Le blog ePagine

Conseils de lecture, entretiens, actualité numérique :

le Livre-Avenir ne se fera pas sans les libraires.

31 juillet 2012

ePagine publications numériques vous offre Les Dimanches de Jean Dézert de Jean de La Ville de Mirmont

Mercredi dernier, dans l’esprit des Clubs des libraires, ePagine a offert en exclusivité à tous les abonnés à sa newsletter (et non pas à l’ensemble des inscrits) un livre numérique réalisé par son service e-fabrication sous la marque ePagine publications numériques : Les Dimanches de Jean Dézert de Jean de La Ville de Mirmont. Un geste pour remercier celles et ceux qui, en créant leur compte sur epagine.fr, ont choisi de soutenir une entreprise au service de la librairie indépendante francophone. Cet ebook au format ePub est désormais en ligne. Il est téléchargeable gratuitement sur ePagine mais également sur l’ensemble des sites des libraires partenaires (liste à jour ici) et peut être lu sur différents supports (ordinateur, smartphone, liseuse, tablette).

L’équipe ePagine continuera à offrir de nouvelles publications numériques à tous ses abonnés dès la rentrée (les textes seront ensuite mis en ligne). Pour recevoir ces ebooks en avant-première, il suffit juste de s’inscrire sur le site et de ne pas oublier de cocher la case (obligation légale) : « Je souhaite m’inscrire à la newsletter et recevoir des ebooks en exclusivité ».

Parce qu’offrir une lecture dans de bonnes conditions est essentiel pour qui souhaite partager les textes qu’il aime, cette édition des Dimanches de Jean Dézert a fait l’objet d’une attention particulière (recherches bibliographiques et typographiques, mise en page, création de l’ePub, du visuel de couverture, corrections,…) de la part de tout le service e-fabrication que dirige Sébastien Cretin. Cette première publication numérique de l’équipe ePagine lui doit beaucoup ainsi qu’à Karen Etourneau, Damien Desroches et Xavier Mottez (merci spécial à ce bibliophile averti). Outre une biobibliographie, cette édition contient en postface une lecture de Patrice Delbourg (merci à Karen et au Castor Astral). J’ai, pour ma part, signé une courte préface à ce roman que j’aime faire lire depuis plusieurs années maintenant. Je publie ci-dessous la version (un peu plus) longue. N’hésitez pas à lire ce texte et à le partager !

ChG


 

JEAN DÉZERT OU LA « SINGULIÈRE BANALITÉ »

Jean de la Ville de Mirmont est mort au front en 1914 à quelques jours de son vingt-huitième anniversaire. S’il n’a publié de son vivant qu’un court roman, Les Dimanches de Jean Dézert, il laisse derrière lui plusieurs recueils de poésie (dont L’Horizon chimérique mis en musique par Fauré), des Contes et des dizaines de lettres à sa famille et à ses amis qui sont essentielles pour découvrir (et comprendre peut-être) la personnalité complexe de ce bordelais né en 1886, fils rebelle d’un universitaire et ami de Mauriac. Peut-être parce qu’il n’a pas cherché à « faire carrière » en littérature, Jean de la Ville est aujourd’hui beaucoup moins connu que Louis Pergaud, Alain-Fournier ou Charles Péguy. Et pourtant, pour tous ceux qui l’ont lu, son Jean Dézert figure parmi les romans les plus étonnants du début du XXe siècle, et plus généralement, parmi ces intemporels qui, depuis qu’il a été remis au goût du jour par Bernard Grasset en 1929 et redécouvert par Michel Suffran dans les années 60, passent régulièrement de bouche à oreille et de main en main.

Déniché dans les années 90 alors que j’étais libraire aux Sandales d’Empédocle à Besançon, je n’ai eu de cesse de conseiller ce roman qui m’a souvent rappelé la douce ironie et la politesse du désespoir d’un Emmanuel Bove, notamment lorsque celui-ci portraiture les employés de bureaux et tous ceux qui se fondent dans la masse, ou encore le Bartleby de Melville. Son écriture simple, voire minimaliste, son lyrisme discret, son regard distancié qui, par un effet de bascule imprévu, l’amène à décentrer la phrase, ses pas de côté et ses mises en abîme, les monomanies de ses personnages et leur singulière banalité (si je peux me permettre cet oxymore) m’ont également souvent fait penser aux textes de Robert Pinget ainsi qu’aux tout premiers romans de Jean-Philippe Toussaint.

Jean Dézert est un jeune homme solitaire, sans épaisseur ni fantaisie, un passant, une ombre dans la foule. Ni triste ni gai, on ne le voit jamais vraiment plombé ni euphorique (et lorsqu’il le deviendra, il lui en coûtera). Jean Dézert a toutefois une passion dérisoire dans sa vie ordonnée : attendre le dimanche et, en suivant scrupuleusement les prospectus publicitaires amassés la semaine, errer dans Paris. C’est ainsi qu’il fera la rencontre de drôles de personnages, dont une fantasque jeune fille… mais on n’en dira pas plus.

Ce roman est aussi une sorte de photographie du Paris de la Belle Époque qu’on traverse dans tous les sens, à pied ou en métro, en tramway à vapeur ou en train électrique – de la rue du Bac à Saint-Michel en passant par la rue Monge, la rue du Faubourg-Montmartre, la rue de Vaugirard, le boulevard Sébastopol ou encore la rue de la Gaîté. On ira aussi faire un tour du côté de la barrière du Trône, dans les catacombes, au musée Grévin, sur le Pont-Royal, dans la colonne de la Bastille et on sortira même une fois de Paris.

Je vous laisse maintenant entrer dans la chambre au plafond bas de la rue du Bac et rejoindre la communauté des « dézerteurs » !

29 juillet 2012

trois titres de W. Wilkie Collins en numérique (Phébus)

William Wilkie Collins, le grand maître du roman policier anglais et du roman à sensations (l’inventeur du thriller dit-on), proche de Dickens, arrive en numérique. Trois titres figurent désormais au catalogue. Si Profondeurs glacées était entré en février dernier, cette fois ce sont Histoires regrettables et Mari et femme qui pourront être lus sur liseuse, tablette, ordinateur, smartphone. On doit cette initiative aux éditions Phébus qui ont fait traduire et publient depuis plusieurs années maintenant ce grand auteur anglais du XIXe. Pour saluer celui qui, selon Henry James, « a introduit dans l’espace romanesque les plus mystérieux des mystères : ceux qui se cachent derrière nos propres portes », je vous propose de lire un extrait ci-dessous issu de Histoires regrettables, un recueil de huit nouvelles très noires et parfois effrayantes. La première nouvelle s’intitule Qui a tué Zebedee ? On lira infra le premier chapitre de cette nouvelle-là.

Tous les ebooks des éditions Phébus (entre 7.49 € et 16.99 €) et de leur collection Libretto (entre 7.99 € et 14.99 €) sont proposés sans DRM avec un tatouage numérique. Ils sont consultables et téléchargeables depuis le site ePagine et chez tous les libraires partenaires (liste à jour ici). Pour un grand nombre de titres, un extrait peut également être téléchargé gratuitement. C’est le cas des trois W. Wilkie Collins.

ChG

 

QUI A TUÉ ZEBEDEE ?

Un mot en préambule sur ma personne.

Un soir, avant de le laisser partir, je demandai à mon docteur combien de temps il me donnait à vivre. Voici ce qu’il me répondit :
– Allez savoir. Il se peut que vous passiez avant ma visite de demain tantôt, tout comme il se peut que vous teniez jusqu’à la fin du mois.
J’eus encore suffisamment de vie en moi, le lendemain matin, pour me soucier de mon âme et (étant catholique) faire quérir un prêtre.
La litanie de mes péchés comportait un manquement coupable au devoir que me prescrivaient les lois de mon pays. Selon le père curé – et j’en convins avec lui –, il me fallait confesser publiquement cette faute, accomplissant ainsi un acte de contrition digne d’un Anglais comme d’un fidèle de la Sainte Église romaine. Il fut décidé que nous nous partagerions la tâche : j’allais raconter la chose et le saint homme la coucherait par écrit.
Voici ce que cela donna.

I

J’entrai à l’âge de vingt-cinq ans dans la police de Londres. Après avoir connu pendant près de deux années le train-train d’un service aussi astreignant qu’ingrat, je fus enfin chargé de ma première enquête vraiment importante, savoir une affaire d’homicide.
J’étais à l’époque en poste dans un commissariat du district nord – sur lequel on me dispensera de donner plus de détails. Cela se passait un lundi que j’étais de permanence de nuit. Jusqu’à quatre heures du matin, rien de notable à signaler. On était au printemps et, entre l’éclairage au gaz et le poêle à charbon, il commençait de faire un peu chaud dans notre local. J’allai sur le pas de la porte afin de prendre une bouffée d’air frais, ce qui ne laissa pas d’étonner l’inspecteur de service, homme frileux de tempérament. Il bruinait, et la désagréable humidité qui régnait dehors me ramena bien vite au coin du feu. Il n’y avait pas une minute que j’étais rassis que la porte s’ouvrit à la volée. Une femme s’encadra sur le seuil, l’air fort agitée, qui demanda :
– C’est bien le commissariat ?
Notre inspecteur (par ailleurs fonctionnaire de premier ordre) possédait, par quelque facétie de la nature, une humeur bouillante sous une constitution frileuse.
– Pardi, ma bonne, lâcha-t-il, est-ce que cela ne se voit pas ? Qu’est-ce qui vous arrive ?
– Il m’arrive qu’il y a eu un meurtre ! cria-t-elle. Pour l’amour du ciel, courez-y. C’est au 14, Lehigh Street, à la pension de Mrs Crosscapel. C’est une jeune dame qui vient d’assassiner son mari ! D’un coup de couteau. Elle croit avoir fait ça pendant qu’elle dormait.
J’avoue que je ne savais que penser ; et le sergent de permanence avec nous paraissait tout aussi interdit. En dépit de sa mine décomposée et malgré qu’elle se fût habillée à la diable après avoir sauté du lit, cette jeune femme était fort jolie. J’avais un faible en ce temps-là pour les silhouettes élancées, et cette personne était, comme on dit, tout à fait mon genre. Je lui avançai une chaise. Le sergent attisa le feu. Quant à l’inspecteur, qui ne se démontait jamais, il se mit à l’interroger tout aussi tranquillement que s’il s’était agi d’une banale affaire de vol à la tire.
– Vous avez vu la victime ? demanda-t-il.
– Non, monsieur.
– Et la femme ?
– Non. Je n’ai pas osé entrer dans la chambre ; mais on m’a tout raconté.
– Ah oui ? Et qui êtes-vous ? Une des pensionnaires ?
– Non, monsieur. Je suis la cuisinière.
– Et il n’y a pas de directeur dans cet établissement ?
– Si, monsieur. Mais il a aussitôt perdu tous ses moyens. Et la femme de chambre est partie chercher le docteur. Forcément, ça retombe toujours sur les employés. Ah ! pourquoi a-t-il fallu que je mette les pieds dans cette maison ?
La malheureuse éclata en sanglots et se mit à frissonner de la tête aux pieds. L’inspecteur prit sa déposition par écrit, puis il lui demanda de la lire et de signer. Ce petit cérémonial visait à lui permettre d’approcher suffisamment la jeune femme pour humer son haleine.
– Quand quelqu’un fait des déclarations extravagantes, me dit-il par la suite, on se simplifie parfois la vie en vérifiant qu’il n’est pas pris de boisson. On tombe aussi parfois sur des fous, mais c’est rare. Pour ceux-là, cela se voit le plus souvent à leur regard.
Elle sortit de sa torpeur et signa son nom : Priscilla Thurlby. Grâce à son petit test, l’inspecteur s’assura qu’elle n’avait pas bu. Et il vit (du moins le supposai-je) dans les yeux bleu pâle de Miss Thurlby – sûrement aimables et tendres lorsqu’ils n’étaient pas écarquillés d’effroi ni rougis par les larmes – qu’elle n’était point folle.
Il me chargea des premières constatations. Je voyais bien qu’il ne prenait toujours pas l’affaire au sérieux.
– Vous allez la raccompagner, me dit-il. Il peut s’agir d’un canular stupide ou d’une scène de ménage un peu violente. Jetez-y un œil et voyez ce que dit le médecin. Si c’est du sérieux, faites-le-moi savoir sans retard et ne laissez personne pénétrer dans les lieux ni quitter l’immeuble. Pas si vite !… Vous vous rappelez la procédure en cas de déclaration spontanée ?
– Oui, monsieur. Je dois avertir le témoin que tout ce qu’il dira sera consigné et pourra être retenu contre lui.
– Tout juste. Vous finirez dans la peau d’un inspecteur. À vous revoir, mademoiselle !
C’est sur ces mots qu’il la congédia et l’abandonna à mes bons soins.
Lehigh Street n’était guère qu’à une vingtaine de minutes à pied du poste. À mon sens, l’inspecteur s’était montré un peu dur avec Priscilla. Elle-même était à juste titre fâchée contre lui.
– Qu’est-ce qu’il entendait par « canular » ? demanda-t-elle. Je voudrais bien le voir, lui, s’il avait eu une frousse pareille. C’est le premier emploi que je prends, monsieur, et je pensais avoir trouvé une maison respectable.
Je ne lui parlai que fort peu, me sentant à dire le vrai passablement anxieux devant la mission qui m’était confiée. Nous fûmes bientôt arrivés. Juste comme j’allais toquer, la porte s’ouvrit de l’intérieur. Un homme sortit sur le seuil, qui se révéla être le médecin. Il s’immobilisa en me voyant.
– C’est du sérieux, me dit-il sitôt qu’il m’eut identifié. La victime gît sur le dos, dans son lit. L’arme qui l’a tuée, un couteau, était restée en place.
En entendant cela, je vis la nécessité de prévenir incontinent le commissariat. Il me fallait un messager digne de confiance : je pris la liberté de demander au médecin s’il voulait bien aller répéter à mon chef ce qu’il venait de me dire. Cela ne l’obligeait pas à un grand détour pour rentrer chez lui ; il eut la bonté d’accepter.
La propriétaire (Mrs Crosscapel) était apparue sur ces entrefaites. Cette dame, encore jeune, était apparemment peu impressionnable si l’on considérait qu’un meurtre venait d’être commis dans son établissement. Son mari se tenait derrière elle dans le couloir. Il semblait en âge d’être son père et il était agité de tels tremblements qu’on aurait pu être tenté de le suspecter. Quand nous fûmes entrés, je refermai la porte, actionnai la serrure et empochai la clé.
– Nul n’entre ni ne sort jusqu’à l’arrivée de l’inspecteur, dis-je à l’adresse de Mrs Crosscapel. Je vais faire le tour du propriétaire, histoire de voir s’il y a eu effraction.
– Voici la clé de la courette en sous-sol, me répondit-elle. Le portillon en est toujours fermé.
 ”

© Histoires regrettables de W. Wilkie Collins, recueil de nouvelles traduites de l’anglais par Éric Chédaille.

27 juillet 2012

Shangrila de Malcolm Knox, éd. Asphalte

C’est certain qu’avec Shangrila, on a là (on le devine immédiatement) une voix incroyable, une écriture, une langue et une structure narrative maîtrisées. Mais ce que je voudrais saluer aujourd’hui, ce qui reste de ma lecture de Shangrila est avant tout le prodigieux travail de traduction de Patricia Barbe-Girault. Il fallait le faire et elle l’a fait. Parvenir à se mettre dans la peau d’un surfer quasi sexagénaire vivant chez sa mère (octogénaire), un type fragile, schizo, parano, blessé, tantôt mutique (voire autiste) tantôt pris de logorrhées verbales, un type, donc, dont les phrases sont hachées, tordues, parfois arrêtées en pleine course, incompréhensibles aussi, un type, je disais, qui use d’une langue plus qu’orale, argotique, agrémentée de mots et locutions empruntés à la communauté des surfers…, faire que tout ça tienne en français, chapeau ! Autre chose aussi qui m’impressionne (chose qu’on retrouvera dans la version originale), c’est cette capacité qu’a l’auteur de nous emmener dans un univers qui (je ne suis pas le seul) ne me disait rien (et même, pour dire vrai, rien du tout). Je ne connais pas le surf, son monde, ses us et coutumes, ses codes, sa gestuelle, ses expressions, son histoire, ses champions : nada ! Et dans Shangrila il est question de ça, on ne va pas le nier, mais (preuve de son talent) on s’en moque. On comprend très vite que ce qui se trame est ailleurs. Et comme dans tout bon bouquin, l’histoire devient un prétexte, et nous lecteurs, on va très vite transposer, calquer, importer nos images, notre histoire, notre vision du monde. Et comme à chaque expérience : ça prend ou ça prend pas. Là, pour moi ça a pris. Le surf, en exagérant, on pourrait presque l’oublier si on voulait. Ce serait se couper de drôles de zigotos quand même ! Mais derrière ce portrait, quand on gratte jusqu’à l’os, on y trouve un tableau des plus saisissants sur les années 60, 70 et 80 (vues depuis l’Australie), on dépiaute les névroses d’un grand champion oublié…, d’un égocentrique doué pour gagner et pour s’annuler, d’un homme qui serait le négatif du poète chez Pessoa (« Je ne suis rien. Je ne serai jamais rien. Je ne peux rien vouloir être. À part ça, je porte en moi tous les rêves du monde »). Oui, ce génial excessif a été quelqu’un pour les autres, oui, ce gamin pauvre portait tous les rêves du monde sur ses vagues mais il n’est plus rien, il n’a plus rien. L’histoire (si vous lisez) dira d’ailleurs (et dans le désordre forcément) comment ont évolué ses sensations, impressions, fêlures. Car une journaliste s’approche (la FBO dans le texte) et elle va tenter d’en savoir plus sur cet homme qui (on ne l’a pas dit) se prénomme Dennis Keith mais se fait appeler DK et sur ce qui le liait (ou pas) à son frère.

L’extrait que j’ai choisi de reproduire aujourd’hui dresse le portrait (il y en a d’autres dans le roman) de la mère de DK. J’ai failli oublié de vous dire qu’il y a une playlist à la fin du livre – avec la tablette de lecture il n’y a aucun problème, avec le livre papier c’est plus problématique. Vous pouvez néanmoins visiter cette page de la maison d’édition qui propose d’écouter les musiques entre autres bonus.

Shangrila de Malcolm Knox est traduit (je le rappelle parce qu’ici c’est essentiel) par Patricia Barbe-Girault. Il est publié aux Editions Asphalte (je vous conseille d’aller jeter un œil à leur catalogue de littérature urbaine, étrangère et policière). Ce texte est disponible dans sa version imprimée et en numérique (9.99 € sans DRM). Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la fiche descriptive sur le site ePagine ou sur l’un des sites des libraires partenaires (liste à jour ici). Surfez bien (au moins sur le web) !

ChG

M’man boit nada

M’MAN c’est une grande vieille dame, vraiment grande et vraiment vieille, tous les jours des robes d’intérieur à fleurs en coton qui gonflent comme un orage/comme un nuage/comme un nuage a-to-mique autour de ses jambes-cannes encore jolies et fines et pas une veine apparente, elle les montre ses jambes, comme celles de Rod, des jambes de grande perche qu’aurait fait du surf…
Elle a tout un tas de robes différentes et elles sont toutes pareilles. Robes d’intérieur à fleurs bleu pâle, rose pâle, vert pâle, jaune pâle, gris pâle, bleu pâle, rose pâle, vert pâle, jaune pâle.
M’man a toujours été cette grande fleur prête à m’incorporer, à m’accueillir à bras ouverts, elle m’appelait sa p’tite abeille cachée dans ses pétales. Mais avant d’être grande elle avait dû être petiote, et ouais par contre elle aime pas en parler, traîne-misère c’est le mot qu’elle sort à chaque fois, je sais pas ce que ça veut dire mais je sais ce que ça veut dire, traîne-misère, sa vie, sixième sur douze, p’tite ville de province mais dans une de ces rues de p’tite ville de province comme une rue de banlieue de grande ville, remplie de maisons cul-à-cul : grillage, allée en béton lézardé, garage en agglo, faux gazon, revêtement en agglo, sols en lino, murs en agglo, couvre-lits en éponge, pue l’humidité et la naphtaline.
Grillage, béton lézardé, agglo, faux gazon, agglo, lino, agglo, éponge, humidité et naphtaline.
Ils étaient catholiques ses parents et, carrément des assoiffés, son père faisait le chauffeur sa mère l’utérus. L’utérus zombie sur pattes, qu’elle l’appelle, M’man. Leurs gosses, tout ce qu’ils faisaient, c’était becqueter et brailler. M’man a grandi bien obligée de se battre contre onze autres clapets. Les parents trop assoiffés pour intervenir et dire un truc. M’man a grandi vite ou alors lentement, c’est dur à dire d’après elle.
Grillage, béton lézardé, agglo, faux gazon, agglo, lino, agglo, éponge, humidité et naphtaline.
Ils bataillaient pour tout, manger s’habiller, y’avait toujours quelqu’un pour se bagarrer avec toi et quelqu’un pour être copain avec toi mais c’était jamais les mêmes à ce qu’elle dit, la bande des douze mais pas une équipe du tout, chacun pour sa pomme, et maman et papa trop assoiffés pour parler, et hop barrés aux courses le samedi et retour à la maison bourrés comme des coings, et ils remettent encore ça. Ça les assoiffait vraiment d’être parents, les parents de M’man.
Le truc incroyable d’après elle, c’est que sa mère et son père s’aimaient vraiment et qu’ils adoraient passer du temps ensemble : en gros ils se préféraient à leurs douze gosses. À se demander pourquoi ils avaient fait des mioches, elle disait. Ils vivaient une véritable idylle. Quand ils se barraient en vadrouille, c’était toujours ensemble, et ils laissaient les rejetons plus âgés s’occuper des autres. Batailler encore et encore et se monter les uns contre les autres et se planter des couteaux dans le dos et aller raconter des salades, c’était pas beau à voir et c’était violent, M’man elle dit toujours, pas beau et violent, elle dit en secouant la tête, plus le moment d’entrer dans les détails, plus maintenant que ça fait si longtemps, même quand ça faisait pas si longtemps que ça
ouais, pas beau et violent.
Grillage, béton lézardé, agglo, faux gazon, agglo, lino, agglo, éponge, humidité et naphtaline.
Ils l’élèvent pour qu’elle sache que dalle à rien sauf se battre pour survivre un jour de plus, avoir quelque chose dans le ventre et un coin pour dormir. Elle avait une sœur qu’aimait pas la purée, elle la collait discretos sous la table quand personne zieutait. Une fois le repas fini M’man revient discretos aussi dans la cuisine, se glisse sous la table et détache les patates séchées dures comme de l’argile. Des chips, ouais ! Vie pas facile, hein.
En tout cas, elle savait nada sur les garçons et ce que les garçons font avec les filles, et pourtant elle avait quatre frères, mais quatre frères ça voulait dire sept sœurs, et quand y’a sept sœurs c’est les filles qui commandent, et les frères c’est pas des garçons c’est juste des p’tites terreurs et des bagarreurs pas pire pas mieux que des rats. Pas des garçons.
Alors elle savait pas ce que les garçons font. Avec les filles. Aux.
Elle veut plus parler. Peut-être que la FBO arrivera à la déchiffrer sur les détails. Le foyer de filles, les bonnes sœurs, la fugue. Tout le reste.
Grillage, béton lézardé, agglo, faux gazon, agglo, lino, agglo, éponge, humidité et naphtaline.
Et les cris. Toujours quelqu’un pour brailler à tue-tête.
Si vous pouviez hurler juste un peu moins fort, M’man avait l’habitude de nous crier, à Rod et moi. On trouvait ça rigolo. Elle était rigolote, notre M’man.
Comment elle avait réussi à rester rigolote, après tout ça ? Tout ce traîne-misère ? Mais c’est vrai, elle l’était resté. Le matin elle aimait bien nous asticoter et nous faire marcher, elle tirait nos couvertures en chantant : Fini la branlette, on met ses chaussettes ! Allez, debout, on sort les mains d’là-d’sous !
Comment elle faisait ça ?
Elle a jamais pris une goutte d’alcool, ça c’est sûr. Ou alors je l’ai jamais vue. Disait qu’elle était allergique.
Elle a jamais fait d’exercice non plus. Disait qu’elle avait un os dans la jambe.
Moi j’ai essayé l’alcool, mais ça me convenait pas non plus. Ça me déconvenait. Je lui déconvenais. On a convenu de se déconvenir, l’alcool et DK, on a gardé nos distances, quoi.
Le truc que M’man disait sur l’alcool : On a convenu de se déconvenir.
Elle est restée rigolote dans tout ce béton lézardé, cet agglo, ce faux gazon. Et l’odeur infecte de viande en conserve qui cuit dans une casserole d’eau bouillante. Comme ça qu’ils savaient que c’était l’heure du dîner.
Enfin en tout cas Rod et moi, elle nous faisait rigoler.
La FBO va me demander de parler de ces rumeurs qu’on arrêtait pas d’entendre, à l’apogée de ma gloire : un enfant trouvé, le DK. Comment il avait vécu sur la plage, dans les rochers hein, jusqu’à ce que M’man le trouve – dur, ouais. Des rumeurs. Comment le vrai père de DK, c’était en fait Duke Kahanamoku (ouais, la ressemblance est frappante si tu mets de côté la couleur de peau et les yeux et les cheveux…) Celle-là c’est Rod lui-même qui l’avait lancée quand il essayait de trouver des sous pour m’envoyer à Hawaï.
Je vais dire à la FBO qu’elle f’rait mieux de demander à M’man, c’est ça qu’il faut dire ouais pour me protéger et protéger M’man, pasque si y’a une personne qui fait plus peur à la FBO que moi, c’est ma M’man, et plus M’man elle est gentille avec cette fille plus la fille elle a super peur de M’man, alors si y’a un sujet que j’ai pas envie d’aborder je vais dire à la FBO : « Ma fille, va falloir que tu demandes à madame Keith, pour ça. »
Pas pire que Ben ouais… mais non !
Mieux, même. Pasqu’elle demandera pas.
 ”

© Shangrila de Malcolm Knox, traduit de l’anglais (Australie) par Patricia Barbe-Girault, Editions Asphalte, 2012

25 juillet 2012

rentrée littéraire 2012 : extraits des éditions Bourgois et Métailié en avant-première

Deux maisons d’édition de littérature francophone et étrangère (et pas des moindres), Christian Bourgois éditeur et Anne-Marie Métailié, proposent à tous les internautes de lire (via un seul fichier à chaque fois) des extraits de leurs nouveautés qui, dès la fin du mois d’août, seront disponibles en papier mais également en numérique. Cette avant-première de la rentrée littéraire 2012 peut d’ores et déjà être téléchargée gratuitement sur ePagine (ou en cliquant sur les images infra) ainsi que sur tous les sites des libraires partenaires.

Du côté de chez Christian Bourgois éditeur, vous retrouverez trois auteurs fidèles du catalogue : Linda Lê (on en a parlé ici), Toni Morrison (prix Nobel de Littérature en 1993) et l’incontournable Enrique Vila-Matas (on avait d’ailleurs reproduit un extrait de Dublinesca ici) ainsi qu’un nouvel auteur : Keith Scribner.

Chez Anne-Marie Métailié, via fictions, polar et essai, vous ferez le tour du monde (Laponie, Suisse, Brésil, Chili, Espagne…), ouvrirez des centaines de portes et des pages parfois douloureuses de l’Histoire moderne et contemporaine en compagnie d’auteurs français et étrangers, reconnus ou à découvrir : Melinda Nadj Abonji, João Almino, Pascal Dibie, Elsa Osario, Hernán Rivera Letelier et Olivier Truc.

Durant l’été, les éditions du Seuil et de l’Olivier devraient également proposer la même chose que les éditions Bourgois et Métailié. Si à ce jour je n’ai rien trouvé, ça ne devrait plus tarder. Surveillez donc bien les nouveautés numériques ces jours prochains.

ChG

 

 

23 juillet 2012

18 Topo-guides numériques de Grande Randonnée

À l’occasion de la sortie de l’édition 2012 de 5 guides de randonnée numériques, autrement appelés e-topos® (Jura, Mont-Blanc, Corse, et 2 segments des sentiers de Saint-Jacques-de-Compostelle), les éditions de la Fédération Française de la randonnée pédestre viennent d’appliquer une baisse de prix de 40% sur les 18 titres actuellement en vente sur ePagine ainsi que sur tous les sites des libraires partenaires. L’ensemble du catalogue est ainsi passé ces derniers jours de 10,99 € à 6,99 € et cette offre s’étend jusqu’au dimanche 5 août 2012. Parmi les dernières mises à jour, ce sont surtout les adresses qui ont été actualisées sauf pour La grande traversée du Jura qui est une nouveauté. Le guide de randonnée sur la Corse est toujours la 2ème meilleure vente de ce catalogue numérique, la 1ère étant le guide sur l’Île de la Réunion, un ouvrage actuellement indisponible en version papier. Tous ces titres sont téléchargeables au format ePub et peuvent être lus sur ordinateur, smartphone, liseuse ou tablette. Ils sont par ailleurs commercialisés sans DRM.

 

La grande traversée du Jura à pied
Du nord (Mandeure) au sud (Culoz), la GTJ traverse des paysages aux reliefs tourmentés: les gorges du Doubs franco-suisse, le val de Morteau, les forêts de la Haute Joux et du Massacre, les monts du Jura, jusqu’au Crêt de la Neige. Le circuit sera l’occasion pour le randonneur d’observer une diversité d’espèces sauvages et de goûter à la gastronomie locale.

 

L’Île de la Réunion
Terre de contraste et d’harmonie, la Réunion vous apparaît comme un cône de verdure planté au milieu d’un océan de bleu. Cette montagne tropicale porte en son sein le plus beau et le plus vaste réseau de sentiers pédestres de la région et le point culminant de l’océan Indien. Aux attraits d’un relief aux lignes déchiquetées, s’ajoute un patrimoine paysager et floristique exceptionnel qui fait de l’île le paradis des randonneurs. Trois sentiers GR® se distinguent dans la longue liste des balades possibles : Le Tour du Piton des Neiges (3 069 m, plus haut sommet) ; La Grande Traversée de l’île, qui vous emmenera de St-Denis au nord à St-Philippe au sud, et enfin le Tour du cirque de Mafate. Aride et difficilement accessible, il forme comme un archipel intérieur et offre des panoramas magiques. Trois circuits linéaires d’une journée permettent enfin des accès à la Roche Ecrite, au Piton des neiges et au Piton de la Fournaise.

 

À travers la montagne corse Parc naturel régional de Corse
Des grandes plages de Balagne aux eaux bleues du Valinco, depuis Calenzana (nord-ouest) jusqu’à Conca (sud-est), le GR® 20 épouse le relief montagneux de la Corse et offre au randonneur averti un voyage initiatique au coeur d’une île à la beauté sauvage. La nature préservée du Parc naturel régional de Corse y conjugue savamment paysages et parfums que l’on ne rencontre nulle part ailleurs. Ce circuit est considéré par beaucoup comme le plus beau mais aussi le plus difficile en France. Un must ! Au programme de ce topo-guide, le tracé du GR® 20 à parcourir en entier soit 200 km en 15 jours. Compte tenu de la longueur totale et des dénivelés importants, le sentier peut être fractionné en deux parties. Pour les randonneurs qui souhaitent parcourir l’itinéraire dans le sens Sud-Nord, les temps de marche ont également été mentionnés.

 

Tour du Cotentin
De La Hague, battue des vents au Mont-Saint-Michel où survit l’âme de l’Occident médiéval, du souriant val de Saire à Utah Beach, ce « Finistère Normand » recèle dans le moindre de ses hameaux la demeure moussue, la poétique petite église, le manoir séculaire. Au long d’un ruban de littoral qui va d’Isigny au Couesnon, la côte est tantôt faite d’une étendue sans fin de dunes et de plages mouillées, tantôt d’un découpage granitique aux traits accusés et plus sévères. Plus de 25 jours de randonnée.

 

Traversée du Mercantour Vallée des Merveilles
Du col de Tende vers Colmars ou Grasse, les GR® 52 et 52A cheminent en lisière du Parc national du Mercantour et passent en revue l’enfilade de sommets qui composent le massif le plus méridional des Alpes. Ne nécessitant pas l’intensité physique de la randonnée en haute-montagne, ce sentier conduit le marcheur à la découverte du Haut-Pays, chaleureux et méconnu : Tende et La Brigue, fiefs de la famille des Lascaris, Saorge, village monumental, Colmars et ses fortifications. Ce chemin donne enfin le clair sentiment d’évoluer dans un espace préservé mais fragile, qui a vu les retours récents du loup ou du gypaète barbu. Ce topo-guide décrit également le dernier tronçon du sentier transnational GR® 5 qui couvre plus de 1 500 km depuis les Pays-Bas. Parcourir ce sentier au départ de Larche, c’est passer en quelques heures des cimes de l’Argentera-Mercantour, terrain de jeux des chamois et des bouquetins, aux olivaies des collines niçoises ou encore aux luxuriants jardins tropicaux de menton. Le tout avec le bleu profond de la méditerranée pour horizon.

 

Sentier vers Saint-Jacques-de-Compostelle : Le Puy – Figeac
Des quatre Voies Jacquaires, cette « Route du Puy » est sans doute la mieux connue. Elle est aussi la première à avoir été classée sentier GR®, ceci au plus près de la réalité historique. C’est aussi la plus attachante à parcourir, par la beauté sauvage de certains de ses tronçons et la majesté des grands monuments de foi qui la jalonnent. L’itinéraire traverse tout d’abord le Velay, la Margeride et l’Aubrac. Cette succession de petits massifs montagneux est en fait l’émergence de véritables petits pays aux identités propres, qui s’égrènent jusqu’aux confins du Rouergue. Le Velay présente une ligne de crêtes volcaniques. La Margeride, elle, offre le visage d’une lande mystérieuse, jonchée de granit. Enfin, les prairies naturelles de l’Aubrac, ses petits lacs et ruisseaux, sa vie pastorale traditionnelle finiront d’emporter l’enthousiasme du randonneur.

 

Sentier vers Saint-Jacques-de-Compostelle : Figeac – Moissac
Le randonneur traverse tout d’abord le haut Quercy, qui se compose en grande partie de causses : vastes étendues calcaires et dénudées où quelques maigres chaînes verts le disputent à la rocaille et aux champs de lavande. La verte vallée du Lot, que longent les GR® 651 et 652, déroule son ruban sombre en paresseux méandres couronnés de peupliers. Sur le GR® 65, le paysage change à partir de Lalbenque. Le Quercy blanc exhale des effluves méditerranéennes. Les pentes se couvrent de vignes et de vergers, ou, vers l’Agenais de champs de céréales.

 

Sentier vers Saint-Jacques-de-Compostelle : Moissac-Roncevaux
Le dernier tronçon de la via Podiensis, qui traverse d’est en ouest la grande Gascogne, offre au randonneur une véritable mosaïque de couleurs et de territoires. Après Moissac, voici la verte Lomagne, pays de l’ail blanc et des églises romanes. Vient ensuite le Gers, aux collines asymétriques qui alternent joliment les carrés de vigne, de tournesols ou de maïs. Il est tentant de s’arrêter fréquemment lors de cette étape gersoise. À Lectoure, Eauze et Condom par exemple où sont produits les plus grands armagnacs. Passé Nogaro, la transition avec les Landes se devine à peine. Doucement, le chemin semble se fondre dans la forêt, d’abord constituée de chênes noirs et de châtaigniers puis de pins maritimes. Enfin, voici le Béarn et le Pays Basque, points de convergence de toutes les voies jacquaires venues du Nord et de l’Est. Les Pyrénées ne sont plus loin, l’ascension vers Roncevaux commençant au sortir de St-Jean-Pied-de-Port.

 

Tour du Mont-Blanc
Quel randonneur ne rêve pas d’accrocher à son palmarès ce célèbre sentier européen (France-Italie-Suisse) balisé il y a plus de 50 ans ? Le plus haut sommet des Alpes résonne encore des exploits des premiers alpinistes (1786) et guides de Chamonix. La réalisation de cette boucle et de ses variantes présente plusieurs intérêts : Le TMB c’est d’abord une randonnée-type de moyenne montagne, à la portée de tout randonneur un peu entraîné. Un sentier qui procure le plaisir d’emprunter quelques passages pentus et escarpés ouvrant sur de magnifiques panoramas. Le TMB offre aussi l’opportunité de découvrir «l’Espace Mont-Blanc», initié au début des années 90 par les 3 pays frontaliers. Un espace naturel exceptionnel qu’ils s’attachent à protéger mais également un milieu vivant et évolutif dont les habitants et les modes de vie constituent la première richesse.

 

Tour de l’Oisans et des Écrins
L’appellation « Oisans » désignait la Romanche et le Vénéon. L’usage s’est étendu aux pays de Guisane, Vallouise, Champsaur, Valgaudemar, Valjouffrey et Valsenestre. Le Parc national des Ecrins, à cheval sur l’Isère et les Hautes-Alpes, veille sur ces terres d’accueil exceptionnelles pour le bouquetin maintenant réinstallé et pour toute la faune et la flore alpines si jalousement conservées. Ce sont les hautes terres d’une confrontation ancestrale de l’homme avec la montagne lisible dans tous les paysages des Écrins. Les randonneurs sportifs mettront entre 11 et 13 jours pour effectuer le grand tour en suivant le GR® 54. Plusieurs variantes (GR® 54A, GR® 54B et GR® 54C) permettent de bâtir des parcours moins exigeants sur 2 ou 3 jours. Enfin, le GR® 541 qui relie le Pas de la Cavale à Saint-Crépin et sert de raccordement avec le Tour du Queyras, permet de découvrir la riante vallée de Fressinières et ses alpages.

 

Tours et traversées du Vercors, du Diois et des Baronnies
Fier vaisseau calcaire dominant Grenoble et la vallée de l’Isère, le Vercors inspire le respect par des paysages superbes d’accès difficile et une histoire aussi tragique qu’héroïque. Coincés entre le Vercors et le Mont Ventoux, au nord de Carpentras, le Diois et les Baronnies présentent un visage plus méridional. Ici, point de grand massif uniforme, mais de vraies cimes aux pentes raides et d’étroits plateaux maigrement boisés. Le randonneur sera séduit par ces crêtes multiples formées par l’érosion, par l’odeur du lavandin et l’arôme de la Clairette. Outre les principaux itinéraires, GR® 9 et GR® 91, cet ouvrage propose plusieurs GR® de Pays en boucle qui permettent de partir pour 3 ou 4 jours de randonnée : « Tour des 4 montagnes », « Tour des Coulmes »… De Grenoble à Nyons, des plateaux du Vercors aux champs de lavande du Diois. Plus de 60 jours de randonnée !

 

Volcan du Cantal – Pays de Saint-Flour et de Ruynes en-Margeride
Avec un diamètre d’environ 70 km, le massif cantalien est l’un des plus importants d’Europe. Pics, monts et planèzes ont pris la place de l’énorme volcan des origines. Lentement érodée, cette région montagneuse est devenue un immense pâturage d’altitude qui se couvre de fleurs au printemps : ancolies, lis, digitales, gentianes. Plus à l’Est, perchée sur son promontoire de basalte, St-Flour garde au travers de son évêché et se sa cathédrale le souvenir jaloux de sa prospérité passée. Elle est la porte qui permet d’accéder aux sommets aplanis et parsemés de blocs de granit de la Margeride (boucle à parcourir en 6 jours), aux gorges de la Truyère (boucle à parcourir en 5 jours) et au plateau basaltique de la Planèze (boucle à parcourir en 4 jours). L’édition 2011 intègre l’itinéraire Saint-Flour – Égliseneuve-d’Entraigues sur le GR® 4.

 

Tours dans la montagne du Haut-Languedoc
Au cœur du Parc naturel régional du Haut-Languedoc et, comme lui, à cheval sur deux départements, l’Hérault et le Tarn, la Montagne du Haut-Languedoc est située sur la ligne de partage des eaux entre Méditerranée et océan Atlantique. A ce titre, elle bénéficie d’un climat relativement humide qui en fait à la fois le château d’eau et le poumon vert des plaines et vallées voisines. Or des fleurs de genêts en fin de printemps, rose carminé des bruyères l’été, vert profond des forêts, quelle que soit la saison, la Montagne haut-languedocienne vous comblera de ses charmes le long des sentiers serpentant à travers les massifs du Caroux et de l’Espinousse ou au cœur des vallées de l’Agout et de l’Arn. Le patrimoine local est précieux et ne manquera pas de vous étonner : statues-menhirs remontant au quatrième millénaire avant Jésus Christ, églises et chapelles témoins, croix jalonnant les chemins… Enfin, vos haltes seront l’occasion de profiter de deux autres richesses locales, loin d’être anecdotiques : la gastronomie avec des festins de truites, d’écrevisses, de gibier, de charcuterie et de champignons et le contact avec des habitants hauts en couleurs qui savent faire partager l’amour de leur pays.

 

Pyrénées occidentales – Pays basque / Béarn
260 km sur le GR® 10, en laissant dans son dos l’océan Atlantique. D’Hendaye à Arrens, par le Pays basque, le Béarn et une partie de la Bigorre, le randonneur grimpe progressivement vers la Hourquette d’Arre et ses 2 465 m. Un rêve très pyrénéen pour parcourir les villages basques aux façades blanches et rouges et des vallées verdoyantes où le berger veille sur son troupeau. Une émotion toute montagnarde pour suivre les cols béarnais et bigourdans, en dominant les toits d’ardoise et les lacs profonds. L’entrée dans le Parc national des Pyrénées s’effectue au Pic d’Anie, sous la surveillance discrète de l’isard et du vautour fauve.

 

Pyrénées Orientales et tours du Capcir, du Carlit et de Cerdagne
Entre les hauts sommets du Carlit à près de 3000 mètres d’altitude, la chaîne frontière et le massif mythique du Canigou, entre la mer et les contreforts du Fenouillèdes et des Corbières, les Pyrénées-Orientales méritent à juste titre de figurer parmi les plus beaux stades de randonnée. Pays chargé d’histoire et de culture, où se côtoient tous les reliefs, tous les climats, tous les étages de végétation, il offrira à ceux qui sauront cheminer sur ses sentiers la richesse de son patrimoine naturel et la splendeur de ses paysages et de ses couleurs. Cette dernière tranche du GR®10, mènera le marcheur de Mérens à Banyuls en une douzaine de jours. L’intérêt de l’ouvrage réside également dans la présence de trois boucles (à parcourir en 3 à 4 jours) qui décrivent le Capcir méconnu, la Cerdagne aux accents espagnols ou encore le Tour du Carlit, l’un des plus hauts sommets de la région avec ses 2921 mètres.

 

Côte de Granit Rose – Trégor morlaisien
Au départ de St-Brieuc, vers Lannion, Morlaix puis Roscoff, le randonneur longe l’Armor, « pays du bord de mer ». Ici, les assauts répétés de marées vigoureuses sculptent les blocs de granit, isolent des caps audacieux ou viennent réveiller des fonds d’estuaires assoupis. Rias et anses profondes protègent une multitude de petits ports de pêche (St-Quay, Tréguier, Paimpol…) qui s’animent lorsque s’ouvre la saison des coquilles St-Jacques. Certains itinéraires mènent le randonneur en Argoat. Dans ce « pays des bois », il est environné de landes d’ajonc et de bruyères. Chemins creux et vallons lui font découvrir un pays de traditions, jalonné de fiers manoirs, d’abbayes majestueuses et d’églises encloses. Enfin, les contreforts de Monts d’Arrée lui offrent une vue impressionnante sur l’ensemble de la région. Plus de 25 jours de randonnée.

 

Le Littoral et les îles du Morbihan
Découverte de la partie sud du département du Morbihan avec ses grands sites : Lorient, la ville aux cinq ports, où Colbert avait choisi d’établir la Compagnie des Indes ; Quiberon où la mer atteint le grandiose ; Carnac et Locmariaquer, pays des mégalithes ; Auray et Vannes, deux villes d’art et d’histoire ; le Golfe et ses paysages aux couleurs d’aquarelle, paradis des oiseaux ; Port-Navalo, qui veille sur l’ouverture du golfe vers l’océan ; la presqu’île de Rhuys, terre aux mille secrets. Découverte des îles aussi : Belle-Ile, Groix, Houat et Hoëdic, île aux Moines, île d’Arz. L’air du large arrive par grandes bouffées. Le GR® 34 est complété par 21 circuits PR® en boucle, offrant un vaste choix pour des randonnées en famille ou entre amis. Plus de 40 jours de randonnée. Inclus, le tour de Belle-Ile.

 

Côte d’Émeraude (Les Chemins du Mont-Saint-Michel)
C’est d’abord un pays de bocage où alternent bois, herbages, crêtes, forêts, vallées. On y trouve beaucoup de haies et de talus, surmontés de chênes et de châtaigniers. Leurs hautes silhouettes ponctuent un paysage tout en discrétion. Ensuite apparaît la baie du Mont-Saint-Michel : herbus où paissent les moutons de pré-salé, multitude d’oiseaux de mer, une lumière subtile aux couleurs d’aquarelle, le souvenir des pèlerins d’antan… Le charme de ce lieu opère encore. On s’y laisse prendre également en suivant le sentier des douaniers à la découverte des caps, falaises et pointes. De la pointe du Grouin à St-Brieuc, la côte aux rochers déchiquetés est balayée par les embruns tandis que mouettes et goélands accompagnent le randonneur. Plus de 30 jours de randonnée.

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