurs connaissent de très près et que certains événements peuvent rendre totalement handicapant. Ainsi, Jean Carrière a éprouvé les pires difficultés à se relever du prix Goncourt décerné à L’épervier de Maheux en 1972 (il a d’ailleurs écrit Le Prix d’un Goncourt en 1987 pour expliquer ce qui lui est arrivé et ce qu’il a ressenti). Pour des raisons d’ordre personnel, j’ai moi-même traversé une période inféconde de plusieurs années. J’ai eu envie de jouer avec.

eP : Cette prépublication se fait en numérique. Lis-tu toi-même en numérique ? Si oui, que lis-tu ?
Ayerdhal : Je lis majoritairement en numérique, sur liseuse ou sur tablette, voire même sur ordinateur en usant de Calibre. Il m’arrive souvent de transformer en epub les fichiers doc ou odt des copains qui me demandent une « première lecture » pour travailler dessus plus confortablement.

eP : Est-ce qu’un auteur très remarqué et reconnu comme toi doit publier des œuvres en papier et d’autres en numérique ? Le fais-tu pour toucher un lectorat plus large, par goût du jeu, parce que tu es sensible aux évolutions technologiques, etc ?
Ayerdhal : J’écris pour être lu. Même si j’aime les livres papier et que la maison en déborde, je ne m’attache pas au support quand je travaille. Or le papier comme le numérique ne sont que des supports. L’ouvrage n’existe que par son contenu, et celui-ci est œuvre de l’esprit, comme le rappelle le Code de la Propriété Intellectuelle.

 

Merci à Ayerdhal pour ces réponses, et bonne lecture à vous, amateurs de thrillers déjantés !

David Queffélec.

Pour accéder à Bastards, épisode par épisode, cliquez ici

11 septembre 2013

Chroniques des Ombres, le feuilleton de Pierre Bordage (mise à jour)

Mise à jour du 11 septembre 2013 : comme annoncé sur le site ActuaLitté, suite à un problème de santé de Pierre Bordage qui l’empêche de terminer son feuilleton dans les temps, sa maison d’édition vient de mettre à jour le calendrier de parution des prochains épisodes, à savoir : épisode 28 le 16 septembre ; épisode 29, le 18 ; épisode 30, le 20 ; épisode 31, le 23 ; épisode 32, le 25 ; épisode 33, le 27 ; épisode 34, le 30 ; épisode 35, le 2 octobre et épisode 36, le 4 octobre. Quant à l’intégrale, elle sera disponible dès le 7 octobre.

 

 

 

Du 24 juin au 13 septembre 4 octobre, les éditions Au diable vauvert et l’auteur des Derniers Hommes (paru en feuilleton numérique il y a trois été chez le même éditeur) et d’une quarantaine d’autres titres disponibles sur ePagine vous invitent tout l’été à suivre une aventure post-apocalyptique en 36 épisodes, Chroniques des ombres de Pierre Bordage. Trois épisodes paraîtront chaque semaine (lundi, mercredi et vendredi) jusqu’à parution de l’intégrale en papier et en numérique. Les épisodes 1 et 2 sont gratuits et disponibles sur tous les sites de ventes de livres numériques, les suivants à 0.49 €.

« Après la guerre nucléaire, une pollution mortifère a confiné une partie de la population mondiale dans des mégapoles équipées de purificateurs d’air. Les capitales sont regroupées en Cités Unifiées: la plus importante, NyLoPa, réunit New York, Londres et Paris. La sécurité est assurée par une armée suréquipée de super détectives, les fouineurs.

Soudain, dans toutes les villes et en quelques minutes, des centaines de meurtres sont perpétrés par d’invisibles assassins, les Ombres. On soupçonne la secte de la Fin des Temps d’en être à l’origine, mais l’enquête menée par les fouineurs va les plonger dans un enchevêtrement de complots et de luttes de pouvoir. Ils vont être entraînés hors des cités, dans le «pays vague», lieu de tous les dangers. »

Un grand feuilleton de SF en 36 épisodes à suivre en numérique cet été et cet automne puis à retrouver en librairie en septembre octobre. Pierre Bordage relève le défi des feuilletonistes du XIXe.

 

Pour accéder au premier épisode sur ePagine, cliquez ici !

10 septembre 2013

SILO de Hugh Howey (Actes Sud, coll. Exofictions) en cinq épisodes avant intégrale

 

« Dans un futur indéterminé, un groupe d’hommes et de femmes vit, depuis plusieurs générations, dans un immense silo creusé dans la terre, à l’abri d’une atmosphère devenue toxique. Seul un immense écran relayant les images filmées par des caméras les relie au monde extérieur. Lorsque cette société bannit l’un des siens, il est envoyé dehors, vers une mort certaine, et pourtant, tous sans exception vont, avant de mourir, nettoyer les capteurs des caméras. Pourquoi ? Dans un roman post-apocalyptique haletant qui ravira les lecteurs de Susanne Collins, Hugh Howey s’impose d’emblée comme l’un des auteurs les plus doués de sa génération. »

 

Après avoir été auto-édité aux États-Unis et vendu via Amazon US à plus de 500.000 exemplaires mais avant d’être adapté au cinéma, le roman de Hugh Howey, Wool, arrive en France (sous le titre SILO) grâce aux éditions Actes Sud qui profitent du lancement de ce titre pour inaugurer leur nouvelle collection de SF, « Exofictions ». Dystopique, post-apocalyptique, ce roman qui, avec sa noirceur, sa violence et son oppression, bouscule toutes les lois du genre, se découpe en cinq romans de longueurs très différentes. Respectueux du procédé d’écriture et de diffusion de l’auteur, Actes Sud, avant de le diffuser en papier dans les librairies, a choisi de profiter des outils numériques pour faire connaître SILO à la manière d’une série (cf. notre billet sur Borgen aux éditions Gaïa ou bien ce que font depuis longtemps Numeriklivres et Walrus avec certains de leurs titres). Un programme très simple et qui a fait ses preuves : toutes les semaines, le mercredi, un nouvel épisode est mis en ligne sur toutes les plateformes de téléchargement de livres numériques dont ePagine (le premier l’étant déjà, le deuxième le sera demain et le dernier sera disponible le 1er octobre) et le 2 octobre l’intégrale paraîtra conjointement en papier et en numérique (560 pages en tout, j’ignore le nombre de signes).

Préférant ne rien dévoiler, je peux néanmoins vous dire que ces cinq romans sombres qui au final n’en font qu’un savent tenir les lecteurs en haleine grâce à des personnages charismatiques et chahutés (c’est le moins qu’on puisse dire), un sens maîtrisé du suspense et une analyse trash d’un monde qui n’est peut-être pas si éloigné du nôtre (via des caméras qui ne sont que des écrans dirigés vers l’extérieur, ce qu’on appelle aujourd’hui actualité dans l’audiovisuel). Moi qui ne suis pas du tout spécialiste des littératures de l’imaginaire, j’avoue que j’ai accroché immédiatement à cette ambiance pourtant très pesante.

Chaque épisode (2.99 €) et l’intégrale (14.99 €) peuvent être lus sur liseuse, tablette, ordinateur et smartphone (la version imprimée a priori sera vendue 23 €). À noter aussi que la maison d’édition a privilégié ici le marquage (tatouage numérique ou watermarking) plutôt que les verrous (DRM Adobe) habituellement apposés sur sa production.

Quelques liens

► Retrouver SILO sur ePagine
► Lire l’interview traduite par TheSfReader sur e-Lire
► Lire l’interview de Hugh Howey sur ActuSF

SILO de Hugh Howey, traduit de l’anglais (États-Unis) par Yoann Gentric et Laure Manceau, éditions Actes Sud, 2013.

ChG

4 sept 2013

11 sept 2013

18 sept 2013

25 sept 2013

1er oct 2013

2 oct 2013

 

9 septembre 2013

Les 10 articles les plus consultés en août 2013 sur le blog ePagine

Numérîle 2013 : Michèle Fitamant (BDP du Finistère) et Gwen Catalá (publie.net)

Retour aujourd’hui sur les dix articles les plus consultés au mois d’août 2013 sur ce blog, un mois très creux dans ses trois premières semaines et qui s’est rapidement rempli au moment de l’arrivée massive des romans de la rentrée littéraire… On en parle justement dans les billets que vous trouverez dans la liste infra.

Je vous rappelle que tous les livres numériques cités sur ce blog sont au même prix partout (en France) et peuvent être téléchargés sur la librairie epagine.fr ainsi que sur les sites de vente des libraires partenaires de ePagine (liste à jour ici).

La photo du mois a été prise lors du salon international du livre insulaire à Ouessant où ePagine était invité dans le cadre de Numér’île (photo prise lors de la rencontre avec Michèle Fitamant (BDP du Finistère) et Gwen Catalá (publie.net) le 20 août : « Lecture numérique : nouveaux comportements ou nouveaux lecteurs ? »).

Bonne rentrée (ou sortie ou continuation) et chouettes lectures à tout-te-s.

ChG (photo et billet)

 

Les 10 billets les plus consultés sur ce blog | août 2013


 

 

1 ► Rentrée littéraire 2013 : des extraits à télécharger gratuitement
| billet du 22 août 2013
2 ► La rentrée de la Fantasy française
| billet du 25 août 2013
3 ► 19 Topo-guides numériques de Grande Randonnée à emporter partout cet été
| billet du 13 juillet 2013
4 ► Dernier billet avant la rentrée
| billet du 28 juillet 2013
5 ► Chroniques des Ombres de Pierre Bordage, le feuilleton numérique à suivre tout l’été
| billet du 25 juin 2013
6 ► La rentrée littéraire 2013 sur ePagine
| billets du 30 août 2013
7 ► ePagine invité à Numér’île (Salon du Livre Insulaire de Ouessant)
| billet du 18 août 2013
8 ► Sur la route (le rouleau original) de Jack Kerouac en numérique
| billet du 29 mai 2012
9 ► La Nouvelle Revue de Psychanalyse numérisée
| billet du 12 février 2013
10 ► L’Art de la thérapie de Irvin YALOM (éd. Galaade)
| billet du 9 avril 2013

 

28 août 2013

Adaptation de la saison 1 de la série Borgen par les éditions Gaïa

Emblématique de la réussite des séries scandinaves, la première saison de la série TV danoise créée par Adam Price et diffusée au Danemark en 2010, Borgen, a rencontré immédiatement un grand succès tant auprès du public que dans la presse (Prix Italia de la meilleure série 2010, Fipa d’or de la meilleure fiction 2011, Bafta de la meilleure série internationale 2012). En France, même triomphe lors de sa première diffusion sur ARTE en février 2012. Fidèle à son aînée, la saison 2 a continué moins d’un an plus tard à entraîner tambour battant les téléspectateurs dans les coulisses d’une démocratie d’aujourd’hui et l’intimité d’une femme au pouvoir. Si la série en est à sa troisième saison au Danemark, en France il va falloir attendre un peu avant de la découvrir (sauf si, comme Jean-Jacques Birgé, vous l’avez vue dans sa version danoise sous-titrée en anglais). Pour patienter, ARTE a commencé à rediffuser depuis quelques jours les deux saisons.

Une autre façon d’attendre la suite est de lire le roman de la saison 1 de la série danoise culte que les éditions Gaïa publient en feuilleton depuis le 25 juillet : pour rester dans l’esprit « série TV », le roman est dans un premier temps diffusé exclusivement en numérique et en sept épisodes (tous les quinze jours, le jeudi, jusqu’au 17 octobre) avant d’être proposé en un seul volume en papier au moment de la mise en ligne du dernier épisode, le 17 octobre, donc. Pour l’adaptation littéraire de Borgen, on a fait appel au scénariste Jesper Malmose, auteur lui aussi de séries TV danoises à succès mais également dramaturge, qui a travaillé en étroite collaboration avec l’auteur de la série, Adam Price. Borgen, Une femme prend le pouvoir est donc l’adaptation de la saison 1. Pour la traduction française, les éditions Gaïa ont sollicité Andréas Saint Bonnet, déjà traducteur de Morte la bête de Lotte & Søren Hammer chez Actes Sud, collection Actes noirs, de Maurice et Mahmoud de Jensen Flemming ou encore de Une vie de racontars (vol. 1) de Jorn Riel, tous deux publiés aux éditions Gaïa.

Chaque épisode est vendu sur tous les sites de vente de livres numériques, dont ePagine, au prix unique de 2.49 €. La version complète imprimée (octobre 2013, 480 pages) sera proposée à 22 €, la version ePub coûtant, quant à elle, 17.43 € (7 épisodes x 2.49€).

Ci-dessous, retrouvez quelques infos sur la première saison de l’adaptation, les dates de mise en ligne, les liens utiles ainsi qu’une présentation des personnages.

Borgen, Saison 1 : Une femme au pouvoir
roman de Jesper Malmose traduit du danois par Andréas Saint Bonnet, Gaïa Éditions

Birgitte Nyborg défend avec ardeur ses convictions politiques en tant que chef du parti centriste danois. Le jour où elle accède au pouvoir, sa vie bascule. Devenue Premier ministre elle fait son entrée à Borgen, « le château », où siège le Parlement danois. Soutenue par mari et enfants, elle est une femme épanouie et dont le caractère bien trempé a fait sa réputation tant auprès de ses adversaires que de son audacieux spin doctor. Saura-t-elle tout mener de front ? Contracter les bonnes alliances ? De compromis en compromissions, jusqu’où exercer le pouvoir ? Avec une tension permanente, Jesper Malmose dresse le tableau d’un Danemark en proie aux questions contemporaines, et approfondit sans complaisance la question des relations entre politique et médias.

Dates de mise en ligne :

Jeudi 25 juillet : épisode 1
Jeudi 8 août : épisode 2
Jeudi 22 août : épisode 3
Jeudi 5 septembre : épisode 4
Jeudi 19 septembre : épisode 5
Jeudi 3 octobre : épisode 6
Jeudi 17 octobre : épisode 7 et parution simultanée de la version intégrale en papier

Autres liens utiles :

• Site des éditions Gaïa
Catalogue numérique des éditions Gaïa sur ePagine
• Entretien avec Adam Price, le créateur de la série
• Focus : Les séries politiques : entre fiction et réalité
• Du 23 août au 27 septembre, ARTE rediffuse tous les vendredis soirs les deux premières saisons (saison 1 & saison 2)
• (Re)voir les saisons 1 & 2 de Borgen sur ARTE+7
• Les saisons 1 et 2 de Borgen sont également disponibles en coffret de 4 DVDs
• La saison 3 sera diffusée sur ARTE en octobre 2013

ChG

 

16 août 2013

Les 10 articles les plus consultés en juillet 2013 sur le blog ePagine

Cliquez sur cette image si vous souhaitez l'agrandir.

Avant de reprendre le chemin de l’école (dernières lectures, rentrée littéraire, nouveautés en tous genres, opérations commerciales,…), retour aujourd’hui sur les dix articles les plus consultés au mois de juillet 2013 sur ce blog, un mois très riche aux propositions éclectiques qui ont été bien suivies malgré l’heure d’été, la farniente, la déconnexion, les grillades, le monde du bout du monde.

Je vous rappelle que tous les livres numériques cités sur ce blog sont au même prix partout (en France) et peuvent être téléchargés sur la librairie epagine.fr ainsi que sur les sites de vente des libraires partenaires de ePagine (liste à jour ici).

La photo du mois a été prise Place Aimé Césaire (inaugurée très récemment) à Montreuil (Aimé Césaire, le poète et le militant).

À noter que ces lundi et mardi, la librairie ePagine sera l’une des invités de Numér’île, le salon international du livre insulaire à Ouessant qui démarre aujourd’hui, et interviendra notamment lors de la table ronde organisée mardi matin autour de la lecture numérique. Je ferai un court billet de présentation ce dimanche. D’ici là, portez-vous bien, un grand merci pour votre soutien, vos relais, vos messages et une bonne fin d’été à tout-te-s.

ChG (photo et billet)

 

Les 10 billets les plus consultés sur ce blog | juillet 2013


 

 

1 ► Le Tour de France 2013 : cinq nouvelles policières inédites chez 12-21
| billet du 3 juillet 2013
2 ► Jusqu’au 21 août, osez le bronzage intégral avec Bragelonne et Milady Romance
| billet du 17 juillet 2013
3 ► 19 Topo-guides numériques de Grande Randonnée à emporter partout cet été
| billet du 13 juillet 2013
4 ► 9 Destinations Polar avec publie.noir jusqu’au 25 août
| billet du 21 juillet 2013
5 ► Chroniques des Ombres de Pierre Bordage, le feuilleton numérique à suivre tout l’été
| billet du 25 juin 2013
6 ► Rainbow Warriors de AYERDHAL (Au diable Vauvert)
| billets du 11 mars 2013 et du 15 mars 2013
7 ► Philippe Rey : 10 ans d’édition, 10 titres à prix réduits + extrait de Enrico Remmert
| billet du 19 juillet 2013
8 ► Éditions Métailié : un été très noir à petits prix et programme de rentrée
| billet du 26 juillet 2013
9 ► ePagine publications numériques vous offre César Capéran de Louis Codet
| billet du 7 juillet 2013
10 ► Le bel été de Christian Bourgois éditeur : promos & nouvelles à lire en ligne
| billet du 24 juillet 2013

 

 

28 juillet 2013

Dernier billet avant la rentrée

Dans ce dernier billet avant la rentrée vous trouverez quelques conseils de lecture au cas où vous seriez en panne, les dernières mises en avant, promos et feuilletons proposés par les maisons d’édition, la liste des livres offerts en permanence sur ePagine et quelques liens vers des extraits de romans qui paraîtront dès le 21 août mais que vous pouvez télécharger en avant-première.

Le site ePagine reste bien entendu ouvert tout le mois d’août même si je n’animerai plus pendant deux bonnes semaines le site, le blog et les réseaux sociaux. Retour ici même après le 15 août. En attendant, où que vous soyez, quoi que vous fassiez, gardez les yeux ouverts pour le lirécrire ! ChG

 

 

1. Conseils de lecture

• Les titres recommandés par ePagine ces derniers mois [cliquez ici]
• Un tour du côté de la création numérique [cliquez ici]
• Quelques BD digitales [cliquez ici]
• En route vers les littératures de l’imaginaire (SF, Fantasy, Bit-lit…) [cliquez ici]

 

 

2. Promos, mises en avant et feuilletons d’été

JUILLET 2013

Philippe Rey a 10 ans : 10 titres à 4.99 €
jusqu’au 31 juillet 2013 [lire notre billet]
3 polars à prix Hamy
jusqu’au 31 juillet 2013 [lire notre billet]
23 titres chez Christian Bourgois éditeur à 11.99 €
jusqu’au 31 juillet 2013 [lire notre billet]

AOÛT 2013

28 albums à 2.99 €
jusqu’au 4 août 2013 [lire notre billet]
Pour ses 25 ans d’édition, Omnibus propose 76 Maigret à prix réduit
jusqu’au 19 août 2013
Les Intégrales Bragelonne & Milady Romance
jusqu’au 21 août 2013 [lire notre billet]
9 Destinations Polar avec publie.noir
jusqu’au 25 août 2013 [lire notre billet]
11 romans noirs chez Métailié à 9.99 €
jusqu’au 31 août 2013 [lire notre billet]
Pour l’achat de 2 titres de la collection PAVILLONS POCHE, Robert Laffont vous offre un roman [lire notre billet]
jusqu’au 31 août [cliquez ici pour accéder au catalogue complet] [cliquez là pour connaître les conditions de l’offre]

SEPTEMBRE 2013

Chroniques des ombres de Pierre Bordage
jusqu’au 13 septembre 2013 [lire notre billet]

OCTOBRE 2013

L’adaptation de la saison 1 de la série Borgen par les éditions Gaïa
jusqu’au 17 octobre 2013 [lire notre billet]

 

 

3. ePagine publications numériques

Livres numériques offerts en permanence sur ePagine : [lire notre billet]

César Capéran de Louis Codet
Quelques pas de solitude de Pascal Dessaint
L’homme en proie aux enfants de Albert Thierry
L’homme qui plantait des arbres de Jean Giono
Les dimanches de Jean Dézert de Jean de la Ville de Mirmont

 

 

4. Rentrée littéraire 2013

► Toute la pré-rentrée littéraire en un clic

► Extraits de la rentrée à télécharger gratuitement :

Julliard
La Martinière Jeunesse
Métailié
Nil éditions
Robert Laffont

9 juillet 2013

Les 10 articles les plus consultés en juin 2013 sur le blog ePagine

Retour aujourd’hui sur les dix articles les plus consultés le mois dernier sur ce blog. À l’approche des vacances d’été, des billets plus anciens ont à nouveau été plébiscités, notamment ceux sur les guides de randonnées. Quant à l’actualité, ce sont surtout les 440 premiers titres de la collection Que sais-je ? et l’arrivée de l’excellente maison d’édition Moyen Courrier spécialisée dans les documentaires littéraires qui ont le plus intéressé les internautes. À noter que deux autres billets (ne figurant pas dans cette liste) ont été largement lus et relayés par les amateurs de littératures de l’imaginaire ; ils concernent deux mises en avant de qualité qui ont été lancées en juin et ont pris fin dans les derniers jours du mois : La Décade de l’Imaginaire avec L’Atalante (un vrai succès) et la collection ArchéoSF qui fêtait ses deux ans. Vous trouverez les liens des dix billets du mois dans la liste ci-dessous.

Je vous rappelle que tous les livres numériques cités sur ce blog sont au même prix partout (en France) et peuvent être téléchargés sur la librairie epagine.fr ainsi que sur les sites de vente des libraires partenaires de ePagine (liste à jour ici).

La photo du mois a été prise cité de l’ameublement, Paris 11e.

Un grand merci pour votre soutien et vos relais. Et bonnes lectures à tou-te-s.

ChG (photo et billet)

 

Les 10 billets les plus consultés sur ce blog | juin 2013


 

 

1 ► liste des éditeurs par distributeur et diffuseur
| mise à jour du 25 janvier 2013
2 ► 18 Topo-guides numériques de Grande Randonnée
| billet du 23 juillet 2012
3 ► 400 titres de la collection Que sais-je ? en numérique
| billet du 22 juin 2013
4 ► Rencontres nationales de la librairie 2013 : LiA s’entretient avec Stéphane Michalon
| billet du 1er juin 2013
5 ► Les 3 premiers documentaires littéraires de Moyen-Courrier en numérique
| billet du 7 juin 2013
6 ► L’Art de la thérapie de Irvin Yalom (éd. Galaade)
| billet du 9 avril 2013
7 ► Liste des librairies affiliées et partenaires d’ePagine
| mise à jour du 20 avril 2013
8 ► Rainbow Warriors de AYERDHAL (Au diable Vauvert)
| billets du 11 mars 2013 et du 15 mars 2013
9 ► Fantôme, la 9e enquête de Harry Hole, par Jo Nesbø (série noire)
| billet du 22 avril 2013
10 ► Chroniques des Ombres de Pierre Bordage, le feuilleton numérique à suivre tout l’été
| billet du 25 juin 2013

 

15 mars 2013

Rainbow Warriors de AYERDHAL, épisode 1 offert

Ainsi donc, comme je vous le signalais en début de semaine, voici le premier épisode de Rainbow Warriors, écrit par Ayerdhal.

Cet épisode, premier d’une série de huit, vous permettra de débuter une lecture qui vous mènera jusqu’au 2 mai. En effet, les éditions Au diable Vauvert publieront un épisode numérique par semaine. Ce premier étant gratuit, les 7 autres seront vendu au prix de 0,99 € pièce. Idéal donc pour découvrir la plume d’Ayerdhal, qui nous offre ici un joyeux thriller politique.

Ce premier épisode, comme à chaque fois avec Ayerdhal, démarrant sur les chapeaux de roue, nous permet de faire connaissance avec Geoffrey Henry Tyler, ancien colonel de l’armée américaine, mis d’office à la retraite par le bureau ovale. Cet ancien haut gradé est placé à la tête d’une armée de LGBT (Lesbian, Gay, Bi, Trans), en vue de faire tomber le régime de la République démocratique du Mambesi. Dès les premières lignes son portrait est dressé, et ceci d’une manière ciselée mais efficace, avec tout l’humour incisif dont est coutumier l’auteur. On découvre également certains de ses collaborateurs dont on assiste au recrutement. Ayerdhal cisèle ses personnages qui eux tranchent à la machette dans les idées reçues et la politique internationale.

Pour télécharger le premier épisode, cliquez ici.

Le second épisode sortira le jeudi 21 mars.

Ayerdhal sera aussi présent au salon du livre de Paris, sur le stand des éditions Au diable Vauvert (S65) et sur celui des éditions ActuSF (H57). Ne manquez pas d’aller lui dire tout le bien que vous pensez de ce premier épisode !

David Queffélec.

 

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En résumé, Rainbow Warriors c’est :

► une sortie papier le 21 mars

► en numérique, une mise en ligne chaque jeudi dès le 14 mars :

Rainbow Warriors épisode 1, 14 mars 2013, vendu 0,00 €
Rainbow Warriors épisode 2, 21 mars 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors épisode 3, 28 mars 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors épisode 4, 4 avril 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors épisode 5, 11 avril 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors épisode 6, 18 avril 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors épisode 7, 25 avril 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors épisode 8, 2 mai 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors version complète, 2 mai 2013, vendue 7,99 €

11 mars 2013

Parution de Rainbow Warriors d’Ayerdhal en 8 épisodes (Au diable Vauvert)

Ayerdhal sort enfin un nouveau roman aux éditions Au Diable Vauvert. Mais qui est Ayerdhal ? Il est d’abord un des plus grands auteurs français de science-fiction. Auteur de plus de 20 romans du genre (2 titres pour l’heure en numérique), il a par exemple commis l’excellent Demain une Oasis, réédité en 2006 Au Diable et récompensé par le Grand Prix de l’Imaginaire en 1993. Mais Ayerdhal, c’est aussi l’auteur de thrillers, et Transparences en est, jusqu’à présent, sa plus belle production. Ainsi Ayerdhal a renoué avec le thriller politique en écrivant d’une main de maître un roman jubilatoire, Rainbow Warriors. Il sortira au format papier le 21 mars, soit pile-poil pour le Salon du Livre de Paris. La vie littéraire est bien faite, quand même. Voici la 4ème de couverture : « Mis à la retraite sur requête du bureau ovale, le général de division Geoff Tyler se voit proposé par l’ancien secrétaire général des Nations Unies de reprendre du collier à la tête d’une armée privée financée par des célébrités de toutes obédiences. Son objectif : renverser le dictateur d’un État africain, soutenir le gouvernement transitoire le temps de la rédaction d’une constitution démocratique, et permettre la tenue d’élections en bonne et due forme. Ses moyens : à lui de les définir, l’argent n’est pas un problème. Son effectif : un encadrement d’une centaine de professionnels et 10 000 soldats dont il faut parfaire la formation. Jusqu’ici tout va bien. Il y a toutefois un détail. Cette armée est presque exclusivement constituée de LGBT. Lesbian, Gay, Bi, Trans. »

Et en numérique, me direz-vous ? Pour le numérique, Le Diable renoue avec une pratique qu’il avait déjà initiée pour la sortie d’une réédition en numérique de l’ouvrage Les derniers Hommes de Pierre Bordage (pour rappel, cf. notre billet). Là, Rainbow Warriors sortira d’abord en 8 épisodes, au rythme d’un par semaine, à partir du 14 mars 2013. Et la version numérique complète le 2 mai 2013. Concernant le prix, là aussi Le Diable reprend la formule du Bordage, en mettant le premier épisode gratuit et les suivants à 0,99 €. Nous espérons que cette formule fonctionnera pour l’ouvrage d’Ayerdhal comme il a fonctionné pour celui de Pierre Bordage. En effet, en regardant les chiffres de téléchargement/ventes, il s’avère que le taux de transformation premier épisode gratuit vers second payant est de 10%, ce qui est un très bon ratio. Ensuite, toujours pour le Bordage, les ventes d’un épisode sur l’autre ont été constantes jusqu’au bout des 6 épisodes. Alors, pour résumer :

► une sortie papier le 21 mars

► en numérique, une mise en ligne dès le 14 mars :

Rainbow Warriors épisode 1, 14 mars 2013, vendu 0,00 €
Rainbow Warriors épisode 2, 21 mars 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors épisode 3, 28 mars 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors épisode 4, 4 avril 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors épisode 5, 11 avril 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors épisode 6, 18 avril 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors épisode 7, 25 avril 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors épisode 8, 2 mai 2013, vendu 0,99 €
Rainbow Warriors version complète, 2 mai 2013, vendue 7,99 €

Bien entendu, ces épisodes et l’ouvrage complet seront disponibles depuis la librairie ePagine, dès la sortie officielle du premier épisode gratuit. Souhaitons à Rainbow Warriors un bon vent, la réussite qu’il mérite et aux lecteurs d’ePagine une lecture jubilatoire et subversive !

David Queffélec

26 février 2011

2 textes 100 % numérique d’André Delauré

Cinq textes d’André Delauré figurent désormais au catalogue numérique ePagine. Si ses trois polars parus dans la collection « suspense » de Calmann-Lévy (Assourdissants silences, Mortelles connivences t.1 ; la banquière et Mortelles connivences, t2 : Les sous-traitants) ont été numérisés par cet éditeur à l’automne dernier, voici que débarquent coup sur coup deux textes 100 % numérique. Le premier a été écrit sous forme d’un feuilleton littéraire en 25 épisodes ; mordant, drôle et bien enlevé, Métamorphoses fait se croiser un directeur général de l’industrie pharmaco-médicale aux pratiques douteuses ; une ex-danseuse du Moulin-Rouge devenue présidente de société ; sa fille, jeune héritière richissime qui a pris la poudre d’escampette ; un chômeur entre deux âges qui gamberge un plan fumeux et une jeune artiste peintre désargentée qui sera chargée d’usurper l’identité de la jeune héritière. Changement de décor avec Fracture mentale propulsé par Numerik:)ivres qui met en scène un schizophrène, tueur  en série d’enfants. Notez que ce polar très très noir contient des scènes si cruelles qu’elles pourront heurter la sensibilité de certains d’entre vous. Dès à présent, je vous propose de découvrir les deux univers de cet auteur « convaincu qu’une nouvelle aire de lecture est en train de voir le jour avec la numérisation des textes et persuadé que l’innovation ne connaîtra le succès qu’à condition de voir les auteurs professionnels confier leurs textes aux éditeurs prenant le risque d’investir sur ce créneau de création ». Ces deux ebooks sont disponibles en ePub sur ePagine, sans DRM. Des extraits plus longs de ces deux textes peuvent être feuilletés en ligne et/ou téléchargés gratuitement en cliquant sur les liens ou les couvertures. Belles découvertes et bon week-end !

ChG

Extrait de « Corruption », premier épisode de Métamorphoses
StoryLab, 2011

à télécharger sur epagine.fr

Je vais te raconter une histoire.
Écoute, un hélicoptère approche. Tu l’entends ?
Imagine un parc paysager sur lequel sont élevés deux bâtiments indus­­triels d’acier et verre bien entretenus. En façade du plus imposant, tu peux lire le nom de l’entreprise : Laboratoires Sanipharma.
Au-dessus des arbres, arrive l’hélico, style haut de gamme pour businessmen opulents. Tu vois le genre.
Patrick Juvancourt, la cinquantaine séduisante, raffinée, habillé sur mesure, flanqué de deux collaborateurs en blouse blanche, franchit le seuil de l’immeuble principal.
Le trio va vers la pelouse tondue au rasoir.
Virant sur lui-même, l’hélico amorce son atterrissage.
Le tournoiement des pales échevelle les trois hommes.
Couverts par le tintamarre, ils se disent quelque chose que tu n’entends pas, mais qui les fait rire.
Le ventilateur s’arrête de tourner. La triplette approche de l’engin où le pilote effectue les contrôles d’usage.
Un premier garde du corps géant à turban et à mine patibulaire descend de l’appareil.
Un très petit homme sévère, à grosses lunettes noires, apparaît. C’est le sous-secrétaire d’État d’une nation qu’il est préférable de ne pas nommer.
Le premier garde l’aide à descendre en se mettant à plat ventre sur le sol pour servir, avec son dos, d’ultime degré au marchepied trop élevé. Tu réalises la vastitude, comme dit l’épouse de mon beau-frère, des échelons sociaux dans le pays d’origine !
Juvancourt et les siens manifestent un étonnement gêné.
Dès que le despote touche le sol, le premier garde se redresse avec une rapidité foudroyante pour se flanquer au côté droit du patron. Un deuxième garde du corps géant, sans turban mais à mine tout aussi patibulaire, se poste au flanc gauche.
Une vague appréhension a gommé les sourires sur les visages du comité d’accueil.
Juvancourt se porte au devant de son visiteur. Ils échangent quelques mots en se serrant la main. Le quasi-ministre reste très froid, son hôte recouvre un embryon de sourire.
Les six hommes se dirigent vers les constructions. Le tyran au petit pied marche si rapidement que les autres ont du mal à le suivre.
Bientôt, le groupe passe le sas d’entrée du siège social où sont affichées les nombreuses plaques d’identification des différents services.
Tous traversent le hall au pas de course.
Ils montent dans l’ascenseur.
Et, là, tu vois un tableau saisissant.
Les malabars, entourant leur chétif chef, se font les plus minces possible afin de ne pas l’écraser dans la cabine extrêmement exiguë pour leur masse.
La porte de l’ascenseur se referme. Tu ne peux pas t’empêcher de penser à une boîte de sardines.
Elle se rouvre à l’étage de la direction générale.
Le sous-secrétaire descend impétueusement le premier. Juvancourt veut sortir derrière lui, il est coincé illico entre les deux gardes géants qui se sont précipités sur les traces de leur boss. Sans ménagement, l’un des gorilles le repousse et lui passe devant. Son collègue réitère le même geste.
Les deux blouses blanches s’offusquent. Sans piper mot, je vais te dire ! D’une mimique, leur supérieur intime l’ordre de ne pas relever l’anicroche.
Le visiteur, impatient, se retourne pour attendre l’hôte qui, épanoui, vient vers lui et l’invite à s’engager plus avant dans le couloir.
Ils arrivent à la direction générale.
Juvancourt ouvre la porte du bureau, moderne et luxueux, puis s’efface afin de laisser passer le presque ministre. Lequel, tu le noteras, n’a toujours pas ôté ses lunettes noires.
Le groupe entre.
Un léger incident oppose le second garde géant et le plus grand des collaborateurs qui s’est approché de l’homme d’État, une main large comme une planche à hacher l’écarte rudement.
Juvancourt contourne son bureau et invite le voyageur à s’asseoir.
Ce qu’il fait.
Tu remarques que ses pieds ne touchent pas le sol.
Juvancourt s’assied. Ses subordonnés font de même.
Les gardes géants restent debout auprès de leur maître.
Étonnement du directeur général. Mais il n’insiste pas, se penche et ouvre un tiroir.
Réflexe immédiat, les défenseurs portent la main à l’aisselle, prêts à dégainer.
Impressionné, avec un sourire jaune, Juvancourt montre qu’il ne retire du tiroir qu’un petit flacon pharmaceutique.
Impassibles, les gorilles croisent les bras.
Juvancourt tend le flacon à l’invité.
Gymnastique au-dessus du bureau pour que leurs doigts se rejoignent car les bras du petit homme sont trop courts.
Le collaborateur le plus gras sert d’intermédiaire.
Le sous-secrétaire examine le flacon, très près de ses lunettes. Après une dizaine de secondes, sa voix sèche et aiguë cisaille le silence.
– Si je vous garantis la vente de trois cents millions de flacons la première année… Combien je touche ?
– Dix pour cent.
Le candidat acheteur éclate d’un rire acidulé.
– Hi, hi, hi, hi ! Les français ont beaucoup d’esprit !
Juvancourt s’étonne.
– Je vous assure que cela équivaut à vous verser une fortune, monsieur le sous-secrétaire d’État !
– Je ne veux pas ce qui équivaut à une fortune. Je veux la fortune. En Occident, ce médicament est totalement illégal, M. Juvancourt. Si vous le distribuez chez vous, vous allez en prison. Moi, je vous amène deux milliards de consommateurs potentiels… Mais c’est fifty-fifty.
Le directeur général est désagréablement surpris.
Il consulte une première blouse blanche du regard.
Elle a une mimique d’acquiescement.
Il consulte la seconde.
Elle n’a pas d’objection.
Il dévisage l’énigmatique petit homme durant une dizaine de secondes.
– Banco.
Le négociateur se crispe sur-le-champ.
Il enlève ses lunettes.
Des yeux métalliques et glacés regardent fixement le docteur en pharmacie corrompu et corrupteur.
– J’aurais dû demander plus ! rage-t-il avec une aigreur hilarante.
Pourtant, tu n’as pas envie de rire !
Quelle saleté il va nous répandre sur la planète ?

© André Delauré, Métamorphoses (StoryLab, 2011)

 

Extrait du premier chapitre de Fracture mentale
Numerik:)ivres, 2011

à télécharger sur epagine.fr

Spectacle ignoble, dans la pinède aux ombres fantasmagoriques d’une nuit à la lune disloquée par les cimes disparates, l’homme trapu, accoutré façon baroudeur, traîne derrière lui un garçon de sept ou huit ans attaché à une solide laisse aux mailles d’acier. Contrefait par la gibbosité de son sac à dos difforme, le barbare fait devancer d’un faisceau jaunâtre de lampe torche le pas pressé de ses jambes courtes.
Surcroît d’abjection, dissimulé en partie par de longs cheveux bruns et raides, l’enfant porte au cou le collier étrangleur des chiens féroces. Décharné, il flotte dans un mince tricot bleu roi aux manches interminables et un vaste pantalon de toile écrue que maintes chutes ont maculés. Sur la souillure terreuse de ses joues creuses, les larmes d’yeux sombres, si découragés, si soumis, ont dessiné des sillons asséchés. Le malheureux geint à chaque traction brutale de la chaîne qui par secousses impatientes ébranle sa frêle carcasse et menace de le faire choir à nouveau.
Par endroits, une palme de fougère géante lui irrite le visage ou bien il heurte l’un des pins qui se raréfient à l’approche de la plage dont la rumeur croissante des flots reste encore lointaine.
Sans son comportement horrible, la face ronde au sourire doux du bourreau inspirerait la confiance, la sympathie même ! En éveillant toutefois la curiosité car sa peau au teint laiteux, constellée d’éphélides, est imberbe, aussi glabre qu’un œuf, particularité inhabituelle à cette heure tardive chez un mâle vraisemblablement quarantenaire. Bien que ses traits reflétant une espèce d’éternelle impuberté ne permettent pas de lui attribuer un âge précis. Jusqu’à ses sourcils et ses cils qui sont pratiquement inexistants. Seule une demi-couronne blonde aux boucles chérubines s’accroche à l’arrière de son crâne par ailleurs parfaitement lisse.
Il esquisse une volte-face, sans cesser de trotter, et tire brutalement la laisse.
— Tu lambines, Désiré, tu lambines.
La voix – un unisson au timbre un peu trop aigu – est affectueuse, plaisante. Mais le brusque branle-bas des chaînons ne prête pas à contestation.
Pourtant, l’enfant objecte, mollement, sans espérance.
— Ça fait mal, Maître, ça fait mal…
— Cesse de gémir comme une fille.
— Si vous m’enlevez le collier, je peux marcher devant vous…
— Pour tenter de t’échapper, une fois de plus ? Je te l’ai dit. Cette nuit, j’ai impérativement besoin de toi, mon cœur… Plus que jamais.
— Je vous promets, je m’échapperai pas.
— Reformule.
— Je ne m’échapperai pas.
— Mais oui, je vais te croire. Prends-moi pour un idiot. Inattendu et cocasse, son rire tintinnabule entre de petits hoquets tandis que, d’un cruel soubresaut, il incruste les crocs de métal du collier dans la chair de sa victime.
— Aaaïïïïe !
Désiré sanglote.
Le maître rit de plus belle en poursuivant sa randonnée.
— Tu es vraiment une fillette, hein ? Allez, presse-toi. Il faut qu’on y soit avant que la marée remonte. PARLE-LUI DU TRÉSOR ! Je lui en ai déjà parlé. Ça ne sert à rien de rabâcher. T’ES VRAIMENT UN CRÉTIN ! T’AS PAS COMPRIS QU’Y A QUE ÇA QUI LE FAIT AVANCER, TRIPLE ANDOUILLE ! Papaaa, ne me traite pas de triple andouille… QU’EST-CE QUE T’ES D’AUTRE ? BOURRIQUE ! PARLE-LUI DU TRÉSOR ! Tu imagines tout ce que l’on fera lorsque nous aurons trouvé le trésor ?
— Je voudrais revoir maman.
— Sûr… Avec le magot que tu vas récolter, tu auras les moyens de lui faire rendre des comptes, à ta maman.
— Je m’achèterai une grosse voiture.
— C’est une sacrée bonne idée, ça.
— Pourquoi les Allemands, ils l’ont enterré si loin, leur trésor ?
— Ils n’allaient pas le camoufler sur la place du village. Et puis, ils avaient le feu au train, crois-moi. Ils ne tenaient pas à s’encombrer pour rentrer chez eux. C’est que c’est lourd, des lingots d’or. Ils se sont dit qu’ils reviendraient chercher ça plus tard, une fois la guerre finie. Ils ne se doutaient pas que le maréchal Leclerc les attendait au virage. Il les a tous exterminés, Leclerc. Tous. Un sacré guerrier.
— Comment vous savez qu’il est là, le trésor ? Pourquoi le maréchal, il leur a pas pris ?
— Reformule.
— Comment savez-vous qu’il est là, le trésor ? Pourquoi le maréchal, le… ne leur a-t-il… ne le leur a-t-il pas pris ? Aïe !
— Ce que tu es douillet… De tous les chiens que j’ai eus, il n’y en a pas un qui se plaignait autant que toi. Ils m’étaient toujours reconnaissants de les emmener en balade.
— Je ne suis pas un chien, moi.
— Oh ! si. Tu es même un de ces petits vicieux de chiens fugueurs qui se régalent de faire courir leur gentil maître, aux cent coups à l’idée de les perdre… Je ne supporterais pas de te perdre… Ça y est, on y est presque.
(…)

© André Delauré, Fracture mentale (Numerik:)ivres, 2011)

8 février 2011

8 titres de StoryLab sur ePagine

e-Diffuseur de livres numériques, développeur d’applications littéraires enrichies, StoryLab est également éditeur de livres numériques (romans courts, contes, nouvelles, essais, biographies…) et huit de ses titres viennent d’entrer au catalogue ePagine (un extrait de chacun de ces textes peut être téléchargé gratuitement et lu sur tout support ; il vous suffit de cliquer sur les liens infra).

La maison d’édition 100% numérique StoryLab est née du constat que de nouveaux usages tels que la mobilité, l’instantanéité, la rapidité pouvaient générer de nouveaux besoins et de nouveaux modes de consommation du livre en marge des courants littéraires traditionnels. Dès le départ, cette maison a donc fait le choix de donner leur chance à des auteurs qui privilégieraient des modes d’écriture permettant d’attirer des lecteurs via internet, les smartphones (iPhone, Android,…), les liseuses numériques (Kindle, Cybook de Bookeen…) ou les tablettes multimédia (iPad…).

Son catalogue est composé de six collections pour une vingtaine de titres en tout. Huit d’entre eux sont disponibles depuis hier sur ePagine. Proposées au format ePub à 3,99 € (sans DRM, avec marquage ePagine), toutes ces histoires inédites sont accessibles partout et à tout moment, enrichies d’extraits audiobook, de vidéos, de news littéraires, d’espaces communautaires… et peuvent être lues sur tous les supports actuels. StoryLab prépare également pour le second semestre 2011 (si j’en crois Le Magazine littéraire de décembre 2010) un feuilleton numérique écrit, mis en musique et en images par l’écrivain Alain Fleischer dont seul le texte Prolongations (coll. L’Infini chez Gallimard) figure pour l’instant au catalogue ePagine.

En attendant de lire ce que propose cette maison d’édition, voici une courte présentation (par collection) de leurs titres disponibles sur tous les sites des libraires-partenaires d’ePagine. Notez bien que les titres de la collection Moteur (en partenariat avec les éditions du Moteur) sont pour l’instant téléchargeables sur le site de StoryLab (bientôt sur ePagine également). Quant à la collection « Découvertes » qui s’ouvrira à de nouvelles formes d’écriture (notamment avec la revue de Jean-Baptiste Gendarme, Décapage), elle n’est pas encore en ligne.

ChG

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>> la collection Urban stories reprend les codes des séries TV et des films d’aujourd’hui pour conter les vies de personnages drôles, désespérés ou extravagants, face à la brutalité de la vie et du chaos urbain.

Le dernier paquet par Dhöo vous fait partager les tribulations de Borrow, un individu qui devient un héros de son quotidien parce qu’un jour, il décide d’arrêter de fumer et d’entamer… son dernier paquet. De prises de positions en prises de paroles, de rencontres étonnantes en expériences inattendues, Borrow découvre dans sa quête bien plus qu’un simple renoncement…

Les derniers jours de David Carradine (fiction) par Thibault Lang-Willar : Le 4 juin 2009, les médias du monde entier relayaient la mort mystérieuse de David Carradine dans une chambre d’hôtel de Bangkok, alors qu’il participait au tournage du film Stretch. Suicide ? Accident « auto-érotique » ? Le doute subsiste mais a inspiré bien des théories, dont celle de Thibault Lang-Willar qui a imaginé les derniers jours du célèbre acteur de Kung Fu, inoubliable héros de Kill Bill.

Un clown imaginaire par Aude Walker – Dans ce texte, Stephen Glover (Steve O’ de Jackass), le clown le plus déjanté de l’Amérique, raconte son existence de trublion cathodique, au credo aussi radical que lui même : Dead or Famous.

>> la collection TeenSpirit propose aux ados et aux post-ados des histoires qui leurs correspondent.

Real TV par Hieronymus Donnovan : Sur fond nineties hyper-réaliste, Hieronymus Donnovan joue avec les codes du genre cinématographique, basculant avec aisance du teen movie boutonneux au film d’horreur apocalyptique. Ce texte plaira également aux amateurs de Terreur et de Fantastique.

Pour plus d’informations sur l’auteur, sachez qu’il a tenu ces dernières semaines sur le site ActuaLitté une tribune (sous forme de feuilleton) sur le livre numérique. Lire également son entretien sur L’Express.fr.

>> Dans la grande tradition du roman feuilleton, la collection Novellas nous plonge dans la vie de personnages d’aujourd’hui, aux destins surprenants.

La grande fugue par Fanny Chesnel : La petite Anaïs a disparu en pleine nuit. Sa mère Solenne a huit épisodes pour la retrouver.

Métamorphoses par André Delauré : « Ce livre est drôle, plein d’énergie. L’auteur invente des scènes de vie quotidienne très réelles. Il les emmêle, les mixe, les triture. Il détaille les personnages et nous n’avons qu’une envie, un peu voyeur, connaître la suite.[...] André Delauré nous raconte ses histoires qui changent et qui mutent et ce, en 25 épisodes. » IDBOOX

L’échappé par Laurent Barbot : Quels sont les rapports entre le Tour de France, les fantasmes d’un gardien de parking souterrain et une femme dans une voiture ? Sept épisodes pour le savoir.

>> la collection Érotisme : Aventures sensuelles et exaltantes avec style, précision et imagination

Le huitième ciel après le septième par Irène Frain : En Inde, dans les années 40, aux confins du désert. La guerre vient de dévaster une petite cité caravanière. Seule une maison close de grande renommée, le Moti Mahal, est restée ouverte. Derrière ses moucharabiehs, la tenancière et sa mère espèrent encore. Pourtant, plus un seul client. Et seulement deux filles. L’intenable Putli, et Mira, qui ne connaît rien du métier. Au fil des jours et de l’ennui, un jeu pervers commence. Jusqu’au matin où, enfin! un habitué déboule des dunes et des rocailles. La donne change. Mais sur cet échiquier brûlant, le plus fort n’est pas nécessairement celui qu’on croit…

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