Le blog ePagine

Conseils de lecture, entretiens, actualité numérique :

le Livre-Avenir ne se fera pas sans les libraires.

29 juin 2011

Entretien avec Elias Jabre (collection One shot chez StoryLab)

Il y a quelques semaines l’éditeur pure player StoryLab lançait une nouvelle collection d’ebooks (des nouvelles pour moins d’un euro) : « One shot ». Initiateur de ce projet, Elias Jabre (que je croise depuis quelques mois chez ePagine) est également devenu le premier auteur à rejoindre cette nouvelle collection avec deux de ses nouvelles. Après Absolut barbarian trip (fin mai) c’est au tour de Un psychopathe et demi d’être désormais propulsé sur tous les sites de vente en ligne, mobiles ou non. Deux nouvelles donc et deux univers : Absolut barbarian trip semble avoir été écrit à cent à l’heure ; ici le trip (vous le lirez dans tous les sens du terme) vous entraînera dans une descente aux Enfers sur une île où des jeunes gens (dont le narrateur de cette histoire) ont été sélectionnés pour participer à un jeu où les règles (sex & drugs & rock ‘n’ roll) étaient sans doute trop simples pour être honnêtes… Un psychopathe et demi est en revanche une nouvelle beaucoup plus lente, plus angoissante aussi, quasiment un huis clos. Et ici Elias Jabre s’empare, via le thriller, de nos petites lâchetés avec une radicalité effrayante. Place maintenant à l’entretien auquel Elias a bien voulu participer. Merci à lui.

 

Entretien avec Elias Jabre

 

Avec Absolut barbarian trip et Un psychopathe et demi, StoryLab vient d’inaugurer une nouvelle collection (« One shot ») réservée aux textes très courts, mobilité oblige. Qui a eu l’idée ? L’éditeur ? Toi ?
L’idée de lancer une collection de nouvelles me trottait dans la tête depuis un certain temps. On avait commencé à y réfléchir avec un petit groupe à l’époque où on essayait de monter une maison d’édition papier, et en calculant, publier des nouvelles papier à moins de deux euros, s’avérait injouable d’un point de vue économique. Travaillant également dans l’édition numérique, je savais qu’il y avait une autre carte à jouer. J’ai commencé par aller voir un éditeur traditionnel, mais l’ebook lui semblait trop nébuleux pour se lancer. Un jour, j’ai découvert Storylab et j’ai été fortement séduit par leur positionnement. Ils étaient arrivés aux mêmes conclusions : des textes courts, à prix réduit, pour la mobilité, en numérique. J’ai commencé par envoyer Absolut Barbarian Trip, qui a leur a plu, et quand j’ai rencontré Nicolas Francannet, l’un des fondateurs, je lui ai proposé de pousser leur logique jusqu’au bout : des formats « nouvelles » vendues sur le modèle des tracks de musique à 99 cents.

 

As-tu le projet d’écrire d’autres nouvelles pour cette collection ? Si oui seront-elles ensuite réunies dans un recueil ?
Rien n’est encore défini.

 

J’imagine que la collection est ouverte à d’autres projets d’écriture, à d’autres auteurs confirmés ou débutants. Qui fait la sélection et comment un auteur doit procéder s’il souhaite envoyer un de ses textes ?
Bien sûr, tant que le texte gagne nos faveurs ! La ligne éditoriale, c’est essentiellement deux critères. Le format court, des nouvelles entre 25 000 et 45 000 signes. Et des histoires, sans limite de thème, du thriller à la science-fiction, etc. L’idée que les auteurs développent des univers forts, à l’instar des séries américaines, nous plaît aussi beaucoup. La sélection est faite par le comité de lecture Storylab, et quelques lecteurs donnent également un premier avis. Les manuscrits peuvent être envoyés ici.

 

Tu travailles actuellement à un projet en Recherche et Développement pour ePagine, le livre numérique ne t’est donc pas étranger. Tu pourrais nous en parler un peu ?
Je suis le projet SOLEN, c’est une plate-forme de recherche destinée aux libraires qui associera par contexte des contenus de journaux, de revues et des livres numériques, le but étant de multiplier les croisements pertinents entre différents contenus. Concernant l’ebook, étant donné la facilité à produire un livre aujourd’hui (un ebook mais également un livre papier) à un coût limité, je crois que les éditeurs vont devoir réinvestir de façon ferme leur premier rôle, celui d’accompagner les auteurs, en prenant le temps de travailler leurs textes. Désormais, il va falloir se démarquer encore davantage pour être visible, et l’éditeur reste le principal garant des auteurs publiés. En plus de la production foisonnante où il faut trouver sa place, il y a également les nouveaux prescripteurs qui vous attendent au tournant, des nouvelles formes de critique professionnelle avec des sites comme nonfiction, aux critiques de lecteurs regroupés dans des communautés comme Babelio. De leur côté, les prescripteurs libraires vont sans doute voir leur rôle s’accentuer en même temps que leur métier évoluer. Ils pourraient se mettre à gérer des communautés de lecteurs en ajoutant une coloration plus humaine que la simple relation entre internautes qu’offrent les solutions pure web, sans compter leur expertise et leur relation étroite avec les éditeurs et les auteurs. Plus ancrés dans des pratiques traditionnelles, ils sont à même de créer un nouveau type de lien correspondant à une nouvelle évolution d’internet qui reflue vers le physique, et qui mêle le physique au web, le local au global, le ebook au papier. Par exemple, un libraire, aujourd’hui, est amené à proposer à la communauté de clients de sa librairie (physique et numérique) des contenus ebooks qui n’existent pas en papier, des extraits numériques pour des œuvres à paraître (en papier et numérique), les titres en numérique des livres qui sont épuisés au format papier. Il mêlera de plus en plus des offres papier et numérique à travers de nouvelles relations qu‘il reste encore à inventer, en plus des rencontres libraires avec les auteurs et de toutes les autres activités qu‘il propose déjà et qui vont également évoluer. C’est les outils qu’ePagine construit avec eux pour suivre ce mouvement de fond.

 

Et personnellement tu as quel rapport avec les nouveaux supports de lecture ? As-tu une liseuse, une tablette, lis-tu sur smartphone ? Pratiques-tu les sites, les blogs ? Lesquels ?
J’ai acquis sur le tard un iphone, et peu à peu, à force de lire de la presse, mes mails, et des extraits de nouveautés que je n’avais jamais eu l’idée d’ouvrir en librairie, je me suis fait plus rapidement que je ne pensais à la lecture ebook sur écran LCD. Sans compter des livres du domaine public et gratuits en numériques que je ne pense pas non plus acheter : la vie de Poe par Baudelaire, des nouvelles de Poe que je ne connaissais pas, des aphorismes et poèmes d’Oscar Wilde, etc. Mais je pense que le livre doit rester court, sinon j’ai tendance à revenir au papier. J’avais également obtenu une tablette E Ink d’un précédent travail, et cette fois, il n’y a plus de problème de format. J’ai lu Albertine disparue et la thèse d’un ami de 400 pages (si l’on compte en papier) sans difficulté. En revanche, je ne prenais pas la tablette E Ink avec moi en déplacement, je ne lisais qu‘à la maison. D’une technologie à l’autre, ce ne sont pas les mêmes usages de lectures, les mêmes textes qu’on a envie de lire, etc. Concernant les blogs, j’en fréquente quelques-uns en plus de celui d’ePagine. Par exemple, Le silence qui parle qui fait de belles propositions de textes, des extraits littéraires et critiques, de philo, de danse, de politique, etc.

 

Ton premier roman, Immortalis publié au Masque en 2004 (Prix du roman fantastique du festival de Gérardmer) était un thriller très enlevé où tu jouais beaucoup avec les codes du genre. On sent que tu t’es également amusé pour écrire Absolut barbarian trip qui pourrait être inspiré par des émissions et des jeux de télé-réalité. Est-ce une de tes marques de fabrique ou un hasard ?
Dans Immortalis, il y avait, je crois, comme une volonté de parodie qui traversait l’histoire, l’écriture et les personnages, tout en mêlant de nombreux codes comme les jeux vidéo et le manga, sans compter un jeu de référence constant à d’autres livres par des citations en début de chapitre, sorte de puzzle qui raconte encore une histoire, mais devenue suspecte à force d’insister sur le fait qu’elle est composée de vieilles pièces, tout en restant une histoire avec tout un mélange clinquant. Absolut barbarian trip est pour moi très différent, ou alors ça passe ailleurs. Aucune parodie directe. Il y a, je crois, une plus grande innocence dans ma façon d’écrire. Mon personnage est en plein dans la marmite et moi avec d’une certaine manière, aucune raison qu’on échappe au dehors et de ne pas être plongé dans cet univers qui va s’avérer tout aussi fabuleux qu’effroyable, aussi loin qu’il semble pousser les limites… Plutôt que les jeux de téléréalité, j’ai dû prendre des bouts de souvenirs, soirées étudiantes, voyages dans des similis Club Med, observations de fêtards en vacances, sans compter le springbreak des étudiants américains qui inspirent les écoles de commerce françaises où les fêtes ne sont peut-être pas encore aussi extrêmes, quoique… Nicolas, après avoir lu ma nouvelle, m’a dit : j’ai immédiatement pensé à l’île de Ricard, elle est réservée par les écoles de commerce pour des séminaires « festifs » ! Cette culture qui mêle fête, beuverie et sexe s’est propagée à très grande échelle. Dans mon autre nouvelle qui vient d’être mise en ligne, Un psychopathe et demi, j’essaye de mettre la même sincérité et jubilation dans l‘écriture, une histoire avec un type enfermé dans un espace conjugal menaçant qui ne supporte plus les coordonnées du monde, et où il ne voit pas d’échappatoire. Peut-on vivre dans les coordonnées que nous donne le monde à tel moment ? Comment se manifestent-elles dans les corps de mes personnages impuissants pour les pousser à l’impensable, à l’infamie, qui deviennent des pistes loufoques qu’il ne faut pas hésiter à explorer pour retrouver de la respiration…

 

 

Propos recueillis par Christophe Grossi pour le blog ePagine.

26 juin 2011

TAZ de Hakim Bey (L’éclat) en ePub

Pour saluer l’arrivée imminente en ePub du livre culte d’Hakim Bey, TAZ, Zone Autonome Temporaire (éditions de L’éclat), je proposerai aujourd’hui un long billet avec présentation (et liens vers différentes TAZ) de cet essai qui soutient que la seule manière d’agir serait de mettre en place des actions directes (soulèvements) dans des zones précises et éphémères gérées par des réseaux actifs, souterrains, clandestins et temporaires plutôt que de faire la révolution qui d’après l’auteur est toujours quelque chose de vain. Ma lecture sera suivie d’un texte reçu par un certain Lhermine qui, apprenant que je préparais une chronique, m’a fait parvenir son témoignage sur la TAZ appliquée aux carrières de Paris. Enfin, tout en bas je reproduirai un extrait du premier chapitre de ce livre. Un extrait plus long pourra être téléchargé sur ePagine, Place des libraires numériques et les sites des libraires-partenaires dès mardi, jour de la mise en ligne du texte intégral en ePub qui sera vendu 3,90 € sans DRM of course. Je réactualiserai alors ce billet (avec liens de téléchargement).

mise à jour du 28 juin 2011 : pour consulter la fiche de présentation de l’ePub, télécharger un extrait ou le texte complet depuis ePagine (3,90 € sans DRM), cliquez ici !

 

Avant toutes choses je tiens à signaler que TAZ d’Hakim Bey a été traduit de l’anglais par Christine Tréguier avec l’assistance de Peter Lamia & Aude Latarget. Si le texte original est apparu pour la première fois en 1985, il a été publié en 1991 aux États-Unis puis en mai 1997 en France aux Éditions de l’Éclat (lire le billet consacré à cet éditeur sur ce blog en novembre 2009). Aujourd’hui l’éditeur français en est à sa 8e édition bien que tous les écrits d’Hakim Bey soient libres de droits et que, selon les voeux de l’auteur et de l’éditeur, le texte original de ce livre puisse être librement piraté et reproduit (sous réserve d’information préalable auprès de l’éditeur). Enfin, TAZ est le premier titre des éditions de L’éclat à être fabriqué en ePub par Sébastien Cretin d’ePagine et à être commercialisé dans ce format ; d’autres arriveront dans les prochaines semaines. Je vous tiendrai au courant.

Avec TAZ (Temporary Autonomous Zone ou Zone Autonome Temporaire) Hakim Bey est devenu en une bonne vingtaine d’années un des personnages les plus emblématiques de la contre-culture dans le monde (d’autres essais et articles ont été écrits depuis). Libertaires, altermondialistes, anarchistes, hackers, cataphiles, créateurs, tagueurs, raveurs, internautes, squatters, tous lui vouent un véritable culte depuis la publication de son essai, un culte qu’il a lui-même alimenté en choisissant de créer ce personnage d’Hakim Bey (presque personne ne sait où vit celui qui se cache derrière ce pseudonyme) afin, dit-il, de se protéger mais aussi pour créer du mystère. Subversif, sujet à polémiques, à la fois visionnaire, utopiste et radical (il condamne par exemple la famille pour prôner la bande et il est également contre l’alphabétisation), Hakim Bey fait souvent référence dans ses écrits à Thoreau, Foucault, Baudrillard, Nietzsche, aux grands maîtres soufis ; il est également féru de chamanisme et de tantrisme et il s’intéresse de près aux sociétés totémiques du XVIIIe. S’il se défend d’être un gourou, un porte-parole ou un maître à penser, néanmoins des milliers d’hommes et de femmes dans le monde, après avoir lu TAZ, ont cherché à appliquer ce qu’il défend dans son essai, à faire tomber les barrières et à créer leur propre zone temporaire (que la raison du soulèvement soit politique, sociale, artistique…). De la même manière, s’il n’a jamais voulu « construire un dogme politique », s’il s’est « délibérément interdit de définir la TAZ » (elle « est quasiment auto-explicite (…) comprise dans l’action ») et a plutôt cherché à définir un « archétype » de la TAZ en partant de la colonisation du Nouveau Monde au XVIe jusqu’au XXe en passant par les pirates au XVIIIe (qui sont le vrai coeur de l’essai) ou la première TAZ moderne avec D’Annunzio et l’État libre de Fiume (aujourd’hui Rijeka en Croatie), les lecteurs du monde entier se sont très vite emparés du texte, de ses phrases et de ses idées – quitte d’ailleurs à les lire de travers, quitte à les recracher comme « des perroquets » (ce qu’il écrit dans une des annexes).

La TAZ est « utopique » dans le sens où elle croit en une intensification du quotidien ou, comme auraient dit les Surréalistes, une pénétration du Merveilleux dans la vie. Mais elle ne peut pas être utopique au vrai sens du mot, nulle part, ou en un lieu-sans-lieu. La TAZ est quelque part. (Hakim Bey)

Si les TAZ ont commencé à voir le jour sur les mers, dans les terres, dans la rue, sur les places ou dans les villes, aujourd’hui de nombreuses communautés et groupes libertaires et anarchistes créent des TAZ sur le Web et utilisent cet outil comme support logistique à la TAZ (« sommairement parlant, on peut dire que la TAZ existe aussi bien dans le monde réel que dans l’espace d’information. », écrit-il). Il est d’ailleurs très intéressant de lire ce qu’Hakim Bey pouvait écrire dans les années 80 alors qu’il réfléchissait à la notion de contre-culture sur Internet : « mon intuition me dit que le contre-Net est déjà en gestation, qu’il existe peut-être déjà – mais je ne peux pas le prouver. J’ai fondé la théorie de la TAZ en grande partie sur cette intuition. Bien sûr le Web implique aussi des réseaux d’échange non informatisés comme le samizdat, le marché noir, etc. – mais le vrai potentiel de la mise en réseau non hiérarchique de l’information désigne l’ordinateur comme l’outil par excellence. »

Dans TAZ il y a « temporaire » : par définition les TAZ ne sont pas prévues pour durer (lire à ce propos le chapitre sur les pirates au large de Madagascar), le principe étant donc de mettre en place une zone puis, une fois les actions directes effectuées, de la détruire pour en construire une autre ailleurs (lire aussi le chapitre sur la tactique de la disparition). Ainsi Hakim Bey recommande la TAZ « parce qu’elle peut apporter une amélioration propre au soulèvement, sans nécessairement mener à la violence et au martyre. La TAZ est comme une insurrection sans engagement direct contre l’État, une opération de guérilla qui libère une zone (de terrain, de temps, d’imagination), puis se dissout, avant que l’État ne l’écrase, pour se reformer ailleurs dans le temps ou l’espace. »

Dans TAZ il y a « autonome » : dans son essai, Hakim Bey appelle, non pas à la révolution mais au soulèvement permanent (où il y aurait selon lui plus de liberté, plus d’autonomie, plus d’invisibilité) avec actions directes et temporaires. Un exemple récent parmi d’autres : en 2004 lors du A31 à New York des activistes (des « pirates urbains » diront les journalistes) partent à l’assaut des symboles du pouvoir représenté par les républicains et notamment Georges W Bush et décident de bloquer le moindre déplacement des délégués de la convention républicaine. D’autres actions d’envergure ont vu le jour ces dernières années, au Chiapas ou en Corée du Nord notamment ou encore dernièrement en Tunisie (à ce propos lire sur le site écrans le portrait de Slim Amazou, « ex-cyberdissident, figure de proue de la révolte qui a renversé le président Ben Ali en Tunisie, et qui a été propulsé secrétaire d’État à la Jeunesse et aux Sports quatre jours après sa sortie de prison au début de l’année 2011. (…) Il cite ses références. Hakim Bey et les TAZ (…) qui ont inspiré les jeunes Tunisiens lors des flashmobs, ces rassemblements éclairs diffusés sur Internet »). Pour ceux qui aimeraient découvrir d’autres TAZ, je leur conseille de visionner Fourth world war, ce documentaire (devenu culte lui aussi) dans lequel le réalisateur, Rick Rowley, est parti dans le monde entier à la recherche des TAZ qui ont réussi. Jetez également un oeil à cet article de Wikipédia qui présente le quartier autogéré de Copenhague, Christiania fondé en 1971 mais qui aujourd’hui est en train d’être récupéré par l’État.

Des articles sur le livre d’Hakim Bey et sur les TAZ, vous en trouverez partout sur la toile et c’est assez impressionnant de voir comment ce texte (assez court d’ailleurs mais la lecture est intense) a été retourné dans tous les sens, a été servi à toutes les sauces et a servi à de nombreuses causes (nobles et moins nobles). À signaler aussi que l’émission Tracks sur Arte lui a également été consacrée en 2004 (avec jeu de piste et chasse au trésor, pirates et « invisibilité » obligent). Voilà vous êtes parés je crois.

N’étant pas un spécialiste des TAZ ou d’Hakim Bey j’ai pu ici et là faire fausse route. Si c’était le cas n’hésitez pas à me le faire savoir. Ce billet est d’ailleurs ouvert à tous commentaires, illustrations, témoignages. Je tiens enfin à remercier toutes celles et tous ceux qui m’ont aidé à le préparer.

ChG

 

 

La TAZ appliquée aux carrières

« Tout le monde a déjà croisé ou entendu parler de TAZ (Zone Autonome Temporaire) sans le savoir. À Paris on peut en trouver des dizaines. Un squat d’artiste, une « métro party » ou même la quiétude des anciennes carrières de Paris laissées aux aventuriers d’un soir. Les carrières de Paris, appelées improprement catacombes, rentrent parfaitement dans la définition de TAZ. Espace interdit mais autogéré par les cataphiles. État temporaire qui peut à tout moment repasser sous l’autorité de l’État de droit. À l’intérieur même de cette TAZ souterraine, on peut trouver d’autres zones encore plus secrètes… tel ce cinéma clandestin installé dans les carrières souterraines sous le Palais de Chaillot et qui fut découvert par la police après deux années de projection avant d’être réinvesti quelques années plus tard par des cataphiles avertis puis transformé en bar souterrain ! Ces TAZ se sont évaporées mais il se dit, au détour des couloirs, que d’autres ont vu le jour dans la pénombre des catacombes… »

texte écrit et envoyé par Lhermine.

 



Utopies pirates

« Au XVIIIe siècle, les pirates et les corsaires créèrent un « réseau d’information » à l’échelle planétaire : bien que primitif et conçu essentiellement pour le commerce, ce réseau fonctionna toutefois admirablement. Il était constellé d’îles et de caches lointaines où les bateaux pouvaient s’approvisionner en eau et nourriture et échanger leur butin contre des produits de luxe ou de première nécessité. Certaines de ces îles abritaient des « communautés intentionnelles », des micro-sociétés vivant délibérément hors-la-loi et bien déterminées à le rester, ne fût-ce que pour une vie brève, mais joyeuse.
Il y a quelques années, j’ai examiné pas mal de documents secondaires sur la piraterie, dans l’espoir de trouver une étude sur ces enclaves – mais il semble qu’aucun historien ne les ait trouvées dignes d’être étudiées (William Burroughs et l’anarchiste britannique Larry Law en font mention – mais aucune étude systématique n’a jamais été réalisée). J’en revins donc aux sources premières et élaborai ma propre théorie. Cet essai en expose certains aspects. J’appelle ces colonies des « utopies pirates ».
Récemment Bruce Sterling, un des chefs de file de la littérature cyberpunk, a publié un roman situé dans un futur proche. Il est fondé sur l’hypothèse que le déclin des systèmes politiques générera une prolifération décentralisée de modes de vie expérimentaux : méga-entreprises aux mains des ouvriers, enclaves indépendantes spécialisées dans le piratage de données, enclaves socio-démocrates vertes, enclaves zéro-travail, zones anarchistes libérées, etc. L’économie de l’information qui supporte cette diversité est appelée le Réseau ; les enclaves sont les Iles en Réseau (et c’est aussi le titre du livre en anglais : Islands in the Net).
Les Hashashins du Moyen Âge fondèrent un « État » qui consistait en un réseau de vallées de montagnes isolées et de châteaux séparés par des milliers de kilomètres. Cet État était stratégiquement imprenable, alimenté par les informations de ses agents secrets, en guerre avec tous les gouvernements, et son seul objectif était la connaissance. La technologie moderne et ses satellites espions donnent à ce genre d’autonomie le goût d’un rêve romantique. Finies les îles pirates ! Dans l’avenir, cette même technologie – libérée de tout contrôle politique – rendrait possible un monde entier de zones autonomes. Mais pour le moment ce concept reste de la science-fiction – de la spéculation pure.
Nous qui vivons dans le présent, sommes-nous condamnés à ne jamais vivre l’autonomie, à ne jamais être, pour un moment, sur une parcelle de terre qui ait pour seule loi la liberté ? Devons-nous nous contenter de la nostalgie du passé ou du futur ? Devrons-nous attendre que le monde entier soit libéré du joug politique, pour qu’un seul d’entre nous puisse revendiquer de connaître la liberté ? La logique et le sentiment condamnent une telle supposition. La raison veut qu’on ne puisse combattre pour ce qu’on ignore ; et le cœur se révolte face à un univers cruel, au point de faire peser de telles injustices sur notre seule génération.
Dire : « Je ne serai pas libre tant que tous les humains (ou toutes les créatures sensibles) ne seront pas libres » revient à nous terrer dans une sorte de nirvana-stupeur, à abdiquer notre humanité, à nous définir comme des perdants.
Je crois qu’en extrapolant à partir d’histoires d’« îles en réseau », futures et passées, nous pourrions mettre en évidence le fait qu’un certain type d’« enclave libre » est non seulement possible à notre époque, mais qu’il existe déjà. Toutes mes recherches et mes spéculations se sont cristallisées autour du concept de « zone autonome temporaire » (en abrégé TAZ). En dépit de la force synthétisante qu’exerce ce concept sur ma propre pensée, n’y voyez rien de plus qu’un essai (une « tentative »), une suggestion, presque une fantaisie poétique. Malgré l’enthousiasme ranteresque1 de mon langage, je n’essaie pas de construire un dogme politique. En fait, je me suis délibérément interdit de définir la TAZ – je me contente de tourner autour du sujet en lançant des sondes exploratoires. En fin de compte, la TAZ est quasiment auto-explicite. Si l’expression devenait courante, elle serait comprise sans difficulté… comprise dans l’action. »

© Hakim Bey, TAZ Zone Autonome Temporaire, L’éclat (extrait)

24 juin 2011

#EbookFriday, 4e semaine

Déjà vendredi et un nouvel #EbookFriday en vue ! Pour les retardataires ou pour tous ceux qui voudraient connaître la règle du jeu lancée par Numerik:)ivres à la fin du mois de mai, vous pouvez cliquer ici. Ça ne fait pas mal, promis. Pour tout le monde, voici infra la liste des trois titres du jour (dont deux ont été chroniqués sur ce blog), tous piochés par l’éditeur pure player dans son catalogue et qui seront vendus 0,99 € pendant 24 heures sur toutes les plateformes de vente de livres numériques, dont ePagine, Place des libraires numérique et les sites des libraires-partenaires. À cette liste je rajouterai trois autres titres vendus 0.99 € ce vendredi mais également les autres jours de la semaine et publiés par deux autres éditeurs 100% numérique (publie.net via la collection stigme99 et StoryLab via sa collection One shot) ; trois titres, trois textes très différents mais qui tous traversent avec leur souffle propre des bouts de nos vi(ll)es ordinaires avec tension et brutalité.

 

Le Roi silence de Samir Bouhadjadj (recueil de 3 nouvelles chroniqué sur ce blog le 6 juillet 2010) (Numerik:)ivres)
Plongeant dans une première histoire qui laissera sa place à d’autres histoires au gré des événements soudains qui bouleversent souvent la trajectoire de nos vies, j’ai été saisi par cette manière qu’a l’auteur de nous faire traverser ainsi une trentaine d’années en si peu de pages. Et par ces filins à la fois discrets et solides qui relient les pères et les fils en passant par les militaires ou encore les camarades de promotion.

L’édition interdite de Thierry Crouzet (texte chroniqué sur ce blog le 14 mars 2011) (Numerik:)ivres)
Thierry Crouzet a construit son nouvel essai sous la forme d’une liste de 149 propositions, aphorismes et sentences à partir desquels sont venus répondre plusieurs auteurs, journalistes et lecteurs. Il reprend et prolonge ce qu’il défend par ailleurs sur son blog depuis très longtemps : comment Internet est en train de bouleverser la diffusion des textes et de manière plus générale l’édition ?

Tokyo, Québec de Leroy K. May (Numerik:)ivres)
Tokyo, Québec est un road book sans voiture, où le métro fait office de véhicule. À travers 18 chapitres au rythme effréné, Leroy K. May mène le lecteur dans les méandres d’un amour possible seulement dans le rêve, les chambres d’hôtel luxueuses et le sang.

 

Wagon de Jacques Serena (publie.net, stigme99)
Une femme interpelle un homme dans un wagon et les mots cognent en uppercut : « Et moi qui en étais à me dire : tiens, nous voilà un peu seuls, cet homme et moi, dans ce bout de wagon, alors il y a des chances pour que nous nous mettions, lui et moi, à ressentir l’espèce d’entente tacite, ce lien, cette intimité étrange, douce et un peu choquante, qui parfois arrive, dans un bout de wagon, passé une certaine heure. Lui, à savourer une nouvelle journée de travail accomplie, moi, tranquille, prête à regarder un peu par la vitre, à retarder le moment de m’offrir ce plaisir, rouler en regardant par la vitre. Mais voilà. Il faut que je me dise voilà, idiote, ton entente tacite, tu as vu l’œil qu’elle te jette, qu’est-ce que tu croyais. »

Morsure (une grève) de François Bon (publie.net, stigme99)
Tout démarre avec une grève de plus mais cette fois ce sont les camionneurs qui s’y collent et font pression. Sur les autoroutes, dans les stations essence, partout. On ne parle alors plus que de ça. Sauf qu’au milieu de cette activité qui semble s’être arrêtée des figures surgissent, comme autant de portraits : ce sans-abri par exemple ou encore cet ado qui cherche à mettre fin à ses jours dans une ville que nous pourrions connaître. Et qui l’en empêchera ? Et qu’avons-nous fait de notre rêve de ville demande François Bon ?

Un psychopathe et demi d’Elias Jabre (StoryLab)
« Rien de plus délicat que d’annoncer une rupture surtout quand votre partenaire pense vivre le parfait amour. Et si c’était votre jour de chance ? » lit-on sur la fiche de présentation de cette nouvelle. Sauf qu’ici l’auteur joue avec nos nerfs. Construite dans la lenteur et la tension cette nouvelle, quasiment un huis clos, est en effet assez angoissante. Surtout qu’Elias Jabre s’empare, via le thriller, de nos petites lâchetés avec une radicalité effrayante.

 

23 juin 2011

Lire André Marois aux éditions de la courte échelle

Nous avons souvent parlé ici de Numerik:)ivres et des Guides Ulysse, deux maisons d’édition québécoises dont la première publie uniquement des récits, des nouvelles, des romans et des essais en numérique et l’autre, des guides de voyage (complets ou par chapitre) en papier et en numérique. Au catalogue ePagine figurent pourtant d’autres éditeurs québécois diffusés par L’entrepôt du livre numérique (via De Marque) et que nous connaissons souvent mal en France. Voilà pourquoi en cette veille de fête nationale du Québec (célébrée tous les ans le 24 juin pour la Saint-Jean-Baptiste), nous débutons cette petite série : présenter une fois par mois un éditeur québécois du catalogue numérique ePagine qui n’aurait pas encore été cité sur ce blog. Ce grand angle présentera à chaque fois la maison d’édition, proposera une lecture d’un texte qui aura retenu notre attention et mettra en avant quelques titres qui comptent pour l’éditeur. Ce mois-ci, partons à la découverte des éditions de la courte échelle, maison qui s’adressait initialement aux petits puis aux ados mais qui publie également depuis quinze ans des romans et des polars, notamment les nouvelles très noires d’André Marois dont je vous recommande la lecture ou des auteurs plus grand public comme Chrystine Brouillet (Double disparition vient d’être mis en ligne). Tous ces titres sont vendus sans verrou (sans DRM).

 

Présentation de la courte échelle

« Aujourd’hui, la génération qui a commencé à lire à la fin des années 1970 avec la courte échelle fait découvrir à ses enfants les publications de la maison jeunesse québécoise », lit-on sur le site dédié à cette maison. En effet, si à ses débuts, la courte échelle publiait des livres pour les trois à six ans, pour « grandir » avec son public, elle a commencé à publier des romans pour la jeunesse. En 1995 la maison d’édition a ouvert une collection adulte sans toutefois perdre de vue sa vocation première. C’est ainsi qu’en quelque 30 ans et avec un fonds de plus de 650 titres actifs (dont près de 150 en numérique, PDF + ePub), la courte échelle a vendu près de 10 millions de livres dans le monde entier. Plus de 300 titres du catalogue ont également été traduits, dont plusieurs en 7 ou 8 langues. En tout leurs livres peuvent se lire dans 20 langues différentes.

André Marois, Du cyan plein les mains

Quand j’ai commencé à m’intéresser au catalogue de la courte échelle j’ai immédiatement repéré André Marois et demandé à le lire. Je n’ai pas eu à le regretter. Je me demande simplement comment j’ai pu jusque-là passer à côté de cet auteur… Hormis son univers, son écriture et son humour très noir, j’ai immédiatement été séduit par l’idée de pouvoir télécharger les deux recueils complets de l’auteur, Du cyan plein les mains et Petit feu, ou chaque nouvelle individuellement au prix d’une chanson (moins d’un euro).

Avant d’être le titre d’un recueil de 18 nouvelles noires d’André Marois, Du cyan plein les mains est le titre d’une de ses nouvelles. Publiée sur son site en 2001 j’ai appris qu’elle avait connu un succès immédiat sur le net et avait permis à l’auteur d’être lu par un public qui ne le connaissait pas encore. Dans la préface à son recueil, l’auteur écrit que cette histoire « démontre combien Internet est un outil fabuleux pour démultiplier la portée d’une fiction et l’apporter, ici gratuitement, dans des milliers d’ordinateurs. » Cette nouvelle met en scène un graphiste qui, dégoûté par la nullité de ses confrères, décide de les supprimer un par un. Au-delà de l’idée (excellente) et de son traitement (très convaincant), cette histoire décrit également avec minutie la traversée obsessionnelle d’un homme dans une grande ville, cet homme qui est devenu tueur en série au nom de la beauté et qui porte en lui les germes de sa propre chute. De nombreux autres personnages de ce recueil sont d’ailleurs créés sur ce modèle-là, sortes de perdants magnifiques. Mais l’auteur sait aussi se mettre dans la peau de véritables salauds. Et si l’humour est très grinçant et son sens de la formule est aiguisé, il a pour autre qualité une acuité toute lucide et perspicace sur ses contemporains. L’auteur dit d’ailleurs de ses nouvelles qu’elles « ont en commun un héros surtout masculin, solitaire et urbain, révolté ou désabusé, tendre ou violent. Il n’est jamais le même, mais tous se ressemblent ». Au-delà de la noirceur ou de la politesse du désespoir qui sont quelques-unes des armes affutées par l’auteur, ce qui me plaît aussi dans son univers c’est son inclination et son emprise sur les territoires, les frontières, les espaces. Chacune des nouvelles (ou presque) peut aussi se lire comme on suivrait les conseils d’un guide de voyage, un guide sur la ville de Montréal, par exemple.

 

135 titres au format ePub à découvrir sur epagine.fr

 

C’est bien beau tout ça mais de quoi parlent ces nouvelles ? Ici ou là vous assisterez quasiment en direct au suicide d’un geek ainsi qu’à un stage de survie urbaine très spécial qui tournera au cauchemar, vous participerez à un bizutage très particulier dans une cafétéria en compagnie d’un allergique, vous croiserez un drôle de psychopathe qui travaille dans l’humanitaire, un désespéré venu braquer la caisse d’une boulangerie mais qui n’est malheureusement pas crédible pour un sou, un type qui aura poussé si loin sa curiosité qu’il sera accusé d’avoir tatoué le corps d’une jeune femme vidée de ses entrailles ou encore un tueur à gages pas assez scrupuleux. Vous aurez droit aussi à votre lot d’histoires plus décalées : celle de cet homme qui rentre chez lui et semble persuadé que quelqu’un en son absence a utilisé ses toilettes ou encore celle de cette supposée épouse d’un écrivain de romans érotiques qui pose lentement et sûrement son piège lors d’une fête à la kermesse. Vous verrez aussi qu’André Marois donne une version très particulière de l’histoire du dernier homme après l’apocalypse, nouvelle originale avec laquelle il se joue des codes. Enfin, avec Le poids des mots, le choc des reliures, l’auteur vous invitera à une bataille rangée entre libraires et lecteurs au beau milieu du magasin. Et ça fuse de tous les côtés, bouquins et noms d’oiseaux !

Je vous signale aussi qu’un autre recueil d’André Marois, Petit feu, plus saignant et plus radical que le précédent, est également disponible en numérique.

Autres nouveautés numériques

Parmi les nouveautés numérique de l’éditeur, si vous aimez les romans à suspense, jetez-vous sur Double disparition, la nouvelle enquête de Maud Graham, personnage récurrent des polars de Chrystine Brouillet qui sera cette fois chargée d’enquêter sur la disparition d’une gamine de sept ans, Tamara, qui se trouve être la fille d’une ancienne camarade de classe, tandis qu’au même moment, à Rimouski, Trevor, un jeune homme, apprend au chevet de sa mère agonisante qu’il n’est pas son fils biologique. Ici, Chrystine Brouillet lance deux lignes dans le lac, deux enquêtes, deux quêtes qui semblent bien éloignées l’une de l’autre mais dont l’impact sera ressenti sur chacun.

Autre titre défendu en ce moment par la courte échelle, Guerres de Charlotte Gingras est un roman psychologique et émouvant sur ces familles qui attendent celui qui est parti faire la guerre et sur les conséquences de ce départ, sur l’attente. Ce roman pose des questions fondamentales : comment vivre au quotidien l’absence du père parti en Afghanistan, avec quels nouveaux repères, et comment continuer à vivre après un événement comme celui-là qui a bousculé la cellule familiale ?

Il ne faut pas oublier que la courte échelle est aussi reconnue pour ses ouvrages de qualité à destination de la jeunesse. Pour les adolescents qui n’aimeraient pas lire, nous avons peut-être trouvé la solution avec Le fils du singe de Charles Prémont qui est un roman (une trilogie en réalité) qui devrait plaire à tous les amateurs d’histoires fantastiques mais aussi aux férus d’aventures, d’épreuves à relever, d’arts martiaux et de mythologies fictives.

Christophe Grossi

20 juin 2011

Futur en Seine : Comment lirons-nous demain ?

Filed under: + Journal de bord — Mots-clefs :, , , , — Christophe @ 12:21

Commencé le 17 et se terminant le 26 juin, le Festival Futur en Seine (2e édition : Et vous, le futur vous le voulez comment ?) regroupe cette année plus d’une centaine de manifestations : démonstration de prototypes, exposition d’œuvres numériques, concerts. Le Festival s’articule autour d’un Cycle de Conférences Internationales liées à cinq domaines : le  Futur de la Vie, de la Musique et de l’Image, de la Création, des Communications et de la Ville. Concernant les technologies et les contenus numériques qui auront un fort impact sur notre vie quotidienne au fil des années à venir, que ce soit sur le plan économique, professionnel, social ou culturel, une conférence internationale sera donnée ce jeudi 23 juin au Forum des Images de 9h30 à 13h suivie de plusieurs ateliers organisés par TecDev dans l’après-midi, de 14h à 17h au Forum des images toujours (détails ici).

La conférence internationale se penchera sur l’arrivée de la nouvelle génération d’outils communicants numériques qui nous permettra d’émettre, de recevoir, de travailler et de nous distraire, tout le temps, n’importe où et quel que soit le vecteur de cette médiation. Comment cela modifiera-t-il nos relations humaines, notre culture et le droit d’accès à nos propres données individuelles ? Avec Sugata Mitra, Professeur à la Newcastle University, Candace Johnson, Fondatrice d’ASTRA Satellite, Vincent Ducrey, Auteur et spécialiste du New Media, Serge Abiteboul, Chercheur à l’INRIA, membre de l’Académie des Sciences, Jason Della Rocca, Fondateur de Perimeter Partners, Jonatan Walck et Jean-Marc Bourguignon de Telecomix et François Bon, écrivain.

Quant aux ateliers, ils s’intitulent Comment lirons-nous demain ? et s’articulent ainsi :

- Le premier d’entre eux se propose d’explorer les transformations et les perspectives que les lectures numériques ouvrent aux acteurs de l’édition : A quoi ressemblera le livre de demain ? réunira Françoise Prêtre pour La Souris qui raconte (éditeur Jeunesse), Nicolas Francannet, Storylab (éditeur de nouvelles et romans), Allison Reber Aquafadas et Jacques Angelé (InExtendis). La table ronde sera animée par Anne-Lucie Grange (Tecdev).

- Le deuxième atelier, Socialisation et promotion du livre numérique : vers de nouveaux modèles économiques ? se déroulera en trois temps : 1. Dynamiques de socialisation autour du livre et de la lecture numériques avec Alain Garnier (Jamespot) ; 2. Panorama des nouveaux modèles économiques de la vente de livres numériques avec Pierre Mounier (Cléo / EHESS) et 3. Table ronde animée par Jacques Angelé (In Extendis) avec Alain Garnier (Jamespot), Pierre Mounier (Cléo / EHESS), Stéphane Michalon (ePagine), François Bon (Publie.net), Jean-Luc Satin (Bookeen).

- Lors du troisième atelier sera présenté le projet de recherche et développement SOLEN (Système interOpérable de Lecture Electronique Nomade) par Tecdev.

L’entrée pour ces ateliers est gratuite mais l’inscription est obligatoire (voir les liens ci-dessous).

 

Pour en savoir plus sur la conférence et les ateliers, cliquez ici et .

Pour accéder à la billetterie en ligne, suivez le guide.

Older Posts »

© ePagine - Powered by WordPress