Le blog ePagine

Conseils de lecture, entretiens, actualité numérique :

le Livre-Avenir ne se fera pas sans les libraires.

29 janvier 2010

Entrée en littérature par une épitaphe

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La collection Continents noirs de Gallimard – une soixantaine de titres pour plus de trente auteurs – a dix ans. Consacrée aux écritures africaines, principalement d’expression française, cette collection réunit des textes littéraires (romans et essais) rédigés par des écrivains du continent noir et, plus souvent de sa diaspora. « Nous parions, ici, sur l’écriture des continents noirs pour dégeler l’esprit romanesque et la langue française du nouveau siècle. Nous parions sur les fétiches en papier qui prennent le relais des fétiches en bois », écrivait Jean-Noël Schifano, le responsable de la collection en 2000. Parmi le catalogue figurent le premier roman de Antoine Matha, Épitaphe, qui vient d’être numérisé. Notons également que le nouveau roman de Fabienne Kanor, Anticorps, qui vient de paraître à la rentrée de janvier 2010, sera bientôt numérisé et disponible au catalogue ePagine.

Épitaphe, donc – ou comment entrer en littérature en commençant par la fin. Raymond quitte son Congo natal pour Paris, « ville cannibale ». Grâce à la cocaïne, il s’enrichit très vite et envoie un billet d’avion à Fargas, le narrateur de ce roman très stylé, qui d’emblée s’inscrit à la faculté, en philo puis en lettres. Vivant (paradoxalement) aux crochets de son ami voyou, tombant amoureux d’une Française, découvrant les musiciens Schönberg, Berg, Webern, ce fils d’instituteur tentera également de comprendre cette société qui se cherche une identité nationale… jusqu’au drame et au retour funèbre vers le Congo. « La fin tragi-comique, entre la délivrance d’une carte de séjour au prix d’une paternité fictive et le voyage d’un cadavre durant plusieurs mois dans son pays déchiré par la guerre civile, vient donner à ce premier roman son ampleur. » (Chloé Brendlé, Le Matricule des anges, 2009)

Pour aller plus loin, je vous invite à lire l’entretien de Antoine Matha sur le blog de Florence Courthial (octobre 2009) et l’étude comparée de Gare du Nord d’Abdelkader Djemaï (livre également au catalogue ePagine) et Épitaphe d’Antoine Matha par Virginie Brinker sur le blog La Plume Francophone (octobre 2009).

Christophe Grossi

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Livres numérisés cités dans cette chronique :

Autre livre cité :

  • Anticorps de Fabienne Kanor, Gallimard / Continents noirs

27 janvier 2010

Attention : irruption inopinée de l’amour !

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Voici comment débuterait La Femme promise de Jean Rouaud, roman sur l’irruption inopinée de l’amour, publié chez Gallimard en 2009 et numérisé aujourd’hui : « Un homme, une femme, deux vies jusque-là un peu ratées, une rencontre improbable ».

Victime d’un cambriolage à son retour d’Amérique, Mariana, artiste, se rend à la gendarmerie pour déclarer que son manoir, une maison de famille, a été saccagé. Elle y rencontre alors un homme (Daniel, chercheur en physique nucléaire) vêtu d’une combinaison de plongée – seuls effets qui lui restent suite au départ de sa femme qui a vidé tout l’appartement. Chacun constatant son propre désastre, ces deux-là peuvent alors tenter quelque chose ensemble. Mais pour cela, il faudra encore apprendre à se débarrasser des autres liens qui les attachent à leur vie passée. Aller vers le dénuement pour vivre, neufs, leur propre histoire.

Comme l’écrit Jean-Claude Lebrun, dans L’Humanité, « leurs existences se donnent alors à voir, par fragments, tandis qu’avance lentement l’aventure enclenchée par la rencontre à la gendarmerie, chacun étant remué par ses désordres intimes. » Et leurs existences, voilà bien la chose qu’il leur importe de léguer à l’autre – pour mieux se connaître et jeter aux orties les hontes et les malheureux héritages (mort des parents pour l’un, antisémitisme et collaboration pour l’autre). Parallèlement à ce récit, nous assistons à une discussion dans une grotte entre un vieil homme (qui contemple les peintures rupestres) et sa fille, Mariana, discussion qui nous ramène avec bonheur vers Le Paléo-circus, texte que Jean Rouaud avait publié il y a plus de dix ans maintenant.

Pour ceux qui connaissent déjà Jean Rouaud, ils ne seront pas surpris de retrouver, comme dans L’Invention de l’auteur notamment, la présence dans celui-ci de l’écrivain lui-même. Se plaçant non loin des amants, il donnera (à la Flaubert, dirions-nous) son avis, jugera, se moquera tantôt de lui tantôt de nous, se livrera lui aussi, évoquera sa propre histoire, écrira de belles volutes phrasées (une écriture « consciente d’elle-même) » sur la rencontre amoureuse et aidera même les deux personnages à prendre leur décision.

Notons également que Publie.net a mis en ligne en novembre 2008 Les Villes fantômes, ensemble de textes sur la ville que Jean Rouaud avait remis précédemment à Place publique, « revue de réflexion et de débat sur les questions urbaines (…) qui privilégie la raison à l’émotion, la durée à l’éphémère, [qui croise] les savoirs, les regards, les approches [et] permet la confrontation des projets. » Les Villes fantômes (formats pdf tablette, epub, mobi, pdf ou html) est consultable ici ou achetable . Dernière chose, pour plus d’informations sur l’auteur, voir son site.

Christophe Grossi

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Livres numérisés de Jean Rouaud :

Sélection d’autres ouvrages de Jean Rouaud :

25 janvier 2010

Histoires de mecs et de nanas

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Quand tout va bien, aller de Montreuil (Croix de Chavaux, ligne 9) à Malakoff (lignes 6 et 4 puis bus 194 ou 295) prend une petite heure. Ponctué par de fréquents changements (descente, déambulation dans les couloirs, attente, remontée), ce trajet permet néanmoins de lire – si toutes les conditions sont réunies (on voit de quoi je parle) – entre une demi-heure et trois quarts-d’heure, c’est-à-dire une trentaine de pages en moyenne, l’équivalent de Croissance, familles savoyardes et baskets à scratchs de Jean-Charles Massera, publié dans la collection « L’atelier de l’écrivain » par Publie.net.

Ce matin-là, ayant anticipé le mouvement, j’avais ouvert ma tablette sur le quai et sélectionné le livre de Jean-Charles Massera ; humainement je ne valais pas mieux que les autres, tête penchée, pouces en garde mais j’avais une place assise ; tout allait bien. Et tout allait mieux encore une fois arrivé à Malakoff : je venais de terminer les trois textes qui composent ce recueil et j’avais ri plus d’une fois. Mais rassurez-vous, comme pour les autres, je n’avais partagé ce plaisir du texte, cette jouissance, avec personne. Sans doute aussi parce que mon rire était mâtiné de jaune et de noir et que parfois je me sentais coupable, honteux même, de rire des malheurs des personnages décrits par Massera – personnages qui sont autant de vrais gens de la vie de tous les jours, personnages que vous pourriez avoir rencontrés, que vous pourriez même connaître (ce qui est mon cas). Alors, me sentant concerné par les questions et les humiliations de ces personnages, à nouveau plein d’empathie, soudain je me suis rendu compte que c’était sur mon malheur que je m’étais mis à rire.

Dans « Proposition d’amendement d’une nana qui comme moi… », Massera met en scène une employée de petits sapins verts censés désodoriser votre voiture (maltraitée, sous-payée, exploitée, harcelée, soumise à un contrat de travail humiliant) et un de ses supérieurs, son DRH peut-être. Entre eux deux, que tout sépare (le quotidien, le pourquoi de la présence dans l’entreprise, le rapport au travail, à l’altérité…), l’auteur a inséré des textes de lois issus du Code du travail qui creusent encore plus l’humiliant fossé qui sépare ce mec et cette nana.

« Savoir quel appauvrissement de la communication nous… » fonctionne de la même manière que le précédent, l’auteur confrontant ici aussi deux points de vue, deux rapports à la langue, à la souffrance mais cette fois en utilisant les argumentaires du commerce, de la communication et du marketing : pourquoi le fabricant de jeux vidéos est responsable du redoublement de Jordan, élève de CM2 ? Tandis que la mère s’inquiète de l’attitude de son enfant (qui ne lit pas assez et mélange la réalité avec tout un tas de mondes imaginaires) et argumente que la pauvreté de l’environnement des jeux vidéos « est à l’origine du succès de l’appauvrissement de la communication auprès des jeunes », « le patron des êtres vivants qui ont des sentiments et qui ont la chance de pouvoir se transformer en un monstre plus gros quand il survient un danger » lui explique pourquoi « le passage en CM2 de [Jordan] n’était pas industriellement efficace » et pourquoi il est important que son enfant, déjà consommateur, se rue sur les Frosties. « Ce retard dans la maîtrise de la lecture et de l’écriture est pour nous un moyen exceptionnel d’être présents sur le segment gosses qui courent dans tous les sens et tournent comme des toupies avec leur nouveau T-shirt en répétant qu’ils sont Gabumon ou Garrurumon. »

Dans « The Growth of Thes People_ Uncanny Fat-Cats October 2007″, l’auteur choisit de faire parler deux magnats de la finance dont l’un s’est installé dans la vallée de Chamonix et s’inquiète d’être rejeté par les habitants. Sur fond de spéculation financière et immobilière, l’auteur prend à contrepied le discours sur l’arrivée massive des traders en France en se plaçant du côté de « l’envahisseur » qui soudain souffre de ne pas être accepté.

Dans chacun de ces textes, Jean-Charles Massera mixe langue orale, notes de services, rapports, cours d’économie, argumentaires marketing et commerciaux ou discours administratif ; il fait se mêler l’expression d’une blessure, d’un doute, d’une peur à celle du consumérisme, du pouvoir, de l’exploitation et de la déshumanisation ; et derrière cela il s’agit de montrer (sans prosélytisme, sans théorie ni exercice de style) ce qu’est la langue de la domination à travers le monde de l’entreprise, du commerce ou de la finance. Et c’est tout l’intérêt de son travail : comment, par la fiction, exprimer le côté aliénant de notre société régie par les valeurs du marché, celles qu’imposent les actionnaires, les financiers via leurs bras armés : responsables du marketing et de la communication, directeurs des ressources humaines et goldenboy.

Pour tous ceux qui n’auraient pas encore plongé dans l’univers de Jean-Charles Massera, auteur entre autres de We Are L’Europe ou de United Emmerdements of New Order, ces trois textes réunis par Publie.net sous le titre Croissance, familles savoyardes et baskets à scratchs en sont une des portes d’entrée.

Christophe Grossi

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Jean-Charles Massera (1965) vit, télécharge et travaille entre Paris et Berlin (fictions, essais, pièces sonores, expositions…). Retrouvez-le également sur son site (rencontres, débats, lecture-performances, tournées de ses textes mis en scène…).

Livre numérisé chroniqué ici :

Autres livres de Jean-Charles Massera (sélection) :

23 janvier 2010

Des classiques à petits prix

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Grâce à quatre éditeurs, petit à petit les classiques à petits prix entrent au catalogue ePagine. Si la littérature (romans, contes, nouvelles, poésie, théâtre) est largement représentée (53 titres), les essais (philosophie, histoire, esthétique, critique, économie, spiritualité) ne sont pas oubliés (21 titres).


Flammarion, avec ses collections GF, Champs Histoire et Champs Actualité, proposent une bibliothèque de 41 références où retrouver Zola, Balzac, Hugo, Maupassant, Flaubert, Rousseau, Diderot, Platon, Épicure, Saint Augustin mais aussi Julien Green, Jane Austen, Guilleragues ou Huysmans. Alors quoi lire, quoi relire, quoi conseiller ? D’abord Pierre Loüys dont Les Aventures du Roi Pausole, cet hommage à Voltaire, cachent des réflexions décoiffantes sur l’amour, la sexualité et la morale. Marcel Schwob ensuite, auteur trop méconnu et qui pourtant a influencé de grands écrivains, André Gide ou William Faulkner par exemple ; GF propose de lire deux de ses premiers textes dans le même volume : Cœur double et Le Livre de Monelle. Enfin, parce que, sujet brûlant, il est toujours d’actualité : Pour en finir avec la repentance coloniale de Daniel Lefeuvre.

Chez Publie.net (25 titres disponibles), où l’on se spécialise dans la création contemporaine, on n’oublie pas que la littérature est déjà une histoire de filiations ; de leur côté, ils misent donc sur les géants du roman, Rabelais et Balzac (4 titres chacun) et de la poésie, Nerval, Rimbaud et Baudelaire (2 titres chacun). Mais pas seulement. Car en parcourant leur catalogue très cohérent, on ne peut qu’être heureux de retrouver là (entre autres) Lettres à un jeune poète de Rilke, René de Chateaubriand et l’atelier de Proust : Contre Sainte-Beuve qui préfigure déjà La Recherche du temps perdu. Notez également que Publie.net a mis en ligne trois nouvelles de Maupassant gratuites pour découvrir le fonctionnement du site et les enjeux de la lecture numérique.

Gallimard (5 titres), qui pour l’instant numérise son patrimoine (revue NRF, titres de la Blanche épuisés…) et propose de nombreuses nouveautés en grand format, permet néanmoins de télécharger trois titres du philosophe Alain (Propos sur le bonheur, Études et Les Dieux, collections Idées et Tel), Cohérences aventureuses de Roger Caillois (collection Idées) et Sur l’histoire de Krzysztof Pomian (Folio Histoire).

Enfin, la collection en format poche de La Table ronde, La Petite vermillon (3 titres disponibles), nous emmène du côté de chez Frédéric Beigbeder, vers Michel Bernanos ou encore Olivier Frébourg.

Tous ces livres sont consultables, feuilletables, achetables…, sur le site ePagine via les sites des libraires-partenaires.

Christophe Grossi

21 janvier 2010

Double handicap

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Dans Le Voile rouge de Bachir Kerroumi, publié dans la collection Haute enfance chez Gallimard en 2009, un jeune oranais de quinze ans fuit son quartier de misère où sévit la corruption et arrive en France comme sans-papiers.

« Je viens d’un monde où l’adolescence n’existe pas. L’insouciance qui, d’habitude, protège les enfants d’une réalité âpre nous quittait trop vite. Je l’avais ressenti très tôt, peut-être dès l’âge de dix ans, dans les regards de mes camarades. Chaque mois qui passait voyait disparaître un peu de l’innocence qui pétillait dans nos yeux. »

Après deux années passées à vivre d’expédients et à lutter contre la xénophobie ambiante, la situation du jeune homme semble s’améliorer mais le sort semble s’acharner sur lui : il perd soudain la vue. Mais ni l’ostracisme ni les nombreuses galères n’auront raison de sa volonté de fer : bien au contraire, le narrateur de ce roman sobre et bien tenu va trouver en lui, malgré son double handicap, des ressources insoupçonnées et prendre son destin à bras-le-corps.

Bachir Kerroumi est né en 1959 à Oran. En 1978, il perd la vue. Dans les années qui suivent, il obtient sa ceinture noire de judo, crée un centre de formation en informatique. En 1995, il publie Les Personnes handicapées et le marché du travail (Éditions d’organisation, aujourd’hui indisponible) avant de soutenir sa thèse de doctorat en sciences de gestion sur «Les déficiences du management face au handicap» en 2001. Le Voile rouge paraît chez Gallimard en 2009.

Christophe Grossi

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Livre numérique cité dans cette chronique :

19 janvier 2010

Un peu, beaucoup, à la folie… 17 fois Joncour

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Les deux derniers ouvrages de Serge Joncour, Combien de fois je t’aime et L’homme qui ne savait pas dire non, publiés chez Flammarion, viennent d’entrer au catalogue ePagine ; avant de les commander auprès du libraire-partenaire, vous pourrez les feuilleter ou télécharger un extrait gratuitement.

À travers 17 nouvelles (sensibles, décalées, pathétiques, torrides…), comme autant de tranches de vies masculines, l’auteur de Combien de fois je t’aime, Serge Joncour, nous emmène du côté des histoires d’amour précaires, débridées, impossibles ou fantasmées. Et si une forme de désenchantement se dégage de ce recueil, nous retenons que le désir, lui, sait résister aux déceptions, aux ratages, aux frustrations, aux problèmes de communication et aux écrans qui nous séparent plus qu’ils nous rapprochent.

Bien que ces histoires décrivent les relations amoureuses dans notre société contemporaine, mobile, textotée, internetée, ces nouvelles, par le biais d’un enfant ou d’un homme mûr qui tous parlent à la première personne, montrent l’universalité et l’intemporalité des histoires d’amour : l’attente, le désir, la rencontre, la découverte de l’être aimé et l’espoir mais aussi son envers : les désillusions, la séparation, l’adultère ou encore la maladie.

« Serge Joncour est né le 28. Très tôt il est allé à l’école, puis par la suite il en est sorti. Il a commencé des études de philosophie alors qu’il voulait faire nageur de combat, mais au bout de six mois il a tout laissé tomber, faute de temps. En fait il a toujours plus ou moins essayé de faire ce qui lui chante, tantôt cela lui aura été profitable, tantôt pas. La seule constante aura été les pages blanches, les seules à suivre les déménagements. » (biographie extraite du site du Dilettante) Il a également écrit le scénario du film Elle s’appelait Sarah, d’après le roman éponyme de Tatiana de Rosnay, avec Kristin Scott Thomas, sortie prévue au second semestre 2010 sur les écrans. Il est enfin, avec Jacques Jouet, Hervé Le Tellier, Gérard Mordillat et bien d’autres artistes et écrivains, l’un des protagonistes de l’émission de radio Des Papous dans la tête de France Culture.

Christophe Grossi

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Livres numérisés de Serge Joncour :

Combien de fois je t’aime, Flammarion, 2008
L’homme qui ne savait pas dire non, Flammarion, 2009

Autres livres de Serge Joncour :

Vu, Le Dilettante, 1998 ; Folio, 2000
U.V., Le Dilettante, 2003 ; Folio, 2005, Prix France Télévision 2003
Kenavo, Flammarion, 2000 ; J’ai lu, 2002
Situations délicates, Flammarion, 2001 ; J’ai lu, 2003
In vivo, Flammarion, 2002 ; J’ai lu, 2006
L’Idole, Flammarion, 2004 ; J’ai lu, 2009
Que la paix soit avec vous, Flammarion, 2006

Autres livres ou auteurs cités :
Elle s’appelait Sarah de Tatiana de Rosnay, éditions Héloïse d’Ormesson, 2007 ; Livre de Poche, 2008
Jacques Jouet
Hervé Le Tellier
Gérard Mordillat

17 janvier 2010

Mehdi Charef, l’immigration et les femmes

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Entre deux films, le cinéaste et romancier Mehdi Charef revient dans À bras-le-coeur (publié au Mercure de France en 2006 et disponible aujourd’hui dans sa version numérique) sur son enfance au milieu des années 1960. Avec humour, panache et tendresse, l’auteur dresse un tableau attachant de sa famille (des femmes en particulier) et propose ici le récit de son expérience d’immigré, du reg algérien aux bidonvilles de Nanterre.

Récit de la colonisation et de la guerre d’Algérie (brutalité, incendies, assassinats, viols…), ce roman est aussi un bel hommage aux figures féminines, la mère et la grand-mère surtout, le père étant souvent absent. Quant à Amalia (cette soeur que le petit garçon adore), sa mort accidentelle sera l’un des moments les plus poignants de cette histoire. D’autres figures importantes traversent également le roman : les femmes nues dans le hammam qui l’éveillent à la sensualité et la jeune voisine qui l’initiera à la sexualité.

Mehdi Charef prend à bras-le-corps deux pays, deux cultures, dit ce qu’est quitter son chez-soi et  ceux qu’on aime (qui eux vont rester là) pour retrouver un ailleurs qui est loin d’être un nouveau chez-soi – l’exil transformant aussi la langue, modifiant l’individu, le jeune homme devient un l’émigré puis un immigré, l’immigré, l’étranger. Et le narrateur sait très bien restituer le climat des années soixante à Nanterre où il se retrouve à vivre, en compagnie d’autres immigrés, dans des conditions pitoyables. Étranger parmi les étrangers, c’est la langue française qui sauvera ce garçon sensible et doué pour les lettres.

Né en Algérie, Mehdi Charef arrive en France à l’âge de dix ans ; il vivra dans des cités de transit de la région parisienne et travaillera à l’usine jusque dans les années 80. Écrivain, il débute en tant que réalisateur grâce à Costa-Gavras qui lui conseille de réaliser lui-même l’adaptation d’un de ses romans, Le Thé au harem d’Archi Ahmed (César de la meilleure première œuvre et Prix Jean Vigo). Si les thèmes abordés par Mehdi Charef sont souvent durs et graves, ses créations littéraires ou cinématographiques sont souvent l’occasion de dresser, comme dans À bras-le-coeur, de beaux portraits de femmes.

Christophe Grossi

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Livre de Medhi Charef numérisé :

Autres livres de Mehdi Charef :

15 janvier 2010

Fidélité / trahison

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Depuis douze années maintenant, Arnaud Cathrine traque les personnages endeuillés, blessés, mélancoliques, coincés, qui disparaissent soudainement ou brutalement. Ce qui les relie tous est à chercher du côté de leur idéal de vie, cette inaccessible étoile, mais également sous leurs blessures – cette face invisible, obscure, cachée, qui trouve toujours son origine dans leur enfance, leur adolescence plutôt, et les entrave. C’est de cet endroit qu’écrit Arnaud Cathrine. Dans Le Journal intime de Benjamin Lorca, son nouveau roman qui paraît conjointement dans sa version papier et numérique, quatre personnages (l’éditeur, le frère, l’ami, l’ancienne amante) prennent chacun à leur tour la parole pour dire leurs liens à Benjamin Lorca, jeune écrivain qui a mis fin à ses jours, et leur embarras face à ce journal intime, qui serait le livre impossible qu’il n’aurait jamais réussi à écrire et qu’il a demandé de détruire.

L’adolescence est au cœur de tous ses romans (Arnaud Cathrine écrit d’ailleurs pour les adolescents à l’école des Loisirs), l’adolescence et les charrettes qui vont avec : la solitude, la perte de repères, la découverte de la sexualité, l’abandon. Il y dénonce aussi de vraies violences (la guerre, l’inceste, la mort) et d’autres plus souterraines (la peur de grandir, de ne pas être compris ou aimé, d’être abandonné, de ne servir à rien). Il faut s’imposer, mais comment ?, semblent dire ses personnages. L’héroïne des Vies de Luka n’a de cesse de s’inventer des vies pour quitter, au moins par la pensée, ce quartier minable de Liverpool où elle réside. Dans son roman, Je suis un garçon, c’est le thème de l’identité que l’auteur aborde. C’est en effet à l’adolescence que tout se noue ou se dénoue, que chacun se construit (parfois avec les ruines, parfois avec le vide) et, malgré tout, avance (parfois en claudiquant, parfois de guingois). C’est l’âge des premières désillusions, des premières flèches, des coups de pied dans la terre et dans le cœur, c’est aussi l’âge des possibles, l’âge du temps qui presse ou qui ne passe pas assez vite, ce temps qu’il faut pourtant apprendre à dompter. Et tous ses personnages savent « qu’il faut beaucoup de temps pour regarder les choses en face sans devenir aveugle. » (La Route de Midland)

Arnaud Cathrine a longtemps planté le décor de ses romans à l’étranger. Peut-être pour éviter les pièges de l’autobiographie et les glissades vers l’autofiction. Peut-être aussi parce qu’ailleurs tout est possible et que l’imaginaire s’enrichit ainsi. Peut-être tout simplement pour brouiller les cartes. C’est ainsi que petit à petit sa voix s’impose et son style s’épure pour aller à l’essentiel, la distance amenant une distanciation ; c’est ainsi en tout cas qu’il semble aborder ses sujets : avec émotion, gravité et poésie, à la Raymond Carver, à la Carson McCullers, par exemple, et en se souciant peu du reste.

Avec Le Journal intime de Benjamin Lorca, il revient en France, et nous invite à entendre quatre voix, toutes liées au personnage absent, disparu : son éditeur (avec qui Benjamin entretenait des relations ambiguës) s’exprime quinze ans après sa mort ; son petit frère Martin (blessé de n’avoir jamais été désiré par ses parents et d’avoir vécu dans l’ombre du grand frère), dix ans après ; Ronan (sorte de « frère animal »), cinq ans après son suicide et Ninon (l’ex amante), juste avant l’enterrement. Si Benjamin Lorca est connu pour avoir publié quelques romans et être monté sur scène en compagnie de son ami Ronan, il n’est jamais parvenu à écrire le livre qu’il aurait souhaité. Ce livre impossible est sans doute contenu dans ce journal intime qui l’a accompagné de ses vingt ans jusqu’à son suicide. S’il épargne ses proches (et lui-même) dans ses romans, son journal, lui, est beaucoup plus cru et cruel. On découvre un Benjamin à la croisée d’une Marguerite Duras et d’une Françoise Sagan, blessé, meurtri par un monstre intérieur qu’il n’est jamais parvenu à faire sortir de lui, dépressif, ambigu et tyran en amitié comme en amour. En choisissant ce procédé narratif-là, Arnaud Cathrine brouille à nouveau les cartes et propose à la fois un portrait fragmenté de l’auteur (ce qui nous permet, à travers chacun des points de vue, de comprendre qui il était profondément) et une plongée dans l’intimité de ceux qui ont décidé de parler de leur relation à l’auteur mais aussi de leur rapport à la mort, au deuil, au sentiment de culpabilité ou à la colère. Mais derrière ces témoignages surgit petit à petit un autre enjeu (qui nous renvoie à une autre histoire, celle de Max Brod et de Franz Kafka, racontée par Milan Kundera entre autres) : quoi faire de ce journal intime ? le lire ? le publier ? le détruire ? respecter les dernières volontés de l’auteur ? Et d’ailleurs, pourquoi ne l’a-t-il pas détruit lui-même ?

Ce roman est notamment dédié à Vincent de Swarte, auteur de grand talent, foudroyé par un cancer en 2006.

Biographie, bibliographie, galerie, actualité, dates de la tournée de Frère animal, avec Florent Marchet : voir le site de Arnaud Cathrine.

Christophe Grossi

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Livre numérisé de Arnaud Cathrine :

Autres livres de Arnaud Cathrine aux éditions Verticales :

Autres livres de Arnaud Cathrine à l’école des Loisirs :

Autres auteurs ou livres cités :

13 janvier 2010

Brejnev n’empêchera pas les corps de s’étreindre

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Alors que Zola Jackson, son nouveau roman vient de paraître à la rentrée de janvier 2010, deux autres livres de Gilles Leroy sont désormais disponibles dans le catalogue ePagine : Alabama song (Prix Goncourt 2007) et L’amant russe, publié dans sa version papier en 2002.

© P. Matsas - agence-opale.com - Made by Mj

Au Japon, un Français reconnaît dans une délégation russe son premier amour clandestin, son « amant russe », rencontré onze ans auparavant en URSS, sous l’ère Brejnev : il était alors un jeune lycéen français de seize ans et son amant, lui, un étudiant de vingt-six ans.

Dans L’amant russe, Gilles Leroy parvient à matérialiser le désir adolescent (impétueux, impérieux et impatient) tout en décrivant avec subtilité comment deux personnes du même sexe dans un pays totalitaire parviennent à s’aimer malgré les surveillances et les interdits.

Pour en savoir plus sur Gilles Leroy : sa biographie, sa bibliographie, son site.

Christophe Grossi

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Livres numériques de Gilles Leroy cités dans cette chronique :

Autre livre de Gilles Leroy cité :

11 janvier 2010

L’amour vu par Alain Badiou

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Si, pour Roland Barthes, l’amour est philosophie, Alain Badiou, lui, rappelle dans la présentation de Éloge de l’amour (qui fait suite au dialogue public donné lors du Festival d’Avignon en 2008 entre le journaliste Nicolas Truong et lui) que quiconque – même le philosophe – peut succomber à « cette force cosmopolite, louche, sexuée » qui transgresse « frontières et statuts sociaux ».

Comment réinventer l’amour ? Peut-on comprendre la philosophie sans avoir connu l’amour ? Pourquoi l’amour aujourd’hui est menacé – notamment par les sites de rencontres sur Internet qui prônent l’amour sans risques alors que tomber amoureux est en soi une prise de risque ; se tromper, souffrir, décevoir ne donnent-il d’ailleurs pas sens et ardeur à la vie ? Quels liens entretient l’amour avec les philosophes, l’art ou la politique ? Comment le concept de vérité intervient-il dans la construction amoureuse ? Autant de questions que le philosophe Alain Badiou aborde dans cet éloge de l’amour, passionné et passionnant.

Désormais disponible en format numérique, cet entretien, à partager sans modération avec l’être aimé, peut être feuilleté ou téléchargé ici.

Christophe Grossi

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Livre numérique chroniqué :

Autre auteur cité :

9 janvier 2010

On recherche un homme louche

Même si l’information est plus symbolique qu’autre chose (la quantité ne faisant pas forcément la qualité), le catalogue ePagine comporte désormais plus de 2000 livres numérisés (pour 40 éditeurs). Parmi les derniers livres ajoutés figure le premier roman de François Beaune, publié par les éditions Verticales à la rentrée littéraire 2009, Un homme louche.

© Catherine Hélie

L’écrivain inclassable des Lettres belges André Baillon qui a été interné volontaire dans un des chalets de la Salpêtrière n’a guère d’enfants spirituels : Jean-Daniel Dugommier, le personnage créé par François Beaune est peut-être l’un d’eux, lui qui, après avoir vécu son enfance et sa préadolescence dans un chalet justement – sera également interné, à l’âge de quatorze ans, par sa mère.

Ce qu’on sait de Jean-Daniel Dugommier tient dans deux cahiers ; le premier a été rédigé dans les années 80, de ses treize ans à son internement et l’autre, vingt-cinq ans plus tard. Entre une famille déjantée et monomaniaque et un environnement qui se délite, le narrateur (qu’on surnomme Glaviot, qui est sale, a des cheveux gras et joue l’imbécile pour cacher ses superpouvoirs) tente de faire « une triple étude sur la famille, l’adolescence féminine et les salles d’attente ». Plus tard, il vivra un temps en Angleterre, boira beaucoup, rencontrera Céline, il aura un fils qui se suicidera à 15 ans, il errera, deviendra correcteur de presse et veilleur (voyeur) de la ville, le « quadrilleur », celui qui observe le monde, « un homme louche ».

La manière d’écrire de biais, les recherches verbales, les trouvailles syntaxiques permanentes, cette façon de regarder le monde, de le découper et de le recomposer, sans complaisance, est de l’art brut duquel personne ne ressort indemne. Alors on repense à André Baillon, puis à Antonin Artaud, à Raymond Queneau mais aussi à Robert Walser. Et on est triste soudain de ne pas avoir fait attention à Jean-Daniel Dugommier quand il était encore de ce monde.

Entretien de François Beaune par Sylvain Bourmeau – Mediapart

Si vous souhaitez en savoir plus sur Un homme louche de François Beaune, n’hésitez pas à feuilleter ou à télécharger un extrait (format PDF ou epub) ; vous pouvez également acheter son roman auprès du libraire-partenaire de votre choix.

Christophe Grossi

© L’article de cette chronique a fait l’objet d’une première publication sur le blog de Culturesfrance.

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Livre numérique cité dans la chronique :

Autres auteurs cités :

7 janvier 2010

La Françafrique de Fatou Diome

Filed under: Le Livre-Avenir (conseils de lecture) — Mots-clefs :, , — Christophe @ 15:18

Il suffit d’avoir entendu une seule fois Fatou Diome intervenir lors d’une rencontre en librairie ou à une table-ronde pour ne plus l’oublier. Si elle n’a pas la langue (surtout pas de bois) dans sa poche, elle n’est pas dénuée d’humour non plus. Et comme ses livres lui ressemblent, celui ou celle qui aura admiré sa performance et aura sans doute acheté l’un de ses romans, la retrouvera telle quelle dans ses livres : écorchée, vive, touchante et mordante.

Fatou Diome

Si le public a découvert Fatou Diome en 2001 lorsque les éditions Présence africaine ont fait paraître un recueil de nouvelles percutant : La préférence nationale (dans lequel elle trace un portrait inquiétant des difficultés d’intégration lors de son arrivée en France), c’est son premier roman, Le Ventre de l’Atlantique, publié par Anne Carrière en 2003, qui lui vaudra une rapide notoriété internationale. Suivront Kétala (2006) et Inassouvies, nos vies (2008), tous deux parus aux éditions Flammarion.

Avec un sens certain de la description et de la narration, avec nostalgie aussi, Fatou Diome (qui est née au Sénégal et vit aujourd’hui dans l’est de la France) revient régulièrement sur les relations françafricaines ainsi que sur le mode de vie et les pratiques de chacune de ces deux cultures (rapports à la famille, aux ancêtres, aux déplacés, aux exclus, à l’intégration ou à la désintégration) ou bien dénonce encore, comme dans Inassouvies, nos vies, le mépris que l’Occident réserve aux vieilles personnes qu’on abandonne dans des maisons de retraite. Souhaitant éviter les clichés, lorsqu’elle traite de l’immigration, (Le Ventre de l’Atlantique), elle s’attache alors à décrire les rapports qui existent entre les immigrés qui vivent en Europe et leurs familles restées au pays. Mêlant expérience propre et imaginaire pur, elle aime également casser les genres littéraires et n’hésite à pas à mélanger tradition orale, prose classique ou plus contemporaine. Avec une bonne dose d’humour, une belle ironie et pas mal d’écorchures, ses galeries de portraits recèlent par ailleurs beaucoup d’humanité.

Si vous souhaitez en savoir plus et connaître le style de Fatou Diome, n’hésitez pas à feuilleter Inassouvies, nos vies qui vient d’être numérisé ; vous pouvez également le télécharger en format epub auprès du libraire-partenaire de votre choix.

Christophe Grossi

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Livre numérisé de Fatou Diome cité dans cette chronique :

Autres livres de Fatou Diome :

4 janvier 2010

Lire et bien acheter en 2010

Filed under: Le Livre-Avenir (conseils de lecture) — Mots-clefs : — Christophe @ 17:49

Toute l’équipe ePagine vous présente ses meilleurs vœux et vous souhaite de belles lectures en perspective pour 2010.

Et puisque vient d’être lancée la traditionnelle saison des soldes – soldes qui, comme vous le savez peut-être déjà, ne concernent pas le livre (sauf cas particuliers) -, nous avons sélectionné dans notre catalogue deux livres numériques (Acheter pour un monde meilleur et Donner pour un monde meilleur, FEDD, éditions d’Organisation / Eyrolles) qui vous permettront de bien appréhender vos achats compulsifs, vos envies irrépressibles, vos coups de cœur et autres folies.

En feuilletant en ligne ces deux ouvrages ou en téléchargeant gratuitement un extrait, vous pourrez dire que grâce à ePagine, vous saurez comment bien acheter dans le meilleur des mondes possibles… en lisant !

Christophe Grossi

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Livres numérisés cités dans la chronique :

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