- Ouais ! fit Riton Godot après un long silence. Je me demande si… ? Il laissa sa phrase en suspens. Un vrai truc de gros-bras, histoire de sentir ses hommes bien en main. D’ordinaire il y avait toujours quelqu’un dans le personnel qui faisait un effort et essayait de formuler la pensée du patron
(Sans attendre Godot, John Amila, nrf, Série Noire, © Librairie Gallimard, 1956, Chapitre I, Paragraphes 1-2)
Résumé de l’épisode stratégique précédent*
La librairie doit être un acteur affirmé de la commercialisation des textes numérisés car les textes jusqu’ici édités et lus en format papier seront demain également édités et lus en formats papier et numérique. Ce changement est très rapide. Nous sommes dans une guerre de mouvement. Sans attendre Godot nous élaborons une stratégie d’engagement dont la finalité sera d’être dès demain des acteurs essentiels de la commercialisation des textes numérisés.
Cette stratégie nous impose de continuer à repenser notre place et notre rôle de libraires dans nos villes.
De la stratégie à la tactique
L’objectif de ce texte est donc maintenant de passer directement à une proposition tactique en trois phases distinctes mais sans doute indissociables pour qui voudra gagner. Soyons très clairs : ce schéma tactique proposé par ePagine a l’immense avantage, si nous partageons à terme la même stratégie, de vous permettre d’en être sans hypothéquer les solutions qui se dessineront ou se dessinent déjà au niveau de l’interprofession et auxquelles ePagine sera forcément associé.
Présentation
SCHÉMA TACTIQUE EPAGINE POUR LA LIBRAIRIE
1. Je crée un nouveau rayon et le présente sur Internet et en magasin
1.1 Je présente ce rayon sur Internet
1.2 Je présente ce rayon en magasin
2. J’interclasse ce rayon aux autres rayons de ma librairie
2.1 Dans mon magasin
2.2 Dans mon site internet
3. J’ouvre un magasin, par extension, dans un reader en connexion
Explications
1. Je crée un nouveau rayon et le présente sur Internet et en magasin
Je crée le rayon. Régulièrement nous avons été amenés à créer de nouveaux rayons. Le rayon numérique sera donc très simplement abordé comme la création d’un nouveau rayon. Il faut considérer ici le format numérique comme nous avons considéré le format poche et ses évolutions. Ce qui fait l’urgence de la création de ce nouveau rayon n’est peut-être pas tant son fort potentiel de ventes supposées que le fait qu’il porte sur un segment qui fait partie de notre cœur de métier, la littérature, exactement comme le format poche. Même segment, cela signifie mêmes clients, lecteurs de littérature, et donc urgence à proposer ce rayon numérique et à continuer de se positionner en vendeurs de littérature.
1.1 : Je présente ce rayon sur Internet
Je crée un site de vente de livres numériques. Cette action est la plus simple à réaliser pour prendre position dès maintenant. C’est la plus accessible tant d’un point de vue technique que financier.
Cas N°1 : J’ai déjà un site Internet. J’ajoute simplement un onglet « Livres numériques » à mon site. Dans un premier temps les paniers de commandes papier et numérique sont séparés mais j’avance à ma vitesse.
Cas N°2 : Je n’ai pas de site Internet. Ce site uniquement dédié au livre numérique devient donc mon premier site libraire. J’apprends à monter en puissance par simple référencement naturel en m’appuyant sur le savoir-faire technique acquis par ePagine, sur ma propre communication en magasin et éventuellement (c’est un conseil) en associant ce site à un blog. ePagine peut vous fournir une trame de blog wordpress.
Offre commerciale corner ePagine de vente en ligne :
- coût de mise en place du site : 200 euros HT,
- abonnement 60 euros HT par mois,
- commission sur ventes : 9% du CAHT.
Cette offre comprend :
L’accès à la base de données des livres numériques, le serveur de commande vers tous les entrepôts (Numilog (Hachette et d’autres diffusés), ePlateforme (Editis), Eden-Livres (Gallimard, Volumen, Flammarion, CDE, Sofédis), Immatériel (Publie.net), Demarque (Québec), L’Harmattan…), le S.A.V. complet pour les livres numériques et les supports de lectures, pour vous et pour vos clients, un back office d’animation, la solution de paiement ePagine, et surtout vous avez une web-agency spécialisée dans la librairie et qui avance avec vous…
Autre façon de le voir, vous disposez de tout cela avant Noël pour le coût de deux Nymphéas (Hazan) pour l’inscription, et d’une pile de 5 Siècle des nuages (Gallimard) pour l’abonnement.
1.2 : Je présente ce rayon en magasin
Je mets en place le rayon numérique en installant une borne numérique dans ma librairie. Cette borne avec son écran tactile fait décor, fait rayonnage. Elle est alors un élément très fort de la mise en scène de notre capacité à commercialiser le numérique.
Offre commerciale ePagine pour une interface de borne grand public :
- frais d’installation à partir de 200 euros HT,
- abonnement 60 euros par mois,
- commission sur ventes 9% ou 6% si plan de formation annuel des libraires du magasin.
Cette offre ne comprend pas le coût d’achat du matériel que nous pouvons vous proposer.
2. J’interclasse ce rayon aux autres rayons de ma librairie
Interclasser le livre numérique c’est faire en sorte que le client puisse parcourir et acheter en même temps des livres papier et des livres numériques. C’est une action essentielle pour que nos clients lecteurs ne séparent pas leurs achats. Cette action présuppose qu’en tant que libraire vendeur de textes vous ayez décidé de répondre à la demande ou à la recherche d’un texte en proposant tous les formats disponibles pour celui-ci, en papier et en numérique. Cette action est d’une telle évidence que je ne vais pas l’exposer longuement à nouveau (cf Sans attendre Godot (1)) mais simplement la décomposer entre interclassement en magasin et interclassement sur Internet.
2.1 J’interclasse dans mon magasin
Je réponds à une recherche, je commande et je vends un livre numérique depuis le logiciel de gestion de stock. J’introduis donc le numérique dans mon logiciel de gestion unitaire pour être en capacité de prendre les commandes clients numériques à partir de n’importe quel poste informatique du magasin et de le vendre en caisse comme n’importe quel livre.
Sur ce point ePagine a montré la voie dans sa collaboration active lors des dernières versions de la base de données Medialivre et du logiciel de gestion libraire Medialog. Ceci correspond pour les clients Tite-Live à l’offre commerciale « Interface de vente livre numérique MédiaBase-pro +Web-Services Caisse » disponible sur simple demande.
2.2 J’interclasse sur le site Internet
Je propose tous les formats disponibles pour un même texte et je réalise un seul panier comprenant plusieurs types de livres.
Là encore ePagine a montré la voie dans sa collaboration première avec les sites Mediaweb (anciennement aligasStore). Ceci correspond pour les clients Tite-live Mediaweb à l’offre ePagine simple sur site Mediaweb.
Aujourd’hui ePagine continue d’avancer sur ce point en s’engageant et en collaborant avec différentes autres web-agency comme c’est le cas par exemple avec enovAlp pour mollat.com et laprocure.com, Evolution pour furet.com, ou Ithelios pour virginmega.fr (mise à jour 2012).
3. J’ouvre un magasin, par extension, dans un reader en connexion
Aujourd’hui se créent dans des objets connectés, dans des supports de textes dédiés à la lecture, des lieux, des emplacements où dans une même agrégation de fonctions on achètera, on rangera et on lira des livres. Appelons cela du terme générique d’applis : applis dans l’iPad, dans les téléphones Android, dans l’Orizon de Bookeen dès 2010. Aujourd’hui évidemment dans tous les modèles de l’Odyssey (maj 2012)… Appliquons-nous à être présents dans ces lieux qui seront de fait spécialisés dans la proposition des formats numériques. Ne laissons pas tomber la mise en scène qualitative de l’offre dans ces lieux. Transposons ce savoir-faire en y prenant pied chaque fois que cela sera possible. Dans cette action nous devons avancer quasiment comme dans un type de projets d’extensions que nous connaissons ; il s’agit d’animer sur le trottoir d’en face, ou ailleurs dans un objet, une librairie que nous aurons spécialisée dans un format.
Là encore il faut aller vite car nos concurrents avancent avec des modèles verticaux extrêmement captifs. Ici les moyens sont certainement à mutualiser pour imposer un modèle plus ouvert qui devra à terme mettre par terre cette stratégie verticale fermée. Mais cette mutualisation ne doit en aucun cas nous empêcher d’aller vite. Nous pouvons aller vite car nous ne partons pas de rien. Nous partons d’un métier et nous partons de vos noms de librairies. Ces noms, vos marques, sont sur Internet autant d’emplacements à conquérir, autant d’extensions de vos magasins à saisir. Vous vous êtes battus pour vos emplacements en centre ville, il vous faut vous battre pour vos emplacements sur Internet accessibles dans des objets-supports de lecture. Si nous ratons ces emplacements nous passerons à côté des lieux où nous pourrons exercer notre métier. Un emplacement, une extension sur le .com, une autre dans l’iPad, une autre dans l’Odyssey de Bookeen, une autre dans une borne. Il n’y aura plus de librairies qui ne soient elles-mêmes une petite chaîne de librairies du même nom.
Des réussites de librairies par extension sur le trottoir d’en face ou d’à côté, vous en connaissez. Celles qui réussissent sont souvent le fruit d’un bel équilibre entre mise en scène d’une spécialisation par rayons et repositionnement des rayons fondateurs. Je pense notamment :
- à Nantes, Coiffard Tome 2 et on traverse la rue de la Fosse ; à Nantes encore, Vent d’Ouest dans l’emplacement du Lieu Unique,
- à Vincennes, Millepages Jeunesse BD sur 2 emplacements, puis 3 et puis à nouveau 2,
- à Paris, Le Divan Jeunesse en face du Divan à Paris et même chose pour la Maison du livre à Rodez : deux magasins en face à face,
- à Bruxelles, A livre Ouvert qui devient A Livre Ouvert – le Rat Conteur,
- à Poitiers, La Belle aventure qui, à l’inverse des autres, ouvre une librairie de littérature en face d’une librairie jeunesse,
- et encore l’Atelier à Paris dans le 20ème, L’Armitière à Rouen…
Avoir sa librairie présente dans une tablette ou dans un reader c’est ouvrir un nouveau magasin spécialisé. Vous pouvez envisager la création d’emplacements numériques dans les readers comme autant d’extensions de vos magasins, comme autant de librairies numériques dans des objets, des tablettes, des readers en connexion Internet. Nous sommes capables et prêts à vous accompagner dans ce sens dès à présent :
En ce début de mois de Novembre 2010 : dans le reader connecté Orizon, dans le cadre d’un partenariat avec la société française Bookeen. Le prochain Sans attendre Godot portera sur cette offre de partenariat permettant au libraire de proposer de façon non exclusive sa boutique dans l’ORIZON. Aujourd’hui évidemment dans tous les modèles de l’Odyssey (mise à jour 2012).
En cette fin 2010 : dans l’univers Apple, dans l’iPad et dans l’iPhone. ePagine développe en ce moment une appli iPad-iPhone qui permettra aux libraires de proposer à des lecteurs un ensemble : Librairie pour acheter + Bibliothèque pour ranger + Lecteur compatible Adobe pour lire. La version béta de cette appli est déjà en ligne. Nous ne manquerons pas de vous tenir au courant sur ce blog des prochaines et principales étapes de ce développement à savoir la version dite « user friendly » puis les déploiements libraires. Aujourd’hui l’appli existe pour IOS ( Ipad, Ipod, Iphone) et pour Android. Un lecteur HTML5 est aussi en fonction pour la lecture en streaming (mise à jour 2012).
Pour conclure ce Sans attendre Godot (2)
1. Je crée un nouveau rayon et le présente sur Internet et en magasin
1.1 Je présente ce rayon sur Internet
1.2 Je présente ce rayon en magasin
2. J’interclasse ce rayon aux autres rayons de ma librairie
2.1 Dans mon magasin
2.2 Dans mon site internet
3. J’ouvre un magasin, par extension, dans un reader en connexion
N’attendez pas pour vous décider qu’on vous propose des moyens lourds, chers, globaux, fusionnés, complexes… Ne vous pointez pas en gare avec une heure de retard. Ne comptez pas sur les retards de la SNCF pour vous sauver la mise. Ouvrez, placez maintenant de simples rayons et magasins numériques et fonctionnels. Ces actions tactiques vous permettront d’être là, de le faire savoir et d’acquérir rapidement un savoir-faire. Pour le reste, on verra en marchant ensemble, audacieux. « La peur cause à la guerre mille fois plus de dégâts que l’audace. » (Clausewitz)
Stéphane Michalon (Orléans, Librairie Les Temps Modernes, Malakoff, ePagine, les 2 et 3 novembre 2010)
Sans attendre Godot, Momo ouvre un magasin…
Au début, ça à l’air facile, d’ouvrir un magasin. Il suffit d’avoir des choses à vendre, des étiquettes, une pancarte pour que les clients sachent qu’ils sont dans le magasin. On peut alors commencer. Le problème, c’est les clients. Ils ne veulent rien. Ils discutent tout. « J’ai autre chose à faire que de vendre des chewing-gums mâchés à des débiles ! » pense Momo..
(Momo ouvre un magasin, Nadja, Mouche de l’école des loisirs, 5,2 €)
Le livre des libraires qui aiment déjà ouvrir des librairies tout seuls

[...] Ce billet était mentionné sur Twitter par Bernard Strainchamps, Numeriklivres, Christine Jeanney, Christophe Grossi, Stéphane Michalon et des autres. Stéphane Michalon a dit: Sans attendre Godot 2 : tactique libraires – Momo ouvre un magasin http://bit.ly/aUQyGB #blogepagine [...]
Ping by Les tweets qui mentionnent Sans attendre Godot 2 : tactique libraires- Momo ouvre un magasin - | Blog.ePagine -- Topsy.com — 5 novembre 2010 @ 14:29
Lire l’étude de Bain pour Avignon 2010 avec un item sur : les libraires un frein pour le livre numérique en France et en Allemagne.
Bon courage.
Commentaire by Fournier — 7 novembre 2010 @ 12:04