Lundi 8 mars 2010, sur le site ActuaLitté.com, Nicolas Gary s’entretenait avec Jean-Paul Huchon, Président du conseil régional d’Île-de France et tête de liste PS pour les prochaines élections régionales. Les questions portaient sur la politique du livre menée par le candidat sortant (la culture représentant 5 % du budget de la Région), la place du numérique en Île de France, le soutien de la Région auprès des libraires (hausse des charges), éditeurs, bibliothécaires, auteurs (question du droit d’auteur) ou encore la numérisation du patrimoine.
Sur la librairie : « Je crois que les libraires doivent être le cœur de notre politique en faveur du livre. Aussi ai-je inscrit dans mon programme que je voulais mettre en place un mécanisme d’aide aux loyers des librairies et un mécanisme de caution régionale des emprunts bancaires des libraires. J’ai aussi annoncé que je créerais un poste de développeur de la librairie en Île-de-France, c’est-à-dire une personne qui sera spécifiquement chargée de suivre les problèmes de transmission et de reprise des librairies, (…) de formation des libraires et de création de nouvelles librairies. Je veux que le MOTif soit maître d’œuvre de notre politique de soutien aux libraires, en lien étroit avec le service livres de la Région. »
Sur le numérique : « Nous pouvons agir dans le domaine du numérique de deux manières, au-delà d’un soutien que je tiens acquis de notre part au portail de la librairie indépendante et de notre priorité (…) à la numérisation en bibliothèque. D’abord en prenant en compte le besoin de formation des professions du livre, notamment des éditeurs indépendants et des libraires, sur ces questions du numérique. Faire un fichier numérique s’apprend. Ensuite, en inventant un lieu d’expérimentation du livre numérique en Île-de-France, sans doute piloté à la fois par le MOTif, le pôle de compétitivité Cap Digital et la future Agence régionale du Numérique, qui permette de financer les expériences pilotes dans ce domaine. Il ne s’agit pas pour moi seulement de financer des liseuses ou des applications Ipad, même si je ne l’exclus pas, de sociétés franciliennes. Il s’agit aussi, pour prendre des exemples, de pouvoir soutenir de nouveaux modèles économiques comme celui de François Bon et de Publie.net, éditeur en ligne, ou comme la librairie en ligne Bibliosurf. »
Entretien complet ici.
Pour aller plus loin, téléchargez le numéro Hors-Série des « Cahiers de la librairie » : Accueillir le numérique ? une mutation pour la librairie et le commerce du livre, rapport rendu par une commission réunie par l’ALIRE (Association des librairies informatisées et utilisatrices de réseaux électroniques) et le SLF (Syndicat de la librairie française). Point par point, les auteurs répondent aux grandes questions posées par le développement de l’édition électronique et identifient les défis qu’elle lance aux professions du livre (coédition La Découverte / ALIRE / SLF). Voir également le site dédié.
Christophe Grossi

