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Conseils de lecture, entretiens, actualité numérique :

le Livre-Avenir ne se fera pas sans les libraires.

26 juin 2015

Démarrage en trombe vers le Premier Parallèle

Filed under: + Conseils de lecture,+ Entretiens — Mots-clés : , — David @ 15:55

Il y a peu nous interviewions les deux nouvelles éditrices, Amélie Petit et Sophie Caillat. En trois petits mois l’envol de Premier Parallèle est stupéfiant. Les médias (presse, radio, télé) ont enchainé références, interviews et reportages sur quasiment chacun de leurs ouvrages au catalogue. Le mercredi 24 juin, Elise Lucet recevait au journal de 13h, en interview, Sébastien Martinez, le talentueux préfacier de l’ouvrage sur la mémoire, L’homme qui se souvient de tout.

Voici la vidéo de l’interview, durant laquelle Sébastien Martinez arrive à faire mémoriser sans mal à la journaliste un numéro de téléphone, à l’aide d’une méthode très simple à comprendre.

Vous souhaitez découvrir cette méthode pour apprendre à apprendre, ce court essai romancé est pour vous.
Et après la lecture, vous étonnerez sans mal vos proches en retenant sans problème ce qui vous était avant impossible à mémoriser.

 

David Queffélec

11 mars 2015

« You know nothing Adamsberg »

Filed under: + Conseils de lecture,+ Qui lit quoi ? — Mots-clés : , — Yann @ 08:42

Temps Glaciaires. Beaucoup d’entre nous sont déjà arrivés à la dernière page du dernier Fred Vargas avec comme pour les livres précédents ces mêmes sentiments mêlés de satisfaction, d’érudition, de nourriture, d’intelligence, de plaisir à ces retrouvailles qui viennent de nous emporter ailleurs durant plusieurs heures, mais d’une joie mêlée de tristesse aussi, parce qu’effectivement on vient de lire la dernière ligne de la dernière page… On sait que l’on quitte pour un temps ces cabossés vivants :
Retancourt, et toute sa stature
Danglard, le Grand vin blanc
Veyrenc, ses mèches rousses et ses alexandrins
Zerk, le fils
La boule, le chat
Marc, Le sanglier
Mercadet qui dort
Estalère, les yeux ouverts
Lucio et son membre fantôme
Froissy et ses provisions
Lieutenant Noêl, Mordent, Voisenet…
les anciens, on se rappelle de chacun…
les petits nouveaux
les éphémères en ouverture
et Jean-Baptiste ADAMSBERG.

A la fin du livre ce sentiment de séparation est d’autant plus fort que le lien n’est pas rompu. On repense à ce qu’on vient de lire. On repense aux livres précédents aussi. On repense à ces personnages. On en parle. Et puis pour la plupart d’entre nous on passe le livre à quelqu’un, et de préférence à quelqu’un qui ne connait pas encore Vargas. On reste dans le lien. C’est le lien qui fait la vie des romans de Fred Vargas. Ces liens ne sont pas de hasard, elle fait attention à tout. C’est la complexité des liens qui fait la force des romans de Fred Vargas et c’est la reconnaissance de ces liens qui force l’attachement aux histoires et aux personnages qu’elle nous propose. Chez Vargas, je ne sais comment, tout est lié.

 

fred vargas temps glaciaires

 

4 mars 2015. Avec Fred Vargas tout est lié. Ce 4 mars 2015, le jour de la sortie de Temps Glaciaires, sur toutes les chaînes d’infos italiennes réapparaît le visage de Cesare Batitsti, exactement comme en juin 2011, se fêtait le même jour la sortie de l’Armée furieuse dans la tension nocturne de l’attente d’une décision brésilienne.

Dans les bois d’une éternelle saudade littéraire.

Stéphane

19 décembre 2014

Les intégrales de L’Atalante, le retour

Filed under: + Conseils de lecture,+ SF/Fantasy — David @ 16:20

Bandeau intégraleLes éditions l’Atalante, une fois de plus, nous permettent de nous alimenter en littérature de l’imaginaire à coup d’intégrales.
Et quelles intégrales !
De Roland C. Wagner à Terry Pratchett, en passant par Pierre Bordage, vous aller vous régaler.

Ainsi, pour remplir les liseuses et tablettes trouvées sous le sapin, vous pourrez choisir parmi 13 intégrales numériques proposées par les éditions l’Atalante

Quelques conseils ? Commençons par deux maîtres de la SF française :  Roland. C. Wagner et Pierre Bordage.

Image couverture Les guerriers du silence Les guerriers du silence – Pierre Bordage
1648 pages (3 volumes) – 12,99€

Le premier volet de la trilogie a obtenu le Grand Prix de l’Imaginaire et le prix Julia Verlanger en 1994, le prix Cosmos 2000 en 1996.

 

Les futurs mystères de Paris Les futurs mystères de Paris – Roland C. Wagner
2750 pages (9 volumes) – 34,99€

L’intégrale des titres de Roland autour de TEM, le détective privé transparent.

 

 

Des petits nouveaux, maintenant. Carina Rozenfeld, côté jeunesse et Olivier Paquet, pour son space-opera en trois actes.

9782367933108_1_v La Quête des livres-monde – Carina Rozenfeld
672 pages (3 volumes) – 9,99€
Le premier volet a obtenu le prix Imaginales des collégiens 2009 et le prix des Incorruptibles 2010

 

 

9782367933092_1_v

Le Melkine - Olivier Paquet
960 pages (3 volumes) – 12,99€

 

 

 

Voilà donc 4 intégrales idéales pour votre bibliothèque virtuelle. Bonne lecture !

David Queffélec.

22 novembre 2014

Opération 1000k – Dernier jour

Filed under: + Conseils de lecture,+ Événementiels,+ SF/Fantasy — David @ 10:15

Bandeau 1000K

 

Demain dimanche 23 novembre, dernier jour des promotions fracassantes par Bragelonne/Milady/Castlemore.

Une nouvelle liste de 100 ouvrages à 0,99€.

Et de nouveau quelques suggestion de lecture.

Honneur aux français, pour commencer.

9782820505071_1_75 9782820515681_1_75

9782820502810_1_75Vengeance de Fabrice Colin, un roman d’héroic Fantasy à lire à partir de 14 ans.

Aussi en fantasy, le premier tome de la trilogie Ikatar – La Voie des esprits, par la délicieuse Véronique Roméo. Cet ouvrage fait partie des essentiels de la Fantasy. S’approchant aussi de la fantasy, par les chemin du fantastique, Arlis des Forains, premier livre de Mélanie Fazi est à découvrir absolument.

Côté science-fiction, je ne peux que conseiller Ta-Shima de  Adriana Lorusso, un planet-opera dans la lignée de Jack Vance.

 

Côté fantastique, n’hésitez-pas à prendre Le poids de son regard de Tim Powers.

Oh il y en a d’autres, beaucoup d’autres à choisir dans cette liste de 100. Vous avez maintenant 36 heures pour faire votre choix. Dimanche à 23h59, les prix redeviendront normaux.

———————–

La liste complète :
Le Seuil des ténèbres de Karen Chance catégorie Bit-lit
L’Appel de l’ombre de Karen Chance catégorie Bit-lit
Witchling de Yasmine Galenorn catégorie Bit-lit
Changeling de Yasmine Galenorn catégorie Bit-lit
Sale affaire de Diana G. Gallagher catégorie Bit-lit
Rage de dents de Marika Gallman catégorie Bit-lit
Dent pour dent de Marika Gallman catégorie Bit-lit
Traquée de Jess Haines catégorie Bit-Lit
Enlevée de Jess Haines catégorie Bit-Lit
Plaisir déchaîné de Larissa Ione catégorie Bit-lit
Désir déchaîné de Larissa Ione catégorie Bit-lit
Moi, F., 17 ans, tueuse de vampires de Robert Joseph Levy catégorie Bit-lit
Un pieu dans le cœur de J.F. Lewis catégorie Bit-lit
Pour le vampire et le meilleur de J.F. Lewis catégorie Bit-lit
Poison de Sarah Pinborough catégorie Bit-lit
La Diseuse d’Ombres de Sandy Williams catégorie Bit-Lit
Le Poids de son regard de Tim Powers catégorie Fantastique
Servir froid de Joe Abercrombie catégorie Fantasy
Le Peuple turquoise de Ange catégorie Fantasy
La Traque de l’ombre de Sarah Ash catégorie Fantasy
Fille du sang de Anne Bishop catégorie Fantasy
Héritière des ombres de Anne Bishop catégorie Fantasy
Le Vaisseau elfique de James P. Blaylock catégorie Fantasy
Les Ailes de l’orage de Chris Bunch catégorie Fantasy
Avis de tempête de Jim Butcher catégorie Fantasy
Lune fauve de Jim Butcher catégorie Fantasy
L’Antre des voleurs de David Chandler catégorie Fantasy
Vengeance de Fabrice Colin catégorie Fantasy
L’Initié de Louise Cooper catégorie Fantasy
Le Seigneur des Isles de David Drake catégorie Fantasy
La Reine des démons de David Drake catégorie Fantasy
Le Dragon du roi de Kate Elliott catégorie Fantasy
Le Prince des chiens de Kate Elliott catégorie Fantasy
Arlis des forains de Mélanie Fazi catégorie Fantasy
Un royaume assiégé de Raymond E. Feist catégorie Fantasy
Loup Blanc de David Gemmell catégorie Fantasy
Monument de Ian Graham catégorie Fantasy
Lame damnée de Jon Courtenay Grimwood catégorie Fantasy
Les Faucons d’Outremer de Robert E. Howard catégorie Fantasy
Dragon de E.E. Knight catégorie Fantasy
La Vengeance du dragon de E.E. Knight catégorie Fantasy
L’Honneur de l’exilé de Mercedes Lackey catégorie Fantasy
La Proie de la magie de Mercedes Lackey catégorie Fantasy
Les Flèches de la reine de Mercedes Lackey catégorie Fantasy
Sanctuaire de Alexandre Malagoli catégorie Fantasy
Les Ombres de Wielstadt de Pierre Pevel catégorie Fantasy
La Voie des esprits de Véronique Roméo catégorie Fantasy
Le Nom du vent de Patrick Rothfuss catégorie Fantasy
Frey de Chris Wooding catégorie Fantasy
L’Ombre de Camelot de Sarah Zettel catégorie Fantasy
Un beau jour peut-être de Lauren Graham catégorie Fiction
Loin de tout de J. A. Redmerski catégorie Fiction
Scarlett de Alexandra Ripley catégorie Fiction
Éphémère de Lauren deStefano catégorie Jeunesse
Monster High de Lisi Harrison catégorie Jeunesse
Sauvage de Golden Christoper Lebbon Tim catégorie Jeunesse
L’Appel du destin de Fiona McIntosh catégorie Jeunesse
Vampire Kisses de Ellen Schreiber catégorie Jeunesse
Assassin’s Creed Brotherhood de Oliver Bowden
Dissolution de Richard Lee Byers
Les Épées de Soirétoile de Ed. Greenwood
Révélation de Drew Karpyshyn
Ascension de Drew Karpyshyn
Darksiders de Ari Marmell
Gauntlgrym de R.A. Salvatore
Neverwinter de R.A. Salvatore
L’Or et la Nuit de Sara Agnès L. catégorie Romance contemporaine
Tendre veillée de Scarlett Bailey catégorie Romance contemporaine
Mariage à durée déterminée de Christine Bell catégorie Romance contemporaine
La Courbe parfaite de Jaci Burton catégorie Romance contemporaine
Entre les lignes de Portia Da Costa catégorie Romance contemporaine
Amoureuses anonymes de Jo Piazza catégorie Romance contemporaine
RSVP de Helen Warner catégorie Romance contemporaine
Scandaleuse Élisabeth de Éléonore Fernaye catégorie Romance historique
La Fiancée des Highlands de Hannah Howell catégorie Romance historique
Le Silence de Grey House de deanna Raybourn catégorie Romance historique
Le Temps des Grandes Chasses de Jean-Pierre Andrevon catégorie Science-Fiction
Lune fourbe de Algis Budrys catégorie Science-Fiction
Les Prairies bleues de Arthur C. Clarke catégorie Science-Fiction
Nova de Samuel R. delany catégorie Science-Fiction
Le Faucheur de David Gunn catégorie Science-Fiction
Offensif de David Gunn catégorie Science-Fiction
La Grande Route du Nord de Peter F. Hamilton catégorie Science-Fiction
Dragon déchu de Peter F. Hamilton catégorie Science-Fiction
Cette Terre de Michel Jeury catégorie Science-Fiction
Le Seigneur de l’Histoire de Michel Jeury catégorie Science-Fiction
Ta-Shima de Adriana Lorusso catégorie Science-Fiction
La Guerre tranquille de Paul McAuley catégorie Science-Fiction
Carbone modifié de Richard Morgan catégorie Science-Fiction
Aux marges de la vision de Linda Nagata catégorie Science-Fiction
La Grande Explosion de Eric Frank Russell catégorie Science-Fiction
La Cité de Perle de Karen Traviss catégorie Science-Fiction
Fog de James Herbert catégorie Terreur
Les Domestiques de Michael Marshall Smith catégorie Terreur
Le Portrait du mal de Graham Masterton catégorie Terreur
Waldgänger de Jeff Balek catégorie Thriller
Mais c’est à toi que je pense de Gary Braunbeck catégorie Thriller
Vlast de Peter Higgins catégorie Thriller
Faith de Peter James catégorie Thriller
Le Vent de la colère de Pierre Pelot catégorie Western

28 août 2014

Le premier septembre, j’achète un livre de SFFF

Filed under: + Conseils de lecture,+ Événementiels,+ SF/Fantasy — David @ 18:26

L'invasion des Grenouilles

A l’initiative d’un collectif L’invasion des Grenouilles, le premier septembre 2014 sera le jour de la promotion de la SFFF, la littérature de Science-Fiction et Fantastique Francophone.

(Note : J’ai oublié, lors de la rédaction de l’article, le francophone. Donc apparaissent dans cette liste des auteurs non-francohones. On va dire que c’est la rentrée, le rythme n’a pas encore été pris, etc. etc. etc.)

Voilà donc l’occasion de vous proposer quelques ouvrages de littérature de l’imaginaire, à découvrir ou redécouvrir. Bien entendu, cette liste n’est qu’une toute petite partie des ouvrages que vous pouvez retrouver dans l’univers thématique dédié à ce « mauvais genre ».

Les derniers jours du paradisLes derniers jours du paradis, de Robert Charles Wilson, inédit en France, traduit par le talentueux Gilles Goullet, illustré de main de maître par Manchu, aux éditions Denoël. La 4ème nous dit : Un roman de science-fiction paranoïaque, haletant, dans la grande tradition du Village des damnés de John Wyndham.
(14,99€, avec DRM)

 

Métro Stories Vol 1Couverture Métro Stories, par Agnès Ruiz, chez NumerikLire. Avec ces deux histoires nimbées de fantastique, Agnès Ruiz nous emmène dans le passé, à la rencontre de personnages très attachants et des fantômes qui les escortent.
(2,49€, sans DRM)

 

 

Couverture Je suis ton ombreJe suis ton ombre, de Morgane Caussarieu, aux édition Mnémos. Un deuxième roman pour Morgane, toujours dans le registre fantastique, creusant une nouvelle fois la thématique du vampire, en la confrontant au double et à la gémellité et en projetant l’action dans un petit village du Sud-Ouest de la France.
(8,99€, sans DRM)
Couverture Zombie Ball
Zombi Ball, de Paolo BACIGALUPI, aux éditions Au Diable Vauvert, traduit par Sara Doke. Un roman fantastique jeunesse, par un auteur récemment connu en France, mais qui accumule les prix prestigieux  pour ses romans adultes (Hugo, Nebula, Locus, Bob Morane, GPI etc.).

Rabi, Miguel et Joe jouent près de l’abattoir de la ville. Il s’en dégage une terrible puanteur. Les adolescents mènent l’enquête et découvrent que l’alimentation toxique des vaches les transforme en zombies ! Les fast-foods de la région regorgent de burgers contaminés…
(5,99€, sans DRM)

 

Également :

Ikatar Tome 1 – La voie des esprit et Ikatar Tome 2 – Le sang du Dragon, de la nouvelle auteure Véronique Roméo, chez Bragelonne (4,99€ pièce, sans DRM).

La réédition de Poupée aux yeux mort, du regretté Roland C. Wagner, aux éditions Les moutons électriques (7,99€, sans DRM).

La réédition d’une superbe série La ballade de Pern, en commençant par ce tome, Le vol du dragon, le premier écrit par Anne McCaffrey en 1968, si on veut respecter la chronologie d’écriture (ce que je conseille) et non la chronologie de l’histoire de la planète Pern. (5,99€, avec DRM)

Voici donc quelques suggestions de nouveautés ou de rééditions (la liste complète est ici), mais vous pouvez acheter n’importe quel livre de SFFF, les auteurs de ce genre vous en remercient d’avance.

David Queffélec.

6 juin 2014

Un 13e Note pour l’été

Filed under: + Conseils de lecture,+ Entretiens,+ Mises en avant — Nina @ 15:27

13e note éditions

Depuis avril 2009, les éditions 13è Note publient de la littérature étrangère, uniquement des inédits, uniquement des traductions et des publications de grande qualité. À partir du mois de juin, Éric Vieljeux, directeur des éditions 13e Note, est obligé de mettre la maison d’édition en sommeil pour « réfléchir aux moyens financiers nécessaires à la poursuite de notre activité ». Nous avons souhaité nous joindre à l’opération « Un 13è note cet été » pour montrer notre soutien à cette maison et à la diversité du paysage éditorial francophone. Vous trouverez le catalogue disponible en numérique pour cette maison sur la page d’accueil d’ePagine.

Par ailleurs, Eric Vieljeux a accepté de se prêter au jeu des questions et des réponses pour ePagine, afin de nous expliquer un peu mieux quel est son projet éditorial et qu’est-ce qui a causé sa décision qui provoque un raz-de-marée dans les librairies.

 

ePagine : Pourriez-vous m’en dire plus sur 13è Note ?

Eric Vieljeux : 13ENOTE est une maison que j’ ai créée en avril 2008 avec l’ aide d’ une personne.
Le premier livre est paru en avril 2009, et a partir de 2010 deux personnes m’ ont accompagné – Adeline Regnault et Patrice Carrer.

eP :  Vous publiez seulement de la littérature étrangère. Est-ce un choix dès l’origine ? Quelque chose qui s’est imposé ?

EV : La littérature étrangère parce que j’ ai des convictions beaucoup plus fortes en lisant des textes d’ auteurs étrangers plutôt que d’ auteurs français.

eP : Le livre numérique, une évidence ou une obligation ?

EV : Le livre numérique est une évidence et un complément au livre papier. Les deux doivent cohabiter et l’ ebook doit permettre la mise en valeur de l’ offre papier.

eP : Vous mettez votre maison en sommeil. Quel diagnostic faites-vous ?

EV : La littérature étrangère coûte très cher à publier,une maison monoproduit et indépendante a peu de chances de survivre dans un environnement où l’ offre est saturée.

eP : Et quelles sont les solutions envisagées ou envisageables ?

EV : La reprise par un groupe éditorial qui peut se permettre de défendre/supporter une ligne éditoriale telle que la nôtre, où le lectorat est passionné mais où les ventes restent marginales.

eP : Quel est votre dernier coup de cœur ? Et qu’est-ce qui attend sur votre table de nuit ?

EV : Un recueil de nouvelles par Tod Goldberg Other resort cities .
Sur la table de nuit ? Une statue de Ganesh.

 

Retrouvez les ouvrages des éditions 13è Note sur ePagine.fr et chez nos libraires partenaires.

27 mai 2014

« Mes réveils se ressemblent tous, désormais. »
La faux soyeuse, Eric Maravélias

Filed under: + Conseils de lecture,+ Nouveautés numériques,+ Qui lit quoi ?,+Thrillers — Stéphane Michalon @ 15:17
La faux soyeuse Éric Maravélias

La faux soyeuse
Éric Maravélias

 

« Mes réveils se ressemblent tous, désormais. »

La faux soyeuse Éric Maravélias Gallimard – Série noire

Quais du Polar 2014, Eric Maravélias présente son ouvrage « La faux soyeuse » paru aux éditions Gallimard. 

Eric Maravélias (retranscription de l’interview-vidéo réalisée par la librairie Mollat) :

« La faux soyeuse se passe dans la banlieue parisienne, et ça couvre … on va dire de la fin des années 70 (le tout début des années 80) jusqu’en 1999, qui est la fin du livre. Au niveau de la construction, il y a « avant » et « aujourd’hui ». Le personnage vit l’heure H. Il est à ce moment là. Il nous parle. Il est dans le moment présent, dans l’état où il est à ce moment là, dans un état assez dégradé. Et au cours du livre il raconte de quelle manière il est descendu si bas. On voit à travers ce livre l’arrivée de l’héroïne en masse, en France, puisque c’est la France que je connais, dans la banlieue parisienne et à Paris, vers 1981.

Eric Maravélias – La faux soyeuse par Librairie_Mollat

En fait moi dans mon esprit, et c’est ce qui s’est passé, ça correspond à l’élection de François Mitterrand. Ça n’a rien à voir évidemment, simplement l’année après son élection la came était partout, donc on peut peut être faire un lien avec les russes qui étaient en Afghanistan. Il y a un financement de la guerre, comme c’est souvent le cas, par l’opium ou l’héroïne, ou la cocaïne pour l’Amérique du sud, c’est très lié souvent. Bon ça je ne le traite pas dans le livre, je dis juste qu’en 81 l’héroïne a débarqué sur la France, et sur les banlieues et surtout que ça a changé nos vies, évidemment, parce qu’à cette époque là on ne connaissait rien de l’héroïne. Il n’y avait pas de prévention des risques. Il n’y avait aucun reportage sur la dépendance. On savait même pas qu’on s’accrochait à l’héroïne, c’est pour vous dire. C’est à dire que moi j’ai connu de nombreux amis qui, quand ils ont ressenti le manque, par exemple au bout de deux mois d’utilisation de l’héroïne, ne savaient pas ce que c’était. Je me rappelle, je le dis dans le livre, je me rappelle d’un pote à moi qui avait l’impression d’avoir une grippe, il devait avoir quinze ans et demi, et il disait : « je sais pas ce que j’ai mais j’ai l’impression que je vais l’avoir toute ma vie ». C’est assez incroyable comme prémonition parce qu’effectivement, ça n’a peut être pas duré toute sa vie, mais quelques décennies.

On parle de ça, de cette arrivée qui change tout, à partir de 86-87, et plus encore à partir de 90-91, avec l’arrivée du sida, et là c’est l’hécatombe évidemment, ce ne sont plus seulement des overdoses, c’est la maladie qui décime tout le monde, avec des traitements qui ne sont pas au point, l’AZT qui ravage les malades, parce que c’était surpuissant et surdosé.

Dans cette histoire on va suivre un jeune qui s’appelle Franck qui, vers seize ans, commence à traîner dans la rue, commence à fumer des joints, à fréquenter des troquets un peu malsains et qui doucement va glisser, d’une manière qu’on ne peut pas dire imperceptible, mais quand même quelques part oui, sournoise.  C’est venu comme ça,  doucement, et à un moment il se rend compte qu’il est plus bas que terre, et c’est devenu un pauvre chien, même dans sa tête, jusqu’à la fin. Il y a une histoire d’amour aussi entre ce gars et une femme, histoire d’amour qui finit mal comme les histoires d’amour bien souvent finissent mal, en général, et celle-ci finit mal.

C’est un peu cela ce livre : donner une vision aux gens de cet univers mais pas comme on le voit d’habitude. Vous voyez, moi, mon but c’était qu’à la fin on aime les personnages, malgré leur laideur, malgré leurs vices, malgré leur langage pourri, qu’à la fin on les aime parce qu’on se rend compte que ceux sont des gens comme vous et moi qui ont un cœur qui bat. Il bat juste beaucoup trop vite, beaucoup trop fort, ils sont hypersensibles, souvent la vie les heurte, et le refuge c’est de se faire mal à soi même.

Eric Maravélias – La faux soyeuse par Librairie_Mollat

Voilà, c’est ça le livre, en fait c’est une autre vision de ce monde qui n’a rien à voir avec les reportages, avec les médias {qui nous jouent du violon}. Là, franchement, vous allez être immergé dedans et je peux vous dire sincèrement, avec tous les retours que j’ai maintenant, qu’on n’en sort pas indemne, vraiment. Ça pousse à réfléchir. Pour tous ceux qui ont vécu ces années, ça les ramène à des moments vraiment difficiles, ils m’ont tous dit que ça les a bouleversés parce que c’est tellement précis dans les détails, il faut l’avoir vécu pour parler des gestes, le langage, ce qu’on achetait comme produit, comme seringue quand elles n’étaient pas en vente libre, les vaccins particuliers dans lesquels il y avait des seringues… Tout ça ça les ramène forcément vingt ans en arrière, malgré la vie qu’ils ont construite parce que toute la vie, ce sera là.

La faux soyeuse c’est ça, elle vous fauche d’accord, mais de façon soyeuse, c’est la came, c’est doux, c’est bon, à la fin on est quand même dans la fosse. »

Eric Maravélias.
La faux soyeuse
Série Noire
Gallimard

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la-faux-soyeuse-eric-maravelias

La faux soyeuse, « ça vous ramène forcément vingt ans en arrière« . Libraire il y a vingt ans je me demande ce qu’en aurait pensé Cavana, forcément. Car, forcément, chacun dédierait sa lecture de ce livre à quelqu’un. 17 ans. Je voudrais dédier ma lecture à Marie Souvoroff. Ce n’était pas le 92, c’était le 78, mais c’était les mêmes années. Ce n’était pas « Chez Léon », c’était « Le Soubise », chic au pire, à la même overdose. C’était le lycée, une autre terminale.
A vous de lire.
Stéphane Michalon
ePagine

7 mai 2014

Dirty Wars, Le Nouvel Art de La Guerre

Dirty Wars, Le nouvel art de la guerre,  Jeremy Scahill

Une armée secrète
Une mission sans frontières
Une guerre sans fin

Dirty Wars, Le nouvel art de la Guerre, de Jeremy Scahill, vient de paraître, en français, aux excellentes éditions québécoises Lux Éditeur. Il est à la une d’ePagine. En prix de lancement, le livre bénéficie d’un -50% en version numérique (9.99 € au lieu de 19.99 €) uniquement pendant la première semaine de parution, à partir du 6 mai.

A vous de lire.
eP.sm

 

Avertissement
Jeremy Scahill

« Ce livre raconte comment les États-Unis ont fait de l’assassinat un élément central de leur politique de sécurité nationale. Il explore aussi les conséquences de cette décision sur les peuples de dizaines de pays et sur l’avenir de la démocratie américaine. Bien que les attentats du 11 septembre 2001 aient eu un impact déterminant sur la politique étrangère des États-Unis, ce virage a été entrepris bien avant le matin où se sont effondrées les tours jumelles. En ce monde de l’après-11-Septembre, on tend à observer les affaires extérieures de Washington à travers un prisme partisan voulant, d’une part, que l’invasion de l’Irak par le président George W. Bush ait été une catastrophe absolue et ait amené les Américains à croire qu’ils vivent une guerre planétaire, et, d’autre part, que son successeur Barack Obama soit contraint de réparer le gâchis. Les conservateurs considèrent qu’Obama fait montre de faiblesse à l’égard du terrorisme, tandis que les libéraux estiment qu’il mène une guerre mieux «avisée». La réalité est cependant beaucoup plus nuancée.

Ce livre résume l’histoire de l’expansion des guerres secrètes menées par Washington, du recours abusif aux privilèges de l’exécutif et au secret d’État, et de la consolidation, au sein des forces armées, d’innombrables unités d’élite n’ayant de comptes à rendre qu’à la Maison-Blanche. Le nouvel art de la guerre révèle aussi la persistance, dans les administrations tant démocrates que républicaines, d’une mentalité selon laquelle «le monde est un champ de bataille».

L’ouvrage s’amorce avec une brève histoire de la stratégie antiterroriste américaine dans les années ayant précédé le 11-Septembre. Partant de là, j’explore divers épisodes se déroulant des premiers jours de l’administration Bush fils au second mandat d’Obama. On y rencontre des dirigeants d’Al-Qaïda au Yémen, des seigneurs de guerre soutenus par les États-Unis en Somalie, des espions de la Central Intelligence Agency (cia, Agence centrale de renseignement) au Pakistan et des commandos des forces spéciales chargés d’éliminer des individus considérés comme des ennemis. On y découvre les agents et soldats qui mènent les opérations les plus secrètes des forces armées et de la cia, et on y entend les récits de personnes bien informées qui ont passé leur vie dans l’ombre. Certaines, d’ailleurs, n’ont accepté de me parler qu’à condition que je taise leur identité.

Aujourd’hui, tout le monde connaît la Navy SEAL Team 6 et le Joint Special Operations Command (jsoc, qu’on prononce «djay-soc», Commandement interarmées des opérations spéciales), ces forces spéciales qui ont tué Ben Laden. Ce livre fait état de missions non encore révélées ou peu connues qu’ont menées ces unités, missions dont les gens de pouvoir ne parleront jamais et que Hollywood se gardera d’immortaliser. Je m’attarde sur la vie d’Anwar Al-Awlaki, premier citoyen américain voué à être assassiné par son propre gouvernement sans jamais avoir fait l’objet de la moindre accusation officielle. Je m’intéresse également au sort des personnes qui se retrouvent prises entre deux feux, ces civils confrontés aux tirs de drones et aux actes terroristes. Nous rendons visite à des Afghans dont la vie a été détruite lors d’un raid des forces spéciales qui a mal tourné, les faisant passer d’alliés des États-Unis à kamikazes en puissance.

De prime abord, les récits qui constituent ce livre pourront sembler disparates, mais, pris comme un tout, ils offrent la perspective d’un avenir hypothéqué par des guerres sales qui ne cessent de s’étendre. »

 

18 avril 2014

Centenaire de la naissance de Marguerite Duras

 

Dossier Marguerite Duras sur ePagine

Dans le cadre du centenaire de la naissance de Marguerite Duras, Ombres Blanches et ePagine vous proposent un catalogue numérique Duras .

Construit à partir du dossier bibliographique Marguerite Duras de la librairie Ombres Blanches ce catalogue numérique Duras est en ligne sur ePagine.fr , et par dissémination sur l’ensemble des librairies rattachées aux animations proposées par ePagine.fr. Nous avons choisi de mettre en avant ses textes par ordre chronologique, par catégories (romans, récits et écrits pour la presse, cinéma/théâtre), par catalogue d’éditeur, mais aussi via des thèmes transversaux. Ce dossier sera mis à jour chaque semaine en fonction des offices de livres numériques sur ou de Marguerite Duras. La thématique de la semaine est autour de la filiation littéraire. Elle reprend l’article de Florence Bouchy intitulé les Enfants de Marguerite Duras, paru dans le Monde des Livres du 4 d’avril.

Nous espérons vous avoir donné envie de quitter votre Vie Tranquille pour plonger dans Un Barrage contre le Pacifique, de rencontrer un Marin de Gibraltar dans un Camion ,de trouver l’Amour et de prendre un Amant, de passer Des journées entières dans les arbres à observer les Petits chevaux de Tarquinia Outside, de rejoindre le Square de Savannah Bay à Dix heures et demie du soir en été pour y rencontrer les Parleuses aux yeux bleus, cheveux noirs, de discuter entre vous, Moderato Cantabile, de cet Homme assis dans le couloir, de la Douleur, de la Maladie de la Mort, d’être renvoyé chez vous par la Pluie d’été sur le Monde extérieur, de rencontrer Agatha et Yann Andréa Steiner, son Amant de la Chine du Nord, de passer l’Été 80 avec la Pute de la côte normande et l’Homme Atlantique à Écrire , de polémiquer avec Emily L. de la Vie Matérielle, qu’elle souhaite Détruire, dit-elle comme Hiroshima mon amour… bref, de relire le Ravissement de Lol V. Stein !

 

Dossier Marguerite Duras sur ePagine

Dossier Marguerite Duras sur ePagine

Dossier Marguerite Duras sur ePagine

Stéphane Michalon, Nina Steffan

10 avril 2014

Michel Barnier, Se reposer ou être libre

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Le 17 avril paraîtra Se Reposer ou être libre de Michel Barnier. Les prochaines élections européennes se dérouleront du 22 au 25 mai 2014 dans les 28 Etats membres de l’Union européenne. Les citoyens européens sont appelés à désigner les 751 députés qui les représenteront jusqu’en 2019. Les enjeux sont importants car les parlementaires auront plus de pouvoir dans la prochaine législature, notamment celui de désigner le prochain président de la Commission européenne. La lecture de ce livre rassemblant les propositions d’un commissaire en fonction, contribue aux débats dont nous avons besoin avant les élections de la fin mai, débats d’idées à confronter, qu’ePagine vous propose en tant que libraire, et sans lesquels on ne peut voter qu’à l’aveugle.

En ce qui nous concerne et pour faire suite à la lecture du livre La souveraineté numérique de Pierre Bellanger, chroniqué en mars sur le blog d’ePagine, signalons dans le livre de Michel Barnier :
1) le chapitre IV concernant le numérique et intitulé « Un continent numérique » à l’intérieur duquel sont également abordées sous forme de synthèse les notions de souveraineté, de protections des données, et de propriété intellectuelle.
2) et parmi les 30 propositions de Michel Barnier, celles numérotées 11/Mooc européen, 12 et 14/répartition dans la chaîne de valeur internet et stratégies concernant les industries créatives, 13/Marché unique du cloud.

Ce post vous propose ci-dessous l’introduction du livre ainsi que la table des matières des principaux chapitres.
Le premier chapitre de Se reposer ou être libre est dès à présent téléchargeable gratuitement dans les sites de tous les libraires du réseau ePagine et sur le portail de la librairie ePagine.fr. Il est signalé en fin d’ouvrage que les droits de l’ouvrage sont reversés à l’AFU en Haïti.

Stéphane Michalon, ePagine
se reposer ou être libraire ?

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   Bien avant que je n’engage la démarche d’une candidature pour la présidence de la Commission européenne au sein de ma propre famille politique, le Parti populaire européen, j’avais eu l’idée de ce petit livre en pensant au grand débat citoyen que doit être, normalement, l’élection, en mai 2014, d’un nouveau Parlement européen.

   Aujourd’hui le débat citoyen est là ! Toujours difficile et exigeant lorsqu’on parle de l’Europe. Et mon envie d’y participer est intacte. Cet essai en est la preuve. Il constitue ma contribution à ce que devrait être à mes yeux le projet européen pour les cinq années à venir.

   J’ai écrit ces pages en m’appuyant sur les réussites et les déceptions aussi, vécues depuis quatre ans avec les formidables équipes de mon cabinet et de la direction générale du marché intérieur à Bruxelles. Ces équipes font honneur à la fonction publique européenne.

   Ces pages sont aussi le reflet de mon expérience d’homme politique, d’élu local dans mon pays de Savoie, de ministre français et, à deux reprises, de commissaire européen en confiance avec les présidents Prodi et Barroso. Tout au long de ces étapes et de ces années, jamais je n’ai perdu ma capacité d’indignation ni mon enthousiasme.

   Ces pages n’engagent pas l’institution européenne à laquelle j’appartiens aujourd’hui, ni aucun de mes collègues. Elles expriment mes convictions personnelles et des idées auxquelles je crois.

   Je forme le vœu qu’elles soient utiles à la réflexion de celles et ceux qui prendront le temps de les lire.

Michel Barnier
Saint-Martin-de-Belleville,
le 14 mars 2014

 

« À bas l’Europe ! Vive la France ! »
C’était un dimanche pluvieux de janvier dernier et des milliers de Français manifestaient sur l’esplanade des Invalides contre tout et… le gouvernement. Remontant l’avenue à pied, quelques-uns d’entre eux, en me reconnaissant, me jetèrent ces mots au visage, comme une provocation.
Au même moment, le même soir, des milliers d’Ukrainiens révoltés manifestaient sur la place Maïdan à Kiev pour préserver leur « rêve européen »… Beaucoup d’entre eux y ont sacrifié leur vie…
J’aurais aimé convaincre, au moins parler avec ces jeunes du boulevard des Invalides.
J’aurais aimé leur dire que le choix n’est pas entre la France et l’Europe, qu’elles vont ensemble.
J’aurais aimé leur dire que le choix est entre une Europe indépendante, libre, souveraine ou une Europe sous influence et sous-traitante.
J’aurais aimé leur dire que la Commission de Bruxelles joue un rôle singulier au milieu de ces 28 nations pour qu’elles se tiennent ensemble. Et qu’à Bruxelles, comme à Paris, lorsque les technocrates prennent le pouvoir, c’est que les hommes politiques leur ont abandonné ce pouvoir.
J’aurais aimé leur dire que notre identité européenne, si plurielle, si changeante, ne vient pas remplacer notre identité nationale ou régionale. Elle s’y ajoute.
J’aurais aimé leur dire tant de choses… Je les ai écrites dans cet essai. Comme l’appel au dialogue d’un citoyen engagé qui se veut à la fois patriote et européen. Et qui croit possible de crier en même temps et d’un même mouvement « Vive la France ! », « Go Great Britain ! », « Wiwat Polska ! » et « Vive l’Europe ! ».
Jean Monnet disait souvent : « Je ne suis pas optimiste, je suis déterminé. »
Il y a tant de raisons de pessimisme à propos de la construction européenne. Tant de doutes, de colères, de souffrances que l’on met désormais au débit de Bruxelles et de ceux qui y travaillent.
Mais il y a encore plus de raisons d’une nouvelle détermination.
Stabilité financière, croissance, industrie, énergie, numérique, démographie, solidarités, action extérieure… face à tant de défis, j’ai voulu dire les raisons et l’intérêt que nous avons d’agir ensemble dans ce monde où l’Europe est parfois espérée mais n’est plus attendue.
Mais il y a un autre défi à relever et celui-là commande tous les autres. Celui de la démocratie européenne.
De la confiance des peuples ! De cette « envie d’être ensemble » qui est au moins aussi importante que l’intérêt à être ensemble.
Aux citoyens, il faut dire la vérité. Sur la direction que nous prenons. Sur ce que nous sommes dans cette union. Et sur ce que nous ne sommes pas.
Nous sommes un continent où chaque peuple, chaque religion, chaque opinion, chaque choix de vie est respectable et respecté. Ce sont les valeurs que nous nous sommes promis de défendre toujours et partout, comme on se « protège contre une partie de notre histoire », selon le mot de Daniel Cohn-Bendit. Contre le totalitarisme, le fascisme, le stalinisme, le colonialisme aussi.
J’ai souvent admiré la capacité des États-Unis à affronter tant de crises, sans jamais douter de leurs valeurs.
Mais nous ne sommes pas un peuple européen ! Nous ne voulons pas être une nation européenne. Il n’est pas question d’un État fédéral qui se substituerait aux États-nations ou aux régions.
Nous sommes aujourd’hui 28 peuples qui s’expriment dans 24 langues officielles. Nous formons 28 nations et nous avons 28 États qui tiennent, chacun, à leurs différences, à leurs traditions, à leur culture.
Et pourtant, ces 28 nations ont choisi de vivre ensemble, d’agir ensemble, pas seulement de coexister les unes à côté des autres.
Elles ont choisi de mutualiser un grand nombre de leurs politiques et de partager volontairement une partie de leur souveraineté, simplement pour créer, en plus, une souveraineté européenne. Et être libres !
Cette construction-là est unique dans l’histoire et dans le monde. Elle ne peut pas être simple. Elle est simplement révolutionnaire. Elle est aussi fragile, comme on le voit bien aujourd’hui.
Nous avons besoin des nations pour réconcilier les citoyens avec le projet européen. Nous avons besoin des nations pour combattre le nationalisme. Et, dans le même temps, nous avons besoin de l’Europe pour maîtriser, humaniser, en un mot réussir la mondialisation.
La nouvelle Europe doit être une véritable « fédération des États-nations ». Il lui faudra un visage et une voix forte. Il faudra un jour un président ou une présidente de      l’Union européenne qui réunira les missions d’animer le Conseil européen et de diriger le collège des commissaires où se forgent utilement, je peux en témoigner, les propositions et les impulsions les plus proches de l’intérêt commun.
Les rédacteurs du Traité de Lisbonne ont d’ailleurs pris soin de ne pas interdire cette avancée majeure et symbolique. En réalité, grâce à la sagesse de Valéry Giscard d’Estaing qui présidait alors la Convention européenne.
Prenons garde cependant de ne plus commettre la même faute : pendant dix ans, on a cru pouvoir répondre par le droit au déficit démocratique et à l’inquiétude des peuples. Avant de réviser le moteur, regardons la route et les étapes. L’urgence est le débat politique. Il sera ensuite temps de modifier les traités comme une conséquence des besoins politiques, qu’il s’agisse de prévoir des actions nouvelles, de consolider l’euro ou de changer la répartition des compétences entre les États et l’Union.
Oui il sera temps ! Et je sais bien que les initiatives que je propose dans ces pages ne sont pas possibles à périmètre constant et à budget identique.
Tout le monde d’ailleurs veut faire bouger le périmètre.
Le Royaume-Uni en le rétrécissant. Les fédéralistes en l’augmentant. Et entre les deux, nous sommes nombreux à vouloir faire bouger les lignes, faire moins de réglementations et plus de politiques !
La crise, les crises violentes que nous avons affrontées depuis 2008 ont tout changé. Tout révélé. Tout aggravé. Et la croissance qui revient lentement ne sera pas la même qu’avant. Quand tant de jeunes Européens sont privés d’emploi et de perspectives, ça ne peut pas être « business as usual ». L’architecture, le périmètre, les initiatives ne peuvent plus être les mêmes qu’avant.
Mais encore une fois, un débat sur le Traité n’est pas un préalable. Il doit être le prolongement du grand débat citoyen.
Et les élections européennes sont l’occasion de dessiner le nouvel équilibre entre utopie fédérale et repli national.
Et puis, de toute façon, il y a certaines choses qu’on ne pourra jamais écrire dans un Traité ou décréter par une directive.
C’est l’esprit européen ! La morale collective, le volontarisme des dirigeants, la mesure qu’ils prennent ensemble et personnellement de leur responsabilité devant l’histoire et face au monde d’aujourd’hui et de demain. Leur capacité d’assurer et d’expliquer le projet européen et leurs engagements face aux citoyens.
Nous avons peu d’années devant nous. Pas beaucoup plus pour choisir notre destin. Durant les toutes prochaines années, il y aura des élections présidentielles ou législatives dans la quasi-totalité des 28 pays européens. Il y aura très vite l’élection du nouveau Parlement européen et la mise en place d’une nouvelle Commission…
La crise financière qui a failli tout emporter il y a six ans est venue d’une caricature du libéralisme et d’une idée fausse et pourtant répandue aussi en Europe selon laquelle les marchés s’autorégulent.
L’Europe a été et reste mise à l’épreuve comme jamais et ces crises ont révélé, en effet, amplifié, accéléré toutes nos faiblesses en même temps : une régulation financière défaillante, la coexistence de l’union monétaire avec la désunion économique, trop de déficits et de dettes dans beaucoup de nos pays ; trop de divergences de compétitivité entre nous et vis-à-vis du reste du monde.
Nous avons réagi et nous agissons pour créer avec les autres et pour nous-mêmes les outils d’une vraie gouvernance économique, financière et bancaire.
La crise financière a été sans doute la plus violente. Elle n’est pas la seule. Écologie, sécurité alimentaire, changement climatique, pauvreté, stabilité et lutte contre les terrorismes : chaque fois, le besoin est là d’une nouvelle gouvernance mondiale. Et ce monde-là, qu’il faut regarder les yeux ouverts, sans nostalgie pour nos gloires passées, ne sera plus sûr que s’il est plus juste.
À cette table de la gouvernance mondiale, celle du G20 qui ne suffira d’ailleurs pas, il faut que les Européens soient acteurs, et jamais spectateurs. Voilà pourquoi l’unité de l’Europe reste une idée neuve et juste.
Nous avons le choix de nous reposer, de nous replier, chacun chez soi, chacun pour soi. Ce choix-là, plus commode dans un premier temps, conduit à l’isolement et au déclin.
Ou alors, il nous faut être capables de regarder sans les excuser nos erreurs et nos faiblesses.
Il faut réformer, travailler, innover. Être en mouvement.
Tony Blair disait : « Dans un monde où tout change, malheur à celui qui ne bouge pas ! »
L’Europe est en crise, en risque, en déséquilibre. Elle est interpellée de l’extérieur et de l’intérieur à la fois.
Mon appel s’adresse aux 28 chefs d’État et de gouvernement européens. Il s’adresse aussi et en même temps aux citoyens. L’unité européenne est entre leurs mains. Pour chacun des défis que j’ai voulu décrire dans les pages qui suivent, il y a matière à un nouveau contrat avec les citoyens. Il y a la preuve pour une nouvelle Europe qui agit, protège, rayonne sans effacer les nations qui la constituent. Il y a la raison d’un volontarisme, d’une audace ou simplement d’un courage collectif pour rester libres.

En librairie en livre et en livre numérique à compter du 17 avril.

Table des matières des principaux chapitres du livre :

I. Un nouveau chemin de croissance et d’emploi
II. Une politique industrielle pour l’Europe
III. Une union énergétique pour l’Europe
IV. Un Continent numérique
V. L’Europe, un continent ouvert à tous les vents ?
VI. Une Europe respectée
VII. Remettre les Européens sur la voie du progrès social
Conclusion. Pour un nouveau pacte citoyen européen
30 propositions pour une nouvelle Europe
Le tableau de l’économie mondiale d’ici 2050

18 mars 2014

La souveraineté numérique

Le dimanche matin sur France Culture je n’entends plus la messe de 10h. L’esprit libre, à 11h, j’écoute rituellement Philippe Meyer réanimer l’Esprit public. S’il peut m’arriver d’être en retard, ratant parfois le premier édito, je ne rate jamais l’envoi, la séquence des brèves proposées par son équipe en fin d’émission, et notamment le conseil de lecture constamment pertinent de Sylvie KAUFFMANN, directrice éditoriale au Monde. Le 23 février elle conseillait la lecture du livre de Pierre Bellanger, « La souveraineté numérique« .

Ces derniers jours, j’assistais en spectateur au passionnant feuilleton « Vivendi-SFR-Numéricable-Bouygues-Free-Montebourg » sous haute tension.

Vendredi dernier dénouement surprenant, car alors que les vents publics et privés semblaient souffler en faveur de Bouygues et du coup de maître joué avec Free, Vivendi choisit de rentrer pour trois semaines en négociation exclusive avec Numéricable.

Hier matin, et donc après le choix de Numéricable par Vivendi, dans le 7-9 de France Inter, on apprend par la voix Dominique Seux (journaliste aux Echos) que Jean-Pierre Jouyet (Président de la Caisse des Dépôts) qui accorde une longue interview aux Echos, à paraître ce lundi matin même, a fait rajouter et préciser dans son interview que « La Caisse des Dépôts pourrait […] accompagner en capital un rapprochement entre Vivendi, SFR et Bouygues. »

Les acteurs de ce moment stratégique ont-ils lu « La souveraineté numérique » ? Peut-être trouvent-ils la thèse du livre trop facile, trop nationale, trop européenne, trop ambitieuse, trop alarmiste quand il s’agit de notre souveraineté ou trop paranoïaque notamment à l’égard de la captation de nos données numériques par Google, Apple, Amazon ou Facebook ?

Dans le relatif silence d’Orange durant ces derniers jours nous voulons à nouveau par ce billet relayer le conseil de lecture du livre de Pierre Bellanger. En tant qu’ePagine, PME au service de la librairie, nous apprenons, dans le projet MO3T soutenu par l’État, à travailler avec Orange pour le compte des libraires indépendants. Dans le cadre du projet MO3T, nous percevons qu’Orange pourrait être bien plus qu’Orange. Nous sentons bien qu’Orange garde quelque chose de la culture France Telecom à vouloir proposer quelque chose au service de tous. La Caisse des Dépôts est peut-être actionnaire minoritaire de Vivendi, mais la France est surtout actionnaire d’Orange. Si l’État veut s’occuper de l’avenir Bouygues et de Free, ne devrait-il pas d’abord s’occuper d’Orange en premier, c’est-à-dire en lui donnant un rôle premier ?

On aurait pu donner à lire de très nombreux autres extraits du livre de Pierre Bellanger illustrant le virage Internet total que nous sommes en train de prendre malgré nous et de toutes les chances dont nous disposons encore pour maîtriser ce tournant pour peu que nous voulions vraiment les saisir. Dans un souci d’actualité, et sans extrait à vous proposer de la part de l’éditeur du livre en question, nous en reprenons ici des extraits qui concernent le rôle des opérateurs et l’ambition structurante que nous pourrions avoir pour une hypothèse Orange au service de l’ensemble du réseau.

En espérant vous donner l’envie d’acheter ce livre pour votre lecture et l’exercice de votre esprit critique.

Stéphane Michalon

 

EXTRAITS de « La souveraineté numérique », Pierre Bellanger, aux Editions Stock.

« Quelle est ici l’histoire. C’est l’histoire de notre Histoire. Celle d’un peuple et d’un pays qui a fait de la liberté son identité et qui aujourd’hui l’abandonne en chemin. Confrontée à la révolution de l’internet, la France a renoncé à maitriser son destin sur les réseaux informatiques. Notre pays a livré sa souveraineté numérique sans débat et sans combat.

C’est une catastrophe.

L’Internet ne vient pas s’ajouter au monde que nous connaissons. Il le remplace.

L’Internet siphonne nos emplois, nos données, nos vies privées, notre propriété intellectuelle, notre prospérité, notre fiscalité, notre république et notre liberté. C’est tout l’écosystème national qui est en péril. Nous allons subir un bouleversement qui mettra un terme à notre modèle social et économique.

Y a-t-il une alternative ? Oui. »

(…)

« La résistance »

« Il faut à notre tour nous servir de la puissance du réseau. Seul un réseau peut en affronter un autre. Nous ne nous en sortirons pas sans cette dynamique. L’objectif est de faire de notre pays une nation en réseau. Il faut reconfigurer notre pays en fonction du réseau, secteur par secteur.

L’enjeu et la mobilisation nécessaires sont tels que l’initiative ne peut en revenir qu’à l’État. D’ores et déjà, les nouvelles technologies sont fort justement invoquées à chaque rapport public sur l’avenir du pays.  Il manque cependant le mode d’emploi et la volonté. Les moyens font également défaut : le récent rapport de la commission Innovation 2030 a identifié sept priorités d’avenir, et lancé un concours ouvert aux entreprises et doté de 300 millions d’euros… soit 13,8% du bénéfice net de Google pour le seul troisième trimestre 2013. L’électrochoc Snowden pose soudain la question publique de notre perte de souveraineté. La prise de conscience de la gravité de la situation est en cours. Elle devra se concrétiser par une volonté politique qui engagera le pays entier.

Comment faire ? Comment réorganiser la société dans son ensemble et secteur par secteur autour du réseau ? Il faut agir immédiatement avec des résultats dans les délais les plus rapprochés. L’incendie n’attendra pas une loi sur les extincteurs. Pour cela il faut un champion national de l’internet autour duquel se structurent notre riposte et la reconquête de notre souveraineté numérique.

Plusieurs solutions sont possibles :

L’initiative publique pourrait susciter l’émergence de ce champion à partir d’un ou plusieurs acteurs de l’Internet français. L’avantage est de propulser la culture Internet à une dimension  industrielle nationale en s’appuyant sur ses entrepreneurs et de ses entreprises les plus dynamiques, pour autant qu’ils le souhaitent. La question se posera de la capitalisation, des ressources et du pouvoir.

Un deuxième scénario reposerait sur une alliance des opérateurs de télécommunications nationaux au sein d’une filiale commune chargée de constituer le résogiciel national. Le modèle pourrait être l’opérateur mobile et fournisseur d’accès anglais EE. La société, détenue par Orange et Deutsche Telekom, est une wholly owned subsidiary, c’est-à-dire une filiale propriété à 100% des deux opérateurs, mais disposant en droit et par les demandes du régulateur d’une réelle autonomie de gestion. L’avantage de ce projet est la mutualisation de moyens puissants, un accès aux réseaux de chacun et une dynamique libérée des contraintes de leurs actionnaires. L’inconvénient est comme le premier scénario, la divergence des intérêts et le contrôle.

Une troisième possibilité combinerait les deux premiers scenarii avec pour avantage d’associer la culture Internet et la culture des télécommunications en une seule entité, mais démultipliant les problèmes de tensions centrifuges et de points de vue antinomiques. Comme le disait Churchill : «Un chameau est un cheval dessiné par un comité. » Ces combinatoires peuvent aussi avoir une résonnance européenne sous la forme d’un consortium en réseau multinational. Un Airbus du réseau en quelque sorte.

Enfin dernier scénario pour incarner le moteur de cette révolution par le réseau : choisir le premier et principal opérateur de télécommunication nationale : France Telecom, aujourd’hui Orange. C’est le seul qui a la taille, les compétences et les ressources nécessaires pour se transformer en acteur majeur de l’Internet. Il s’agit également d’une société où l’État a le rôle principal. Une dynamique de service public est indispensable pour s’en sortir et c’est autour de cette dorsale numérique que notre destin se jouerait, car Orange peut créer les outils, les services et les réseaux qui vont changer la donne de nos industries et de nos services. Le projet mettre la France en réseau et faire de la France le cœur de ce réseau, le premier fédérateur de talent et de compétences, le premier acteur de l’économie numérique. Orange est de fait la première entreprise Internet de France. C’est à l’opérateur que reviendrait ce rôle majeur, de catalyseur et d’animateur de la mise en réseau nationale.

Toutefois cette option flamboyante et massive présente des risques majeurs, et les critiques faites à cette sont options sont fondées. L’opérateur est régulièrement vu de l’extérieur (et souvent de l’intérieur) comme une entreprise sans avenir et incapable de mutation. L’âge de ses personnels, la lourdeur de ses statuts, le nombre pléthorique de ses cadres, la dispersion du pouvoir, des processus de décisions labyrinthique, l’impossibilité de piloter des strates en silo, une culture technique hostile à l’Internet condamnent l’entreprise à une régression lente, mais certaine. L’actionnaire public, quant à lui, demande paix sociale et dividende. L’entreprise est une sorte de vache anesthésiée dont on a pris le lait, puis le sang et désormais la viande. Cette fatalité crépusculaire est partout ressentie, n’empêchent l’amertume et le sentiment d’un terrible gaspillage humain et industriel.

Cette résignation conduit (actuellement) le destin de l’entreprise (…)

Comment penser France télécom autrement, tant puissantes sont les inerties et les médisances ? Faire de cette entreprise le fer de lance de notre révolution numérique ? Beaucoup voient cela comme un oxymore. Le saut périlleux du tétraplégique, en quelque sorte.  Et de décrire comment ce monstre perclus et anémique échouerait avant même d’avoir commencé (…) Oui c’est probable. Oui c’est possible. Mais ce n’est pas certain.

Il se peut que cela soit tout l’inverse et que cette bête blessée soit notre meilleur appui. (…) France Telecom, car il faut plonger aux racines, est naturellement investi d’une mission d’intérêt général. Cette société a une âme de service public, de vertu et de dévouement à la cause commune. De tout temps, de toutes époques et de toutes circonstances, ses lignards ont fait le travail. L’entreprise n’attend peut être que ce moment. C’est aussi un esprit pionnier, fulgurant, espiègle, bricoleur et génial, déjouant les adversités. Peut être rêve t’il d’une métamorphose qui convoquerait pour les sublimer tous ses talents enfin à l’unisson. Et ainsi de tous nous surprendre.

Qui le sait ? Qui aura le courage de prendre le risque ? Qui lui donnera le courage justement en prenant le risque ? il faudra que l’entreprise suspende le versement de dividendes ; trente milliards en deux ans, dont huit pour la puissance publique ; que l’État renonce à ses ponctions et ses taxes indues sur l’entreprise. Il ne faudra plus saigner, mais doper un champion. Qui tiendra tête aux urgences financières de l’instant pour un futur aléatoire ?

(…)

N’y a-t-il pas chez nous connivence mortifère, qui se soumet sans le dire à une « Etrange Défaite« , pour écrire le titre du livre en 1940 par Marc Bloch ?

(…)

Il s’agit de retrouver l’esprit et la dynamique de ces alliances entre entreprise et pouvoirs publics qui ont changé notre pays. Que l’on se souvienne des grands projets nationaux qui ont soulevé l’enthousiasme collectif. L’état d’esprit est celui du plan Monnet des années 1945-1952 ; c’est la volonté qui anima des hommes remarquables comme Pierre Lefaucheux, président de la Régie Renault, et plus largement le patronat et les organisations syndicales d’alors.

Et puis rappelons-nous que cette situation s’est déjà produite et que nous en sommes sortis avec succès : il a fallu s’émanciper après-guerre du contrôle exclusif des États-Unis sur la téléphonie. Partant sans industrie et sans brevets la France, unissant les forces publiques et privées, rattrape son retard et réussit. Une nouvelle filière entière moderne et compétitive, développe le réseau national, multiplie les innovations et constitue finalement, en quelques décennies, le numéro deux mondial des télécommunications : Alcatel. (…) Ce qui a été fait hier avec le réseau téléphonique doit être fait maintenant avec le réseau numérique. »

Pierre Bellanger

La souveraineté numérique

Editions Stock, 2014

12 mars 2014

DRM : les éditeurs parisiens choisissent la solution LeMarabout

« Enfin, une solution durable contre le piratage ! »

C’est par cette phrase que les éditeurs parisiens réunis en Assemblée Générale au café Prochoppe ont dévoilé leur nouveau système anti-piratage : LeMarabout.

L’association des marabouts de Barbès a donc été choisie par les éditeurs pour lutter contre les méchants pirates. Chaque livrel sera ensorcelé par un marabout spécialisé tant et si bien que le pirate ne saura pas quel sort lui sera réservé avant son odieux passage à l’acte. Au choix : perte de la vue, formatage de la mémoire absolue, acouphènes permanents, dyslexie, écran bleu Windows ou, pire encore, lecture aléatoire par télépathie du Guerre et Paix de Dostoïevski traduit par un logiciel en langage html…

L’association des marabouts est pleinement satisfaite de cette entente négociée âprement avec les éditeurs parisiens. Babar Dialiamoc répond à la polémique déjà naissante : « Halte au tintamarre, nous ne sommes pas des marabouts de ficelle ! Et je jetterai un sort à quiconque osera prétendre le contraire ! »

Adobe, l’empêcheur de lire Américain, a tout de suite réagi : « Avec la sortie d’ACS5, nous voulions déjà vous empêcher de lire mais au vu des diverses initiatives prises à travers le monde, nous avons décidé de renforcer notre protection contre les forces du mal. Pas moins de 100.000 prêtres (toutes obédiences confondues) vont être embauchés dans le monde entier pour bénir chaque drm de chaque ebook. »

Espérons que cette guerre entre les forces du bien et celles du mal se termine rapidement pour que nous puissions enfin lire sereinement le dernier roman de Charlhatan.

pAniege

 

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