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11 octobre 2011

Sur la route du lirécrire 1

sur la route du lirécrire avec Léonard de Vinci, Henry David Thoreau, Jack Kerouac, Neal Cassady, William S. Burroughs, Allen Ginsberg, Jean-Jacques Bonvin, François Bon, Jean et Olivier Rolin, Christian Oster, Mahigan Lepage, Sylvain Tesson, Patrice Pluyette, Jiminy Panoz, sur écran et en musique.


Route, écran

Télétravaillant depuis deux ans maintenant je n’ai jamais été aussi sédentaire, je n’ai jamais aussi peu voyagé, roulé, tracé, je n’ai jamais passé autant de temps au même endroit. Et aussi, je n’ai jamais autant lu sur écran, assis sur une chaise ou un fauteuil, je n’ai jamais autant fragmenté mes lectures, je n’ai jamais autant reçu d’informations en temps réel. Et aujourd’hui je me demande si travailler sur écran, lire sur écran, passer ces journées devant l’écran, n’auraient finalement pas à voir avec cette période où j’allais droit devant, si ce qui défile sur écran ne me ramènerait pas à la route, aux paysages d’alors, traversés, s’il n’y a pas quelque chose dans cette immobilité et ce mouvement conjugués. Bien sûr on parle des autoroutes de l’information, l’image est facile mais ce n’est pas ce jeu de mots qui m’intéresse aujourd’hui. Dans les deux cas, à force de concentration, le regard ne finit-il pas par passer à travers la vitre ou l’écran pour aller voir derrière cette autre chose qui défile sous nos yeux, cette autre chose qui n’est qu’une suite de questions au kilomètre ? Alors à quoi pense-t-on quand on a le regard rivé sur les bandes blanches ou sur l’écran ? Qu’est-ce qui modifie notre regard et notre manière d’être au monde ? La souris et le clavier n’auraient-ils pas la même fonction que la boîte de vitesse et la batterie de pédales qu’on manipule avec nos pieds ? Et toute cette musique qui nous accompagne, ces voix qu’on écoute, qu’on fait taire, ce silence qu’on convoque ? Et quand la fatigue et la lassitude se font pressantes ne ferme-t-on pas nos fenêtres comme on remonterait la vitre de la voiture pour aller se dégourdir les jambes sur une aire d’autoroute ? Ne ferme-t-on pas nos yeux alors pour ne plus voir, ne plus entendre ? Dans tous les cas pourquoi depuis plus deux ans maintenant me suis-je mis à lire autant de textes sur écran dont l’objet est la route, les traversées et de manière générale les déplacements (voiture, train, métro, RER, bateau, à pied…) ? Sans doute que la publication du récit chez publie.net a réveillé ces questions. Sans doute qu’il y a un parallèle à faire. Mais pour l’instant je me dis que la seule manière d’avancer est de partager ces lectures sur écran. Et peut-être que parmi vous certains auront envie de m’accompagner un temps ? Peut-être.

Sur la route du lirécrire…

Je commencerai cette série demain avec Rouler de Christian Oster (L’Olivier). On ira ensuite à la rencontre de quatre figures majeures de la beat generation (Cassady, Kerouac, Ginsberg, Burroughs) en compagnie du Ballast de Jean-Jacques Bonvin (Allia) et ce sera l’occasion de parler également de la fiche de lecture du roman de Jack Kerouac, Sur la route, publiée par LePetitLittéraire.fr. On retrouvera un auteur déjà chroniqué deux fois sur ce blog et qui est une des voix qui comptent beaucoup pour moi, Mahigan Lepage (Vers l’Ouest, La science des lichens et Carnet du Népal, publie.net). Du côté de la marche on fera un bout de chemin avec Thoreau (De la marche), on suivra Sylvain Tesson dans les forêts de Sibérie (Gallimard) et Léonard de Vinci entre Romagne et Marches (guides MAF). Autres traversées, on n’oubliera pas ce merveilleux texte de Jean Rolin, L’explosion de la durite (P.O.L) ni celui de son frère, Olivier Rolin, Tigre en papier (Seuil). On s’intéressera enfin à Spirit of 76 de Jiminy Panoz (Walrus) et à La traversée du Mozambique de Patrice Pluyette (Seuil) à moins qu’il ne soit question avant de ce texte essentiel de François Bon, En voiture (publie.net), pour qui s’intéresse aux déplacements automobiles et aux « techniques de narration ambulatoire en littérature ».

J’ai bien conscience qu’il y aurait des dizaines d’autres textes à lire, à partager. N’hésitez pas d’ailleurs à m’en faire part. Ici seront chroniqués des textes disponibles dans leur version imprimée et numérique ou publiés uniquement en numérique. Dans tous les cas ils ont été choisis parmi un catalogue encore mince d’ebooks (et c’est la seule contrainte que je vois là puisque la thématique n’en est pas une pour moi) et vous retrouverez toutes ces références sur ePagine ainsi que sur tous les sites des libraires partenaires (liste à jour ici).

… et en musique

Au moins un morceau musical (voire une playlist) accompagnera chacune des chroniques de cette série consacrée à la route, à la lecture et à l’écriture (sur écran). Pas d’illustration, pas d’explications, juste un choix personnel. Ainsi, libre à vous d’aller écouter cette musique, avant, pendant ou après la lecture du billet, à moins que vous ne préfériez votre musique, le silence ou les bruits qui nous entourent. J’indiquerai ce choix via un lien vers Deezer. Aujourd’hui Get going de Sebastian Sturm & Exile Airline, premier titre d’un album que j’ai découvert au moment où je terminais l’écriture de ce billet.

À demain, dans le lirécrire et en musique, sur la route et sur écran.

ChG

Un commentaire »

  1. Sur la route de l’hypermédia ;-)

    Commentaire by fournier — 12 octobre 2011 @ 10:25

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