Le blog ePagine

Conseils de lecture, entretiens, actualité numérique :

le Livre-Avenir ne se fera pas sans les libraires.

26 août 2015

SONATINE / R. J. Ellory : La Sœur & Les Assassins

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 » Si tu regardes trop longtemps l’abîme, l’abîme aussi regardera en toi. »» Friedrich Nietzsche

À tous ceux qui ont regardé l’abîme, mais sans jamais perdre l’équilibre.

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Pendant longtemps, John Costello tenta d’oublier ce qui s’était passé.

Fit semblant, peut-être, que ça n’était jamais arrivé.

Le diable se présenta sous la forme d’un homme, enveloppé par l’odeur des chiens.

À voir sa tête, on aurait cru qu’un inconnu lui avait donné un billet de 50 dollars dans la rue. Un air surpris. Une sorte d’émerveillement satisfait.

John Costello se souvenait d’un bruit d’ailes affolées lorsque les pigeons fuirent la scène.

Comme s’ils savaient.

Il se souvenait que l’obscurité était tombée à la hâte ; retardée quelque part, elle était maintenant soucieuse d’arriver à l’heure dite.

C’était comme si le diable avait le visage d’un acteur – un acteur oublié, au nom effacé, mais dont la tête rappellerait vaguement quelque chose.

« Je le connais… Oui, c’est… c’est… Chérie, l’autre type, là. Comment il s’appelle, déjà ? »

Il avait plein de noms.

Tous signifiaient la même chose.

Le diable possédait le monde entier mais il se souvenait de ses racines. Il se souvenait d’avoir été jadis un ange jeté dans la géhenne pour avoir trahi et s’être révolté, et il faisait de son mieux pour se contenir. Parfois, il n’y arrivait pas.

C’était aussi paradoxal que de coucher avec une vilaine putain dans un motel pas cher. Partager quelque chose de si intense, de si intime, sans jamais donner son nom. Ne se croire coupable de rien de grave, donc se croire innocent.

John Costello avait presque 17 ans. Son père possédait un restaurant où tout le monde allait manger.

Après ça, John ne fut plus jamais le même.

Après ça… Mon Dieu, aucun d’entre eux ne fut plus jamais le même.

 

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Pour la sortie du dernier polar de R.J. Ellory, Les Assassins, votre librairie vous offre Chicagoland #1 – La Soeur. Il est à téléchargé ici (sur le portail Librel.be).

 

9 juin 2014

La Décade de l’Imaginaire 2014 chez L’Atalante

Filed under: + Offres découvertes,+ SF/Fantasy — David @ 12:28

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Et ça débute aujourd’hui ! Les ouvrages à prix découverte sont disponibles

Décade de l'Imaginaire 2014Une nouvelle année pour la Décade de l’imaginaire, aux éditions l’Atalante. Et cette année, les femmes sont à l’honneur. Le principe ? Du 10 au 18 juin 2014, une nouvelle gratuite par jour sera mise à disposition. Sur la période, un ouvrage par auteure sera également disponible à prix « découverte ». Une excellente manière de découvrir ces plumes d’exception, en fantasy, en fantastique, en science-fiction, adulte ou jeunesse.
Du Space Opera avec Laurence Suhner, en passant par la fantasy de Sylvie Denis ou le Planet Opera jeunesse de Danielle Martinigol, voici l’occasion rêvée de remplir sa liseuse pour les lectures de vacances au soleil.

La vestale du Calix Quand arriva la fin du monde, en fin de matinée, d’Anne Larue accompagnera son livre La vestale du Calix, à 2,99€. La nouvelle sera disponible le 10/06.

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Jeanne-A Debats nous offre ici une nouvelle, Le miroir d’Électre. Et son livre Plaguers sera à 3,99€. La nouvelle sera disponible le 11/06. Elle met en scène une Violette bien embarrassée par son pouvoir étrange et par sa famille désarticulée. La rencontre d’Adam fera basculer son Destin. Ou justement, pas. La nouvelle au style caractéristique de l’auteure fait ici le lien entre certains personnages de la mythologie grecque à la sauce tragédie grecque et notre époque.

CantoriaBurgundia Remanence, de Danielle Martinigol accompagnera le roman jeunesse Cantoria à 2,99€. La nouvelle sera disponible le 12/06.
Même si celle-ci se situe dans un futur lointain, très lointain, Danielle Martinigol a réussi à me faire saliver à la lecture de cette histoire de « nanan ». Mais rien d’étonnant pour cette maîtresse du roman jeunesse francophone.

Vestiges
Homéostasie de Laurence Suhner accompagnera le tome 1 de la trilogie Quantika, Vestiges, à 4,99€. La nouvelle sera disponible le 13/06.

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Vers les airs, de Camille Brissot, sera du même univers que son roman Dresseur de fantômes, à 3,99€. La nouvelle sera disponible le 14/06. Dans l’univers du roman, elle met en scène une poignante déclaration d’Amour dans un monde post-Maelström et pose ainsi les bases d’un monde où les ballons et les dirigeables règnent en maîtres.

Narcogénèse Le Clairvoyage
Du rififi entre les oreilles d’Anne Fakhouri accompagnera elle deux ouvrages, Narcogenèse à 4,99€ et Le Clairvoyage à 2,99€. La nouvelle sera disponible le 16/06.
Cette nouvelle de fantasy urbaine, où se mêlent la prohibition, un assassin d’Al Capone, sur le déclin, un elfe disciple de Freud et adepte de la régression temporelle, nous emmène joyeusement dans un monde où les contes rejoignent l’histoire de Chicago du siècle dernier. Un vrai moment de plaisir, qui nous permet d’attendre la sortie d’un roman à l’automne, dans ce même univers.

Le livre des âmesHorizon de Carina Rozenfeld accompagnera le tome 1 de la Quête des livres-mondes, Le livre des âmes, à 2,99€. La nouvelle sera disponible le 17/06.

Haute-Ecole
Aknaktak de Sylvie Denis accompagnera le livre Haute-Ecole à 4,99€. Ça tombe bien, la nouvelle est du même univers et sera disponible le 18/06.
Une nouvelle profondément enracinée dans l’univers de Haute-École, ce roman de fantasy sorti il y a déjà 10 ans.
Une lecture qui vous donnera envie de plonger ou de vous replonger dans ce livre de Sylvie Denis, elle qui d’habitude écrit habilement en science-fiction et qui là, nous emmène dans une fantasy atypique.

Donc pour résumer, 9 ouvrages à prix découverte, 1 nouvelle gratuite par auteure. Elle est pas belle la vie de lecteur numérique  de littérature de l’imaginaire chez ePagine ?

DQ.

24 janvier 2014

Nouvel An Chinois : 99 livres numériques des éditions Philippe Picquier à 4.99€

Du 24 janvier au 9 février 2014, à l’occasion du Nouvel An Chinois, les Éditions Philippe Picquier proposent de télécharger 99 livres numériques de leur fonds de littérature asiatique au prix unique de 4.99 € (marquage sans DRM). La librairie ePagine participe à cette belle opération (cliquez ici pour découvrir les titres choisis ou suivez ce lien pour découvrir la page dédiée à cette opération sur ePagine). À ne pas manquer !

 

 

Pour la deuxième année consécutive, les éditions Philippe Picquier ont décidé de décliner dans l’univers numérique leur grande opération « poche » annuelle en librairie intitulée le NOUVEL AN CHINOIS DES ÉDITIONS PHILIPPE PICQUIER.

99 titres à 4.99 €

À l’occasion de l’année chinoise du CHEVAL, qui commence dans la nuit du 31 janvier 2014, marquant ainsi la fête la plus importante pour les communautés chinoises à travers le monde entier, ePagine, en partenariat avec la maison d’édition, vous propose une mise en avant de 99 livres numériques du fonds Picquier, au prix unique de 4.99 € et sans DRM Adobe, du 24 janvier au 9 février 2014 (ces baisses de tarif pourront parfois dépasser les 50 % par rapport aux prix habituels du catalogue numérique). Romans, nouvelles, proses poétiques, rêveries, essais mais aussi romans érotiques ou enquêtes policières, cette sélection est une belle entrée en matière pour ceux qui ne connaîtraient pas encore ce catalogue et une aubaine pour les amateurs de littérature asiatique.

 

 

Vous trouverez ci-dessous le catalogue préparé pour l’occasion par la maison d’édition, un catalogue qui présente par pays les 99 titres du Nouvel An Chinois des éditions Picquier : 41 titres du domaine chinois, 27 du domaine japonais et 31 titres d’autres pays asiatiques : Vietnam (4 titres) Tibet (6 titres), Corée (4 titres), Inde (11 titres), Mongolie (5 titres), Birmanie (1 titre). Il vous suffira de cliquer sur l’image ou sur le lien infra pour télécharger gratuitement le catalogue au format ePub. Vous pouvez également visiter cette page réalisée spécialement pour Le Nouvel an Chinois, page dans laquelle nous avons classé les titres par pays mais aussi par thématiques (romans policiers, L’Asie immédiate, romans érotiques,…) ou par auteurs emblématiques. Vous trouverez également sur cette page plusieurs mises en avant de la librairie ePagine.

Ma sélection

Dans cette sélection figurent des auteurs importants dont les textes ont souvent été mis en avant par ePagine et qui parfois ont été chroniqués ici. Je pense notamment au diptyque Ikebukuro, West Gate Park de ISHIDA Ira, à la fois polar, portrait d’une génération, regard sur un quartier très « vivant » de Tokyo et dérive urbaine aussi noire que désopilante qui nous entraîne dans le quartier d’Ikebukuro en compagnie de Majima Makoto, un personnage vraiment très attachant. Japon toujours, ne passez pas à côté des Cent vues du mont Fuji de Osamu Dazai qui est pour moi l’un des plus grands (et des plus pessimistes aussi) auteurs japonais du XXe siècle. Petit détour aussi du côté de La submersion du Japon de Sakyo Komatsu qui était un roman d’anticipation et qui est devenu terriblement actuel. Enfin, last but not least, je ne peux pas ne pas vous conseiller de lire le grand poète du quotidien et du paysage, Sôseki (plusieurs titres figurent dans cette sélection, dont ces deux merveilles : La Porte et Petits contes de printemps).

Du côté de la littérature chinoise, on avait fait la part belle ici à WANG Anyi native de Shanghai qui écrit et publie dans son pays depuis les années 70 mais qu’on a découvert en France il y a dix ans seulement, grâce à Philippe Picquier. Quatre des cinq romans traduits chez Picquier figurent dans cette sélection et je vous conseille vivement Amour dans une petite ville, roman sensuel sur le corps, le désir et la danse au temps de la Révolution culturelle chinoise, un roman qui fit scandale lors de sa première parution en 1986 dans la revue Littérature de Shanghai. Si vous avez envie de découvrir un grand roman classique de la littérature érotique chinoise, jetez-vous sur De la chair à l’extase de Li Yu. Plus contemporain mais pas moins subversif, allez faire un tour dans les nuits électriques de Shanghai baby de Weihui. Enfin, pour ceux qui souhaiteraient savourer le regard lucide et l’humour très grinçant de Lao She, saisissez l’occasion : trois de ses romans et recueil de nouvelles sont dans cette liste.

À lire également l’excellent auteur mongole écrivant en langue allemande Galsan Tschinag, découvert en France par les éditions Métailié et L’esprit des péninsules. Cette année, quatre de ses romans (La fin du chant, La Caravane, Dojnaa et Belek, une chasse dans le Haut-Altaï) font partie de la sélection. Avec cet auteur vous voyagerez au cœur des steppes jusqu’aux sommets du Haut-Altaï, des temps anciens à nos jours, et en poésie.

Des dizaines d’autres auteurs vous attendent, notamment l’auteur d’origine indienne, Chitra-Banerjee Divakaruni (à lire en anglais ou en français). Enfin, si vous voulez tout connaître de la cérémonie du thé ou des saumons, cliquez sur les liens !

Bonne année à celles et ceux nés sous le signe du Cheval (et aux autres aussi) en lectures asiatiques !

ChG

Téléchargez gratuitement le catalogue numérique des éditions Picquier
au format ePub ou en PDF

20 novembre 2013

L’intégrale de la saga de Krondor de Raymond E. Feist #operationfeist

Milady lance une opération qui va ravir les amateurs de littératures de l’imaginaire et va sans doute permettre à de nouveaux lecteurs de découvrir l’un des maîtres de la Fantasy : Raymond E. Feist. La maison d’édition profite en effet de la période approchante des fêtes pour mettre en avant un des classiques incontournables de la Fantasy et un best-seller international : La Saga de Krondor. Cette saga foisonnante pleine de magie, de luttes et de personnages inoubliables, est l’œuvre d’une vie, l’auteur ayant écrit 27 tomes dans 9 séries. Attention ! comme pour les Intégrales Bragelonne, cette opération a une durée limitée : elle débutera le 22 novembre 2013 et se terminera le 5 janvier 2014.

Les éditions exclusives en numérique de La Saga de Krondor de Raymond E. Feist comportent également des couvertures inédites. Chaque série, contenant entre 2 et 4 tomes, sera vendue entre 9.99 € et 14.99 €. Et pour couronner le tout, Milady proposera l’intégrale de la saga de Krondor en un seul livre numérique (27 tomes, l’équivalent de 11.000 pages pour 99.99 €).

Infra, vous trouverez la liste des séries avec les visuels de couverture et les liens vers la librairie ePagine. Si vous souhaitez consulter les 10 références en un coup d’œil, suivez ce lien.

 

L’édition exclusive en numérique de La Saga de Krondor contient les ouvrages suivants :

 

•1 La Guerre de la Faille (4 tomes, 9,99 €)
Magicien, L’Apprenti (2005), Magicien, Le Mage (2005), Silverthorn (2005) et Ténèbres sur Sethanon (2005)
•2 La Trilogie de l’Empire (3 tomes, 9,99 €)
Fille de l’Empire (2011), Pair de l’Empire (2011) et Maîtresse de l’Empire (2011)
3• Le Legs de la Faille (3 tomes, 9,99 €)
Krondor : La Trahison
(2006), Krondor : Les Assassins (2006) et Krondor : La Larme des dieux (2007)

4• L’Entre-deux-guerres (2 tomes, 9,99 €)
Prince de sang (2005) et Le Boucanier du roi (2005)
5• La Guerre des Serpents (4 tomes, 9,99 €)
L’Ombre d’une reine noire (2004), L’Ascension du prince marchand (2004), La Rage d’un roi démon (2005) et Les Fragments d’une couronne brisée (2005)
6• Le Conclave des Ombres (3 tomes, 14,99 €)
Serre du Faucon argenté (2008), Le Roi des renards (2008) et Le Retour du banni (2009)

7• La Guerre des ténèbres (3 tomes, 14,99 €)
Les Faucons de la Nuit (2009), La Dimension des ombres (2010) et La Folie du dieu noir (2011)
8• La Guerre des démons (2 tomes, 14,99 €)
La Légion de la terreur (2011) et La Porte de l’Enfer (2011)
9• La Guerre du Chaos (3 tomes, 14,99 €)
Un royaume assiégé (2012), Une couronne en péril (2013) et La Fin du magicien (2013)

L’intégrale Krondor (9 séries, 27 tomes, 99,99 €)
pour les détails, se référer aux séries et tomes listés supra

6 novembre 2013

Francis Huster dans la peau d’Albert Camus (Le Passeur éditeur)

Le Passeur Éditeur a mis en ligne ses premiers livres numériques en mars 2013. Un peu plus de six mois plus tard, son catalogue comporte près de 25 titres. On y trouve des romans, des essais ou encore des biographies, notamment Le Clown et la geisha d’Alexandre Naos (un monologue en forme d’hommage à La Chute d’Albert Camus) ou Les Impostures du réel, une quête initiatique de Frédérick Tristan. Tous les titres de cette maison d’édition sont proposés sans DRM Adobe, avec tatouage numérique, et les prix sont compris entre 4.99 € et 9.99 €, la moyenne se situant autour de 5.99 €.

À l’occasion du centenaire de la naissance d’Albert Camus, Le Passeur éditeur a choisi de remettre en avant Albert Camus un combat pour la gloire de Francis Huster paru au printemps dernier et qui a fait un peu parler de lui en librairie et dans la presse, un texte dans lequel le comédien se met dans la peau de l’écrivain, prix Nobel de Littérature en 1957. Tout le mois de novembre, Albert Camus un combat pour la gloire pourra être téléchargé au prix de 4.99 € sur toutes les plateformes de téléchargement de livres numériques et, aujourd’hui mercredi 6 novembre jusqu’à minuit, il sera même proposé à 1.49 €. Pour en savoir plus, rendez-vous sur la librairie ePagine.

Le texte de Francis Huster, sorte de testament imaginaire que nous aurait légué Camus, se présente comme un long monologue. « Je suis revenu de la mort pour parler aux générations futures. Parce que je ne veux pas qu’on leur mente. Et qu’elles subissent ce que nous avons dû souffrir, comme un aboutissement logique », écrit Huster. On retrouve ici tous les thèmes abordés par Camus dans son œuvre ou à travers ses engagements : la justice, la politique, la religion, son enfance, l’Algérie, le terrorisme, le nazisme, la France de Vichy, l’artiste, Dieu, la liberté, la révolte, le nihilisme… « Le comédien, qui partage avec l’écrivain la passion du théâtre et qui a adapté avec succès La Peste sur scène, nous fait redécouvrir cette voix essentielle penchée sur le destin de l’humanité. Un plaidoyer vibrant pour un humanisme contemporain contre la barbarie », peut-on lire dans la présentation de ce récit par l’éditeur.

Albert Camus, un combat pour la gloire, Francis Huster, Le Passeur éditeur

4 octobre 2013

Les 3 jours « Que sais-je ? » : 500 titres à 4.49 € du 4 au 6 octobre 2013

Pendant trois jours pleins (du 4 au 6 octobre), près de 500 titres de la collection « Que sais-je ? » seront proposés exceptionnellement au prix de 4.49 € en numérique.

En novembre 2012, 104 titres de la collection « Que sais-je ? » des Presses Universitaires de France (PUF) faisaient leur entrée au catalogue numérique de la librairie ePagine et de ses libraires partenaires. Presque un an plus tard (voir notre billet de novembre 2012), force est de constater que la maison d’édition a mis les bouchées doubles pour mettre à disposition de ses millions de lecteurs le plus de titres disponibles possibles : La traite des noirs d’Olivier Petre-Grenouilleau, Le récit de Jean-Michel Adam, Le tai chi chuan de Marianne Plouvier, Les grandes philosophies de Dominique Folscheid, La psychanalyse de Daniel Lagache, Le bouddhisme de Claude B. Levenson, Le Coran de François Déroche, L’humour juif de Joseph Klatzmann, L’hôpital de Jean De Kervasdoué, Les Mayas de Paul Gendrop, L’énergie nucléaire de Paul Reuss, Le nombre d’or de Marius Cleyet-Michaud, Platon de Jean-François Mattei, Le chamanisme de Michel Perrin ou encore La philosophie de l’éducation d’Olivier Reboul,… ce sont désormais près de 500 titres qui aujourd’hui peuvent être lus sur liseuse ou tablette, sur smartphone ou ordinateur.

La palette est très large, aussi large que celle que nous connaissons déjà en papier. Tous les sujets et matières développés par les éditeurs de cette collection font en effet partie de l’offre numérique : histoire et civilisation ; psychologie, pédagogie et psychanalyse ; droit et économie ; arts premiers et disciplines artistiques contemporaines ; philosophie et linguistique ; géopolitique et écologie… Ces 500 titres sont toujours livrés sans DRM Adobe, avec marquage ou tatouage numérique (watermark). S’ils peuvent habituellement être téléchargés au prix unique de 6,49 €, à l’occasion de la rentrée universitaire tous les titres numériques de la célèbre collection des PUF seront proposés exceptionnellement au prix de 4.49 €. Offre valable du vendredi 4 au dimanche 6 octobre 2013 inclus chez tous les revendeurs de livres numériques dont ePagine et ses libraires partenaires.

Pour accéder au catalogue complet des PUF, cliquez ici !

27 juillet 2013

Ouverture de la chasse aux Pavillons avec Robert Laffont le 1er août 2013

Au mois d’août, pour l’achat de deux titres de la collection PAVILLONS POCHE en numérique, les éditions Robert Laffont vous offrent le célèbre roman de E. M. Forster, Avec vue sur l’Arno, qui a inspiré le film de James Ivory, Chambre avec vue. Attention, si vous pouvez choisir de télécharger vos livres numériques sur le site de la librairie numérique de votre choix, les achats doivent avoir lieu entre le 1er et le 31 août et l’envoi du titre Pavillons Poche gratuit est réservé aux 150 premières demandes.

Actuellement, 34 titres de cette collection sont disponibles sur la librairie ePagine, dont Barnabo des montagnes de Dino Buzzati, L’orange mécanique de Anthony Burgess, Une trop bruyante solitude de Bohumil Hrabal, Les quatre Hollandais de William Somerset Maugham, Comment j’ai raté mes vacances de Geoff Nicholson, Voyage en France de Henry James, Les après-midi d’un fonctionnaire très déjanté de Upamanyu Chatterjee ou encore Cassandra au mariage de Dorothy Baker.

Cliquez ici pour accéder au catalogue complet sur ePagine
Cliquez là pour connaître les conditions de l’offre

 

 

Bonne chasse aux Pavillons !
ChG

26 juillet 2013

Éditions Métailié : un été très noir à petits prix et programme de rentrée

Le temps d’un été (jusqu’au 31 août exactement), les Éditions Métailié proposent une baisse de prix sur 11 titres de leur collection Métailié Noir. Généralement vendus entre 12.99 € et 18.99 €, ils sont désormais tous disponibles pour 9.99 € (et toujours sans DRM Adobe mais avec marquage). Dans cette sélection figure Arnaldur Indridason, l’un des auteurs les plus lus de la maison d’édition, mais également le surprenant roman noir de Olivier Truc, Le Dernier lapon et des auteurs récemment lus, Horacio Castellanos Moya et Cristina Fallaras. C’est à un véritable tour du monde du roman noir que les éditions Métailié nous invitent à parcourir en leur compagnie, des régions sauvages des fjords de l’est de l’Islande aux bas-fonds du Rival à Barcelone, de San Salvador, en pleine guerre civile, fin des années 1970, à Kautokeino en Laponie centrale. Infra, retrouvez les 11 romans concernés par cette offre découverte ou cliquez ici pour les retrouver sur la librairie ePagine.

Par ailleurs, les éditions Métailié vous proposent de télécharger gratuitement des extraits de leur rentrée littéraire dans un seul fichier. Au programme, vertiges et dépaysements intérieurs assurés en compagnie de Arnaldur Indridason, Adriana Lisboa, Javier Sebastián, Valter Hugo Mãe et James Meek. Si je parle de vertiges, c’est tout simplement parce que je viens de terminer Le Cycliste de Tchernobyl de l’auteur espagnol Javier Sebastián (à paraître en papier et en numérique le 5 septembre) qui m’a fortement impressionné. On aura l’occasion d’en reparler à la rentrée mais notez dès à présent le nom de cet auteur qui aborde la catastrophe nucléaire de Tchernobyl et ses conséquences, notamment dans la ville de Pripiat (à partir des campagnes de désinformation de l’administration soviétique et des chasses à l’homme qui s’ensuivirent). Dans ce roman, l’auteur dresse le portrait d’un physicien spécialiste du nucléaire qui a réellement existé et n’hésite pas à utiliser les codes du thriller et du documentaire littéraire pour nous entraîner dans un voyage apocalyptique sur les pas de ceux qui ont dit oui à la vie dans une ville contaminée. Mon plus gros choc parmi mes dernières lectures…

ChG

Liste des 11 titres bénéficiant d’une baisse de prix jusqu’au 31 août 2013

Le Jaguar sur les toits de François Arango (9.99 € au lieu de 12.99 €)
Le Matériel du tueur de Gianni Biondillo (9.99 € au lieu de 14.99 €)
A la fin d’un jour ennuyeux de Massimo Carlotto (9.99 € au lieu de 18.99 €)
La Servante et le catcheur de Horacio Castellanos Moya (9.99 € au lieu de 18.99 €)
Comme au cinéma de Hannelore Cayre (9.99 € au lieu de 15.99 €)
L’Offense de Francesco De Filippo (9.99 € au lieu de 12.99 €)
Le deuxième vœu de Ramon Diaz-Eterovic (9.99 € au lieu de 15.99 €)
Deux petites filles de Cristina Fallaras (9.99 € au lieu de 13.99 €)
Étranges rivages de Arnaldur Indridason (9.99 € au lieu de 12.99 €)
L’Ange du matin de Arni Thorarinsson (9.99 € au lieu de 12.99 €)
Le Dernier lapon de Olivier Truc (9.99 € au lieu de 12.99 €)

23 juillet 2013

L’été caniculaire et meurtrier de Dominique Sylvain, Maud Tabachnik et Fred Vargas à prix Hamy

Trois romans policiers de la collection Chemins nocturnes chez Viviane Hamy s’ouvrent sur un été caniculaire propice au crime : Manta corridor, Un été pourri et Un peu plus loin sur la droite. La température monte, les villes se vident, les meurtriers rôdent…

En cette mi-juillet, la maison d’édition a eu la bonne idée de réunir ces trois polars de Dominique Sylvain, Maud Tabachnik et Fred Vargas et de les proposer à 5,99 € chacun. Attention, cette offre découverte s’arrêtera le 31 juillet ! Notez bien que si vous téléchargez ces trois livres numériques depuis le site de la librairie ePagine, ceux-là vous seront livrés sans DRM Adobe, avec un simple tatouage, et pourront être lus sur les quais, à la plage, dans un bar,…, sur liseuses, tablettes, smartphones ou ordinateurs portables.

Pour info, le tournage du film adapté de Manta corridor de Dominique Sylvain (avec Muriel Robin dans le rôle de Lola) a lieu à Paris en juillet. Si vous êtes parisiens ou de passage dans l’Est de la capitale, peut-être croiserez-vous les personnages du roman près du Canal Sain-Martin et du coiffeur « Les Fééries de Dakar » ?

Après la présentation des trois polars, nous vous proposons un extrait de Un été pourri de Maud Tabachnik.

Pour retrouver ces trois titres sur ePagine cliquez ici.

ChG

 

Manta corridor de Dominique Sylvain

La chaleur perle sur Paris. Lola Jost et Ingrid Diesel sont sur la piste de Louis Manta, le shampouineur du salon les Féeries de Dakar, disparu sans laisser d’adresse, au grand dam de sa patronne, la flamboyante Lady Mba.
Cette nouvelle aventure du duo d’enquêtrices de choc nous entraîne des bords du canal Saint-Martin aux mers du Sud, de l’enquête à la chasse au trésor.

À lire dans la même série Lola et Ingrid : Passage du Désir, Prix des Lectrices de ELLE, La fille du samouraï, L’absence de l’ogre et Guerre sale.

5.99 € au lieu de 9.99 € jusqu’au 31 juillet 2013

 

Un été pourri de Maud Tabachnik

98° Fahrenheit. Boston suffoque. Des hommes sont égorgés et émasculés. Un flic beau gosse, perturbé par les femmes, mène une enquête aveugle. Maud Tabachnik signe avec Un été pourri un thriller où la tension et l’angoisse ne se relâchent jamais. Et donne naissance à un détective dont le nom sonne comme un piège : Goodman.

À lire dans la même série : La mort quelque part et Le Festin de l’araignée.

5.99 € au lieu de 10.99 € jusqu’au 31 juillet 2013

 

Un peu plus loin sur la droite de Fred Vargas

C’est l’été à Paris. Embusqué sur le banc 102, celui de la Contrescarpe, alors qu’il surveille la fenêtre d’un fils de député bien peu sympathique, Kehlweiler, « l’Allemand », avise une drôle de « bricole » blanchâtre égarée sur une grille d’arbre… Ce petit bout d’os humain l’obsède jusqu’à ce qu’il abandonne ses filatures parisiennes pour rallier Port-Nicolas, un village perdu au bout de la Bretagne.

À lire dans la même série des Évangélistes : Ceux qui vont mourir te saluent, Debout les morts et Sans feu, ni lieu.

5.99 € au lieu de 9.99 € jusqu’au 31 juillet 2013

ChG

 

EXTRAIT

Un Été pourri de Maud Tabachnik
éditions Viviane Hamy, 1994

 

– Ce gouvernement de merde devrait bien s’occuper de cette foutue canicule ! grinça Mort en tordant sa bouche vers le barman qui ne releva pas la tête de son comptoir.
Ce genre de boniments il en avait les oreilles cassées depuis le début de la semaine.
Exactement depuis mardi où le thermomètre était monté à 98° Fahrenheit.
Comme si les gens n’avaient pas d’autres soucis que le climat.
Pour le moment celui du barman était ses pieds qu’il ne savait plus comment chausser.
Quatorze heures debout derrière son zinc à remplir les verres et à subir les plaisanteries éculées des assoiffés du quartier.
Mort Newman commanda une troisième bière que le loufiat lui servit en le regardant de travers.
Il détestait ce genre de crado en tricot de corps douteux qui faisait fuir les bons clients.
C’était la climatisation qui les attirait dans son bar. Faut dire qu’elle marchait à fond.
Mort Newman avala sa bière et rota en rigolant vers son voisin. Au moment où il glissait une pièce dans le distributeur de cacahuètes son œil fut attiré par une femme qui entrait.
Elle était fraîche et gracieuse et Mort la reconnut. Il la croisait parfois le matin quand il venait chercher son camion de nettoiement.
Elle était toujours seule et regardait droit devant elle. Elle avait une démarche de danseuse qui aurait un problème à la colonne vertébrale.
Mort la trouvait à son goût mais n’avait jamais osé l’aborder.
Depuis deux ans qu’il était à Boston il s’était contenté d’étreintes tarifées avec des filles bon marché.
Il n’avait jamais emmené personne dans son taudis.
Elle commanda une eau minérale et un jeton de téléphone et s’enferma dans la cabine.
Elle paraissait totalement indifférente aux regards des hommes qui la reluquaient.
Elle parla un court moment et ressortit en refermant soigneusement la porte derrière elle.
Elle partit sans toucher à son verre et en ignorant ostensiblement l’assemblée.
Mort se leva et la suivit en lançant une remarque salace à son voisin qui ricana en hochant la tête.
En passant devant une glace il ramena en arrière ses cheveux collés par la sueur et remonta son pantalon en tentant d’effacer son ventre.
La fille se dirigea vers le centre. Elle avait un dos de nageuse et des fesses fermes dans sa robe de cotonnade. Sa légère claudication n’ôtait rien à son charme et Mort se sentit bander. Sa silhouette faisait se retourner les hommes, mais elle ne s’en préoccupait pas. Il y avait comme une tension dans tous ses gestes.
Mort la rattrapa à un feu rouge sur Berkeley Street et son regard s’attarda sans vergogne sur sa poitrine tendue et le creux de son ventre.
L’un suivant l’autre, ils atteignirent des petites rues calmes que Mort savait mener vers les jardins publics de Boston.
Ils marchaient à présent dans le quartier des grossistes qui à cette heure étaient tous fermés.
Des entrepôts aux façades de briques rouge terne où grimpaient des escaliers de secours bordaient les deux côtés de la rue. Leurs pas décalés résonnaient sur le pavé et la fille avait déjà fait mine de jeter des coups d’œil derrière elle sans aller jusqu’au bout de son geste.
Mort s’amusait de sa nervosité et décida de l’aborder avant qu’elle ne soit trop inquiète.
Il accéléra, remontant encore une fois son pantalon, regrettant de ne pas avoir enfilé de chemise.
Il avait son baratin tout prêt.
– Excusez, mademoiselle, commença-t-il, mais je crois qu’on se connaît.
Elle continua de marcher sans le regarder, mais sans précipiter son pas.
– Eh, je vous parle! je vous croise le matin quand vous partez travailler.
Elle s’arrêta et le fixa, et Mort put voir le dégoût qu’il lui inspirait.
– Oui et alors ?
Elle avait une voix froide, dépourvue d’émotion, et Mort comprit qu’il s’était trompé. Elle n’avait pas peur de lui.
– Ben, rien. J’vous ai vue entrer dans le bar et j’me suis dit qu’j’pourrais bien vous faire un brin de causette. Vous travaillez où? et comme elle ne répondait pas, il mentit. Moi je suis chef électricien, je vous vois presque tous les matins, toujours toute seule, et j’me suis dit qu’c’était bien triste une jolie fille comme ça qu’avait pas de galant. Là vous me voyez en négligé parce que je rentre du travail, mais je sais aussi faire le beau.
Il souriait avantageusement, bien qu’il se sentît mal à l’aise. Pendant tout son discours la fille l’avait écouté sans paraître le voir, et Mort était décontenancé.
Il n’avait pas l’habitude de ce genre de fille et comprit qu’elle n’était pas sa pointure.
Cette frustration le mit en colère et il eut brusquement envie de la forcer. Il fit une dernière tentative.
– Alors, on va boire un verre quelque part ?
Mais en le proposant il sut que c’était fichu. Jamais la fille ne lui céderait.
Sa fureur monta d’autant plus vite qu’elle était alimentée par les litres de bière ingurgités depuis le matin.
Il lui attrapa le bras mais elle se dégagea aussitôt.
– Lâchez-moi, espèce d’ivrogne !
C’était une injonction, rien d’autre, et ce ton de mépris rendit Mort fou furieux.
Cette pétasse la ramenait vraiment trop. Pourtant il était certain que comme les autres elle adorerait se faire ramoner.
– Dis donc, toi, grogna-t-il, t’arrêtes de faire ta mijaurée ?
– Foutez-moi la paix, dit-elle la voix terne, vous puez ! Vous me rencontrez peut-être, mais ça ne vous donne aucun droit sur moi.
Mort rigola. Évidemment, le fait qu’elle travaille dans le coin, il s’en tapait! Mais ça ne l’empêchait pas d’être bandante !
Il la colla brutalement contre le mur et ses mains s’accrochèrent à ses seins.
– Laisse-toi faire ma jolie, y’a personne dans c’te putain de rue, et t’as vraiment le plus joli cul qu’on puisse voir !
Elle se débattait en silence, l’expression tordue de dégoût, cherchant à échapper à la bouche malodorante, au sexe durci pressé contre le sien.
Elle le repoussa une fois, avec la seule force des bras, et Mort recula devant la haine qui défigurait le visage si joli de la fille.
– Ben toi, ma salope, va falloir te mater! gronda-t-il en l’immobilisant.
Mais elle se dégagea et le frappa violemment à la base du nez. Il en vit trente-six chandelles et perdit la tête.
Il se jeta sur elle les bras levés, décidé à la tabasser de ses lourds poings d’homme habitué aux durs travaux.
Elle esquiva d’un brusque retrait du buste, mais trébucha sur ses talons.
Il l’empoigna en l’insultant salement, hors de lui qu’une fille le frappe, lui qui dans sa jeunesse faisait plier les jarrets des jeunes taureaux.
Ses mains se rapprochèrent de la gorge de la fille et il crocha ses doigts autour de son cou, s’appuyant de tout son poids sur elle pour l’empêcher de l’atteindre avec ses genoux.
Ils se battaient comme deux voyous, cherchant à se faire le plus mal possible mais Mort sentit qu’elle faiblissait sous l’étouffement.
Il accentuait sa pression quand il sentit sa tête tirée en arrière par les cheveux.
– La salope! ragea-t-il. Je vais la tuer !
Soudain il ne pensa plus. Quelque chose venait de se passer dans sa gorge.
Un froid abominable, coupant et glacé qui le prit sous les mâchoires.
Il eut une fraction de seconde l’impression folle de tomber dans un vide si noir et si profond qu’il bascula sur le côté.
Il mourut sans savoir comment.

© Un été pourri, Maud Tabachnik, Viviane Hamy, 1994 pour la version papier.

19 juillet 2013

Philippe Rey : 10 ans d’édition, 10 titres à prix réduits + extrait de Enrico Remmert

Pour fêter ses 10 ans d’édition, ses 10 années en littératures (au pluriel), Philippe Rey éditions a sélectionné 10 titres majeurs (et pour la plupart très récents) de son catalogue et les propose au prix unique de 4,99 € jusqu’au 31 juillet 2013. Ces livres numériques, contenant un simple tatouage mais pas de DRM Adobe, pourront ainsi être lus sur tous supports : de la liseuse à la tablette, du smartphone à l’ordinateur. Dépêchez-vous, il ne reste plus que quelques jours pour découvrir les romans de cette maison d’édition spécialisée en littérature française, en littérature étrangère (États-Unis, Afrique du Sud, Bangladesh, Italie,…) mais qui a également la curiosité d’aller fouiller du côté des « cultures du Sud » et de la francophonie (Afrique, Antilles, Haïti, Madagascar,…). Quelques noms issus de la littérature mondiale vous aideront à la resituer : Joyce Carol Oates, Taslima Nasreen, Joyce Maynard, Michiel Heyns, Enrico Remmert, Gisèle Pineau, Patrick Chamoiseau, Raharimanana, Gary Victor, Peter Ackroyd, pour ne citer qu’eux, et quelques nouvelles voix dont Nathalie Bauer, Camille de Villeneuve ou encore Caroline Deyns.

Au 20 juillet, le catalogue papier des éditions Philippe Rey est riche de 200 titres environ et l’offre numérique sur le site de la librairie ePagine, de 75 titres.

Pour retrouver toute la sélection sur une page dédiée, suivez ce lien sinon consultez ci-dessous chacun des dix titres mis en avant par Philippe Rey éditions à l’occasion de ses dix ans d’édition – ma préférence allant à Enrico Rommert pour son décapant road-novel à l’italienne, le polyphonique Petit Art de la fuite (roman d’ailleurs traduit par Nathalie Bauer, auteur de la maison) mais vous ferez bien comme vous voudrez, n’est-ce pas ? Dans tous les cas, petits extraits de ce roman infra.

Tante auguri à la maison d’édition et bonne vacances en lecture(s) à tou-te-s !

ChG

 

LES 10 TITRES DE PHILIPPE REY ÉDITIONS MIS EN AVANT SUR EPAGINE

 

La Chute de Troie de Peter Ackroyd (4.99 € au lieu de 11.99 €)
Le feu, la vie de Nathalie Bauer (4.99 € au lieu de 13.99 €)
Tour de plume de Caroline Deyns (4.99 € au lieu de 12.99 €)
Le Cavalier et son ombre de Boubacar Boris Diop (4.99 € au lieu de 12.99 €)
Jours d’enfance de Michiel Heyns (4.99 €)

Baby Love de Joyce Maynard (4.99 € au lieu de 12.99 €)
Le Mystérieux Mr Kidder de Joyce Carol Oates (4.99 € au lieu de 11.99 €)
Petit Art de la fuite de Enrico Remmert (4.99 € au lieu de 12.99 €)
La Silencieuse de Ariane Schréder (4.99 € au lieu de 11.99 €)
Maudite Education de Gary Victor (4.99 € au lieu de 12.99 €)

 

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1

Francesca
Il y a quelques années, juste avant de s’installer définitivement à Turin, Vittorio m’a envoyé une clef plate dans une enveloppe. Je lui ai demandé au téléphone ce qu’elle ouvrait. Il s’est contenté de répondre : « Attends. »
Trois jours plus tard une valise noire m’est parvenue.
Je l’ai ouverte avec la clef. Elle contenait une autre valise. À l’intérieur se trouvait un dossier. Dans le dossier, une première pochette cartonnée, puis une seconde, ainsi qu’une série d’enveloppes de couleurs différentes, de plus en plus petites. Sur la dernière – blanche, de la taille d’une carte de visite – était écrit au stylo : « J’arrive. Voilà pourquoi je t’explique ce que nous allons faire. »
Dans cette enveloppe, une feuille de papier pliée disait : « Nous ne regarderons par notre montre, c’est nous qui établirons l’heure, les rails s’achèveront mais nous ne monterons jamais dessus, nous irons au musée et mettrons la main aux fesses des statues, nous marcherons sur les paupières du monde, nous attendrons au crépuscule les oiseaux qui crient des syllabes, nous nous habillerons comme deux prêtres insatiablement beaux, nous déchiffrerons les choses, et si cela ne nous plaît pas nous nous boucherons les oreilles avec du chewing-gum, nous verrons Dieu à la télé, nous écrirons des poèmes indélébiles, nous saupoudrerons nos cils de sel pour rester des marins, nous serons à jamais assoiffés et joyeux, et chaque nuit – les nuits auront un ciel très blanc à plumetis bleu – tu murmureras à mon oreille avant que je m’endorme  : tu es le meilleur d’entre tous et le pire d’entre tous. »

 

2

Manu
(…) Tu montes dans la Baronne – c’est le surnom de la Punto –, allumes le moteur, sors du garage : rues nocturnes éclairées, rues nocturnes sombres, route nationale, files de phares rouges, voitures obscures aux vitres obscures conduites par des individus obscurs, autobus au néon dont chaque vitre ressemble à une télé où apparaît une tête mélancolique, enfin parking du Balboa, sourires à la masse des crétins que sont les physios aux portes et les videurs, entrée dans la loge et nouveaux sourires au troupeau d’analphabètes qui dansent avec toi (jamais trouvé de vraie copine depuis l’époque de Francesca). Question : si tu ne supportes personne, pourquoi fais-tu ça ? Réponse : pour le fric, car quand tu es en haut, sur ta plate-forme, il y a toujours quelqu’un qui s’aperçoit que tu existes, maintenant tu salues Ivan qui, transformé en DJ Ivan Unz, se place à la console, quelques verres au bar, une cigarette au vestiaire avec Lorenzo, le seul physio à avoir un QI conforme à la moyenne mondiale, allées et venues sur ta plate-forme, suée, gin-tonics phosphorescents, clients qui se déchaînent en bas, aux platines Ivan Unz te dédie The World Will End Monday des Butterfly Eggs, geste obscène d’un garçon, deux autres drinks au comptoir, le barman propose un whisky à ta collègue Samantha qui répond Non, merci, le whisky me fait mal aux jambes, il interroge Ça te les gonfle ? elle lui lance un sourire malicieux et déclare Non, ça me les écarte, nouvelle suée, nouvelles danses, les échantillonnages des synthés rebondissent de mur en mur, les basses s’insinuent dans ton ventre, remontent et effacent toute pensée aussi efficacement qu’un lavage de cerveau, tu fermes les paupières, un pas après l’autre, une illusion après l’autre, tant que tu as assez de souffle pour respirer, sous les yeux de DJ Ivan Unz, grand maître de cérémonies qui voit tout et commande tout de son trône, coud et lie des morceaux pour n’en former qu’un seul durant une nuit entière, enfin, à 3, 4 ou 5 heures la soirée s’achève, Ivan Unz défoncé à la vodka ou à la coke, ou aux deux, essaie de t’entraîner dans son lit, tantôt tu cèdes, tantôt tu refuses, tantôt vous faites l’amour, tantôt vous vous disputez car il considère que tu as trop souri à un type, que tu en as fixé un autre trop longtemps, puis le sommeil arrive, réveil tard, déjeuner dans un bar et ainsi de suite, du moins du jeudi au dimanche, les autres jours c’est un peu mieux, mais tu as l’impression que tous ces hommes – depuis ton père jusqu’à Ivan en passant par Lorenzo, le physio – ne cessent de répéter que, sans eux, tu ne seras jamais personne sur cette terre, que tu te partageras tout au plus entre les leçons de code aux décérébrés qui ont choisi l’auto-école la moins chère de Turin et les danses devant des consommateurs de cachetons, alors autant monter sur ta plate-forme, t’afficher pour te cacher sous les lumières des stroboscopes qui donnent le même air à tout le monde, gogo danseuses, narco-danseurs, pères et DJ, ce qui te dispense de te demander qui tu es et ce que tu attends vraiment de la vie, oui, tout est plus facile ainsi, tu t’effaces dans la musique pour échapper aux voix que tu entends en toi, puisque tu n’es pas la fille que tu voudrais, autant être comme les autres, au moins tu es certaine de ne pas être la seule à ne rien valoir.

 

4

Vittorio
Mon copain Andrea est un passionné de gares. C’est le seul endroit, prétend-il, où l’on perçoit l’intimité des êtres humains, l’étreinte sincère entre les gens qui arrivent et les gens qui attendent, entre ceux qui partent et ceux qui restent, entre ceux qui rêvent et ceux qui accompagnent : fiancés, amis pour la vie, pères et filles, grands-mères et petits-enfants. C’est un avant-goût du paradis, affirme Andrea : une immense file d’êtres qui s’aiment.

 

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Extraits de Petit Art de la fuite de Enrico Remmert,
traduit de l’italien par Nathalie Bauer
© Philippe Rey éditions, 2013

15 juillet 2013

29 Folio numériques à 3.99 € jusqu’au 22 juillet avec extrait d’un roman de Javier Marías

Nous vous signalons aujourd’hui deux opérations promotionnelles initiées par les éditions Gallimard. Comme nous sommes des lecteurs inconditionnels de Javier Marías, nous publions infra un extrait d’un de ses textes qui fait partie de cette mise en avant : Demain dans la bataille pense à moi, roman sur les faux semblants et les mensonges mais aussi grand modèle de structure narrative complexe.

 

 

Jusqu’au 22 juillet prochain :

— retrouvez une sélection de 24 titres dans les collections Folio, Folio Policier, Folio SF et Folio Biographies à 3,99 € (jusqu’à 53 % de réduction). Outre le roman de Javier Marías, figurent dans cette liste Jean-Claude Izzo et le premier tome de sa trilogie marseillaise, le Gatsby de Fitzgerald, la biographie de Saint-Exupéry par Virgil Tanase, Quatre jours en mars de Jens Christian Grondahl, Frontière barbare de Serge Brussolo, Tonton Clarinette de Nick Stone et bien d’autres encore.

— découvrez le premier tome de 5 séries des éditions Gallimard Jeunesse à 3,99 € : Artemis Fowl, Animorphs, Le journal intime de Georgia Nicolson, les aventures du Petit Nicolas ou encore celles de Mathieu Hidalf.

Pour retrouver ces 29 titres sur la librairie ePagine, cliquez ici.

 

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EXTRAIT

Demain dans la bataille pense à moi de Javier Marías
traduit de l’espagnol par Alain Keruzoré, Gallimard

 

Personne ne pense jamais qu’il se retrouvera un jour une morte entre les bras et n’en verra plus le visage dont il garde le nom. Personne ne pense jamais que quelqu’un va mourir au moment le plus inopportun même si cela se produit constamment, et nous ne pouvons croire que celui qui ne le devrait pas va pourtant mourir près de nous. On cache souvent les faits et les circonstances : les vivants et celui qui se meurt — s’il a le temps de s’en rendre compte — ont parfois honte de la forme de la mort éventuelle et de ses apparences, de sa cause aussi. Une indigestion de fruits de mer, une cigarette allumée au seuil du sommeil et qui embrase les draps, ou pire, la laine d’une couverture ; un pied qui glisse dans la douche — la nuque — alors que le verrou de la salle de bains est tiré ; un arbre frappé par la foudre dans une grande avenue qui dans sa chute écrase ou fauche la tête d’un passant, un étranger peut-être ; mourir en chaussettes, ou chez le coiffeur avec un grand bavoir ; dans un bordel ou chez le dentiste ; ou en mangeant du poisson et, transpercé par une arête, mourir étranglé comme l’enfant dont la mère n’est pas là pour lui mettre un doigt dans la bouche et le sauver ; mourir à demi rasé, une joue pleine de mousse et la barbe désormais dissymétrique jusqu’à la fin des temps si personne ne s’en rend compte et, par pitié esthétique, n’achève le travail ; sans parler des moments les plus ignobles de l’existence, les plus enfouis, ceux que l’on n’évoque plus après l’adolescence parce que alors il n’y a plus de prétexte à cela, même si certains les exhument parfois pour faire un bon mot, qui ne l’est jamais. Alors ça, c’est une mort horrible, dit-on parfois ; ou bien encore en éclatant de rire, alors ça, c’est une mort ridicule. On rit parce qu’il s’agit d’un ennemi enfin disparu ou de quelqu’un de très éloigné, quelqu’un qui nous a offensés ou qui demeure dans le passé depuis longtemps, un empereur romain, un ancêtre, ou bien quelque puissant dont la mort grotesque n’est à nos yeux que la manifestation encore vitale, humaine, de la justice qu’au fond nous souhaiterions pour tout le monde, même pour nous. Comme je me réjouis de cette mort, comme je la déplore, comme je l’applaudis. Parfois le rire vient simplement parce que le mort est un inconnu dont nous lisons dans le journal le malheur forcément dérisoire, pauvre homme, dit-on en riant, la mort comme représentation ou spectacle dont on rend compte, toutes les histoires que l’on rapporte, qu’on lit ou qu’on écoute perçues comme du théâtre, il y a toujours une part d’irréel dans ce que l’on apprend, comme si jamais rien n’arrivait tout à fait, même ce qui nous arrive et que nous n’oublions pas. Même ce que nous n’oublions pas.

Il y a une part d’irréel dans ce qui m’est arrivé, et n’est d’ailleurs pas terminé, mais peut-être devrais-je employer un autre temps, celui que traditionnellement on réserve au récit, et dire ce qui m’arriva, même si ce n’est pas terminé. Je risque à présent, en le racontant, de me mettre à rire. Mais je ne le crois pas car ce n’est pas encore bien loin et ma morte ne demeure pas dans le passé depuis assez longtemps, n’a jamais été ni puissante ni une ennemie, et j’aurais mauvaise grâce à dire qu’elle m’était inconnue, même si je savais d’elle peu de chose quand elle mourut dans mes bras — maintenant j’en sais davantage, en revanche. Heureusement elle n’était pas encore nue, ou pas tout à fait, nous en étions justement au déshabillage mutuel comme souvent la première fois, au cours de ces nuits inaugurales qui revêtent l’apparence de l’imprévu, ou que l’on feint de croire non préméditées pour ménager la pudeur et pouvoir ensuite éprouver un sentiment de nécessité qui évitera toute culpabilité, les gens croient en la prédestination et en l’intervention du destin, quand ça les arrange. Comme si tout le monde voulait pouvoir dire, le moment venu : « Je ne l’ai pas cherché, je ne l’ai pas voulu », si les choses tournent mal ou affligent, si l’on se repent, ou si l’on se rend compte qu’on a fait du mal. Je ne l’ai pas cherché ni voulu, devrais-je dire maintenant que je sais qu’elle est morte, et de façon inopportune, entre mes bras, sans presque me connaître — injuste, je n’aurais pas dû me trouver à ses côtés. Personne ne me croirait si je le disais, ce qui d’ailleurs est sans grande importance car c’est moi qui raconte, on m’écoute ou on ne m’écoute pas, c’est tout. Je ne l’ai pas cherché, je ne l’ai pas voulu, dis-je pourtant à présent, elle ne peut plus le dire, ni cela ni autre chose, elle ne peut plus me démentir, ses dernières paroles ont été : « Mon Dieu, et l’enfant. » Les premières avaient été : « Je ne me sens pas très bien, je ne sais pas ce que j’ai. » Je veux dire les premières après l’interruption du déshabillage, nous étions à demi allongés dans sa chambre, à demi vêtus et à demi dévêtus. Soudain elle s’écarta et mit sa main sur mes lèvres, comme si elle ne voulait pas cesser de les embrasser sans la transition d’un autre geste affectueux et d’un autre contact, puis elle me repoussa doucement du revers de la main et se coucha sur le côté, me tournant le dos, et quand je lui demandai : « Qu’y a-t-il ? », elle me répondit cela : « Je ne me sens pas très bien, je ne sais pas ce que j’ai. » Je vis alors sa nuque que je n’avais jamais vue, ses cheveux un peu relevés et emmêlés, un peu mouillés par la sueur, il ne faisait pas chaud, une nuque très XIXe siècle striée de cheveux noirs et collés, comme par du sang à demi séché, ou de la boue, comme la nuque de quelqu’un qui a glissé dans la douche mais a tout de même eu le temps de fermer le robinet. Tout a été très rapide et n’a laissé le temps de rien. Pas le temps d’appeler un médecin (mais quel médecin à trois heures du matin, les médecins ne se dérangent même plus aux heures des repas), ni d’avertir un voisin (mais quel voisin, je n’en connaissais aucun, je n’étais pas chez moi et n’étais jamais venu dans cette maison où j’étais un invité et à présent un intrus, ni même dans cette rue, rarement dans ce quartier, longtemps auparavant), ni d’appeler son mari (mais comment pouvais-je appeler son mari, d’ailleurs il était en voyage et je ne savais pas son nom complet), ni de réveiller l’enfant (mais pourquoi aurais-je réveillé l’enfant, après tout le mal qu’on avait eu à l’endormir), ni même d’essayer de lui porter secours moi-même, elle s’était brusquement sentie mal, au début j’ai pensé ou nous avons pensé que le repas ne passait pas avec toutes ces interruptions, ou j’ai pensé qu’elle était peut-être en train de déprimer ou de se repentir ou qu’elle avait eu peur, ces trois choses prennent souvent la forme du malaise et de la maladie, la peur, la dépression et le repentir, surtout si ce dernier apparaît simultanément aux actes qui le provoquent, tout à la fois, un oui, un non, un peut-être, et pendant ce temps tout a continué et a passé, le malheur de ne pas savoir et de devoir agir parce qu’il faut bien donner un contenu au temps qui presse et passe sans nous attendre, nous allons plus lentement : décider sans savoir, agir sans savoir et donc en prévoyant, le plus grand et le plus commun des malheurs, prévoir ce qui vient après, perçu généralement comme le moindre des malheurs, mais perçu par tout le monde, chaque jour. Quelque chose à quoi on s’habitue, on n’y prête plus guère attention. Elle s’est sentie mal et je n’ose la nommer, Marta, c’était son prénom, Téllez son nom, elle a dit qu’elle se sentait barbouillée, et je lui ai demandé : « Mais de quelle façon, l’estomac ou la tête ? » « Je ne sais pas, une nausée horrible, de partout, de tout le corps, je me sens mourir. » Tout ce corps qui commençait à remplir mes mains, les mains qui vont partout, les mains qui pressent ou caressent ou cherchent et frappent aussi (oh, ce fut sans le vouloir, involontairement, on ne peut m’en tenir rigueur), gestes machinaux parfois des mains qui palpent tout un corps dont elles ne savent pas encore s’il leur plaît, et soudain ce corps éprouve un malaise, le plus diffus des malaises, le corps entier, comme elle l’avait dit, et ses dernières paroles, « je me sens mourir », elle ne les avait pas dites littéralement, mais comme une phrase toute faite. Elle n’y croyait pas, moi non plus, elle avait même dit « Je ne sais pas ce qui m’arrive. » J’insistai, car poser une question est une façon d’éviter d’agir, non seulement poser une question mais parler et raconter évite les baisers et évite les coups et de prendre des mesures, d’abandonner l’attente, mais que pouvais-je faire, surtout au début, alors que tout devait être passager selon les règles, parfois enfreintes, de ce qui arrive et n’arrive pas. « Mais tu as envie de vomir ? » Elle ne répondit pas par des mots, elle fit un geste négatif de la nuque de sang à demi séché, de boue, comme si elle avait du mal à articuler. Je me levai du lit, en fis le tour et m’agenouillai à côté d’elle pour voir son visage, je lui mis une main sur l’avant-bras (toucher réconforte, la main du médecin). Elle avait les yeux fermés et serrés à ce moment-là, longs cils, comme gênée par la lampe de chevet que nous n’avions pas encore éteinte (mais je pensais le faire bientôt, avant son indisposition je m’étais demandé si je le faisais tout de suite ou un peu plus tard : je voulais voir, il me fallait voir ce corps nouveau qui me plairait certainement, je n’avais pas éteint). Je la laissai allumée, elle pouvait à présent nous être utile dans ce nouvel état, maladie ou dépression, peur ou repentir. « Veux-tu que j’appelle un médecin ? » et je me mis à penser à d’improbables urgences, fantasmagories de l’annuaire téléphonique. Elle fit à nouveau non de la tête. « Où as-tu mal ? » demandai-je, et elle désigna à contrecœur une zone imprécise vers la poitrine et l’estomac, plus bas même, en fait tout le corps sauf la tête et les membres. Elle avait le ventre découvert, la poitrine pas tout à fait, elle portait encore (l’agrafe défaite) son soutien-gorge sans bretelles, un vestige de l’été, comme le haut d’un bikini, il lui était un peu petit et peut-être l’avait-elle mis ce soir-là, même un peu démodé, parce qu’elle m’attendait, tout était peut-être prémédité malgré les apparences et les hasards laborieusement forcés qui nous avaient conduits jusqu’au lit conjugal (je sais que certaines femmes utilisent à dessein des tailles inférieures, pour se mettre en valeur). Je l’avais dégrafé, mais il n’était pas tombé, Marta le maintenait encore avec les bras, ou les aisselles, peut-être sans le vouloir. « Ça va mieux ? » « Non, je ne sais pas, je crois que non », dit-elle, Marta Téllez, la voix non plus affaiblie mais déformée par la douleur ou l’angoisse, en fait je ne savais pas si elle souffrait. « Attends un peu, j’ai du mal à parler », ajouta-t-elle — le malaise rend paresseux —, pourtant elle ajouta quelque chose, elle n’allait pas assez mal pour m’oublier, ou bien elle était attentionnée en toutes circonstances, même sur le point de mourir, aussi peu que je la connaisse elle me semblait une personne attentionnée (mais nous ne savions pas encore qu’elle était sur le point de mourir) : « Mon pauvre, dit-elle, tu ne t’attendais pas à cela, quelle soirée horrible. » Je ne m’attendais à rien, ou peut-être à la même chose qu’elle. Jusque-là, la soirée n’avait pas été horrible, peut-être un peu ennuyeuse, et je n’ai jamais su si elle pressentait ce qui allait lui arriver ou si elle voulait parler de l’attente excessive due à l’enfant sans sommeil. Je me levai, fis de nouveau le tour du lit et m’allongeai à l’endroit que j’avais occupé auparavant, à gauche, en pensant (je revis sa nuque immobile, striée, frémissante comme sous l’effet du froid) : « Peut-être vaut-il mieux attendre et m’abstenir de lui poser des questions pendant un moment, la laisser tranquille pour voir si ça lui passe, ne pas l’obliger à répondre ou à évaluer à chaque instant si elle va un peu mieux ou un peu plus mal ; penser à la maladie l’aggrave, comme de la surveiller trop étroitement. »

© 1994, Javier Marías ; éditions Rivages, 1996 ; éditions Gallimard, 2009

11 juillet 2013

BD digitales : Marsupilami, Tardi, nouvelles séries, au ciné & promos

Voilà bien longtemps que nous n’avions pas mis en avant sur ce blog le rayon BD & Mangas numériques. Parce que le mois de juillet continuera à être très riche en événements, en actualités, en nouvelles séries et en promotions, aujourd’hui nous vous proposons ce long post avec de nombreuses entrées qui devraient plaire aux amateurs de bulles en tous genres.

 

1. Marsupilami

Le 19 juillet, 27 histoires du Marsupilami seront pour la première fois disponibles en numérique. Pour rappel, le Marsupilami fut tout d’abord un personnage secondaire de la série Spirou et Fantasio, bien que certains albums portent explicitement son nom: Les voleurs du Marsupilami et Le nid du Marsupilami. C’est avec cette aventure, éditée dans Spirou du n° 969 (8 novembre 1956) au n° 991 (11 avril 1957), puis en album en 1960, qu’André Franquin plantera le décor de la famille Marsupilami, de son nid et de la jungle palombienne. Cliquez ici pour accéder aux 27 titres sur ePagine.

 

2. Au cinéma en juillet

Cet été, deux films adaptés de séries ou personnages de BD sortiront dans les salles de cinéma : Aya de Yopougon (le 17 juillet) et Les Schtroumpfs 2 (le 31 juillet). Cette double sortie est l’occasion idéale de faire (re)découvrir aux enfants les aventures des petits hommes bleus de Peyo maintenant qu’ils peuvent schtroumpfer en streaming les 32 épisodes (via Dupuis et Le Lombard). Quant aux 6 tomes de Aya de Yopougon (Gallimard streaming), ils sont en ligne depuis le 13 juillet (cliquez ici pour accéder aux six aventures).

 

3. Événement

Le 19 juillet, les 6 journaux de guerre de Jean.-Pierre. VERNEY et Jacques TARDI seront disponibles pour la première fois en numérique via les éditions Casterman et grâce à la 9ème biennale du 9ème Art de la ville de Cherbourg-Octeville qui a démarré le 29 juin et se terminera le 1er septembre 2013, consacrée cette année à l’œuvre de TARDI.

 

4. Des Tomes 1 offerts tous les 15 jours jusqu’en 2014

Depuis le 1er juillet et jusqu’en 2014, toutes les deux semaines, un titre issu du catalogue est offert aux internautes. Liste des titres offerts cet été :

• jusqu’au 14/07 : Thorgal t.1 La Magicienne trahie de Rosinski & Van Hamme
• du 15/07 au 28/07 : Léonard t.1 Léonard est un génie de Bob De Groot & Turk
• du 29/07 au 11/08 : L’envolée sauvage t.1 La dame blanche de Monin & Galandon
• du 12/08 au 25/08 : Le scorpion t.1 La marque du diable de Desberg & Marini
• du 26/08 au 8/09 : Lady S. t.1 Na Zdorovié, Shaniouchka ! de Van Hamme & Aymond

 

5. Promos sur 22 titres jusqu’au 4 août

La première vague de promotions concerne 22 titres qui peuvent déjà être téléchargés au prix de 2.69 € jusqu’au 21 juillet :

Alix t.1 Alix l’intrépide de Jacques Martin
Adèle Blanc-sec t.1 Adèle et la Bête de Jacques Tardi
Le sommeil du monstre t.1 Le sommeil du monstre de Enki Bilal
Lefranc t.1 La Grande menace de Jacques Martin
Insiders t.1 Guérilla tchétchène de Bartoll & Garreta

Iznogoud t.1 Le Grand Vizir Iznogoud de Goscinny & Tabary
Philémon t.1 Philémon avant la lettre de Fred
Boule et Bill t.1 Tel Boule, tel Bill de Roba
Lady S. t.1 – Na Zdorovié, Shaniouchka ! de Van Hamme & Aymond
Les Tuniques Bleues t.1 Un chariot dans l’Ouest de Lambil & Cauvin
Tamara t.1 Combien ?! de Darasse & Zidrou

Alpha t.1 L’Échange de Jigounov & Renard
L’Elève Ducobu t.1 Un copieur sachant copier ! de Godi & Zidrou
Yakari t.1 Yakari et Grand Aigle de Derib & Job
Les profs – Boulard, super cancre !!! de Pica & Erroc
Les rugbymen t.10 la 3e mi-temps de Beka & Poupard

Les fonctionnaires : le petit chef  de Bloz & Beka
Basket dunk de Plumeri, Cazenove & Mauricet
Les pompiers : les gestes qui sauvent de Stedo & Cazenove
Les gendarmes : les PV de Jenfevre, Sulpice & Cazenove
Dallas Cowboy t.1 Dallas Cowboy de Manu Larcenet

 

Une seconde vague de promotions concernera 28 titres du 19 juillet au 4 août et pourront être téléchargés au prix de 2.99 € :

Les profs t.1 Interro surprise de Pica & Erroc
Les rugbymen t.1 On va leur mettre les poings sur les yeux ! de Beka & Poupard
Lloyd Singer t.1 Poupées russes de Brunschwig & Neuray
Les footmaniacs t.1 de Jenfevre, Sulpice & Saive
Les gendarmes t.1 Flagrant délire de Jenfevre, Sulpice & Cazenove
Les sisters t.1 Un air de famille de William & Cazenove
• Corto Maltese : Rendez-vous à Bahia de Hugo Pratt

India dreams t.1 Les chemins de brûme de Charles & Charles
Les cités obscures t.1 Les murailles de Samaris de Schuitten & Peeters
Magasin général t.1 Marie de Loisel & Tripp
Djinn t.1 La favorite de Dufaux & Miralles
Le retour à la terre t.1 La vraie vie de Ferri & Larcenet

Le scorpion t.1 La marque du diable de Desberg & Marini
Murena t.1 La pourpre et l’or de Dufaux & Delaby
La cité des eaux mouvantes de Christin & Mezieres
L’épervier t.1 Le trépassé de Kermellec de Patrice Pellerin
Les nombrils t.1 Pour qui tu te prends ? de Delaf & Maryse Dubuc

Michel Vaillant t.1 Le grand défi de Jean Graton
Spirou et Fantasio t.15 Z comme Zorglub de Franquin, Jidehem & Greg
All watcher t.1 Antonia de Desberg & Queireix
Capricorne t.1 L’objet de Elena Andreas
I.R.$ t.1 La voie fiscale de Desberg & Vrancken

Thorgal t.1 La Magicienne trahie de Rosinski & Van Hamme
Lucky Luke t.32 La diligence de Morris & Goscinny
Vie de merde t.1 Les premières fois de Hipo, Grelin, Valette, Passaglia & Guedj
Baudelaire de Daniel Casanave
Le sens de la vis t.1 de Manu Larcenet
Le Collectionneur t.1 Le Joyau Mongol de Sergio Toppi

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