Le blog ePagine

Conseils de lecture, entretiens, actualité numérique :

le Livre-Avenir ne se fera pas sans les libraires.

7 octobre 2012

32 extraits gratuits de la rentrée littéraire chez 10 éditeurs dans un seul fichier

Fin juillet, Christian Bourgois éditeur et Anne-Marie Métailié mettaient simultanément à disposition sur les sites de vente livres numériques un fichier gratuit au format ePub qui contenait des extraits de leur rentrée littéraire (romans et polars français ou traduits (voir notre billet du 25 juillet). Début septembre, ce sont Gallimard, Seuil et Actes Sud qui faisaient de même (voir notre billet du 3 septembre). Ils ont ensuite été rejoints par les éditions Robert Laffont. Cette semaine, 10 éditeurs diffusés par Gallimard et le C.D.E ont choisi de se regrouper et d’offrir un dossier au format ePub dans lequel vous retrouverez les premiers chapitres de 32 titres de la rentrée littéraire 2012. Il s’agit de Au Diable Vauvert (3 titres), Balland (1 titre), Denoël (1 titre), Gallimard (11 titres), Joëlle Losfeld (1 titre), La Table Ronde (2 titres), Liana Levi (3 titres), Mercure de France (4 titres), P.O.L (4 titres) et Verdier (2 titres). Les prétendants au prix d’automne et les auteurs médiatisés français ou étrangers côtoient ici des écrivains moins connus ou débutants (Santiago H. Amigorena, Gwenaëlle Aubry, Sebastian Barry, Aurélien Bellanger, Tahar Ben Jelloun, François Cusset, Philippe Djian, Tristan Garcia, Pierre Jourde, Leslie Kaplan, Andy Mulligan, Alessandro Piperno, Nicolas Rey, Mathieu Riboulet, par exemple).

J’ai téléchargé ce fichier sans DRM et l’ai lu sur iPad. Pour éviter les susceptibilités, l’ordre alphabétique par auteur a été privilégié. La table des matières permet néanmoins de naviguer à sa guise dans ce fichier qui contiendrait presque 600 pages s’il avait été imprimé. Chaque premier chapitre est précédé d’une présentation de l’auteur (avec photo) et d’un résumé.

Le fichier d’extraits gratuits et les 32 titres sont téléchargeables sur tous les sites de vente de livres numériques, notamment sur ePagine ainsi que chez les libraires partenaires (liste ici). Ci-dessous la liste des 32 auteurs et de leur roman. Si vous cliquez sur l’un des liens, vous pourrez consulter la fiche, télécharger gratuitement un extrait ou acheter le titre sélectionné.

• Santiago H. Amigorena – La Première Défaite – P.O.L
• Clélia Anfray – Le coursier de Valenciennes – Gallimard
• Gwenaëlle Aubry – Partages – Mercure de France
• Silvia Avallone – Le Lynx – Liana Levi
• Sophie Avon – Les amoureux – Mercure de France
• Sebastian Barry – Du côté de Canaan – Éditions Joëlle Losfeld
• Aurélien Bellanger – La théorie de l’information – Gallimard
• Tahar Ben Jelloun – Le bonheur conjugal – Gallimard
• Viken Berberian – Le cycliste – Au Diable Vauvert
• Alain Blottière – Rêveurs – Gallimard
• Lucile Bordes – Je suis la marquise de Carabas – Liana Levi
• Olivier Bouillère – Le Poivre – P.O.L
• François Cusset – A l’abri du déclin du monde – P.O.L
• Thierry Dancourt – Les ombres de Marge Finaly – Éditions de la Table Ronde
• Philippe Djian – « Oh… » Gallimard
• Tristan Garcia – Les cordelettes de Browser – Denoël
• Emmanuelle Guattari – La petite Borde – Mercure de France
• Fabienne Jacob – L’averse – Gallimard
• Pierre Jourde – Le Maréchal absolu – Gallimard
• Leslie Kaplan – Millefeuille – P.O.L
• Douna Loup – Les lignes de ta paume – Mercure de France
• Andy Mulligan – Trash – Balland
• Xavier Patier – Chaux Vive – Éditions de la Table Ronde
• Alessandro Piperno – Inséparables – Liana Levi
• Maria Pourchet – Avancer – Gallimard
• Nicolas Rey – L’amour est déclaré – Au Diable Vauvert
• Mathieu Riboulet – Les Œuvres de miséricorde – Verdier
• Régis de Sá Moreira – La vie – Au Diable Vauvert
• Anne Serre – Petite table, sois mise ! – Verdier
• Joy Sorman – Comme une bête – Gallimard
• Philippe Videlier – Dîner de gala – Gallimard
• Florian Zeller – La jouissance – Gallimard

3 septembre 2012

rentrée littéraire numérique 2012 : extraits gratuits

À la fin du mois de juillet, Christian Bourgois éditeur et Anne-Marie Métailié mettaient chacun en ligne un fichier contenant des extraits de leur rentrée littéraire à télécharger gratuitement, des romans et des polars disponibles depuis quelques jours en papier et en numérique (voir notre billet). Ils ont été rejoints depuis par trois autres maisons d’édition : Gallimard, Seuil et Actes Sud. Chacun propose de la même manière de découvrir leurs nouveautés en téléchargeant un fichier contenant les premières pages des romans et récits publiés en cette rentrée (parmi d’autres, Patrick Deville, François Bon ou Charly Delwart au Seuil ; Claro, Mathias Enard, Jérôme Ferrari, Laurent Gaudé ou Wajdi Mouawad chez Actes Sud ; Aurélien Bellanger, Alain Blottière, Philippe Djian, Pierre Jourde ou Joy Sorman chez Gallimard ; Elsa Osorio, Melinda Nadj Abonji, Olivier Truc ou Pascal Dibie chez Métailié ; Toni Morrison, Linda Lê ou Enrique Vila-Matas chez Christian Bourgois éditeur). Pour en savoir plus, consultez la page dédiée sur ePagine.

Autre très bonne idée et autre fichier à télécharger gratuitement que vous trouverez sur cette même page : proposé par les éditions Robert Lafont, Genèse d’un roman de Pit Agarmen accompagne la sortie de son roman, La nuit a dévoré le monde (déjà disponible, marquage sans DRM). Ici, pas de premières pages mais des extraits du blog de l’auteur tous consacrés à la genèse de son roman (réflexion sur la création et la solitude, les ruses à opposer aux catastrophes et à nos démons, invitation à recréer le monde chaque jour…). Une proposition à retenir.

Toujours sur cette page, nous avons sélectionné Zombies Nazis en Sibérie, le premier tome de la série déjantée Jésus contre Hitler de Neil Jomunsi (éditions Walrus). On est ici en Sibérie à la fin des années 60. Grâce à la magie noire, Adolf Hitler est de retour. Plus dément que jamais, il va chercher à ressusciter le plus de cadavres possibles et constituer une armée de zombies nazis invincibles mais Jésus en personne (ici appelé John J. Christ), chef de l’Agence B, et son coéquipier (David Goldstein) vont tenter de déjouer ses plans démoniaques. Ce titre peut lui aussi être découvert gratuitement.

Dernier titre à découvrir gratuitement et autre teasing : c’est Nathan qui s’y colle cette fois avec Never sky de Veronica Rossi. Déjà paru aux USA et disponible sur ePagine depuis avril dans sa version originale (Under the Nevrs sky, Little Brown Book Group Digital, 5 € avec DRM), la maison d’édition vous propose en avant-première de lire la traduction de l’un des chapitres de ce roman Fantasy (l’ensemble sera disponible en librairie et en ligne le 6 septembre). L’ePub contient également un lien vers la bande-annonce de ce roman.

Tous ces titres peuvent être téléchargés sur ePagine ainsi que sur tous les sites des libraires partenaires. N’hésitez pas non plus à consulter les sélections de la rentrée littéraire (voir notre billet). Elles contiennent toutes des dizaines d’autres extraits à télécharger gratuitement.

ChG

24 novembre 2011

ePagine, sélections 11/11 #3 Prix littéraires 2011

Après les éditions Actes Sud et les lectures 100% numériques, troisième mise en avant : les prix littéraires 2011. Une quatrième sélection, dans les prochains jours, vous proposera de faire le tour du globe en compagnie d’auteurs du monde entier, classiques et contemporains.


Une sélection de textes littéraires primés en 2011

 

Entre les vendanges et les vins nouveaux, en général on aime en France distribuer palmes, prix et distinctions. Cette année, pour la première fois, quasiment tous les titres primés sont également disponibles en numérique. Vendus 20 à 25 % moins chers que dans la version imprimée, ces ePub sont également protégés par des DRM. Pas de quoi donner grande envie aux lecteurs d’expérimenter la lecture numérique. Mais bon, gardons tout de même trace de cette étape et voyons ce que donneront la baisse de la TVA en janvier sur les livres numériques et (hypothèse hasardeuse ?) l’abandon des DRM tels qu’ils existent actuellement… Dans la liste des primés, nous trouverons toutefois deux exceptions avec ces deux titres de Régine Detambel chez publie.net (qui recevra le 1er décembre l’un des grands prix d’automne de la SGDL) ainsi qu’avec le texte d’Éric Laurrent, Les Découvertes (éditions de Minuit), qui vient de recevoir le prix Wepler (10.50 € et sans DRM) et dont je vous donne aujourd’hui un extrait à lire. Voici donc la liste des titres primés disponibles (ou non) en numérique qui peuvent être téléchargés sur tous les sites des libraires partenaires d’ePagine (liste à jour ici).


Ceux qui sont disponibles en numérique
Prix Goncourt 2011L’art français de la guerre, Alexis Jenni – Gallimard
Prix Renaudot 2011Limonov, Emmanuel Carrère – P.O.L
Prix Renaudot essai 2011Fontenoy ne reviendra plus, Gérard Guégan – Stock
Grand prix du roman de l’Académie Française 2011Retour à Killybegs, Sorj Chalandon – Grasset >>> lire la chronique d’Anne Savelli sur ce blog
Prix Femina roman français 2011Jayne Mansfield 1967, Simon Liberati – Grasset
Prix Femina étranger 2011Dire son nom, Francisco Goldman – Christian Bourgois
Prix Médicis roman français 2011Ce qu’aimer veut dire, Mathieu Lindon – P.O.L
Prix Médicis roman étranger 2011Une femme fuyant l’annonce, David Grossman – Seuil
Prix Médicis essai 2011Dans les forêts de Sibérie : Février – Juillet 2010, Sylvain Tesson – Gallimard
Prix Wepler 2011Les découvertes, Éric Laurrent – Minuit
Goncourt des lycéens 2011Du domaine des Murmures, Carole Martinez – Gallimard
Renaudot des lycéens, Prix du roman France Télévisions et Prix du roman Fnac 2011Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan – JC Lattès
Prix Interallié 2011Tout, tout de suite, Morgan Sportès – Fayard
Prix Virgin/Lire 2011Scintillation, John Burnside – Métailié >>> lire le billet consacré à ce texte (avec extrait) sur ce blog
Prix Trop Virilo 2011Le Système Victoria, Éric Reinhardt – Stock
Prix d’automne 2011 de la SGDL pour l’ensemble de son oeuvre – Régine Detambel >>> lire le billet consacré à Sur l’aile de Régine Detambel sur ce blog
Grand Prix de littérature policière 2011L’honorable société, Dominique Manotti / Doa – Gallimard, Série Noire

Ceux qui ne sont pas disponibles en numérique (à ce jour)
Prix Virilo 2011Dino Egger, Éric Chevillard – Minuit
Prix Décembre 2011Le dépaysement : voyages en France, Jean-Christophe Bailly – Seuil
Prix Décembre 2011Gaston et Gustave, Olivier Frébourg – Mercure de France
Prix Femina essai 2011L’Homme qui se prenait pour Napoléon, Laure Murat – Gallimard


_____________________________
Extrait des Découvertes, Éric Laurrent
Minuit, Prix Wepler 2011)

« En cette dernière année de maternelle que je suivais à l’école Saint-Austremoine, séculaire institution catholique dont les austères bâtiments, disposés en quadrilatère autour d’une vaste cour plantée de tilleuls et de platanes dont les racines soulevaient, fissuraient, voire crevaient le grisâtre et granuleux revêtement de bitume, avaient été taillés dans la même lave noire ayant servi à l’édification de toute la vieille ville, de la moindre de ses fontaines jusqu’à sa cathédrale (seule de son espèce à avoir été construite dans ce matériau et que l’anonyme auteur médiéval de l’Estoire veire d’Arvernis décrirait joliment comme « an grant dueil vestue »), et où mes parents m’avaient inscrit non par défiance envers l’instruction publique, mais (car elle faisait garderie le matin et le soir) tout simplement par commodité, en cette dernière année de maternelle, donc, lorsque vint le moment de nous inculquer des rudiments de lecture, je me révélai incapable de distinguer les unes des autres les lettres que l’institutrice traçait sur le tableau vert foncé de la salle de classe.
Ne saisissant pas en vertu de quelle ésotérique convention ces signes, qui manifestement se ressemblaient tous, dussent se prononcer de manière différente, il m’avait alors paru – puisque, de toute évidence, le plus grand arbitraire régnait en ce domaine – que retourner tout ce qui me passait par la tête constituait l’attitude la plus appropriée quand il m’était demandé de les identifier. Encouragé par l’hilarité générale que je provoquais en la circonstance, je devenais chaque fois plus prolixe dans mes réponses, jetant pêle-mêle la moitié de l’alphabet ou les mots les plus saugrenus qui me venaient à l’esprit, insensible aux punitions que m’attiraient ces pitreries, dont la principale, qu’on appelait le piquet, consistait à demeurer debout et immobile, les mains jointes dans le dos, face au mur, dans un coin de la pièce, punitions qui, loin de m’humilier, m’entouraient du plus grand prestige auprès de mes petits camarades, lequel s’étendrait à l’école tout entière le jour où l’institutrice, à court d’indulgence, m’obligerait à sortir à l’heure de la récréation coiffé du poussiéreux bonnet d’âne qu’elle avait extrait du fond de l’armoire où, par suite des événements de Mai 68 et de la remise en cause des valeurs traditionnelles qui leur succéda, l’abandon des méthodes d’éducation les plus vexatoires l’avait relégué quelques années plus tôt, apparition que (passé l’ébahissement qu’elle suscita aussitôt dans la cour, au point de plonger celle-ci dans un inhabituel silence) un, puis deux, puis trois, puis dix, enfin tous les élèves de l’établissement, s’étant attroupés autour de moi, saluèrent au cri joyeux de « C’est Sa Majesté Carnaval ! C’est Sa Majesté Carnaval ! ».
Ce fut là, si je puis dire, mon couronnement.

Les semaines passant, mon public se lassa cependant de mes facéties ; les quolibets se mêlèrent aux rires ; la cruauté perça sous l’enjouement. Le surnom glorieux que mon apparition affublé d’une tiare bicorne dans la cour de récréation m’avait valu quelque temps se tronqua de ses deux premiers termes, autrement dit de son titre royal, et, tel Louis XVI devenu Louis Capet, l’on ne me désigna plus que sous le dérisoire diminutif de « Carnaval ». Je ressentis cela comme une destitution – c’en était une. Mais, en matière de sobriquet, le pire était à venir.
Ce trait physique devant fournir une explication plausible à mon incapacité à apprendre à lire en me signalant comme un étranger, donc un allophone, le dessin en amande de mes yeux poussa un jour l’un de mes camarades à m’attribuer l’infamant qualificatif de « Chinois ». Se ruer sur lui, puis le jeter à terre et l’y maintenir en lui faisant jurer de ne plus m’appeler ainsi ne servit à rien : en une semaine, toute l’école adopta l’épithète – « Chinois », « le Chinois », « Chinetoque » : sous ces trois variantes, elle me suivrait jusqu’à la fin de l’année.
Je la détestais d’autant plus que, davantage qu’un étranger, elle faisait de moi un orphelin, me laissant en effet à penser, a fortiori en cette période du développement où chaque être se forge une ascendance imaginaire et s’invente une sorte de roman familial, que je n’étais point le fils naturel de mes parents, mais un enfant trouvé, encore nourrisson, dans la cale de quelque jonque démâtée, à la coque à demi éventrée, au pont jonché de cadavres, fantasme dans l’élaboration duquel entraient des éléments empruntés tout ensemble à l’actualité, qu’occupait fréquemment la tragique odyssée de ces boat people que les guerres déchirant l’Asie du Sud-Est en ces années-là jetaient par milliers à la mer et dont je pouvais voir les images au journal télévisé du soir, et à la religion, l’embarcation qui m’avait en dérivant mené jusqu’aux rivages de France n’étant somme toute qu’une revisitation moderne et, certes, un petit peu plus dramatique du mythe de Moïse, confié par sa mère aux eaux du Nil dans une corbeille de papyrus. »

9 juillet 2011

Gallimard propose de télécharger gratuitement 4 dossiers en ePub

Depuis quelques jours les éditions Gallimard invitent tous les lecteurs à se plonger dans les premiers chapitres d’une quarantaine de leurs romans numériques. Viennent en effet d’être mis en ligne 4 dossiers d’extraits gratuits et sans DRM en format ePub. Pour chacun d’eux, 10 titres (et même 12 pour le dossier consacré aux lectures d’été) ont été ainsi choisis parmi plusieurs catalogues et collections : Blanche, Folio, Série Noire et Gallimard Jeunesse. Ces dossiers sont à télécharger gratuitement sur ePagine, Place des libraires numériques, tous les sites des librairies partenaires ainsi que sur le site mobile via ePagine reader. Avec cette opération, la première à ce jour du côté des éditeurs, me semble-t-il, Gallimard cherche à montrer la diversité de l’offre de ses catalogues numériques tout en invitant en douceur les lecteurs à franchir le pas de la lecture numérique. Info pour les libraires : ces dossiers sont distribués comme fichiers gratuits via EDEN.

ChG

 

Sommaire des dossiers mis en ligne

12 romans pour vos lectures d’été

12 extraits de romans parus au premier semestre 2011 de Tonino Benacquista, Jonathan Coe, Philippe Delerm, Erri De Luca, Philippe Djian, Benoît Duteurtre, Jens Christian Grøndahl, Jean Hatzfeld, Ian McEwan, Orhan Pamuk, Olivia Rosenthal et Jean-Christophe Rufin.

 

10 romans incontournables à partir de 4,60 euros

10 extraits de romans écrits par Jonathan Coe, Catherine Cusset, Erri De Luca, Philippe Djian, Benoît Duteurtre, Ian McEwan, Patrick Modiano, Orhan Pamuk, Jean-Christophe Rufin et Antoine de Saint-Exupéry.

 

10 romans policiers

10 extraits de romans policiers issus de la Série Noire écrits par Ingrid Astier, Antoine Chainas, DOA, Dominique Manotti, Marin Ledun, Attica Locke, Marcus Malte, Elsa Marpeau, Jo Nesbø et Nick Stone.

 

10 romans Gallimard Jeunesse

10 extraits de romans pour adolescents et « young adults » écrits par Jean-Philippe Arrou-Vignod,  Ann Brashares, Eoin Colfer, Fabrice Colin, Andrea Cremer,  Erik L’Homme, Jean-Claude Mourlevat, Jandy Nelson, Louise Rennison et Carrie Ryan.

 

 

À signaler aussi qu’en cette première semaine de vacances, Gallimard vient de baisser de manière significative les prix des titres suivants (tous parus en numérique depuis 2008) :

7 juin 2011

Serge Sautreau, L’antagonie (extraits)

Tomber dans L’antagonie (journal 2007-2008) de Serge Sautreau (Gallimard) en plein jour c’est s’en relever autre. Et comme il m’est difficile d’écrire quelque chose de fulgurant après ça et que Renaud Ego l’a joliment fait sur Poezibao, autant lui laisser la parole. Je reproduirai donc infra une partie de sa chronique et vous invite à lire également le billet de Pascale Fautrier sur Mediapart. Plus bas encore, quelques fragments extraits de l’année 2007 (« Entre ») du journal poétique de Serge Sautreau. Un extrait plus long peut d’ailleurs être téléchargé gratuitement en ePub sur ePagine. Grand merci enfin à Martine Silber de m’avoir amené à ce texte. ChG

« Le poète Serge Sautreau est mort le 18 Mars 2010 à l’âge de soixante-six ans. Depuis plusieurs années, une grave insuffisance respiratoire l’avait peu à peu cloué chez lui. Tout en travaillant à l’édition d’un vaste essai poéticopolitique, le Sens de l’excès (toujours inédit), il avait tenu au cours des années 2007-2008 un journal poétique, à la fois habité par l’urgence, le désespoir parfois, mais surtout par la grâce d’être vivant encore malgré tout. (…) L’Antagonie est la réponse épousant et s’opposant à l’agonie lente que vécut Serge Sautreau dans les dernières années de son existence. Réponse magnifique par sa hauteur de ton, son élégance à ne jamais s’apitoyer, son savoir-vivre en somme quand la vie, pourtant minée par la certitude de son imminente interruption, demeurait pour lui qui la désirait avec ardeur, une trame certes décousue mais éblouie d’illuminations et de feux de joie faits de toute brindille disponible. » (cliquer ici pour lire la suite de la chronique de Renaud Ego sur Poezibao)

 

Extraits de « Entre (été 2007) »

Comme elle s’éloigne, la vie. Comme elle se voile. D’une pièce à l’autre, si distante. Où sont ses gants, ses courants d’air ? Si je tends le bras déjà c’est l’horizon. Même la fenêtre étouffe. De l’autre côté, il y a les luxuriances.
Fourrures étonnées, sacres de mésanges, infinis hors la main. Mes aromates, vite.

Le cabot hystérique est aux commandes. Feux d’artifice ont force de loi. À genoux, gueux.

Mon foutu corps de gloire ne vole pas plus haut que le ciel.
Heureusement, le vent.

*

Je, et alors ?
Nous, et ensuite ?

Un toboggan de mirages sans sujet préconçu dans la vitesse de la lumière.
De quoi faire un peu d’ombre
À la grand-nuit.

Camaïeutique de ce qui vient,
Qui ne s’apprend pas, ne se voit guère,
Se joue chaque jour des jours qui restent et qui s’en vont.

Je passe dit-elle et nous y sommes.
Inutile de savoir compter.

*

Une brume d’à peine un voile enveloppe un altostratus.

Comme pour écrire sa vie à l’encre sympathique.
À l’invisible.
À l’invivable.
À la va comme je nuée.
À l’écume sous la buée.
À la manière d’un déhanchement historique.
À l’incroyable incertitude des sciences de l’homme.
À la navrante fragilité des dieux.
À la conspirative.
À la hussarde aussi mais poignante dans le mélodrame.
À la moutarde express à la petite cuiller.
À la météorite.
À l’anglaise, même, qui pourtant n’avait pas mérité ça.

Même les morts adorent les brumes.
L’inverse, hélas, n’est pas avéré.

*

Réveillé par la mort. Par sa tentative biaisée, dès les premiers gestes, à matin cloué. Épreuve dense, aléatoire. Manque la respiration. Manque la disparition. Manque le troc sans mélange. Trois coquillages contre un dernier trou d’air, merci potlatch et à jamais. Question de focus, de météo, de peut-être. En attendant on ne sait trop quoi. En attendant, donc, mais sans attendre de conséquence particulière de ce donc-là, en attendant donc que ne s’ensuive plus le moindre donc, seule la rhétorique à manches longues semble pouvoir nous sauver un peu, mais les énigmes reviennent aussitôt. Effarement que ces oiseuses, que ce sauvetage, que ce retour à perpétuité sans voir ni savoir ce qui peut bien être sauvé ni à quelles fins, pour quels effets. S’il y a une cause, elle frôle, elle n’affleure pas. Elle s’engouffre à l’instant dans la carillonnade du clocher de Bort. Les Orgues se dégagent le front. Pour me rendre à l’été. À l’immense été des chauds Zeuzumènes.

*

Ne rien dire des Zeuzumènes, ou le strict minimum. C’est fait.

© Serge Sautreau, L’antagonie (journal 2007-2008), Gallimard, 2011.

Older Posts »

© ePagine - Powered by WordPress