Le blog ePagine

Conseils de lecture, entretiens, actualité numérique :

le Livre-Avenir ne se fera pas sans les libraires.

23 juillet 2014

La précommande, pour vous simplifier la vie

Filed under: + Mises en avant,+ Nouveautés numériques,+ Rentrées littéraires — Mots-clés : — David @ 17:45

Principe

La précommande consiste à payer et réserver un livre qui n’est pas encore paru. Le jour de la mise en vente par l’éditeur, vous recevrez un email contenant le lien de téléchargement.
« Mais pourquoi précommander en numérique », me direz-vous, « je suis certain d’en avoir un le jour de sa sortie, la notion de  nombre de tirage et de stock n’existent pas en numérique ». C’est vrai, mais la précommande vous permet d’acheter un livre quand vous prenez connaissance de sa future parution (pourvu que l’éditeur nous ait fourni les informations, bien entendu). Et plus la peine de noter la date de sortie, vous le précommandez en avance et un mail vous permettra de le télécharger le jour J.

 Comment faire ?

C’est très simple, il suffit d’aller sur la fiche du livre en précommande, de l’ajouter au panier d’achat, grâce au bouton Précommander et une fois votre panier rempli, de payer de manière classique.

 

Exemple de livre en précommande

Le jour de la parution (le 21 août pour cet exemple ci-dessus), vous recevrez l’email habituel, avec un lien de téléchargement.

De plus, si vous lisez vos ouvrages sur l’application ePagine Reader, votre livre précommandé sera disponible automatiquement dans l’onglet Synchronisation.

Chez quels éditeurs ?

Voici un petit florilège d’éditeurs chez qui vous pouvez précommander :

  • Anne-Marie Métailié
  • Christian Bourgois
  • CNRS Editions
  • DLM
  • Éditions Actes Sud
  • Editions Asphalte
  • Editions de l`Olivier
  • Éditions du Rouergue
  • Éditions Thierry Magnier
  • Flammarion
  • Gaïa Éditions
  • Gallimard
  • Gallimard Jeunesse
  • Guides de voyage Ulysse
  • Le Passage
  • Les Echappés
  • Les Éditions XYZ
  • Minuit
  • Philippe Rey
  • Presses de l’Université du Québec
  • Sabine Wespieser
  • Scrineo
  • Seuil
  • Tallandier
  • Viviane Hamy
  • Bragelonne
  • Bragelonne Classic
  • Buchet/Chastel
  • Castelmore
  • Disruptive Publishing
  • Éditions Delpierre
  • éditions du Petit Caveau
  • French Pulp Éditions
  • L’Atalante
  • LC éditions
  • Les Éditions Noir sur Blanc
  • Les Editions Valentina
  • Les Livres Mouvants
  • Les Presses de Taizé
  • Libretto
  • Maxima
  • Milady
  • Milady Romance
  • Milady Romans
  • Milady Romantica
  • Phébus
  • Publie.net
  • Thaulk
  • 12-21
  • Belfond
  • Hugo Roman
  • Julliard
  • Kero
  • La griffe
  • La semaine
  • Les escales éditions
  • Les nouveaux auteurs
  • L’Homme
  • Lonely Planet
  • Média 1000
  • Nathan
  • Nil éditions
  • Plon
  • Plon-Perrin Presses de la Renaissance
  • Presses de la Renaissance
  • Quebec Livres
  • Robert Laffont
  • Seghers
  • VLB

8 novembre 2013

Stéphane Michalon lit Esprit d’hiver de Laura Kasischke

Aujourd’hui seizième billet de la rubrique Qui lit quoi ? en compagnie de Stéphane Michalon qui nous dit comment Esprit d’hiver de Laura Kasischke peut continuer à agir dans l’esprit du lecteur plusieurs heures après l’avoir terminé, notamment au réveil.

 

Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux…

« Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux. (…) Je dois l’écrire avant que cela ne m’échappe. » En ce matin de Noël, Holly se répète cette phrase dans un demi-sommeil. Elle doit l’écrire tout de suite, comme on devrait écrire tout de suite la fin d’un rêve auquel on a encore accès pour quelques instants et dont on sait intuitivement que son interprétation sera extrêmement importante, peut-être même le début d’un roman, d’une nouvelle, mais dont on sait aussi avec l’expérience qu’une fois la phase de réveil passée, il s’échappera. J’ai fini ce livre hier soir. Je me réveille dans un demi-sommeil. Bourgois a appelé Mathias ou Matthieu qui appelle ChG, qui m’appelle à son tour. La couverture sur le site n’est pas bonne, le prix non plus. Il a le Médicis étranger bon sang, et on affiche la couverture d’un autre livre. Je devrais me réveiller, aller de toute urgence dans l’intranet du site avec mon iPhone. Mais mon iPhone est dans ce train que je vois repartir pour la Russie et je suis encore sur le bord du quai, assis à côté de ma mère qui ramasse sur le rail deux pièces de monnaie écrasées. Je ferais bien de sortir de ce demi-sommeil. J’ai fini ce livre hier soir. Je suis encore dans le choc de sa fin. Cette romancière est-elle une clinicienne du délire ? La nuit s’étire. Ce devrait être le début d’autre chose. Or le début est la fin. C’est Le Horla maintenant. C’est Laura Kasischke, Maupassant ? À lire !

Stéphane Michalon

Esprit d’hiver / Laura Kasischke / Bourgois / Août 2013

N.B. : ce titre fait partie de la liste du prix Médicis étranger qui sera remis le 12 novembre 2013

31 octobre 2013

Stéphane Michalon lit Parabole du Failli de Lyonel Trouillot

Aujourd’hui quinzième billet de la rubrique Qui lit quoi ? en compagnie du fondateur et directeur de ePagine, Stéphane Michalon, qui nous dit pourquoi et comment Parabole du failli de Lyonel Trouillot est entré en résonance avec lui.

 


Juillet 2013, Finistère, en rade de Brest, Guillaume est mort, de lui-même. Sans faillir ? Ou bien, au final, est-ce que tu t’es donné la mort au comble de la faille… sans plus rien y comprendre ? Il n’y a plus que des questions, des interprétations : « Est-ce que désormais on te déteste d’avoir un jour voulu quitter Brest ? »
Août 2013, ChG me repère Parabole du failli dans la rentrée Actes Sud. « Déjà… », comme le murmurerait Madame Armand, un des personnages de ce roman de Lyonel Trouillot. Voilà « déjà » le livre dont j’ai maintenant besoin pour accompagner ma pensée et ce si difficile moment à vivre : le suicide, la souffrance et le choix.
Le narrateur est journaliste. Il disposera de 3 colonnes dans un journal d’Haïti pour rendre compte du décès de l’ami de son ami Pedro.
Quoi de commun du Finistère et d’Haïti ? Tout, même le folklore de nos arrangements impossibles avec la mort, le bouleversement et le renversement des sentiments, la bouscule et la bascule de l’amitié, et la volonté de parole, la nécessité d’écrire pour tenter de poser quelque chose de sensé et de bien parler, vraiment, aux moments des rites de rassemblements, religieux ou non, qui rythment le temps des jours d’après.
En ce mois d’août, je reconnais dans ce journaliste l’ami religieux qui en juillet, dans la Presqu’ile, nous tenait éveillé, tandis qu’il devait écrire l’homélie de celui même dont il était proche.
Comme d’autres, je suis dans ce livre.

Stéphane Michalon

 

Parabole du Failli / Lyonel Trouillot / Actes Sud / Août 2013

20 octobre 2013

Actualité de la semaine ePagine [du 14 au 20 octobre 2013]

Comme chaque dimanche vous trouverez dans ce billet hebdomadaire des liens vers les derniers articles de ce blog que vous n’avez peut-être pas eu le temps de lire dans la semaine ainsi qu’une mise en avant récente de la librairie ePagine. À la une aujourd’hui, Éric Pessan, la Foire de Francfort en images, 8 titres chez Robert Laffont en promotion et le premier Annuaire des acteurs du livre numérique.

En avant pour quelques invitations à la lecture !

ChG

 

— LES BILLETS DE LA SEMAINE DU BLOG EPAGINE —

 

► 18.10.13 : [note de lecture] Muette d’Eric Pessan
Note de lecture de Muette d’Éric Pessan (Albin Michel), roman visuel, choral, intime et portrait d’une jeune fille d’aujourd’hui. Muette est à l’âge où le corps désire et salit, où il jouit et se sent coupable, à l’âge des transformations, parfois rapides, souvent insupportables à montrer, douloureuses aussi et tellement fatigantes, à l’âge des possibles, celui des courses folles avec la mort qui chatouille les rêves où l’immortalité et la toute puissance font faire des bonds à toucher le ciel ou des sauts à frôler le vide. [lire la suite du billet]

► 16.10.13 : Premier annuaire des acteurs du livre numérique (ActuaLitté et Primento)
Le média d’informations littéraires sur le web ActuaLitté et la société Primento viennent de mettre en ligne le premier Annuaire des acteurs du livre numérique. Disponible au format ePub (mais aussi sur le web) il recense pour la première fois l’essentiel des acteurs œuvrant actuellement dans le domaine du livre numérique, de l’édition à la création de fichiers numériques en passant par les revendeurs de livres numériques. [lire la suite du billet]

► 14.10.13 : ePagine à la Foire de Francfort 2013 en images
La Foire de Francfort 2013 a fermé ses portes dimanche dernier. Une partie de l’équipe de ePagine y tenait un stand où elle présentait les dernières solutions à destination des libraires et des éditeurs. Un ouvrage collectif faisant suite à des entretiens réalisés auprès de libraires, Hors Commerce et fabriqué par le studio ePub de ePagine, était également offert aux visiteurs. Aujourd’hui, petit tour du salon par les pavillons et les stands après quatre jours de Foire. [lire la suite du billet]

 

 

— UNE MISE EN AVANT DE LA LIBRAIRIE EPAGINE —

 

Jusqu’au 31 octobre, les éditions Robert Laffont proposent une baisse de prix sur huit de leurs romans & nouvelles, policiers & thrillers, littératures de l’imaginaire. Vous retrouverez notamment Gordon de Edith Templeton, Histoire d’Alice, qui ne pensait à rien (et de tous ses maris, plus un) de Francis Dannemark ou encore La Nuit a dévoré le monde de Pit Agarmen (seul titre proposé sans DRM Adobe). Ces livres numériques sont vendus entre 4.99 € et 7.99 € (50 % de moins que le prix conseillé habituellement par l’éditeur). Pour consulter la liste des huit titres en promotion, cliquez ici.

18 octobre 2013

[note de lecture] Muette d’Eric Pessan

Cette semaine, lecture de Muette d’Éric Pessan (Albin Michel). Disponible en papier et en numérique, ce roman visuel, choral et intime sur la fugue d’une jeune fille d’aujourd’hui fait partie de la sélection « ePagine Automne 2013 ».

 

Muette a trouvé refuge dans un cabanon, une grange plutôt où la pluie s’invite au moindre seau d’eau tombé du ciel. Elle n’est pas un enfant sauvage mais un animal indomptable, une adolescente blessée qui vient de fuguer après avoir préparé en amont son départ : trajet, cachette, provisions. Muette n’est pas muette, pas de naissance, elle n’est pas sourde non plus mais elle est muette au monde : face à ceux qui lui donnent des ordres contradictoires (tais-toi, parle, déguerpis, ne sors pas d’ici) et parce qu’elle se sent de trop dans sa famille où le non-dit, le secret, le mutisme et l’hystérie l’emportent sur le dialogue, la parole, l’écoute, le partage. Alors un jour Muette finit par tout prendre au pied de la lettre : elle se tait et déguerpit. Et si elle continue de parler c’est à elle-même : histoires qu’elle s’invente, projections, fantasmes, phrases entendues qu’elle mâche et remâche, qui lui polluent le corps et la tête, voilà ce qui vient rompre sa fuite, son errance, son retrait. Car Muette se retire, pas loin de chez elle pourtant, pas loin de la ville non plus, mais assez loin pour muer, faire corps avec la nature qu’elle dompte pourtant mal. Ce n’est pas une vraie fugue, et sa fuite je la vois plutôt comme un appel étouffé, un cri qui ne peut sortir, quelque chose qui mélangerait désir et crainte : voir ses parents mourir tout en les imaginant soulagés de la savoir partie. Muette ne sait pas encore que les adultes ne changent pas, qu’ils continuent. Parce que Muette est à l’âge de la mue, où le corps désire et salit, où il jouit et se sent coupable, à l’âge des transformations, parfois rapides, souvent insupportables à montrer, douloureuses aussi et tellement fatigantes, à l’âge des possibles, celui des courses folles avec la mort qui chatouille les rêves où l’immortalité et la toute puissance font faire des bonds à toucher le ciel ou des sauts à frôler le vide.
Muette fuit et inconsciemment elle fait tout pour se faire remarquer. Elle dit que non, elle croit que non mais une adolescente seule dans la nature ne peut pas passer longtemps inaperçue, pas dans nos campagnes où le moindre paysan, chasseur ou promeneur aiment à fourrer leur nez dans les affaires des autres (à moins peut-être d’aller vivre dans ces immenses forêts d’Amérique du Nord mais pas à quelques kilomètres d’une ville près de la Loire).

À mesure que je lis le roman d’Éric Pessan, je n’ai de cesse de chercher quel visage pourrait avoir Muette. Visage connu ? visage croisé ? ou plutôt visage aimé il y a des dizaines années de ça quand j’avais pensé faire comme elle et avais moi aussi fantasmé sur des scènes de films, comme celles qui ouvrent, parsèment et ferment le roman, moi qui avais également à ce moment-là des dizaines voire des centaines de travelings et de plans en tête : images de fugues, de fuites.

Je m’écarte de Muette et me concentre sur le narrateur de Muette : un caméraman qui ne quitterait jamais son personnage des yeux (à cause des dizaines d’images de films qui nous reviennent en lisant (certains seront d’ailleurs cités à la fin)). Si les parents sont omniprésents en Muette, jamais on ne les voit : ce que Muette ne voit pas, la caméra ne le montre pas. Alors le lecteur imagine ce qu’il veut, parents inquiets ou soulagés : on en sait assez pour se faire son idée. Si par ailleurs Muette se frotte à la forêt, à la terre, aux cailloux glissants de la rivière, je ne me souviens pas quels bois traversait Sandrine Bonnaire dans Sans toit ni loi d’Agnès Varda. Bien que je me souvienne de l’avoir vue dans ce film, qui est l’un de ses premiers, à l’âge de Muette, je l’ai un peu oublié, ne l’ayant jamais revu depuis, et si je devais décrire le visage des personnages qui ont croisé Mona je ne pourrais le faire. Je la vois marcher, tituber plutôt, et tomber dans le froid. Je crois que le film commence et se termine ainsi mais je n’en suis plus si sûr. Ce sont ces images-là qui me sont restées. Peut-être celles que Muette a en tête au moment où elle s’en va.

Me laissant guider par l’écriture visuelle, cinématographique de Pessan, je me demande soudain qui pourrait interpréter le rôle de Muette, quel réalisateur adapterait son roman. Émilie Duquesne est trop âgée maintenant mais les frères Dardenne ça les intéresserait peut-être l’histoire de Muette. Je pense surtout à Bruno Dumont à cause de ses longues descriptions, belles et non séductrices, à cause de ses êtres solitaires, habités de silence et d’une foi dévastatrice, à cause de ses jeunes gens propulsés dans le monde, dans la ville ou la forêt, où ils sont seuls et craints parfois mais qui portent en eux le secret de la guérison, une voie possible, une voix probable. (Dans le cinéroman (n’ayons pas peur des mots) de Pessan, il y aurait beaucoup de musiques et une voix off aussi, celle-ci serait plus proche du théâtre grec que de celle-là qui fait un tabac dans les films d’aujourd’hui, les phrases seraient courtes, entêtantes, on prendrait le temps de parler, de répéter, de ne pas terminer les phrases, elles viendraient heurter, jamais illustrer, anticiper chacun des pas, chacune des pensées, chacun des gestes de celle qui ne se changera pas en renard mais aura eu la force de sortir de sa chambre, d’exploser le cocon, de se mêler aux ronces, dans le lit de la rivière, au ballast, à la terre glaise, de redevenir l’animal sauvage qu’elle était en naissant, de mourir et de renaître, d’aller vers l’obscur, l’âge adulte, celui des mensonges, des apaisements, des renoncements, de la transmission, de la politesse du désespoir, des petits arrangements).

L’adolescence est un animal sauvage et fragile et sournois et furieux et indomptable et incontrôlable. Éric Pessan dessine ici une Muette qu’en chacun de nous (adolescents ou ex-adolescents) on se partage sans se le dire, sans le désirer, sans pitié.

ChG

Liens utiles

Muette d’Eric Pessan est disponible en papier et en numérique
Autres romans de l’auteur disponibles en numérique
Lecture de Incident de personne sur ce même blog
• Bio-bibliographie de l’auteur sur [wikipédia] & [Babelio]
• Éric Pessan sur remue.net
• Son carnet dessiné en ligne

13 octobre 2013

Actualité de la semaine ePagine [du 7 au 13 octobre 2013]

Comme chaque dimanche vous trouverez dans ce billet hebdomadaire des liens vers les derniers articles de ce blog que vous n’avez peut-être pas eu le temps de lire dans la semaine ainsi qu’une mise en avant récente de la librairie ePagine. Aujourd’hui Christian Gailly, Alice Munro (nouveau Prix Nobel de Littérature), La Foire de FrancfortPropos sur le métier de Libraire ou encore Le Cavalier bleu sont à la une…. J’en profite pour vous rappeler que 10 titres phares des collections Folio, Folio Policier, Folio SF et Folio Biographies sont proposés au prix exceptionnel de 3,99 € jusqu’à demain minuit. Une dernière chose : ePagine recrute, n’hésitez pas à en parler autour de vous.

En avant pour quelques invitations à la lecture !

ChG

 

— LES BILLETS DE LA SEMAINE DU BLOG EPAGINE —

 

► 11.10.13 : ePagine recrute
Dans le cadre de ses développements, ePagine recrute un développeur web php/MySQL junior (f/h). Si vous souhaitez consulter les détails de l’annonce et/ou contacter le responsable du service pour avoir des informations complémentaires suivez le lien ci-contre. [lire la suite du billet]

► 10.10.13 : Quoi lire en numérique de Alice Munro, Prix Nobel de littérature 2013 ?
Le Prix Nobel de littérature vient d’être attribué à l’auteur de langue anglaise Alice Munro (82 ans), reconnue dans le monde entier pour son art de bâtir des histoires savamment dosées, des histoires généralement courtes, qu’on pourrait nommer nouvelles (short stories) mais que l’un de ses éditeurs en France préfère voir comme un genre à part entre la nouvelle et le roman. [lire la suite du billet]

► 09.10.13 : Six libraires et ePagine vous offrent Propos sur le métier de Libraire
ePagine, pour le compte de six librairies, vient de fabriquer (via son studio ePub) et de mettre en ligne un septième titre dans sa collection ePagine Publications Numériques : Propos sur le métier de Libraire. Conversations sur le commerce des livres. Cette publication et les six précédentes, toutes Hors Commerce, sont offertes en permanence sur la librairie ePagine avec tout téléchargement de livres numériques payants ou gratuits ou bien encore sur simple demande. [lire la suite du billet]

► 08.10.13 : ePagine à la Foire de Francfort 2013
La Foire de Francfort, qui s’est ouverte mercredi et se termine aujourd’hui, est le plus grand salon du livre et de la lecture au monde. Une fois encore, une partie de l’équipe de ePagine France et de ePagine Benelux était présente dans le Hall 4.0, stand B31. Elle présentera jusqu’à ce soir ses solutions aux éditeurs et aux libraires du monde entier qui envisagent de fabriquer ou de commercialiser des livres numériques. [lire la suite du billet]

► 07.10.13 : Christian Gailly pour mémoire : Rest in peace & swing
En 2004 (j’étais alors libraire aux Sandales d’Empédocle à Besançon) j’avais eu la chance de rencontrer Christian Gailly et de l’interviewer dans le bureau de Robbe-Grillet aux éditions de Minuit. Apprenant sa mort lundi sur les réseaux sociaux j’ai choisi, en hommage à cet écrivain important dans mon parcours de lecteur, de reproduire la chronique de Dernier amour et l’entretien tels qu’ils avaient été publiés alors dans le magazine Page des libraires. [lire la suite du billet]

 

— UNE MISE EN AVANT DE LA LIBRAIRIE EPAGINE —

 

Avec plus de 400 titres papier au catalogue, Le Cavalier Bleu est une marque bien identifiée de la vulgarisation en sciences humaines. Rédigé par des spécialistes reconnus, chaque ouvrage énumère les idées reçues pour les éclairer et les nuancer et constitue ainsi une excellente entrée en matière sur le sujet traité. Depuis quelques jours, en pleine Fête de la Science, l’intégralité du catalogue numérique du Cavalier Bleu (15 titres) est en promotion au prix de 4.99 €. Quasiment tous les titres retrouveront leur prix initial le jeudi 24 octobre sauf pour L’hyperactivité et Fascination du Japon qui bénéficieront de cette offre promotionnelle jusqu’au 31 octobre. Pour consulter la liste des titres du Cavalier bleu disponibles en numérique, cliquez ici.

29 septembre 2013

Actualité de la semaine ePagine [23-29 septembre 2013]

Comme chaque dimanche vous trouverez dans ce billet hebdomadaire des liens vers les derniers articles de ce blog que vous n’avez peut-être pas eu le temps de lire dans la semaine ainsi que quelques mises en avant récentes de la librairie ePagine. Aujourd’hui cinq romans adaptés au cinéma, trois nouvelles inédites de R. J. Ellory, qui fait quoi avec nos données personnelles, La Lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson et la rentrée des sciences-humaines sont mis à l’honneur.

En avant pour quelques invitations à la lecture !

ChG

 

— LES BILLETS DE LA SEMAINE DU BLOG EPAGINE —

 

► 27.09.13 : Cinq romans et sagas adaptés au cinéma
Parmi les romans et sagas adaptés au cinéma dont la sortie en salle est prévue entre octobre 2013 et février 2014, nous trouverons deux auteurs français très populaires (Daniel Pennac avec sa tribu Malaussène et le Malavita de Tonino Benacquista) ainsi que trois sagas SF américaines pour adolescents et adultes dont Hunger Games, The Mortal Instruments et The Maze Runner. Avant (ou plutôt que) d’aller voir ces films, vous pouvez vous jeter sur les textes qui les ont inspirés. [lire le billet]

► 26.09.13 : Sonatine propose 3 nouvelles inédites de R. J. Ellory en attendant sa Mauvaise étoile le 3 octobre
Après sa trilogie consacrée à la mafia, à la CIA et au NYPD, R. J. Ellory revient le 3 octobre avec un nouveau roman noir, dans la veine de Seul le silence : Mauvaise étoile qui paraîtra en numérique et en papier le même jour. Pour faire patienter ses lecteurs, Sonatine Éditions leur propose de lire trois nouvelles inédites de l’auteur disponibles uniquement en téléchargement. (Mise à jour du billet publié une première fois le 19 septembre 2013 avec les liens vers les trois nouvelles.) [lire le billet]

► 25.09.13 : Franck Leroy : Réseaux sociaux et Cie (le commerce des données personnelles)
À chaque clic sur les réseaux sociaux, des données personnelles sont enregistrées puis revendues. Menaçant les plus élémentaires libertés et provoquant de nouvelles formes de marketing, cette marchandisation de nos secrets, de nos préférences, de nos déplacements représente un coût exorbitant. Dans Réseaux sociaux & Cie, publié par Actes Sud (collection « Questions de société »), Franck Leroy, après enquête, identifie les acteurs de ce nouveau fait social, dévoile leurs stratégies ainsi que leurs moyens actuels et à venir, comme par exemple la dernière génération de logiciels de reconnaissance faciale. [lire le billet]

► 23.09.13 : [note de lecture] La Lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson
Récit à la fois rustique et archaïque (sans régionalisme) tout en étant bien ancré à la fin du XXe siècle, La Lettre à Helga se nourrit de chansons traditionnelles, de poésie médiévale, de mythologie nordique et de croyances populaires (qui sont universelles). L’auteur donne à Bjarni Gíslason de Kolkustadir, son personnage principal, une voix bien à lui : humble et âpre, poétique et imagée tout en étant incarnée. On écoute la vie de cet homme dans son quotidien et son élément mais on le découvre aussi dans son versant plus animal et charnel, torturé voire écartelé. [lire le billet]

 

— UNE MISE EN AVANT DE LA LIBRAIRIE EPAGINE —

 

Une seule mise en avant aujourd’hui mais c’est du lourd !

On parle surtout de la rentrée littéraire mais chaque année en septembre et en octobre, c’est la période de l’année où se publient le plus d’essais, d’études et de documents, où les nourritures essentielles que sont les sciences-humaines affluent. Parmi toutes les nouveautés, le site ePagine recommande vivement la réflexion de Michel Schneider, Miroirs des princes, sur le rapport entre pouvoir et narcissisme à partir de l’analyse psychanalytique des deux derniers présidents de la République Française. Le site a également repéré La mystique de la croissance de Dominique Méda qui nous invite à réfléchir autour de la notion de « reconversion écologique » qui pour l’économiste est le seul moyen de maintenir des conditions de vie authentiquement humaines sur terre, de permettre à tous d’accéder à l’emploi et de changer le travail. À lire, dans le même mouvement, La violence des riches des sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot qui, après enquêtes, entretiens, portraits et réflexions, s’intéressent ici à la casse sociale et à l’intensification multiforme de la violence sociale des dominants. La librairie en ligne recommande enfin Puissances d’hier et de demain (l’état du monde 2014) de Bertrand Badie et Dominique Vidal dont nous avions fait une présentation sur ce blog (lire le billet). Pour retrouver ces titres ou découvrir d’autres essais publiés et mis en ligne en cet automne 2013 sur ePagine, suivez ce lien.

 

ChG

26 septembre 2013

Sonatine propose 3 nouvelles inédites de R. J. Ellory en attendant sa Mauvaise étoile le 3 octobre

ce billet a été publié une première fois le 19 septembre 2013 et a été mis à jour le 26 septembre 2013.

Après sa trilogie consacrée à la mafia, à la CIA et au NYPD, R. J. Ellory reviendra le 3 octobre avec un nouveau roman noir, dans la veine de Seul le silence : Mauvaise étoile qui paraîtra en numérique et en papier le même jour. Pour faire patienter ses lecteurs, Sonatine Éditions propose depuis le 12 septembre de lire trois nouvelles inédites de l’auteur disponibles uniquement en téléchargement (voir les liens infra).

Ce triptyque est construit autour d’une jeune institutrice retrouvée étranglée dans son appartement à Chicago dans les années 1950. Trois nouvelles, trois points de vue sur un seul meurtre. Des années plus tard, alors que le meurtrier est sur le point d’être exécuté, la sœur de la victime, le flic qui a mené l’enquête et le tueur reviennent sur les circonstances de sa mort pour tenter de comprendre ce qui s’est passé. Les apparences sont trompeuses et seuls leurs trois témoignages pourront révéler la triste vérité. Après Seul le silence, Vendetta, Les Anonymes et Les Anges de New York, R.J. Ellory est aujourd’hui un auteur primé et acclamé par les critiques littéraires et le public. Avec Trois jours à Chicagoland, il signe trois nouvelles au suspense implacable.

À la suite de la troisième et dernière nouvelle, Sonatine donne également à lire les premières pages de Mauvaise Étoile.

Les deux premières nouvelles ont paru les 12 et 19 septembre, la dernière a été mise en ligne aujourd’hui, 26 septembre. Elles sont disponibles sur toutes les plateformes de vente en ligne dont ePagine et proposées au prix de 1.99 € chacune, avec tatouage numérique (sans DRM Adobe). Cliquez ici pour consulter les titres disponibles de l’auteur.

 

Trois jours à Chicagoland : la soeur, disponible depuis le 12 septembre
Trois jours à Chicagoland : le flic, disponible depuis le 19 septembre
Trois jours à Chicagoland : le tueur, disponible depuis le 26 septembre

 

À paraître le 3 octobre

Mauvaise étoile, Sonatine éditions
en librairie et en ligne le 3 octobre

 

Ses autres titres disponibles en numérique sur ePagine

Les Anges de New York
Les Anges de New York, Sonatine éditions
14.99 € sans DRM avec tatouage

SEUL LE SILENCE
Seul le silence, Sonatine éditions
9.99 € sans DRM avec tatouage

VENDETTA
Vendetta, Sonatine éditions
9.99 € sans DRM avec tatouage

Les anonymes
Les Anonymes, Sonatine éditions
11.99 € sans DRM avec tatouage

23 septembre 2013

[note de lecture] La Lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson

Depuis quelques semaines, j’entendais beaucoup parler de La Lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson [cliquez ici pour consulter la fiche sur ePagine], un roman traduit de l’islandais par Catherine Eyjólfsson et publié aux éditions Zulma. Après avoir jeté un œil aux premières lignes, je me suis dit que ce texte pourrait me plaire… une heure et demie plus tard je le terminais.

Si le propos de ce monologue est simple à résumer (à la fin de sa vie, un berger islandais répond à la lettre qu’une femme, avec qui il a partagé une histoire d’amour aussi furtive que passionnée, lui avait adressée quelques années plus tôt), ce qu’est parvenu à en faire l’auteur, tant sur le fond que sur la forme, ne m’a pas laissé indifférent.

À 42 ans, Bergsveinn Birgisson (dont c’est le premier roman traduit en français) parvient avec une grande maturité à se mettre dans la peau de ce vieil éleveur de moutons et contrôleur du fourrage islandais brûlé par une passion amoureuse ancienne, inavouable, étouffée et de laquelle a découlé un autre secret qu’on taira ici.

Son récit est à la fois rustique et archaïque (sans régionalisme) tout en étant bien ancré à la fin du XXe siècle. Se nourrissant de chansons traditionnelles, de poésie médiévale, de mythologie nordique et de croyances populaires (qui sont universelles), il donne à Bjarni Gíslason de Kolkustadir, son personnage principal, une voix bien à lui : humble et âpre, poétique et imagée tout en étant incarnée. On écoute la vie de cet homme dans son quotidien et son élément mais on le découvre aussi dans son versant plus animal et charnel, torturé voire écartelé. Je ne voudrais rien dévoiler de plus mais simplement rajouter que j’ai plus d’une fois pensé ici à Giono (pour la force des éléments, la nature sauvage voire hostile et cette vie en apparence simple mais qui sous la peau n’est que braises et trous noirs) et à Zweig (pour la passion tue qui ravage le personnage et cette lettre qui m’a rappelé cette autre qui depuis a fait le tour du monde).

 

Deux extraits

« Je compris que je ne réussirais jamais à me libérer de ton emprise – j’aurais soif de toi jusqu’à mon dernier souffle. Je me fiche pas mal d’écrire cela, Helga ; je ne suis qu’un vieillard qui n’a plus rien à perdre. Bientôt s’éteindra la dernière flamme et ma bouche béante se remplira de terre brune. Continuerai-je alors de te désirer ? Qui sait si je ne reviendrai pas sous la forme d’un fantôme lubrique, le dard en avant, à l’affût d’une occase ? »

« Tu sais, ma Belle, que je ne suis pas le vieillard typique qui chante les louanges du passé et trouve à redire à tout ce qui appartient au présent. Il y a eu des progrès dans bien des domaines et je me demande si aucune autre génération connaîtra jamais des changements comparables de sa condition en l’espace d’une seule vie. Nous qui avons grandi dans une culture qui n’avait guère évolué depuis l’époque du peuplement du pays, et qui avons connu aussi l’ambiguïté du temps présent, ses engins, ses outils et cette saloperie de lait pasteurisé. Bien sûr que l’apparition des bottes en caoutchouc a été un progrès. Je n’avais pas l’âge de la communion que mon père m’envoyait faucher les terres marécageuses du fond de la vallée. J’y passais la moitié de l’été debout dans la bouillasse qui giclait de mes chaussures en peau de mouton, ce qui a fini par me mettre sur le flanc avec une pleurésie carabinée. Tout juste si j’ai eu droit à quelques jours de repos avant que mon père ne me renvoie dans la vallée. Il m’a fallu des années pour récupérer et j’aime mieux te dire que celui qui reçoit sa première paire de bottes en est bien heureux. Nous qui avons vu les bulldozers déblayer les fermes à toit de tourbe du canton de Hörgá pour faire place au ciment. Croire au progrès et se l’approprier est une chose, mais c’en est une autre que de mépriser le passé. Les vieilles fermes ont toutes disparu à présent, parce qu’elles rappelaient aux gens le froid, l’humidité et ce qu’on appelle cruellement le mode de vie des culs-terreux. Mais quelle est la culture de ceux qui parlent ainsi ? C’est quand les gens tournent le dos à leur histoire qu’ils deviennent tout petits. Ça n’a pas été une mini-révolution quand le téléphone et la radio sont arrivés dans les campagnes et que grand-mère Kristín a demandé, le doigt pointé sur le poste de TSF, comment c’est-y qu’on faisait pour mettre un homme entier dans une aussi petite boîte. Elle affirmait aussi, avec plus de justesse, que tout ce qui se disait au téléphone n’était que menteries qu’il ne fallait point croire. Et même si l’on vante les mérites du poste récepteur et des bulletins météo, le fait est bel et bien qu’on ne se rappelle rien ou presque de ce qui sort de l’appareil. »

 

La Lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson est disponible en papier (16.50 €) et en numérique (12.99 €). Sur le site de La librairie Pagine le fichier de ce roman ne contient pas de DRM Adobe mais un tatouage numérique. Il peut ainsi être téléchargé pour être lu sur tous les supports actuels de lecture (liseuse, tablette, smartphone, ordinateur).

ChG

22 septembre 2013

Actualité de la semaine ePagine [du 16 au 22 septembre 2013]

Comme dimanche dernier vous trouverez dans ce billet hebdomadaire des liens vers les derniers articles de ce blog que vous n’avez peut-être pas eu le temps de lire dans la semaine ainsi que quelques mises en avant récentes de la librairie ePagine. Si la semaine précédente la SF avait été mise plus d’une fois à l’honneur, cette semaine c’est la littérature et le polar qui ont fait l’actualité de la librairie et du blog ePagine : Philippe Rahmy, R. J. Ellory, Javier Marías, Marcel Proust en tête. Et depuis hier, trois prix Nobel peuvent également être lus à prix promotionnel.

En avant pour quelques invitations à la lecture !

ChG

 

— LES BILLETS DE LA SEMAINE DU BLOG EPAGINE —

 

► 20.09.13 : [note de lecture] Béton armé de Philippe Rahmy
Langue, rythme, tension, tout est remarquable dans Béton armé, le récit de Philippe Rahmy (La Table Ronde). L’écriture, prolongement du regard, montre le corps-à-corps, tantôt sensuel tantôt douloureux, du narrateur avec la ville de Shanghai et avec ceux qui la traversent, la gravissent, s’y enfoncent ou s’y cognent, ces multiples corps qui pourraient ployer et se briser à n’importe quel moment, à commencer par celui du narrateur. De la poésie, de l’humour et un travail poignant sur la mémoire, la filiation et le deuil.

► 19.09.13 : Sonatine propose 3 nouvelles inédites de R. J. Ellory en attendant sa Mauvaise étoile le 3 octobre
Après sa trilogie consacrée à la mafia, à la CIA et au NYPD, R. J. Ellory revient le 3 octobre avec un nouveau roman noir, dans la veine de Seul le silence : Mauvaise étoile qui paraîtra en numérique et en papier le même jour. Pour faire patienter ses lecteurs, Sonatine Éditions leur propose de lire trois nouvelles inédites de l’auteur disponibles uniquement en téléchargement.

► 17.09.13 : [note de lecture] Javier Marías, Comme les amours
Lecture du roman Comme les amours de Javier Marías (Gallimard, collection Du monde entier), traduit de l’espagnol par Anne-Marie Geninet et disponible en papier et en numérique. Faux roman à enquête mais tout aussi passionnant parce que bouleversant tous les codes du genre, Comme les amours s’amuse à jouer avec les sentiments (l’amitié, l’amour, le désir, la fidélité et la confiance par exemple) ainsi qu’avec le vrai et le faux.

 

— DEUX MISES EN AVANT DE LA LIBRAIRIE EPAGINE —

 

Vous savez sans doute déjà que Du côté de chez Swann, le premier volume de À la recherche du temps perdu de Marcel Proust, a été publié en novembre 1913. À la veille de ce centenaire, plusieurs maisons d’édition viennent de publier récits, romans, essais, biographies et études où revenir sur cet écrivain et son œuvre précurseurs du roman moderne. Nous avons sélectionné pour vous quelques-unes des nouveautés dont Proust est une fiction de François Bon (Seuil), Chambres de Proust d’Olivier Wickers (Flammarion), Proust contre Cocteau de Claude Arnaud (Grasset), “Notre cher Marcel est mort ce soir” de Henri Raczymow (Denoël) et Dictionnaire amoureux de Marcel Proust de Jean-Paul & Raphaël Enthoven (Plon/Grasset). Cliquez ici pour accéder à plus de titres.

 

Gallimard propose de télécharger 10 titres phares des collections folio, folio policier, folio sf et folio biographies au prix de 3.99 € pendant trois semaines. Depuis hier samedi 21 septembre jusqu’au 14 octobre inclus ce ne sont pas moins de trois Prix Nobel qui sont mis en avant à prix promotionnel (Ernest Hemingway, Kenzaburô Ôé, Orhan Pamuk) mais aussi des auteurs comme Antoine Chainas que la librairie ePagine soutient depuis plusieurs années ou encore le Gatsby de Francis Scott Fitzgerald. Pour découvrir la sélection compète sur ePagine, cliquez ici.

ChG

20 septembre 2013

[note de lecture] Béton armé de Philippe Rahmy

Lecture du récit de Philippe Rahmy Béton armé (La Table Ronde, collection Vermillon), disponible en papier et en numérique [cliquez ici pour consulter la fiche sur ePagine]. Langue, rythme, tension, poésie, humour, travail sur la mémoire, la filiation et le deuil : tout est remarquable dans ce récit où l’écriture, prolongement du regard, montre le corps-à-corps, tantôt sensuel tantôt douloureux, du narrateur avec la ville de Shanghai et avec ceux qui la traversent. Ce récit fait partie de la sélection « ePagine Automne 2013 ».

 

« Shanghai. Ce nom explose sous sa masse. Dans aucun pays, sous aucun régime, l’homme n’a produit un tel dieu. Il tranche l’espace, il prolifère. Irrésistiblement, le petit jeu des analogies se met en place. À quoi ressemble ce qu’on n’a jamais vu ? Des images folles se bousculent. Le réel est une machine à rêver… » (Philippe Rahmy, Béton armé)

 

Jusque-là le narrateur de Béton armé, un écrivain suisse atteint de la maladie des os de verre, n’avait jamais voyagé. Après avoir accepté l’invitation de l’Association des écrivains de Shanghai qui lui propose de l’accueillir pour une résidence d’écriture dans la mégalopole chinoise, le narrateur-écrivain va devoir transbahuter du jour au lendemain son corps fragile dans les rues shanghaiennes, prendre en pleine face son activité débordante mais découvrir aussi des moments de pure magie, lorsque par exemple quelques habitants se retrouvent dans un parc pour danser. Son regard affuté, circulaire (où embrasser les lignes horizontales et verticales mais aussi les diagonales), n’abdique jamais. Et malgré les souvenirs que lui renvoient les vitres des buildings ou les yeux des passants, des souvenirs parfois douloureux, le narrateur reste dans le présent (le « moi ici maintenant » mais aussi le cadeau des jours).

 

« Il n’y a pas de vision d’ensemble. Il y a en chaque homme, à chaque instant, le kaléidoscope des choses à sa portée. » (Philippe Rahmy, Béton armé)

 

J’aime la langue de ce récit, son rythme, sa tension : un arc bandé où sont tendues l’énergie vitale et meurtrière, la brutalité imbécile et soumise, la beauté malade d’elle-même de cette ville qui se dresse et s’enfonce, s’étend et se comprime à mesure que les hommes la font, la défont. J’aime le corps-à-corps du narrateur (et le mot n’est pas assez fort encore) avec la ville et avec ceux qui la traversent, la gravissent, s’y enfoncent ou s’y cognent, ces multiples corps qui pourraient ployer et se briser à n’importe quel moment : celui du narrateur (il revient régulièrement sur sa maladie), celui des travailleurs, des errants urbains, des exilés, des assoiffés de sang, de sexe, de musique, celui de la ville elle-même. Et c’est dans ce rapport à corps perdu dans la ville que soudain la mémoire de celui qui a entrepris de raconter son séjour et ses allées et venues va prendre le pouvoir et le dessus sur l’événement (la résidence d’écriture). Le récit partira ici dans une autre direction, celle de la quête intime (quasi proustienne), de la dette : la vue d’un corps inerte sur la route faisant ressurgir de manière inattendue un autre corps immobile. C’est d’un autre combat qu’il sera question désormais : corps cassé accueillant ceux qui ne sont plus, corps fragile et toujours plus alourdi par les pertes dans cette ville où les corps sont portés, transportés, emportés. Le narrateur refera alors le voyage, des dizaines d’années en arrière et des milliers de kilomètres plus à l’Ouest, parce que la mort aura posé le visage d’un enfant disparu sur celui d’un autre, à cet endroit précis où se comprime et résiste la ville, où elle ne tient debout que par l’astucieux assemblage d’un matériau qui allie béton et acier et où les vitres posées par les hommes, en Narcisse, se reflètent indéfiniment en défiant les mortels, le ciel et peut-être même l’invisible.

 

« J’ai plus de quarante ans. Je n’ai jamais voyagé. Je pensais que je finirais ma vie comme je l’avais menée, réglée par des rituels permettant d’atténuer les effets de ma maladie. J’ai aussi pensé que je ne pourrais être que déçu du monde que j’allais découvrir après l’avoir imaginé depuis le fond d’un lit ou d’un fauteuil. Je me rends à l’évidence. Ma tristesse a d’autres causes, car les joies fulgurantes que la ville me procure ne sont en rien amoindries quand elles me soulèvent. » (Philippe Rahmy, Béton armé)

 

Ce qui pourrait s’opposer à la maladie des os de verre est au contraire une image saisissante dans ce récit sensoriel : comme pour le béton, le corps du narrateur résiste très faiblement aux efforts de traction, lui aussi a dû s’armer pour tenir debout, non pas en s’alliant à l’acier mais à une autre armature : la littérature, aux histoires lues par sa mère qui l’ont fait se relever et, plus tard, en se coltinant aux mots, au rythme, au souffle, à l’écriture. Et au-delà de sa manière d’être au monde, dans ce monde inconnu, étrange, étranger, c’est cette langue qui donne sa puissance au style de Philippe Rahmy, une langue qui tente de résister à la compression et à la traction.

 

« Voyager à travers le langage comme à travers le paysage. Être, à parts égales, le monde et les mots. Shanghai est le texte que je porte, autant que l’espoir de pouvoir l’écrire. » (Philippe Rahmy, Béton armé)

 

Le sujet pourrait paraître gravement traité et pourtant il ne l’est pas. Le récit, souvent poignant, est d’ailleurs ponctué de moments très drôles et touchants, de scènes absurdes aussi. On est touché par ce narrateur doté d’un regard perçant, d’une grande force mentale mais aussi d’un humour littéraire (ironique jamais cynique). On y lit sa peur de blesser et sa joie de vivre malgré les douleurs répétées dues à l’extrême fragilité de ses os. On le suit dans son combat, celui qui le fait écrire « pour faire taire la bête en soi. »

ChG

 

Pour aller plus loin

► Visiter le site de Philippe Rahmy, rahmyfiction
► Lire Philippe Rahmy sur remue.net
Bio-bibliographie de l’auteur sur Wikipédia
► Consulter ses titres disponibles en numérique sur ePagine

17 septembre 2013

[note de lecture] Javier Marías, Comme les amours

• SÉLECTION EPAGINE AUTOMNE 2013 • Lecture du roman Comme les amours de Javier Marías (Gallimard, collection Du monde entier), traduit de l’espagnol par Anne-Marie Geninet et disponible en papier et en numérique [cliquez ici pour consulter la fiche sur ePagine].

 

« Chaque matin, dans le café où elle prend son petit déjeuner, l’éditrice madrilène María Dolz observe un couple qui, par sa complicité et sa gaieté, irradie d’un tel bonheur qu’elle attend avec impatience, jour après jour, le moment d’assister en secret à ce spectacle rare et réconfortant. Or, l’été passe et, à la rentrée suivante, le couple n’est plus là. María apprend alors qu’un malheur est arrivé. Le mari, Miguel Desvern, riche héritier d’une compagnie de production cinématographique, a été sauvagement assassiné dans la rue par un déséquilibré. Très émue, elle décide de sortir de son anonymat et d’entrer en contact avec sa femme, Luisa, qui est devenue un être fragile, comme anesthésié par la tragédie. Dans l’entourage de Luisa, María rencontre Javier Díaz-Varela, le meilleur ami de Miguel, et elle comprend vite que les liens que cet homme tisse avec la jeune veuve ne sont pas sans ambiguïté… »

 

Ma première rencontre avec Javier Marías a eu lieu au début des années 2000 avec L’Homme sentimental, publié alors aux éditions Rivages (non disponible en numérique). Cet observateur attentif au moindre détail, à la psychologie et aux gestes des personnages, cet écrivain aux longues phrases sinueuses et aux digressions, cet amateur de romans à tiroirs… a très vite fait partie des auteurs dont j’ai eu envie de tout lire, et avec lenteur. Depuis ce jour j’ai lu Un cœur si blanc, Demain dans la bataille pense à moi (lire l’extrait) et Comme les amours qui vient de paraître chez Gallimard (désormais son éditeur en France).

Partant toujours d’un sujet très simple et resserré autour de quelques personnages, Marías parvient à chaque fois à faire progresser son histoire tout en ellipses à la manière de Proust. Les longues discussions très littéraires avec ses nombreuses descriptions et ellipses peuvent également rappeler certains romans de Thomas Bernhard mais sans la haine jubilatoire contre sa nation ni l’humour noir de l’auteur autrichien. L’amour, la jalousie, la mort, l’exil, le désir, la trahison, sont autant de thèmes que Marías creuse, démonte, découpe avant de les reconstruire avec une extrême minutie. La littérature est également toujours au cœur de ses romans : Shakespeare mais aussi Balzac ou Alexandre Dumas pour ne citer que ceux-là. Il y a également une douce ironie chez lui que j’affectionne. C’est parce qu’il aime profondément ses contemporains qu’il n’hésite pas à dénoncer leurs travers complexes. Ce n’est jamais cynique, jamais amer, plutôt drôle et très intelligent. Dans son dernier roman, ce qu’il peut dire par exemple du monde de l’édition via sa narratrice me paraît très juste, pas manichéen ni stéréotypé, simplement clairvoyant.

Si je dis tout ça c’est pour signaler que Comme les amours ne surprendra pas ceux qui connaissent et apprécient l’œuvre de cet auteur. Et pourtant, la magie opère à nouveau : sa phrase, c’est encore et toujours sa phrase qui mène le bal. Comme dans d’autres romans de lui, la moindre phrase qui nous harponne peut faire des pages. Et aujourd’hui encore j’ai beau relire toutes ces phrases (ces pages) surlignées sur la tablette, il m’est très difficile d’en extraire quelques mots tellement tout y est enchevêtré : forme et fond, rythme de la phrase et idées développées. À la fin de ce billet, je donnerai néanmoins quelques exemples que je trouve remarquables.

Comme on peut le lire dans le résumé des éditeurs, le roman est entièrement tourné vers l’assassinat du producteur de cinéma Miguel Desvern (ou Deverne) sauf que l’histoire est racontée par une narratrice, María Dolz. Après avoir été attitée par cet homme et sa femme au café (un rituel important pour elle avant de rejoindre la maison d’édition dans laquelle elle peine à travailler) et après avoir été bouleversée par la mort du producteur, María se décide de parler à sa veuve, Luisa. S’ensuivent de longues réflexions sur la mort, le crime, la responsabilité, le deuil (les passages sur la peur de la mère face à ses enfants devenus orphelins de père sont splendides) mais aussi sur le sentiment amoureux et l’amitié.

Une nouvelle de Balzac court tout au long du roman de Marías, il s’agit du Colonel Chabert décortiqué et même retraduit parce qu’il y est question d’un homme annoncé comme mort, un soldat qui voudrait revenir chez lui auprès de sa femme mais qui finira par gêner ceux qui en avaient fait leur deuil et ont recommencé une autre vie ailleurs, sans lui. Et c’est également un des sujets centraux de Comme les amours sauf qu’ici le mort a été amené à réfléchir à cette question avant son assassinat.

Faux roman à enquête mais tout aussi passionnant parce que bouleversant tous les codes du genre, Comme les amours s’amuse à jouer avec les sentiments (l’amitié, l’amour, le désir, la fidélité et la confiance par exemple) ainsi qu’avec le vrai et le faux. L’auteur coupe les cheveux en quatre et rajoute des nœuds au fil déjà complexe. Il décortique ainsi les rapports ambigus entre les hommes et les femmes via leurs discussions, nous démontre comment parvenir à ses fins alors même qu’on est mort. Marías tente enfin de nous faire comprendre quel pacte lie certains personnages de l’histoire, un pacte tenu longtemps secret, un secret que ne doit pas connaître la belle absente autour de qui tout le roman s’écrit : la veuve tant convoitée.

C’est par la présence de Javier Díaz-Varela que le roman psychologique prendra des allures de thriller, au fil des discussions rapportées par la narratrice (qui fait part de ses observations, de ses réflexions, de ses craintes et de ses doutes mais qui rapporte précisément les discussions qu’elle peut avoir avec les autres protagonistes de l’histoire qui eux-mêmes ont pour habitude de décortiquer leurs sentiments, leurs actes). Des dizaines de tiroirs secrets s’ouvrent à mesure que le récit avance, ce qui le rend plus dense, plus opaque, plus mystérieux encore, jusqu’à la libération, jusqu’aux aveux.

ChG

 

Extraits

« Je n’arrête pas de me représenter ce moment, ces secondes, celles qu’a duré l’agression jusqu’à ce qu’il cesse de se défendre et ne se rende plus compte de rien, jusqu’à ce qu’il perde connaissance et ne ressente plus rien, ni désespoir ni douleur ni… (…) Ni la sensation d’un adieu. »

« (…) chacun se conduit ainsi avec ses morts. On tente d’oublier la manière, on reste avec l’image du vivant, à la rigueur avec celle du mort, mais on évite de penser à la frontière, au passage, à l’agonie, à la cause. »

« (…) nous le faisons tous à des degrés divers, chercher refuge dans ce qui a existé et qui n’existe plus. »

« Nous ne pouvons prétendre être les premiers, ou les préférés, nous sommes tout simplement ce qui est disponible, les laissés-pour-compte, les survivants, ce qui désormais reste, les soldes, et c’est sur des bases si peu nobles, que s’érigent les amours les plus grandes et que se fondent les meilleures familles, nous provenons tous de là, de ce produit du hasard et du conformisme, des rejets, des timidités et des échecs d’autrui, et même dans ces conditions nous donnerions parfois n’importe quoi pour continuer auprès de celui que nous avons un jour récupéré dans un grenier ou une brocante, que par chance nous avons gagné aux cartes ou qui nous ramassa parmi les déchets ; contre toute vraisemblance nous parvenons à nous convaincre de nos engouements hasardeux, et nombreux sont ceux qui croient voir la main du destin dans ce qui n’est autre qu’une tombola de village quand l’été agonise… »

« Certes, les morts ont tort de revenir, et malgré cela ils le font presque tous, ils ne renoncent pas et s’efforcent de devenir le fardeau des vivants jusqu’à ce que ces derniers s’en débarrassent pour avancer. Nous n’éliminons jamais tous les vestiges, cependant, nous ne parvenons jamais à ce que la matière passée se taise vraiment et pour toujours, et parfois nous entendons un souffle presque imperceptible, comme celui d’un soldat agonisant que l’on aurait jeté nu dans une fosse avec ses compagnons morts, ou comme les gémissements imaginaires de ces derniers, comme les soupirs étouffés que certaines nuits celui-là croyait encore entendre, peut-être pour les avoir trop longtemps côtoyés et par sa condition si proche, car il fut sur le point d’être l’un d’eux ou peut-être le fut-il, et alors ses aventures postérieures, sa déambulation dans Paris, son retour de flamme et ses misères et sa soif de restitution, se résumèrent-ils à un fragment de pierre tombale dans une salle de musée, aux ruines d’un tympan aux inscriptions désormais illisibles, brisées, à l’ombre d’une trace, à un écho d’écho, à l’esquisse d’une courbe, à une cendre, à une matière passée et muette qui refusa de passer et de se taire. J’aurais pu être moi-même quelque chose de semblable pour Deverne, mais je n’ai pas su l’être. Ou peut-être n’ai-je pas voulu que sa lamentation la plus ténue filtre dans le monde, à travers moi. »

© extraits de Comme les amours de Javier Marías, Gallimard (collection Du monde entier), traduit de l’espagnol par Anne-Marie Geninet, 2013

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