Le blog ePagine

Conseils de lecture, entretiens, actualité numérique :

le Livre-Avenir ne se fera pas sans les libraires.

29 août 2011

Les Morues en promo avec Au diable Vauvert

Le premier roman de Titiou Lecoq, Les Morues, a paru le 18 août en papier et en numérique. Comme cet hiver dernier avec les deux titres polar de Catherine Fradier, Au diable vauvert propose de télécharger ce titre dès son lancement au prix de 3,99€ jusqu’au 18 septembre. Il passera ensuite à 9,99€.

Les autres parutions numériques de la rentrée du diable ne bénéficieront pas de lancement promotionnel mais la politique de la maison (prix raisonnables) les rend tout de même attractifs au milieu d’une offre générale plus élevée (hors éditeurs pure players). Ces ebooks sont toujours proposés sans DRM. Ce titre figure aussi parmi les finalistes du prix du roman 2011 LIRE & Virgin Megastore qui sera remis le 30 août. Infra, la présentation de ce roman par les éditeurs et couverture du texte avec jambes de poupée Barbie en prime.

C’est un roman qui commence comme cela : « Au début, il y a la sonnette – et la porte qui s’ouvre et se referme sans cesse. Des pas qui résonnent dans l’entrée. Et des embrassades, des « ah », des « oh ». T’es déjà arrivé ? J’croyais que tu finirais plus tard le taff. Ouais, mais finalement j’ai bien avancé. Hé, Antoine on va pas parler boulot ce soir, hein ? Ça serait de la provoc ! Un brouhaha généralisé. Des verres qui tintent. T’as apporté les bougies ? Non c’était à Ema de le faire. » Et c’est un roman qui commence aussi comme cela : « Depuis une dizaine de minutes, Ema gardait la tête obstinément levée vers la voûte. En suivant des yeux les courbes compliquées des arches gothiques de l’église, elle espérait éviter de pleurer. Mais d’une elle commençait à avoir sérieusement mal à la nuque et de deux il devenait évident qu’elle ne pourrait pas échapper aux larmes de circonstance. »
C’est donc l’histoire des Morues, d’Emma et sa bande de copines, de ses amis, et, si l’on s’y arrête une minute, c’est le roman de comment on s’aime en France au début du
XXIème siècle. Mais c’est davantage. C’est un livre qui commence comme une histoire de filles, continue comme un polar féministe en milieu cultivé, se mue en thriller de journalisme politique réaliste – au cours duquel l’audacieuse journaliste nous dévoilera les dessous de la privatisation du patrimoine culturel français – et vous laisse finalement, 500 pages plus loin sans les voir, dans le roman d’une époque embrassée dans sa totalité par le prisme de quatre personnages. Cet ambitieux projet romanesque, qui a pris plusieurs années à son auteur, est une réussite totale. D’abord parce qu’il se dévore. Que sa lecture procure un plaisir continu, et qu’il emprunte toutes ses voies pour s’inscrire dans une perspective globale avec une acuité, une ironie et une gouaille bien contemporaines, mais en y superposant le paysage littéraire d’une jeune femme d’aujourd’hui qui, petite fille, réécrivait la fin des romans de la Comtesse de Ségur pour celles qu’elle préférait lire. Cela donne un authentique et passionnant roman français.

Pas de commentaire »

Pas encore de commentaire.

Flux RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire

© ePagine - Powered by WordPress