Le blog ePagine

Conseils de lecture, entretiens, actualité numérique :

le Livre-Avenir ne se fera pas sans les libraires.

14 juin 2013

Tempus, la célèbre collection d’Histoire, en numérique

 

Fondée il y a maintenant plus de 10 ans (février 2002) Tempus, la collection de poche des éditions Perrin, s’efforce de répondre par des livres de référence aux questions majeures qui agitent notre temps. Depuis deux semaines, cette collection est également disponible en numérique. Si près de 400 titres (imprimés) figurent au catalogue, une petite cinquantaine d’entre eux peuvent être désormais téléchargés et lus sur liseuse, tablette, smartphone et ordinateur (format ePub, fichier livré avec marquage et sans DRM Adobe).

On retrouve ici ce qui a fait le succès de la collection en librairie : des synthèses indispensables comme Le Moyen Age, ombres et lumières de Jean Verdon ; des essais et témoignages devenus des classiques du répertoire comme Nous voulions tuer Hitler de Philipp Freiherr von Boeselager ; des biographies de tout registre (du Vercingétorix de Paul M. Martin à Aimé Césaire de Romuald Fonkoua en passant par Jeanne d’Arc de Colette Beaune) ; des découvertes hors des sentiers battus de l’histoire, sur L’affaire des PoisonsL’assassinat d’Henri IV ou Les maréchaux soviétiques. S’y ajoutent des livres de référence dans le domaine des idées, de la politique et de la philosophie (La gauche à l’épreuve de Jean-Pierre Le Goff ou encore Le XXe siècle idéologique et politique de Michel Winock) et des ouvrages liés à l’actualité envisagée dans la longue durée : de l’histoire de la langue à la gastronomie, en passant par la dette de la France, l’immigration, la laïcité ou les grandes puissances planétaires (Histoire de la cuisine et de la gastronomie françaises de Patrick Rambourg, La Chine m’inquiète de Jean-Luc Domenach, L’islam expliqué par Malek Chebel, Le roman vrai de la crise financière de Jean-Marc Sylvestre ou encore l’incontournable Mille ans de langue française de Alain Rey, Gilles Siouffi et Frédéric Duval en deux tomes).

Aujourd’hui, une petite cinquantaine de titres de la collection tempus figurent au catalogue numérique de la librairie ePagine. Le moins cher : La France qui tombe de Nicolas Baverez (3.99 €), le plus cher : Colbert de François d’Aubert (14.99 €), la moyenne se situant autour des 8 euros.

ChG

Liens utiles

Liste des titres disponibles en numérique sur ePagine

Liste des titres disponibles en papier sur le site de l’éditeur

7 juin 2013

Les 3 premiers documentaires littéraires de Moyen-Courrier en numérique

Il y a deux mois, Julie Etienne et Elodie Perrin me contactaient de Lyon pour me présenter Moyen-Courrier, une maison d’édition numérique spécialisée dans les documentaires littéraires (essai personnel, reportage, histoire de procès, enquête scientifique, exploration des confins de la vie quotidienne…), des textes rangés dans la catégorie creative nonfiction de l’autre côté de l’Atlantique. J’ai été immédiatement emballé par leur projet. Quand nous nous sommes rencontrés à la fin du mois d’avril dans les locaux d’ePagine, elles m’ont expliqué qu’elles étaient depuis longtemps des lectrices assidues de ces textes en anglais et comme elles avaient remarqué qu’ils étaient peu ou pas traduits en français, c’est ainsi qu’elles se sont mises en quête de traduire ceux qui les avaient frappées et « de donner à lire en français des auteurs (écrivains, journalistes, écrivains-journalistes et journalistes-écrivains) qui [leur semblaient être] la relève des Joseph Kessel, Jack London, George Orwell, Truman Capote, Ryszard Kapuściński, Tom Wolfe, Hunther S. Thompson, Joan Didion et autres David Foster Wallace ». Le temps pour elles de peaufiner leurs livres numériques au format ePub, de terminer la création de leur plateforme qui a la particularité de présenter leur catalogue et de rediriger les lecteurs vers des librairies numériques et le temps pour ePagine de préparer le contrat, de lire les trois premiers titres, de les mettre en ligne, nous voici début juin. Cette fois, la plateforme est en ligne, les ebooks aussi et je ne peux que vous conseiller de réserver le meilleur accueil possible aux éditions Moyen-Courrier, à ses deux éditrices, aux trois premiers auteurs (Ted Conover, Atul Gawande et Lawrence P. Jackson) ainsi qu’aux traducteurs (Catherine David, Julie Etienne, Jocelyne Gourand et Jean-François Chaix).

 

Nous ne sommes pas quittes de Lawrence P. Jackson
traduit de l’anglais par Catherine David et Julie Etienne

Je ne pensais pas lire intégralement les trois titres et je dois avouer que je n’ai pas pu les lâcher. Ils sont pourtant tous les trois très différents et traitent de sujets éloignés de mes préoccupations. Mais ce qui a retenu mon attention, c’est l’opiniâtreté et l’honnêteté avec lesquelles ils vont au cœur de leur sujet, de leur quête ou de leur obsession et toujours avec une grande humanité et sans manichéisme alors même que la colère, le dégoût ou la peur peuvent être au rendez-vous. J’ai aimé comment, à partir d’une recherche généalogique périlleuse, Lawrence P. Jackson nous entraîne dans l’histoire plus large de l’esclavage aux USA, comment le parcours qui va de ses aïeux à ses enfants dessine celui de centaines de milliers d’hommes et de femmes d’abord esclavagisés puis affranchis avant de devenir, selon l’expression de Toni Morrisson, afro-américains. Ce que l’auteur découvre de l’histoire de son nom, de sa famille et du rapport avec les propriétaires montre également que la blessure entre Noirs et Blancs est loin d’être refermée dans la société américaine. Malgré cela, ce qui se dégage de Nous ne sommes pas quittes, outre l’émotion, c’est la force et la dignité de cet homme. Les dernières lignes de son essai personnel m’habitent encore.

 

Levez le pied – La vie ne se perd qu’une fois de Ted Conover
traduit de l’anglais par Jean-François Chaix

Levez le pied – La vie ne se perd qu’une fois de Ted Conover est sans aucun doute le texte qui m’a le plus marqué. Deux mots sur l’auteur d’abord. Ted Conover est surtout connu pour avoir écrit Newjack (disponible en numérique, en VO) où il décrit son expérience de gardien de prison à Sing Sing durant une année pleine mais, parce qu’il s’intéresse à la façon dont la géographie modèle les sociétés humaines, cet écrivain est également allé dans des trains de marchandises avec ceux qui font la route, à la frontière mexicaine avec les clandestins, dans les montagnes du Colorado au cœur d’une enclave ultra-riche, sur les autoroutes chinoises et, ici, à Lagos près d’un gigantesque nœud autoroutier. Dans Levez le pied – La vie ne se perd qu’une fois (traduit de The Routes of Man, disponible aussi en numérique en VO), l’auteur a en effet choisi de partager le quotidien d’un ambulancier et de deux infirmières nigérians à Lagos, tous quatre postés à un nœud autoroutier dans leur grosse camionnette Mercedes. Ted Conover décrit les allées et venues des blessés dans l’ambulance, les appels radio mais il montre aussi le fonctionnement d’une ville hors du commun, une ville qui sera bientôt la troisième plus grande mégalopole au monde où le taux de pauvreté et de criminalité est très élevé. Entre les area boys (des jeunes SDF vivant en bandes et cherchant à vendre toutes sortes de produits ou à piller les automobilistes pris dans les embouteillages), les danfos (sortes de fourgonnettes collectives qui sont de véritables « épaves roulantes »), les okadas, ou moto taxis, « qui pullulent comme des mouches » et créent de multiples accidents, les cinq services de police différents, l’auteur ne perd pas son temps ni son sang froid. La force de ce récit tient dans le regard de l’auteur, très proche de son prochain. Sans naïveté ni misérabilisme ou provocation il n’en perd pas moins son regard étonné sur les choses et les Hommes. Ce qu’il écrit du mouvement Hommes/ville, de l’architecture anarchique et des déplacements urbains, est également très riche et précieux (à lire notamment les paragraphes consacrés au plus long pont d’Afrique, le Third Mainland Bridge).

 

Guérir. Faillir. de Atul Gawande
traduit de l’anglais par Jocelyne Gourand

Le troisième texte que j’ai lu, Guérir. Faillir., est extrait et traduit d’un ouvrage du médecin et écrivain américain Atul Gawande intitulé Better (disponible en VO en numérique). C’est un récit plus clinique que les autres mais pas moins inintéressant. Il m’a rappelé le travail essentiel de Martin Winckler en France. Ici, l’écrivain qu’il est interpelle le médecin qu’il est également en allant enquêter sur les erreurs commises par les médecins, notamment lorsque ces erreurs ont causé du tort à un patient voire sa mort. L’angle d’attaque est original puisque le médecin se met dans la peau d’un journaliste. Il assiste d’abord au procès de l’un de ses confrères et, à partir de là, il se met à interroger dans un premier temps un ancien médecin devenu avocat après avoir créé un cabinet dédié aux recours judiciaires contre les médecins et dans un second temps un autre confrère dont le fils a fait les frais d’une grave erreur de diagnostic. Là, le texte devient extrêmement subtil et complexe. On apprend notamment que pour obtenir des réponses à leurs questions, aux USA les patients sont obligés d’avoir recours à un avocat. « C’est là où nous, en médecine, nous avons échoué, écrit-il. Quand quelque chose tourne mal et que le malade et sa famille veulent savoir si c’était inévitable ou si le médecin a commis une grave erreur, vers qui peuvent-ils se tourner ? (…) Souvent les gens ont recours à un avocat juste pour qu’on les aide à découvrir ce qu’il s’est réellement passé. » De là, l’auteur questionnera sa propre pratique et cherchera à répondre à cette question : « Les médecins qui commettent des erreurs sont-ils des criminels ? »

 

Ces trois textes beaucoup plus longs qu’un article et plus courts qu’un roman (moins de deux heures de lecture chacun) sont à lire sur tablette, liseuse ou smartphone, éventuellement sur ordinateur. Le format choisi par l’éditeur est l’ePub. Ils sont vendus entre 3.50 € et 4.50 € et, sur le site de la librairie ePagine ainsi que sur ceux de ses libraires partenaires, ils ne comportent pas de DRM Adobe mais un tatouage numérique. Si vous tenez à jeter un œil à ces trois textes, un extrait de chacun d’eux peut être téléchargé gratuitement ou/et lu en ligne (cf. les liens infra).

ChG

 

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catalogue des éditions Moyen-Courrier sur ePagine

Levez le pied – La vie ne se perd qu’une fois de Ted Conover
traduit de l’anglais par Jean-François Chaix
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Nous ne sommes pas quittes de Lawrence P. Jackson
traduit de l’anglais par Catherine David et Julie Etienne
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Guérir. Faillir. de Atul Gawande
traduit de l’anglais par Jocelyne Gourand
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29 janvier 2013

Ce travail qui nous travaille (une sélection de 20 titres)

 

Petite sélection aujourd’hui de romans, récits, témoignages ou réflexions sur le monde du travail et celui de l’entreprise, tous disponibles en numérique sur ePagine. Certains de ces essais ou fictions ont été écrits il y a plusieurs décennies maintenant et d’autres viennent de paraître. Qu’il soit question de notre rapport au travail aujourd’hui ou de mémoire ouvrière par exemple, chacun de ces points de vue interrogent la place des hommes et des femmes dans la société ou dans la cellule familiale par ce prisme précis. Tiraillements et autres distorsions, notamment ce que le corps reçoit et endure (fatigue, souffrance, stress, non-dits), sont ainsi mis en lumière. De ce fait, il est souvent question ici de la place de la parole, de la langue, du langage et des déplacements que cela implique en soi : la mémoire, l’expérience ou le regard étant indissociables du geste d’écrire. Vous me direz, les sujets sont graves. Oui, parce que essentiels pour comprendre et agir (qu’il s’agisse de fermetures d’usines, de licenciements, de souffrance au travail, de suicides…). Aussi parce que les conséquences dépassent le plus souvent le cadre de l’individu et peuvent toucher plusieurs familles, un quartier, toute une ville parfois. Les sujets sont graves, une deuxième fois oui, mais les traitements, eux, parce que le travail sur la langue est avant tout un travail sur soi, sont tous incarnés : analyse clinique, humour noir, prose poétique, uchronie, chacun cherchant à retrouver le bon équilibre, la bonne distance, chacun nous aidant à mieux comprendre à la fois d’où on vient et, si nous ne savons pas toujours où aller, où on est.

Dix titres sont mis en avant sur ePagine depuis hier matin. Des textes que pour la plupart j’ai lus il y a longtemps ou tout dernièrement. Certains de ces auteurs ont d’ailleurs été souvent cités sur ce blog et leurs textes chroniqués. Je pense notamment à Thierry Beinstingel, Leslie Kaplan, François Bon, Guillermo Saccomanno ou encore Joachim Séné. D’autres, comme Ouvrière de Franck Magloire, je les avais chroniqués il y a une petite dizaine d’années maintenant. Celui-ci étant désormais disponible en poche et en numérique, je reprends et réactualise infra cette petite note de lecture écrite en 2004.

Vingt titres figurent dans la sélection « ce travail qui nous travaille ». Il vous suffit de cliquer sur ce lien pour les découvrir.

 

Franck Magloire, Ouvrière
Éditions de l’Aube, 2004 ; Points Seuil, 2012

De 1972 à 2002, Franck Magloire a vu sa mère partir travailler chez Moulinex. Quand l’usine ferme, il l’interroge et se met à l’enregistrer. Au début, il lui faut se débarrasser de toute cette hérédité ouvrière, puis les mots surgissent, qui portent encore l’odeur de l’usine. Ils disent sans rancœur les gestes effectués et répétés. Petit à petit, d’autres mots prennent corps – comme son corps à elle qu’elle prend le temps de regarder, de maquiller et de vêtir, malgré la peau usée et les rides. « Nous avons tous (…) une vive singularité qui vaudrait la peine d’être narrée et qui pourrait même étonner …», lit-on. Nicole décrit alors son quotidien, le monde fermé de l’usine et dit à son fils ce qu’est une ouvrière et comme il est difficile d’en parler quand on est avant tout une femme, quand on travaille dans une usine qui fabrique de la liberté domestique. Nicole sait décrypter les différents langages de cet univers : la syntaxe patronale, les slogans syndicalistes et le phrasé métallique des ouvriers. Elle revient aussi sur les relations qui se nouent, les choses qu’on ne dit pas à sa famille et qu’on avoue aux collègues qui souvent ont déjà deviné les blessures, les épanchements restant rares mais bouleversants. Elle nous raconte aussi comment elle arrive à s’évader, comme ils sont courts mais salvateurs ses voyages mentaux, avouant aussi que l’usine demeure toujours « aux aguets, à l’arrière-plan de l’image », même dans sa vie privée.
Au-delà d’une expérience personnelle, ce récit se fait mémoire collective en nous éclairant un peu plus sur le début de la fin de l’ère industrielle : boom économique, années Mitterrand, premiers départs en préretraite, flexibilité, intérim à outrance, délocalisation, fermeture des usines en Lorraine et dans le Nord, chômage, emplois jeunes.

 

Travaillez bien et bonnes lectures !

ChG

15 avril 2012

Les Guides MAF et Léonard de Vinci (15 avril – 14 mai)

Aujourd’hui (peut-être le saviez-vous ?) Léonard de Vinci aurait eu 560 ans (il est né le 15 avril 1452). Depuis quelques semaines et jusqu’au 25 Juin 2012 (ça, vous le savez sûrement), Le Louvre consacre une exposition à « La Sainte Anne, l’ultime chef-d’œuvre de Léonard de Vinci ». Ces deux événements font que Marc-André Fournier, passionné du grand Léonard, de voyages et de technologie mais également auteur et éditeur des Guides interactifs de voyage MAF qui permettent d’approcher au plus près la personnalité de Léonard de Vinci via une écriture hypermédia (textes, images, musiques et voix), est aux anges.

Pour fêter ces événements, du 15 avril jusqu’au 14 mai, Les Guides MAF, en collaboration avec ePagine et le réseau de ses libraires partenaires, proposent à tout acquéreur de La France de Léonard de Vinci (8.99 €, format ePub) de recevoir gratuitement avec sa commande Léonard de Vinci, un voyage entre Romagne et Marches (proposé hors offre à 5 €).


La France de Léonard de Vinci

« Prendre ses distances avec la Joconde pour se rapprocher du Vinci. L’idée a traversé l’esprit de tous les spécialistes du maître de La Vierge aux rochers. Tentons nous aussi l’expérience. Le Louvre est incontournable, soit, mais à quelques pas de là comment ignorer un savoir dispensé à la Sorbonne et couché sur les carnets du Vinci abrités à l’Institut ? Comment ne pas entendre Les cris de Paris, et ceux des guerres d’Italie même en étant aux confins du Val de Loire ? Amboise, Blois et Chambord, villégiatures royales, hissent l’artiste au-dessus de ses mécènes. Qui oserait dire de Louis XII ou François 1er qu’ils incarnent le génie ? Romorantin et Metz, témoins méconnus et négligés de celui-ci peuvent aussi nous surprendre. La France de Léonard c’est un peu de chez nous et beaucoup de chez lui. » (présentation de l’éditeur)


Léonard de Vinci, un voyage entre Romagne et Marches

Dans Léonard de Vinci, un voyage entre Romagne et Marches, lieux, monuments, œuvres et chefs-d’œuvre, contemporains et spécialistes modernes, écrivains et musiciens sont ici mis à contribution pour nous plonger au cœur de la Renaissance italienne. César Borgia, Archimède, Alberti ainsi que quelques verres de Trebiano nous accompagnent dans ce périple entre Romagne et Marches (Urbino, Rimini, Immola, Cesena,…). Nous retrouvons ici l’arpenteur, l’ingénieur, le bibliophile, le cartographe et ce toscan bien arrogant qu’était Léonard et qui nous surprend encore une fois. Cette version ePub, optimisée pour une lecture sur iPad, est une réussite. Je n’avais plus l’impression de lire un ebook mais d’avoir entre les mains un livre d’art qui m’a fait faire un voyage dans l’espace et le temps, en Italie bien sûr, mais également dans les salles d’un musée interactif. La musique de Perotin (l’un des fondateurs de la musique polyphonique, 1160-1240) arrangée par Kronos Quartet qui accompagne les six panneaux animés de la prédelle d’Uccello (La légende de l’hostie) est un pur régal. Les reconstitutions sonores, (« harmonies avec diverses chutes d’eau ») à l’orgue d’eau et plus loin à l’orgue de papier, sont vraiment surprenantes. J’ai aimé aussi l’animation en 3D de l’église médiévale San Francesco dont la transformation, à cause de bien des déboires (guerres notamment), n’a jamais pu être terminée. Désormais, grâce aux dessins et aux plans retrouvés puis mis en espace par Marc-André Fournier, on voit très bien à quoi elle ressemblerait aujourd’hui si on avait pu opérer cette transformation. (extrait du billet que j’avais publié sur ce blog le 1er octobre 2010)

22 janvier 2012

« Pirater ! Moi ? Jamais ! » by Numeriklivres

Il y a un peu moins de deux ans maintenant (juin 2010) arrivaient sur ePagine (et sur les sites des libraires partenaires) les premiers titres propulsés par la maison d’édition de Jean-François Gayrard, Numeriklivres (qu’on peut également orthographier comme ça, Numerik:)ivres). Dès le départ l’éditeur a fait plusieurs choix, et c’est de cela que j’aimerais parler aujourd’hui.

Le premier de ces choix a été de publier des textes destinés à n’être lus qu’en numérique, autrement dit de proposer aux lecteurs des textes à lire en ligne (streaming) et à télécharger aux formats numériques (PDF, abandonné depuis, mobi/kindle et ePub) sans passer par la version imprimée. Dix-huit mois plus tard, le catalogue se compose de plus de 80 titres dont la plupart sont des histoires (nouvelles, récits, romans) et des essais écrits par des auteurs d’aujourd’hui même si nous trouvons également depuis peu des grands classiques de la littérature. En parcourant à nouveau ce catalogue que je commence à bien connaître (on en a souvent parlé ici), on remarque désormais que la palette est cette fois très étendue : récits poétiques, érotiques ou fantastiques, romances et thrillers côtoient essais, études, réflexions mais également les BD (celles du Plup) et même l’humour. De trois collections au départ (Histoires à lire debout, Nouvelles à lire debout, Carnets à blog), la maison aujourd’hui en compte cinq supplémentaires (Comprendre le livre numérique, Les grands classiques en numérique, Roman de fille, 45 min et Les petites histoires à lire debout) sans compter ses coéditions avec Robert ne veut pas lire et Delbusso éditeur.

Le deuxième choix a été de proposer des textes qui ne dépasseraient pas 10 €. En fonction du nombre de signes et des contraintes techniques, les textes sont généralement vendus entre 0.99 € et 9.99 € (exception faite pour une des deux éditions du Roi des éditeurs). Dans tous les cas, près de 60 titres ne dépassent pas les 4.99 €, le reste se situant entre 5.99 € et 9.99 € (20 titres, coéditions comprises).

Le troisième choix a été, dès le départ, de jouer la clé de l’ouverture et de la confiance. Aucun verrou anti-copies (ou DRM) n’a en effet jamais été posé sur les fichiers numériques. L’éditeur s’en est d’ailleurs souvent expliqué sur les blogs, les réseaux sociaux et les forums. Une note d’intention figure désormais dans chacun des ebooks. Et si j’ai choisi de reproduire cette note à la fin de ce billet (capture d’écran), c’est bien parce qu’elle me semblait bien faite, pédagogique et pertinente, respectant le lecteur tout en mettant l’accent (à l’heure du « tout gratuit ») sur le travail que demande la création de telles oeuvres (de la part des auteurs, des « codeurs » et des éditeurs).

Si vous ne connaissez pas encore cette maison d’édition, n’hésitez pas à consulter son catalogue. Sûr que vous trouverez là des histoires et des écritures que vous aurez plaisir à lire avec votre Cybook Odyssey, votre dernière liseuse Sony, votre tablette Samsung ou votre iPad. Et maintenant quelques conseils (ah quand même, il était temps…)

Parmi les derniers titres mis en ligne, hormis le shadokien Plup qui me fait toujours autant rire (un nouveau Plup vient d’ailleurs d’être mis en ligne ces derniers jours, attention au cactus !), je conseillerais aux amateurs de littérature de lire Avez-vous connu l’amour de Karl Dubost qui, de Montréal à Tokyo en passant par l’Australie et la Normandie, cherche à retenir (par les mots et les images) ce qui, par inadvertance, par fatigue, par trop d’inattention, s’échappe trop souvent. Il y a une grande sensibilité dans cet ensemble de textes, tous issus de ses carnets via son site La Grange (cf. aussi L’ange comme extension de soi chez publie.net) ainsi qu’une perméabilité aux êtres et aux éléments qui émeut souvent ou fait sourire (dans le bon sens du terme). On se déplace beaucoup avec lui, en lecture et en écriture ; on questionne également le temps (qui passe et qu’il fait), sa relation aux autres (physique et virtuelle), le numérique, le quotidien, la ville et, avant toute chose, sa place dans le monde (distance). C’est très délicat.

Dans un genre totalement différent (plus trash et plus punk, mais tout aussi efficace), si vous êtes amateurs de thrillers et de feuilletons, ruez-vous sur le Waldgänger, le thriller fantastique, futuriste et sans pitié de Jeff Balek en 6 épisodes (le premier est gratuit, les autres sont vendus 0.99 € chacun et le dernier arrive d’ici une semaine). Promis, on reparlera !

En attendant, bonnes lectures en numérique.

ChG


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