Le blog ePagine

Conseils de lecture, entretiens, actualité numérique :

le Livre-Avenir ne se fera pas sans les libraires.

30 septembre 2011

#ebookfriday change de formule

Fin mai de cette année les éditions 100% numérique, Numerik:)ivres, lançaient une opération commerciale intitulée #ebookfriday via Twitter. Tous les vendredis ils mettaient en avant 3 titres issus de leur catalogue au prix de 0.99 € pendant 24 heures. Cette opération avait un double objectif : promouvoir leurs auteurs et montrer que télécharger puis lire en numérique des textes sans DRM sur une tablette ou une liseuse pouvaient être simples et pratiques. Inaugurée sur leur site cette opération a été étendue, suite à une demande de la librairie en ligne Bibliosurf et d’ePagine, à toutes les plateformes de vente de livres numériques. Côté ePagine nous avons chaque semaine joué le jeu, mettant en avant les titres sélectionnés par la maison d’édition sur la page d’accueil des sites ePagine et Place des libraires numérique (ce qui permettait une bonne visibilité chez la quarantaine de libraires partenaires). Sur le blog ePagine un billet était à chaque fois publié, billet dans lequel on retrouvait cette sélection mais également des textes publiés par d’autres éditeurs numériques, tous piochés dans le catalogue numérique. Tout cela était relié sur les réseaux sociaux, sur facebook mais surtout sur Twitter. Cette opération semble être un franc succès pour l’éditeur. Du côté d’ePagine et des libraires le bilan est plus mitigé alors même que j’ai eu plaisir à être partenaire de ce projet, ne serait-ce que parce qu’il permettait de mettre un coup de projecteur sur des catalogues très différents en littérature contemporaine, en polar ou en Jeunesse (publie.net, StoryLab, La courte échelle, Fleurus, Au diable vauvert… pour ne citer qu’eux) ainsi que sur des auteurs médiatisés ou pas et des textes parfois encore mal connus. Mais Numerik:)ivres vient de décider de changer de formule en créant les « duos littéraires » où « des grands auteurs parraineront virtuellement et numériquement » leurs auteurs.

Tous les vendredis, jour de l’#ebookfriday, la maison d’édition offrira gratuitement, pour chaque téléchargement au prix normal (soit 3.99 €) de l’un des titres de leur catalogue, un grand classique de la littérature. Chaque classique sera proposé au format ePub sans DRM et fera l’objet d’un traitement éditorial sous la direction d’Anita Berchenko avec une préface originale sur l’œuvre choisie et une bio-bibliographie complète de l’auteur.

Prévenu il y a quelques jours seulement de ce lancement par Jean-François Gayrard, l’éditeur de Numerik:)ivres, j’ai demandé à l’équipe ePagine dans quelle mesure nous pouvions y faire participer les libraires mais comme ce n’est pas encore possible techniquement, cette opération, les duos littéraires, se fera exclusivement depuis la librairie en ligne de Numerik:)ivres.

Tous ces classiques pourront être néanmoins téléchargés individuellement depuis les sites des librairies partenaires au prix de 0.99 € ou 1.49 € suivant les titres (cette semaine, La parure de Guy de Maupassant et Lʼinondation d’Émile Zola) ainsi que pour les deux nouveautés qui, elles seront vendues 3.99 € partout (#ebookfriday ou pas) : cette semaine, Paris-Papeete, le nouveau roman de Christine Machureau et Macadam Gonzo de Jeff Balek, deux auteurs fidèles de cette maison d’édition (présentation des textes sur Place des libraires numérique en cliquant sur les liens).

ChG

29 septembre 2011

Impressions numériques de Jean Sarzana et Alain Pierrot (publie.net / Cerf)

De plus en plus de textes publiés par des éditeurs 100% numérique font l’objet d’une édition imprimée. La semaine dernière nous revenions ici sur l’histoire éditoriale du roman Chiens féraux de Felipe Becerra Calderón (LC éditions / Anne Carrière) et nous parlerons sous peu de Après le livre de François Bon (publie.net / Seuil). C’est également le cas de Impressions numériques de Jean Sarzana et Alain Pierrot lu au moment de sa mise en ligne et chroniqué sur ce blog en novembre 2010. Depuis quelques jours ce texte est ainsi disponible dans deux formats, en numérique (dans une version actualisée par publie.net, 3.49 €) sur Place des libraires numériques (une quarantaine de libraires partenaires) ainsi qu’en papier aux éditions du Cerf (vous pouvez réserver ce livre chez votre libraire via Place des libraires).

 

reprise de la chronique du 23 novembre 2010

J’ai lu un livre formidable, Impressions numériques de Jean Sarzana et Alain Pierrot. Cet ouvrage clair, structuré, intelligent, passionnant, vous emmène « au coeur de la mutation numérique du livre, et de ses enjeux » et il répond de manière didactique aux questions qu’on est nombreux à se poser : qu’est ce que numériser un livre ? qu’est-ce qu’une oeuvre numérique ? comment et pourquoi la numérisation transforme notre rapport à la création (pour l’auteur), à la publication et à la diffusion (pour l’éditeur) et à la réception des textes (pour le lecteur) ? Et quid de Google, du droit d’auteur, de la place du livre papier et du livre numérique ainsi que de leur avenir ? Cette étude, cette réflexion, cet essai (appelez-ça comme vous vous voudrez) a également des vertus pédagogiques (revenir sur l’histoire du livre, de l’édition et sur le parcours de Google par exemple est une très bonne chose). Tout ça pour dire aussi que les auteurs, ne s’adressant pas uniquement à un public d’initiés, de geeks ou de professionnels du « livre », leur ouvrage (je peux vous le certifier) peut être lu par tout le monde (ce qui n’est pas toujours le cas dans ce domaine). En plus de ça, il est sans DRM (pas de verrous), ne coûte pas très cher (3.49 € en numérique, 16 € pour la version imprimée) et peut être lu en numérique dans différents formats (PDF, ePub, Mobipocket). Et tout de suite un long extrait (en l’occurrence l’entrée en matière).

ChG

extrait de Impressions numériques

Entrée en matière

Le livre se trouve depuis longtemps en phase de transformation continue. Sur les terrains de la publication proprement dite et de la diffusion, l’édition a connu successivement après le grand format le livre au format de poche (Le Livre de Poche, Folio, J’ai Lu…), les clubs du livre (Reader’s Digest, France Loisirs, le Grand Livre du mois…), les collections classiques grand public (Bouquins, Omnibus, Quarto, Mille & Une Pages… ), le livre à 10 francs (Mille & Une Nuits, Librio, Folio à 2€…), le multimédia dans les années 1995, l’édition en kiosque (Encyclopaedia Universalis ou Casterman avec Le Figaro, Flammarion ou Gallimard avec Le Monde…), les lancements à l’américaine (Harry Potter, Paulo Coelho, Marc Lévy, Michel Houellebecq…), la vente en ligne (Amazon, la Fnac, Chapitre.com…). Souvent dénoncées, parfois craintes, toujours imitées ou suivies, ces innovations répétées ont permis au livre d’étendre son public sans cannibalisation trop marquée du voisin et d’accroître ainsi son périmètre, en extension constante malgré la baisse régulièrement constatée de la lecture et du nombre des lecteurs — pas un rapport sur le livre ou la lecture qui ne relève depuis vingt ans cette tendance lourde.
Pour beaucoup, le numérique apparaît comme la dernière en date de ces transformations. Apparu depuis bientôt quarante ans sous la forme du scan en mode image, suivi plus tard du mode texte, il s’inscrit dans la longue lignée des avatars du livre, et représente une marche de plus dans l’ascension vers la modernité, peut-être un peu plus glissante et un peu plus haute que les précédentes. Il implique donc une adaptation des pratiques classiques et éprouvées aux nouveautés qui le caractérisent appliquées aux techniques, aux acteurs et aux publics. Mais il n’est au fond qu’un prolongement du passé, comme tant d’autres avant lui.
Pour d’autres, le numérique marque au contraire une rupture décisive dans l’histoire du livre imprimé.
Le procédé de la numérisation fragmente le texte et l’atteint dans son intégrité, sa conjonction avec Internet autorise sa dissémination à l’infini et rend vain tout espoir de suivi de l’œuvre, sauf à vouloir fermer le jeu dans un univers où tout fuit et s’échange. C’est dire qu’à plus ou moins longue échéance, chacun des maillons de la chaîne du livre est non pas remis en cause, mais remis en question. Il convient donc de revenir sur beaucoup de principes acquis et d’imaginer des réponses inédites à des problématiques radicalement étrangères à celles que connaît l’imprimé¹.
Cette dernière approche nous paraît correspondre à la réalité, c’est elle qui est développée ici. Mais notre souci n’est pas de défendre pied à pied un point de vue contre un autre, d’aligner arguments et contre arguments, bref d’opposer les Anciens aux Modernes. Il s’agit d’éclairer le débat plutôt que de l’alimenter. Les tenants de la continuité ont pour eux la pratique avérée de l’exploitant et le fait que les premiers « livres  » ressemblent beaucoup aux livres tout court. Pourquoi ne resteraient-ils pas attachés à un ensemble de processus qui ont fait leurs preuves, notamment à partir du modèle économique actuel de l’édition : si les lecteurs se raréfient, le nombre de livres vendus demeure d’année en année relativement stable². Par ailleurs, on oublie trop souvent que les maisons d’édition sont pour beaucoup d’entre elles largement sous-capitalisées, ce qui leur interdit pratiquement tout investissement prospectif. Il ne faut donc pas sous-estimer les facteurs, objectifs ou non, favorables à une certaine forme de statu quo, voire à une évolution lente selon le cours des évènements.
Il reste que les évènements courent et que les évolutions sont aujourd’hui terriblement rapides. Certains secteurs, comme la musique ou la vidéo, ont déjà subi de plein fouet le choc du virtuel et du tout gratuit, et la première en est sortie exsangue. Aux États-Unis, l’édition connaît des mutations que les professionnels vivent désormais au quotidien. La situation du livre en France ne peut pas se ramener exactement à ces expériences – chaque langue, chaque pays entretient son propre rapport au livre – mais elles indiquent clairement la tendance, que nous devions nous en réjouir ou nous en affliger. Il convient donc de profiter de l’effet Google comme accélérateur de particules et d’ouvrir largement à la réflexion autour du livre numérique le champ des nouveaux horizons.

*

Le numérique n’est pas une découverte pour le livre. Mais il ne s’est pas répandu de l’intérieur, il est venu d’ailleurs – de la musique, de la téléphonie, de la messagerie, c’est-à-dire du quotidien – d’où le sentiment général d’invasion étrangère qui a dû faire sourire plus d’un éditeur de droit ou de médecine, familier de l’envahisseur. En dehors du fait qu’à son échelle, cet environnement apparaît nouveau pour (presque) tout le monde, personne ne peut prétendre pouvoir le parcourir en entier : les opérateurs planétaires ont la puissance et la technicité, mais ignorent tout des matières où leur industrie peut trouver application ; les secteurs d’activité disposent du savoir-faire et maîtrisent leur art, mais n’ont pas la pratique des systèmes ni la familiarité des réseaux. Une fois dépassé le vertige de la fascination, on peut s’asseoir et réfléchir. Dans le nouveau rapport entre le numérique et le livre – si l’on peut dire – rien n’est encore écrit.
Nous avons pris comme point de départ de notre analyse les éléments qui nous étaient le mieux connus et qui correspondaient à nos propres expériences, tant personnelles que professionnelles. Nous traitons donc principalement ici du livre en France et du secteur de l’édition.
On sait bien que le numérique dépasse le cadre des pays et des continents et ne connaît pas les frontières nationales. Certaines de nos réflexions, au demeurant, ne se rapportent pas strictement à l’hexagone. Mais notre matière et les exemples qui l’illustrent sont le plus souvent tirés de l’expérience qui est la nôtre et du contexte particulier où elle s’inscrit.
Dans le même sens, nous nous sommes centrés sur le seul secteur de l’édition, c’est-à-dire sur les auteurs et les éditeurs. Ce n’est pas l’effet d’un quelconque désintérêt pour la librairie ou les bibliothèques : en dehors du fait que ces deux secteurs du livre s’interrogent chacun sur son avenir, la librairie porte au public le livre dans toute sa diversité, et l’affaiblissement qu’elle peut craindre à la fois de l’extension du numérique et de la vente en ligne ne manquera pas d’affecter en retour l’ensemble de l’édition ; quant aux bibliothèques, gardiennes depuis toujours de la mémoire des livres, service public de la lecture très proche de ses usagers, elles ont joué un rôle clé dans la prise de conscience via Google de l’ordre numérique. Librairies et bibliothèques sont donc, à leur façon, à l’épicentre du sujet. Mais faute de disposer de connaissances suffisantes sur chacun de ces mondes, il nous a semblé qu’une enquête aussi fouillée soit-elle ne pouvait pas remplacer l’expérience directe de l’imprégnation d’un milieu.
Aucune recherche autour du livre ne peut ignorer à quel point l’édition est multiple, et parler de l’édition comme entité relève de la gageure. On relève pourtant une prédominance de la littérature dans le regard porté sur le livre en général et dans la représentation collective de l’édition en particulier, alors que plus des trois quarts des livres vendus n’appartiennent pas à cette branche du livre. Cette constatation s’opère à la lecture de la plupart des articles de presse, rapports publics et documents de toute nature, internes ou externes au secteur, se rapportant au livre.
Nous-mêmes n’avons pas, dans les pages qui suivent, échappé à ce travers si répandu et il arrive que certaines de nos remarques, à bien y regarder, s’appliquent à la seule littérature.
Un ouvrage d’une centaine de pages ne saurait faire le tour du sujet que nous nous proposons de traiter. Chacun des sous thèmes évoqués ici appellerait à lui seul un panorama plus riche et plus précis au lieu d’un simple survol. Mais les gros ouvrages traitant de sujets d’actualité ont parfois cet inconvénient qu’ils sont caducs avant d’être achevés et les éléments évoqués ici évoluent eux-mêmes à très grande vitesse. Nous avons donc choisi le parti de la brièveté – sans nous mettre à l’abri de nos craintes.
En dernier lieu, deux chapitres de cet ouvrage sont consacrés au droit d’auteur. Nous nous sommes beaucoup interrogés avant de les écrire, n’étant ni l’un ni l’autre juriste de métier. Or le droit d’auteur est une discipline qui se nourrit surtout de la pratique et où l’espace est vaste, qui va des dispositions de la loi à l’interprétation du juge. S’aventurer sur ce terrain représentait donc un risque certain, au-delà du reproche éventuel d’illégitimité. Nous nous y sommes néanmoins résolus, pour deux raisons.
D’abord, tant qu’à parler d’un sujet que personne ne maîtrise vraiment, hors les experts patentés du domaine, pourquoi nous dispenser d’évoquer aussi celui-là ? Les auteurs et les éditeurs sont rarement des professionnels de la propriété littéraire et artistique et cependant la pratiquent tous les jours. Nous nous sommes donc autorisés à ne faire qu’en parler.
Ensuite, le sujet lui-même y invite. Comment traiter les différents aspects du nouvel ordre numérique sans évoquer le droit d’auteur qui fonde le contrat d’édition sur lequel tout, ou presque tout, repose ? Notre analyse, déjà modeste, serait apparue comme bien incomplète, et on aurait pu nous reprocher notre abstention bien plus qu’on aura lieu de critiquer notre entreprise – du moins nous l’espérons.

*

Nous allons essayer de montrer en quoi la numérisation représente bien davantage qu’une simple évolution dans le processus éditorial. Pour cela, nous commençons par planter avec Google le décor du nouvel ordre numérique (chapitre 1) avant de présenter en regard l’édition et ses principaux acteurs (chapitre 2) et de cheminer à partir du codex et de la double nature du livre vers le livre numérisé et l’œuvre numérique (chapitre 3). Nous analysons ensuite cette nouvelle manière de traiter le texte écrit dans ses effets sur les acteurs actuels de l’édition (chapitre 4), sur l’évolution de la lecture et le regard du lecteur (chapitre 5) et sur le devenir de l’œuvre elle-même (chapitre 6). Puis nous nous interrogeons à propos de quelques aspects du droit d’auteur, en deux temps – les tenants, ou le papier (chapitre 7) et les aboutissants, ou le numérique (chapitre 8). Nous évoquons avec la rémanence de l’action collective quelques uns des enjeux à venir (chapitre 9) avant de conclure sur la place que pourrait occuper demain le livre imprimé (chapitre 10).

¹ Jean Lissarrague, Quels lendemains pour le livre ? (revue Esprit, octobre 1997).

² 445 millions d’exemplaires vendus en 2005, 469 en 2006, 486 en 2007, 468 en 2008, 464 en 2009 (ventes aux caisses des libraires et clubs de livres, source SNE).

© Impressions numériques de Jean Sarzana et Alain Pierrot (publie.net), 3.49 € surPlace des libraires numérique (formats ePub, PDF, Mobipocket)

27 septembre 2011

Émile Delcroix et l’ombre sur Paris de Jacques Fuentealba chez Walrus

Place aujourd’hui aux fans d’aventures fantastiques et d’uchronie, aux passionnés d’histoires se déroulant au dix-neuvième siècle sur les toits et dans les bas-fonds d’une ville de Paris fantasmée et insolite, aux amateurs de courses-poursuites, de mondes parallèles et d’ambiances apocalyptiques mais aussi d’histoires d’amour, aux férus de duels (ici, entre un jeune artiste et un mystérieux personnage)… Autrement dit, si vous avez l’esprit steampunk, jetez un oeil à ce roman publié par Walrus, Émile Delcroix et l’ombre sur Paris de Jacques Fuentealba. Ce texte est 100% numérique, cela signifie (pour ceux qui ne le sauraient pas encore) qu’il n’existe pas pour l’instant de version papier. Vous pourrez néanmoins le télécharger depuis les sites et plateformes de tous les revendeurs de livres numériques (informations plus précises à la fin de ce billet). Avant cela je vous propose d’en lire un extrait : le prologue. Suivra une présentation de l’auteur et du studio de création Walrus, éditeur d’Émile Delcroix et l’ombre sur Paris, mis en ligne la semaine dernière. Bonne lecture !

ChG

 

Prologue

Mai 1862.

Roland Delcroix ne vit pas le premier coup venir.
Pourtant, se sentant épié, il s’était retourné plusieurs fois sur son chemin. Dès qu’il était sorti de l’Académie des Beaux-Arstranges, après une interminable retenue d’un de ses professeurs, le jeune homme avait eu l’impression que des yeux inquisiteurs s’étaient posés sur lui et ne le lâchaient plus, alors qu’il s’enfonçait dans le dédale du Quartier Latin. Presque désertes, les rues de Paris étaient mal éclairées.
Il s’était arrêté et s’était retourné en une occasion, en entendant comme un froissement râpeux. En réaction à ce bruit, sa Muse s’était mise à tournoyer autour de sa tête et avait pris de la hauteur pour examiner les environs. C’était un petit pégase à la robe argentée, de la taille d’un poing.
Mais ni elle ni lui n’avaient rien vu. Pas un chat. Pour seul mouvement, le tremblotement de la flamme du réverbère le plus proche.
Cela l’avait poussé à accélérer le pas, la Muse aux aguets dans son sillage.
« Attention ! » avait soudain crié la créature ailée, incarnation de son Inspiration d’Artiste, tandis que Roland rasait les murs d’une ruelle aux façades aveugles.
Un poing énorme et dur comme la pierre l’avait cueilli à l’improviste, broyant ses chairs et les entaillant de ses aspérités tranchantes.
Après avoir été projeté plusieurs mètres en arrière, il s’était effondré sur le pavé glacé, une douleur atroce irradiant depuis ses côtes dans tout son corps.
C’est alors seulement que son agresseur lui apparut.
Le poing qui l’avait frappé avait surgi du mur. Le bras, puis le reste du corps suivirent. Une forme monstrueuse le surplombait de toute sa hauteur depuis la pénombre. L’instant d’auparavant, elle se confondait avec les briques. Maintenant, il l’entrevoyait à travers le rideau de ses larmes.
Roland essaya de respirer. Il produisit un bruit de soufflet troué. Une vague de souffrance balaya son corps. Il plaqua sa paume tremblante contre le sol, en une tentative désespérée de se relever.
La créature s’approcha de lui à grands pas et ce fut comme si les ténèbres s’abattaient d’un coup sur le jeune homme. Une nuit étrange, faite de petits éclats chatoyants.
Comme des joyaux, divagua son esprit enfiévré.
Sa Muse s’interposa en voletant devant le colosse. D’un geste incroyablement rapide pour sa corpulence, le monstre attrapa le petit pégase et le broya entre ses doigts, dans un bris d’os écœurant.
Roland écarquilla les yeux devant le spectacle du sang qui s’écoulait de la main de son agresseur. Les Muses n’étaient pas immortelles ?
Des pensées funestes tournoyaient dans son esprit, il se sentait déjà partir, quitter cette vie avec soulagement presque, tant sa souffrance était grande.
Mais l’instinct de survie agit comme une douche froide sur son être. Il percevait toujours la douleur, et cette confusion qui avait envahi son esprit, cependant une part de lui, qui s’accrochait à cette Terre, refusait de capituler et le fit se redresser sur son séant.
Ses doigts tremblants trouvèrent le chemin de la poche intérieure de sa veste.
Le tueur de Muse s’avança lentement sous la lueur du réverbère, comme s’il attendait de plus amples instructions. Il rutilait sous la lumière diffuse, constitué de la tête aux pieds de blocs de jade et d’obsidienne enchâssés les uns dans les autres. Un golem… mais différent de tous ceux qu’il avait vus jusqu’à aujourd’hui.
Roland retira la plume de Phénix d’Équateur de sa poche. En tant normal, elle distillait une douce chaleur dans sa paume. Jadis, elle semblait presque vivante, alors qu’il traçait des lignes et des courbes sur des feuilles de papier, guidé par son Inspiration.
Mais cette dernière l’avait déserté, avec la mort de sa Muse. Il l’éprouvait au plus profond de sa chair, par-dessus la souffrance et l’agonie, comme une évidence.
La forme monstrueuse s’approcha encore, bouchant la lumière du réverbère en se penchant sur lui.
Une ombre, une grande ombre va recouvrir Paris, se mit à délirer Roland. Dans sa main, les barbes soyeuses se rappelèrent à lui. L’ironie lui fit grimacer un sourire. Avoir une plume de cet oiseau mythique ne garantissait nullement l’immortalité pour son possesseur !
À deux pas de lui, à peine, le colosse se figea, aussi immobile que les murs froids et silencieux autour. Ses yeux de pierre se contentaient d’observer la mort inéluctable de l’Artiste, en renvoyant un éclat luisant.
La vue de Roland Delcroix se troubla, ses pensées se dispersèrent. Puis l’espoir, la survie revinrent s’accrocher à sa chair moribonde.
La plume… Là, dans sa paume.
Il devait essayer, même si tous disaient que c’était voué à l’échec.
Sans Muse, pas d’Inspiration, et sans Inspiration, pas d’Arsestrange possible.
Il approcha l’instrument tremblant des estafilades qui écorchait sa peau, utilisant le sang qui ruisselait sur son torse en guise d’encre.
Il ne devait pas réfléchir. Juste agir. Oublier la douleur qui carillonnait dans son crâne et rendait ses muscles gauches et affreusement lents. Il allait tracer un cercle autour de lui, qui interdirait à ce maudit golem de l’approcher.
La plume crissa sur le pavé. Cinq, dix centimètres. Il sentit un léger frémissement agiter l’instrument, rien de plus. Un léger, désespérant frémissement.
L’Inspiration s’était enfuie, le laissant seul face au monstre, avec son sang, ses pensées s’écoulant dans le caniveau.
« À l’aide », croassa-t-il, alors qu’il voulait hurler.
L’image de Luzarch, son premier professeur en Arsestranges tournoya dans sa tête. Il aurait aimé lui parler, lui faire part de ses découvertes récentes. La cité… La cité ! Puis il revit une dernière fois ses parents, son cousin Émile, ses amis de province et de l’Académie. Ils le regardaient, muets, comme s’ils attendaient quelque chose de lui.
Le golem était sur lui maintenant. Il avait enjambé le trait écarlate sans même ralentir.
Son poing se leva pour le coup de grâce. S’abattit. Encore et encore.
Le froid s’empara de Roland. Une vague de blancheur cristalline l’emporta.
© Emile Delcroix et l’ombre sur Paris de Jacques Fuentealba, Walrus, 2011.

 

Présentation par l’éditeur
1863, dans un Paris peuplé de créatures fantastiques et de machines extraordinaires.
Émile Delcroix est un jeune étudiant aux Beaux-Arsestranges  animé de deux passions, l’une Artistique, l’autre personnelle. D’un côté il tente depuis des mois d’extirper du papier sa Muse, quintessence de son Talent et de son Inspiration. De l’autre il y a Floriane, cette splendide Actrice aux cheveux émeraude dont il est épris. Mais les choses changent le jour où Émile se fait voler sa Muse nouvellement née par un sombre et mystérieux personnage.
Des catacombes à la Cour Chthonienne, des passages secrets de la Sorbonne aux toits de la capitale, le jeune Artiste n’aura de cesse de la retrouver. Mais pendant ce temps, une ombre s’étend sur Paris : une sourde menace approche…

 

Qui est Jacques Fuentealba ?
« L’univers littéraire de Jacques Fuentealba est un mélange détonnant de lectures d’enfance où l’on retrouve les grands noms de l’imaginaire anglo-saxon (R.E. Howard, Lovecraft, Zelazny, Moorcock), d’un intérêt certain pour le réalisme magique et le fantastique hispanophone (dont il est désormais un promoteur reconnu en France) et d’une passion irrépressible pour la micronouvelle à la française (genre où se sont illustrés avant lui Jacques Sternberg ou Jean-Pierre Andrevon). De Jacques Fuentealba on a pu lire Scribuscules (La Clef d’argent) ainsi que de nombreuses nouvelles dans les revues Galaxies, Black Mamba, Lunatique ou Borderline (source : La Clef d’argent). Il anime également le blog Un coin de ciel entre Salem et Midian.

 

Qui est Walrus ?
Walrus est un studio de création et d’édition de livres numériques spécialiste de l’ebook multimédia. Le studio élabore des ouvrages et des contenus pensés pour les tablettes, en collaboration avec les éditeurs, les entreprises et les collectivités. Ils sont également consultants. Ils ont publié à ce jour L’origami (les doigts dans le nez) qui vous propose d’apprendre en vidéo à réaliser cinq origamis, Je suis Rage, roman fantastique de Guillermo Alverde, La chair d’Achala, bande-dessinée de Charlie Bossu (chroniquée ici), Les Balades d’art contemporain en Yvelines (sorte de guide pratique d’une manifestation d’art contemporain in situ qui a eu lieu de mai à fin septembre 2011 dans le département des Yvelines), trois ouvrages très différents de Jiminy Panoz, Le Guide de l’Auto-Publication Numérique (The Writers’Guide to Self-ePublishing in english), Spirit of 76 (roman noir) et Génération enragée (pamphlet révolutionnaire). Le petit nouveau tout droit sorti du studio est donc Émile Delcroix et l’ombre sur Paris de Jacques Fuentealba. Tous ces textes peuvent être téléchargés via immatériel sur tous les sites de vente de livres numériques. Tous proposés sans DRM, certains sont gratuits et le plus cher est vendu 3.99 € (liste des titres ici et des libraires partenaires d’ePagine là).

25 septembre 2011

rentrée littéraire numérique 2011 : quelle offre éditoriale ?

Parce qu’on nous pose souvent la question et afin de tenter d’y voir plus clair nous vous proposons aujourd’hui de revenir sur la rentrée littéraire numérique 2011 en nous concentrant non pas sur ce que nous avons lu et aimé mais sur l’offre éditoriale (éditeurs présentant pour un même texte la version papier et la version numérique et éditeurs publiant uniquement en numérique avec ou sans impression à la demande). Nous indiquerons ici le nombre de nouveautés parues depuis le 18 août 2011 pour chaque éditeur en littérature uniquement (nous nous occuperons des autres rayons plus tard), s’ils contiennent ou non des DRM (verrous) et dans quelle fourchette de prix leurs titres se situent. Pour aller voir de plus près leur catalogue (nouveautés et livres de fond) il vous suffira de cliquer sur les liens infra ; si ceux-ci vous renverront sur ePagine ou Bibliosurf lorsque ces éditeurs ne sont pas présents sur ePagine sachez que toutes les librairies partenaires vendant des livres numériques (liste ici) vous permettront, suivant les choix des éditeurs, de télécharger ces mêmes titres dans plusieurs formats (ePub, Pdf, mobi, streaming…).

ChG

 

237 ebooks à ce jour pour 44 éditeurs traditionnels et 100% numérique
(si jamais nous en avions oublié, ne pas hésiter à nous le faire savoir)

 

• Éditeurs proposant des livres numériques sans DRM (depuis le 18 août 2011)

>>> jusqu’à 4.49 €

Allia (littérature française), 3 titres (entre 2.99 € et 4.49 €)
Angle mort (SF), 1 titre (2.99 €)
Ex-Æquo (littérature et polars), 4 titres (3.99 €)
Numerik:)ivres (littérature et polar), 2 titres (entre 2.99 € et 3.99 €)
publie.net (littérature contemporaine, poésie et romans noirs), 16 titres (entre 1.99 € et 3.49 €)
StoryLab (nouvelle), 1 titre (0.99 €)
Walrus (fantastique), 1 titre (3.49 €)

>>> jusqu’à 11.99 €

Au diable Vauvert (littérature française), 5 titres (entre 4.99 € et 9.99 €)
Bleu autour (littérature française), 1 titre (8.49 €)
Champ Vallon (littérature française), 1 titre (11.99 €)
D’un noir si bleu (littérature française), 4 titres (10.99 €)
La Fosse aux ours (littérature étrangère), 1 titre (11.99 €)
LC éditions (littérature étrangère), 1 titre (remise en vente) (9.90 €)
Le Bélial (SF), 3 titres (entre 1.59 € la nouvelle et 11.99 € le livre complet)
Minuit (littérature française), 5 titres (entre 6 € et 10.50 €)
Philippe Picquier (littérature étrangère), 2 titres (entre 5.99 € et 8.99 €)
Zoé (littérature francophone), 1 titre (11.99 €)

>>> jusqu’à 17.99 €

La courte échelle (littérature francophone, poésie, polars et thrillers), 16 titres (entre 1.02 € la nouvelle et 14.53 € le livre complet)
Métailié (littérature étrangère), 1 titre (14.99 €)
Passage du Nord-Ouest (littérature étrangère), 1 titre (17.99 €)

 

• Éditeurs proposant des livres numériques avec DRM (depuis le 18 août 2011)

>>> jusqu’à 14.99 €

Denoël (littérature française), 3 titres (entre 14.03 € et 14.45 €)
Flammarion (littérature française), 4 titres (entre 14.90 € et 14.99 €)

>>> jusqu’à 17,60 €

Calmann-Lévy (littérature française et étrangère, romans régionaux, thrillers), 9 titres (entre 10.99 € et 15.99 €)
Fleuve Noir (littérature et thrillers), 4 titres (entre 11.99 € et 16.99 €)
Gallimard/Verticales (littérature française et étrangère, thrillers), 18 titres (entre 13.20 € et 17.60 €)
Grasset (littérature française et étrangère), 13 titres (entre 11.99 € et 16.99 €)
JC Lattès (littérature française et étrangère, thrillers), 8 titres (entre 12.99 € et 16.99 €)
Julliard (littérature française), 4 titres (entre 12.50 € et 17 €)
La Table ronde (littérature française), 2 titres (entre 10 € et 17 €)
Le cherche midi (thrillers), 2 titres (entre 14.99 € et 17 €)
Le Masque (polars et thrillers), 1 titre (16.99 €)
Liana Levi (littérature étrangère), 1 titre (16.99 €)
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Seuil (littérature française et étrangère), 10 titres (entre 10.99 € et 24.99 €)

23 septembre 2011

Brigitte Célérier lit Leslie Kaplan

Aujourd’hui Qui lit quoi ? #5 en compagnie de Brigitte Célérier qui nous propose une lecture mordante de l’ensemble de textes poétiques et politiques de Leslie Kaplan, Les mots (publie.net) dont j’avais publié un extrait en avril dernier sur ce blog. Cet ensemble est disponible en numérique sur les sites des revendeurs de livres numériques, dont ePagine (format ePub uniquement) ou Place des libraires numérique (PDF, ePub, streaming, mobi) et les libraires partenaires (liste ici). Et merci à Brigitte Célérier pour sa confiance !

 

 

Pour les encore craintifs devant la lecture sur écran un texte court (57 pages), pour les amoureux des mots, de la raison et d’une certaine causticité, pour les gens en colère, un plaisir, ou mieux une formulation de nos idées.

« Les mots, qu’est-ce que c’est ?
on se pose cette question quand il y a une crise
quand on ressent une crise
des mots, du langage, du sens
les mots sont dévalorisés, ne signifient plus rien,
mensonges, tromperie. »

Les mots, la littérature, importants pour ne pas être engloutis, brouillés, abêtis par les mots qui volent de politiques en médias, en conversations paresseuses et sans pensée, grâce aux mots qui ouvrent au monde quand on les respecte, qui creusent le réel, au plus près.

Un texte qui avance en fragments de phrases rythmées, rebondissantes.

« c’est une recherche de vérité
concrète
sur la société, l’état de la société
et le monde
et le rapport qu’ici et maintenant je maintiens
avec elle »

Les mots de la littérature, les mots sortis du flux banal, protection contre la trivialité de la société, devraient être à la base de la démocratie s’ils n’étaient détournés.

Et les phrases de Leslie Kaplan, découpées en petits blocs frappant, sont pleins d’une ferme colère froide contre le relativisme, le suivisme, le détournement, et d’espoir dans la langue et les idées, dans la façon dont les mots se tissent pour les exprimer, montrent ce qu’ils disent de la réalité de notre société, l’exclusion, la surveillance, la façon dont ils sont utilisés pour créer un désir d’autorité, de s’en remettre, une méfiance.

Cette société où l’on doit être heureux, mais qui est réunion de personnes qui ont des raisons d’être malheureux, et qui s’efforcent d’être conformes, donc heureux, avec une sexualité épanouie, et des désirs, des enthousiasmes pour ces objets, tous ces objets qui sont offerts, non pas offerts dans le sens du don mais montrés, prescrits, petits objets de rien qui sont à notre portée, rêves humbles et fabriqués.

Société de clichés, celui de la femme libérée, de la douceur féminine, de la différence des sexes… où les têtes sont comme « caddie dans un supermarché la veille de Noël ».

Les phrases avancent et amènent, donnant chair aux idées, des situations, des hommes et femmes qui côtoient toutes nos vies, qui pourraient être nous, ceux qui sont victimes des mots manipulés, les adolescents qui bossent mais ne sont pas travailleurs mais « en stage », ceux qui sont sur le bord, sortis du monde des mots de la société, pour laquelle elle trouve des noms qui les caractérisent, les séparent.

« mais ce qui restait était le nom
donné à ces gens-lÃ
on les appelle les « hommes-ordures » »
Et voici que je vais finir par être aussi longue que le texte, qui, sans en avoir l’air, tissant les récits, les formes, dit l’essentiel
« en tant que demeure
humaine
le langage est fondé
sur ce qui se passe
entre les mots
si cet entre-mots
tombe
alors
désastre
la violence »

et se termine, comme une lumière, en une longue litanie « d’hommes libres », comme un espoir, des modèles.

« c’est un homme qui a passé sa vie en prison en subissant le pire et qui sort avec un visage ouvert,
radieux. Nelson Mandela.
c’est une femme qui a toujours pensé qu’elle était l’égale de l’homme ;
c’est Bartleby le copiste de Melville qui un jour arrête tout en disant, I would prefer not to, Je préfère ne pas (…) »

 

Brigitte Célérier (brigetoun pour les blogueurs, les twitteriens, les facebookés, les babelionnistes…) se décrit volontiers comme « paumée », « dépassée – et pourtant ». « Brigetoun et ses entours surtout, ne sont pas Brigitte Célérier et ses entours – se ressemblent fortement – ont beaucoup de points communs – ne sont pas totalement identiques – fantaisie ou mensonge revendiqués », écrit-elle aussi. Brigitte Célérier est avignonaise et sans elle le festival d’Avignon ne serait pas ce qu’il est (en tout cas pour ceux qui sont restés à ce moment-là derrière l’écran). Brigitte Célérier est blogueuse et IL FAUT (message subliminal à Google) lui rendre visite. Ses portes et fenêtres sont ouvertes tous les jours ici et là. Brigitte Célérier c’est la vigie du web. Sans elle les vases communicants (le premier vendredi de chaque mois) seraient un beau foutoir. Et sans elle on serait orphelins de comptes-rendus en textes et images. Brigitte Célérier s’excuse, s’absente, se perd, part, revient, c’est un deux-en-un dont on ne peut se passer, personne et personnage tous deux très touchants et addictifs. D’elle on peut télécharger gratuitement Brindilles sur le site Oeuvres ouvertes, ses portraits, ses tables et ses portes sur calaméo. D’elle on lira aussi ses twitts, ses chroniques de lectures sur Babelio, ses nombreux coups de gueule sur Facebook, ses matins difficiles, ses nuits à fumer des cigarillos et à écrire, ses soirées théâtrales et musicales, ses errances dans la ville, son opiniâtreté.

© Ben

Leslie Kaplan est née à New-York en 1943, elle a été élevée à Paris dans une famille américaine, elle écrit en français. Après des études de philosophie, d’histoire et de psychologie, elle travaille deux ans en usine et participe au mouvement de Mai 68. Elle publie depuis 1982 (L’Excès-l’usine, Hachette/P.O.L, repris en 1987 aux éditions P.O.L). Quatre autres livres peuvent être téléchargés au format numérique : Louise, elle est folle (2011),  Toute ma vie j’ai été une femme (2008), Fever (2005), Les Outils (2003). Tous les autres textes de Leslie Kaplan publiés par P.O.L sont disponible dans leur version papier (liste complète sur Place des libraires) dont Les Amants de Marie (2002), Le Psychanalyste (1999), Les Prostituées philosophes, Depuis maintenant 2 (1997), Depuis maintenant, Miss Nobody Knows (1996), Les Mines de sel (1993), Le Silence du diable (1989), L’Épreuve du passeur (1988), L’excès-L’usine (1987), Le Pont de Brooklyn (1987), Le Criminel (1985), Le Livre des ciels (1983). Maintes fois citée sur ce blog, deux chroniques lui ont également été consacrées (en mai 2010 et en avril 2011). Pour suivre son actualité, ses ateliers et lectures, la lire, l’entendre,…, cliquez par ici (site de P.O.L) et par là (remue.net).

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