Le blog ePagine

Conseils de lecture, entretiens, actualité numérique :

le Livre-Avenir ne se fera pas sans les libraires.

31 août 2010

Olivier Cadiot, Un mage en été (P.O.L), rentrée littéraire 2010

Filed under: + Conseils de lecture — Mots-clefs :, — Christophe @ 08:00

Un mage en été d’Olivier Cadiot est d’abord un long monologue qui a été mis en scène cet été lors du festival d’Avignon et sera présenté aux centres Pompidou de Paris et Metz en septembre avant de partir en tournée dans toute la France. Mais Un mage en été est aussi l’un des romans publiés par P.O.L les plus attendus de la rentrée littéraire 2010. Numérisé le jour de sa parution, vous pouvez le feuilleter en ligne et télécharger un extrait via ePagine sur vos ordinateur, liseuse ou iPad. Pour ceux qui parmi vous souhaiteraient rencontrer l’auteur, il sera à la librairie L’atelier (Paris, 20ème) dans dix jours.

Comment, à partir d’une photographie, d’une image (celle qui sert de détonateur, Sharon in the river de Nan Goldin), le narrateur d’Un mage en été va s’engouffrer dans le passé, le sien et celui du monde proche ou lointain ? Comment ce mage sera alors renvoyé à d’autres images, d’autres MOI, d’autres possibilités infinies et vies accomplies ou non, imaginaires, fantasmées, puisées dans sa propre expérience, les livres, l’histoire et la géographie, les psaumes, la poésie, la musique, la peinture, la vidéo, le cinéma, l’art en particulier et en général ? Comment, en mixant latin, français, anglais, globish, novlangue et onomatopées puis en utilisant les techniques du patchwork, du cut-up et du puzzle, parviendra-t-il au matériau qui lui permettra de jouer, d’assembler, d’éviter l’autobiographie (refus ou impossibilité) ? Comment, par la syncope, l’aphérèse, l’apocope, l’ellipse, la scansion saccadée, la rythmique (mélange de jazz et de rock), Cadiot se débrouille pour nous faire comprendre que ce n’est pas tant l’histoire du narrateur (ou les autres histoires possibles) qui importe ici que la manière d’aller de l’une à l’autre, par le coq-à-l’âne et le coup du lapin ? Comment l’auteur, par la langue et le moi travaillés, continue de creuser autour des mêmes obsessions : l’amour, les saisons, la création, le visuel ou encore le corps ? Comment, ici, le mage de la magie blanche par l’image nage jusqu’aux nuages ?

Tout cela, et bien des choses encore, vous les vivrez en participant à l’expérience, texte et images mêlés, d’Un mage en été.

Olivier Cadiot est poète, traducteur et auteur de romans et de textes adaptés au théâtre. Parmi  ses plus importants, retenez L’ Art poetic’, Le Colonel des Zouaves, Retour éternel et durable de l’être aimé, Un nid pour quoi faire ou Fairy Queen. Par ailleurs, il était l’artiste associé du festival d’Avignon en 2010 au côté de Christoph Marthaler.

Christophe Grossi


Un mage en été d’Olivier Cadiot est un des cinq romans de la rentrée littéraire de P.O.L  qui ont tous paru le même jour en papier et en numérique sur ePagine.


Rencontre en librairie

Jeudi 9 septembre à 20h | rencontre-lecture, librairie l’Atelier, 2 bis rue du Jourdain, Paris 20e

Adaptation au théâtre

Jeudi 30 septembre 2010 à 20h30 | Studio du Centre Pompidou de Metz

Du 22 au 27 septembre à 20h30 (sauf dimanche 26 septembre à 17h) | Grande salle du Centre Pompidou Paris

Et ensuite, tournée dans toute la France.

30 août 2010

Les derniers hommes, épisode 4 de Pierre Bordage (Le Diable Vauvert)

Filed under: + Conseils de lecture — Mots-clefs :, , , — Christophe @ 09:34

Grâce au Diable Vauvert, chaque semaine depuis début août, vous téléchargez un épisode des aventures de Solman, de Kadija, des Aquariotes et du peuple de l’eau, autrement dit le roman SF écrit par Pierre Bordage, Les derniers hommes (déjà précédemment paru en feuilleton chez Librio, en 2000). Comme annoncé sur ce blog à plusieurs reprises, vous pouvez d’ores et déjà télécharger gratuitement sur ePagine en pdf ou en epub le 1er épisode, (« Le peuple de l’eau ») ainsi que, pour moins d’un euro chacun, le 2ème épisode (« Le cinquième ange ») et le 3ème épisode (« Les légions de l’Apocalypse »). Aujourd’hui, quatrième volet, « Les chemins du secret » (0,99 € également), dans lequel Solman et les siens semblent bien mal barrés. Mais, patience, il reste encore deux épisodes pour dénouer tout ça. Petites précisions qui ont leur importance : tous ces fichiers sans DRM (ou verrou) et compatibles avec votre iPad sont disponibles chez les libraires partenaires du réseau ePagine.

Présentation des quatre premiers épisodes

1. Quelques peuples nomades tentent de subsister dans une Europe dévastée par les pollutions chimiques, nucléaires et génétiques. Parmi eux, le peuple de l’eau. Le seul à pouvoir localiser les sources épargnées par la contamination. L’avenir de tous dépend des baguettes des sourciers. Et sans eau pure, pas de vie ! Solman le boiteux est né avec le don de clairvoyance. Infaillible juge des âmes, rejeté par les autres, le jeune homme ne peut se confier qu’à Raïma la guérisseuse. Elle l’aide à prendre conscience de son pouvoir, lui ouvre les yeux sur les signes qui jalonnent la route du peuple de l’eau. Des signes qui, à la lueur du Livre interdit, semblent annoncer la fin des derniers hommes…

2. Trois Slangs, des troqueurs d’armes, ont tendu un piège à Solman lors du grand rassemblement : il doit maintenant juger ses propres père et mère, soupçonnés d’avoir volontairement livré de l’eau empoisonnée. Mais, au-delà de ce procès, c’est une guerre totale qui s’engage désormais contre les peuples nomades. Une intelligence semble en effet oeuvrer à travers les Slangs et poursuivre son entreprise d’extermination en envoyant un à un les anges de l’Apocalypse. Le salut du peuple aquariote repose désormais entièrement sur la clairvoyance de Solman. Mais lui-même n’est-il pas le jouet de forces qui le dépassent ? N’est-il pas atteint par la folie des donneurs ? Et le cinquième ange n’a-t-il pas pris l’apparence de l’un de ses proches ?

3. Grâce à Solman, une partie du peuple de l’eau a pu se sortir du piège de Galice et venir en aide à deux Albains, Ibrahim et Kadija, cernés par une nuée de sauterelles venimeuses. Mais tandis que les Aquariotes entament leur périlleux voyage dans l’hiver du Nord, la nouvelle se confirme qu’une guerre totale a été engagée contre les peuples nomades. L’Apocalypse est en marche. Le danger ne vient plus seulement d’une nature hostile, ni d’un adversaire acharné à leur perte, mais des Aquariotes eux-mêmes. Une terrible menace plane alors sur Solman, soupçonné de folie, et sur les deux Albains, jugés indésirables. Pourtant, la clé du salut se cache peut-être dans l’esprit de la troublante Kadija. A-t-elle été envoyée pour aider les derniers hommes à vaincre les légions de l’Apocalypse ?

4. Solman et ceux qui fuyaient en sa compagnie ont été surpris par les tueurs du conseil. Seul un miracle pourrait maintenant les sauver. Déchiré, le peuple de l’eau ne voit pas se resserrer le danger. L’histoire des uns et des autres se dévoile, parfois terrifiante. Kadija semble jouer un rôle essentiel dans le destin des derniers hommes. Mais les Aquariotes laisseront-ils à Solman le temps d’élucider son mystère ? Réussiront-ils à surmonter leur haine et leur peur pour permettre à leur donneur de parcourir les chemins du secret ?

Christophe Grossi

28 août 2010

La rentrée littéraire en numérique prend son envol

Filed under: + Journal de bord — Mots-clefs :, , — Christophe @ 09:17

La rentrée littéraire a démarré il y a dix jours. Près de 90 récits et romans numérisés chez 18 éditeurs (dont publie.net et numerik:)ivres, tous deux 100% numérique) ont déjà été intégrés au catalogue ePagine. Et ce n’est qu’un début. Voici donc la liste actualisée des titres disponibles (PDF, epub et autres) ; pour la plupart, ils sont compatibles avec l’iPad ; des extraits peuvent être également lus en ligne ou téléchargés via les feuilleteurs d’ePagine et des éditeurs. En gras, les livres que j’ai pour l’instant lus et aimés et qui ont fait ou feront l’objet d’une chronique ici. Je referai un point sur les derniers livres ajoutés au catalogue dans une dizaine de jours. En attendant, retrouvez nos conseils de lecture, notre journal de bord et toute notre actualité via ce blog et sur le site ePagine. Bonne(s) lecture(s).

Christophe Grossi


Littérature française

Albin Michel Eliette Abécassis, Une affaire conjugale ••• Tony Cartano, Des gifles au vinaigre ••• Victor Cohen Hadria, Les trois saisons de la rage ••• Stéphanie Janicot, Que tous nous veuille absoudre ••• Virginie Mouzat, La Vie adulte ••• Amélie Nothomb, Une forme de vie ••• Anthony Palou, Fruits et légumes ••• Éric Pessan, Incident de personne /// Calmann Levy Isabelle Monnin, Les vies extraordinaires d’Eugène ••• Mano Gentil, Dans la tête des autres ••• Jean-Pierre Gattégno, Mon âme au diable ••• Charles F. Dupêchez et Marie d’Agoult, Nelida ••• Patrick Olivier Meyer, Nevrospiral /// Denoël Natacha Boussaa, Il vous faudra nous tuer ••• Gil Courtemanche, Un lézard au Congo ••• Maud Basan, La seule ••• Chochana Boukhobza, Le Troisième Jour

D’un noir si bleu Manu Causse, Visitez le purgatoire /// Fayard Michel del Castillo, Mamita ••• Anne-Sophie Sprenger, La veuve du Christ ••• Vincent Ravalec, Cantique de la racaille Opus 2 ••• Claire Castillon, Les bulles ••• Thierry Beinstingel, Retour aux mots sauvages ••• Philippe Vasset, Journal intime d’une prédatrice /// Flammarion Alexandre Lacroix, L’Orfelin ••• Stéphanie Hochet, La distribution des lumières ••• Fatou Diome, Celles qui attendent /// Gallimard Jean-Baptiste Del Amo, Le sel ••• Philippe Forest, Le siècle des nuages ••• Alain Mabanckou, Demain j’aurai vingt ans ••• France Huser, La Triche ••• Salim Bachi, Amours et aventures de Sindbad le Marin ••• Bernard du Boucheron, Salaam la France ••• Jean Guerreschi, Bélard et Loïse ••• Nathalie Kuperman, Nous étions des êtres vivants ••• Antonia Kerr, Des fleurs pour Zoë ••• Katrina Kalda, Un roman estonien ••• Michaël Ferrier, Sympathie pour le fantôme (coll. L’infini) ••• Dominique Barbéris, Beau Rivage

Grasset Marc Weitzmann, Quand j’étais normal ••• Jean-Baptiste Harang, Nos cœurs vaillants ••• Claudie Hunzinger, Elles vivaient d’espoir ••• Claude Arnaud, Qu’as-tu fait de tes frères ••• Karine Tuil, Six mois, six jours ••• Maxime Cohen, Éloge immodéré des femmes /// Lattès Carmen Bramly Pastel fauve ••• Maryse Condé, En attendant la montée des eaux ••• Delphine Bertholon, L’effet Larsen ••• Vincent Engel, Le mariage de Dominique Hardenne /// L’Olivier Fanny Chiarello, L’éternité n’est pas si longue ••• Agnès Desarthe, Dans la nuit brune /// Mercure de France Alma Brami, Tant que tu es heureuse ••• Gisèle Fournier, Le dernier mot

Numerik:)ivres Marie Memain, Chienne de vie /// P.O.L Patrick Lapeyre, La vie est brève et le désir sans fin ••• Olivier Cadiot, Un mage en été ••• Robert Bober, On ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux ••• Violaine Schwartz, La tête en arrière ••• Julie Douard, Après l’enfance /// Publie.net Novalis, Les grains de pollen, (nouvelle traduction de Laurent Margantin) ••• Daniel Bourrion, Cette ville n’existe pas ••• Raymond Bozier, Abattoir 26 ••• Sarah Cillaire, Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ? ••• Vincent Tholomé, Histoire secrète des prairies du Nord-est asiatique ••• Laurent Grisel, Un hymne à la paix ••• Christine Jeanney, Signes cliniques ••• Stéphane Martelly, Folie passée à la chaux vive

Seuil Bernard Quiriny, Les Assoiffées ••• Daniel Guillaume, L’arbre transformé ••• Thomas Heams-Ogus, Cent Seize Chinois et quelques ••• Anne Berest, La Fille de son père ••• Fabrice Gabriel Norfolk ••• Yves Bichet, Resplandy ••• Robert Solé, Une soirée au Caire ••• Chantal Thomas, Le Testament d’Olympe /// Stock Vassilis Alexakis, Le premier mot ••• Agnès Olive, La mort naturelle ••• Ann Scott, A la folle jeunesse ••• Justine Augier, En règle avec la nuit ••• Judith Perrignon Les chagrins ••• Eric Faye, Nagasaki ••• François Taillandier, Time to turn ••• Colombe Schneck, Une femme célèbre /// Verdier Mathieu Riboulet, Avec Bastien ••• Vincent Eggericx, L’art du contresens ••• /// Verticales Olivia Rosenthal, Que font les rennes après Noël ? ••• Maylis de Kerangal, Naissance d’un pont

Littérature étrangère

Calmann Levy Craig Silvey, Le secret de Jasper Jones (littérature anglo-saxonne) ••• Mikhail Elizarov, Le bibliothécaire (littérature russe) /// Stock Sofi Oksanen Purge (littérature finlandaise)

Et ensuite…

Anabet
Faustine Ondry, La petite fille de devant

Denoël
Jacques Bonnet, Les Historiettes

Flammarion
Michel Houellebecq, La carte et le territoire
Andrée Chédid, Les quatre morts de Jean de Dieu

Gallimard
Gaëlle Bantegnie, France 80 , coll. L’arbalète
Marc Dugain, L’insomnie des étoiles
Mamadou Mahmoud N’Dongo, La géométrie des variables, coll. Continents noirs
Elsa Marpeau, Les Yeux morts, Série Noire

Grasset
Virgine Despentes, Apocalypse Bébé
Antoine Sénanque, L’homme mouillé
Pierre Ducrozet, Requiem pour Lola rouge

Joëlle Losfeld
Michel Quint, Avec des mains cruelles
Catherine Rey, Les extraordinaires aventures de John Loafty Oates

L’Olivier
Manuela Draeger, Onze rêves de suie

Mercure de France
Douna Loup, L’embrasure PREMIER ROMAN
Dominique Zehrfuss, Peau de caniche PREMIER ROMAN
Raphaël Confiant, La jarre d’or

Numerik:)ivres
Valérie Pascual, Lʼarboretum imaginaire
Gwen Catala, Gabriel, le libraire
Alex Parenzio, Le Messie
Charles Dionne, Le récit d’une terreur passagère

Seuil
Antoine Volodine, Écrivains

Jean-François Haas, J’ai avancé comme la nuit vient

Stock
Blandine Le Callet, La Ballade de Lila K
Anne Savelli, Franck

Table Ronde
Pierre-Emmanuel Scherrer, Desert Pearl Hotel
Thierry Dancourt, Jardin d’hiver
Katherine Mosby, Sanctuaires ardents PREMIER ROMAN
Michel Erman, Le Bottin proustien (poche, inédit)

Verdier
Lutz Bassmann, Les aigles puent

27 août 2010

Philippe Forest, Le siècle des nuages (Gallimard) : rentrée littéraire 2010

Filed under: + Conseils de lecture — Mots-clefs :, , , — Christophe @ 09:29

Le siècle des nuages de Philippe Forest (Gallimard) ou le vingtième siècle vu par l’histoire familiale de l’auteur et celle de l’aviation. Un roman à feuilleter en ligne ou en téléchargeant un extrait sur votre ordinateur, votre liseuse ou votre iPad.

On l’annonce déjà comme l’un des livres les plus importants de cette rentrée littéraire. Moins troublant que L’Enfant éternel ou Toute la nuit, moins puissant que Sarinagara, ce roman de Philippe Forest (Le siècle des nuages) est néanmoins son plus ambitieux. Embrassant le vingtième siècle (vu non du ciel mais par le ciel) via l’aviation et la figure du père, il questionne une fois encore le deuil, la création et la place de l’Homme dans ce siècle passé. Roman familial, historique ? Aucun doute qu’il revisite ces deux genres romanesques. Mais, parce que l’auteur s’appelle Philippe Forest, qu’il interroge la question de la fiction dans le roman contemporain (comment dire l’intime ou l’expérience, à partir de quels matériaux raconter les légendes familiales liées à sa propre histoire ?), il parvient ici, par l’autofiction, sans pathos et sans effets hagiographiques, à insérer la petite histoire dans la grande. Parce qu’il est à la fois un être humain de sexe masculin, fils, amant, père, intellectuel, essayiste et romancier, Philippe Forest se sert de ses différentes facettes pour dire, témoigner, raconter, penser et inventer. Pas de pacte autobiographique ici : d’emblée, puisqu’il est question de souvenirs, il s’agira donc de presque vérités, de légendes : chacun de nous étant plusieurs romans flous : « Celui qui rêve ou se souvient, écrit-il, ne fait jamais que réciter à son insu une fable qui lui a été dictée ou bien soufflée, qui fut celle de milliers d’autres avant lui et à l’exclusive propriété de laquelle il n’est personne qui puisse finalement prétendre. Si bien que c’est moi maintenant qui me souviens (…) » et plus loin : « N’importe qui, et moi aussi bien mais pas davantage qu’un autre, peut se rappeler tout cela et en faire la matière utile d’un roman qui soit à la fois le sien et celui de tous. » S’il a choisi la distanciation et le détachement, ce ton qu’on attribue d’ordinaire aux textes tendant à l’objectivité, l’utilisation systématique du participe présent en début de phrase, un sens aiguisé de la formule ainsi que les longues phrases déployées sont bien l’oeuvre d’un écrivain et non d’un scientifique. Par ailleurs, si l’auteur, contrairement à ses romans précédents, se fait ici discret (il faut attendre la dernière partie pour voir apparaître sa marque de fabrique), à différents moments, son texte peut rappeler l’entreprise romanesque de Jean Rouaud, entre saga familiale (celle publiée chez Minuit) et réflexions sur l’invention du roman (publiées chez Gallimard). Enfin, ce nouvel opus est une fois encore l’occasion pour lui de parler des auteurs qui l’accompagnent : Faulkner, Céline, Flaubert ou encore Joyce


Philippe Forest, entretien avec Sylvain Bourmeau (Mediapart)

Hormis pour le prologue et pour l’épilogue, l’auteur a donné comme titre à ses chapitres des dates liées à son histoire familiale et à celle de l’aviation, de 1903 à 1998 : les deux angles de ce roman.

Le siècle des nuages est d’abord le portrait de son père (peu importe qu’il soit en partie inventé). Personnage idéaliste et inquiet, sûr de ses principes (qui pourtant tomberont les uns derrière les autres) et très croyant, déçu par le devenir de l’aéronautique, miné par les amis qui disparaissent les uns après les autres ainsi que par la vie sentimentale cabossée de ses enfants, bouleversé par la mort de la fille de Philippe Forest, on le suivra de sa naissance à sa mort en passant par sa vie à Mâcon, sa passion pour l’aviation qui l’amènera à devenir pilote de ligne, ou encore sa décisive rencontre amoureuse (lire les descriptions sur les deux milieux parentaux, celui de la confiserie et de la librairie). On le verra également conduire sous l’Occupation une voiture sans permis ou bien s’interroger sur les choix à faire sous Pétain (c’est quoi le bon camp ?) ; on le suivra à travers ses fiançailles ou son premier vol, en Algérie et aux États-Unis, via le débarquement manqué et son mariage à distance ; on le retrouvera en pleine guerre froide, pauvre, débutant chez Air France puis, plus tard, pilote, commandant de bord jusqu’à la retraite, la dépression, la vieillesse… Derrière lui, en creux, il y a la mère de l’écrivain ; malgré sa présence discrète, ce personnage fidèle et loyal est le véritable pilier de la famille (cinq enfants à élever et un mari souvent dans les airs) ; c’est d’ailleurs elle qui ramènera à la raison son mari lorsqu’il ne comprendra pas pourquoi ses enfants (et le monde en général) ont choisi une autre vie que celle qu’il avait espérée, pourquoi ils ne ressemblent pas à ce qu’il s’était imaginé et semblent si éloignés de ses valeurs.

Le siècle des nuages est aussi le roman sur l’histoire de l’aviation, de son évolution, de son rapport étroit avec la recherche scientifique et militaire, de son rôle tragiquement essentiel lors des conflits armés dans ce siècle meurtrier. Là aussi, l’auteur (qui entremêle les deux angles) a choisi la linéarité, la chronologie pour raconter cette histoire-là, depuis sa naissance, son invention, jusqu’à nos jours, n’oubliant pas les grandes étapes de l’aviation moderne, ses pionniers ainsi que les écrivains aviateurs (Ader, les frères Wright, Blériot, Guynemer, Lindbergh, Guillaumet, Mermoz, Saint Exupéry…).

© portrait de l'auteur, site Gallimard

Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris et docteur ès lettres, Philippe Forest enseigne la littérature comparée à l’Université de Nantes. Il est l’auteur de nombreux essais consacrés à la littérature et à l’histoire des courants d’avant-garde et de romans. Collaborateur de la revue Art Press, il est également critique littéraire, cinématographique et artistique. Son roman, Le siècle des nuages, a paru le même jour dans son format papier et en numérique (compatible avec l’iPad) sur ePagine ; les premières pages peuvent être feuilletées en ligne et téléchargées gratuitement sur tous les sites des libraires partenaires du réseau ePagine. Un extrait du texte est également lu par Benjamin Jungers, Pensionnaire de la Comédie-Française sur le site de l’éditeur.

Christophe Grossi


  • Livre numérisé de Philippe Forest aux éditions Gallimard : Le siècle des nuages, août 2010.
  • Pour consulter la liste de ses autres essais et romans, rendez-vous sur Place des libraires.
  • Quelques rencontres en librairie :
    • Librairie Passages (Lyon), le 23 septembre à 18 heures
    • Librairie Compagnie (Paris 5ème), le 7 octobre à 19 heures

26 août 2010

La librairie Brillat Savarin se lance dans la vente d’ebooks

Filed under: + Journal de bord — Mots-clefs :, — Christophe @ 09:00

Grâce à ePagine, une nouvelle librairie se lance dans la vente d’ebooks via son site en ligne : la librairie Brillat Savarin à Bruxelles.

le coin des livres © site de la librairie

Située dans le Quartier de l’Université ULB / VUB à Bruxelles, la librairie Brillat Savarin s’est spécialisée dans la vente de livres, de quotidiens, de journaux et de magazines (nationaux et internationaux). Afin de donner plus de vie à leur espace, les libraires ont eu la bonne idée de réserver un coin lecture, avec café et connexion Wifi. Ils proposent également sur leur site de vente en ligne actuellement en phase de test, outre de nombreux conseils de lecture (littérature blanche et noire, essais, témoignages et livres de gastronomie, of course !), des articles sur le livre et la lecture, leurs coups de coeur et de gueule ainsi que des liens (la diffusion) vers des sites d’informations, de radios ou encore d’éditeurs. Si sur leur site il vous est déjà possible de commander ou de réserver des livres papier, depuis une semaine vous pouvez aussi acheter des ebooks via un corner numérique mis en place par ePagine. N’ayant pas encore reçus à ce jour tous les contrats, le catalogue n’est pas encore très étoffé ; il le sera dans les prochaines semaines. Mais d’ores et déjà, c’est pour vous l’occasion de découvrir la production d’éditeurs 100% numériques comme publie.net ou Numerik:)ivres, de commander des ouvrages professionnels chez Eyrolles ou encore d’envisager une évasion avec les guides Ulysse. Bienvenue à eux !

le coin lecture © site de la librairie

Christophe Grossi

Librairie Brillat Savarin
Avenue Brillat Savarin, 25
1050 Ixelles / Bruxelles (Belgique)
Tél : +32 (0)2 648 78 76

site de la librairie
corner numérique

Older Posts »

© ePagine - Powered by WordPress