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16 avril 2010

Piqûres d’amour… mortelles

Vous aimeriez arrêter le temps, prendre un peu de vacances, choisir votre destination et récupérer la valise dans la grande armoire. Vous chercheriez quoi lire mais vous seriez à court d’idées et auriez lu tout le contenu de votre tablette de lecture qui, elle, serait prête à accueillir de nouveaux livres numériques. Ça tombe bien car pendant ce temps, nous aurions pensé à vous : des romans noirs, Un bouquet de romans noirs, qu’en dites-vous ? Un dossier à télécharger gratuitement où trouver des extraits de polars qu’on aurait lu pour vous, ça vous parle ? Surtout que dans le lot, il y aurait une belle découverte qui vient de paraître aujourd’hui : Une histoire d’amour radioactive ça s’appelle et c’est un petit bijou, du travail d’orfèvre je vous dis, pas de barbouze, hein ? Au fait, l’auteur s’appelle Antoine Chainas. N’oubliez pas son nom ! L’an passé, il publiait son troisième roman : Anaisthêsia (à la Série Noire, non numérisé à ce jour), une histoire d’amour trash entre une toxicomane et un flic noir et dealer. Le week-end dernier, ce livre a reçu à Lyon le prix des lecteurs Quais du polar/20 Minutes 2010. Aujourd’hui, avec Une histoire d’amour radioactive (toujours à la Série Noire), une véritable série de piqûres d’amour mortelles vous attend. Il y a des jours où Cupidon s’en fout…

© Zonelivre, Antoine Chainas au Quai du Polar, 2008

Antoine Chainas est d’abord un écrivain et un sacré styliste, voilà c’est dit. Ensuite, je me dis que ce type a un talent fou pour planter un décor, entrer dans la peau de ses personnages pourtant psychologiquement opposés et nous mener en bateau si bien que les 93 chapitres de cette histoire d’amour radioactive défilent aussi rapidement que les kilomètres sur l’autoroute : impossible de lâcher le livre tant ce roman d’amour noir, très bien construit et rythmé, subtil et complexe, (à l’instar de Veronika) nous tient à sa merci. Et tout ça est écrit avec efficacité, sens du récit, de la narration et du suspense : sec, sans fioritures, quasi minimaliste quand il le faut ; habité, incarné, lyrique, emphatique (maîtrisé) à d’autres moments. Soft et trash mélangés. Moi je dis Chapeau !

Commençons par une présentation des principaux personnages :

- DRH (c’est son nom) est employé par une boîte spécialisée dans les plans sociaux ; il passe son temps à virer des gens et à faire des demandes de subventions ; son bon train de vie est bien réglé, ultra moderne solitude et hi-tech ; il communique par Post-it interposés avec sa femme avec qui il s’accouple le samedi avant 22 h 30, oublie qu’il a un ado à la maison et prend des cachetons pour tenir le coup.

- Le capitaine Javier et le lieutenant Plancher sont flics, collègues, toxicos et amants (le thème de l’homosexualité dans la police est également traité dans Versus, celui des flics et de la drogue dans Anaisthêsia). « Deux flics. Le premier est vieux, camé jusqu’aux yeux, et ne sait plus très bien ce qu’il fait. Le second est à l’article de la mort, mais ça n’a pas d’importance. Le couple de l’année. », s’auto-analyse Javier.

- Veronika (nom de code) est une artiste performeuse, une sorte de mante religieuse, de plante carnivore, de Cupidon noir qui aimante les hommes, les ferre, leur administre des piqures d’amour mortelles et ne les lâche jamais. Une de ses spécialités : exposer des images de radios, des parties malades du corps humain.

Une histoire d’amour radioactive débute par la découverte de deux suicides à quelques semaines d’intervalle, deux hommes qui se sont échappé du service de réanimation ; deux hommes au même profil : poste à responsabilité, vie réglée, sang empoisonné, cancer, phase terminale, changement brusque d’attitude après avoir rencontré Veronika : « Il faut accepter de tout perdre. Perdre ce qui ne tue pas et retrouver la saveur d’une existence véritable. Vierge. Immaculée. », dit-elle. Des vies basculent, des hommes et des femmes deviennent fous (ou lucides), des sels de Radium 226 provoquent des cancers foudroyants, des flics surveillent d’autres flics tandis que les drogues brouillent tout, réalité et fiction, désir et délire, si bien qu’on ne sait plus qui est fou, malade ou raisonnable. Et, outre cette intrigue (on n’en dira pas plus), l’auteur livre également ici de magnifiques et charnelles pages d’amour (physique, sentimental et sensuel) : qu’il soit question des deux flics qui doivent se cacher de leurs collègues, de ce couple qui copule sur une table d’imagerie médicale sous l’emprise de drogues, l’auteur ne tombe jamais dans le vulgaire ni le cliché. Pas facile pourtant.

Vous aimeriez jeter un oeil au roman avant de l’acheter et feuilleter les 22 premières pages ? Vous pouvez ! Je vous rappelle également que vous le retrouverez dans le dossier thématique spécial polar, Un bouquet de romans noirs, gratuit lui aussi, en compagnie de Dominique Manotti, Léo Lapointe, Ingrid Astier, Lucienne Cluytens et Georges Flipo… de quoi passer de longues heures en compagnie de flics, de voyous, de ripoux, de mantes religieuses, de pédiatres, de criminels, de faux coupables et de dizaines de cadavres bien entendu – sans quoi il n’y aurait pas d’enquêtes. Allez, polardez bien en vacances !

Christophe Grossi

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Livre numérisé d’Antoine Chainas chroniqué ici :

Autres livres d’Antoine Chainas :

Dossier thématique à télécharger gratuitement :

avec des extraits de :

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