Le 28e Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, dont le thème cette année est l’Aventure, ouvrira ses portes mercredi 28 novembre et les refermera lundi 3 décembre 2012. Comme j’ai fait partie du pré-jury qui devait sélectionner 5 titres dans la catégorie « Pépite de la création numérique » (les 8 titres lauréats des Pépites 2012 ont été décernées la semaine dernière), que Place des libraires et ePagine font cette année partie de l’aventure et qu’il sera beaucoup question des nouveaux outils de lecture ainsi que de la complémentarité des supports et des lectures entre papier et numérique, l’occasion était trop belle pour le blog ePagine. Nous installerons donc notre QG dans l’Espace Paris-Est-Montreuil pendant une semaine. Et, une fois n’est pas coutume, nous y parlerons surtout de la littérature jeunesse en partenariat avec les organisateurs du salon. Pour tout connaître du programme, par jour et par heure, il vous suffira de vous rendre sur leur nouveau site. Mais avant cela, je vous propose de lire cet entretien avec Sylvie Vassallo qui était chargée du pôle multimédias pour le Salon avant d’en devenir la directrice en 2001. Grand merci à elle pour cet échange des plus toniques.
ChG
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Entretien avec Sylvie Vassallo
directrice du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis
Comment en êtes-vous venue à contacter Place des Libraires et ePagine ?
Ça fait des années que la question de relier notre site à des libraires en ligne, m’intéresse. Amazon, la Fnac et d’autres n
ous sollicitent depuis dix ans pour faire le lien entre les livres qu’on met en avant et la vente en ligne. Au départ, les demandes concernaient les livres papier, mais nous n’y avons jamais répondu. Nous avons eu du mal à trouver des libraires indépendants qui avaient la capacité de vendre seuls des livres en ligne. Nous trouvions ça dommage puisque nous sommes prescripteurs tout au long de l’année. Il n’y avait pas non plus de plateforme du Syndicat de la Librairie Française comme vous le savez. Nous avons attendu patiemment la mise en place du site 1001libraires.com qui s’est crashé avant même d’avoir réellement démarré. Cette année, comme nous refaisions notre site Internet, nous avions vraiment envie d’apporter ce service en ligne à nos lecteurs. Avec les prix littéraires, nous sommes prescripteurs de 45 titres et ça nous semblait important pour le Salon qu’on puisse proposer de les acheter. C’est comme ça que nous nous sommes tournés cette année vers Place des libraires, pour les livres papier au départ mais également, via ePagine, pour les livres au format numérique. Ça a été une bonne surprise pour nous parce que nous ne connaissions pas ePagine.
Lisez-vous en numérique ici ou chez vous ?
Comme nous allons poursuivre dans cette voie mais que nous sommes peu ici à être intéressés par la lecture numérique, j’ai commencé à regarder comment fonctionnait votre site. Et personnellement je lis déjà sur iPad. Je trouve ça intéressant, même sur une tablette, et peut-être plus que sur une liseuse d’ailleurs. Pour l’instant je lis des romans. Mais plutôt que de les acheter chez Apple, je serais plutôt partante pour aller les télécharger ailleurs. Et si nous sommes plusieurs à nous y intéresser et à savoir le faire, nous pourrons réellement essaimer.
Pour répondre aux nécessités de médiations liées aux différents genres littéraires et aux multiples supports, vous avez créé de nombreux outils que vous appelez « Salons Mobiles ». Pouvez-vous, par exemple, nous parler du Juke-box ?
On sélectionne chaque année depuis 6 ans, avec un jury de bibliothécaires et de documentalistes, de six à neuf romans ados parus dans l’année qui nous semblent intéressants. On favorise des écritures et des genres littéraires très différents à l’intérieur de la littérature ado.
On met ça en scène au Salon dans une boîte qui s’appelle le Juke-box avec des courtes vidéos d’auteurs qui répondent tous à dix questions. Depuis le départ, ce sont les dix mêmes questions : cinq sur leur rapport à la culture et cinq sur leur livre. Pour la première série, par exemple, on leur demande de nous parler de leur adolescence ou d’un film culte ainsi que des questions qui permettent d’aller vers la sensibilité de l’artiste. Et les cinq autres questions porteront plus sur leur livre, les héros, le thème, l’écriture… Ce sont des entretiens vidéo en noir et blanc avec une minute par réponse. Aujourd’hui, on a plus de dix heures de vidéos dans cette boîte. C’est une application qui a été créée par la boîte de communication avec laquelle on travaille depuis dix ans maintenant. Chaque année, il y a donc une saison supplémentaire qui s’ajoute. Ces auteurs viennent au Salon. Comme on a un label européen depuis deux ans, l’an passé on a rajouté trois artistes européens. On en aura donc six cette année. Et c’est vraiment un moyen d’aller vers la lecture. Cette appli n’est visible que dans le Juke-box. Ensuite, on fait circuler ça dans les bibliothèques, les écoles… Mais on pourrait très bien extraire ces vidéos et les relier à d’autres projets.
Et la tablette XXL ?
Elle date de l’an passé. C’est une tablette géante qui reprend les cotes de l’iPad et dans laquelle on reproduit les applications choisies pour le salon.
Vous avez un nouvel outil numérique, non ?
Oui, il s’appelle la Biblioconnection. En partant de livres papier, on est allé montrer que l’écran pouvait également permettre de lire des livres numérisés. Ce sont des livres dont les originaux sont exposés dans notre exposition sur L’Aventure. C’est une autre manière de regarder ces originaux et de valoriser tous ces artistes qui sont réunis dans cette expo. On leur a demandé des droits d’exploitation, temporaires mais étendus puisqu’on leur a dit qu’on allait adapter leur lecture. On n’a ni touché au texte ni aux images mais, selon les ouvrages, on les a proposés de manière différente. Par exemple, pour les BD, les cases arrivent grossies et le texte défile. On a également réalisé l’adaptation en langue des signes, en audio-descriptif et, pour certains textes, en audio pour montrer que c’était possible. Le tout est une bibliothèque qui va se projeter sur un écran de 4 mètres sur 3. Les images sont immenses. Pour le coup, c’est un autre rapport au livre. L’interface est gestuelle. On tourne les pages avec son corps, avec sa main, on entre dans les livres en avançant le pied, etc. On reprend un peu les codes du jeu vidéo, en tout cas les codes
du corps en mouvement avec une petite idée supplémentaire : interroger le corps lisant. Le corps est en effet très impliqué dans la lecture, que ce soit dans une lecture individuelle ou en famille, mais on l’oublie, on n’en parle plus. On avait envie de montrer qu’il y avait d’autres mouvements du corps liés à la lecture. On a travaillé l’intuitivité et la simplicité. Le résultat n’est pas très spectaculaire parce que c’est surtout le fait d’aller vers la lecture et non vers le jeu qui était important pour nous. On voulait reprendre ces codes tout en travaillant le temps de lecture, la pause, le mouvement qui va permettre de lire… On l’a ensuite testé pendant un mois auprès d’enfants et j’étais assez impressionnée par le résultat. En plus de ça, comme il y a peu d’albums et de BD qui sont disponibles sur les supports numériques qui circulent dans les hôpitaux, on a adapté cette bibliothèque avec une série d’interfaces gestuelles qui s’adressent à un public de handicapés.
Est-ce que tous ces outils pourraient s’adapter sur d’autres supports ?
J’ai posé la question à notre prestataire. Moi, cette application, je l’ai sur mon ordinateur. Ce sont des fichiers Flash.
Cette année, j’ai participé pour la première fois au pré-jury des Pépites numériques, une catégorie qui a été créée l’an passé. Comment a-t-elle été reçue ?
Plutôt bien. D’ailleurs, ces questions autour du numérique, je dirais que ce sont des débats qui sont réglés par la pratique des gens. Il suffit de voir des enfants avec une tablette. Ces pratiques de lecture m’intéressent personnellement. Et même si elles ne m’intéressaient pas, je n’essaierais même pas de lutter.
C’est évident qu’il vaut mieux plutôt investir un peu d’énergie et y mettre du contenu plutôt que de lutter contre parce que ça va dans ce sens-là. Par ailleurs, on voit bien que rien ne remplacera le livre papier. Et ce qui m’intéresse est de travailler sur les passerelles possibles. Vous avez participé au pré-jury, vous avez donc vu l’application qui a reçu la mention spéciale du jury, Uropa de Bernard Islaire et Laurence Erlich, je me suis régalée avec cette histoire qui mêle web-documentaire, photo-reportage, dessins et carnets.
Entretien réalisé par Christophe Grossi pour le blog ePagine. © Photo Éric Garault – SLPJ



Un nouvel éditeur jeunesse 100% numérique, La Souris Qui Raconte (LSQR pour les intimes), vient de faire son entrée sur 
Quelles sont les particularités de chacune de vos trois collections ?
Vous écrivez que « les protagonistes, auteurs, illustrateurs et conteurs, ont fait des merveilles. Ils se sont pris au jeu, et pour satisfaire au besoin de la cause, ont changé et se sont adaptés. » De quelle cause voulez-vous parler ?



Vous êtes une femme-orchestre, Brigitte ! Auteur de romans, de récits et de nouvelles, vous êtes également une des responsables de la Fête de Bron depuis de nombreuses années et maintenant éditrice chez Stock…