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Conseils de lecture, entretiens, actualité numérique :

le Livre-Avenir ne se fera pas sans les libraires.

9 décembre 2013

La table et l’étagère. « Le Monde des Livres » et la Librairie

Filed under: + Conseils de lecture,+ ePagine publications,+ Journal de bord,+ Sans attendre Godot — Étiquettes : — Stéphane Michalon @ 07:00

Cette semaine Jean Birnbaum, consacre l’éditorial du « Monde des Livres  » aux « Propos sur le métier de libraire », livre écrit par sept libraires amis et édité en numérique avec ePagine. Nous reproduisons ci-dessous cet éditorial dans son intégralité.

 

Le Monde des Livres
Vendredi 6 décembre 2013
Editorial

Prière d’insérer

La table et l’étagère

Le 31 octobre, ici même, nous réagissions aux attaques racistes contre Christiane Taubira en citant un essai paru il y a plus de dix ans, cosigné par Elisabeth Roudinesco et Jacques Derrida (De quoi demain, Fayard/Galilée, 2001). Peu après, dans sa chronique, Nicolas Offenstadt analysait la révolte des  » bonnets rouges  » à la lumière de l’étude que l’historien Hugues Neveux publia en 1997 sur Les Révoltes paysannes en Europe. XIVe-XVIIe siècle(Albin-Michel). A chaque fois, donc, se trouvait réaffirmé ce principe : si l’équipe de votre supplément littéraire doit rendre compte des parutions, il lui incombe aussi de montrer que l’actualité des livres, c’est leur capacité durable, et toujours renouvelée, à éclairer le cours du monde et de nos vies.

Le geste du critique rejoint ainsi celui du libraire qui prend un livre du fonds, publié il y a un an ou un siècle, pour l’extraire d’une étagère et le remettre sur une table, au beau milieu des nouveautés. Geste à la fois anodin et crucial, qui signe l’engagement propre aux compagnons du texte.  » Par ses assortiments et ses associations, le libraire ouvre le livre à des devenirs nouveaux : on re-lie, donc on re-lit « , dit joliment Josette Vial, qui dirige la librairie Compagnie, à Paris, dans un précieux volume où sept libraires indépendants évoquent, sous forme d’entretiens, l’avenir de leur profession (Propos sur le métier de libraire, 66 p., Editions Rue des Gestes, disponible sur demande, voir Syndicat-librairie.fr). Face aux incertitudes économiques, en pleine révolution numérique, chacun insiste sur la nécessité de s’inscrire dans une continuité, de tenir bon sur son identité, donc de remettre sans cesse le  » stock  » en mouvement grâce à une vraie politique de catalogue.  » Veiller à ce que les livres ne soient pas vécus comme en sursis, candidats à une mort prochaine. Donner le sentiment du temps long, vivant, actif « , affirme Christian Thorel, le patron d’Ombres blanches, à Toulouse. Lisant ces mots,  » Le Monde des livres  » y reconnaît sa propre vocation.

Jean Birnbaum © Le Monde

A chaque métier son atelier.

Amateurs du livre, curieux et intéressés par la cuisine de ce métier de libraire, vous êtes les bienvenus .

Professionnels d’un des métiers du livre et libraires en réflexion permanente, ce livre est écrit pour vous, par vos confrères.

A lire et à partager, « Propos sur le métier de libraire » est notamment disponible au SLF, sur ePagine.fr, et chez chacun des libraires auteurs des 6 articles qui composent ce recueil.

  • Josette Vial (librairie Compagnie à Paris) : le plaisir d’assortir des livres
  • Philippe Touron (librairie le Divan à Paris) : « Un métier de patience et d’humilité » – management et gestion en librairie
  • Pascal Thuot (librairie Millepages à Vincennes) : « Vendre en librairie ? Une aventure de tous les jours »
  • Jean-Jacques Tonnet (librairie Tonnet à Pau) : « Tu seras libraire tout le temps » – de l’animation en librairie
  • Isabelle Schulmann et Antoine Fron (librairie l’Arbre à lettres Mouffetard à Paris) : la transmission en librairie : une « folie raisonnée »
  • Christian Thorel (librairie Ombres blanches à Toulouse) : la librairie en « représentations » ?

Stéphane Michalon
ePagine

18 avril 2013

Quelles sont les librairies partenaires d’ePagine ?

Depuis notre dernière mise à jour fin 2012, les partenariats et affiliations avec des libraires ont tellement évolué qu’il était grand temps de remettre un peu d’ordre dans notre liste. C’est chose faite depuis mardi grâce à Nina Steffan que vous pourrez d’ailleurs contacter ici si jamais vous souhaitiez des renseignements complémentaires.

Dans la liste infra, sont recensées les librairies partenaires de ePagine : les sites des librairies qui vendent des livres numériques sur leur site ou en magasin via tout ou partie des services apportés par ePagine et les librairies affiliées à la librairie ePagine.

Cette liste actualisée le plus régulièrement possible est disponible de manière permanente via une page dédiée dans la colonne de droite de ce blog. Pour la grande majorité de ces librairies, ePagine en est la web agency et assure le service après-vente via sa hotline.

 

***

LES SITES NUMÉRIQUES

 

A

Actes Sud (Le Mejan)
ActuSF
Alinéa
Ange Bleu (L’)
Arbre à Lettres
Athenaeum de la Vigne et du Vin
Attitude
Autrement

B

Bailleuloise
Beaux Titres
Brouillon de culture

C

Cité Internationale de la Bande Dessinée et de l’Image
Club.
Contact

D

Delamain
Des Livres
Divan
Doucet
Durance

E

eLibrairie La Croix

F

Filigranes
Furet du Nord

G

Galignani
Gallimard
Gibert Joseph

K

Kléber

L

Lamartine
Le Failler
Le Passage
Librairie Antillaise
Librairie de Paris (Paris)
Librairie de Paris (St Etienne)
Librairie des Signes
Livremoi

M

Maison du Livre
Martin Delbert
Masséna
Mollat

P

Passion culture
Press’Line
Procure
Procure Terre et Ciel

Q

Quartier Latin

S

Sauramps
Socolivre

T

Temps Livres
Temps modernes
Torcatis
Tropismes

V

Vent d’Ouest
Virginméga

 

***

LE NUMÉRIQUE EN MAGASIN
Bornes ePagine

Actes Sud le Méjan – Arles
Alinéa – Martigues
Doucet – Le Mans
Lamartine – Paris
La Procure – Paris
La Procure Terre et Ciel – Nice
Le Passage – Alençon
Millefeuilles – Bièvres
Musée d’Art Moderne de Paris
Torcatis – Perpignan

 

***

AFFILIATIONS  DE LIBRAIRIES
à la Librairie ePagine

 

PORTAILS DE LIBRAIRIES
affiliés à la Librairie ePagine

 Place des libraires


Paris Librairies

 

 ***

 

 LIBRAIRIES
affiliées à la Librairie ePagine

Antre Monde
Breithaupt
Brillat Savarin
Critic
Droguerie de Marine
Libreria di Fama
Marbot
Les Oiseaux Rares
Orielle
Pax

 

***

 

Librairies
affiliées à la librairie ePagine
dans le cadre d’un projet partagé

 ePagine & Cie, Libraires associés

Compagnie, Paris
Ombres Blanches, Toulouse
Passages, Lyon
Le Square, Grenoble
Tonnet, Pau

14 décembre 2012

ePagine jour après jour plante sa forêt numérique

Après Les Dimanches de Jean Dézert de Jean de la Ville de Mirmont, ePagine vient de fabriquer et de mettre en ligne son deuxième livre numérique, L’homme qui plantait des arbres de Jean Giono. Ces deux textes (et les prochains) seront en permanence offerts sur la librairie epagine.fr avec tout téléchargement de livres numériques payants ou gratuits ou bien sur simple demande. C’est ainsi qu’ePagine, jour après jour, comme Elzéard Bouffier a reboisé avec patience et détermination une partie de la montagne en Haute-Provence, est en train de planter sa forêt numérique.

 

ePagine publications numériques

Cet été, dans l’esprit des Clubs des libraires, ePagine offrait en exclusivité à tous les abonnés à sa newsletter un livre numérique réalisé par son service e-fabrication sous la marque ePagine publications numériques : Les Dimanches de Jean Dézert de Jean de La Ville de Mirmont. Un geste pour remercier celles et ceux qui, en créant leur compte sur epagine.fr, avaient choisi de soutenir une entreprise au service de la librairie indépendante francophone. Quelques jours plus tard, cet ebook au format ePub pouvait être téléchargé gratuitement par tout internaute et lu sur différents supports de lecture. Pour en savoir plus, cliquez ici.

En cette fin d’année, ePagine publications numériques vient de mettre en ligne un nouveau livre numérique, L’homme qui plantait des arbres de Jean Giono (on en parle plus bas). D’autres titres suivront en 2012 : le prochain est quasiment prêt et le suivant est en cours de fabrication.

Avec cette collection, ePagine souhaite planter sa forêt numérique : éditer, au gré des idées et des envies de toute son équipe, des textes libres de droits et partager ces textes qui, le plus souvent, n’ont jamais été édités en ePub ou ne sont disponibles que sur des sites concurrents des librairies indépendantes. Ainsi, plutôt que de produire à la volée des centaines de textes issus du domaine public, ePagine préfèrera publier peu mais avec la garantie que les fichiers seront soignés et de qualité (composition et correction). ePagine proposera donc des textes choisis à l’unanimité par son « comité éditorial », des textes qui bénéficieront du savoir-faire de Sébastien Cretin et de son équipe (Karen Etourneau, Damien Desroches et Xavier Mottez) : graphisme, écriture xhtml, feuilles de style (CSS, navigation interne, activation des tables des matières, index, hyperliens, nouvelles compositions typographiques (mise en page, polices, lettrines, taille des titres, des signatures,…)) et relecture. Ces éditions seront toutes enrichies d’une préface ou d’une dédicace qui fera sens ainsi que d’une biobibliographie fouillée et soignée.

 

 

Comment se procurer ces titres ?

Ces deux premiers livres numériques, édités et fabriqués par le service e-fabrication de ePagine, seront en permanence offerts sur le site de la librairie epagine.fr avec tout téléchargement de livres numériques payants ou gratuits ou sur simple demande à Stéphane Michalon.

Pour se les procurer, créez d’abord un compte sur epagine.fr ou identifiez-vous si vous l’avez déjà créé. Choisissez ensuite dans le catalogue numérique un livre numérique gratuit ou payant. Lorsque vous aurez validé votre panier, vous recevrez immédiatement un courriel récapitulatif. Vous retrouverez là tous les titres achetés (gratuits ou payants) ainsi qu’un lien de téléchargement vers la liste des titres fabriqués par ePagine publications numériques. Ces titres offerts par ePagine sont sans DRM et pourront être lus sur le support de lecture de votre choix (liseuse, tablette, smartphone ou ordinateur).

 

 

Jean Giono
L’homme qui plantait des arbres

Au cours d’une de ses promenades en Haute-Provence, Jean Giono a un jour rencontré un personnage extraordinaire, Elzéard Bouffier, un berger solitaire et paisible qui plantait des arbres, des milliers d’arbres. Au fil des ans, le vieil homme a réalisé son rêve : les arbres ont grandi, la lande aride et désolée est devenue une terre pleine de vie…

Vous trouverez dans ce format ePub, en plus du texte intégral, un fac similé d’une lettre de Giono et un lien vers toutes les éditions poches et grand format illustrées et annotées aux Éditions Gallimard et Gallimard-jeunesse. Vous trouverez également en page dédicace de ce livre numérique un hommage à Olivier Ferrand, député français, également fondateur du think tank Terra Nova, décédé à l’âge de 42 ans le 30 juin 2012. À travers son histoire et l’histoire de ce texte, ePagine adresse cette simple dédicace à tous ceux qui d’une façon ou d’une autre consacrent aujourd’hui leur vie à planter des arbres pour l’avenir.

ChG

5 novembre 2010

Sans attendre Godot 2 : tactique libraires

– Momo ouvre un magasin –

Filed under: + Sans attendre Godot — Étiquettes : , , , , — Stéphane Michalon @ 13:27

– Ouais ! fit Riton Godot après un long silence. Je me demande si… ? Il laissa sa phrase en suspens. Un vrai truc de gros-bras, histoire de sentir ses hommes bien en main. D’ordinaire il y avait toujours quelqu’un dans le personnel qui faisait un effort et essayait de formuler la pensée du patron

(Sans attendre Godot, John Amila, nrf, Série Noire, © Librairie Gallimard, 1956, Chapitre I, Paragraphes 1-2)

Résumé de l’épisode stratégique précédent*

La librairie doit être un acteur affirmé de la commercialisation des textes numérisés car les textes jusqu’ici édités et lus en format papier seront demain également édités et lus en formats papier et numérique. Ce changement est très rapide. Nous sommes dans une guerre de mouvement. Sans attendre Godot nous élaborons une stratégie d’engagement dont la finalité sera d’être dès demain des acteurs essentiels de la commercialisation des textes numérisés.

Cette stratégie nous impose de continuer à repenser notre place et notre rôle de libraires dans nos villes.

De la stratégie à la tactique

L’objectif de ce texte est donc maintenant de passer directement à une proposition tactique en trois phases distinctes mais sans doute indissociables pour qui voudra gagner. Soyons très clairs : ce schéma tactique proposé par ePagine a l’immense avantage, si nous partageons à terme la même stratégie, de vous permettre d’en être sans hypothéquer les solutions qui se dessineront ou se dessinent déjà au niveau de l’interprofession et auxquelles ePagine sera forcément associé.

Présentation

SCHÉMA TACTIQUE EPAGINE POUR LA LIBRAIRIE

1. Je crée un nouveau rayon et le présente sur Internet et en magasin

1.1 Je présente ce rayon sur Internet

1.2 Je présente ce rayon en magasin

2. J’interclasse ce rayon aux autres rayons de ma librairie

2.1 Dans mon magasin

2.2 Dans mon site internet

3. J’ouvre un magasin, par extension, dans un reader en connexion

Explications

1. Je crée un nouveau rayon et le présente sur Internet et en magasin

Je crée le rayon. Régulièrement nous avons été amenés à créer de nouveaux rayons. Le rayon numérique sera donc très simplement abordé comme la création d’un nouveau rayon. Il faut considérer ici le format numérique comme nous avons considéré le format poche et ses évolutions. Ce qui fait l’urgence de la création de ce nouveau rayon n’est peut-être pas tant son fort potentiel de ventes supposées que le fait qu’il porte sur un segment qui fait partie de notre cœur de métier, la littérature, exactement comme le format poche. Même segment, cela signifie mêmes clients, lecteurs de littérature, et donc urgence à proposer ce rayon numérique et à continuer de se positionner en vendeurs de littérature.

1.1 : Je présente ce rayon sur Internet

Je crée un site de vente de livres numériques. Cette action est la plus simple à réaliser pour prendre position dès maintenant. C’est la plus accessible tant d’un point de vue technique que financier.

Cas N°1 : J’ai déjà un site Internet. J’ajoute simplement un onglet « Livres numériques » à mon site. Dans un premier temps les paniers de commandes papier et numérique sont séparés mais j’avance à ma vitesse.

Cas N°2 : Je n’ai pas de site Internet. Ce site uniquement dédié au livre numérique devient donc mon premier site libraire. J’apprends à monter en puissance par simple référencement naturel en m’appuyant sur le savoir-faire technique acquis par ePagine, sur ma propre communication en magasin et éventuellement (c’est un conseil) en associant ce site à un blog. ePagine peut vous fournir une trame de blog wordpress.

Offre commerciale corner ePagine de vente en ligne :

  • coût de mise en place du site : 200 euros HT,
  • abonnement 60 euros HT par mois,
  • commission sur ventes : 9% du CAHT.

Cette offre comprend :

L’accès à la base de données des livres numériques, le serveur de commande vers tous les entrepôts (Numilog (Hachette et d’autres diffusés), ePlateforme (Editis), Eden-Livres (Gallimard, Volumen, Flammarion, CDE, Sofédis), Immatériel (Publie.net), Demarque (Québec), L’Harmattan…), le S.A.V. complet pour les livres numériques et les supports de lectures, pour vous et pour vos clients, un back office d’animation, la solution de paiement ePagine, et surtout vous avez une web-agency spécialisée dans la librairie et qui avance avec vous…

Autre façon de le voir, vous disposez de tout cela avant Noël pour le coût de deux Nymphéas (Hazan) pour l’inscription, et d’une pile de 5 Siècle des nuages (Gallimard) pour l’abonnement.

1.2 : Je présente ce rayon en magasin

Je mets en place le rayon numérique en installant une borne numérique dans ma librairie. Cette borne avec son écran tactile fait décor, fait rayonnage. Elle est alors un élément très fort de la mise en scène de notre capacité à commercialiser le numérique.

Offre commerciale ePagine pour une interface de borne grand public :

  • frais d’installation à partir de 200 euros HT,
  • abonnement 60 euros par mois,
  • commission sur ventes 9% ou 6% si plan de formation annuel des libraires du magasin.

Cette offre ne comprend pas le coût d’achat du matériel que nous pouvons vous proposer.

2. J’interclasse ce rayon aux autres rayons de ma librairie

Interclasser le livre numérique c’est faire en sorte que le client puisse parcourir et acheter en même temps des livres papier et des livres numériques. C’est une action essentielle pour que nos clients lecteurs ne séparent pas leurs achats. Cette action présuppose qu’en tant que libraire vendeur de textes vous ayez décidé de répondre à la demande ou à la recherche d’un texte en proposant tous les formats disponibles pour celui-ci, en papier et en numérique. Cette action est d’une telle évidence que je ne vais pas l’exposer longuement à nouveau (cf Sans attendre Godot (1)) mais simplement la décomposer entre interclassement en magasin et interclassement sur Internet.

2.1 J’interclasse dans mon magasin

Je réponds à une recherche, je commande et je vends un livre numérique depuis le logiciel de gestion de stock. J’introduis donc le numérique dans mon logiciel de gestion unitaire pour être en capacité de prendre les commandes clients numériques à partir de n’importe quel poste informatique du magasin et de le vendre en caisse comme n’importe quel livre.

Sur ce point ePagine a montré la voie dans sa collaboration active lors des dernières versions de la base de données Medialivre et du logiciel de gestion libraire Medialog. Ceci correspond pour les clients Tite-Live à l’offre commerciale « Interface de vente livre numérique MédiaBase-pro +Web-Services Caisse » disponible sur simple demande.

2.2 J’interclasse sur le site Internet

Je propose tous les formats disponibles pour un même texte et je réalise un seul panier comprenant plusieurs types de livres.

Là encore ePagine a montré la voie dans sa collaboration première avec les sites Mediaweb (anciennement aligasStore). Ceci correspond pour les clients Tite-live Mediaweb à l’offre ePagine simple sur site Mediaweb.

Aujourd’hui ePagine continue d’avancer sur ce point en s’engageant et en collaborant avec différentes autres web-agency comme c’est le cas par exemple avec enovAlp pour mollat.com et laprocure.com, Evolution pour furet.com, ou Ithelios pour virginmega.fr (mise à jour 2012).

3. J’ouvre un magasin, par extension, dans un reader en connexion

Aujourd’hui se créent dans des objets connectés, dans des supports de textes dédiés à la lecture, des lieux, des emplacements où dans une même agrégation de fonctions on achètera, on rangera et on lira des livres. Appelons cela du terme générique d’applis : applis dans l’iPad, dans les téléphones Android, dans l’Orizon de Bookeen dès 2010. Aujourd’hui évidemment dans tous les modèles de l’Odyssey (maj 2012)… Appliquons-nous à être présents dans ces lieux qui seront de fait spécialisés dans la proposition des formats numériques. Ne laissons pas tomber la mise en scène qualitative de l’offre dans ces lieux. Transposons ce savoir-faire en y prenant pied chaque fois que cela sera possible. Dans cette action nous devons avancer quasiment comme dans un type de projets d’extensions que nous connaissons ; il s’agit d’animer sur le trottoir d’en face, ou ailleurs dans un objet, une librairie que nous aurons spécialisée dans un format.

Là encore il faut aller vite car nos concurrents avancent avec des modèles verticaux extrêmement captifs. Ici les moyens sont certainement à mutualiser pour imposer un modèle plus ouvert qui devra à terme mettre par terre cette stratégie verticale fermée. Mais cette mutualisation ne doit en aucun cas nous empêcher d’aller vite. Nous pouvons aller vite car nous ne partons pas de rien. Nous partons d’un métier et nous partons de vos noms de librairies. Ces noms, vos marques, sont sur Internet autant d’emplacements à conquérir, autant d’extensions de vos magasins à saisir. Vous vous êtes battus pour vos emplacements en centre ville, il vous faut vous battre pour vos emplacements sur Internet accessibles dans des objets-supports de lecture. Si nous ratons ces emplacements nous passerons à côté des lieux où nous pourrons exercer notre métier. Un emplacement, une extension sur le .com, une autre dans l’iPad, une autre dans l’Odyssey de Bookeen, une autre dans une borne. Il n’y aura plus de librairies qui ne soient elles-mêmes une petite chaîne de librairies du même nom.

Des réussites de librairies par extension sur le trottoir d’en face ou d’à côté, vous en connaissez. Celles qui réussissent sont souvent le fruit d’un bel équilibre entre mise en scène d’une spécialisation par rayons et repositionnement des rayons fondateurs. Je pense notamment :

– à Nantes, Coiffard Tome 2 et on traverse la rue de la Fosse ; à Nantes encore, Vent d’Ouest dans l’emplacement du Lieu Unique,

– à Vincennes, Millepages Jeunesse BD sur 2 emplacements, puis 3 et puis à nouveau 2,

– à Paris, Le Divan Jeunesse en face du Divan à Paris et même chose pour la Maison du livre à Rodez : deux magasins en face à face,

– à Bruxelles, A livre Ouvert qui devient A Livre Ouvert – le Rat Conteur,

– à Poitiers, La Belle aventure qui, à l’inverse des autres, ouvre une librairie de littérature en face d’une librairie jeunesse,

– et encore l’Atelier à Paris dans le 20ème, L’Armitière à Rouen…

Avoir sa librairie présente dans une tablette ou dans un reader c’est ouvrir un nouveau magasin spécialisé. Vous pouvez envisager la création d’emplacements numériques dans les readers comme autant d’extensions de vos magasins, comme autant de  librairies numériques dans des objets, des tablettes, des readers en connexion Internet. Nous sommes capables et prêts à vous accompagner dans ce sens dès à présent :

En ce début de mois de Novembre 2010 : dans le reader connecté Orizon, dans le cadre d’un partenariat avec la société française Bookeen. Le prochain Sans attendre Godot portera sur cette offre de partenariat permettant au libraire de proposer de façon non exclusive sa boutique dans l’ORIZON. Aujourd’hui évidemment dans tous les modèles de l’Odyssey (mise à jour 2012).

En cette fin 2010 : dans l’univers Apple, dans l’iPad et dans l’iPhone. ePagine développe en ce moment une appli iPad-iPhone qui permettra aux libraires de proposer à des lecteurs un ensemble : Librairie pour acheter + Bibliothèque pour ranger + Lecteur compatible Adobe pour lire. La version béta de cette appli est déjà en ligne. Nous ne manquerons pas de vous tenir au courant sur ce blog des prochaines et principales étapes de ce développement à savoir la version dite « user friendly » puis les déploiements libraires. Aujourd’hui l’appli existe pour IOS ( Ipad, Ipod, Iphone) et pour Android. Un lecteur HTML5 est aussi en fonction pour la lecture en streaming (mise à jour 2012).

Pour conclure ce Sans attendre Godot (2)

1. Je crée un nouveau rayon et le présente sur Internet et en magasin

1.1 Je présente ce rayon sur Internet

1.2 Je présente ce rayon en magasin

2. J’interclasse ce rayon aux autres rayons de ma librairie

2.1 Dans mon magasin

2.2 Dans mon site internet

3. J’ouvre un magasin, par extension, dans un reader en connexion

N’attendez pas pour vous décider qu’on vous propose des moyens lourds, chers, globaux, fusionnés, complexes… Ne vous pointez pas en gare avec une heure de retard. Ne comptez pas sur les retards de la SNCF pour vous sauver la mise. Ouvrez, placez maintenant de simples rayons et magasins numériques et fonctionnels. Ces actions tactiques  vous permettront d’être là, de le faire savoir et d’acquérir rapidement un savoir-faire. Pour le reste, on verra en marchant ensemble, audacieux. « La peur cause à la guerre mille fois plus de dégâts que l’audace. » (Clausewitz)

Stéphane Michalon (Orléans, Librairie Les Temps Modernes, Malakoff, ePagine, les 2 et 3 novembre 2010)

Sans attendre Godot, Momo ouvre un magasin…

Au début, ça à l’air facile, d’ouvrir un magasin. Il suffit d’avoir des choses à vendre, des étiquettes, une pancarte pour que les clients sachent qu’ils sont dans le magasin. On peut alors commencer. Le problème, c’est les clients. Ils ne veulent rien. Ils discutent tout. « J’ai autre chose à faire que de vendre des chewing-gums mâchés à des débiles ! » pense Momo..

(Momo ouvre un magasin, Nadja, Mouche de l’école des loisirs, 5,2 €)

Le livre des libraires qui aiment déjà ouvrir des librairies tout seuls

24 octobre 2010

Sans attendre Godot (1)

Filed under: + Sans attendre Godot — Étiquettes : , , , , , — Stéphane Michalon @ 10:20

– Ouais ! fit Riton Godot après un long silence. Je me demande si…?

Sans attendre Godot, John Amila
(chapitre I, paragraphe 1)
Série Noire nrf (1956)

Il y a mille et une façons d’être libraire, c’est-à-dire d’exercer le métier de libraire et de commercialiser des textes édités par des éditeurs.

Tant que les éditeurs n’éditaient que sur papier on pouvait croire, à raison, que le métier de libraire était de vendre des livres, des beaux livres, des livres brochés, des livres reliés, des livres de poche… Mais à y réfléchir nous savions bien que nous vendions déjà bien autre chose : des services, des choix, des repères, du désir, du désir de savoir, du désir de lecture, du temps, du temps passé dans un lieu, du temps passé en librairie, au milieu de milliers de livres agencés sur des tables, rangés dans des étagères, emballés pour offrir, ouverts pour pouvoir les feuilleter. La librairie ce sont des vitrines de livres sur la rue, des vitrines de livres éclairées le soir, des lieux ouverts en centre ville, des lieux de promenades, des lieux de rencontres, des lieux publics facilement accessibles où toute personne peut entrer sans qu’on ne lui demande rien. La preuve est faite depuis longtemps qu’aller en librairie, pousser la porte d’une librairie, ou entrer sans même la pousser parce que la porte est ouverte est un acte répété chaque jour des milliers de fois par des milliers de personnes. Le trafic comme on dit aujourd’hui, notre premier trafic est là. Les noms des librairies sont des marques dans nos villes ou nos quartiers et autant de noms de rendez-vous. Rendez-vous chez Mollat. On se retrouve tout à l’heure à la Galerne ? Rendez-vous à l’Arbre à Lettres ou du Voyageur,  aux Vents d’Ouest et du Sud, à Paris ou à Pékin. Rendez-vous entre amis, rendez-vous de médiation, rendez-vous entre des lecteurs et des auteurs, entre des lecteurs et des textes.

Le texte existe en numérique… et alors ? Pourquoi ne serait-il pas lui aussi au rendez-vous ? Pourquoi, sous prétexte que le texte est en numérique, celui-ci serait-il absent de ce lieu de médiation qu’est la librairie ? Parce qu’on ne saurait pas le montrer ? Parce qu’on ne saurait pas le conseiller sous prétexte qu’il est en numérique ? Parce qu’on ne saurait pas le vendre sous prétexte qu’il est en numérique ? Et voilà le libraire qui dirait à son client de rentrer chez lui ou d’aller voir ailleurs sous prétexte que l’éditeur proposerait le texte en numérique.

Le métier de libraire s’est maintes fois réinventé. Il va s’adapter aussi au numérique. Si un texte est édité en grand format, en poche, en numérique, pourquoi ferions-nous la bêtise d’en refuser la vente en numérique dans les lieux que les meilleurs clients fréquentent lorsqu’ils désirent acheter des textes ?

Non, personne ne dira non à un client sous prétexte que le texte est en numérique. Quand il entrera dans ces librairies, il saura que les libraires seront en mesure de lui dire oui.

– Effectivement ce numéro de la Nouvelle Revue de Psychanalyse n’est plus disponible depuis longtemps en papier mais il n’y a aucun problème, vous pourrez le lire et travailler sur cet article d’André Green car il est toujours disponible en numérique. Vous le voulez ?…
– Ah du coup le Stiegler vous le voulez aussi en numérique ? Pas de problème, c’est pas encore remboursé mais c’est quand même un peu prescrit. Dès votre passage en caisse vous le recevrez dans votre boîte mail avec un petit SMS de confirmation. Elle n’est pas belle la vie ?…
– Vous avez lu Naissance d’un pont de Maylis de Kerangal ?

Quand tous les clients entreront dans ces librairies ils sauront que les livres des éditeurs seront disponibles en numérique parce que dans leurs rayons numériques ces livres seront facilement accessibles. Les libraires auront des bornes, des écrans, des rayonnages numériques, du wifi accessible, des applis… Les outils de feuilletage des éditeurs seront en place en centre ville et accessibles en librairie au moment où quelqu’un sera en désir de lecture, voire en grand désir de lecture. Éditeurs, libraires, vous, nous, nous avons tous besoin de grands lecteurs. Ces grands lecteurs fréquentent les librairies. Beaucoup de ces grands lecteurs ont plaisir à acheter en librairie. À passer en caisse avec 3, 4, 5, 6 livres qu’ils liront, ou très vite ou plus tard, mais pour lesquels nous aurons su leur donner envie maintenant. Mais si ces livres existent en numérique ces grands lecteurs ne les liront pas pour autant sur Internet. Ils les liront pour une grande part en concentration, via une rentrée en lecture qui se fera le plus loin possible d’un mode ultra-connecté, d’un mode en zapping. Pour ces grands lecteurs la lecture d’un roman en numérique plusieurs heures durant ne se fera pas forcément sur Internet derrière un PC mais sans doute plutôt sur des écrans adaptés à cette lecture. Dès lors, pourquoi l’achat, la découverte, l’envie de lire se ferait-elle forcément sur Internet ? Pourquoi ce moment de décision de l’acquisition d’un texte, cette alchimie née de l’agencement, de la présentation, de l’intelligence des rapprochements d’un texte avec d’autres textes se feraient-ils seulement sur Internet et pas en librairie ? Le moteur de recherche d’un site Internet, ce sont des centaines de milliers de titres quand le stock d’une librairie en propose quelques dizaines de milliers, certes et c’est la force de certains. Mais la home d’un site Internet se réduit à une dizaine de nouveautés quand les tables d’une librairie en propose plusieurs centaines. Or, c’est à partir de cet agencement de livres nouveaux, à partir de cette recette composée de titres à nouveau rapprochés les uns des autres que se crée un premier son, une partition, dont toute la chaîne du livre a besoin, une médiation où se mêlent les choix des libraires dans ceux des éditeurs.

Bien sûr la vente de livres numériques se fera aussi sur Internet. Bien sûr ! Nous ne sommes pas naïfs et nous savons déjà que ces ventes se feront en très très grande partie sur Internet. Mais sur quels sites ? Comment feront les libraires pour que sur leurs zones de chalandise, sur le territoire de leurs marques, cette vente se fasse sur leurs propres sites si dans le même temps, dans leurs magasins ils ne montrent pas très très clairement qu’ils maîtrisent totalement la commercialisation des éditions en numérique ? Et donc, en plus de la présence du numérique dans leurs bases de données, dans leurs logiciels de gestion, dans les vitrines et rayons numériques à inventer, leurs propres sites Internet seront accessibles directement en librairie. Une seule et même fiche client sera créée sur le web et en magasin. Chaque librairie sera sur Internet avec du trafic sur son site parce que celui-ci sera aussi en magasin partie prenante d’un dispositif complet de capacité à commercialiser le numérique.

Oui, une page de l’histoire de la librairie se tourne. Là où nous avions un magasin en centre ville, un emplacement, rien qu’un emplacement, il nous faudra ouvrir plusieurs magasins sur Internet, dans une toile où les emplacements ne sont jamais gagnés d’avance. Quand nous avons grandi sur un ou quelques points de vente, désormais il faudra d’emblée en ouvrir plusieurs sur Internet et dans autant d’objets connectés à Internet. Une vitrine sur la rue, une table à l’entrée, une home sur le net, des blogs satellites et autant de sites mobiles à l’intérieur même d’autant d’objets-écrans, là où des lecteurs auront souhaité nous retrouver. Seule une médiation de qualité, une médiation autour du texte permettra aux libraires d’être meilleurs que les autres : prendre place aux bons emplacements et les tenir, les tenir tous les jours, les animer, placer des salariés qualifiés, des libraires au clavier pour animer, écrire, répondre, proposer, composer, agencer, être des conseillers à l’écoute et aux sens larges.

Les libraires n’y arriveront que si dans un même mouvement chacun est capable de prendre la mesure de ces nouveaux emplacements tout en ayant la capacité à repenser les emplacements brick and mortar. La librairie sur Internet promet à ses clients toute l’offre, tout de suite, et peut-être moins cher. Ne laissez pas ces promesses à d’autres. Acceptez-les, appropriez-vous ces promesses en allant partout sur Internet tout en réinventant la place de vos investissements, de votre investissement dans votre ville.

Une librairie qui capte par son emplacement en ville et sur la toile ; une librairie qui construit sa médiation à partir des textes nouvellement créés et édités dans un cercle allant au-delà de la simple amplification des best-sellers : c’est cette librairie qui aura su s’approprier le numérique, c’est cette librairie qui demeurera un lieu du texte, c’est cette librairie qui restera un lieu de transmission des choix des éditeurs. Si ce n’est pour bon nombre d’éditeurs le lieu premier de résonance de leurs choix d’éditeurs.

Quoi ? le numérique.
Un lieu incertain ?
Un endroit où aller,
Ensemble, c’est tout.

Sans attendre Godot.

Stéphane Michalon

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