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le Livre-Avenir ne se fera pas sans les libraires.

14 novembre 2013

ePagine vous offre Le Bar de la Fourche d’Auguste Gilbert de Voisins

Après Les Dimanches de Jean Dézert de Jean de La Ville de Mirmont (juillet 2012), L’homme qui plantait des arbres de Jean Giono (décembre 2012), L’Homme en proie aux enfants d’Albert Thierry (février 2013), Quelques pas de solitude de Pascal Dessaint (mars 2013), César Capéran de Louis Codet (juillet 2013), La Grande panne de Théo Varlet et le collectif de libraires Propos sur le métier de Libraire. Conversations sur le commerce des livres (octobre 2013), ePagine vient de fabriquer (via son studio ePub) et de mettre en ligne un huitième titre : Le Bar de la Fourche de Auguste Gilbert de Voisins. Cet ouvrage et les sept précédents, Hors Commerce, sont offerts en permanence sur la librairie ePagine avec tout téléchargement de livres. Cliquez ici pour accéder à la liste complète.

Le Bar de la Fourche est un roman d’aventures (voire un western) d’Auguste Gilbert de Voisins sur les chercheurs d’or, dans l’Ouest américain. Il a été publié la première fois en 1909.
Ce roman a inspiré le film éponyme d’Alain Levent qu’il a réalisé en 1972, avec Jacques Brel, Isabelle Huppert et Pierre-François Pistorio pour incarner les personnages principaux.

Cette édition numérique comporte des illustrations originales d’André Collot, sans doute de 1943. En dépit de ses efforts, ePagine n’a pas retrouvé les ayants droit d’André Collot. Si vous disposez d’une information, merci de contacter le service Fabrication (Sébastien Cretin, Karen Etourneau, Damien Desroches et Xavier Mottez) qui a conçu de bout en bout cette édition numérique. Infra, la notice biographique d’Auguste Gilbert de Voisins réalisée par Karen Etourneau ainsi qu’un extrait du Bar de la Fourche.

 

Notice biographique d’Auguste Gilbert de Voisins

Marie Auguste Gilbert de Voisins naît le 7 septembre 1877 à Paramé (ancienne commune d’Ille-et-Vilaine). Il descend d’une vieille famille de noblesse parlementaire.
Il passe son enfance en Provence et s’installe à Paris à 21 ans. Il entreprend alors de voyager, en Europe d’abord, puis dans les colonies : Afrique du Nord, Sénégal et Dahomey (actuel Bénin).
Il publie ses premiers romans à 23 ans. Cinq ans plus tard, en 1905, paraît Sentiments au Mercure de France, son recueil d’essais littéraires. Il y loue certains de ses amis proches, qu’il admire, comme Pierre Louÿs et Paul Valéry. L’année suivante sortent Les Moments perdus de John Shag, poèmes en prose teintés d’exotisme, sans doute influencés par la consommation de l’opium et publiés sans nom d’auteur.
Le Bar de la Fourche, en 1909, lui vaut de ne pas être aujourd’hui totalement oublié. Tout comme le journal de bord de la mission archéologique de dix mois qu’il effectue la même année en Chine avec son ami Victor Segalen : Écrits en Chine, publié en 1913. Segalen en tirera, lui, Le Grand Fleuve. Accompagnés de Jean Lartigue, les deux hommes repartent en Chine l’année suivante pour une seconde mission archéologique et géographique, interrompue par la Première Guerre mondiale.
Auguste Gilbert de Voisins épouse en 1915 Louise de Heredia, fille du poète et écrivain José-Maria de Heredia, divorcée de Pierre Louÿs. Suit une production romanesque parfois qualifiée de « mièvre ». On sait peu de choses sur les dernières années de sa vie. Cette anecdote toutefois : il se rend chaque année à Venise pour rejoindre ses amis du « Club des longues moustaches », dont faisaient notamment partie les écrivains Abel Bonnard et Edmond Jaloux.
Il reçoit en 1926 le Grand prix de littérature de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre.
Il  meurt le 8 décembre 1939 à Paris.

Photo : Auguste Gilbert de Voisins, 1899. Dédicace : « À mon cher Pierre, son ami, Voisins. »

 

EXTRAIT

L’averse venait de fuir. Sur l’horizon, un arc-en-ciel dessinait sa fabuleuse fusée.
Mon père m’appela :
— Si tu faisais attention à ton travail, grand imbécile, au lieu de regarder les nuages !
Je me trouvais chez nous, au fond de l’enclos des poneys.
C’était l’époque où l’on poussait vers l’ouest le chemin de fer du Nord entre Skykomish et Tocoma, dans l’extrême Far-West, au delà de l’Idaho.
— Hé !… Viens par ici !
Depuis seize ans que maman avait succombé en me mettant au monde, l’humeur de mon père était restée constante : je veux dire acariâtre, orageuse ou, pour le moins, bizarre.
— Arrive !… et plus vite que ça !
Ce jour-là, mon père se fâchait de peu. J’avais simplement oublié d’attacher le licol de Cruchette et Cruchette s’était échappée. Bien que l’on eût ramené la bête à l’écurie, tout aussitôt et sans accident, mon père m’injuriait.
— Regarde-moi dans les yeux, canaille ! Regarde-moi !
Je m’étais approché de lui, tenant par le bridon Loupard, un petit cheval bai que je menais chez le maréchal ferrant.
Je regardai mon père.
— Baisse les yeux, insolent !
En baissant les yeux, je haussai les épaules.
— Quoi… comment !… Tu…
Et il fit sa mauvaise action…
C’est bien à cause d’elle que je ne le pleurai pas, trois ans plus tard, quand j’appris sa mort.

Georges Saruex, mon père, était un homme instruit et, par certains points, un gentilhomme. Protestant du Jura, il avait traversé la moitié du monde pour faire fortune, et n’était arrivé à se composer qu’une aisance médiocre. Sans doute savait-il trop de choses. Si j’étais resté avec lui, au lieu de me promener sur la vaste terre, je serais peut-être plus savant, mais beaucoup moins renseigné. De plus, je n’aurais pas le sou. Toutefois, soyons juste : mon père m’apprit à regarder, à raisonner et à souffrir. La nature se chargea du reste en me fournissant de bons muscles.
Et puis, que voulez-vous ! La maison était intolérable ! Prières du matin, prières du soir, discours, exhortations, cantiques chantés tout le long des dimanches. Il y en avait trop !… Sans compter mille invectives qui se terminaient par des explosions de fureur.
Le grand ennemi du vieux, c’était le Pape. Je ne sais ce que le Pape lui avait fait, toujours est-il que mon père ne laissait pas s’achever une journée sans le prendre violemment à partie, dans les termes les plus crus.
Sans doute afin de lui être désagréable, il me donna le nom d’Olivier ! Le nom de Cromwell ! Quel beau nom : Olivier Saruex ! Quel beau nom de protestant !
Ah ! mon père connaissait bien le Ciel ! Il devinait les desseins de Dieu, il prévoyait ses désirs… et malheur à nous, si les prévisions étaient inexactes !
Vous concevez ?… Une telle vie manquait de charme ! Le vieux traitait les hommes de la ferme comme des chiens, son fils plus mal encore. Il avait beau nous parler de Dieu tant que durait le jour, il n’arrivait pas à nous la faire aimer, cette puissance invisible, cruellement ennemie du Pape, et qui, pour seul confident, avait pris un protestant jurassien, émigré dans le Far-West.

 

Parce que je haussais les épaules, mon père fit sa mauvaise action : il me cracha au visage.
À seize ans, j’avais le sang chaud. Ça ne pouvait s’arranger. Botter les fesses aux petits garçons, leur tirer les oreilles, très bien, mais cracher à la figure d’un homme de seize ans !… Oh ! Non ! non ! impossible ! Je pris mon lasso, pendu à la selle de Loupard, et j’en appliquai un cinglon sur le dos du vieux, un beau cinglon qui le fit tourner au pâle, de rouge qu’il était.
Le reste se passa vite. Le vieux courut à la maison, en rapporta la Bible, une bible couverte de notes qui avait appartenu à la mère de maman, et, sur cette bible, jura le grand serment qu’il ne me reverrait de sa vie ou bien me casserait la figure.
Ces histoires, c’est rarement utile. — Je n’avais pas l’intention de rester. — Je partis.
Il disait vrai, tout de même, le vieux ! S’il ne m’a pas cassé la figure, du moins ne m’a-t-il pas revu. Et, maintenant, il est mort, et, moi j’écris un livre ; mais ce matin-là, je m’en fus prendre une couverture et marchai vers la gare, où j’avais des amis. La gare était à huit heures de chez nous. J’arrivai comme tombait le soir. Le train venait d’entrer et allait passer la nuit. Oh ! comme je m’en souviens bien, après tant d’années, de cette nuit si vite close et qui rétrécissait le paysage ! Pas de lune, peu d’étoiles… On voyait à peine son chemin.
Cependant, la veine me toucha. L’homme qui devait nettoyer la machine était ivre. Alors, comme je me trouvais là, j’aidai à faire son travail, et, en guise de salaire, priai le mécanicien de me transporter, le lendemain, jusqu’aux chantiers de construction.
Ce fut ma première étape.

© extrait du Bar de la Fourche d’Auguste Gilbert de Voisins, ePagine publications numériques, 2013. Les illustrations originales sont d’André Collot.

13 septembre 2013

ePagine publications numériques vous offre La Grande panne de Théo Varlet

 

Après Les Dimanches de Jean Dézert de Jean de La Ville de Mirmont (juillet 2012), L’homme qui plantait des arbres de Jean Giono (décembre 2012), L’Homme en proie aux enfants d’Albert Thierry (février 2013), Quelques pas de solitude de Pascal Dessaint (mars 2013) et César Capéran de Louis Codet (juillet 2013), ePagine vient de fabriquer (via son studio ePub) et de mettre en ligne sur epagine.fr son sixième livre numérique : La Grande panne de Théo Varlet, un roman d’anticipation publié en 1930 par un passionné d’astronomie et de sciences, à la fois poète et auteur de science-fiction, un visionnaire souvent salué par la critique littéraire dans les années vingt et trente mais dont l’œuvre n’a quasiment pas été rééditée après sa mort. À lire la préface que Xavier Dollo consacre à ce roman et dans laquelle il revient sur cette découverte qui a modifié son parcours de lecteur, une préface que nous publions en partie infra.

Ce texte et les cinq précédents sont offerts en permanence sur la librairie ePagine avec tout téléchargement de livres numériques payants ou gratuits ou bien encore sur simple demande. Avec cette collection, ePagine souhaite planter sa forêt numérique : éditer, au gré des idées et des envies de toute son équipe, des œuvres libres de droits et partager ces textes qui, le plus souvent, n’ont jamais été édités en ePub ou ne sont disponibles que sur des sites concurrents des librairies indépendantes. Ainsi, plutôt que de produire à la volée des centaines de textes issus du domaine public, ePagine préfère publier peu mais avec la garantie que les fichiers sont soignés et de qualité (composition et correction). ePagine propose donc des textes choisis à l’unanimité par son « comité éditorial », des textes qui bénéficient du savoir-faire de Sébastien Cretin et de son équipe (Karen Etourneau, Damien Desroches et Xavier Mottez) : graphisme, écriture xhtml, feuilles de style (CSS, navigation interne, activation des tables des matières, index, hyperliens, nouvelles compositions typographiques (mise en page, polices, lettrines, taille des titres, des signatures,…)), relecture, recherches et notices bio-bliographiques. Ces éditions sont presque toutes enrichies d’une préface ou d’une dédicace qui fait sens ainsi que d’une bio-bibliographie fouillée et soignée.

Toute l’équipe de ePagine tient à remercier Xavier Dollo, auteur de la préface de cette édition numérique de La Grande panne.

ChG

 

Extrait de la préface de La Grande panne par Xavier Dollo

« Il est des écrivains que, parfois, l’on croit être seul à connaître et aimer. On trouve même cet état de fait profondément injuste et frustrant, parce que l’on admire l’écrivain. Sans contestation possible, Théo Varlet entrerait dans cette catégorie des mal aimés et des mal connus. (…) Grand oublié, à mon sens, de l’omnibus consacré à la science-fiction ancienne dirigé par Serge Lehman, Chasseurs de Chimères, Théo Varlet n’en reste pas moins une figure marquante du merveilleux scientifique, lui qui était doté d’un style attrayant, d’une langue maîtrisée et d’un imaginaire vraiment original, éclectique et atypique. De la poésie au roman, Varlet aura exploré de nombreuses facettes de la science-fiction ; avec André Blandin, par exemple, il signe une belle uchronie avant l’heure, La Belle Valence, explore une poésie classique – il aime le sonnet – mais originale dans son approche thématique, le terme de poésie « cosmique » étant assez parlant ; avec Les Titans du Ciel (premier volume de l’Épopée Martienne), en collaboration avec Octave Joncquel, il imagine un système solaire rempli de vie extraterrestre où la Terre prend contact avec les martiens et les joviens, où les martiens – voir ici l’influence déjà très forte de H.G. Wells – ont des intentions nocives envers notre planète.
(…) La Grande Panne, paru en 1930, raconte l’épopée d’une jeune femme intrépide, Aurore Lescure – Varlet se démarque déjà de son époque par cette utilisation d’un personnage féminin fort – qui a tenté d’atteindre la Lune dans une fusée construite par son père, un savant américain. Cependant, elle rapporte dans ses bagages un organisme qui se nourrit d’électricité ! (…) Derrière un récit d’aventures très bien mené, Varlet explore à sa manière des questions de société, l’avenir de l’humanité et les conséquences des progrès scientifiques. »

Xavier Dollo,
auteur et éditeur de science-fiction

 

Théo Varlet : quelques éléments bio-bibliographiques

Né en 1878 à Lille, Théo Varlet passe une grande partie de sa jeunesse à voyager en France et en Europe. Après trois recueils publiés avant la première guerre mondiale, il traduit dans les années 20 et 30 de nombreux auteurs anglo-saxons dont Stevenson, Melville et Kipling et publie également une vingtaine de recueils de poésie, de récits et de romans d’anticipation, souvent salués par la critique. Malgré les éloges, quasiment aucun de ses ouvrages n’a été réédité après sa mort survenue en 1938.

Quelques œuvres marquantes : Heures de rêve (Ninez et Lecocq, 1898), Notes et poèmes (éditions Du Beffroi, 1905), Les Titans du ciel (en collaboration avec Octave Joncquel, E. Malfère, 1921), L’Agonie de la terre (en collaboration avec Octave Joncquel, E. Malfère, 1922), La Belle Valence (en collaboration avec André Blandin, E. Malfère, 1923), Le Roc d’or (Plon et Nourrit, 1927), Ad astra et autres poèmes (A. Messein, 1929), La Grande Panne (éditions des Portiques, 1930), Aurore Lescure, pilote d’astronef (L’Amitié par le livre, 1943).

16 juin 2013

ArchéoSF fête ses 2 ans et bichonne ses lecteurs

La collection ArchéoSF accueillie par publie.net fête ses deux ans. Pour l’occasion, du 13 au 28 juin, 16 titres seront vendus 0.99 € et un roman pourra être téléchargé gratuitement. Avec les récentes mises en avant des éditions Bragelonne et L’Atalante et maintenant ActuSF, ce sont les amateurs de science-fiction qui vont être contents !

 

 

La collection ArchéoSF, dirigée par Philippe Ethuin (voir son blog, riche de mille aventures, mille images, mille énigmes) et relookée par Roxane Lecomte, souhaite balayer l’ensemble des genres de la science-fiction ancienne et l’on y trouve des anticipations, des aventures extraordinaires, des utopies, des uchronies, des histoires de savants fous, des récits préhistoriques… Publiée chez publie.net, elle compte désormais 17 titres avec :

► des classiques : Les navigateurs de l’infiniLa force mystérieuseLa mort de la terre et Un autre monde de Rosny aînéLe formidable événement et Les trois yeux de Maurice Leblanc, ou  L’Automate de Ralph Schropp

► des redécouvertes telles les œuvres de Joseph Méry Histoire de ce qui n’est pas arrivé (une des premières uchronies de l’histoire) ou Nouvelles de l’avenir (une anticipation), le premier prix Goncourt (qui est de la pure science-fiction), Force ennemie de John-Antoine Nau ou les Zigzags à travers la science de Michel Verne (fils de Jules)

► des textes oubliés comme ceux de Pierre VéronLe Racommodeur de cervelles et autres nouvelles et de Samuel-Henri BerthoudVoyage au ciel

► des textes qui avaient échappé à tout le monde jusqu’alors tels L’amour en mille ans d’ici de Gustave Marx (une anticipation cabbalistique) ou Une chasse préhistorique à l’époque magdalénienne de A. Portier

► une anthologie : En 1950 (4 contes et nouvelles retrouvés dans la presse datant du XIXe siècle)

► une curiosité quasi oulipienne : Haïkisations extraordinaires de Jules Verne

Vendus habituellement entre 1.99 € et 4.99 € (sauf les 4 titres de Rosny aîné), l’ensemble du catalogue sera proposé au prix mini de 0.99 € du 13 au 28 juin et L’amour en mille ans d’ici (ou comment le merveilleux, la cabale et la science-fiction font soudain bon ménage), un texte paru en 1889, sera offert à tout internaute et sans obligation d’achat sur l’ensemble des plateformes de ventes de livres numériques.

Pour retrouver tout le catalogue d’ArchéoSF sur la librairie ePagine, cliquez ici.

Bonne archéo-lecture !

ChG

 

19 juillet 2012

Pacifico, premier roman du Comte Kerkadek (éditions de Londres)

Le 16 mai dernier, nous annoncions ici-même l’entrée au catalogue numérique de 85 titres payants (0.99 €) des éditions de Londres. D’abord diffusés gratuitement sur leur site, ces titres pouvaient cette fois être téléchargés par les internautes chez tous les revendeurs de livres numériques ainsi que sur les sites des libraires en ligne (ePagine et le réseau de libraires partenaires inclus). Dans le même temps, les éditions de Londres avaient eu la bonne idée de proposer 15 autres titres, gratuits ceux-là et toujours aux formats PDF, ePub et Mobi. Aujourd’hui, le catalogue de cette maison d’édition numérique contient 111 textes. On y trouve surtout des classiques d’auteurs francophones (Londres, Verne, Jarry, Maupassant, Lafargue, Voltaire ou encore Xavier de Maistre), des pamphlets, des tragédies, des récits de voyages et des écrits politiques (Aristophane, Bougainville, Élisée Reclus, Bakounine, Étienne de La Boétie, Kropotkine, Marco Polo, Zo d’Axa…) et quelques œuvres d’auteurs oubliés ou trop méconnus (dernièrement Georges Darien). L’originalité de cette maison d’édition, outre de proposer un catalogue très orienté et de soigner ses fichiers, est de proposer à l’intérieur du livre numérique mais également sur le site des contenus fouillés et des points de vue intéressants (préfaces qui permettent d’apporter un angle différent sur l’œuvre choisie, biographies, couvertures originales, critique…).

Il y a un mois, nous découvrions dix textes supplémentaires mais également une nouvelle charte graphique, des couvertures plus visuelles, plus travaillées.

Aujourd’hui (nouveauté attendue puisque annoncée très tôt), la maison d’édition vient de mettre en ligne non pas un texte d’un auteur classique mais d’un auteur contemporain. Et, une fois de plus, les éditeurs n’ont pas fait les choses à moitié. À la fois récit d’aventures initiatique, roman surréaliste, roman à feuilleton dans la tradition dix-neuviémiste, roman à tiroirs (il y a ici tout un jeu de miroir entre l’auteur, le narrateur, le lecteur et un certain Docteur Furtado, jeu qui démarre d’ailleurs dès la préface), road-novel,…, Pacifico (sous titré Roman vrai) joue aussi avec les codes du thriller, les romans conspirationnistes et paranoïaques tout en dénonçant le traitement inhumain des poulets en batterie et en offrant un regard acéré sur les États-Unis actuels. Si en plus de ça vous ajoutez une bonne dose de mystère autour de l’auteur, vous avez là un univers des plus délirants. Ça ne plaira pas à tout le monde c’est certain mais ce choix éditorial a le mérite d’être agréablement accompagné et dignement assumé. Pour en savoir plus, je vous conseille vivement de lire (et de savourer j’espère) la page consacrée à ce roman sur le site de la maison d’édition numérique ainsi que celle qui présente l’auteur de Pacifico, le Comte Louis de Kerkadek, dit La Pérouse, un navigateur, explorateur et écrivain français né au début des années soixante dans un hameau du Nord Finistère (où il vit toujours) dont « des périodes entières de sa vie restent à ce jour un mystère » et qui donne peu d’interviews (dixit les éditeurs).

Après un court résumé de l’histoire, je vous propose de lire infra la préface de l’auteur. Si vous souhaitez lire les trois premiers chapitres avant d’aller plus loin, sachez que vous pouvez télécharger gratuitement un extrait plus important ici. Ce roman, en France, est vendu au même prix partout : 3.99 €.

ChG

 

Récemment débarqués aux États-Unis, Gaspard et Léo trouvent du travail chez Furtado’s, la célèbre chaîne de poulets frits. Leur vie insouciante leur convient : amour, sexe, violence, cuisson des poulets. Tout semble aller pour le mieux jusqu’au jour où ils rencontrent Lucien, ancien agent de la CIA, qui leur sauve la vie puis leur révèle un incroyable secret : l’apoyotl. Cette plante du Pacifique serait le fil conducteur entre le naufrage de La Pérouse, l’assassinat de Trotsky, l’avance de l’armée rouge en 1944, Woodstock, et la disparition inexpliquée du fondateur de Furtado’s. Car l’apoyotl donnerait accès à l’Autre Monde. Gaspard et Léo comprennent alors que le destin de l’homme se lit dans le poulet, et qu’il leur faut à tout prix trouver le sens de la vie… avant qu’il ne soit trop tard.

Préface de l’auteur

“ Né de terre bretonne et de père lointain, c’est avec une certaine émotion que je vous dédie, cher lecteur, cet ouvrage, dont je suis certain, vous apprécierez à leur juste valeur les qualités humaines et littéraires.

Auteur novice, trop occupé pendant les quarante dernières années à vivre pleinement mes aventures plutôt qu’à les conter je me mis à la plume sur le tard. C’est donc non pas par facétie mais bien par modestie congénitale que je me refusai à la première personne, préférant utiliser le « il » pour narrer mes exploits. Je laissai la première personne au second rôle, à l’exception de la troisième partie. La première personne sera donc endossée par mon disciple, être prometteur que je ne décourage pas de l’ambition légitime qu’il a un jour de me ressembler.

Cet ouvrage, qu’il connaisse la gloire ou l’anonymat, est un organisme vivant, à l’instar des poulets dont il y est question. Déjà le fruit de multiples transformations, il est certainement destiné à enfanter une progéniture nombreuse. Pour le meilleur ou pour le pire, car il est des poulets comme des hommes, il ne faut jamais se fier à sa première impression. Les hommes comme les poulets sont perfectibles, à condition d’ouvrir les portes des hangars où tristement ils s’abîment dans l’oubli.

Un dernier mot. Longtemps j’hésitai entre deux titres : Mémoires d’Outre Tombe, en hommage au malouin Chateaubriand, et La danse macabre du poulet, en hommage aux poulets. Le choix de Pacifico fut le terme ultime d’une litanie de considérations légales. Mais les œuvres littéraires et leurs titres sont comme les poulets voués à disparaître dans l’oubli d’un nuage de plumes.

Comte Kerkadek, dit La Pérouse ”

© Pacifico, Comte Kerkadek, éd. de Londres, juillet 2012

5 juillet 2012

Arrivée de 3.000 BD et Mangas sur le réseau ePagine

Jusqu’ici, les BD et Mangas étaient très peu représentées sur les sites des libraires partenaires du réseau ePagine. On comptait une centaine de références à peine pour une petite quarantaine d’éditeurs, l’essentiel étant assuré par Mango (13 titres), Pika (19 titres) et Dynamite (36 titres). L’offre était certes très limitée. Mais depuis quelques jours, avec l’arrivée de la vingtaine d’éditeurs distribués par la plateforme digitale IZNEO, ce sont près de 3.000 titres qui sont désormais disponibles sur tous les sites (et 5.000 d’ici la fin de l’année). C’est un événement pour la librairie francophone en ligne, sachant qu’il n’y a pas d’équivalent en Europe (il faut aller aux USA du côté de Comixology ou Marvel pour trouver une proposition similaire où elle est plus importante encore).

 

 

Quand on regarde de près ce catalogue, on se rend très vite compte que la plupart des séries cultes publiées chez les éditeurs connus et reconnus dans le monde entier (Dupuis, Dargaud, Le Lombard, Casterman mais aussi Fluide Glacial, Futuropolis, Gallimard, Les Humanoïdes associés ou encore, pour les Mangas, Kana, Fei ou Sakka) sont là désormais. Les grands dessinateurs, scénaristes, morts ou vivants, ont répondu (ou leurs ayant-droit) à l’appel. D’ailleurs, je ne crois pas me tromper en disant que quasiment toute la BD franco-belge des années 50 est cette fois disponible en numérique. Mais il faut savoir que la production actuelle n’est pas en reste non plus. Et d’ailleurs, chaque mois, de nouveaux éditeurs entrent au catalogue (Cambourakis, Warum et Vroum, par exemple, dans les prochains jours).

Tous les genres ici sont donc représentés et petits et grands devraient s’y retrouver facilement : que vous aimiez les grands classiques, les BD humoristiques et déjantées ou les romans graphiques, que vous soyez attirés par le western, les aventures, les documentaires, la SF, le Fantastique ou l’Heroïc Fantasy, les enquêtes, les BD historiques, que vous soyez des inconditionnels des aventures d’Adèle Blanc-Sec, de Corto Maltese, de Lucky Luke, des Tuniques Bleues, de la série Treize, des Boule et Bill, de Black et Mortimer, de Thorgal, de Valérian, de Ratman, des Sisters, de Monsieur Jean ou bien lecteurs de Bilal, de Jodorowsky, de Schuiten, de Gibrat, de Griffo, de Larcenet, de Catel & Bocquet ! Il y en a pour tous les goûts.

Quant aux prix pratiqués, ils sont plutôt attractifs, variant de 30 à 50 % par rapport à la version papier. Et je sais déjà que des promotions sont régulièrement proposées. On tentera d’ailleurs dans la mesure du possible de le faire savoir sur ce blog via notre nouvelle rubrique BD digitales. Sachez par ailleurs que la plupart des nouveautés paraissent désormais conjointement en papier et en numérique et que, pour chaque titre, les premières planches peuvent être feuilletées en ligne.

Parlons un peu pratique maintenant. Pour l’instant, les libraires du réseau ePagine vous proposaient de recevoir et de lire, après téléchargement, des fichiers multi-formats (PDF, ePub, streaming…) bien que les fichiers au format ePub soient les plus nombreux au catalogue et les plus téléchargés par les internautes. Avec l’arrivée de ce catalogue de BD digitales, ce que les libraires vous proposent est une vente à l’acte avec lecture en ligne (pas d’abonnement encore pour l’instant). Comme vous avez l’habitude de le faire pour les autres livres numériques, vous sélectionnez dans le catalogue le titre qui vous intéresse, vous l’ajoutez au panier et vous le réglez. Vous recevrez un lien dans la foulée. Après avoir cliqué sur ce lien, vous arriverez directement sur la liseuse en ligne fournie par IZNEO et le tour sera joué. Il est bon de savoir que toutes ces BD digitales peuvent être lues sur ordinateur, smartphone ou tablette, la liseuse en ligne fournie par IZNEO s’adaptera au support.

Ci-dessous, vous trouverez la liste des maisons d’édition spécialisées (ou non) en BD, des maisons d’édition qui viennent d’entrer au catalogue numérique (entre parenthèses, nombre de titres à ce jour). Bienvenue à elles ainsi qu’à leurs auteurs, leurs illustrateurs et leurs scénaristes. Quant à vous, bullez bien cet été !

ChG
(promis, la prochaine fois je serai moins long mais il fallait bien ça pour annoncer un tel événement !)

 

Éditeurs de BD proposant l’offre streaming (via IZNEO) sur les sites des libraires partenaires d’ePagine :

Bamboo Editions (258), Casterman (244), Cinebook (58), Dargaud (718), Dupuis (763), Editions Fei (4), Fleurus (12), Fluide Glacial (26), Futuropolis (10), Gallimard (10), Jungle (60), Kana (74), Le Lombard (520), Les Humanoïdes Associés (103), Les rêveurs (20), Mosquito (19), Sakka (16)*

* ne cherchez pas dans cette liste Delcourt, Glénat ou Soleil ; ces maisons d’éditions étant distribuées par le groupe Hachette, nous ne pouvons pas pour l’instant vous proposer leur BD.

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