Le blog ePagine

Conseils de lecture, entretiens, actualité numérique :

le Livre-Avenir ne se fera pas sans les libraires.

31 mai 2012

Univers Poche lance 12-21, sa marque dédiée aux livres numériques

Univers Poche vient de regrouper ses différentes collections et ses différents éditeurs (Pocket, Pocket Jeunesse, Fleuve Noir, 10/18) sous un label unique, une marque 100 % numérique appelée 12-21. Même si ce changement, techniquement, a eu lieu il y a quelques jours déjà sur les plateformes de vente en ligne, Univers Poche a choisi le 31 mai comme date de lancement officiel de cette nouvelle marque dédiée aux livres numériques.

 

 

Univers Poche est présent sur les plateformes de téléchargements de livres numériques et les sites des libraires en ligne avec qui le groupe a signé un contrat de vente depuis 2010. Aujourd’hui le catalogue comprend un peu plus de 750 titres protégés par la DRM Adobe et vendus entre 0.99 € et 17.99 € (la moyenne se situant autour de 8.50 €). On y trouve de la littérature française et étrangère, beaucoup de romans policiers historiques, des thrillers, de la SF, des romances mais également des sciences humaines, des documents, des ouvrages pratiques et de développement personnel ainsi que des histoires pour la jeunesse. Figurent ici de nombreux auteurs de best-sellers : Giacometti et Ravenne, Maxime Chattam, Franck Thilliez et Karine Giébel (thrillers) ; Claude Izner, S.J. Parris, Anne Perry (romans policiers historiques) et San-Antonio ; du côté de la SF et de la fantasy, David Farland ou encore Darlton et Scheer ; pour la jeunesse, la désormais incontournable Suzanne Collins (Hunger games), Marie-Aude Murail ou Jean-Claude Mourlevat ; quelques auteurs de romances, de comédies et de romans érotiques qui ont la côte, Andréa CamerosGilles Legardinier (auteur jeunesse également), Galatée de Chaussy, Valentine Abé et Andrea Luccella ; des classiques, Louis Pergaud, Confucius, Nietzsche, F. Scott Fitzgerald (en V.O.) et encore des dizaines d’autres. Cliquez ici si vous souhaitez en savoir plus.

Univers Poche souhaitait franchir une nouvelle étape dans son développement vers le numérique, d’où la création de cette marque 100 % numérique qui vient remplacer sur le net le nom des maisons spécialisées dans le Poche : Pocket, 10/18, Fleuve Noir… Avec 12-21 le groupe poursuivra sa mise en valeur de catalogues importants, donnera de la visibilité à des titres qui entament une deuxième, voire une troisième vie, et fera vivre des titres de fonds sur le long terme.

Ainsi 12-21 publiera en numérique l’ensemble des titres des maisons du groupe disponibles dans leur version imprimée mais proposera aussi des livres numériques de titres publiés par des maisons d’édition qui ne font pas partie du groupe (éditions Blanches, éditions La Branche, Berg international…). Il y aura également de plus en plus de textes publiés uniquement au format numérique (essentiellement des textes courts). Dans le catalogue, on en trouve déjà quelques-uns à télécharger à partir de 0.99 €.

Retrouvez dès aujourd’hui cette nouvelle marque sur tous les sites des libraires du réseau ePagine (liste à jour ici).

 

 

29 mai 2012

Sur la route (le rouleau original) de Jack Kerouac en numérique

Sur la route de Walter Salles © MK2 Diffusion

Profitant de la sortie en salle du film de Walter Salles, Sur la route, Gallimard vient de numériser la texte originel, le rouleau original, de Jack Kerouac. Cette édition établie par Howard Cunnell, préfacée par Howard Cunnell lui-même, Penny Vlagopoulos, George Mouratidis et Joshua Kupetz, est traduite de l’américain par Josée Kamoun. La version papier avait paru en 2010, la version numérique est disponible depuis la sortie en salle du film de Walter Salles et elle peut être téléchargée au prix du livre de poche (8.49 €). Ci-dessous un extrait de la préface de Howard Cunnel. Pour aller plus loin,  voici quelques liens :

Sur la route (le rouleau original) de Jack Kerouac en numérique (Folio, Gallimard)
Long Poem in Canuckian Child Patoi Probably Medieval de Jack Kerouac en numérique, République des Lettres
Ballast de Jean-Jacques Bonvin (croisement de vies : Kerouac, Cassady, Ginsberg, Burroughs) en numérique, Éditions Allia (texte chroniqué sur ce blog en février dernier)
• interview de Walter Salles
• sites de Lucien Suel, auteur, éditeur de revues et de livres consacrés aux poètes et écrivains de la Beat Generation, notamment traducteur du Livre des esquisses de Jack Kerouac (La Table Ronde, non dispo en numérique)
• le site DHARMA beat
• le site Kerouac.fr

______________
À TOUTE ALLURE
Quand Kerouac écrivait « Sur la  »
préface de Howard Cunnell

1

« J’ai raconté toute la route à présent », dit Jack Kerouac dans une lettre datée du 22 mai 1951, à New York, et destinée à son ami Neal Cassady, à San Francisco, de l’autre côté du continent. « Suis allé vite, parce que la route va vite. » Il explique que, entre le 2 et le 22 avril, il a écrit un roman complet, de 125 000 mots. « L’histoire c’est toi et moi et la route. » Il l’a écrite sur un rouleau de papier de 40 mètres de long : « Je l’ai fait passer dans la machine à écrire et donc pas de paragraphes… l’ai déroulé sur le plancher et il ressemble à la route. »
Comme tout ce qui concerne l’auteur, la genèse de Sur la route fait l’objet d’une légende. Il est clair que quand j’ai lu le roman, à seize ans, mon ami Alan n’en ignorait rien. Il l’avait lu avant moi et, depuis, il portait un T-shirt blanc avec des Levi’s taille basse, en écoutant George Shearing. Ça se passait dans une ville éclaboussée de soleil, une ville de bord de mer, bleue et blanche, sur la côte sud de l’Angleterre, il y a vingt-cinq ans. Kerouac se dopait à la benzédrine pour écrire Sur la route, si j’en croyais Alan, et il l’avait composé en trois semaines, sur un long rouleau de papier télétype, sans ponctuation. Il s’était mis au clavier, avec du bop à la radio, et il avait craché son texte, plein d’anecdotes prises sur le vif, au mot près ; leur sujet : la route avec Dean, son cinglé de pote, le jazz, l’alcool, les filles, la drogue, la liberté. Je ne savais pas ce que c’était que le bop ou la benzédrine, mais je l’ai découvert, et j’ai acheté des tas de disques de Shearing et de Slim Gaillard. Sur la route, c’était le premier livre que je lisais, le premier même dont j’entendais parler, avec bande son intégrée.
Par la suite, chaque fois que je cherchais d’autres livres de Kerouac, j’avais droit à la même histoire. Sur la couverture de ma vieille édition anglaise de Visions de Cody, il est rappelé que Sur la route a été écrit l’année 1952, « en quelques jours de délire, sur un rouleau de presse ». L’histoire veut que Kerouac prenne son rouleau sous le bras et aille trouver Robert Giroux, éditeur chez Harcourt Brace qui avait travaillé avec lui sur The Town and the City, roman publié au printemps précédent. Kerouac lui déroule le parchemin de sa Route, et Giroux, qui n’y est pas du tout, lui demande comment les imprimeurs vont travailler à partir de ça. Vraie ou pas, l’histoire exprime on ne peut mieux le choc frontal entre l’Amérique « normale » et la nouvelle génération de hipsters underground venue parler du « it », de la « pulse ». Les livres, même imparfaitement normés ou équarris, ne ressemblent pas à ce rouleau. Kerouac récupère son manuscrit, qu’il refuse de réviser, et il reprend la route vers la Californie et le Mexique ; il découvre l’écriture automatique et le bouddhisme, il écrit d’autres romans « à toutes blindes », les consignant l’un après l’autre dans de petits carnets que personne n’ose publier. Des années passent avant que Viking n’achète Sur la route. Le roman publié n’a rien à voir avec le livre échevelé que Kerouac a tapé en 1951, déclare Allen Ginsberg ; un jour, « quand tout le monde sera mort », ajoute-t-il, l’original sera publié en l’état, dans toute sa « folie ».
Dans sa lettre du 22 mai 1951 à Neal Cassady, Kerouac expliquait qu’il était « au travail depuis le 22 avril, soit un mois jour pour jour, à taper et à réviser ». Ses proches savaient d’ailleurs qu’il travaillait au livre depuis 1948, au moins. Cinquante ans après la publication effective du texte, pourtant, l’image que notre culture retient de Kerouac et de Sur la route demeure celle d’un écrivain qui aurait accouché dans la fébrilité d’une histoire vraie ; on voit la machine à écrire régurgiter le rouleau de papier sans fin à l’image de la route elle-même ; les T-shirts dans lesquels Kerouac transpire en tapant comme une mitrailleuse sèchent dans l’appartement comme autant de drapeaux de la victoire. Le crépitement de la machine à écrire de Kerouac trouve sa place aux côtés des coups de pinceau furieux de Jackson Pollock et des chorus de Charlie Parker à l’alto, spirales ascensionnelles, dans le triptyque qui représente l’innovation fracassante d’une culture d’après guerre, qu’on juge fondée sur la sueur, l’immédiateté et l’instinct, plutôt que sur l’apprentissage, le savoir-faire et la pratique audacieuse.
Nous le savons depuis un bon moment, la vérité est plus complexe, de même que le roman est bien plus une quête spirituelle qu’un manuel du parfait hipster. Sur la route n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel d’été. Les journaux que tient Kerouac nous apprennent que, de 1947 à 1950, il a accumulé le matériel nécessaire pour un roman de la route, qui figure nommément pour la première fois à la date du 23 août 1948. « Sur la route, qui m’occupe l’esprit en permanence, est le roman de deux gars qui partent en Californie en auto-stop, à la recherche de quelque chose qu’ils ne trouvent pas vraiment, au bout du compte, qui se perdent sur la route, et reviennent à leur point de départ pleins d’espoir dans quelque chose d’autre. »
Pourtant, c’est encore le mythe des trois semaines d’avril que l’imagination retient quand on pense à Kerouac. Le fameux rouleau de la version originale joue un rôle clef dans l’histoire de ce roman, qui est l’un des plus influents, l’un des plus populaires des cinquante dernières années. Il en constitue l’un des artefacts les plus significatifs, les plus célèbres et les plus provocants. Je me propose ici de retracer l’histoire de Sur la route, avec les circonstances de sa composition et de sa publication. On y verra l’écrivain au travail, ses ambitions, les refus qu’il essuie, mais c’est aussi l’histoire d’une métamorphose. Car il s’agit des années de transformation où Kerouac, jeune romancier prometteur, va devenir l’écrivain expérimental le plus doué de sa génération. Les textes clefs sont ici la version originale (le rouleau) de Sur la route et Visions de Cody, entrepris à l’automne suivant l’écriture du rouleau. Le rouleau est la fleur sauvage dont la graine donnera le jardin enchanté des Visions  ; c’est donc un texte pivot dans l’histoire de Jack Kerouac, un texte qui le situe dans la littérature américaine. Il va sans dire que l’histoire est aussi celle de Neal Cassady.

© Howard Cunnell, in Sur la route (le rouleau original) de Jack Kerouac, Folio Gallimard.
Un extrait plus long de cette préface peut être téléchargé gratuitement ici.

 

photo DR

Jack Kerouac est né en 1922 à Lowell, Massachusetts, dans une famille d’origine canadienne-française. Étudiant à Columbia, marin durant la Seconde Guerre mondiale, il rencontre à New York, en 1944, William Burroughs et Allen Ginsberg, avec lesquels il mène une vie de bohème à Greenwich Village. Nuits sans sommeil, alcool et drogues, sexe et homosexualité, délires poétiques et jazz bop ou cool, vagabondages sans argent à travers les États-Unis, de New York à San Francisco, de Denver à La Nouvelle-Orléans, et jusqu’à Mexico, vie collective trépidante ou quête solitaire aux lisières de la folie ou de la sagesse, révolte mystique et recherche du satori sont quelques-unes des caractéristiques de ce mode de vie qui est un défi à l’Amérique conformiste et bien-pensante. Après son premier livre, The Town and the City, qui paraît en 1950, il met au point une technique nouvelle, très spontanée, à laquelle on a donné le nom de « littérature de l’instant » et qui aboutira à la publication de Sur la route en 1957, centré sur le personnage obscur et fascinant de Dean Moriarty (Neal Cassady). Il est alors considéré comme le chef de file de la Beat Generation. Après un voyage à Tanger, Paris et Londres, il s’installe avec sa mère à Long Island puis en Floride, et publie, entre autres, Les Souterrains, Les clochards célestes, Le vagabond solitaire, Anges de la Désolation et Big Sur. Jack Kerouac est mort en 1969, à l’âge de quarante-sept ans.

 

Autres textes de Jack Kerouac traduits en français (non disponibles en numérique)

GIRL DRIVER, récit à mon propos, 1983, Denoël
LES ANGES VAGABONDS, 1987,Denoël (Folio n° 457)
ANGES DE LA DÉSOLATION, 1998, Denoël
BOOK OF BLUES, édition bilingue, 2000, Denoël
UNDERWOOD MEMORIES, 2006, Denoël
LE LIVRE DES HAÏKU, 2006, Éditions de La Table Ronde
LIVRE DES ESQUISSES (1952-1954), 2010, Éditions de La Table Ronde

26 mai 2012

les offres découvertes (week-end du 26 mai 2012)

Nouveau week-end et nouvelles offres découvertes
Si vous avez récemment fait l’acquisition d’une liseuse (Sony, Bookeen, Kobo…), d’une tablette (iPad, système Android…) ou bien si vous préférez lire sur votre smartphone (iPhone, système Android…), les libraires en ligne, grâce au soutien de plusieurs maisons d’éditions, vous proposent depuis plusieurs semaines maintenant de (re)découvrir des auteurs, des genres littéraires, des pays… que vous ne connaissez peut-être pas encore via des offres découvertes, des offres de lancement… Cette semaine encore, quatre axes pour voyager et lire du Nord au Sud et d’Est en Ouest. Tous les titres mis en avant ci-dessous sont au même prix partout en France, quel que soit le site, petit ou grand revendeur. Et si vous téléchargez l’un de ces livres numériques via le réseau de libraires partenaires ePagine, vous ne serez pas gênés par les protections Adobe (DRM). Les ebooks bénéficieront d’un tatouage numérique (watermark) qui vous permettra, quel que soit le support, de lire ces textes, de copier-coller vos passages préférés voire de les annoter. À vous de voir… ou de lire plutôt !


1. publie.net
On se répète mais visiblement ça ne vous dérange pas (et pour les nouveaux, un rappel ici) : chaque semaine (du vendredi au lundi soir) la maison d’édition numérique publie.net propose de découvrir à prix lancement ses dernières nouveautés et à prix découverte des titres issus du catalogue, remis à jour ou en avant. Cette semaine, ce seront 3 textes (et non 5 comme les semaines précédentes) que vous pourrez télécharger et lire en numérique (0.99 € chaque titre) : une nouvelle très très noire et très jazzy de Marc Villard (on en avait parlé ici en décembre 2010), le regard de Raymond Bozier tout en étonnements sur la ville et la rue avec pour motif récurrent les Murs et une des plus grandes voix des lettres anglaises, Jane Austen, via deux textes inédits contenus dans un seul livre numérique (Evelyn suivi de Catharine) avec traduction de Jean-Yves Cotté (qui vient par ailleurs de proposer une nouvelle traduction du Portrait de l’artiste en jeune homme de James Joyce chez Numeriklivres).

 

 

2. Étonnants Voyageurs
Ce week-end c’est aussi le festival Étonnants Voyageurs à Saint-Malo. Vous faites d’ailleurs peut-être partie des chanceux. Pour l’occasion, le groupe Libella (Phébus, Libretto, Noir sur Blanc) propose une sélection de récits et de romans pour voyager en littérature et en numérique. > Pour en savoir plus, lire notre billet précédent


 

3. Chick lit
Les amatrices de chick lit ont commencé à découvrir cette semaine la nouvelle série propulsée par Numerik:)ivres : Les Héros ça s’trompe jamais de Marie Potvin. Une saga romantique en 6 épisodes. Le premier est à télécharger gratuitement et les suivants pourront être téléchargés chacun à 0.99 €. Les deux premiers sont d’ores et déjà disponibles et chaque vendredi un épisode supplémentaire sera mis en ligne. > Pour en savoir plus, lire notre billet précédent



 

4. Petits Futés
On rappelle enfin que vous n’avez plus que 2 jours pour profiter de l’offre Petit Futé. Plus de 500 titres (ePub, PDF, multi-formats) peuvent être téléchargés au prix de 2.99 € seulement (voire moins chers encore, 1.99 €), et ceci pour toutes leurs collections. En plus de cette offre promotionnelle, deux guides Petit Futé sont à télécharger gratuitement.


 

On voyage, on se perd, on découvre, on se découvre. Et on passe un bon week-end paisible (si possible) à l’instar de ce chat en pierre (cf. la photo du haut prise à La Rochelle il y a quelques mois).

ChG

25 mai 2012

Récits d’aventures en numérique pour étonnants voyageurs

À l’occasion du festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo (du 26 au 28 mai), les éditeurs du groupe Libella (Noir sur Blanc, Libretto et le partenaire historique du festival, Phébus) vous proposent jusqu’au 4 juin une sélection de neuf récits et romans en numérique pour un cycle sur la littérature de voyage (d’autres titres, dont Water Music de T. C. Boyle, seront en ligne, peut-être d’ici l’été sinon à la rentrée). Dès à présent retrouvez déjà les textes de grands auteurs classiques et contemporains (l’un d’eux, John Vaillant, prix Nicolas Bouvier 2012 avec Le tigre, est d’ailleurs invité au festival) à travers récits de voyage ou initiatiques, romans historiques, policiers, maritimes et d’aventures. Et, ne serait-ce que pour les fabuleux Collectionneur de monde de Ilija Trojanow ou encore Desperados de Joseph O’Connor (extrait ci-dessous), rien que pour ça, venez tenter l’aventure en numérique !

Tous ces titres peuvent être téléchargés sur l’ensemble des librairies en ligne et des plateformes de vente de livres numériques, dont ePagine (ePub uniquement) et ses libraires partenaires (multi-formats). Ils sont proposés par l’éditeur sans DRM Adobe mais avec un tatouage numérique (watermarking) et sont vendus, en France, au même prix partout (le moins cher est à 8.49 € et le plus cher à 16.99 €).

ChG

 

 


> titres disponibles :
Le Faucon des mers de Rafael Sabatini (Libretto, 10.99 €)
Le Collectionneur de monde de Ilija Trojanow (Libretto, 11.99 €)
Le tigre de John Vaillant (Prix Nicolas Bouvier 2012), Noir sur blanc, 16.99 €)
Profondeurs glacées de Wilkie Collins (Libretto, 8.49 €)
Bêtes, hommes et dieux (À travers la Mongalie interdite 1920-1921) de Ferdynand Ossendowski (Libretto, 9.99 €)
Victoire oblige (Une aventure de Richard Bolitho) de Alexander Kent (Libretto, 10.99 €)
Desperados de Joseph O’Connor (Libretto, 10.99 €)
Une chance du diable de David Donachie (Phébus, 9.99 €)
Le Village oublié (Bagnard en Sibérie 1915-1919) de Theodor Kroger (Phébus, 13.99 €)

> titres disponibles très prochainement :
Toutes voiles dehors (Une aventure de Richard Bolitho) de Alexander Kent
Le Moghol blanc de William Darlrymple
La Guerre de la noix muscade de Giles Milton
Water Music de T.C. Boyle

 

N.B. : Le programme Étonnants voyageurs 2012 de Saint-Malo peut être téléchargé en PDF sur le site du festival.

 

extrait de Deseperados de Joseph O’Connor

La troisième nuit, quand l’obscurité revint, Frank Little se remit à avoir peur.

Peur des voleurs, de ces saletés d’insectes, de la nourriture empoisonnée, des fantômes. Peur d’être incapable de parler avec les gens du pays. Peur de passer pour un rigolo aux yeux des gars armés qui se tenaient au coin de la rue, à côté du Cine Dorado. Peur de la diarrhée, du rationnement d’eau et des scorpions. Peur du plan de la ville et de ne rien comprendre. Peur d’avoir une crise cardiaque. Peur parce qu’il était seul et plus tout jeune. Et surtout il avait peur de dormir.

Si on pouvait appeler ça dormir. Quand la nuit dégoulinait sur Managua, l’obscurité semblait bourdonner, et la seule chose que Frank pouvait faire, c’était de s’allonger sur le lit étroit de sa pensión, accablé de chaleur, entièrement nu, tartiné de crème antimoustiques. Il avait l’impression d’être une volaille au four, rôtissant dans son jus, il priait, avalait de grandes lampées de gin tiède, respirant l’odeur de sa sueur, et il attendait que la lumière finisse par revenir pour rendre aux choses un aspect presque compréhensible.

Pendant trois nuits il avait transpiré dans sa petite chambre, implorant Dieu de lui laisser entendre le bruit de la pluie, de l’entendre éclabousser et fouetter le toit de tôle rouillée. Il avait essayé de lire les journaux, d’écrire des lettres. Il avait attendu que le soleil couleur de sang surgisse de la boue du lac Managua. C’est seulement à ce moment-là qu’il avait pu s’endormir. C’est quand sa chambre avait été illuminée de rose qu’il avait fermé les yeux et s’était abandonné aux cauchemars qui à coup sûr l’attendaient.

Le quatrième jour, il s’était éveillé de bonne heure, dérangé par le vacarme insistant des perceuses, des marteaux, des pioches et des scies. Se réveiller à Managua, pensa-t-il, ce devait être la même chose que de se réveiller dans cette foutue arche de Noé. Il resta étendu sans bouger, écoutant le bruit des travaux et s’efforçant de garder son calme même s’il avait envie d’ouvrir la bouche et de hurler. Ces gens-là se levaient vraiment trop tôt. Pas moyen de leur faire confiance.

Il se leva, se lava rapidement et se rasa à l’eau froide et jaunâtre. Il enfila un short et une chemise de sport. La señora lui apporta du café dans le jardin. Il était noir et amer. Il fuma deux cigarettes et partit vers le centre-ville.

Huit heures à peine, et la chaleur commençait déjà à monter. Il acheta un International Herald Tribune vieux d’une semaine et s’assit à la terrasse d’une des cantinas. Il sirota son Fanta orange en regardant les pierres de la Plaza Carlos Fonseca écrasée de soleil. Il haïssait cette ville, de ce genre de haine qu’on ne peut éprouver généralement qu’à l’égard d’un être humain.

Il la détestait entièrement depuis le bureau de l’Aeroflot jusqu’au Barrio Monseñor Lescano, depuis le Ministerio del Interior jusqu’à la cathédrale en ruine avec son drapeau rouge et noir en loques pendillant du clocher. C’était une ville de merde, pensa Frank Little. Une erreur de la Création.

La cloche de l’église sonna neuf heures, le dallage blanc de la place semblait aspirer la chaleur. Il ouvrit son guide, en fit tomber d’un revers de main les moustiques endormis. Il essaya d’en lire une page mais il n’arrivait pas à se concentrer. La lumière du jour était argentée, pénible et aveuglante. Un chien noir décharné, couché sur le dos, haletait près de la fontaine. L’eau murmurait contre la pierre.

Une bande d’adolescents blonds vint flâner sur la place, certains avaient une guitare, ils portaient tous le même T-shirt. Ils s’assirent plus ou moins en cercle près de la buvette. ¡VIVA LA REVOLUCIÓN! proclamaient les T-shirts, ¡OBREROS Y CAMPESINOS AL PODER! Frank avait déjà vu des T-shirts semblables. On pouvait en acheter à peu près n’importe où en ville. Pour cinq dollars.

Les gamins buvaient du Coca et chantaient La Bamba, en faisant alterner les mots espagnols et les paroles de Twist and Shout. Ils riaient et sifflaient, puis ils se levèrent l’un après l’autre et se mirent à danser en s’étreignant mutuellement, poussant des cris de joie et lançant leurs chapeaux en l’air. Des Américains, pensa-t-il. On repère les Américains partout. (…)

© Joseph O’Connor, Desperados
Traduit de l’anglais par P. Masquart et Gérard Meudal
Phébus, coll. Libretto, première édition 1994

23 mai 2012

Lancement de la série de Marie Potvin, Les Héros ça s’trompe jamais

Alors que la série Le Waldgänger, thriller futuriste de Jeff Balek (cf. notre billet du 30 janvier dernier) vient de dépasser les 10.000 téléchargements toutes plateformes confondues, les Éditions Numeriklivres lancent aujourd’hui une nouvelle série 100% numérique en 6 épisodes, Les Héros ça s’trompe jamais de Marie Potvin, une saga romantique qui s’adresse aux amateurs et amatrices de romances et de feuilletons sentimentaux, légers et drôles. Pour mémoire, Marie Potvin a déjà publié chez le même éditeur, dans la collection « Roman de fille », Le Retour de Manon Lachance, L’Aventurière des Causes perdues et Suzie et l’Homme des bois.

Les deux premiers épisodes de cette série sont d’ores et déjà en vente (le lancement officiel étant ce vendredi 25 mai) et les suivants seront mis en ligne chaque vendredi. Même principe que pour Le Waldgänger : le premier épisode peut être téléchargé gratuitement et les 5 autres épisodes sont vendus chacun 0,99 € avec un temps de lecture moyen de 45 minutes.

 

Ces livres numériques peuvent être téléchargés sur les sites des librairies en ligne, dont ePagine et son réseau de libraires partenaires. Le prix étant en France fixé par l’éditeur, ils sont vendus au même prix chez TOUS les revendeurs de livres numériques. Par ailleurs, ils ne contiennent pas de DRM mais un tatouage numérique (watermarking).

Ci-dessous, une présentation des personnages principaux de cette saga ainsi qu’un petit résumé proposé par les éditions Numerik:)ivres.


Les Héros ça s’trompe jamais de Marie Potvin

épisode 1
épisode 2

 

 



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