Le blog ePagine

Conseils de lecture, entretiens, actualité numérique :

le Livre-Avenir ne se fera pas sans les libraires.

17 novembre 2013

Actualité de la semaine ePagine [du 11 au 17 novembre 2013]

Comme chaque dimanche vous trouverez dans ce billet des liens vers les articles du blog que vous n’avez peut-être pas eu le temps de lire cette semaine ainsi qu’une mise en avant récente de la librairie ePagine. À la une aujourd’hui Bob Dylan by Greil Marcus, Auguste Gilbert de Voisins, Les 10 articles les plus consultés en octobre et 15 Folio en promotion.

En avant pour quelques invitations à la lecture !

ChG

 

— LES BILLETS DE LA SEMAINE DU BLOG EPAGINE —

 

► 15.11.13 : Bob Dylan by Greil Marcus (Galaade)
Après Like a Rolling Stone (2005) et L’Amérique et ses prophètes (2007), Galaade poursuit sa politique d’auteur avec la publication de Bob Dylan by Greil Marcus. Des notes sur les Basement Tapes de 1967 à l’exploration du Time Out of Mind de 1997, où Dylan réimagine l’expérience américaine, Marcus décrypte non seulement les enregistrements mais aussi les concerts, les livres et les films qui ont contribué à inscrire Bob Dylan au sein de notre culture. Bob Dylan by Greil Marcus, traduit de l’anglais par Pierre-Richard Rouillon, est publié dans la collection Essais aux éditions Galaade. [lire la suite du billet]

► 14.11.13 : ePagine vous offre Le Bar de la Fourche d’Auguste Gilbert de Voisins
Via son studio ePub, ePagine vient de fabriquer et de mettre en ligne un huitième titre : Le Bar de la Fourche d’Auguste Gilbert de Voisins. Cet ouvrage et les sept précédents, Hors Commerce, sont offerts en permanence sur la librairie ePagine avec tout téléchargement de livres. (…) Le Bar de la Fourche est un roman d’aventures (voire un western) d’Auguste Gilbert de Voisins sur les chercheurs d’or, dans l’Ouest américain. Il a été publié la première fois en 1909. Ce roman a inspiré le film éponyme d’Alain Levent qu’il a réalisé en 1972, avec Jacques Brel, Isabelle Huppert et Pierre-François Pistorio pour incarner les personnages principaux. [lire la suite du billet]

► 12.11.13 : Les 10 articles les plus consultés en octobre 2013 sur le blog ePagine
En octobre vous avez été surtout intéressés par les auteurs traduits : l’Islandais Bergsveinn Birgisson, la Canadienne Alice Munro, l’Américain Hugh Howey, l’Espagnol Javier Marías ou l’Uruguayen Horacio Quiroga. Peut-être parce que la Foire de Francfort est passée par là… Quelques auteurs français ont néanmoins retenu votre attention, le regretté Christian Gailly et l’excellent Eric Pessan. En octobre on aura par ailleurs pu se procurer le premier annuaire des acteurs du livre numérique ou encore Propos sur le métier de Libraire offert par la librairie ePagine. [lire la suite du billet]

 

— UNE MISE EN AVANT DE LA LIBRAIRIE EPAGINE —

Gallimard propose de télécharger 15 titres des collections folio, folio policier, folio sf et folio biographies au prix de 3.99 € jusqu’au 9 décembre inclus. Cette sélection comprend des titres remarquables parus ces dernières années chez cet éditeur : Trois femmes puissantes de Marie NDiaye (que nous avions chroniqué ici), Jan Karski de Yannick Haenel (nous en avions parlé par là), Inigo de François Sureau, Meurtres pour mémoire de Didier Daeninckx, Utu de Caryl Férey, Moloch de Thierry Jonquet ou encore, plus anciens mais incontournables, Maggie Cassidy de Jack Kerouac et L’Amant de la Chine du Nord de Marguerite Duras. Pour découvrir la sélection compète sur ePagine, cliquez ici.

15 novembre 2013

Bob Dylan by Greil Marcus (Galaade)

Après Like a Rolling Stone (2005) et L’Amérique et ses prophètes (2007), Galaade poursuit sa politique d’auteur avec la publication de Bob Dylan by Greil Marcus. Des notes sur les Basement Tapes de 1967 à l’exploration du Time Out of Mind de 1997, où Dylan réimagine l’expérience américaine, Marcus décrypte non seulement les enregistrements mais aussi les concerts, les livres et les films qui ont contribué à inscrire Bob Dylan au sein de notre culture. Bob Dylan by Greil Marcus, traduit de l’anglais par Pierre-Richard Rouillon, est publié dans la collection Essais aux éditions Galaade. Il est disponible en librairie depuis le 31 octobre et en téléchargement depuis le 7 novembre 2013 (14,99 € en numérique). Cliquez ici pour consulter la fiche sur la librairie ePagine.

« J’ai aperçu ce type, dont je n’avais pas bien saisi le nom, alors je suis allé vers lui. Il était en train d’essayer d’allumer une cigarette, il y avait du vent, ses mains tremblaient ; il ne prêtait attention à rien d’autre que l’allumette. Ma stupéfaction était telle, que ma bouche s’est ouverte : “Vous avez été formidable”, ai-je dit. “J’ai été nul à chier”, a-t-il rétorqué sans même lever la tête. »

Au cours de l’été 1963, un jeune type à l’allure débraillée arrive, guitare à la main, il est invité à partager la scène de Joan Baez lors d’un concert dans un champ du New Jersey. Greil Marcus, alors âgé de 18 ans, découvre Bob Dylan : « J’étais sidéré. J’étais décontenancé. Ce type avait débarqué sur la scène de quelqu’un d’autre et, même si a priori rien ne semblait le distinguer du reste du public, il y avait dans son comportement quelque chose qui vous mettait au défi de le définir, de le cataloguer et de l’ignorer, et c’était impossible. »

Véritable coup de foudre pour Marcus qui devient un fan de Dylan et, par là même, un écrivain, dont le chanteur sera, pendant près d’un demi-siècle, l’un des sujets privilégiés… jusqu’à ce livre : Bob Dylan by Greil Marcus. On y trouve des réactions à chaud et de longs retours en arrière en quête d’histoires inconnues, mais avant tout une volonté de s’inscrire dans la conversation qui a toujours entouré l’œuvre de Dylan, sa conversation avec son public, ses chansons, les chansons des autres, et lui-même. Convoquant John F. Kennedy et Brigitte Bardot, Charlie Chaplin et Blind Willie McTell, Tom Paine et la « cinquième fille de la douzième nuit », Georgia Sam et Martin Luther King, Bill Clinton ou Barack Obama, Bob Dylan by Greil Marcus est un livre unique sur Bob Dylan mais c’est aussi une magnifique histoire de l’Amérique.

Greil Marcus est né en 1945. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands spécialistes de la culture populaire américaine.

 

Pour aller plus loin :

Bob Dylan by Greil Marcus (Galaade éditions)

Autres titres de Greil Marcus disponibles en numérique
(uniquement en anglais)

Autres titres des éditions Galaade disponibles au téléchargement
(de Irvin Yalom, Ayfer Tunc, Sylvie Taussig,…)

Autres essais autour de Bob Dylan à télécharger
(François Bon en français, le reste en anglais)

6 novembre 2013

Francis Huster dans la peau d’Albert Camus (Le Passeur éditeur)

Le Passeur Éditeur a mis en ligne ses premiers livres numériques en mars 2013. Un peu plus de six mois plus tard, son catalogue comporte près de 25 titres. On y trouve des romans, des essais ou encore des biographies, notamment Le Clown et la geisha d’Alexandre Naos (un monologue en forme d’hommage à La Chute d’Albert Camus) ou Les Impostures du réel, une quête initiatique de Frédérick Tristan. Tous les titres de cette maison d’édition sont proposés sans DRM Adobe, avec tatouage numérique, et les prix sont compris entre 4.99 € et 9.99 €, la moyenne se situant autour de 5.99 €.

À l’occasion du centenaire de la naissance d’Albert Camus, Le Passeur éditeur a choisi de remettre en avant Albert Camus un combat pour la gloire de Francis Huster paru au printemps dernier et qui a fait un peu parler de lui en librairie et dans la presse, un texte dans lequel le comédien se met dans la peau de l’écrivain, prix Nobel de Littérature en 1957. Tout le mois de novembre, Albert Camus un combat pour la gloire pourra être téléchargé au prix de 4.99 € sur toutes les plateformes de téléchargement de livres numériques et, aujourd’hui mercredi 6 novembre jusqu’à minuit, il sera même proposé à 1.49 €. Pour en savoir plus, rendez-vous sur la librairie ePagine.

Le texte de Francis Huster, sorte de testament imaginaire que nous aurait légué Camus, se présente comme un long monologue. « Je suis revenu de la mort pour parler aux générations futures. Parce que je ne veux pas qu’on leur mente. Et qu’elles subissent ce que nous avons dû souffrir, comme un aboutissement logique », écrit Huster. On retrouve ici tous les thèmes abordés par Camus dans son œuvre ou à travers ses engagements : la justice, la politique, la religion, son enfance, l’Algérie, le terrorisme, le nazisme, la France de Vichy, l’artiste, Dieu, la liberté, la révolte, le nihilisme… « Le comédien, qui partage avec l’écrivain la passion du théâtre et qui a adapté avec succès La Peste sur scène, nous fait redécouvrir cette voix essentielle penchée sur le destin de l’humanité. Un plaidoyer vibrant pour un humanisme contemporain contre la barbarie », peut-on lire dans la présentation de ce récit par l’éditeur.

Albert Camus, un combat pour la gloire, Francis Huster, Le Passeur éditeur

24 octobre 2013

Près de 40 nouvelles fantastiques de l’auteur uruguayen Horacio Quiroga en numérique

L’écrivain uruguayen Horacio Quiroga, né en 1878, partageait avec ses aînés Edgar Allan Poe (1809-1849) et Maupassant (1850-1893) un goût certain pour les contes et nouvelles qu’il construisait d’ailleurs avec une efficacité redoutable : brièveté, sens du récit, chutes terribles, goût pour l’étrange, le fantastique et les morts violentes – en 1937 (l’année de la mort de Lovecraft, un autre maître de la nouvelle et du roman « d’horreur ») il s’est suicidé après avoir appris qu’il était atteint d’un cancer de la prostate. À la différence de ses prédécesseurs ou contemporains, Quiroga nous entraîne loin de la ville et de la campagne, plus précisément au cœur des forêts équatoriales et des jungles (où il a vécu un temps) qui est souvent un prétexte pour faire plonger ses personnages au “cœur des ténèbres” et de la folie, là où l’homme, l’animal et la nature ne font pas toujours bon ménage. À la fois réaliste, baroque, mélancolique et noir (voire cruel), le style de Quiroga a inspiré de nombreux auteurs latino-américains contemporains. En France, son œuvre est traduite et publiée aux éditions Métailié depuis les années 90 : huit titres en tout, dont trois sont destinés aux jeunes lecteurs.

Depuis quelques jours, les éditions Métailié ont fait le choix de proposer en numérique une sélection de contes et nouvelles de l’auteur uruguayen (avec nouveaux visuels de couvertures). Vous trouverez là cinq recueils complets (Contes d’amour de folie et de mort, Anaconda, Le Désert, Les Exilés, Au-delà, 4.99 € chacun), 36 nouvelles extraites de ces recueils et à lire séparément (entre 0.49 €  et 0.99 € sauf 5 titres gratuits). Toutes ces histoires fantastiques et cruelles peuvent être très brèves (quelques pages seulement) et d’autres dépasser la vingtaine de pages (je me réfère ici à l’équivalent papier n’ayant pas le nombre de signes). Tout ceci est en tout cas une bonne entrée en matière pour, le temps d’un voyage en bus, en métro,.., ou dans une salle d’attente, (re)lire cet auteur, goûter à son style et à ses histoires tropicales à la fois effrayantes, sensorielles et décapantes ! Essayez-les !

Infra vous trouverez les liens qui vous mèneront directement vers le site de la librairie ePagine. Notez également que les livres numériques proposés par les éditions Métailié sont tous sans DRM Adobe (avec tatouage numérique).

ChG

 

 

Œuvre d’Horacio Quiroga publiée aux éditions Métailié
(en gras, les recueils et les nouvelles disponibles en numérique)

 

► Anaconda, traduit de l’espagnol par Frédéric Chambert, 2005
• à lire séparément : Les raies, Le Simoun, Diète d’amour, Le Yaciyatéré, Dans la nuit, Anaconda, Les Fabricants de charbon, Le Vampire, La Poulie folle, Gloire tropicale, Miss Dorothy Phillips, ma femme et La Tâche hyptalmique

Le dévoreur d’hommes, traduit de l’espagnol par Anne Boule-Christauflour, 2003

Lettres d’un chasseur, traduit de l’espagnol par Anne Boule-Christauflour, 2000

Contes d’amour de folie et de mort, traduit de l’espagnol par Frédéric Chambert, 2000
à lire séparément : La Poule égorgée, Le Solitaire, À la dérive, L’Oreiller de plumes, Yaguaï, L’Insolation, Les Pêcheurs de grumes, Le Miel sylvestre et Les Barbelés

Le Désert, traduit de l’espagnol par François Gaudry, 1999
• à lire séparément : Un péon, Le Désert et Le Spectre

Contes de la forêt vierge, Collection Jeunesse, 1998

Les Exilés, traduit de l’espagnol par François Gaudry, 1995
• à lire séparément : Les Distillateurs d’oranges, L’Homme mortTacuara-Mansión et Les Exilés

Au-delà, traduit de l’espagnol par François Gaudry, 1993
à lire séparément : La Belle et la bêteLe Conducteur du rapide, La Méningite et son ombre, Au-delà, Le Fils, Son absence, Le Crépuscule et L’appel

 

16 octobre 2013

Premier annuaire des acteurs du livre numérique (ActuaLitté et Primento)

ActuaLitté (média d’information littéraire arrivé sur la toile en 2008) et la société Primento viennent de mettre à disposition des professionnels de l’édition et de la librairie mais aussi des auteurs et de tout lecteur qui serait intéressé par le numérique le premier Annuaire des acteurs du livre numérique. Disponible au format ePub il recense pour la première fois l’essentiel des acteurs œuvrant actuellement dans le domaine du livre numérique, de l’édition à la création de fichiers numériques en passant par les revendeurs de livres numériques (seuls les pure players sont listés ici). On constatera, et ce n’est pas une surprise, que l’essentiel des sociétés citées dans l’annuaire ont été créées entre 2008 et 2010.

Découpé en trois parties distinctes, cet annuaire présente 102 maisons d’édition 100% numérique, 34 sociétés ou studios de fabrication de fichiers numériques et 22 librairies ou revendeurs de livres numériques. Chaque entreprise (ou start-up ou service) bénéficie d’une petite présentation ou description de ses activités suivie d’un lien vers son site ou son compte sur les réseaux sociaux.

Ce livre numérique peut être téléchargé gratuitement sur les sites de vente de livres numériques pour ensuite être lu sur tous les supports actuels de lecture (liseuse, tablette, smartphone ou ordinateur). Cliquez ici pour accéder à la fiche sur ePagine.

Cet annuaire est également consultable en ligne où il peut être mis à jour en temps réel.

Pour en savoir plus, vous pouvez lire le communiqué de presse sur le site ActuaLitté.

ChG

 

6 octobre 2013

Actualité de la semaine ePagine [du 30/09 au 06/10 2013]

Comme chaque dimanche vous trouverez dans ce billet hebdomadaire des liens vers les derniers articles de ce blog que vous n’avez peut-être pas eu le temps de lire dans la semaine ainsi qu’une mise en avant récente de la librairie ePagine. Aujourd’hui la collection Que sais-je ?, les Intégrales Bragelonne, la rentrée littéraire et Anna Gavalda sont mis à l’honneur.

En avant pour quelques invitations à la lecture !

ChG

 

— LES BILLETS DE LA SEMAINE DU BLOG EPAGINE —

 

► 04.10.13 : Les 3 jours « Que sais-je ? » : 500 titres à 4.49 € du 4 au 6 octobre 2013
Pendant trois jours pleins (du 4 au 6 octobre), près de 500 titres de la collection « Que sais-je ? » (sans DRM Adobe, avec marquage ou tatouage numérique (watermark)) seront proposés exceptionnellement au prix de 4.49 € en numérique au lieu de 6.49 €. [lire la suite du billet]

02.10.13 : Les Intégrales Bragelonne : Peter F. Hamilton, Gudule, Jérôme Camut et Lisi Harrison
Intégrales Bragelonne, nouvelle série. Après Samantha Bailly, John Marco et Chloe Neill, ce mois-ci ce sont 4 nouveaux auteurs des éditions Bragelonne, Milady et Castelmore qui voient chacun leurs romans rassemblés en une intégrale : Peter F. Hamilton, Jérôme Camut, Lisi Harrison et Gudule. Au programme, de la SF, du fantastique, du Space Opéra, de l’horreur, des vampires et même du thriller. [lire la suite du billet]

► 01.10.13 : Les 10 articles les plus consultés en septembre 2013 sur le blog ePagine
Retour aujourd’hui sur les dix articles les plus consultés au mois de septembre 2013 sur ce blog, un mois où chaque année en France abondent des centaines de nouveautés en quelques semaines et où tenter de s’y repérer est à chaque fois un travail de fourmi. Alors comment faire le tri ? [lire la suite du billet]

 

— UNE MISE EN AVANT DE LA LIBRAIRIE EPAGINE —

Les six titres d’Anna Gavalda, dont son nouveau roman Billie ainsi que L’Échappée belle, Ensemble, c’est tout, Je l’aimais, Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part et La Consolante, tous publiés par Le Dilettante, sont disponibles en numérique au prix de 4.99 € chacun. Trois de ses romans peuvent également être lus en anglais. Pour retrouver tous les titres de l’auteur en français et en anglais sur ePagine, suivez ce lien.

27 septembre 2013

Cinq romans et sagas adaptés au cinéma

Parmi les romans et sagas adaptés au cinéma dont la sortie en salle est plus ou moins proche (entre le 16 octobre 2013 et février 2014), nous trouverons deux auteurs français très populaires (Daniel Pennac avec sa tribu Malaussène et le Malavita de Tonino Benacquista) ainsi que trois sagas SF américaines pour adolescents et adultes dont Hunger Games, The Mortal Instruments et The Maze Runner. Ces films font l’objet d’une production très importante et la distribution attirera du monde sans aucun doute. Avant (ou plutôt que) d’aller voir ces films, vous pouvez vous jeter sur les textes qui les ont inspirés. Ils sont tous disponibles au format numérique pour une lecture sur liseuse, tablette, smartphone ou ordinateur. Pour chacun des films présentés nous indiquons le ou les liens vers la version numérique des textes originels ainsi que vers la bande-annonce lorsqu’elle est déjà en ligne. Retrouvez sur ePagine de nombreuses autres œuvres adaptées au cinéma en cliquant ici.

 

Au bonheur des ogres de Nicolas Bary d’après la saga Malaussène de Daniel Pennac (Folio)

Avec Raphaël Personnaz, Bérénice Béjo, Emir Kusturica, Guillaume de Tonquedec, Thierry Neuvic et Mélanie Bernier

La famille Malaussène n’est pas comme les autres. La mère mène une vie amoureuse mouvementée accumulant les enfants de pères différents. C’est le frère aîné, Benjamin (bouc-émissaire professionnel), qui tente tant bien que mal de s’occuper de cette tribu vivante et désorganisée. Quand des évènements étranges surviennent autour de lui, Benjamin va devoir chercher qui lui en veut.

Sortie en salle : le 16 octobre 2013

Liens :
Bande-annonce du film
Au bonheur des ogres de Daniel Pennac en numérique

 

The Mortal Instruments (La Cité des ténèbres) de Harald Zwart d’après la série de Cassandra Clare (12-21)

Avec Lily Colins, Jamie Campbell Bower et Jonathan Rhys Meyers

New York, de nos jours. Au cours d’une soirée, Clary, 15 ans, est témoin d’un meurtre. Elle est terrifiée lorsque le corps de la victime disparaît mystérieusement devant ses yeux… Elle découvre alors l’existence d’une guerre invisible entre des forces démoniaques et la société secrète des Chasseurs d’Ombres. Le mystérieux Jace est l’un d’entre eux. À ses côtés, Clary va jouer dans cette aventure un rôle qu’elle n’aurait jamais imaginé.

Sortie en salle : le 16 octobre 2013

Liens :
Bande-annonce du film
• Les 4 tomes en numérique
The Mortal Instruments – tome 1
The Mortal Instruments – tome 2
The Mortal Instruments – tome 3
The Mortal Instruments – tome 4 (à venir)

 

Malavita de Luc Besson d’après le roman de Tonino Benacquista (Folio)

Avec Robert de Niro, Michelle Pfeiffer, Tommy Lee Jones…

Fred Blake alias Giovanni Manzoni, repenti de la mafia new-yorkaise sous protection du FBI, s’installe avec sa famille dans un petit village de Normandie. Malgré d’incontestables efforts d’intégration, les bonnes vieilles habitudes vont vite reprendre le dessus quand il s’agira de régler les petits soucis du quotidien…

Sortie en salle : le 23 octobre 2013

Liens :
Bande-annonce du film
Malavita de Tonino Benacquista en numérique

 

Hunger Games (L’embrasement) de Francis Lawrence d’après la série de Suzanne Collins (12-21)

Katniss Everdeen est rentrée chez elle saine et sauve après avoir remporté la 74e édition des Hunger Games avec son partenaire Peeta Mellark. Puisqu’ils ont gagné, ils sont obligés de laisser une fois de plus leur famille et leurs amis pour partir faire la Tournée de la victoire dans tous les districts. Au fil de son voyage, Katniss sent que la révolte gronde, mais le Capitole exerce toujours un contrôle absolu sur les districts tandis que le Président Snow prépare la 75e édition des Hunger Games, les Jeux de l’Expiation – une compétition qui pourrait changer Panem à jamais…

Avec Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth

Sortie en salle : le 27 novembre 2013

Liens :
Bande-annonce du film
• Les 3 tomes en numérique
Hunger Games – tome 1
Hunger Games – tome 2
Hunger Games – tome 3

 

The Maze Runner (L’épreuve) d’après la saga SF de James Dashner (12-21)

Avec Dylan O’Brien, Thomas Brodie-Sangster, Aml Ameen…

Thomas, 16 ans, se réveille dans un ascenseur. Il ne sait plus qui il est ni d’où il vient, et ne semble se rappeler que de son prénom. Lorsque l’ascenseur s’ouvre, il est accueilli par d’autres garçons de son âge dans la clairière, un monde mystérieux entouré par un labyrinthe impénétrable, et où personne ne sait pourquoi il est là.

Sortie en salle : le 21 février 2014

Liens :
• Pas de bande-annonce du film à ce jour
• Les 2 tomes en numérique
L’épreuve – tome 1
L’épreuve – tome 2

26 septembre 2013

Sonatine propose 3 nouvelles inédites de R. J. Ellory en attendant sa Mauvaise étoile le 3 octobre

ce billet a été publié une première fois le 19 septembre 2013 et a été mis à jour le 26 septembre 2013.

Après sa trilogie consacrée à la mafia, à la CIA et au NYPD, R. J. Ellory reviendra le 3 octobre avec un nouveau roman noir, dans la veine de Seul le silence : Mauvaise étoile qui paraîtra en numérique et en papier le même jour. Pour faire patienter ses lecteurs, Sonatine Éditions propose depuis le 12 septembre de lire trois nouvelles inédites de l’auteur disponibles uniquement en téléchargement (voir les liens infra).

Ce triptyque est construit autour d’une jeune institutrice retrouvée étranglée dans son appartement à Chicago dans les années 1950. Trois nouvelles, trois points de vue sur un seul meurtre. Des années plus tard, alors que le meurtrier est sur le point d’être exécuté, la sœur de la victime, le flic qui a mené l’enquête et le tueur reviennent sur les circonstances de sa mort pour tenter de comprendre ce qui s’est passé. Les apparences sont trompeuses et seuls leurs trois témoignages pourront révéler la triste vérité. Après Seul le silence, Vendetta, Les Anonymes et Les Anges de New York, R.J. Ellory est aujourd’hui un auteur primé et acclamé par les critiques littéraires et le public. Avec Trois jours à Chicagoland, il signe trois nouvelles au suspense implacable.

À la suite de la troisième et dernière nouvelle, Sonatine donne également à lire les premières pages de Mauvaise Étoile.

Les deux premières nouvelles ont paru les 12 et 19 septembre, la dernière a été mise en ligne aujourd’hui, 26 septembre. Elles sont disponibles sur toutes les plateformes de vente en ligne dont ePagine et proposées au prix de 1.99 € chacune, avec tatouage numérique (sans DRM Adobe). Cliquez ici pour consulter les titres disponibles de l’auteur.

 

Trois jours à Chicagoland : la soeur, disponible depuis le 12 septembre
Trois jours à Chicagoland : le flic, disponible depuis le 19 septembre
Trois jours à Chicagoland : le tueur, disponible depuis le 26 septembre

 

À paraître le 3 octobre

Mauvaise étoile, Sonatine éditions
en librairie et en ligne le 3 octobre

 

Ses autres titres disponibles en numérique sur ePagine

Les Anges de New York
Les Anges de New York, Sonatine éditions
14.99 € sans DRM avec tatouage

SEUL LE SILENCE
Seul le silence, Sonatine éditions
9.99 € sans DRM avec tatouage

VENDETTA
Vendetta, Sonatine éditions
9.99 € sans DRM avec tatouage

Les anonymes
Les Anonymes, Sonatine éditions
11.99 € sans DRM avec tatouage

25 septembre 2013

Franck Leroy : Réseaux sociaux et Cie (le commerce des données personnelles)

À chaque clic sur les réseaux sociaux, des données personnelles sont enregistrées puis revendues. Menaçant les plus élémentaires libertés et provoquant de nouvelles formes de marketing, cette marchandisation de nos secrets, de nos préférences, de nos déplacements représente un coût exorbitant. Dans Réseaux sociaux & Cie, publié par Actes Sud (collection « Questions de société »), Franck Leroy, après enquête, identifie les acteurs de ce nouveau fait social, dévoile leurs stratégies ainsi que leurs moyens actuels et à venir, comme par exemple la dernière génération de logiciels de reconnaissance faciale. Cet essai a paru en avril 2013 et depuis l’affaire PRISM/Snowden il est à nouveau cité un peu partout. À l’heure des débats sur l’utilisation des données personnelles sur Internet, l’éditrice de cette enquête a choisi d’en dire quelques mots, consciente qu’il y a aujourd’hui matière à penser pour mieux se protéger demain. Réseaux sociaux & Cie est disponible dans sa version papier (22 €) et en numérique (9.99 €) chez tous les libraires numériques, dont ePagine [cliquez ici pour accéder à la fiche du titre].

 

« Nous sommes tous sur écoute, et ce sont les multinationales comme Google, Facebook, Instagram, LinkedIn… qui dressent notre portrait de cybernaute à chaque clic, chaque photo échangée. Au travail comme à la maison, toutes nos données sont récoltées et utilisées à des fins commerciales (publicité ciblée) ou revendues à qui s’y intéresse.

L’affaire PRISM/Snowden a confirmé l’étendue des liens entre le monde politique international et les grands acteurs sur Internet. L’essai de Franck Leroy a mis le doigt sur cette question avant même que le scandale PRISM n’éclate.

Le commerce des données personnelles, clé de voûte du système de surveillance, porte gravement atteinte aux valeurs exprimées par la Déclaration universelle des droits de l’homme. L’atteinte à nos libertés est immense, l’enjeu financier gigantesque. Ni Google, ni Facebook ne pourraient survivre sans nous espionner.

Mediapart (14 avril) et quelques autres journaux ont salué le travail de Franck Leroy. Libération (2 juillet) et Ouest France (25 juin) ont publié une tribune de lui commentant l’affaire Snowden. » (Martina Wachendorff, éditrice des éditions Actes Sud)

 

Franck Leroy est consultant en informatique ; il est chargé de protéger de grandes société contre le cyber-espionnage. Par ses missions et sa pratique du web au quotidien, il doit constamment faire face aux problèmes de sécurité des ordinateurs, tablettes, smartphones… Dans son essai/enquête, il informe mais protège aussi tous les cybernautes en montrant comment se défendre de tels processus.

23 septembre 2013

[note de lecture] La Lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson

Depuis quelques semaines, j’entendais beaucoup parler de La Lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson [cliquez ici pour consulter la fiche sur ePagine], un roman traduit de l’islandais par Catherine Eyjólfsson et publié aux éditions Zulma. Après avoir jeté un œil aux premières lignes, je me suis dit que ce texte pourrait me plaire… une heure et demie plus tard je le terminais.

Si le propos de ce monologue est simple à résumer (à la fin de sa vie, un berger islandais répond à la lettre qu’une femme, avec qui il a partagé une histoire d’amour aussi furtive que passionnée, lui avait adressée quelques années plus tôt), ce qu’est parvenu à en faire l’auteur, tant sur le fond que sur la forme, ne m’a pas laissé indifférent.

À 42 ans, Bergsveinn Birgisson (dont c’est le premier roman traduit en français) parvient avec une grande maturité à se mettre dans la peau de ce vieil éleveur de moutons et contrôleur du fourrage islandais brûlé par une passion amoureuse ancienne, inavouable, étouffée et de laquelle a découlé un autre secret qu’on taira ici.

Son récit est à la fois rustique et archaïque (sans régionalisme) tout en étant bien ancré à la fin du XXe siècle. Se nourrissant de chansons traditionnelles, de poésie médiévale, de mythologie nordique et de croyances populaires (qui sont universelles), il donne à Bjarni Gíslason de Kolkustadir, son personnage principal, une voix bien à lui : humble et âpre, poétique et imagée tout en étant incarnée. On écoute la vie de cet homme dans son quotidien et son élément mais on le découvre aussi dans son versant plus animal et charnel, torturé voire écartelé. Je ne voudrais rien dévoiler de plus mais simplement rajouter que j’ai plus d’une fois pensé ici à Giono (pour la force des éléments, la nature sauvage voire hostile et cette vie en apparence simple mais qui sous la peau n’est que braises et trous noirs) et à Zweig (pour la passion tue qui ravage le personnage et cette lettre qui m’a rappelé cette autre qui depuis a fait le tour du monde).

 

Deux extraits

« Je compris que je ne réussirais jamais à me libérer de ton emprise – j’aurais soif de toi jusqu’à mon dernier souffle. Je me fiche pas mal d’écrire cela, Helga ; je ne suis qu’un vieillard qui n’a plus rien à perdre. Bientôt s’éteindra la dernière flamme et ma bouche béante se remplira de terre brune. Continuerai-je alors de te désirer ? Qui sait si je ne reviendrai pas sous la forme d’un fantôme lubrique, le dard en avant, à l’affût d’une occase ? »

« Tu sais, ma Belle, que je ne suis pas le vieillard typique qui chante les louanges du passé et trouve à redire à tout ce qui appartient au présent. Il y a eu des progrès dans bien des domaines et je me demande si aucune autre génération connaîtra jamais des changements comparables de sa condition en l’espace d’une seule vie. Nous qui avons grandi dans une culture qui n’avait guère évolué depuis l’époque du peuplement du pays, et qui avons connu aussi l’ambiguïté du temps présent, ses engins, ses outils et cette saloperie de lait pasteurisé. Bien sûr que l’apparition des bottes en caoutchouc a été un progrès. Je n’avais pas l’âge de la communion que mon père m’envoyait faucher les terres marécageuses du fond de la vallée. J’y passais la moitié de l’été debout dans la bouillasse qui giclait de mes chaussures en peau de mouton, ce qui a fini par me mettre sur le flanc avec une pleurésie carabinée. Tout juste si j’ai eu droit à quelques jours de repos avant que mon père ne me renvoie dans la vallée. Il m’a fallu des années pour récupérer et j’aime mieux te dire que celui qui reçoit sa première paire de bottes en est bien heureux. Nous qui avons vu les bulldozers déblayer les fermes à toit de tourbe du canton de Hörgá pour faire place au ciment. Croire au progrès et se l’approprier est une chose, mais c’en est une autre que de mépriser le passé. Les vieilles fermes ont toutes disparu à présent, parce qu’elles rappelaient aux gens le froid, l’humidité et ce qu’on appelle cruellement le mode de vie des culs-terreux. Mais quelle est la culture de ceux qui parlent ainsi ? C’est quand les gens tournent le dos à leur histoire qu’ils deviennent tout petits. Ça n’a pas été une mini-révolution quand le téléphone et la radio sont arrivés dans les campagnes et que grand-mère Kristín a demandé, le doigt pointé sur le poste de TSF, comment c’est-y qu’on faisait pour mettre un homme entier dans une aussi petite boîte. Elle affirmait aussi, avec plus de justesse, que tout ce qui se disait au téléphone n’était que menteries qu’il ne fallait point croire. Et même si l’on vante les mérites du poste récepteur et des bulletins météo, le fait est bel et bien qu’on ne se rappelle rien ou presque de ce qui sort de l’appareil. »

 

La Lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson est disponible en papier (16.50 €) et en numérique (12.99 €). Sur le site de La librairie Pagine le fichier de ce roman ne contient pas de DRM Adobe mais un tatouage numérique. Il peut ainsi être téléchargé pour être lu sur tous les supports actuels de lecture (liseuse, tablette, smartphone, ordinateur).

ChG

20 septembre 2013

[note de lecture] Béton armé de Philippe Rahmy

Lecture du récit de Philippe Rahmy Béton armé (La Table Ronde, collection Vermillon), disponible en papier et en numérique [cliquez ici pour consulter la fiche sur ePagine]. Langue, rythme, tension, poésie, humour, travail sur la mémoire, la filiation et le deuil : tout est remarquable dans ce récit où l’écriture, prolongement du regard, montre le corps-à-corps, tantôt sensuel tantôt douloureux, du narrateur avec la ville de Shanghai et avec ceux qui la traversent. Ce récit fait partie de la sélection « ePagine Automne 2013 ».

 

« Shanghai. Ce nom explose sous sa masse. Dans aucun pays, sous aucun régime, l’homme n’a produit un tel dieu. Il tranche l’espace, il prolifère. Irrésistiblement, le petit jeu des analogies se met en place. À quoi ressemble ce qu’on n’a jamais vu ? Des images folles se bousculent. Le réel est une machine à rêver… » (Philippe Rahmy, Béton armé)

 

Jusque-là le narrateur de Béton armé, un écrivain suisse atteint de la maladie des os de verre, n’avait jamais voyagé. Après avoir accepté l’invitation de l’Association des écrivains de Shanghai qui lui propose de l’accueillir pour une résidence d’écriture dans la mégalopole chinoise, le narrateur-écrivain va devoir transbahuter du jour au lendemain son corps fragile dans les rues shanghaiennes, prendre en pleine face son activité débordante mais découvrir aussi des moments de pure magie, lorsque par exemple quelques habitants se retrouvent dans un parc pour danser. Son regard affuté, circulaire (où embrasser les lignes horizontales et verticales mais aussi les diagonales), n’abdique jamais. Et malgré les souvenirs que lui renvoient les vitres des buildings ou les yeux des passants, des souvenirs parfois douloureux, le narrateur reste dans le présent (le « moi ici maintenant » mais aussi le cadeau des jours).

 

« Il n’y a pas de vision d’ensemble. Il y a en chaque homme, à chaque instant, le kaléidoscope des choses à sa portée. » (Philippe Rahmy, Béton armé)

 

J’aime la langue de ce récit, son rythme, sa tension : un arc bandé où sont tendues l’énergie vitale et meurtrière, la brutalité imbécile et soumise, la beauté malade d’elle-même de cette ville qui se dresse et s’enfonce, s’étend et se comprime à mesure que les hommes la font, la défont. J’aime le corps-à-corps du narrateur (et le mot n’est pas assez fort encore) avec la ville et avec ceux qui la traversent, la gravissent, s’y enfoncent ou s’y cognent, ces multiples corps qui pourraient ployer et se briser à n’importe quel moment : celui du narrateur (il revient régulièrement sur sa maladie), celui des travailleurs, des errants urbains, des exilés, des assoiffés de sang, de sexe, de musique, celui de la ville elle-même. Et c’est dans ce rapport à corps perdu dans la ville que soudain la mémoire de celui qui a entrepris de raconter son séjour et ses allées et venues va prendre le pouvoir et le dessus sur l’événement (la résidence d’écriture). Le récit partira ici dans une autre direction, celle de la quête intime (quasi proustienne), de la dette : la vue d’un corps inerte sur la route faisant ressurgir de manière inattendue un autre corps immobile. C’est d’un autre combat qu’il sera question désormais : corps cassé accueillant ceux qui ne sont plus, corps fragile et toujours plus alourdi par les pertes dans cette ville où les corps sont portés, transportés, emportés. Le narrateur refera alors le voyage, des dizaines d’années en arrière et des milliers de kilomètres plus à l’Ouest, parce que la mort aura posé le visage d’un enfant disparu sur celui d’un autre, à cet endroit précis où se comprime et résiste la ville, où elle ne tient debout que par l’astucieux assemblage d’un matériau qui allie béton et acier et où les vitres posées par les hommes, en Narcisse, se reflètent indéfiniment en défiant les mortels, le ciel et peut-être même l’invisible.

 

« J’ai plus de quarante ans. Je n’ai jamais voyagé. Je pensais que je finirais ma vie comme je l’avais menée, réglée par des rituels permettant d’atténuer les effets de ma maladie. J’ai aussi pensé que je ne pourrais être que déçu du monde que j’allais découvrir après l’avoir imaginé depuis le fond d’un lit ou d’un fauteuil. Je me rends à l’évidence. Ma tristesse a d’autres causes, car les joies fulgurantes que la ville me procure ne sont en rien amoindries quand elles me soulèvent. » (Philippe Rahmy, Béton armé)

 

Ce qui pourrait s’opposer à la maladie des os de verre est au contraire une image saisissante dans ce récit sensoriel : comme pour le béton, le corps du narrateur résiste très faiblement aux efforts de traction, lui aussi a dû s’armer pour tenir debout, non pas en s’alliant à l’acier mais à une autre armature : la littérature, aux histoires lues par sa mère qui l’ont fait se relever et, plus tard, en se coltinant aux mots, au rythme, au souffle, à l’écriture. Et au-delà de sa manière d’être au monde, dans ce monde inconnu, étrange, étranger, c’est cette langue qui donne sa puissance au style de Philippe Rahmy, une langue qui tente de résister à la compression et à la traction.

 

« Voyager à travers le langage comme à travers le paysage. Être, à parts égales, le monde et les mots. Shanghai est le texte que je porte, autant que l’espoir de pouvoir l’écrire. » (Philippe Rahmy, Béton armé)

 

Le sujet pourrait paraître gravement traité et pourtant il ne l’est pas. Le récit, souvent poignant, est d’ailleurs ponctué de moments très drôles et touchants, de scènes absurdes aussi. On est touché par ce narrateur doté d’un regard perçant, d’une grande force mentale mais aussi d’un humour littéraire (ironique jamais cynique). On y lit sa peur de blesser et sa joie de vivre malgré les douleurs répétées dues à l’extrême fragilité de ses os. On le suit dans son combat, celui qui le fait écrire « pour faire taire la bête en soi. »

ChG

 

Pour aller plus loin

► Visiter le site de Philippe Rahmy, rahmyfiction
► Lire Philippe Rahmy sur remue.net
Bio-bibliographie de l’auteur sur Wikipédia
► Consulter ses titres disponibles en numérique sur ePagine

17 septembre 2013

[note de lecture] Javier Marías, Comme les amours

• SÉLECTION EPAGINE AUTOMNE 2013 • Lecture du roman Comme les amours de Javier Marías (Gallimard, collection Du monde entier), traduit de l’espagnol par Anne-Marie Geninet et disponible en papier et en numérique [cliquez ici pour consulter la fiche sur ePagine].

 

« Chaque matin, dans le café où elle prend son petit déjeuner, l’éditrice madrilène María Dolz observe un couple qui, par sa complicité et sa gaieté, irradie d’un tel bonheur qu’elle attend avec impatience, jour après jour, le moment d’assister en secret à ce spectacle rare et réconfortant. Or, l’été passe et, à la rentrée suivante, le couple n’est plus là. María apprend alors qu’un malheur est arrivé. Le mari, Miguel Desvern, riche héritier d’une compagnie de production cinématographique, a été sauvagement assassiné dans la rue par un déséquilibré. Très émue, elle décide de sortir de son anonymat et d’entrer en contact avec sa femme, Luisa, qui est devenue un être fragile, comme anesthésié par la tragédie. Dans l’entourage de Luisa, María rencontre Javier Díaz-Varela, le meilleur ami de Miguel, et elle comprend vite que les liens que cet homme tisse avec la jeune veuve ne sont pas sans ambiguïté… »

 

Ma première rencontre avec Javier Marías a eu lieu au début des années 2000 avec L’Homme sentimental, publié alors aux éditions Rivages (non disponible en numérique). Cet observateur attentif au moindre détail, à la psychologie et aux gestes des personnages, cet écrivain aux longues phrases sinueuses et aux digressions, cet amateur de romans à tiroirs… a très vite fait partie des auteurs dont j’ai eu envie de tout lire, et avec lenteur. Depuis ce jour j’ai lu Un cœur si blanc, Demain dans la bataille pense à moi (lire l’extrait) et Comme les amours qui vient de paraître chez Gallimard (désormais son éditeur en France).

Partant toujours d’un sujet très simple et resserré autour de quelques personnages, Marías parvient à chaque fois à faire progresser son histoire tout en ellipses à la manière de Proust. Les longues discussions très littéraires avec ses nombreuses descriptions et ellipses peuvent également rappeler certains romans de Thomas Bernhard mais sans la haine jubilatoire contre sa nation ni l’humour noir de l’auteur autrichien. L’amour, la jalousie, la mort, l’exil, le désir, la trahison, sont autant de thèmes que Marías creuse, démonte, découpe avant de les reconstruire avec une extrême minutie. La littérature est également toujours au cœur de ses romans : Shakespeare mais aussi Balzac ou Alexandre Dumas pour ne citer que ceux-là. Il y a également une douce ironie chez lui que j’affectionne. C’est parce qu’il aime profondément ses contemporains qu’il n’hésite pas à dénoncer leurs travers complexes. Ce n’est jamais cynique, jamais amer, plutôt drôle et très intelligent. Dans son dernier roman, ce qu’il peut dire par exemple du monde de l’édition via sa narratrice me paraît très juste, pas manichéen ni stéréotypé, simplement clairvoyant.

Si je dis tout ça c’est pour signaler que Comme les amours ne surprendra pas ceux qui connaissent et apprécient l’œuvre de cet auteur. Et pourtant, la magie opère à nouveau : sa phrase, c’est encore et toujours sa phrase qui mène le bal. Comme dans d’autres romans de lui, la moindre phrase qui nous harponne peut faire des pages. Et aujourd’hui encore j’ai beau relire toutes ces phrases (ces pages) surlignées sur la tablette, il m’est très difficile d’en extraire quelques mots tellement tout y est enchevêtré : forme et fond, rythme de la phrase et idées développées. À la fin de ce billet, je donnerai néanmoins quelques exemples que je trouve remarquables.

Comme on peut le lire dans le résumé des éditeurs, le roman est entièrement tourné vers l’assassinat du producteur de cinéma Miguel Desvern (ou Deverne) sauf que l’histoire est racontée par une narratrice, María Dolz. Après avoir été attitée par cet homme et sa femme au café (un rituel important pour elle avant de rejoindre la maison d’édition dans laquelle elle peine à travailler) et après avoir été bouleversée par la mort du producteur, María se décide de parler à sa veuve, Luisa. S’ensuivent de longues réflexions sur la mort, le crime, la responsabilité, le deuil (les passages sur la peur de la mère face à ses enfants devenus orphelins de père sont splendides) mais aussi sur le sentiment amoureux et l’amitié.

Une nouvelle de Balzac court tout au long du roman de Marías, il s’agit du Colonel Chabert décortiqué et même retraduit parce qu’il y est question d’un homme annoncé comme mort, un soldat qui voudrait revenir chez lui auprès de sa femme mais qui finira par gêner ceux qui en avaient fait leur deuil et ont recommencé une autre vie ailleurs, sans lui. Et c’est également un des sujets centraux de Comme les amours sauf qu’ici le mort a été amené à réfléchir à cette question avant son assassinat.

Faux roman à enquête mais tout aussi passionnant parce que bouleversant tous les codes du genre, Comme les amours s’amuse à jouer avec les sentiments (l’amitié, l’amour, le désir, la fidélité et la confiance par exemple) ainsi qu’avec le vrai et le faux. L’auteur coupe les cheveux en quatre et rajoute des nœuds au fil déjà complexe. Il décortique ainsi les rapports ambigus entre les hommes et les femmes via leurs discussions, nous démontre comment parvenir à ses fins alors même qu’on est mort. Marías tente enfin de nous faire comprendre quel pacte lie certains personnages de l’histoire, un pacte tenu longtemps secret, un secret que ne doit pas connaître la belle absente autour de qui tout le roman s’écrit : la veuve tant convoitée.

C’est par la présence de Javier Díaz-Varela que le roman psychologique prendra des allures de thriller, au fil des discussions rapportées par la narratrice (qui fait part de ses observations, de ses réflexions, de ses craintes et de ses doutes mais qui rapporte précisément les discussions qu’elle peut avoir avec les autres protagonistes de l’histoire qui eux-mêmes ont pour habitude de décortiquer leurs sentiments, leurs actes). Des dizaines de tiroirs secrets s’ouvrent à mesure que le récit avance, ce qui le rend plus dense, plus opaque, plus mystérieux encore, jusqu’à la libération, jusqu’aux aveux.

ChG

 

Extraits

« Je n’arrête pas de me représenter ce moment, ces secondes, celles qu’a duré l’agression jusqu’à ce qu’il cesse de se défendre et ne se rende plus compte de rien, jusqu’à ce qu’il perde connaissance et ne ressente plus rien, ni désespoir ni douleur ni… (…) Ni la sensation d’un adieu. »

« (…) chacun se conduit ainsi avec ses morts. On tente d’oublier la manière, on reste avec l’image du vivant, à la rigueur avec celle du mort, mais on évite de penser à la frontière, au passage, à l’agonie, à la cause. »

« (…) nous le faisons tous à des degrés divers, chercher refuge dans ce qui a existé et qui n’existe plus. »

« Nous ne pouvons prétendre être les premiers, ou les préférés, nous sommes tout simplement ce qui est disponible, les laissés-pour-compte, les survivants, ce qui désormais reste, les soldes, et c’est sur des bases si peu nobles, que s’érigent les amours les plus grandes et que se fondent les meilleures familles, nous provenons tous de là, de ce produit du hasard et du conformisme, des rejets, des timidités et des échecs d’autrui, et même dans ces conditions nous donnerions parfois n’importe quoi pour continuer auprès de celui que nous avons un jour récupéré dans un grenier ou une brocante, que par chance nous avons gagné aux cartes ou qui nous ramassa parmi les déchets ; contre toute vraisemblance nous parvenons à nous convaincre de nos engouements hasardeux, et nombreux sont ceux qui croient voir la main du destin dans ce qui n’est autre qu’une tombola de village quand l’été agonise… »

« Certes, les morts ont tort de revenir, et malgré cela ils le font presque tous, ils ne renoncent pas et s’efforcent de devenir le fardeau des vivants jusqu’à ce que ces derniers s’en débarrassent pour avancer. Nous n’éliminons jamais tous les vestiges, cependant, nous ne parvenons jamais à ce que la matière passée se taise vraiment et pour toujours, et parfois nous entendons un souffle presque imperceptible, comme celui d’un soldat agonisant que l’on aurait jeté nu dans une fosse avec ses compagnons morts, ou comme les gémissements imaginaires de ces derniers, comme les soupirs étouffés que certaines nuits celui-là croyait encore entendre, peut-être pour les avoir trop longtemps côtoyés et par sa condition si proche, car il fut sur le point d’être l’un d’eux ou peut-être le fut-il, et alors ses aventures postérieures, sa déambulation dans Paris, son retour de flamme et ses misères et sa soif de restitution, se résumèrent-ils à un fragment de pierre tombale dans une salle de musée, aux ruines d’un tympan aux inscriptions désormais illisibles, brisées, à l’ombre d’une trace, à un écho d’écho, à l’esquisse d’une courbe, à une cendre, à une matière passée et muette qui refusa de passer et de se taire. J’aurais pu être moi-même quelque chose de semblable pour Deverne, mais je n’ai pas su l’être. Ou peut-être n’ai-je pas voulu que sa lamentation la plus ténue filtre dans le monde, à travers moi. »

© extraits de Comme les amours de Javier Marías, Gallimard (collection Du monde entier), traduit de l’espagnol par Anne-Marie Geninet, 2013

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