Il suffit d’avoir entendu une seule fois Fatou Diome intervenir lors d’une rencontre en librairie ou à une table-ronde pour ne plus l’oublier. Si elle n’a pas la langue (surtout pas de bois) dans sa poche, elle n’est pas dénuée d’humour non plus. Et comme ses livres lui ressemblent, celui ou celle qui aura admiré sa performance et aura sans doute acheté l’un de ses romans, la retrouvera telle quelle dans ses livres : écorchée, vive, touchante et mordante.
Si le public a découvert Fatou Diome en 2001 lorsque les éditions Présence africaine ont fait paraître un recueil de nouvelles percutant : La préférence nationale (dans lequel elle trace un portrait inquiétant des difficultés d’intégration lors de son arrivée en France), c’est son premier roman, Le Ventre de l’Atlantique, publié par Anne Carrière en 2003, qui lui vaudra une rapide notoriété internationale. Suivront Kétala (2006) et Inassouvies, nos vies (2008), tous deux parus aux éditions Flammarion.
Avec un sens certain de la description et de la narration, avec nostalgie aussi, Fatou Diome (qui est née au Sénégal et vit aujourd’hui dans l’est de la France) revient régulièrement sur les relations françafricaines ainsi que sur le mode de vie et les pratiques de chacune de ces deux cultures (rapports à la famille, aux ancêtres, aux déplacés, aux exclus, à l’intégration ou à la désintégration) ou bien dénonce encore, comme dans Inassouvies, nos vies, le mépris que l’Occident réserve aux vieilles personnes qu’on abandonne dans des maisons de retraite. Souhaitant éviter les clichés, lorsqu’elle traite de l’immigration, (Le Ventre de l’Atlantique), elle s’attache alors à décrire les rapports qui existent entre les immigrés qui vivent en Europe et leurs familles restées au pays. Mêlant expérience propre et imaginaire pur, elle aime également casser les genres littéraires et n’hésite à pas à mélanger tradition orale, prose classique ou plus contemporaine. Avec une bonne dose d’humour, une belle ironie et pas mal d’écorchures, ses galeries de portraits recèlent par ailleurs beaucoup d’humanité.
Si vous souhaitez en savoir plus et connaître le style de Fatou Diome, n’hésitez pas à feuilleter Inassouvies, nos vies qui vient d’être numérisé ; vous pouvez également le télécharger en format epub auprès du libraire-partenaire de votre choix.
Christophe Grossi
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Livre numérisé de Fatou Diome cité dans cette chronique :
- Inassouvies, nos vies, Flammarion, 2008
Autres livres de Fatou Diome :
- La préférence nationale, éditions Présence africaine, 2001
- Le Ventre de l’Atlantique, Anne Carrière, 2003 et Livre de Poche, 2005
- Kétala , Flammarion, 2006 et J’ai lu, 2007


Je confirme : c’est une belle personne. Pour l’avoir un peu vue à la tv et sur internet ça fait du bien des gens comme ça. Comme le monde manque de simplicité et d’humour, c’est un vrai bonheur que de l’écouter…
Quelqu’un qui lit peu mais qui n’en pense pas moins.
Alain Graine
Commentaire by Graine — 2 avril 2010 @ 01:53
ben moi, elle ne m’a pas fait une si grande impression. elle a même je trouve, un fond d’agressivité quand elle a le sentiment qu’on lui présente un argument qu’elle juge raciste.
Commentaire by l'ermite du gave — 30 septembre 2010 @ 01:30
Elle fait tout simplement la fierté de l’Africain stéréotypé,même marginalisé.
Mes sincères félicitations
Commentaire by Alioune FALL — 15 février 2011 @ 23:40
J’ai rencontré très (trop) brièvement Mme Fatou Diome et j’ai eu l’incorrection de lui parler d’une autre grande écrivaine plutôt que de ses livres que j’avais pourtant lu et relu (surtout la préférencve nationale). Je tenais donc à vous remercier pour votre talent et votre humilité. Vous avez su décrire dans vos pages ce que vivent chaque jour des millions de personnes. Merci encore.
Commentaire by E. — 6 mai 2011 @ 23:54
Bonjour,
Je connaissais pas avant Fatou DIOME, mais il fallait que je lise l’un de ses roman, CELLES QUI ATTENDENT au Canada, pour que je puisse adorer l’écrivaine et le roman.
Je trouve qu’elle sincère dans ses écrits c’est pourquoi, beaucoup l’admire en la lisant ou en l`écoutant.
Commentaire by Sirine — 19 septembre 2011 @ 16:47