Le blog ePagine

Conseils de lecture, entretiens, actualité numérique :

le Livre-Avenir ne se fera pas sans les libraires.

30 novembre 2011

Vous connaissez le Plup de Jeff Balek ?


Le Plup, c’est un peu les Shadoks sauf qu’il est tout seul.

Du moins au début…

… son pire ami et meilleur ennemi étant ensuite un cactus geek.

 

Le Plup, c’est un peu un Shadok, donc, sauf qu’il peut parler à son créateur.

(pas sûr que ce soit un avantage)

 

 

Le Plup, ce serait un Shadok qui n’aurait qu’une tête et rien pour pomper…

… d’ailleurs il n’aurait rien.

 

 

Mais je ne vais pas tout vous raconter (il m’arriverait des bricoles sinon). Alors, pour tout savoir des aventures du Plup fiction, suivez plutôt les flèches (et merci à l’auteur de m’avoir permis de reproduire quelques planches).

• ses aventures en numérique =>

• ses pensées quotidiennes =>

• sa page Facebook =>

• son compte twitter =>


Le Plup est un personnage créé par Jeff Balek (son site ici), auteur également d’un recueil de nouvelles, Histoires noires du bout de la rue d’en bas, de Macadam Gonzo et de la série Le Walgänger. Tous ses textes sont publiés chez Numerik:)ivres.

28 novembre 2011

Entretien avec Lise Belperron, éditions Métailié

Éditeur de littérature étrangère aux éditions Métailié, depuis janvier Lise Belperron s’occupe également de la partie numérique (10 à 15 % de son temps de travail). Même si elle n’a pas encore franchi le pas de lire en numérique et si au départ elle n’était pas destinée à réfléchir à cette question, elle a aujourd’hui, à force de rencontres et de réflexions, une expérience intéressante qui m’a poussé à la rencontrer. Pour rappel, les éditions Métailié publient majoritairement des auteurs espagnols, portugais, latino-américains, brésiliens, allemands, écossais, islandais mais également quelques Français. Sur les 845 titres figurant à leur catalogue une petite trentaine est disponible en numérique à ce jour parmi lesquels on trouvera des textes de Luis Sepúlveda, Arnaldur Indridason, John Burnside, Lídia Jorge mais aussi de Pierre Christin, François Arango, Stéphane Fière ou Olivier Christin. Grand merci à Lise d’avoir accepté de répondre à mes questions dans les locaux de la maison d’édition et de m’avoir permis de prendre quelques photos.


Lise Belperron, reflet

 

Blog ePagine : Lisez-vous en numérique ?
Lise Belperron : Pas vraiment. Je n’arrive pas à aimer quelque chose sur une tablette de lecture mais c’est sans doute un problème psychologique. En revanche, parce que je ne suis pas fan de nouvelles technologies mais de littérature, la question du numérique m’intéresse. Ensuite, ce travail m’a amenée à discuter avec Eden, avec Apple, avec d’autres acteurs. Ça m’a propulsée d’emblée dans un monde qui n’est pas du tout le mien. Une fois par mois, je regarde la progression des ventes de nos titres en numérique. Pour la fabrication, nous sommes deux à suivre ça. Mais vu les ventes et la lenteur des choses, on hésite à faire des demandes de subvention globales au CNL, tant qu’on n’a pas un projet d’envergure, une vision claire. Ma question serait plutôt : Que peut-on faire à long terme, avec qui ? Parce que je ne crois pas au numérique pour le numérique.

Blog ePagine : Comment ça ?
Lise Belperron : Ce qui se vend aujourd’hui en numérique est ce qui se vend déjà dans les relais de gare principalement. À part la littérature sentimentale, le polar et la science fiction, on achète ce qui est déjà tout en haut de l’affiche. Le public littéraire, notre lectorat disons, n’est pas encore équipé en liseuses ou en tablettes. Et d’autre part, j’ai l’impression que sur Internet on ne cherche pas un livre précis en numérique, on regarde les pages d’accueil où sont souvent présentés des best-sellers. Par ailleurs, sur bon nombre de sites marchands, les classifications par genres sont aberrantes ; il n’y a même pas le genre « littérature » sur la plupart des plateformes. Par exemple, chez Métailié on a sorti toute l’œuvre traduite de Luis Sepúlveda et ça ne s’est presque pas vendu alors que ce sont des titres qui continuent à être beaucoup achetés en librairie. Très vite ils se sont retrouvés relégués au fond des catalogues numériques, ils sont donc introuvables, sauf si on les cherche précisément. Sur Internet, on ne flâne pas entre des étagères.

Blog ePagine : À moins que ce ne soit relayé par les libraires ?
Lise Belperron : Oui, ou à moins de faire une opération. Mais je ne veux pas en faire à chaque fois qu’on sort un titre en numérique. Et c’est faire du marketing alors qu’il est déjà difficile d’avoir un interlocuteur sur la plupart des plateformes ; ça me prendrait beaucoup de temps pour un bénéfice moindre. Et puis je vous le redis, il n’y a rien qui vient spontanément à soi sur Internet, et d’ailleurs ce qui vient en général n’est pas satisfaisant. Lorsque je fais une recherche je ne trouve jamais rien. Les vitrines des librairies numériques sont à l’opposé de ce que va chercher un lecteur dans une librairie. Ça n’a aucun sens.

Blog ePagine : Si les libraires s’emparaient du numérique avec une bonne base de données, une arborescence pensée, un système de tags (mots-clés) qui permettraient à des livres très différents (un roman, un essai, un livre jeunesse par exemple autour de la question du corps) de se retrouver ensemble, est-ce qu’on ne retrouverait pas le travail du libraire mais adapté au support ?
Lise Belperron : Oui mais ma réflexion est à l’instant présent. Vu ce qui se vend aujourd’hui je trouve que le libraire a du mal à trouver sa place dans le circuit de la vente du livre numérique ; l’accès aux livres numériques me paraît encore très compliqué, les libraires ne peuvent pas disposer de la force de frappe des multinationales, qui possèdent les tuyaux, les outils de lecture, les solutions technologiques. En revanche, si je regarde Apple : acheter un livre numérique sur iPhone ou iPad est d’une telle simplicité, c’est sidérant. D’ailleurs je suis presque sûr qu’il y a des gens qui achètent des livres numériques sans s’en rendre compte. Vous cliquez sur Extrait et derrière vous avez le bouton Achetez. Ailleurs on vous demande de vous identifier, on télécharge un lien, il faut vraiment faire un effort pour avoir le fichier. Et puis, pour répondre à votre question sur les libraires, fin août, par exemple, on a proposé un dossier à télécharger gratuitement qui contenait des extraits de notre rentrée. Presque personne ne l’a mis en avant. C’est décevant. On reproche toujours aux éditeurs de ne rien faire et d’être passifs mais globalement dans la chaîne personne ne s’entraide. Il n’y a pas de cercle vertueux.

Blog ePagine : Du côté d’ePagine on ne pouvait pas mettre en avant ce dossier vu qu’il y avait là des extraits dont certains titres de la rentrée Métailié n’étaient pas disponibles en numérique ; les internautes n’auraient pas compris pourquoi on leur proposait un extrait en numérique et pas le reste. Ils auraient pu nous le reprocher. Pour les autres librairies en ligne je ne peux pas répondre à leur place. Mais sinon, pour revenir à ce qu’on disait, Indridason a un peu mieux marché non ?
Lise Belperron : Indridason est un best-seller en papier déjà. Il s’en vend beaucoup. Quand la collection Points Seuil fait une campagne il est affiché dans toutes les gares. C’est une présence massive et c’est donc logique qu’il soit un best-seller numérique. Comme les acteurs du numérique ont besoin de vendre ils le mettent en avant très volontiers. C’est un succès. Mais pour le reste de notre catalogue, c’est compliqué. Depuis qu’on publie des livres numériques, c’est-à-dire huit ou neuf mois, la plupart des titres n’ont aucune existence numérique alors qu’ils en ont une dans les librairies physiques. La question, c’est : est-ce qu’on numérise à tout-va pour dire qu’on a tout numérisé, qu’on est à la pointe, ou est-ce qu’on cherche un moyen de mettre en avant certains titres en attendant que la lecture numérique devienne démocratique et que les lecteurs achètent de tout ? A l’heure actuelle, on ne sait pas trop sur quel pied danser, on se dit qu’il faut continuer à élargir le catalogue, même si la plupart des titres passeront inaperçus.

Blog ePagine : Au niveau des contrats où en êtes-vous ?
Lise Belperron : La plus grosse difficulté pour nous est de refaire les contrats avec tous les agents ; nous publions très majoritairement des écrivains étrangers, les négociations sont longues et ardues pour un marché encore balbutiant. Les éditeurs étrangers et les agents partent du principe qu’on est comme le marché américain ; ils mettent des clauses qui ne correspondent pas du tout au marché français et qu’on ne peut pas accepter. Du coup, blocage. Et on met vraiment longtemps à avoir les droits numériques. C’est ce qui explique que les sorties numériques ne soient pas systématiques.

Blog ePagine : Est-ce que les auteurs français de votre catalogue sont demandeurs ?
Lise Belperron : Pas spécialement. Et pour ceux qui sont en numérique, la plupart du temps ils ne demandent même pas d’exemplaire justificatif. D’ailleurs, ils ne sont pas équipés en tablettes ou liseuses. En plus, comme nos auteurs français ne sont pas très connus, à part Bernard Giraudeau, ils ont peu de chance d’être mis en avant. Il peut y avoir des exceptions : par exemple, le polar de François Arango, Le jaguar sur les toits, a connu un « succès » numérique surprenant : c’est un polar, et ce genre est plutôt recherché en numérique, ça lui a permis d’être accessible et même un peu visible.

Blog ePagine : Auriez-vous des projets purement numériques ?
Lise Belperron : Je ne pense pas. Nous sommes avant tout des éditeurs ; nous publions des textes. Nous n’avons ni les compétences, ni l’envie de proposer des « produits » numériques ; par contre, nous pouvons réfléchir à des manières d’améliorer les textes pour leur version numérique (sur le plan de la forme), histoire de ne pas les traiter comme des versions dégénérées du livre papier. On a beaucoup d’auteurs étrangers qui ont un blog ou un site et qui font des expériences d’écriture en live mais pour l’instant ça ne se transforme pas en demande spécifique autour du numérique.

Blog ePagine : On parle de plus en plus de la lecture nomade, qu’en pensez-vous ?
Lise Belperron : En France, on a une religion pour le roman. Si vous regardez la production éditoriale en Amérique latine, vous vous rendrez compte qu’elle est beaucoup plus variée qu’ici. Il y a énormément de jeunes auteurs qui écrivent des nouvelles et qui n’ont aucune difficulté à les publier. En France c’est plus difficile mais j’ai l’impression qu’avec le numérique ça peut changer. C’est typiquement une forme qui peut avoir sa chance. Mais je reste persuadée qu’il faut un éditeur pour passer du blog ou du site internet à la publication, qu’elle soit numérique ou imprimée. Il faut donc réfléchir à d’autres formes mais également à d’autres modèles parce que je ne suis pas sûr que l’achat d’un livre numérique à l’unité soit le bon modèle à terme. Pour moi, un ebook ne s’offre pas mais un abonnement, oui. C’est pour ça qu’il serait intéressant de réfléchir à autre chose qu’une reproduction pure et simple de la chaîne du livre papier, qui permettrait à tous les acteurs de participer.

Blog ePagine : D’accord. Alors, comment feront les libraires pour proposer des abonnements à leurs clients ? Donnerez-vous vos fichiers à ces libraires, comme vous les donnez à Apple, pour qu’ils puissent proposer des bouquets d’abonnements ?
Lise Belperron : C’est une question que je ne maîtrise pas. C’est Eden, notre distributeur, qui s’occupe de ça pour nous. On nous dit qu’Apple avait fourni des garanties. Pour moi la détention des fichiers n’était qu’une question technique ; en ce moment je me rends compte que ce n’est pas le cas.

Blog ePagine : C’est important de savoir où vont vos fichiers, non ? Ce n’est pas parce que vous les donnez à Apple qu’ils sont en sécurité.
Lise Belperron : Non, ce que je veux dire c’est que la décision n’a pas été prise par la maison d’édition. D’ailleurs, on ne nous a pas posé la question.

Blog ePagine : Ces accords passés entre Eden Livres avec Amazon ou Apple mais pas avec la librairie indépendante me posent question. Avez-vous votre mot à dire en tant qu’éditeur indépendant diffusé par La Martinière / Volumen et distribué pour la partie numérique par Eden ?
Lise Belperron : Nous sommes dans une phase d’apprentissage ; nous commençons tout juste à travailler avec tous ces acteurs, et c’est vrai que certaines décisions, au niveau de la distribution, nous échappent – ce que je regrette. Il faut être vigilant. Il faudrait aussi que l’information circule un peu plus, y compris avec les libraires numériques indépendants : ce sont des questions qui méritent d’être discutées.

Blog ePagine : Si d’un côté les libraires n’arrivent pas à trouver un terrain d’entente, si de l’autre les éditeurs privilégient les géants de la distribution, d’après vous que risque-t-il de se passer ?
Lise Belperron : J’ai toujours pensé qu’Eden était là pour protéger la librairie indépendante. Dans les faits j’ai l’impression que c’est la prime aux plus gros, mais c’est aussi parce qu’on a affaire à des logiques très différentes : d’un côté des rouleaux-compresseurs qui cherchent à enrichir leur offre numérique en termes quantitatifs, de l’autre des libraires indépendants qui essayent d’être visibles sur un marché encore très restreint et très monopolistique. Individuellement ils ne pourront pas faire un contrepoids suffisant à Amazon, Apple et compagnie.

Blog ePagine : Anne-Marie Métailié a su créer un lien privilégié avec les libraires indépendants depuis la création de sa maison. Avec le numérique ne risque-t-elle pas de se retrouver en porte-à-faux vis à vis des libraires ?
Lise Belperron : Avec le numérique on ne sait pas encore comment travailler avec les libraires ni comment faire en sorte que nos lecteurs, s’ils veulent acheter du numérique, se fournissent chez les libraires indépendants et non pas uniquement sur la Fnac, chez Apple ou sur Amazon par exemple. Mais a priori, à notre niveau, le numérique intéresse peu les libraires. C’est dommage. Nous avons décidé de ne pas faire de ventes directes ; sur notre site on renvoie sur la page d’Eden où sont indiqués tous les sites revendeurs. Dans l’hypothèse où il y aurait un groupement de libraires efficace, simple d’utilisation, la page renverrait vers leur site ; nous n’avons absolument aucun intérêt à privilégier Apple, la Fnac ou Amazon. Ceci dit, vu ce qui se vend aujourd’hui en numérique, très peu en réalité, les libraires préfèrent se concentrer sur ce qu’ils savent faire, quelque part je les comprends. Car au-delà de la vente de livres numériques ils devraient se mettre à animer un site, faire des vidéos… en gros, et c’est le problème avec Internet, ils devraient savoir tout faire, et investir massivement, pour un résultat plus qu’incertain. Dans le domaine du numérique, la différence de taille et de culture entre les revendeurs est énorme, abyssale ! Les grands groupes nous démarchent depuis des mois. Parmi tous ces gens certains au début certains voulaient même des remises à 70%, juste pour fournir un canal (ils n’ont pas obtenu gain de cause !). Ces entreprises n’ont aucun point commun avec les librairies ; ce sont souvent des gens qui ne lisent pas, qui ne trient pas, qui ne réfléchissent pas à la question de la présentation ou des logiques de classement, et présentent tous les livres alignés dans l’ordre des meilleures ventes, comme si tout était équivalent. Leur travail consiste simplement à mettre en lien une communauté potentielle de lecteurs et une infinité de contenus sans autres distinctions. C’est ce que deviennent nos livres : des contenus. Et ça, moi ça m’interroge vraiment.

Blog ePagine : Dernière question qui concerne les DRM. Métailié est une des rares maisons d’édition diffusées par Volumen/La Martinière et distribuées par Eden (avec Minuit, Sciences humaines, L’Opportun) à proposer des ebooks protégés par filigrane mais sans DRM. Pourquoi ce choix ?
Lise Belperron : Pour moi, quelqu’un qui achète un fichier numérique fait déjà un gros effort. Partir du principe que ce lecteur va sans doute filouter et prêter son livre ou le diffuser sur des plateformes de téléchargement illégales, c’est soupçonner son lecteur. C’est la dernière chose à faire pour un éditeur. Il y a un minimum de libre circulation pour l’utilisateur à garantir. Poser des DRM, alors qu’elles sont rapidement « crackables », c’est comme si on se faisait peur et qu’on cherchait à se rassurer avec un outil qui ne marche pas, et qui pénalise le lecteur. Je trouve ça exagéré ; il me semble qu’on peut lutter contre la piraterie par d’autres moyens, en soignant l’offre, en ayant une politique de prix raisonnable, en responsabilisant les lecteurs.

 


 

Propos recueillis par Christophe Grossi pour le blog ePagine, novembre 2011.

26 novembre 2011

ePagine, sélections 11/11 #4 Tours du monde

Quatrième et dernière sélection ePagine du moment. Après les éditions Actes sud, la lecture 100% numérique et les prix littéraires 2011, aujourd’hui je vous propose un petit tour d’horizon de la littérature étrangère et un grand tour du monde (au pluriel même) avec traversée du ghetto de Prague.


Une sélection de livres numériques issus du rayon Littérature étrangère

 

Vous voyagez peu mais vous aimeriez bien faire le tour du monde, et même plusieurs fois par semaine. Comment faire ? Jetez un œil dans la rubrique Littérature étrangère sur ePagine et découvrez des centaines d’auteurs de langue anglaise, allemande, espagnole et portugaise, italienne, russe, des auteurs nordiques, d’Afrique du Nord, d’Afrique Noire, du Moyen-Orient ou d’Asie…, des auteurs d’hier et d’aujourd’hui. Lisez-les en numérique tout simplement.

Sur la page d’accueil vous trouverez également une sélection (reproduite en image ci-dessus) qui vous entraînera aux quatre coins du monde sans même souffrir du décalage horaire en compagnie de Philip Roth, E.T.A. Hoffmann, Ursula Priess, James Frey, Arnaldur Indridason, David Grossman, Mario Vargas Llosa, Henry Miller, Alessandro Piperno, Laura Kasischke, Shumona Sinha, Sofi Oksanen ou encore Alessandro Rimassa et Antonio Incorvaia.

Mais si nous commencions notre voyage en traversant les murs du ghetto de Prague en compagnie de Gustav Meyrink ? Vous auriez préféré une destination plus douce et plus ensoleillée ? Mais les grands textes, ce sont vers les profondeurs de la ville et de l’âme qu’ils nous entraînent le plus souvent. Et si ça ne remue pas votre être c’est qu’il n’y a pas eu de voyage ou en tout cas que celui-ci (comme le veut la célèbre phrase de Nicolas Bouvier) ne vous a pas fait ni ne vous a défait. En tout cas, avec Le Golem, ce roman fantastique, terrifiant même parfois, écrit en 1915 (la traduction de Denise Meunier date de 1929), préparez-vous à vivre une des expériences les plus détonantes et les plus folles. Et tout de suite, un extrait (plutôt soft vous verrez). Puissiez-vous lire la suite…

ChG

___________________
Gustav Meyrink, Le Golem
traduction de Denise Meunier
© version numérique publie.net, 1.99 €

1, sommeil

« La lumière de la pleine lune tombe sur le pied de mon lit, lourde, ronde et plate comme une grosse pierre. Quand le disque commence à rétrécir et l’une de ses moitiés à se rentrer comme un visage vieillissant montre des rides et maigrit d’un côté d’abord, c’est alors que vers cette heure-là de la nuit, un trouble douloureux s’empare de moi.
Ni éveillé ni endormi, je glisse dans une sorte de rêve où ce que j’ai vécu se mêle à ce que j’ai lu et entendu, comme se mêlent des courants de teintes et de limpidités différentes.
Avant de me coucher, j’avais lu quelque chose sur la vie du Bouddha Gautama et sans cesse ces quelques phrases passaient et repassaient dans mon cerveau, identiques et fluctuantes :
« Une corneille vola jusqu’à une pierre qui ressemblait à un morceau de graisse, se disant : il y a peut-être là quelque chose de bon à manger.
« Mais comme elle ne trouva rien de bon à manger, elle s’en alla à tire-d’aile. Semblables à la corneille qui s’approche de la pierre, nous – les chercheurs – nous abandonnons l’ascète Gautama, parce que nous avons perdu le plaisir que nous prenions en lui. »
Et l’image de la pierre qui ressemblait à un morceau de graisse grossit monstrueusement dans mon cerveau.
Je traverse un lit de rivière à sec en ramassant des cailloux lissés.
Gris-bleu dans une poussière miroitante et légère que je ne peux m’expliquer, bien que je me creuse la tête à grand effort, puis noirs avec des taches jaune soufre comme les ébauches pétrifiées de lézards dodus et mouchetés faites par un enfant.
Et je veux les jeter loin de moi, ces cailloux, mais ils me tombent des mains et je ne peux les bannir de ma vue.
Toutes les pierres qui ont jamais joué un rôle dans ma vie se dressent autour de moi. Beaucoup s’efforcent péniblement de se dégager du sable pour arriver à la lumière, comme de gros crabes ardoisés à l’heure où monte le flot ; on dirait qu’ils font tout pour attirer mon attention sur eux et me dire des choses d’une importance infinie.
D’autres, épuisés, retombent dans leur trou et abandonnent l’espoir de jamais placer un mot.
Parfois, j’émerge de la pénombre de mes rêveries et j’aperçois de nouveau, l’espace d’un instant, la lumière de la pleine lune sur le pied renflé de ma couverture, lourde, ronde et plate comme une grosse pierre, pour repartir en aveugle à la poursuite tâtonnante de ma conscience qui s’évanouit, cherchant sans trêve cette pierre qui me tourmente, qui doit se trouver cachée quelque part sous les décombres de mes souvenirs et qui ressemble à un morceau de graisse.
Je m’imagine qu’une descente pour l’eau de pluie a dû déboucher sur le sol à côté d’elle autrefois, coudée en angle obtus, les bords mangés de rouille, et je m’acharne à faire surgir de force son image dans mon esprit pour tromper mes pensées effarouchées et trouver l’apaisement du sommeil. Je n’y parviens pas.
Encore et toujours, avec une obstination imbécile, une voix bizarre répète en moi, infatigable tel un volet que le vent fait battre à intervalles réguliers contre un mur, ce n’était pas du tout cela, ce n’était pas du tout la pierre qui ressemblait à un morceau de graisse. Et impossible de me débarrasser de la voix. Quand j’objecte pour la centième fois que c’est en réalité très secondaire, elle s’arrête bien pendant un court instant, puis se réveille à nouveau sans que je m’en aperçoive et recommence, butée : bon, bon, entendu, mais ce n’est pas la pierre qui ressemblait à un morceau de graisse.
Lentement, un intolérable sentiment d’impuissance m’envahit.
Ce qui s’est passé après, je l’ignore. Ai-je volontairement abandonné toute résistance, ou mes pensées m’ont-elles subjugué, garrotté ? Je sais seulement que mon corps est allongé, endormi dans le lit et que mes sens ne sont plus liés à lui.
Tout à coup, je veux demander qui est « je » maintenant, mais je m’avise que je n’ai plus d’organe qui me permette de poser la question ; et puis j’ai peur d’éveiller de nouveau la voix stupide, de recommencer à entendre son rabâchage sans fin sur la pierre et la graisse.
Alors je me détourne. »

24 novembre 2011

ePagine, sélections 11/11 #3 Prix littéraires 2011

Après les éditions Actes Sud et les lectures 100% numériques, troisième mise en avant : les prix littéraires 2011. Une quatrième sélection, dans les prochains jours, vous proposera de faire le tour du globe en compagnie d’auteurs du monde entier, classiques et contemporains.


Une sélection de textes littéraires primés en 2011

 

Entre les vendanges et les vins nouveaux, en général on aime en France distribuer palmes, prix et distinctions. Cette année, pour la première fois, quasiment tous les titres primés sont également disponibles en numérique. Vendus 20 à 25 % moins chers que dans la version imprimée, ces ePub sont également protégés par des DRM. Pas de quoi donner grande envie aux lecteurs d’expérimenter la lecture numérique. Mais bon, gardons tout de même trace de cette étape et voyons ce que donneront la baisse de la TVA en janvier sur les livres numériques et (hypothèse hasardeuse ?) l’abandon des DRM tels qu’ils existent actuellement… Dans la liste des primés, nous trouverons toutefois deux exceptions avec ces deux titres de Régine Detambel chez publie.net (qui recevra le 1er décembre l’un des grands prix d’automne de la SGDL) ainsi qu’avec le texte d’Éric Laurrent, Les Découvertes (éditions de Minuit), qui vient de recevoir le prix Wepler (10.50 € et sans DRM) et dont je vous donne aujourd’hui un extrait à lire. Voici donc la liste des titres primés disponibles (ou non) en numérique qui peuvent être téléchargés sur tous les sites des libraires partenaires d’ePagine (liste à jour ici).


Ceux qui sont disponibles en numérique
Prix Goncourt 2011L’art français de la guerre, Alexis Jenni – Gallimard
Prix Renaudot 2011Limonov, Emmanuel Carrère – P.O.L
Prix Renaudot essai 2011Fontenoy ne reviendra plus, Gérard Guégan – Stock
Grand prix du roman de l’Académie Française 2011Retour à Killybegs, Sorj Chalandon – Grasset >>> lire la chronique d’Anne Savelli sur ce blog
Prix Femina roman français 2011Jayne Mansfield 1967, Simon Liberati – Grasset
Prix Femina étranger 2011Dire son nom, Francisco Goldman – Christian Bourgois
Prix Médicis roman français 2011Ce qu’aimer veut dire, Mathieu Lindon – P.O.L
Prix Médicis roman étranger 2011Une femme fuyant l’annonce, David Grossman – Seuil
Prix Médicis essai 2011Dans les forêts de Sibérie : Février – Juillet 2010, Sylvain Tesson – Gallimard
Prix Wepler 2011Les découvertes, Éric Laurrent – Minuit
Goncourt des lycéens 2011Du domaine des Murmures, Carole Martinez – Gallimard
Renaudot des lycéens, Prix du roman France Télévisions et Prix du roman Fnac 2011Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan – JC Lattès
Prix Interallié 2011Tout, tout de suite, Morgan Sportès – Fayard
Prix Virgin/Lire 2011Scintillation, John Burnside – Métailié >>> lire le billet consacré à ce texte (avec extrait) sur ce blog
Prix Trop Virilo 2011Le Système Victoria, Éric Reinhardt – Stock
Prix d’automne 2011 de la SGDL pour l’ensemble de son oeuvre – Régine Detambel >>> lire le billet consacré à Sur l’aile de Régine Detambel sur ce blog
Grand Prix de littérature policière 2011L’honorable société, Dominique Manotti / Doa – Gallimard, Série Noire

Ceux qui ne sont pas disponibles en numérique (à ce jour)
Prix Virilo 2011Dino Egger, Éric Chevillard – Minuit
Prix Décembre 2011Le dépaysement : voyages en France, Jean-Christophe Bailly – Seuil
Prix Décembre 2011Gaston et Gustave, Olivier Frébourg – Mercure de France
Prix Femina essai 2011L’Homme qui se prenait pour Napoléon, Laure Murat – Gallimard


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Extrait des Découvertes, Éric Laurrent
Minuit, Prix Wepler 2011)

« En cette dernière année de maternelle que je suivais à l’école Saint-Austremoine, séculaire institution catholique dont les austères bâtiments, disposés en quadrilatère autour d’une vaste cour plantée de tilleuls et de platanes dont les racines soulevaient, fissuraient, voire crevaient le grisâtre et granuleux revêtement de bitume, avaient été taillés dans la même lave noire ayant servi à l’édification de toute la vieille ville, de la moindre de ses fontaines jusqu’à sa cathédrale (seule de son espèce à avoir été construite dans ce matériau et que l’anonyme auteur médiéval de l’Estoire veire d’Arvernis décrirait joliment comme « an grant dueil vestue »), et où mes parents m’avaient inscrit non par défiance envers l’instruction publique, mais (car elle faisait garderie le matin et le soir) tout simplement par commodité, en cette dernière année de maternelle, donc, lorsque vint le moment de nous inculquer des rudiments de lecture, je me révélai incapable de distinguer les unes des autres les lettres que l’institutrice traçait sur le tableau vert foncé de la salle de classe.
Ne saisissant pas en vertu de quelle ésotérique convention ces signes, qui manifestement se ressemblaient tous, dussent se prononcer de manière différente, il m’avait alors paru – puisque, de toute évidence, le plus grand arbitraire régnait en ce domaine – que retourner tout ce qui me passait par la tête constituait l’attitude la plus appropriée quand il m’était demandé de les identifier. Encouragé par l’hilarité générale que je provoquais en la circonstance, je devenais chaque fois plus prolixe dans mes réponses, jetant pêle-mêle la moitié de l’alphabet ou les mots les plus saugrenus qui me venaient à l’esprit, insensible aux punitions que m’attiraient ces pitreries, dont la principale, qu’on appelait le piquet, consistait à demeurer debout et immobile, les mains jointes dans le dos, face au mur, dans un coin de la pièce, punitions qui, loin de m’humilier, m’entouraient du plus grand prestige auprès de mes petits camarades, lequel s’étendrait à l’école tout entière le jour où l’institutrice, à court d’indulgence, m’obligerait à sortir à l’heure de la récréation coiffé du poussiéreux bonnet d’âne qu’elle avait extrait du fond de l’armoire où, par suite des événements de Mai 68 et de la remise en cause des valeurs traditionnelles qui leur succéda, l’abandon des méthodes d’éducation les plus vexatoires l’avait relégué quelques années plus tôt, apparition que (passé l’ébahissement qu’elle suscita aussitôt dans la cour, au point de plonger celle-ci dans un inhabituel silence) un, puis deux, puis trois, puis dix, enfin tous les élèves de l’établissement, s’étant attroupés autour de moi, saluèrent au cri joyeux de « C’est Sa Majesté Carnaval ! C’est Sa Majesté Carnaval ! ».
Ce fut là, si je puis dire, mon couronnement.

Les semaines passant, mon public se lassa cependant de mes facéties ; les quolibets se mêlèrent aux rires ; la cruauté perça sous l’enjouement. Le surnom glorieux que mon apparition affublé d’une tiare bicorne dans la cour de récréation m’avait valu quelque temps se tronqua de ses deux premiers termes, autrement dit de son titre royal, et, tel Louis XVI devenu Louis Capet, l’on ne me désigna plus que sous le dérisoire diminutif de « Carnaval ». Je ressentis cela comme une destitution – c’en était une. Mais, en matière de sobriquet, le pire était à venir.
Ce trait physique devant fournir une explication plausible à mon incapacité à apprendre à lire en me signalant comme un étranger, donc un allophone, le dessin en amande de mes yeux poussa un jour l’un de mes camarades à m’attribuer l’infamant qualificatif de « Chinois ». Se ruer sur lui, puis le jeter à terre et l’y maintenir en lui faisant jurer de ne plus m’appeler ainsi ne servit à rien : en une semaine, toute l’école adopta l’épithète – « Chinois », « le Chinois », « Chinetoque » : sous ces trois variantes, elle me suivrait jusqu’à la fin de l’année.
Je la détestais d’autant plus que, davantage qu’un étranger, elle faisait de moi un orphelin, me laissant en effet à penser, a fortiori en cette période du développement où chaque être se forge une ascendance imaginaire et s’invente une sorte de roman familial, que je n’étais point le fils naturel de mes parents, mais un enfant trouvé, encore nourrisson, dans la cale de quelque jonque démâtée, à la coque à demi éventrée, au pont jonché de cadavres, fantasme dans l’élaboration duquel entraient des éléments empruntés tout ensemble à l’actualité, qu’occupait fréquemment la tragique odyssée de ces boat people que les guerres déchirant l’Asie du Sud-Est en ces années-là jetaient par milliers à la mer et dont je pouvais voir les images au journal télévisé du soir, et à la religion, l’embarcation qui m’avait en dérivant mené jusqu’aux rivages de France n’étant somme toute qu’une revisitation moderne et, certes, un petit peu plus dramatique du mythe de Moïse, confié par sa mère aux eaux du Nil dans une corbeille de papyrus. »

22 novembre 2011

ePagine, sélections 11/11 #2 Lectures 100% numériques

Depuis deux ou trois ans maintenant de nombreux éditeurs proposent des catalogues très variés et des œuvres qui vont des classiques aux expériences en temps réel, des textes écrits pour les petits, pour les amateurs de romans, de nouvelles, de polars, de science fiction. Pour nous y retrouver j’ai fait une sorte de photo numérique à un moment donné (aujourd’hui donc) à partir de quelques titres qui ont été mis en ligne ces dernières semaines et valent le coup d’être découverts. Petite précision qui a son importance : ils sont tous vendus moins de 7 € et sont sans DRM. Après un petit intermède (non musical) voici donc la deuxième sélection d’ebooks consacrée cette fois aux lectures 100% numériques. La première saluait l’arrivée des éditions Actes Sud, la prochaine se concentrera sur les prix littéraires 2011.

 

Une expérience de lecture 100 % numérique et 100 % littéraire

 

Ceux qui ont lu Claude Ponti quand ils étaient petits ou/et lisent ses histoires illustrées à leurs enfants peuvent aujourd’hui découvrir une autre facette de cet auteur génial, foutraque et parfois grave qui foulbazar chez les grands et tromboline des questions essentielles sur la vie, le couple ou la mort dans ses deux pièces de théâtre, La Table et Questions d’importance (publie.net) (chronique à venir). Parmi ceux-là qui seraient restés dans l’enfance où auraient envie de lire des livres numériques à leurs « billes » et à leurs « glaçons » on leur conseillera d’aller voir les propositions de Chouetteditions.com.

 

Il paraît que Noël approche. Mais avant d’envoyer vos lettres à qui vous savez, faites un tour chez Nolween Eawy qui n’a ni couché avec son père ni tué sa mère mais (et là c’est un vrai scoop) a zigouillé le Père Noël (Numerik:)ivres). Les plus sensibles préféreront quant à eux lire chez ce même éditeur le roman beaucoup moins sanglant écrit par Marie Potvin, Le retour de Manon Lachance.

 

Les amateurs d’écritures littéraires fortes et remuantes iront lire et écouter ce beau projet autour de Franck, titre et personnage d’un livre d’Anne Savelli mais aussi quelqu’un qui a existé et qui « revient » ici via deux textes, l’un écrit par Anne Savelli, toujours, Douze façons de plus de parler de toi, et l’autre par Thierry Beinstingel, Avant Franck. Le fichier ePub comprend également l’enregistrement de leur émouvante lecture croisée à laquelle j’avais assisté en septembre dernier à Montreuil (publie.net), fichier qui peut être téléchargé également à part (mp3). Les amateurs de nouvelles et de formes courtes pourront quant à eux se plonger dans les treize récits d’Irina Teodorescu chez emue (maison franco-anglo-australienne qui fait dans la qualité). Enfin, les lecteurs de littérature étrangère se précipiteront sur ce récit paranoïaque de l’auteur argentin Félix Bruzzone, Les taupes, que publie les éditions Asphalte, maison d’édition que je vous invite à découvrir si ce n’est pas déjà fait.

 

Pour les fans de séries TV et d’histoires urbaines, noires et incisives, StoryLab vient de mettre en ligne deux nouveaux textes dans la collection Urban stories, l’un écrit par le très prolixe André Delauré (un huis clos étouffant qui se passe dans un commissariat sur fond de racisme, de haine ordinaire et d’abus de pouvoir) et l’autre par Sébastien Ayreault, un roman décapant et bien ficelé sur l’écriture en train de se faire, qui marche dans les traces de Fante, Bukowski, Calaferte, Hemingway,… entre errances urbaines, sexuelles et sentimentales (chronique à venir). Les amateurs de littératures de genre (science-fiction, fantasy, fantastique…) peuvent se réjouir, le nouveau numéro de la revue Angle Mort qui me fait découvrir à chaque fois des territoires imaginaires inouïs vient d’être mis en ligne. Dans celui-ci vous trouverez notamment un texte de Jean-Marc Agrati que j’avais découvert aux éditions La Dragonne, Le punisseur. Comme pour les autres numéros chaque nouvelle peut être téléchargée gratuitement et l’ensemble du numéro qui contient des entretiens qu’on ne peut trouver ailleurs coûte moins de 3 €. Quant aux fans de séries et de feuilletons, ils sont vernis. Le talentueux Jeff Balek avec Le Waldgänger (Numerik:)ivres, collection 45 min) les propulsera dans un univers à la Bilal, futuriste et sans pitié (6 épisodes en tout, deux sont déjà en ligne dont le premier qui est offert ; je l’ai lu et c’est très très efficace). Olivier Gechter, avec La Boîte de Schrödinger (Walrus), les emmènera de manière très décalée sur les traces de la série télévisée La Quatrième Dimension (ici aussi 6 épisodes dont le premier est offert). Et enfin, Apocalepsie 911 de Vérane Pick (autre série en 6 épisodes dont 2 sont en ligne à ce jour, chez Florent Massot) revient sur la dépression post-traumatique causée par les attentas qui ont eu lieu à New York le 11 septembre 2001 (présentation de l’expérience transmédia interactive ici).

 

Pour terminer (pour aujourd’hui), je conseillerais à ceux qui s’intéressent à Internet, aux nouvelles technologies, aux réseaux sociaux, à nos usages présents et futurs, d’aller jeter un œil à Washing machine, une collection que dirige Hubert Guillaud de InternetActu.net et de La Feuille dont le propos est ici de nous aider à changer notre regard sur les enjeux du numérique qui ne cessent d’évoluer en croisant les technologies et leurs usages. Deux titres sont déjà disponibles, Est-ce que la technologie sauvera le monde ? et Comprendre l’innovation sociale.

 

J’espère que tous ces conseils et liens vous seront utiles. La prochaine sélection sera consacrée aux Prix littéraires 2011.

ChG

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